Me revoilàààà, avec le chapitre 39 !

Et demain, je m'en vais, alors ce sera le dernier chapitre pour trois semaines... désolée XD

Hecate : Huhuhu. Je ne vais pas trop en dire, mais oui, il y aura de la concurrence :p Pour la grande majorité des filles que j'ai introduit, d'ailleurs \o/

Je sais pas si je vais faire la même chose pour Tomoka... Elle peut être tellement chiante, que par moment je me demande qui voudrait d'elle... XD

Julie : Encore merci, contente que ce chapitre te plaise \o/

Aux nouveaux(lles) lecteurs(trices) et aux ancien(ne)s, je vous promet de continuer à faire de mon mieux pour que la fanfic vous plaise toujours autant ! Basous, passez de bonnes vacances :3

Chapitre 39 :

La vipère… perdait son match. La force de son adversaire n'était pas particulièrement écrasante, mais il avait une technique plutôt étonnante. Il semblait avoir vite compris que face à un adversaire aussi tenace que Kaidoh, envoyer des balles à gauche et à droite ne servait à rien. De plus, maintenir une pression psychologique face à la vipère était également inutile. Sa technique était plutôt l'évolution. Comme un Pokémon, en fait. Comme Pikachu.

Oui, bon, désolée pour la comparaison, j'avais pas d'autre idée ! Disons que durant tout le tournoi, Matteo, puisqu'il s'appelait ainsi, s'était présenté sous la forme de Pichu, la pré-évolution de la célèbre souris jaune fluo. C'est-à-dire non pas faible, mais à seulement un tiers de ses capacités. S'il avait fait preuve d'une bonne puissance, et d'un style assez intéressant, Inui avait cependant estimé qu'il n'était pas un véritable danger pour sa petite vipère préférée. Ah, si seulement il avait su à quel point il s'était trompé… Même si l'on ne pouvait pas dire que c'était vraiment sa faute, puisque Matteo avait tout le temps – et imperceptiblement – retenu sa force.

Alors quand il avait commencé à sortir de nouveaux coups que personne n'aurait pu prévoir, Kaidoh avait été le premier surpris, même s'il ne se laissait pas démonter. Mais l'évolution de son adversaire était perpétuelle, à tel point qu'il était impossible de savoir comment il allait bien pouvoir attaquer par la suite. Même Kaidoh semblait commencer à faiblir un peu, non pas physiquement, mais plutôt psychologiquement. C'est vraiment une situation instable que celle de ne pas savoir ce qui nous attend.

Au vu des estimations de notre senpai à lunettes favori, il semblerait que Matteo ait désormais atteint le rang de Pikachu. Cela voulait dire qu'il pouvait encore évoluer vers Raichu, et donc sortir de nouveau coups. Mais cela ne pouvait être également que du bluff. Bref, en gros… C'était totalement aléatoire. Et Kaidoh l'avait parfaitement bien compris. En résultait non pas une peur, mais une petite appréhension grandissante, qui fissurait peu à peu la vipère.

Même Momo semblait surpris de voir son rival de toujours perdre peu à peu de son assurance. Nous étions à quatre jeux contre un, et le porc-épic ne pouvait s'empêcher d'haranguer Kaidoh.

- OH, MAMUSHI, REVEILLE TOI ! gueulait le garçon aux yeux violets alors que le Seigaku perdait son 5ème jeu.

- Allez, Kaidoh-senpai, allez, Kaidoh-senpai ! Cria soudainement Sakuno, pour encourager son senpai.

Ce cri fut repris par Hibiki, par Aelita, et par tous les autres, avec les variantes du style « Mamushi », « Kaoru-chan » (par Kikumaru), ou encore « Kaidoh » tout court. Seul Inui restait calme. Savait-il que la cause de Kaidoh était perdue ? Ses statistiques lui indiquaient-elles que la vipère était perdue ? Ou au contraire était-il persuadé qu'il saurait rattraper le coup ? Personne ne put le dire, et même Kikumaru, curieux, tenta d'en savoir plus :

- Nyah, Inui, pourquoi tu l'encourages pas ? Tu penses que c'est raté, hein ? Nyah !

- Hm… Laisse-lui encore quelques minutes, tu vas voir.

Et effectivement, à peine cinq minutes plus tard, Inui leva la main droite. Kaidoh, comprenant le signal silencieux de son partenaire de double n'étant pas sur le terrain, adressa un sourire énigmatique à son adversaire.

