Coucou tout le mooooonde !
Me revoilà non pas avec la suite de la fiction... Mais avec un chapitre spécial Halloweeeeeeeen 8D
Désolée Eclipse, il va falloir attendre encore un peu pour voir si Fuji a vraiment perdu XD
Hecate : Bien sûr qu'Aelita n'est pas douée ! Si Aelita n'était pas maladroite, ce ne serait pas AElita 8D
Et sache que si tu as hâte de lire les chapitres sur les nationales, moi, j'ai mega hâte de pouvoir les écrire ! J'ai tellement d'idées que je n'en peux plus d'attendre XD
Allez, j'arrête de parloter, et je vous laisse lire o/
[A Seigaku…]
« Rendez-vous demain soir à la fête foraine, au Labyrinthe Maléfique. Je vous ai préparé un entraînement d'Halloween, n'oublie pas d'amener ta raquette. Inui. »
Aelita considéra le petit mot qui avait été glissé par Inui dans son casier d'un air dubitatif. Un entraînement dans une fête foraine ? Un samedi soir ? Etrange. Bah, c'était un ordre de son senpai, ce n'est pas comme si elle pouvait refuser. Elle soupira, rangea ses affaires et rentra chez elle.
[A Hyotei…]
« Rendez-vous à la fête foraine, demain soir. Entraînement spécial en perspective. Ma grandeur vous attendra au Labyrinthe Maléfique, alors ne me faîtes pas attendre. Et réveillez Jiro, s'il dort. Atobe.»
Oshitari remonta ses lunettes sur son nez et lança un regard dubitatif à son partenaire et ami, Gakuto.
- Atobe dans une fête foraine, et pour un entraînement spécial. Tu y crois, toi ?
- Demain, c'est Halloween, je voulais aller ramasser des bonbons ! pleurnicha le rouquin, ignorant Yuushi.
Le binoclard soupira. Il ne l'écoutait vraiment pas. Bah, au pire, on verrait bien ce que ça donnerait. Il plia le papier en deux et le rangea dans sa poche.
[Et du côté de Rikkaidai…]
« Que tout le monde se réunisse au Labyrinthe de la fête foraine demain soir. Entraînement spécial. Ne vous relâchez pas. Sanada. »
Marui sauta sur place, manquant de s'étouffer avec son gâteau à la crème. Jackal fut obligé de lui donner de grands coups dans le dos pour lui faire recracher le morceau qui entravait sa gorge.
- Waaaah, Jackal ! cria le morfale une fois capable de reparler. Ca va être trop cool, tu penses pas ?!
- Oui, j'espère. Par contre, je me demande quel genre d'entraînement on peut avoir à la fête foraine…
- Je vais manger une pomme d'amour ! Et une barbe à papa ! Et des churros ! Au chocolat ! Et de la guimauve ! Et…
- … Faudrait que t'arrêtes de penser à la bouffe, un peu… soupira son partenaire.
[Le samedi…]
- Yeah, yeah ! cria le rouquin des Seigaku en arrivant devant le lieu de rendez-vous. On va dans un labyrinthe hanté !
- Du calme, Eiji, du calme… soupira Oishi, qui était arrivé en premier.
Aelita, qui le suivait, soupira.
- J'aime pas les maisons hantées. Alors un labyrinthe…
Echizen fit à son tour son apparition, un air blasé sur le visage. Puis, étrangement, il attrapa le papier que relisait Aelita, et laissa échapper un grognement.
- Oh, pourquoi y a que sur le mien qu'il y a marqué « Si tu ne viens pas, tu devras boire une chope entière d'Inui Juice Super Remix » ?!
- Mada, mada dane, Ryoma ! ricana la française.
- Toi, la ferme.
Oishi soupira. Cette soirée promettait d'être étrange et riche en évènements… Le reste de Seigaku arriva assez rapidement, et étrangement, Inui, réputé pour être très ponctuel arriva en dernier.
- Alors, Oishi, en quoi consistera l'entraînement ? demanda-t-il de but en blanc en arrivant.
