Niahaha, je me suis bien amusée en écrivant ce chapitre ! J'espère qu'il vous plaira autant qu'à moi...

Petite précision : en italique, ce sont les paroles en français. Le reste, bah c'est le japonais originel des persos ^^


Chapitre 35 : Départ

- ON VA EN FRANCE, ON VA EN FRANCE ! Hurla Kikumaru.

- Classe… Mais eux, pourquoi ils viennent aussi, franchement ? C'est nul ! Demanda la fillette en désignant l'équipe de Hyotei du doigt.

- Montrer du doigt, c'est impoli ! Hurla Shishido. Et crois-moi, ça me fais pas plus plaisir que ça de partir avec une équipe dans laquelle tu es !

- Ne te plains pas, Shishido, lança Atobe avec son éternel air arrogant sur le visage. Au moins nous partons, et nous gagnerons cette fois.

- Mais bien sûr, commenta Echizen. Rêve toujours, roi des Singes.

On aurait presque pu voir une veine battre sur la tempe du capitaine des Hyotei, mais il gardait tout de même son sang-froid. Fuji laissa échapper un petit rire.

- Bref, nous partons demain, soit vendredi midi. Rendez-vous à devant Seigaku à neuf heures du matin, on partira à l'aéroport et on ira enregistrer les bagages.

- Hein ? Demain ? Mais le tournoi international est dans une semaine, non ?

- Surprise ! En effet, si le tournoi se déroule à Roland-Garros près de Paris, nous allons tout de même passer une semaine à Bordeaux pour vous habituer au décalage horaire et rendre visite à ta famille.

- Coach, vous savez que je vous adore ? Mais on va louper les cours deux semaines au lieu d'une, du coup !

- Hm, je sais, je sais.

- Aelita, tais-toi ! Hurla Horio, mais trop tard.

- J'y ai pensé, pas de soucis, approuva la coach. Vos professeurs vous ont concocté un cahier de devoirs que vous ferez là-bas. Ton collège prendra les élèves en charge dans différentes classes.

- Bravo, t'es fière de toi ? Elle y a pensé ! Lança Horio en boudant.

- A mon avis, même si elle n'avait rien dit, il y avait 100% de chances qu'on doive bosser, lança Inui.

- J'ai une question, annonça Atobe, changeant la discussion de route. Pourquoi n'utilise-t-on pas mon jet privé ? Ma grandeur doit-elle vraiment monter dans un avion puant de transpiration humaine ?

- Pourri gâté, lâcha Echizen d'un air cynique, ce qui lui valut un regard noir de la part de l'équipe de Hyotei.

- Bah la vache, c'est mal barré… Soupira Oishi. Coach, on logera dans une auberge, c'est bien ça ?

- Oui. Sauf Aelita qui elle, logera chez ses parents.

- Yes, je vais revoir papa et maman !

- Mais ne pense pas te la couleur douce ! Le matin, rendez-vous aux terrains à côtés de ton collège à 6 heures tapantes. Entraînement jusqu'à sept heures trente, quartier libre pour se doucher et se changer jusqu'au début des cours, à 8 heures. Là, vous rejoindrez les salles des classes dans lesquelles on vous a affectés, et ce jusqu'à onze heures. Quartier libre jusqu'à treize heures, reprise des cours jusqu'à quinze heures, puis entraînement jusqu'à dix-sept heures trente, et quartier libre pour la fin
de la journée. Et surtout, n'allez pas parler aux professeurs : je crois qu'aucun d'entre eux ne pige le Japonais. De même, les coutumes en France ne sont pas les mêmes qu'au Japon, alors attention. Mais bon, en cas de problème, on a toujours notre traductrice attitrée… J'ai nommé Aelita ! Débita à toute vitesse la coach.

- …

- Yes sir, grognèrent en chœur les deux équipes.

- Maintenant, rompez ! Lança l'entraîneur des Hyotei, Sakaki, qui n'avait pas pipé mot depuis le début de la conversation.

Les élèves ne se firent pas prier, et chacun rentra chez soi. Aelita était toute excitée à l'idée de revoir ses parents, de manger un bon truc français, et même un peu de retourner à son collège. Quand à jouer sur les courts de Roland Garros… Elle savait que chaque année un tournoi international opposait des jeunes collégiens du monde entier, mais n'aurait jamais pensé pouvoir en faire un jour partie. Une fois à l'auberge, elle salua la patronne et monta sans attendre dans sa chambre. Une fois arrivée, elle sorti sa grosse valise de sous son lit de fortune et a commencé à préparer ses affaires.

Alors… D'après le dernier mail de sa mère, il faisait plutôt bon en France. Elle allait donc éviter de prendre des fringues trop chaudes, mais embarquerait tout de même son manteau et une paire de collants au cas où. Elle plia et fourra avec enthousiasme son uniforme de Seigaku et sa tenue de titulaire dans son sac. D'après ce que lui avait dit la coach juste avant qu'elle ne s'esquive, étant toujours une élève de Seigaku, elle devrait aller au collège vêtue de l'uniforme. Comme tous les autres, en fait. D'après ce qu'elle savait des abruties de son collège, la présence de beaux Japonais en uniforme allait faire des émules.

Youpi.

