Salut, ô cher lectrices (lecteurs, peut-être ? ^^) ! Vous ai-je manqué ?
Tiens, hecate600, je suis enfin revenue, tu vas pouvoir lire le chapitre 34 ;P
Et même le 35, puisque j'ai été particulièrement productive durant cette semaine...
Et ouiiiiiii, deux chapitres pour le prix d'un, cette semaine ;p
Julie, le tournoi international se passera après le tournoi du Kanto ^^
D'ailleurs, leur voyage démarre dès le chapitre 35, c'est à dire au chapitre suivant !
J'espère qu'il vous plaira à tous, et vous savez pas combien ça me fait plaisir de recevoir vos messages de soutient ;)
Et merci, mille merci à ma béta-testeuse, Adonia, que je sais pas si elle a le même pseudo sur et sur fanfic-fr XD J'ai toujours la trouille avant de t'envoyer le chapitre qu'il ne soit pas aussi bien que les précédents ^^
Voilà voilà, et maintenant... Lisons !
Chapitre 34 : Suite du tournoi
La Golden Pair avait perdu. Seigaku avait perdu le second double. Comment était-ce possible ? Nul ne pourrait vraiment le dire. En un instant, Nioh avait découvert l'un des tics d'Eiji, lui permettant ainsi de prédire ses mouvements. Puis ça avait dégénéré. Oishi qui tentait de remettre les idées de son partenaire en place, ce dernier qui s'énervait, pensant que son ami le critiquait. Et alors qu'ils étaient menées 5 jeu à 2, le déclic. Kikumaru avait semblé reprendre ses esprits. C'est quand le score fut de 5-4 que Yagyuu prit les devants, comprenant qu'ils ne pouvaient plus concéder le moindre jeu.
Il avait dévoilé son vrai style, révélant au passage qu'il avait pratiqué le golf avec l'apparition d'un swing reprenant les mouvements de ce sport. Le « Golf Swing », qu'il l'avait appelé.
Ce coup avait mis un point final au second double.
Aelita, dans sa chambre, mesurait l'ampleur du désastre, peut-être même plus que ses camarades sur les terrains. Bailey et Hope trépignaient de joie, et à la grande surprise d'Atobe, ce fut Atobe le premier à venir le prendre par les épaules pour le secouer un bon coup.
- Oh. Vous allez gagner. C'est un ordre du King.
- A-a-a-a-to-be, l-a-a-a-ache-moi, balbutiai le pauvre vice-capitaine des Seigaku.
- Vous allez gagner. Hors de question que je perde face à mes deux cousines !
Et il était retourné voir son équipe, qui riait sous cape – à l'exception de Jiro, qui, une fois le match de Marui et l'engueulade avec Hope finis… s'était rendormi.
- J'ai pas tout pigé, mais je crois qu'Atobe est venu nous encourager, rigola Momo.
- Il y a 100% de chance que nous soyons devenus l'objet d'une vengeance personnelle contre Rikkai au profit des Hyotei. Cette histoire devient bien compliquée, maronna Inui.
- Mada mada dane, commenta vous-savez-qui en rabaissant sa casquette sur ses yeux.
- Inui-senpai… Fsshh. A toi de jouer, siffla Kaidoh.
- Oui…
En effet, c'était désormais au tour du dataman de Seigaku de rentrer sur le terrain. Le « destin » de l'équipe reposait en quelque sorte entre ses mains. Il ne pouvait pas se permettre de perdre, non, il ne le pouvait pas !
- Vas-y Inui, fais de ton mieux… Et si tu perds, tu devras boire ta dernière mixture ! ricana Eiji en le poussant sur le terrain.
L'homme aux données s'avança au milieu du court, et salua son adversaire.
- Renji. Cela fait combien de temps ?
- 4 ans, 9 mois et 8 jours, Sadaharu.
[Chez Aelita]
« Et voici le moment attendu… Le match entre les anciens partenaires de double ! En effet, pour les passionnés du circuit junior, tout le monde sait que la paire Inui/Yanagi était la paire à battre dans les tournois ! Maintenant, les deux coéquipiers vont s'affronter dans un match acharné pour la victoire de leur équipe respective… »
Hein ? L'ancienne paire de double ? Inui ne leur avait jamais parlé de ça. Aelita soupira. Son senpai ne pouvait pas perdre, n'est-ce pas ?