- Eh bien l'entraînement..., commença le vice-capitaine. Attends, attends, pourquoi c'est à moi que tu demandes ça ?!
Oishi sortit son propre papier, glissé dans son casier comme pour Aelita. Il était bel et bien signé par Inui.
- Ben ouais, Inui-nyah ! approuva Eiji. C'est toi qui l'a organisé, non ?
- Non, ce n'est pas moi. Oishi m'a envoyé un papier pour me donner rendez-vous ici, protesta le dataman de Seigaku.
- Je n'ai rien envoyé ! On a tous reçu un message de toi, visiblement, soupira le vice-capitaine.
- Ce serait une mauvaise blague, alors ? suggéra Kawamura.
- Probablement, sourit Fuji. Eh bien, que faisons-nous ?
Un petit silence fit son apparition, uniquement brisé par les bruits ambiants de la fête foraine. Oishi ouvrit la bouche, prêt à suggérer quelque chose, mais fut interrompu par un employé du Labyrinthe, qui vint les voir.
- Vous êtes bien l'équipe de tennis du collège de Seigaku ?
Pris au dépourvu, le capitaine remplaçant de ladite équipe hocha la tête.
- Bien. Le groupe n'est pas encore au complet, je vous prierai donc de bien vouloir patienter encore un peu, le temps que les autres arrivent.
- Pas au complet ? Eh bien, si, tous les joueurs titulaires de Seigaku sont présents… protesta Oishi. Et puis, nous avons vraiment réservé le labyrinthe ?!
- Eh bien, oui. Bon, une dizaine de personnes doit encore arriver. Je reviendrais dès que le groupe sera finalement formé.
- Quoi, que… nan mais attendez ! protesta le pauvre Oishi, complètement paumé.
- Comment ça encore une dizaine de personnes ? s'interrogea à voix haute Momo.
- Tiens, tiens, lança une voix bien connue, mais n'appartenant pas aux Seigaku. Alors comme ça, vous êtes là aussi ?
Les têtes se tournèrent d'un seul et même geste vers le groupe d'adolescents qui venait de faire son apparition.
- Oshitari Yuushi ! sourit Fuji.
- Les Hyotei ! cria Aelita. Tiens, mais où est Atobe ?
- Il devrait pas tarder, expliqua le binoclard. Alors, que faites-vous ici ?
- Ben, on a tous été réunis pour un « entraînement spécial »… mais on sait pas par qui, râla Momo.
- Fssshhh… approuva Kaidoh.
- Un entraînement spécial ? questionna Shishido. C'est marrant, nous aussi. On attend plus que le capitaine… qui arrive, d'ailleurs !
En effet, le King, suivi de son fidèle valet Kabaji, arrivait. Il n'avait pas l'air particulièrement heureux d'être ici et c'était compréhensible : non mais sérieusement, un roi dans une fête foraine ! Avouez qu'on voyait pas ça tous les jours ! Atobe, lui, n'allait dans des parcs d'attractions que quand ils avaient été spécialement réservés pour lui, comme tout roi qui se respecte ! Ainsi, pas la peine de se mêler à cette foule bruyante et malodorante.
- Bon, Oshitari, j'espère que ton entraînement est suffisamment intéressant pour permettre à ma grandeur d'oublier l'horreur de ce lieu !
- … Pardon ? demanda le binoclard, perdu.
- Oui, oui, tu peux t'excuser de m'avoir fait venir ici, et même un millier de fois !
- Non, je voulais dire… je n'ai rien préparé. C'est toi qui nous as demandé de venir ici, je te rappelle !
- Tu me vois vraiment vous demander quelque chose ? De un, je ne demande pas, j'ordonne. De deux, j'aurais choisi un lieu de rendez-vous plus raffiné que cette agaçante fête !
- Alors comme ça, vous non plus vous ne savez pas qui a initié ça ? demanda Aeli. C'est louche, tout ça…
Mais ils n'eurent pas le loisir d'y réfléchir plus que cela, puisque cette fois-ci, ce fut Rikkai qui les interrompit.
- Comment ça, t'as jamais envoyé ce message, Sanada ? demanda le binoclard de l'équipe.