La jeune fille soupira. Une fois ses affaires préparées, elle partit se coucher. Si elle se souvenait bien de son premier voyage, le trajet en avion durait aux alentours de onze heures. Wahou. Onze heures à passer en compagnie de Kikumaru-senpai, Inui-senpai, Oishi-senpai, Kaidoh-senpai, Momo-senpai, Kawamura-senpai, Fuji-senpai, Echizen, mais aussi les joueurs de Hyotei… Et en plus, il y aurait également Hibiki, le trio des premières années de Seigaku, et Sakuno ! Mais pas Tomoka, ses parents n'étaient pas là et elle ne pouvait laisser ses frères et sœurs seuls. Et puis aussi Yuuta ! D'après Fuji-senpai, sa sœur aînée étant en voyage d'affaire, elle refusait de laisser son petit frère tout seul chez eux. Résultat : il vient !

Allez savoir ce qu'a fait ou dit Ryuzaki-sensei pour qu'ils puissent venir. M'enfin. Ca ne ferait que rajouter de la joie et de l'amusement à ce voyage.

Le lendemain matin, comme convenu, tous se retrouvèrent devant Seigaku, avant de prendre le bus pour se rendre à l'aéroport de Tokyo.

- On va en France, on va en France ! Criait le trio de premières années.

Yuta, mis à côté d'Horio par manque de place, leur hurlait de se taire. Sakuno, qui était assisse à côté de Ryoma, était rouge de plaisir. Shishido s'était assis à côté de Choutaro, sa sœur ayant préféré s'installer à côté de Fuji. Kaidoh et Momo s'étaient retrouvés ensemble, à croire qu'ils s'aimaient tellement qu'ils ne voulaient pas se quitter. Quant aux autres, ils s'étaient installés un peu là où il y avait de la place, de telle sorte que la Golden Pair ne s'était pas quittée, Oshitari et Mukahi étaient côte à côte, Kabaji et Kawamura ensemble, Inui à côté de la prof, Sakaki tout devant et Atobe à côté d'Aelita.

Heureusement, le trajet en bus ne dura pas plus d'une vingtaine de minutes. Une fois arrivés à l'aéroport, ce fut un peu le bordel. La coach, qui était visiblement celle qui avait donné à Sakuno son sens de l'orientation déplorable, fut obligée de demander à un parfait inconnu où on pouvait enregistrer les bagages.

Mais heureusement, tout le monde a fini par embarquer sans gros soucis. L'avion était un airbus de la compagnie Air France, et comme pour chaque avion durant les longs trajets, les fauteuils étaient équipés d'écran de télévision et d'une sélection de films à la demande. Le petit groupe de 24 pu s'installer de façon assez « compacte », regroupé sur trois rangées de 8 places – pure coïncidence, j'vous jure !

Sur la première rangée, dans la colonne de deux sièges à gauche, Sakaki-sensei et Ryuzaki-sensei. Au milieu, sur la colonne de quatre sièges, il y a de gauche à droite Oshitari, Gakuto, Kikumaru et Oishi. Et dans la colonne de deux sièges à droite, se tenaient Kawamura et Kabaji. Dans la seconde rangée, de gauche à droite, se trouvaient Kaidoh, Momo, Shishido, Atobe, Aelita, Jiro, Choutaro et Inui. Et sur la troisième rangée, toujours de gauche à droite, il y avait Kachiro, Katsuo, Fuji, Hibiki, Sakuno, Echizen, Yuta et Horio.

- Si vous regardez bien, c'est une position très stratégique pour certaines personnes. Pourquoi ne pas utiliser un petit schéma pour clarifier les choses ? Chuchota Aelita en dessinant quelque chose sur un bout de papier.

Sakaki

Ryuzaki

Oshitari

Gakuto

Kikumaru

Oishi

Kawamura

Kabaji

Kaidoh

Momo

Shishido

Atobe

Aelita

Jiro

Choutaro

Inui

Kachiro

Katsuo

Fuji

Hibiki

Sakuno

Echizen

Yuta

Horio

- Les profs sont dans un coin, si on fait des bêtises, y a moins de chances pour qu'on se fasse choper ! Après, on a Sakuno à côté d'Echizen…, commença Aelita.

- Ce qui est parfait pour ses affaires, approuva Eiji.

- On a également Hibiki à côté de Fuji. Il va me tuer s'il apprend que c'est moi qui suis à l'origine de ce placement ! grogna Aelita en jetant un œil vers Hibi qui lui faisait de grands signes enthousiastes.

- T'inquiète, moi je vais te tuer ! Lança Yuta. Pourquoi je me retrouve à côté d'Horio ?!

- Et moi, pourquoi j'suis à côté de la vipère ?! Cria Momo qui venait de s'incruster.

- Vous plaignez pas, tous les deux ! J'ai fait ce que j'ai pu, sans trop casser les groupes, pigé ?

- Fsshh… Tu peux parler, toi, t'es entre Jiro et Atobe, ça va encore ! Siffla Kaidoh.

- Youpi, entre le roi des singes et le ronfleur, j'suis heureuse ! Grogna Aelita.

- Le roi des Singes, tu sais ce qu'il te dit, jeune fille ?

- Tout le monde, calmez-vous ! Réclama Ryuzaki. L'avion va bientôt décoller.

Le calme revint à peu près, et quelques temps plus tard, l'avion décolla. Fuji soupira que ses oreilles trop fragiles étaient douloureuse par la faute du décollage, de même qu'Atobe qui estimait qu'il y avait trop de bruit. Echizen soupirait, et Sakuno était rouge de plaisir d'être aux côtés de son prince. Quant à Jiro, il s'endormit aussitôt l'avion en l'air… sur les genoux d'Aelita.