Et puis là, d'un coup, il se remit à y aller à fond. Imperceptiblement, il avait cessé d'utiliser ses techniques les plus efficaces. En deux temps trois mouvements, le score passa à 5-3. Aelita se tourna vers Inui, qui arborait un sourire plus que satisfait.

- Inui-senpai, toi, tu sais quelque chose.

- Oui, tu sais quelque chose, senpai ! cria Momo à son tour. Mamushi semble avoir changé ! Tu l'as échangé avec un alien, ou quoi ?

- Moi ? Je lui ai juste donné quelques conseils avant son match, ricana l'intéressé.

- Inui, tu lui as dit quoi ? Tu lui as donné une stratégie secrète ? questionna Kawamura, surpris.

- Laisse-moi deviner, murmura Fuji, son sourire collé sur le visage. Tu avais déjà compris la stratégie de Matteo, hein ?

- D'après toi, Fuji ? lui demanda le petit génie des données en remontant ses lunettes sur son nez.

- Je m'en doutais.

- Tes stats sont toujours aussi exactes, et ta capacité d'observation toujours autant développée, hein ? observa Tezuka.

- Bien sûr. Je n'ai fait que les travailler, depuis ton départ. Un jour, je te vaincrai.

- Avant de parler de cela, on devrait peut-être se concentrer sur le match de Kaidoh, non ?! demanda Oishi.

- Et, Inui-senpai, explique nous ce qu'il s'est passé avec Kaidoh-senpai, ordonna presque Ryoma.

Cela surprit presque tout le monde que le petit Echizen ouvre la bouche, lui qui avait passé tout le match muet, à observer son senpai.

- Tiens, tiens, le petit génie n'aurait pas compris-nyah ? questionna Eiji en lui frottant le crâne.

- Parce que toi t'as compris, peut-être ? ricana Mukahi.

- Euh…

- Bon, laissez-moi vous expliquer, soupira le fou de données en remettant ses lunettes sur son nez, de nouveau. Je suppose que vous avez tous réalisé que la technique de Matteo était celle du Pokémon, non ?

- Bon ça, on a pigé, ricana Eiji.

- Sauf que de son côté, Kaidoh avait lui aussi une petite tactique que je lui avais donnée après avoir bien étudié le comportement de notre cher ami et adversaire durant ses précédents matchs. L'important était qu'aucun d'entre vous ne soit au courant, pour que vos réactions restent naturelles. Ce que devait faire Kaidoh était de diminuer progressivement l'utilisation de ses coups spéciaux, et de donner imperceptiblement plus de possibilité à Matteo de marquer. C'est un jeu difficile, car on peut facilement et rapidement en perdre le contrôle et le match par la même occasion. Il faut savoir bien doser, et garder des réactions naturelles. Il aurait par exemple été étrange que Kaidoh, très endurant, soit essoufflé au bout de quatre jeux.

- Très bien, mais cela dans quel but ? demanda Aelita, ne voyant pas bien où il voulait en venir.

- Pression psychologique, Aelita-chan ! cria Kikumaru.

- Eiji a raison, approuva Taka-san. Pris à son propre piège, menant de cinq jeux à un, devant ce renversement de situation, Matteo n'en est que ben plus touché. De plus, ils ont déjà joué 6 jeux. Kaidoh a donc six autres jeux à rattraper pour vaincre son adversaire. Si son endurance le lui permet, elle ne facilite cependant pas la vie de l'Italien, beaucoup moins performant que lui dans ce domaine, comme notre fou de données l'a sans aucun doute remarqué durant les précédents matchs. J'ai juste, Inui ?

- Pas mal, Taka-san, approuva le binoclard. Tu t'améliores côté observation.

Ce fut à ce moment que Ryoma choisit de lui mettre une raquette dans la main.

- BURNIIIIIIIING, BABY ! MOI, OBSERVATION ? J'OBSERVE PAS, J'AGIS ! YEAAAAAH !

- …

- Mouais, euh, bon, encourageons Kaidoh, sourit Oishi.

Un rire parcourut l'assemblée japonaise, qui reporta ensuite son attention sur le match de la vipère. Si on pouvait appeler ça un match, puisque là, ça ressemblait plus un écrasement en règle en faveur du Seigaku.

Quand le score du match fut annoncé – un beau 7-5 –, tout le monde se mit à sauter de joie. Plus que deux matchs à gagner, on était revenus à égalité !