Prise d'un élan de curiosité après la révélation du commentateur, elle sortit de son lit après avoir pris de nouveau sa température et constaté qu'elle avait légèrement baissé. La jeune étrangère se dirigea vers son ordinateur portable, posé sur le bureau et branché à une prise électrique, et l'alluma sans attendre. La machine sortit de son mode de veille en à peine quelques minutes, et Aelita cliqua sur la session portant son nom. Elle eut presque l'impression qu'internet mettait trois ans à s'allumer, tellement elle était impatiente d'en savoir plus sur Inui et ce fameux Yanagi.
Le moteur de recherche s'ouvrit enfin dans la page web, et la jeune fille put commencer sa recherche méthodique, tout en gardant bien sûr la radio allumée pour être tenue au courant des résultats du match.
« Inui Sadaharu et Yanagi Renji », commença par taper la fillette.
Elle n'eut que peu de résultat. Un bar se nommant le « Renji olélé » - nom douteux, si vous voulez mon avis… - et une star dont le prénom était Sadaharu, mais sinon, rien de bien concluant. En soupirant, elle fit une nouvelle recherche, cette fois-ci pour trouver le site du circuit junior. Elle irait fouiller dans les archives, il y avait des chances qu'elle puisse retrouver des traces de leur passage dans cette sphère tennistique.
La première page fut la bonne pour Aelita, et elle tomba rapidement sur le site convoité, où s'étalait en gros une bannière représentant une balle de tennis et l'ombre de joueurs. En quelques clics, elle se rendit sur la page des archives.
[Pendant ce temps, sur les terrains…]
Tandis que la petite fouineuse effectuait ses recherches, le match avait commencé et se poursuivait pour les deux joueurs. Inui était en mauvaise posture. En effet, si Yanagi l'avait laissé gagner le premier jeu, le confortant dans l'idée que ses données étaient bonnes, il menait désormais le jeu. Le dataman des Seigaku avait annoncé qu'il « abandonnait ses données ». On le voyait, désormais, jouer à l'instinct, rattrapant les balles qu'on aurait cru irrattrapables, défiant toutes les lois de la physique en volant presque pour renvoyer un lob que personne n'aurait pu contrer.
Toute l'équipe encourageait Inui, qui tenait bon face aux assauts continu de son ancien partenaire de double. Toute ? Non… Il restait un irréductible petit joueur de tennis qui s'était éclipsé à la demande d'une jeune fille, elle-même forcée par sa meilleure amie, elle-même influencée par Tomoka et Sakuno, elles-mêmes… euh, non, c'est tout.
Bref, tout ça pour dire qu'Eiji avait suivi obligeamment Hibari, ne s'attendant pas du tout à la révélation qu'elle allait lui faire.
- Kikumaru-kun, sors avec moi !
Si Aelita avait entendu son amie dire ça, elle se serait étouffée de joie et aurait sauté partout.
Si Momo avait entendu Hibari dire ça, il se serait foutu de la tête de son senpai.
Si Echizen avait entendu l'étudiante de Rokkaku dire ça, il aurait lâché un « mada mada dane » et prié pour qu'on ne vienne pas l'embêter avec Sakuno.
Si Oishi avait entendu ça, il aurait sauté d'un air protecteur sur les deux tourtereaux en criant probablement quelque chose comme : « Eiji, si jamais tu fais du mal à Hibari, t'auras à faire à moi, Hibari si jamais tu fais du mal à Eiji, t'auras à faire à moi, si jamais tu tombes enceinte dans les jours qui suivent vous aurez à faire à moi, ce n'est pas à votre âge qu'on doit enfanter, et puis Eiji tu es bien trop irresponsable pour t'occuper d'un bébé, et puis comment tu ferais avec les entraînements de tennis ? Tezuka te ferait sans doute courir, et ce serait à moi de m'occuper du pauvre bambin, et ce n'est pas de mon âge non plus ces choses-là. Bref, restez-en au baiser pour le moment, parce que tout le reste n'est pas de votre âge, etc, etc. Et puis Hibari promets-moi de me laisser Eiji pour le tennis, après tout comment suis-je censé être la Golden Pair à moi tout seul ? C'est tout simplement impossible, d'où l'obligation qu'il soit avec moi, et blablabla, et blablabla.»
Un truc du genre.
Une grande tirade à la Shinji.