- Et voilà, ça commence…

Elle lui donna un bon coup sur la tête pour le réveiller, ce qui le fit se dresser sur son siège… et retomber tout aussi net sur ses genoux.

- Bon. Je crois que là, c'est peine perdue, soupira la jeune fille.

- Courage, je compatis, lâcha Echizen d'un air laconique.

- T'as pas l'air.

- T'as raison, en fait je m'en fous.

- … Ryoma, dès qu'on sort de cet avion, je te tue.

- Je vois que vous vous entendez toujours aussi bien, tous les deux, marmonna Oishi.

- Bien sûr ! Répliquèrent les intéressés, tout sourire.

Le capitaine suppléant soupira, puis le premier repas dans l'avion fut servi. C'est ici que la Golden Pair démontra encore une fois sa parfaite compatibilité. Eiji, qui n'aimait pas les carottes rapées, avait filé les siennes à Oishi, qui les adorait, en échange de son dessert. Qu'il détestait. Echange équivalent et satisfaction pour les deux, quoi. Inui avait, quant à lui, tenté de faire avaler à toutes les personnes présentes son nouvel Inui Juice Super Avion Deluxe en arguant que c'était excellent pour le mal de l'air. Malheureusement pour lui, la seule chose qu'il récolta fut un concert de protestations. Choutaro, à ses côtés, commençait sérieusement à paniquer et s'autorisa même le droit de pester contre Aelita qui avait trouvé que c'était une bonne idée de le placer à côté de ce fou de données. Shishido, quant à lui, commençait sérieusement à s'inquiéter pour son partenaire de double, qui subissait les demandes constantes d'Inui, le suppliant de devenir son bêta-testeur personnel. Fuji ne cessait de sourire, mais Aelita ne doutait pas que ça ne l'aurait pas gêné d'être à la place de Choutaro. Il aurait sans doute préféré, d'ailleurs, parce qu'être à côté d'Hibiki…

La fillette ne cessait de caqueter, toute heureuse. C'était bien mignon, mais ça commençait à gonfler Fuji, malgré sa patience légendaire. Aelita pouvait le voir à la légère contraction de la commissure de ses lèvres, donnant à son sourire un aspect légèrement crispé, figé. D'ailleurs, la jeune fille commençait à s'inquiéter légèrement. A chaque fois qu'elle tournait la tête vers lui, le regard qu'elle croisait prédisait qu'il allait le lui faire regretter. Amèrement. Probablement en la désignant comme bêta-testeuse volontaire de la boisson d'Inui, ou encore en la battant à plates coutures lors d'un défi ayant pour enjeu cette même boisson. En bref, ça promettait.

Par contre, y avait bien certaines personnes qui étaient très heureuses de la disposition des personnes, en plus de Sakuno et d'Hibiki, bien sûr. Par exemple, Gakuto et Kikumaru s'étaient retrouvés côte à côte, et étrangement semblaient plutôt bien s'entendre. Ces deux-là ne cessaient de discuter acrobaties, sous le regard d'Oishi et Oshitari, qui, s'ennuyant, commencèrent à discuter ensemble. Etonnant. « C'est bien la preuve que Hyotei pouvait s'entendre avec des personnes n'appartenant pas à leur petit monde de riches », pensa Aelita.

A côté d'elle, Jiro dormait. Elle avait enfin réussi à le virer de ses genoux, pour son plus grand plaisir. A coups sûr le zombie de la bande allait dormir durant tout le trajet. Tant mieux pour lui. A sa gauche, Atobe semblait s'ennuyer. Il zappait sur le petit écran pour tenter de trouver un film à sa convenance, sous les yeux ébahis d'Aelita. Dis donc, c'était vraiment un gosse de riche celui-là ! N'importe qui aurait trouvé quelque chose à faire, soit un jeu, soit un film, soit discuter avec les autres, mais rien ne semblait lui plaire. Pas assez évolué pour lui, probablement.

Le voyage se passa lentement, très lentement. Kikumaru s'ennuyait tellement qu'il avait commencé à faire les cent pas dans l'avion, agaçant passablement la plupart des passagers. Inui grognait parce qu'il ne pouvait pas tester ses nouvelles boissons, mais il en profitait du coup pour mettre ses notes à jour. Jiro ronflait encore plus fort que d'habitude, Oshitari avait sorti un jeu d'échecs et faisait une partie contre Oishi, tandis que Mukahi dormait entre eux deux. Grand exploit, Momo et Kaidoh dormaient tous les deux… l'un ayant la tête sur l'épaule de l'autre. Quand ils allaient se réveiller, ça allait gueuler. Fuji avait quant à lui réussir l'exploit de convaincre Horio d'échanger de place avec lui une fois Hibiki endormie – quoi que ce n'était finalement pas vraiment un exploit : après tout, personne ne peut vraiment refuser quoi que ce soit à Shusuke Fuji, sauf s'il veut mourir. Du coup, on avait un Fuji encore plus content qu'à l'accoutumée, assis à côté d'un Yuta qui trouvait son grand frère un poil trop envahissant.