- J'ai moi-même reçu un message de Yukimura. Or il m'a dit ne jamais rien m'avoir envoyé.
- Renji ! lâcha Inui, légèrement surpris.
- Tiens, tiens, Seigaku et Hyotei… Aucune donnée n'aurait pu prévoir ça ! Que faites-vous ici ?
- La même chose que vous, d'après ce que je vois.
- Je me demande qui nous a donné rendez-vous ici, s'interrogea Ootori.
- Rrooooooon… psshhh…. Ronfla Jiro.
La discussion stagna, et ce fut le même employé qui vint de nouveau les voir.
- A ce que je vois, tous les participants sont réunis. Nous allons pouvoir commencer le jeu.
Les joueurs des trois équipes s'entre-regardèrent, surpris. Un entraînement spécial dans un labyrinthe, et avec trois équipes ennemies en plus ! Voyant qu'aucun d'entre eux ne réagissait, l'homme s'autorisa à continuer.
- Quatre équipes vont être formées, de six joueurs. Une équipe sera composée de seulement cinq joueurs. Vous allez être lâchés dans le labyrinthe à différents endroits. Le but du jeu est de récupérer une balle de tennis située en plein milieu du labyrinthe, et d'en ressortir avec, le tout le plus vite possible… et en essayant de perdre le moins de monde possible. Il suffit qu'un membre de l'équipe sorte avec la balle pour gagner. Les autres membres perdus en cours de route seront récupérés à la sortie. Des questions…?
- Euh, non… marmonna Momo.
- Vous comprendrez en quoi ceci est un entraînement en rentrant à l'intérieur du labyrinthe. Les équipes ont déjà été déterminées.
- … Ah bon ? s'étonna Oishi.
- Je suppose que nous n'avons pas le choix, grogna Sanada.
- Très bien, donnez-nous les équipes, ordonna Atobe.
- Mais bien sûr.
Il tendit à chaque capitaine d'équipe un papier indiquant la composition de sa team.
Equipe Bleue : (Capitaine) Aelita. (Membres) Fuji, Kirihara, Atobe, Jiro, Sanada.
Equipe Rouge : (Capitaines) Inui et Yanagi. (Membres) Eiji, Oishi, Shishido, Ootori.
Equipe Verte : (Capitaines) Momo et Kaidoh. (Membres) Kabaji, Kawamura, Marui, Jackal.
Equipe Jaune : (Capitaine) Echizen. (Membres) Yagyuu, Nioh, Gakuto, Oshitari.
- Pourquoi l'équipe Rouge et l'équipe Verte ont deux capitaines ? s'interrogea Yagyuu.
- Va savoir, marmonna Nioh. Moi ce que je veux savoir, c'est pourquoi on n'est pas avec Sanada.
- Et pourquoi j'dois être le capitaine avec la vipère, moi ?! gueula Momo.
- Si tu veux pas, je peux m'en occuper seul. Fsshh…
- Rêve !
- Te plains pas, alors…
- Et pourquoi ne suis-je pas le capitaine de mon équipe ? râla le King.
- Ben oui, pourquoi je suis la capitaine ? marmonna la fillette. Si vous avez envie que notre équipe perde, y avait pas meilleur choix, m'sieur !
- Les équipes ont été faites en fonction de vos capacités, apparemment. Je n'en sais pas plus. Maintenant, vous allez être placé à différents endroits du labyrinthe. Le coup de sifflet signalera le départ de la course, et la cloche en signalera la fin.
Chaque capitaine se fusilla du regard : entraînement organisé par une personne inconnue ou non, c'était la guerre !
[Début de la course, équipe Bleue.]
Aelita soupira. C'était une blague ou quoi ? Voilà qu'elle se retrouvait, le soir d'Halloween, dans un labyrinthe de la fête foraine, habillée en sorcière, avec un grand chapeau et une cape déchirée, mais sans donner l'impression que c'était un costume de pacotille. En fait, même les costumes de ses compagnons étaient très élégants, et bien taillés. C'était drôlement bizarre. Sa raquette noire à la main, elle fixa ceux qui composaient son équipe. Deux personnes de Rikkai à qui elle n'avait que très peu parlé, un roi emmerdant, et un senpai de Seigaku assez manipulateur. Sans oublier une marmotte déguisée en momie, et qui laissait tomber ses banderoles blanches un peu partout.