D'ailleurs, si les joueurs de Rokkaku avaient entendu leur amie dire ça, aucun doute qu'ils auraient fait la même chose.
Enfin bref, tout ça pour dire que personne ne les observait – si on exclue Aiko planquée derrière un buisson, bien sûr… - et qu'Eiji ne pouvait pas s'en tirer avec une pirouette face au visage rouge mais tout à fait sérieux de la jeune fille.
- C'est vrai… ? questionna maladroitement l'acrobate, qui, s'il faisait le malin quand il était question des amours de ses amis, n'était pas aussi sûr de lui quand c'était à son tour.
Elle se contenta d'hocher la tête, plus écarlate qu'une crevette. Alors Eiji se mit à rire, donnant des inquiétudes à Hibari.
"Je le savais ! Voilà qu'il se moque de moi ! Je n'aurais pas du lui dire..."
- Tu es trop mignonne-nyah ! Miaula presque l'acrobate, un grand sourire sur les lèvres. Je ne sais pas si je t'aime, mais je veux bien sortir avec toi ! Ce sera comme un test, tu es d'accord ?!
- o-oui ! Cria la jeune fille, aux anges.
Et ils se séparèrent, Eiji retournant près de ses camarades pour ne pas les inquiéter par son absence, Hibari fonça vers Aiko, qui la fixait, super heureuse.
- J'suis contente pour toi, Hibari-chan ! Se mît à rire la plus grande, tandis que son amie rougissait de plaisir. Maintenant, je vais prévenir Aelita !
- Hein? Mais pourquoi ? Mieux vaudrait ne pas ébruiter ça, si ?
- Ben pourquoi ? Au contraire, va crier ton bonheur sur tous les toits !
Et tandis qu'Aiko fonçait sur son téléphone pour appeler la pauvre immobilisée, sous les rires et sourires de sa meilleure amie, Kikumaru était reparti vers ses camarades, un sourire béat sur le visage. Sourire qui attira immédiatement l'attention du vice-capitaine des Seigaku, puisque c'était tout de même pas très logique d'être content alors qu'Inui perdait 5 jeux à 4.
- Eiji, ça va ?
- Oui, oui, Oishi !
- T'as l'air bizarre.
- Bah non, jsuis juste content.
- Inui perd, tu es au courant ?
- ... effectivement.
- Mada mada dane, grogna Echizen en rabaissant sa casquette, avant d'hausser la voix pour se faire entendre se son senpai à lunettes. Inui-senpai, fais de ton mieux.
[Chez Aelita]
- Nooon, c'est vrai ? Cria la petite étrangère, abandonnant momentanément ses recherches pour sauter de joie.
" Si je te le dis !" répliqua Aiko dans le téléphone. "Eiji-kun et Hiba-chan sortent ensemble !"
- Mais qu'est-ce qu'il lui a décidé à l'avouer?
"Ben euh... Tomoka m'a menacée de lancer des rumeurs sur moi si je ne parvenais pas à la convaincre. Je crois qu'elle a les nerfs parce qu'Inui-kun perd en ce moment"
- ... Je vois, ricana Aeli. En tout cas, tant mieux ! Hibari est bien moins embêtante que Sakuno !
"Ahah, je confirme que Sakuno-chan est bien plus timide", se mît à rire à son tour Aiko.
- Écoute, je dois te laisser... Je viens de tomber sur un truc intéressant...
"Intéressant ? De quoi tu ..." commença son interlocutrice sans avoir le temps de finir, la noiraude lui ayant raccroché au nez. "Grmml."
La petite fille, qui tapotait sur son ordi avec le téléphone coincé entre l'épaule et l'oreille, porta son attention sur la vidéo qu'elle venait de lancer. Dessus, deux petits garçons, parmi lesquels elle reconnaissait le dataman de Seigaku, se combattait dans un match de tennis intense. La légende indiquait "Le premier véritable match entre Renji-kun et Sadaharu-kun".
Le blog était celui d'une de leur ancienne camarade de classe, abandonné depuis bien trois ans, sur lequel la petite fille qu'elle était à l'époque avouait être tombée amoureuse de Yanagi au premier regard. Typique des enfants. Elle rapportait avoir filmé les deux amis à leur insu. Le match n'avait cependant pas été terminé, un senpai leur ayant signalé que les activités du club étaient terminées depuis longtemps.