Quand l'avion atterrit, plus de la moitié des collégiens étaient endormis. Le seul qui semblait encore en grande forme était le photographe attitrée du voyage, j'ai nommé Fuji Shusuke. D'ailleurs, il n'avait cessé de mitrailler ses camarades qui dormaient. Ryuzaki-sensei et Sakaki-sensei eurent un mal fou à tous les réveiller, et ce fut toute une tribu de Japonais dans un état semi-léthargique qui descendit de l'avion. Un bus les attendait pour les mener à l'hôtel.

Bus qui déposa Aelita chez elle au passage.

- Dors bien cette nuit, lui ordonna la coach. Et demain matin, on se retrouve à ton collège.

- Ok, coach !

A peine la petite fille débarquée, sa mère lui sauta dessus, son père la prit en photo, s'extasiant sur son uniforme, sa nouvelle coupe de cheveux, etc.

Ils passèrent toute la soirée à discuter, aucun doute que le lendemain, le réveil allait être dur…

Effectivement, Aelita mit vingt bonnes minutes à émerger définitivement de sa torpeur, dix minutes à se préparer, cinq à avaler son p'tit déj', et dix pour courir jusqu'au collège, étant en retard ! Elle retrouva ses amis devant ce dernier. Ils avaient l'air tout excités… et c'était également le cas des collégiens français, qui les regardaient avec étonnement et admiration.

Ahah, il fallait bien sûr que ça arrive. Forcément. Une vingtaine de beaux japonais qui débarquent en uniforme dans un collège de Bordeaux, forcément, ça fait tourner des têtes. Et pas que celles des français. Sakuno se rapprocha de Ryoma, paniquée par l'arrivée par dizaines de françaises sapées comme des tops modèles - du moins le croyaient-elles. Hibiki attrapa la manche de Fuji, bien décidé à ne pas laisser une autre aborder son prince. Atobe s'exhiba bien sûr, montrant à tous qu'il était l'un des plus importants du petit groupe, tandis que Mukahi et Eiji sautaient partout et qu'Inui calculait combien de groupies entourait chaque membre de la grande équipe. Les deux coachs arrivèrent enfin pour disperser les curieux.

- Jeunes gens, merci de vous écarter !

... Bah, évidemment, personne ne comprit : quand on est en France, c'est toujours mieux de parler français. Le japonais, surtout au collège, y en a pas beaucoup qui comprennent.

- Elle a dit quoi là ?

- J'sais pas. Laisse tomber, c'qu'une vieille peau.

- La vieille peau, à savoir notre coach, vous demande gentiment de vous écarter, bande de truffes ! grogne Aelita dans un français peu aimable.

- Tiens, tiens. Qu'est-ce que tu fous là, Aelita ? ricana une blonde qui n'avais jamais pu sentir la jeune fille. T'es la manager, comme la gamine à tresses et la pipelette de primaire ?

- Cherche pas, Karine, et pousse-toi. À moins que tu ne veuilles empêcher mes amis de rejoindre les classes qui leur ont été attribuées ?

- Moi, faire ça ? Jamais ! On se retrouve à la recrée, noiraude.

- C'est ça, à plus.

La dénommée Karine s'éloigna, suivie de sa petite cour. La sonnerie, qui retentit pour la seconde fois, acheva de disperser le reste des élèves.

- Bon ! Hibiki, tu es assignée à la 5ème B, en compagnie de Sakuno et Ryoma. Horio, Kachiro, Katsuo, 5ème A. Aelita, tu intègres ta classe d'origine, la 5ème E, avec Momo, Kaidoh et Jiro. Veille sur eux ! annonça Ryuzaki-sensei.

- ... En gros, je joue les baby-sitters ?

- Bonne réponse ! Rigola la coach.

- Les deux Fuji et Kawamura, en 3ème E, reprit l'entraîneur Sakaki. La Golden Pair, Shishido et Choutaro, 3ème D. Les deux binoclards, Mukahi et Kabaji, 3ème B. Atobe, tu règneras seul sur la 3èmeA.

- ... Sakaki-sensei, est-ce vraiment une bonne idée de laisser Atobe seul ? J'ai pas confiance, ricana Aeli. Quitte à m'occuper de trois boulets...

Grognements de la part des boulets en question, sauf Jiro qui ronflait.

- ... Autant me le confier aussi, c'est un cas désespéré.

- Atobe, le choix te revient. Te connaissant, préfères-tu être seul ou squatter la 5èmeE ? demanda le coach de Hyotei.

- Me faites-vous confiance ? questionna arrogamment le King.

- Non, trancha la coach Ryuzaki. Atobe, assigné à la 5èmeE, renommée classe des boulets.

Tout le monde explosa de rire, Aelita comprise. Atobe, de son coté, laissa échapper un grognement distingué et lança un regard dédaigneux à la coach, qui lui retourna un sourire un brin moqueur. "Vieille peau", devait-il penser, même si jamais il ne l'avouerait.

- Allez, rompez ! Cria Sakaki.

Immédiatement, tous les joueurs de dispersèrent vers leurs classes. Aelita rigola en voyant Fuji soupirer de bonheur d'avoir échappé à Hibiki, et Sakuno rayonner de bonheur car dans la même classe que son prince. Sans aucun doute, la coach des Seigaku avait calculé son coup.

Aeli guida sa petite troupe vers la salle où ils avaient cours. Son professeur de mathématiques, la reconnaissant, lui adressa un sourire et leur fit signe d'entrer.