C'était désormais au tour d'Atobe de rentrer sur le terrain. La réaction des supporters filles fut la plus surprenante de tout le tournoi. En effet, il avait été remarqué, durant les interviews et même sur les gradins, et faut croire que les pronostics avaient prévu qu'il jouerait ce jour-là, puisqu'il fut accueilli par des banderoles où étaient écrit « Atobe-sama on t'aiiiiiiiiiiiime ! » ou autres niaiseries du genre en anglais, français, japonais, et même en allemand.

Le King, bien sûr, était on ne peut plus heureux, et gagna en confiance. Il s'avança au milieu du terrain, la main en l'air, poing fermé, tandis qu'autour, comme au Japon, les trois-quarts du public scandaient son nom. Puis il claqua des doigts, et le silence se fit instantanément. Même le commentateur français, habituellement humoristique voire carrément ironique, s'était tu. Un miracle ! Ne serait-ce pas une bonne idée de faire intervenir Atobe plus souvent, histoire que l'homme se la ferme plus fréquemment ?

Peut-être que oui.

Bref, il y eut un gros blanc dans le stade, jusqu'à ce que des filles recommencèrent à crier, super heureuses. Aelita, elle ricanait. Hibiki aussi d'ailleurs.

- Il n'a pas changé, lui ! rigola Hibi.

- Je n'aurais jamais cru que son truc marcherait sur un stade entier, renchérit Aeli.

- Moi non plus, l'approuva Sakuno. J'avoue être un peu admirative.

A ce moment-là, Ryoma attrapa la main de sa petite amie, qui vira au rouge pivoine. Probablement que la savoir admirative de cet arrogant King des Hyotei le rendait jaloux, même si vous pouvez être sûr qu'il ne l'avouerait jamais : il avait sa fierté, comme tout Echizen, tout de même !

Mais il allait quand même surveiller de près Atobe Keigo, et même tous les autres qui pourraient ne serait-ce que poser les yeux sur SA Sakuno. La sienne. Sa sienne. Sa Sakuno. Point barre. Le premier qui oserait le contredire se prendrait une balle de tennis dans la tronche. Voire carrément son poing, s'il n'en avait pas sous la main.

Bref. Revenons plutôt à Atobe. Il avait tourné la tête vers Ryoma, cruellement conscient que ce dernier le fixait d'un regard mauvais. On aurait presque pu voir son aura noire se répondre dans tout le stade. Keigo-sama en ricana presque. Cette petite Sakuno pourrait peut-être lui servir pour embêter l'arrogant petit prince.

Mais là n'était pas la question, pour l'instant. Il devait se concentrer sur son match. Et sur son adversaire aussi. Adversaire, qui, d'ailleurs, commençait sérieusement à fulminer. Si tous les joueurs rencontrés jusqu'à présent étaient fair-play, agréables et sympathiques, ce ne semblait pas être son cas. Il se nommait Romeo, et n'avait rien du légendaire amour de Juliette. Disons plutôt, pour être polie, qu'il ressemblait à une brute épaisse, et qu'il ne correspondait pas particulièrement aux critères de beauté avec ses cheveux dressés en piques sur sa crête sur la tête, et ses innombrables piercings dispersés sur son visage.

Mais cela était cependant tout de même de mauvais augure… En effet, il faut savoir que tous les joueurs sont recrutés non seulement sur leur force, mais également sur leur physique. Lorsque des sponsors se proposent pour financer les joueurs, ils le font le plus souvent en fonction de l'impact qu'ils ont sur le public. Si ce bonhomme-là, qui était, il faut le dire, laid comme un pou, avait été recruté au détriment de l'impression qu'il ferait sur le public, ça voulait dire que sa puissance était tellement conséquente qu'il pouvait facilement compenser son apparence auprès des sponsors.

Atobe avait visiblement parfaitement compris cela, et se tenait sur ses gardes, comme le démontrait son visage devenu sérieux. Il avait en face de lui un adversaire à ne pas sous-estimer.

Puis un léger sourire arrogant apparu sur son visage, et il s'avança pour se placer au bord du terrain, afin de commencer à servir dès que l'arbitre annoncerait le début du match. Il fixa son adversaire, qui lui rendit son regard… en dix fois plus féroce. On aurait cru que le gros balourd d'en face était prêt à lui sauter dessus, et s'il l'avait vraiment fait, Atobe aurait sans doute été écrasé par son poids.

Au dîner, crêpe de King !

Hrm, hrm. Oubliez la narratrice, elle a seulement faim.