Elle s'était donc esquivée, et avait croisé sur le chemin du retour un Yanagi qui courrait, ayant laissé un peu plus loin son meilleur ami qui le regardait d'un air surpris. Elle n'avait plus jamais revu le petit aux yeux bridés depuis ce jour.
D'après les infos qu'avait glanées Aelita sur le net, cela correspondait à la date à laquelle la paire avait cessé de faire son apparition dans les circuits junior.
Or, la fameuse vidéo de ce fameux match, la spectatrice anonyme l'avait postée sur le net. Et étrangement... Aelita avait l'impression d'avoir une rediffusion visuelle du match actuel de son senpai, si elle se conformait aux commentaires du journaliste.
"Un rising shot habilement renvoyé par Inui, qui réplique avec un lob... Lui-même contré par un déplacement vertical de Yanagi et un effet rétro ajouté à son retour."
La moindre mimique, le moindre tic des joueurs relevé par le commentateur se trouve sur la vidéo. Se pourrait-il que le senpai d'Aelita ait fait ceci exprès pour revenir à ce dernier match jamais terminé ? Cela sous-entendrai une incroyable maitrise du match, de ses propres instincts et envies. Mais connaissant Inui, il en était capable.
En plus, le score était identique.
La confirmation à cette hypothèse fut apportée par le commentateur, qui questionna le public sans attendre de réponse :
"A partir de là, il n'y a plus de données, vient d'annoncer Inui de Seigaku. Mais qu'est ce qu'il entend par cela ?"
C'était tout simple. Il n'y avait plus de données car ils étaient arrivés au même point que là où leur match d'il y a quatre ans s'était terminé. A partir de là, il n'y avait plus de base sur laquelle se reposer. Celui avec le plus de volonté gagnerait. Ce fut sans surprise et sous les applaudissements de l'équipe que le dataman conclut en beauté le match, sur un score de 7-5.
Seigaku venait de remporter sa première victoire !
C'était désormais le tour de Fuji de jouer. Aeli songea amèrement que si elle n'était pas tombée malade, ce serait à son tour de rentrer sur le terrain. Il allait falloir qu'elle fasse plus attention à elle, elle serait capable de se blesser avant le tournoi national...
Bon, franchement, est-il nécessaire de décrire le match du prodige de Seigaku ?
Eh bien, au risque de vous surprendre, je vais vous assurer que oui. Le match de Fuji ne s'est en effet pas déroulé comme d'habitude. L'adversaire était Rikkai, tout de même ! Pour faire court et ne pas à avoir à rentrer dans les détails harassants et agaçants du match, je vais commencer par parler de la personnalité de Kirihara Akaya, adversaire de Fuji en cette finale. Nous aborderons ensuite le problème rencontré par le prodige de Seigaku avant de conclure en annonçant le résultat du match - ou comment faire un plan de commentaire composé dans une fanfic : ne vous inquiétez pas, c'est juste les cours de français de l'auteure qui deviennent bien trop envahissants.
Bref.
Alors, Kirihara Akaya. Seconde année du collège Rikkaidai Fuzoku, il s'est fait remarquer dès sa première année. C'est clair que quand on monte sur le portail de l'école en gueulant "Je vais devenir le numéro 1 du pays !", on ne passe pas inaperçu. Surtout si, dans la même journée, on explose ses senpai au club de tennis. Et qu'ensuite on de fait lamentablement ramasser par Yukimura, Sanada et Yanagi.
... J'espère que Kirihara n'entend pas la narratrice, sinon je pense qu'il va y avoir du sang.
Bref.
Ce sale gosse a développé un mode "Red Akaya" : quand il est vexé ou qu'il concède un jeu, ses yeux se teintent de rouge et sa vitesse de déplacement est accrue, de même que la force de ses coups et sa capacité d'analyse. Il en devient un joueur encore plus redoutable qu'auparavant. Le réel problème de cette technique est psychologique. Akaya devient en effet extrêmement violent et vicieux, exécutant les pires mouvements et les pires combines pour s'assurer une victoire totale et écrasante. Certaines personnes ayant eu la stupidité de le défier sur un terrain de tennis de rue n'ont plus jamais retouché une raquette.