- Alors... Comme vous devez déjà le savoir, nous accueillons au sein du collège 22 étudiants japonais choisis pour participer au tournoi international inter-collégiens qui a lieu à Paris la semaine prochaine. En raison de la présence d'Aelita Anderson, élève toujours rattachée à notre établissement, le proviseur a gracieusement accepté de permettre à ces jeunes gens d'intégrer diverses classes durant une semaine pour leur permettre de travailler mais également de s'entraîner. Réservez-leur un bon accueil !

Aelita soupira. Speech : enfin terminé ! Comme ses camarades ne semblèrent pas quoi faire sur le coup, la jeune fille fut la première à s'avancer.

- Oui, euh... Bon, vous me connaissez déjà, à moins qu'on m'ait oubliée- ce qui serait d'ailleurs pas étonnant. Je vais vous présenter mes camarades, qui malheureusement ne parlent pas bien le français...

Coup d'œil tueur à Atobe qui haussait les sourcils. Oui, Atobe-sama, elle sait que tu parles un peu français. Mais ce serait cool que tu gardes ça pour toi, parce qu'à coup sûr ces imbéciles de françaises trouveraient ton accent irrésistible !

- Momoshiro Takeshi, Kaidoh Kaoru, Atobe Keigo, Akutagawa Jiro, énuméra la fillette en secouant légèrement ce dernier pour qu'il ouvre les yeux.

Les quatre garçons s'inclinèrent et partirent s'installer en fond de salle. Ah ouais, c'est vrai qu'au Japon, on s'incline souvent. Malheureusement, pas en France.

- Bref, s'il y a le moindre problème avec l'un d'entre eux, n'hésitez pas à venir me voir pour traduire. Ah, et, sensei... Hm, monsieur, ne vous inquiétez pas si Jiro s'endort. Il est... Euh, fatigué par le décalage horaire, mentit Aelita.

- Je vois. Bien, nous allons commencer le cours.

Pour Aelita, c'était plutôt le baby-sitting qui débutait, parce que Kaidoh et Momo étaient déjà prêts à s'étriper car l'un s'était assis à côté de l'autre. Geuh. À l'aide. Heureusement, un bon coup de trousse sur la tête régla les problèmes, et tous commencèrent leur "cahier de vacances"... Sauf Jiro, qui, bien sûr, dormait. Coup de chance, au moins, il ne ronflait pas. Youpiiiii.

La première partie de la matinée passa rapidement, et la recrée débuta.

- Aelita, tu vas où ? Questionna Momo.

- En récrée. Attrapez vos sacs, interdiction de rester dans les classes durant cette pause de quinze minutes.

- Étrange, grogna Kaidoh.

- ...

Le petit groupe sortit, et Aelita pût cesser de trainer Akutagawa en voyant arriver Kabaji, qui prit obligeamment le dormeur sur son épaule.

- Tiens, notre chère Aelita ! fit une voix mielleuse dans le dos de l'intéressée.

- Salut, Karine, répondit-elle le plus calmement possible.

- Où sont tes autres amis ?

La jeune fille n'eut même pas besoin de répondre à cette question, car déjà, les japonais affluaient en souriant vers le centre de la cour.

- Alors, ça s'est bien passé ? Questionna Aeli en ignorant la blondinette.

- Plutôt bien. Je suis content d'être avec Yuta, annonça Fuji avec son éternel sourire.

"Et d'échapper à Hibi aussi, non ?" demanda intérieurement Aelita. Shusuke, qui avait visiblement bien interprété le regard que lui avait lancé sa Kouhai, acquiesça de la tête, et tout deux sourirent, complices.

- Si j'ai bien noté, il y avait au minimum deux filles qui avaient le regard fixé sur chacun d'entre nous, annonça Inui en remontant ses lunettes. Probabilité que quelqu'un reçoive une confession durant ce voyage : 99,9%

- C'est bien Inui, ça ! Rigola Kawamura.

- Personnellement ça a été un enfer, grogna Shishido.

- Voyons, ne dis pas ça, Shishido-senpai ! Elle était très gentille, cette fille. Même si je n'ai pas du tout compris ce qu'elle a dit... Soupira Choutaro.

- Justement ! Elle a passé dix minutes à déblatérer sans que je pige rien !

Momo ricana. Ah, ce Shishido ! Toujours en train de râler pour quelque chose.

Le groupe se scinda un peu, et les Japonais commencèrent à discuter joyeusement durant deux minutes, jusqu'à ce qu'une fille qu'Aelita connaissait de sa classe de sixième vint la voir.

- Ae...lita ?

- Luce ? Oh, ça fait longtemps ! Laisse-moi deviner, c'est en rapport avec...

La jeune fille désigna de la tête le groupe de Japonais qui les regardaient avec curiosité. Son ancienne amie acquiesça d'un signe de la tête en rougissant.

- Hm... Oui. Le tout petit... Avec la casquette... Il s'appelle comment ?

- Ryoma Echizen. Mais laisse tomber, il est pris.

- Oh...

Luce s'éloigna timidement. Ça commençait ! Aeli soupira. Elle sentait venir les autres prétendantes. Fuji s'approcha de la française en souriant.

- Que voulait-elle ?

- Oh, rien...

- "Le tout petit... Avec la casquette... Il s'appelle comment?"

- ... Fuji-senpai ?! En fait, tu comprends plutôt bien le français dis donc.

- Hm, oui. Enfin, pas tout. Mais je me débrouille.

- Bon, bah tu vas me filer un coup de main en tant que traducteur ! ricana Aelita.