Reprenons plutôt le match. L'arbitre venait d'en siffler le début, et Keigo, bien décidé à ne pas dévoiler toutes ses cartes au début, se contenta d'un service bateau mais très précis, qui ne décontenança cependant pas son adversaire. Il la renvoya avec une force non négligeable, ce qui n'était pas étonnant, vu sa masse. Ce qui l'était plus, c'est la rapidité avec laquelle il se mouvait, son agilité incroyable pour son imposante carrure. Mais Atobe était loin d'être dépassé, vraiment loin de là. Il bougeait aussi rapidement que son adversaire, démontrait sa maîtrise quasi-parfaite de la balle, et ne laissait aucun écart se creuser entre lui et son adversaire. Tour à tour, ils prenaient l'avantage. On arriva finalement au tie-break. Qui fut long. Très long. Super long. Tellement long, qu'on commençait à voir certaines personnes bailler dans le public. Non pas d'ennui, car le match devenait de plus en plus excitant, mais toute cette attention portée sur les joueurs finissait par fatiguer les yeux des spectateurs. Mais une fois terminé, il y eut un instant de silence, comme si on prenait véritablement conscience de la portée de ce match, qui venait de faire pencher la balance en faveur… des Japonais.

Puis un déluge d'applaudissements les félicita pour ce beau match, même si on pouvait clairement voir sur le visage de l'italien qu'il n'était pas satisfait. Effectivement, c'était parfaitement compréhensible, vu que le point qui avait fait gagner Atobe, n'était du qu'à une faute de la part de son adversaire. Faute qu'il avait bien tenté de contester, hein, on s'en doute.

- Non posso accetare questo ! La palla non era fuori ! qu'il hurlait en italien.

L'arbitre, décontenancé – et surtout, ne pigeant rien à ce que baragouinait le joueur – ne put que lui demander de se calmer, avant d'hausser finalement la voix et de presque lui crier dessus. Comme aucun des deux ne comprenait ce que baragouinait, ils continuaient à essayer de crier plus fort l'un que l'autre, jusqu'à ce que l'entraîneur italien arrive sur le terrain, attrape l'oreille de son joueur et le tire en coulisses en grommelant.

- Figlio mio, deve essere fair-play !

Un léger sourire passa sur les lèvres d'Inui-senpai, qui cette fois, daigna expliquer sans qu'on ne le lui demande.

- D'après ce que j'ai compris, ce joueur vient de se faire réprimander par son père…

- Heiiin ?! le questionna Aelita.

- Il vient de dire « Mon fils, tu dois être fair-play. »

- Waaah, mais c'est trop la honte, le pauvre…

Elle dit cela, bien que ne pouvant s'empêcher de rire un peu… et ne compatissant pas du tout au sort du jeune italien ! Il l'avait cherché après tout, et l'avait donc mérité. Pas de quoi en faire tout un plat. En tout cas, un petit rire parcourut les gradins : le lendemain, les japonais ne seraient plus les seuls à être raillés par les médias japonais.

En espérant que les médias en question soient plus intéressés par cette petite histoire qu'à chercher de nouveau ragots croustillants du côté des Seigaku et des Hyotei.

M'enfin, avant de se remémorer de mauvais – ou du moins, pas excellents – souvenirs (genre Aelita suçant son pouce…), et passons au match suivant. Je suis sûre qu'on ne m'en voudra pas de passer sur cette malencontreuse aventure…

(Là, vous êtes censés imaginer les regards furieux que posent sur moi nos chers amis Japonais.)

… aventure que je n'aurais visiblement même pas dû mentionner. Ahah.

Bref, bref, bref. Avant que je ne me fasse tuer, passons donc rapidement au double suivant. Applaudissez bien fort… Gakuto et Oshitari !

- Moi, ce que je comprends pas, marmonna Shishido, c'est pourquoi leur paire a pas été séparée.

- Ouaiiiis, c'pas juste ! marmonna Eiji.

Gakuto, tout content, adressa un sourire victorieux aux râleurs du dessus, qui répliquèrent en lui tirant la langue. Mais les coachs, bien décides à rigoler au dépend des deux joueurs qui venaient de s'avancer sur le court, n'hésitèrent aucunement à les rabaisser gentiment.

- En fait, c'est juste qu'ils sont inutiles quand ils ne sont pas ensemble. C'est tout, fit remarquer Ryuzaki-sensei.

Un grand éclat de rire secoua les gradins Japonais, et Mukahi rougit devant l'affront.

- 100% de chances que ce soit pour détendre l'atmosphère, annonça Inui.

- Ah, c'était une blague, hein ? Très drôle, marmonna le rouquin des Hyotei.

- … Je me suis mal fait comprendre. Cette répartie était faite pour que vous rigoliez, mais cela ne veut pas pour autant dire que c'était une blague. Du moins, pour Oshitari, c'en est une… Pour toi, c'est moins sûr, ricana le dataman.