Il semblerait que son esprit soit en proie à des hallucinations lors de l'activation de son mode Red, qui le pousseraient à se défendre contre des monstres qu'il voit dans le corps de ses adversaires. 'Fin, ça, c'est qu'une croyance idiote avancée par Nioh pour justifier le comportement de son kohai.
Sanada penche plus vers un démon qui prendrait possession du corps de Kirihara. Le vice-capitaine craint d'ailleurs que ce monstre prenne le total contrôle du corps du petit prodige s'il continue à passer en mode Red.
Sanada aimerait bien l'exorciser, mais comme Kirihara refuse de lui avouer s'il entend bien la voix du démon dans sa tête, il s'en abstient. À moins que ce soit Yukimura qui l'en empêche. Mouais, c'est certainement plus ça !
Bref.
Je suppose que vous voyez où je veux en venir, non ? En effet, Fuji n'allait pas laisser son adversaire le vaincre si facilement. Je pense donc que le fait de se prendre deux jeux d'affilée dans la tête l'a considérablement agacé. Il est donc passer en mode Red Akaya, et a visé par deux fois le genou droit de Fuji. Aelita fulminait. Apparemment, il n'aurait pas fait exprès, Akaya, hein ? Mais au point de cogner deux fois le même genou, exactement au même endroit ?! Quelle étrange coïncidence.
Ben tiens !
On y croyait.
Aeli, toute occupée qu'elle était à écouter le match et à s'inquiéter pour son senpai, ne fit pas attention à l'heure. Ce n'est que quand elle daigna enfin tourner la tête vers son réveil qu'elle pût constater qu'elle devait se bouger d'aller à l'hôpital, où elle serait en retard. Le match de Fuji venait de se terminer avec la victoire de celui-ci, et la petite étrangère décida de passer par les terrains pour encourager Echizen.
En courant, elle sortit de l'auberge, et fit son détour. Quand Oishi la vit en haut des gradins, il manqua de s'étouffer et commença à l'invectiver.
- Aelita ! Qu'est-ce que tu fiches ici ?! Tu es malade !
- J'vais à l'hôpital, senpai ! Répondit-elle en souriant. Je venais juste dire à Ryoma de gagner s'il ne voulait pas que je l'étrangle ! Et aussi râler contre le dénommé Kirihara Akaya. Si jamais tu te retrouves sur mon chemin, tu es mort !
Et sur ces bonnes paroles, elle s'esquiva. Le plus naturellement du monde. Mais bien sûûûr !
Aelita se cassa en courant, vérifiant que personne ne la suivait. Ce qui paraissait d'ailleurs évident : ils n'allaient pas abandonner le match de Ryoma pour lui courir après !
S'étant mise en retard, la fillette fonça à travers les ruelles de la grande ville, pour arriver finalement devant l'hôpital.
- Bon, maintenant, reste à savoir où aller...
Elle s'approcha de la réception et interpella la jeune femme assise devant elle :
- Excusez-moi, je cherche le docteur Oishi...
Décidément, ça la perturbait vraiment de devoir dire ça. Elle imaginait bien son senpai avec une blouse de médecin !
- Rends-toi au cinquième étage, jeune fille. Tu le trouveras normalement dans la pièce à coté de la salle d'attente pour les scanners. C'est une salle de pause. Frappe et demande-le, s'il n'y est pas, on t'indiquera où le trouver.
- Merci, madame, répondit poliment la fillette avant de se diriger vers l'ascenseur.
Aeli doutait que ce soit véritablement nécessaire d'aller voir le médecin. Sa fièvre avait bien diminuée. Mais bon, elle n'allait pas non plus lui poser un lapin. Grmml.
La cabine s'ouvrit, et elle d'y engouffra suivie d'une vieille dame, d'un homme avec une poussette, et de deux infirmières. Elle descendit au cinquième étage et entreprit de chercher la salle qu'on lui avait indiquée. Devant elle se profilait un couloir où se trouvaient plusieurs portes battantes avec des lampes vertes ou rouges au-dessus. Des bancs étaient parfois positionnés à coté, parfois vide, parfois occupé par des gens de tout âges et de toutes origines. Elle avança dans un couloir identique au précédent mais vide, quand soudain, un brancard monté sur roues surgit du virage et fonça, soutenu par trois infirmiers. Autour, des gens, visiblement des collégiens, courraient, et parlaient à la personne allongée sur le lit mobile.
- Tiens bon, Yukimura ! Cria un garçon ressemblant à un mélange d'Inui et de Fuji.