- Esclavagiste !

La sonnerie retentit et Fuji et Aelita se séparèrent sur un sourire. La fin de la matinée passa rapidement, de même que le repas. Chaque élève étranger avait acheté des tickets cantine. Le groupe s'était divisé et dispersé à travers la grande pièce pour tenter d'endiguer le flot d'admiratrices. L'après-midi fut heureusement lui aussi assez calme, et vint rapidement le moment de l'entraînement. Le collège possédait trois courts extérieur, et exceptionnellement, deux furent alloués à l'entraînement des Japonais. Cela ne plut bien sûr pas au club du collège, qui grogna en les voyant débarquer... Suivis de dizaines de filles piaillantes.

Geuh.

Aelita et le reste des deux équipes partirent se changer et revinrent plutôt rapidement, vêtus de l'uniforme de Seigaku et Hyotei. Yuta et le trio des premières années s'étaient changés également afin de filer un coup de main pour l'entraînement.

- Et la gamine joue aussi ?

- Cette mioche ? Bah, elle doit juste leur balancer des balles pour qu'ils lobent !

Aelita les fusilla du regard, ce qui les fit ricaner. Fuji posa une main sur son épaule pour la calmer. Shishido soupira, et partit se placer sur le terrain. Tous commencèrent par quelques échanges, tandis qu'Hibiki et Sakuno les encourageaient... Sous le regard mauvais des françaises.

- Faut détourner l'attention des filles. Sinon, elles vont écharper Hibiki et Sakuno ! Se mit à rire Aeli.

- Il serait bien que Ryuzaki-chan ne meure pas, marmonna Ryoma.

- Ooooh ? Notre Ochibi se réveillerait-il ?! ricana Eiji.

- Hein ?! Dis pas de bêtise, senpai. On va juste se faire assommer par Ryuzaki-sensei si sa petite fille est écrasée, répliqua la petit génie.

- Bien sûr, tout le monde y croit ! Ochibi, tu rougis !

- Allons, arrêter de discuter, et commençons les matchs d'entraînement, proposa Oshitari.

- Fsshh... Et on s'organise comment avec seulement deux courts ? Siffla Kaidoh.

- T'es con, on n'a qu'à proposer des matchs aux mecs du club du collège ! Proposa Momo dans un éclair d'intelligence.

- Bonne idée, approuva la coach qui venait de surgir derrière lui. Aelita, tu peux leur en parler ?

- Okay. Eh ! Des matchs Français VS Japonais, ça vous tente ? Ça pourrait être bénéfique à nos deux clubs.

- Ça marche, répliqua le capitaine, un grand costaud appelé Alex. Mais pleurez pas si on vous ratatine.

- J'en doute, rigola Aelita en traduisant ce que venait de dire l'imprudent, déclenchant des rires chez ses amis.

- Bon, je propose qu'on prenne un terrain pour des matchs sérieux inter-nations, et les deux autres pour les échauffements, annonça Oshitari, approuvé par les français une fois la traduction de cette idée faite. Commençons par un double.

Une fois ceci dit, deux joueurs allèrent instantanément se placer sur le terrain. Du côté Japonais, Sakaki fit rapidement son choix. Il fallait frapper un grand coup : la Golden pair alla préparer le terrain. Inui sortit son cahier de notes, tandis qu'Horio, Kachiro, Katsuo et Yuta partaient se placer comme ramasseurs de balles de part et d'autres du court. Ryuzaki-sensei prit place sur le banc du coach, et l'entraîneur adverse, Monsieur Leblanc, s'installa également. Sakaki fut désigné arbitre, et Atobe, en tant que capitaine, surveillait les joueurs. Mukahi s'installa au premier rang pour pouvoir se moquer de Kikumaru, Kabaji éventa Keigo, Kawamura encourageait timidement ses amis, Sakuno se rapprochait discrètement de Ryoma, et Yuta, qui avait insisté pour se placer entre Hibi et Shusuke, jetait de discrets coups d'œil à la soeur de Shishido. Ce dernier était assis entre Choutaro et Aelita, qui filmait la rencontre pour ramener un souvenir à Hibari et Aiko, qui les en avaient supplié.

- Match en un set ! Lucas, Olivier, au service !

Le parc débuta rapidement. Comme prévu, cette paire n'était pas excellente. Certes ils avaient un bon jeu de jambes, une technique pas trop mauvaise et une coordination plutôt bonne, mais contre la Golden Pair, c'était peine perdue. Eiji, que la présence de Gakuto poussait à donner son maximum, faisait preuve d'une incroyable agilité, et son partenaire toujours d'autant de précision. Leur match fut salué d'une salve de cris perçants de la part des supporters, qui en tombaient presque en pâmoison.

Le score fut de 6-1.

Les deux coachs japonais contemplèrent leurs joueurs d'un air satisfait puis décidèrent d'envoyer une paire atypique pour le second double. C'est ainsi qu'Aelita et Shishido se retrouvèrent en paire.

- On y va, minipousse ?

- Arrête de me traiter de minus, grogna la gamine. La tête des abrutis qui nous regardent me suffit amplement.

- Ok. Bref. Explosons-les.

- Yes !