- Je peux savoir pourquoi on est déguisés ? Grogna Sanada, alias Lucifer le roi des Enfers.
- C'est bien une chose qui ne me dérange pas. Ce costume de vampire met magnifiquement en valeur ma beauté royale, se vanta Atobe.
- Je trouve que le costume de Kirihara a été très bien choisi, en tout cas, sourit Fuji. Un diable, ça lui correspond parfaitement !
- Le vampire de pacotille, il se la ferme, grogna le diablotin en question.
- OH ! La plus ridicule ici, c'est moi ! Vous avez vu le truc que je porte ?! s'énerva enfin Aelita. Une sorcière, non mais franchement…
- Pas faux, ricana Kirihara.
- C'est très mignon, je trouve ! se moqua Fuji.
- C'est bon, hein. On ferait mieux de se dépêcher, je veux sortir d'ici au plus vite.
- Ouais, ouais. Ne nous donne pas d'ordre, grogna Atobe.
- Je tiens tout de même à te rappeler que je suis la capitaine de cette équipe. Et si tu m'énerves, je te laisse derrière !
- Tu me le paieras, marmonna le « pauvre » King.
La petite troupe quitta le cul-de-sac où elle avait été déposée et marcha quelques instants avant de rencontrer une première intersection. Tandis qu'Aeli réfléchissait sur la direction à prendre, un gros bruit attira son attention. Akaya venait de faire tomber Jiro, qui continua de ronfler sans s'en soucier.
- N'abîme pas mon joueur ! râla Atobe.
- Z'avez qu'à pas me forcer à le porter, aussi !
- En l'absence de Kabaji, j'ai décidé que ce serait toi qui t'en occuperais !
- Je refuse !
- Tu vas le faire !
- Non !
- Si !
- Non !
- Si !
- Ta gueule !
- Ta gueule toi-même, face d'algue !
- Les algues te feront payer ton égoïsme, roi à la manque !
- J'attends d'voir !
- Tu verras !
- Kirihara, arrête ça, lui intima son vice-capitaine.
- Dites… Pourquoi on ne réveille pas Jiro, tout simplement ? proposa le calme Fuji.
Akaya ne se fit pas prier pour secouer l'autre paresseux et lui gueuler dans les oreilles. Finalement, il finit par émerger, et demanda où il se trouvait. La seule fille du groupe lui résuma rapidement la situation, et la seule chose que Jiro trouva à dire fut…
- Faut aller à gauche !
- Hein ? Et pourquoi ?
- Parce que quand on est perdu, faut toujours aller vers la gauche ! Toujours, toujours, toujours ! C'est une règle, expliqua la marmotte avec un immense sourire.
- Sauf que si on va toujours à gauche, soupira Sanada, on va tourner en rond.
Il eut un soupir long, très long, digne du vice-capitaine de Rikkaidai, qui montrait à quel point il était désespéré par la débilité de tous ces zigotos.
- Ah ouais. J'y avais jamais pensé.
Soupir collectif dans l'équipe Bleue. C'était pas gagné…
[Et l'équipe Rouge, elle avance bien ?]
Inui et Yanagi décidèrent rapidement de la direction à prendre. En effet, leur équipe, beaucoup plus organisée, n'avait pas passé trois ans à s'extasier sur leur costume… ou la débilité de leur équipe. Il y avait juste Eiji qui avait trouvé son costume de ninja génial et n'arrêtait pas de sauter partout, mais à part ça…
- Il y a 80% de chances que passer à gauche nous mène au bon endroit. C'est dans les statistiques de tous les labyrinthes.