- Le vice-capitaine sera bientôt de retour avec la médaille du tournoi, annonça un autre au crâne rasé.
Le tournoi ? La médaille ? Vice-capitaine ?
Aelita n'eut pas le loisir de réfléchir plus longtemps à ces paroles car elle se jeta sur le côté avant de se faire écraser par le brancard. Ce dernier disparut dans une pièce à voyant vert, qui devint rouge à la fermeture des portes. Les collégiens restèrent à l'extérieur, arborant un air paniqué. Jusqu'à ce que l'un d'entre eux, aux cheveux noirs légèrement ondulés lui faisant ressembler à une tête d'algues lève la tête et remarque la fillette, aplatie contre le mur après le passage du malade.
- … Attends, j'te reconnais, toi, marmonna l'adolescent.
- Plaît-il ? bafouilla Aelita, qui avait compris i peine quelques secondes en face de qui elle se trouvait.
- Je dis que je te connais, répéta tête d'algue.
- Pas possible, on s'est jamais rencontrés, répliqua la fillette en se détournant pour partir, ce qu'elle ne put faire vu qu'une grande main se posa sur son épaule.
- Mais siiiiii ! jubila presque le bonhomme. T'es la fillette qui a crié que j'étais mort si jamais je me retrouvais sur ton chemin.
- Oh. Je savais que je me trouvais face à Rikkai, au vu de votre mignon petit uniforme jaune canari, mais je ne pensais pas que tu étais la réincarnation de Gilbert, Kirihara Akaya. C'est bien toi qui s'était fait exploser par Fuji-senpai ?
- C'est celle à la jupe verte pomme qui parle de jaune canari ? questionna le dénommé Akaya en désignant son uniforme scolaire. Et puis d'abord, c'est qui Gilbert ?
- Gilbert Nightray, pauv' inculte !
- … Pardon ?
- Gilbert Nightray, de Pandora Hearts. Toi et lui avez les mêmes cheveux ! Une tête d'algue !
- … Pandora Hearts ? Le manga ?
- Ouiiii !
- T'es une Otaku ?
- Otaku en force !
- …
Kirihara se prit la tête entre les mains. Cette fille était folle.
- Bref, plus sérieusement, pourquoi vous n'êtes pas au tournoi ? demanda Aelita, qui avait abandonné l'idée de fuir.
Les joueurs se regardèrent, visiblement pas enclin à lui répondre.
- J'vais pas vous obliger à m'expliquer, marmonna la fillette. En tout cas, j'ai un rendez-vous médical, donc je vais y aller.
Sur ces bonnes paroles, elle fit demi-tour… et percuta le docteur Oishi.
- Ah, docteur !
- Aelita ? Que fais-tu ici ? Demanda le médecin, visiblement étonné.
- Eh bien, on m'a dit que votre bureau se trouvait au cinquième étage, du coup me voilà… Mais je ne vous trouvai pas.
- Aelita. Tu es à l'étage des opérations.
- … Pardon ?
- Le cinquième étage, c'est l'étage où se déroulent les opérations chirurgicales, comme tu peux le voir. Le voyant rouge au-dessus des portes indique qu'une opération est en cours. Le voyant vert indique qu'elle est terminée. Les bureaux se trouvent au sixième étage, sourit le chirurgien.
- Mais, mais, mais… je suis certaine d'avoir entendu cinquième ! balbutia l'étrangère en rougissant.
Derrière, Kirihara ne put s'empêcher de lâcher un ricanement moqueur, sous le regard noir de la petite fille.
- Mais sinon, tu as l'air d'aller bien mieux, reprit le docteur en fouillant dans sa blouse pour en tirer un thermomètre qu'il lui colla sur le front. 37,5 de fièvre, c'est redevenu normal.
Il lui griffonna quelques trucs sur un papier d'ordonnance.
- Je t'ai prescris des médicaments Homéopathiques et du sirop pour ta gorge, et de l'ibuprofène pour ta tête. Si la fièvre redémarre, demande à Shuichiroh de m'appeler, d'accord ? Je reviens d'ici dix minutes, je vais te chercher tout ça.
- Merci !
- Quand à vous, annonça l'oncle d'Oishi en se tournant vers Rikkai, ne vous inquiétez pas pour votre capitaine. C'est une opération lourde, mais les chirurgiens à l'intérieur de cette pièce connaissent leur métier. Faîtes-leur confiance.