Dans le public, Fuji mitraillait les deux joueurs et Choutaro filmait à la demande de Shishido. Le match débuta. Tout le monde se moquait d'Aelita, et elle fulminait. Son partenaire d'un match lui jeta un coup d'œil et ricana. Elle était à la fois rouge de honte et de colère, et ne de donnait pas autant à fond que durant les matchs au Japon. La fillette semblait gênée par le fait que ses anciens camarades de foutaient d'elle. Le garçon devait avouer que ça la rendait plutôt mignonne, cette rougeur intempestive. Mais il se serait tué plutôt que de le lui avouer. En plus, elle aurait certainement cru qu'il se moquait d'elle. Alors il resta silencieux, se contentant de lui offrir un sourire compatissant très différent de celui qu'il lui adressait habituellement. Aeli, toujours aussi fine, ne saisit pas qu'il ne se moquait pas d'elle, et le fusilla du regard.

Ahlalala.

Ici aussi, le match prit fin rapidement, malgré qu'Aeli ne donne pas son maximum. 6-2. C'était à prévoir, ce club n'était pas au niveau des meilleurs du Kanto et des Hyotei. On s'ennuyait presque. Enfin, jusqu'à ce qu'un joueur semblant un peu plus fort face son apparition, éveillant la curiosité d'Atobe. Il était brun, grand, svelte, et visiblement en classe de quatrième. Aelita le connaissait un peu, il était l'un des seuls à ne pas s'être moquée d'elle quand elle avait demandé à rejoindre le club, quelques mois auparavant. Il s'appelait Raphaël et effectivement, n'était pas mauvais. Mais la jeune fille ne se faisait pas d'illusions : aucun risque qu'il ne gagne contre Atobe, et ce malgré son niveau qui surplombait celui des français ayant joué en double précédemment. Cependant, le roi des Hyotei avait décidé de l'affronter. Mais avant qu'il n'ait pu faire sa demande, le jeune français était venu poser une main sur la tête de la fillette.

- Yo, Aelita ! Alors, le Japon, c'est bien ?

- Pas mal, oui.

- Tu es dans leur club ? La questionna-t-il, avant de continuer sans même attendre sa réponse. C'est con, si mes abrutis de coéquipiers ne s'étaient pas moqués de toi l'année dernière, tu serais peut-être avec nous !

Aelita ne sut que répondre à cela, mais heureusement, elle n'eut pas besoin de plus y réfléchir, car Shishido, sur un coup de tête, s'était avancé et criait presque sur le bonhomme.

- Tu te fous encore d'elle ?! C'est pas fini, vos conneries ? J'suis sûr que cette naine vous bat tous à plate couture !

- Shishido, la ferme ! C'est pas du tout ça ! Soupira Aeli.

- Il dit quoi ? Bafouillait Raphaël, surprit.

- Des conneries, laisse tomber, Raph !

- Ah ouais, et qu'est-ce qui me dit que tu ne mens pas pour éviter qu'on s'énerve ?!

- Shishido, tais-toi !

- C'est une scène de ménage ? Demanda Raphaël qui ne pigeait toujours rien. Dis-lui que je ne savais pas que vous étiez en couple !

- Nom de Dieu, on n'est pas en couple ! Gueula Aelita en Japonais sous le coup de la surprise.

- Moi en couple avec toi ?! Hurla à son tour Shishido. Jamais !

- Mais ta gueule, bon sang ! Cria Aelita au joueur de Hyotei.

- Attends, t'as dis quoi, là ? Redemanda ce pauvre Raphael totalement paumé.

- ON N'EST PAS EN COUPLE ! Gueula de plus belle la jeune fille.

Derrière elle, Fuji était littéralement mort de rire, Choutaro filmait la scène, Inui griffonnait dans son cahier en marmonnant qu'il avait désormais de bonnes données, Echizen grommelait qu'ils étaient chiants tandis que Sakuno réalisait à peine ce qui se passait, trop absorbée par son prince. Oshitari jetait de discrets coups d'œil par-dessus l'épaule d'Inui, Jiro ronflait - évidemment -, Eiji et Momo se donnaient des coups de coude et ricanaient en pointant du doigt leur Kohai, Kaidoh se foutait complètement de la scène, Kawamura soupirait en leur demandant de se calmer, et les deux capitaines contemplaient les deux joueurs d'un air las. Très las.

Puis soudain, le calme Taka attrapa la raquette que lui tendait ce filou d'Echizen et s'interposa entre le trio en l'agitant dans tous les sens. Immédiatement, Shishido attrapa le poignet gauche d'Aelita pour l'éloigner... Tandis que Raph attrapait le poignet droit de la jeune fille.

Et ils tirèrent en même temps, très fort.

Geuh.

Shishido força, de même que l'autre abruti.

- Lâche-la, sombre andouille !

- Tu vas lui faire mal, abruti congénital !

- ... MAIS VOUS ALLEZ ME FOUTRE LA PAIX, OUI ?! Hurla la jeune fille dans sa langue natale avant de traduire pour Shishido.

Puis, se dégageant d'un coup sec, elle se cassa en fulminant vers les vestiaires, attrapant au passage sa raquette. Une fois arrivée dans la petite pièce, elle récupéra son sac de cours, son étui à raquette, et sortit du collège sans même se changer. Elle faisait un peu tâche dans la rue avec sa jupe bleue et son polo assortie, sur lequel était marqué "Seigaku". Mais faisant fi des regards intrigués des passants, la jeune fille se rendit à l'arrêt de bus en courant et attrapa celui qui s'apprêtait à partir.