Nouvel affront. Cette fois-ci, Gakuto balança carrément une balle dans la tête de l'exaspérant homme aux données, qui ne put éviter la balle à cause des gens qui l'entouraient… bien qu'ayant parfaitement calculé sa trajectoire, hein, ça on s'en doute.

Ignorant Oshitari qui retenait un petit rire moqueur, Gakuto se retourna et s'avança vers le banc… avant de percuter son futur adversaire, un géant d'environ deux mètres. Gigantesque. Bien plus adapté à un sport tel que le basket, le mec. Il lui adressa un sourire bienveillant, et sa main se leva, comme celle d'un adulte voulant frotter les cheveux d'un gamin turbulent. Mais quand il la rabaissa, ce fut pour la tendre au rouquin, un sourire encore plus éblouissant sur le visage. Il voulait visiblement lui serrer la main.

Gakuto hésita un instant : c'est compréhensible, non ? Un géant pareil, ça doit pouvoir vous broyer les phalanges d'une simple pression de doigt. Peut-être ferait-il mieux de lui tendre sa main gauche, avec laquelle il ne jouait pas ? Bah, il n'oserait pas lui faire mal avec des centaines de centaines de spectateurs ayant les yeux rivés sur eux. Il lui tendit sa main droite… que le géant attrapa… et porta à ses lèvres.

Le cri qu'aurait voulu produire Mukahi ne parvint pas à franchir ses lèvres, et il se retrouva comme un poisson hors de l'eau, la bouche s'ouvrant et se refermant sans s'arrêter. Une petite rougeur était montée à ses joues. Ils auraient pu rester ainsi indéfiniment, avec sa tête de déterré, si Aeli n'avait pas cassé l'atmosphère en explosant de rire, à s'en taper sur les cuisses.

- Bwahahahaha ! Oh la tête ! Oh la tête !

Donc, visiblement, elle se foutait de sa gueule. Ouais, c'était indéniable. Mais il ne pouvait pas répliquer, puisqu'il était toujours figé sur place, muet de stupeur. Oshitari ricana, et s'approcha à son tour. Le géant se contenta de serrer la main du binoclard, avant d'adresser un clin d'œil aguicheur à l'autre :

- Sei bellissimo.

Mukahi se retira précipitamment une fois sa main libérée, se tourna, raide comme un robot, et passa devant Oshitari pour rejoindre sa place.

- Je ne sais pas ce qu'il a dit, et je ne veux pas savoir. Je ne sais pas ce qu'il a dit, et je ne veux pas savoir. Je ne sais pas ce qu'il a dit, et je…

- Il a dit que tu étais très beau, ricana son partenaire de double.

- AAAAAH, YUUSHI, J'AI DIT QUE JE VOULAIS PAS SAVOIR !

- Oooh, j'avais pas compris que c'était à moi que tu t'adressais, répliqua-t-il, toujours un sourire ironique plaqué sur le visage.

- … Je te le ferai payer.

- En tout cas, s'ils ont voulu te perturber, c'est réussi. Sans doute avaient-ils compris que vu mon génie, une attaque psychologique telle que celle-ci ne ferait rien… Voici pourquoi ils se sont attaqués à toi, soupira le binoclard en remontant ses lunettes sur son nez.

- Oh, c'est moi le génie, ici !

- Pas de commentaire.

- Je te hais, marmonna le rouquin.

- Je sais, je sais, ricana de nouveau Yuushi.

- Oh, c'est quand vous voulez ! les interrompit Ryuzaki-sensei, leur faisant réaliser que l'arbitre aurait bien aimé donner le coup d'envoi du match.

Les Japonais s'excusèrent en s'inclinant, et partirent en courant s'installer. Avant de servir, Oshitari prit le temps de détailler subtilement ses nouveaux adversaires. Si celui de devant, qui avait ouvertement dragué Mukahi, ne détachait pas son regard de Mukahi, le receveur, à l'arrière, fixait Yuushi.

Plus petit, enfin, disons d'une taille normale, et d'un gabarit de crevette à côté de son coéquipier, il semblait défier le binoclard des Hyotei. Mais ce dernier n'allait pas se laisser démonter. Mobilisant toutes ses connaissances, il tenta de se rappeler où il avait vu pareil assortiment de deux joueurs aussi différents.

Josei Shonan.

Le nain et le baraqué.

Oshitari savait donc à peu près à quoi s'attendre de ces deux là. Le match était lancé.