Et sur ces bonnes paroles, il s'en alla. Aelita resta quelques secondes de plus figée sur place, assimilant ce qu'elle venait d'entendre.
- C'est votre capitaine là-dedans ?
- Oui, marmonna un adolescent aux cheveux blancs rattachés en une couette. Puri.
- Oh.
- Ouais, « oh », grogna Akaya. Tu veux aut' chose ?!
- Akaya, sois poli avec cette jeune fille, je te pris, ordonna un autre aux cheveux violets et à lunettes, qui avait un air de ressemblance avec la vipère des Seigaku.
- Mais, Yagyuu-senpai ! Elle me tape sur les nerfs.
- Pourquoi, puri ? questionna celui aux cheveux blancs.
- Déjà elle me compare à un perso en 2D, elle me re-balance ma défaite à la tête, et elle se mêle d'affaires qui ne sont pas les siennes, Nioh-senpai ! expliqua Akaya.
- N'est-ce pas ce que tu fais tout le temps ? ricana un rouquin en faisant une bulle de chewing-gum.
- Marui, t'es méchant avec la tête d'algue, soupira celui au crane rasé.
- Je ne fais que dire la vérité, Jackal !
A côté, Aelita observait tout ceci d'un air surprit.
Alors. Le roux et celui au crâne rasé étaient donc Marui et Jackal, qui avaient gagné contre Kaidoh et Momo. Mister cheveux violet et Mister cheveux blancs étaient la paire Yagyuu-Nioh, qui avait gagné contre la célèbre Golden Pair. La tête d'algue était celui qui s'était fait massacrer par Fuji, Akaya. Par déduction, le mélange Fuji-Inui aux yeux fermés mais à la tête paraissant intelligente devait être Yanagi, l'ancien partenaire de double d'Inui. Et donc celui qui avait une casquette et qui se préparait quand Aelita avait débarqué près des courts était Sanada, le vice-capitaine !
En voilà une façon bien originale de faire connaissance avec ses adversaires.
- Euh, Aelita Anderson, première année à Seigaku, désolée d'aimer les mangas, et enchanté, marmonna la fillette, coupant court aux discussions.
- … T'es encore là, toi ? grogna Kirihara.
- Désolée de squatter, on m'a demandé d'attendre.
Aelita ne savait que dire ni faire. Elle n'était bien évidemment pas à sa place dans la petite assemblée. De un, elle ne connaissait même pas leur capitaine, et encore moins le reste de l'équipe, de deux, ils étaient dans des camps totalement opposés. Souvenez-vous tout de même qu'en ce moment, le match Sanada/Echizen se jouait, et que lui seul déterminerait la victoire de telle ou telle équipe. Jackal avait quitté la conversation pour s'asseoir contre le mur, casque sur les oreilles, et suivait le match par radio. Nioh ne cessait de faire les cent pas, tandis que Yagyuu avait ouvert un livre qu'il ne lisait visiblement pas, son regard portant au-delà des pages. Marui mangeait un gâteau, Yanagi lisait un carnet de notes – arg, pourquoi Aelita voyait-elle Inui partout ?! – et Akaya s'était appuyé contre le mur.
La jeune fille n'était vraiment pas à sa place dans ce couloir, et heureusement, le médecin revint à peine quelques minutes plus tard avec une poche qu'il lui mit entre les mains.
- Voilà mademoiselle !
- Merci, sensei. Bon, eh bien, je vais y aller…
Aelita, ou comment s'esquiver tout en douceur.
…
Voilà quoi.
La petite malade – qui ne l'était d'ailleurs plus – fila chez elle, déposa les médicaments, suça cinq pastilles homéopathiques, avala une cuillérée de sirop, et, trop impatiente de savoir comment se déroulait le match, repartit au triple galop vers les terrains, prenant soin auparavant de s'emmitoufler dans une veste bien chaude pour qu'Oishi ne la bassine pas avec le fait qu'elle allait se cailler et retomber malade.
Sur le court, deux filles sembler bouder, un Atobe ricanait à leurs côtés, et un Sanada passablement agacé ne cessait de soupirer en leur jetant des coups d'œil, tout en repoussant les diverses attaques de Ryoma.