- Bonjour, un... Euh, bonjour, un ticket s'il vous plait, reprit en français la jeune fille en passant quelques pièces au chauffeur.

En un peu moins d'une vingtaine de minutes, elle se retrouva chez elle. Aelita déverrouilla la porte d'entrée et se glissa chez elle. Il était un peu plus de dix-sept heures, et ses deux parents étaient déjà rentrés.

- Coucou ma chérie ! Lança sa mère. Déjà rentrée ? La journée s'est bien passée ?

- Mouais, on va dire ça. J'vais à la douche, m'man !

- Ok, prends ton temps !

Et effectivement, la fillette prit son temps, passa une demi-heure sous l'eau chaude, se coiffa soigneusement les cheveux avant de se faire une tresse en épi, enfila sa chemise de nuit noire pour être à l'aise, et sortit enfin de la salle de bain après un peu moins d'une heure passée à l'intérieur. En bas, dans le grand salon, Aelita entendit des voix. Probablement que son père avait proposé à un collègue de travail de venir prendre un café. Mais étrangement, cette voix lui paraissait très connue. Curieuse, elle descendit les escaliers. Et se retrouva face à 23 personnes qu'elle connaissait bien. Très bien. Et la voix connue n'était autre que Fuji, qui traduisait maladroitement du français au Japonais et inversement.

- Ah, mon lapin, cria son père en l'apercevant dans l'escalier. Tu peux descendre nous servir d'intermédiaire ?

- On a proposé à tes amis de passer en les voyant rentrer à l'hôtel dans la rue, ajouta sa mère.

Aelita avait envie de se défenestrer, là. Sérieux. En soupirant, elle alla se placer à coté de ses parents en les fusillant du regard, tandis que de leur côté, les joueurs ricanaient en voyant sa chemise sur laquelle était marqué... "I'm a duck". Je suis un canard, en français. Crédible, très crédible.

- Merci d'avoir traduit, Fuji-senpai. Mes parents ne savent que dire bonjour et au revoir, en japonais, soupira la fillette.

- Ils sont marrants, tes parents, petit Lapin ! La railla Atobe, qui avait bien sûr comprit comment l'avait qualifiée son père.

Aelita grommela en le fusillant du regard.

- Je vous remercie de prendre soin de ma fillette chérie ! Lança à la cantonade sa maman poule.

Sa fille traduit obligeamment, omettant bien sûr le "fille chérie". À partir de là, s'ensuivit une longue conversation entre la coach et ses parents, tandis que peu à peu les autres rentraient chez à l'hôtel, l'heure avançant. Je ne retranscrirais pas cette conversation, dont le contenu n'est que peu important, et passerai plutôt à la seconde journée de ce voyage.

On était mardi, il faisait beau, et aujourd'hui, de nouveau, l'autre abrutie de Karine et sa petite cour étaient venues entourer le groupe de Japonais. À la fin de l'entraînement, de nouveau, elles avaient suivis les étudiants, poussant tout ce qu'elles pouvaient pour les apercevoir ne serait-ce que quelques minutes. Si Sakuno avait été embarquée à l'écart par Ryoma, et Aeli s'était volontairement écartée un peu, Hibiki avait quant à elle était prise au piège en plein milieu du groupe... Puis rapidement éjectée par des françaises, avait trébuché et faillit s'étaler sur la route pile au moment où plusieurs voitures fonçaient. Si Yuta n'avait pas réagi à la vitesse de l'éclair et ne l'avait pas rattrapée par le poignet avant qu'elle ne chute, on aurait eu de la purée d'Hibiki au diner du soir !

Le petit incident avait considérablement ébranlé la coach Ryuzaki et Oishi-maman-poule, et ce malgré qu'il n'y ait pas eu de blessés. Quoi qu'il en soit, ils commencèrent tout deux à faire attention à tout le monde. Au bout de plusieurs minutes de combats intenses, d'interventions de professeurs, de grognements de Sakaki et Ryuzaki, les Japonais parvinrent à semer le petit troupeau de furies et de retrouvèrent dans une petite rue de Talence, où se trouvait précisément le collège d'Aelita.

- Quelle bande de dingues, soupira Oshitari.

- 2,384 fois plus bruyantes que les japonaises, précisa Inui.

- Elles sont impressionnées par mes acrobaties ! Se vanta Mukahi.

- J'crois pas non, ricana Eiji.

- C'est le prix de ma célébrité, lança Atobe en claquant des doigts.

- Et de ta modestie aussi, non ? Le railla Echizen.

- Bon, qui veut un hamburger ?! Lança soudain Momo, coupant court aux discussions.

De nombreuses voix s'élevèrent, et finalement, on se scinda en plusieurs petits groupes. Oshitari, Mukahi, et Kabaji retournèrent à l'hôtel en ramenant Jiro, Atobe, Oishi, et les deux coachs partirent discuter tennis dans un café, et le reste eut quartier libre. Aelita leur proposa donc de les emmener faire un tour à Bordeaux, ce que tout le monde accepta avec enthousiasme. Les coachs leur en donnèrent l'autorisation, à condition qu'ils soient rentré à 18h30 à l'hôtel. Après avoir pris le tram - et manqué de perdre Kikumaru en cours de route, trop absorbé par l'agitation de la ville - et englouti un hamburger, Aeli tira Eiji et Momo à l'écart.

- Eh ! J'ai un plan machiavélique pour Ryoma et Sakuno, murmura la fillette avec un sourire de conspiratrice.