- Grmpf, râla la grande aux cheveux roses. Pourquoi n'avons-nous pas pu suivre les autres pour aller voir Yukimura ?
- Bailey-nee-chan, tu sais que nous n'aurions pas été d'une grande utilité, répondit l'albinos à ses côtés.
- De toute façon, vous n'êtres jamais d'une grande utilité, railla Atobe à leurs côtés.
- Wah, mais c'est qui celles-là ? questionna Aeli, paumée.
- T'es pas censée être malade, toi ? soupira Oshitari.
- Aelita ! Qu'est-ce que tu fais ici ? grogna maman poule.
- La fièvre et retombée, alors… commença la petite étrangère.
- Retourne chez toi !
- Mais, Oishi maman po-… euh, Oishi-senpai ! Laisse-moi regarder le match. En plus, on est à 5 jeux partout, c'est bientôt fini…
Devant le regard suppliant de sa kohai, l'adolescent ne put que plier. La fillette descendit dans les gradins… et percuta la fille aux cheveux roses, qui la fixa d'un regard hautain.
- Tu viens d'où ?
- Euh, pardon ?
- Hope, tu reconnais son accent ? questionna Bailey.
- Français, répondit sans hésitation l'albinos.
- Kyyyyaah, elle est trop mignonne, hurla alors l'adolescente en secouant ses cheveux roses avant de se jeter sur Aelita et de la serrer dans ses bras. Son accent est trop chou ! Dis, fillette, tu veux pas te faire transférer à Rikkai ?!
- Geuh-euh-euh, parvint à marmonner Aelita, qui étouffait dans l'étreinte de Bailey. Euh, non, pas particulièrement…
- T'es sûre ?! Tu joues au tennis, non ? L'équipe féminine de Rikkai est excellente !
- L'équipe féminine de Rikkai ne fous rien à part aller mâter les joueurs masculins, ricana de nouveau Atobe.
- Atobe, t'es en pleine forme aujourd'hui, à ce que je vois, grogna Aelita. Tu les connais ?
- Ce sont mes cousines.
- Dis-lui de me lâcher !
- Pas envie, répliqua le King.
- Sale roi capricieux ! cria la fillette, ce qui lui valut une tape derrière la tête de la part du roi en question et un étouffement encore plus puissant de la part de Bailey.
- Ouiiii, on pense exactement pareil ! Il est capricieux comme un mioche de cinq ans alors qu'il en a quatorze ! jubilai Bailey, tandis qu'Hope riait.
- Dîtes, je pense qu'il serait préférable de la lâcher, intervint alors un Fuji souriant. Parce qu'à ce rythme, elle ne sera plus de ce monde d'ici quelques secondes.
En effet, le visage d'Aelita avait viré au bleu. Une fois qu'elle eut reprit son souffle et fusillé son aînée du regard, elle détourna l'attention de tout le monde en pointant le match du doigt, et en lâchant un cri gigantesque qui retentit dans tout le parc.
- OH LA VACHE, ON A GAGNE !
En effet, sur le terrain, Sanada et Ryoma se faisait face, la balle proche du filet du côté du vice-capitaine de Rikkai.
Sans attendre, Seigaku tout entier pénétra sur les terrains.
- ON A GAGNE ! ON A GAGNE !
- SANADA, T'ES NUL, ON A PERDU ! gueula à son tour Bailey.
Le vice-capitaine ne répondit pas, se contentant de se mettre en rang tout comme l'équipe adverse. Ils reçurent tous leur médaille, et Sanada s'inclina soudainement devant Tezuka.
- Si vous voulez bien m'excuser…
- Bien sûr, répondit le capitaine des Seigaku.
- J'espère que l'opération s'est bien passée, lança la coach Ryuzaki.
- Euh, Sanada-san, intervint Aelita. Disons que, euh, que j'ai croisé le reste de l'équipe à l'hôpital… Ils avaient tous l'air inquiet… enfin, tout ça pour dire que je ne sais pas exactement en quoi consiste l'opération, mais que j'espère que tout se passe pour le mieux.
- Merci, répondit sobrement Sanada en réajustant sa casquette, avant de s'en aller en courant.
La fin d'après-midi passa vite. Les joueurs peinaient à croire qu'ils avaient gagné le championnat. Et là, il ne leur restait que une semaine et demi avant de partir en compagnie des Hyotei pour la France.
Ca promettait d'être amusant !