- Oui. D'abord à gauche, puis en fonction de l'intersection à laquelle nous nous retrouverons, il faudra toujours se fier aux statistiques ! approuva Yanagi. Généralement, après un virage à gauche, on doit prendre à droite, tout droit si la droite n'est pas possible. Il faut aussi se fier à son environnement, aux marques laissées sur les murs, etc.
Shishido grogna et regarda autour de lui. Il faisait sombre, et ils devaient être dans un couloir d'environ deux à trois mètres de large. Il n'y avait rien d'accroché aux murs mais d'après les formes qui se dessinaient dessus quelques mètres plus loin, ce n'était pas dit que cette nudité dure tout le temps. Les murs étaient hauts d'environ deux mètres cinquante, mais ne touchaient pas le plafond situé à une hauteur de trois mètres. Tout cela pouvait contribuer à rendre claustrophobe toute personne un peu fragile psychologiquement, ce qui n'était heureusement le cas de personne dans le petit groupe... Ou pas.
En effet, Kikumaru, passé le premier instant de joie et de bonheur du à sa condition de ninja trop fun, commençait sérieusement à paniquer, et son partenaire semblait avoir du mal, beaucoup de mal à le calmer.
- Enfin, Eiji… Calme-toi !
- Il fait noir, c'est tout noir, trop noiiiir, j'ai peur Oishi !
- Eiji…
- Shishido, Ootori, allez lui faire un tour de magie, ordonna Inui.
- HEIIIIIIIIIIN ?! crièrent en chœur les deux compères, effectivement déguisés en magiciens.
- Comment vous voulez qu'on lui fasse un tour de magie, Inui-san ? ce n'est qu'un déguisement, marmonna Choutaro.
- Ceci est un ordre de votre capitaine, ricana le dataman.
- Mais…
- Après tout, je ne peux bien sûr pas vous forcer à le faire… Mais si vous refusez, je vous prierais de bien vouloir boire mon Halloween Juice Spécial Fantômes.
Il tendit une boisson malodorante et d'une couleur violacée, parsemée de crâne en sucre glace sur le dessus. De la chope s'échappait une fumée grisâtre qui ne présageait rien de bon… Shishido et Ootori eurent un mouvement de recul, et le plus jeune hocha frénétiquement la tête.
- Oui, oui, c'est bon, on va lui faire un tour de magie !
- Oh, Choutaro ! A quoi tu joues là ?!
- Shishido-san, tu préfères boire ce… ce truc ?
- … Réflexion faite, non. Bon, euh…
Shishido leva les mains, comme pour faire apparaître des pigeons ou je ne sais quel autre idiot de piaf, et… se prit une balle de tennis en pleine tête, sortie d'on ne sait où.
- Qui a fait ça ?! hurla-t-il en se relevant d'un coup sec.
Les joueurs se regardèrent. Oishi était toujours en train de consoler Eiji, Inui tenait toujours à bout de bras sa fiole bizarre, tandis que Yanagi notait pleins de trucs sur un cahier. Ootori tenta de calmer son senpai.
- Du calme, du calme, cette balle est sortie de nulle part ! Personne n'a rien fait.
- Bon, ça m'énerve cet entraînement débile !
Shishido s'apprêta à avancer dans les sombres couloirs du labyrinthe quand soudain, une nuée de balles de tennis fonça vers le petit groupe sans s'arrêter. Réagissant à la vitesse de l'éclair, Inui laissa la fiole tomber par terre, et à l'aide de son ancien compagnon de double, entreprit de toutes les renvoyer. Ils furent bientôt rejoints par Oishi et Eiji, qui, en voyant les balles, avait repris du poil de la bête. Le double de Hyotei, derrière, était abasourdi.
- Me dites pas que c'est ce que sous-entendait le message quand il disait « entraînement spécial » ! gueula le joueur à casquette.
- Faut croire que si, soupira Ootori. Je propose qu'on avance en essayant d'éviter les balles. Le but de cette mascarade est sans doute de nous maintenir en arrière !
- 100% de chances que ce soit le cas, approuvèrent les deux datamen sans cesser de repousser les balles.
- JE VEUX SORTIR D'ICIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ! cria Eiji en se démenant.
[Et du côté de la turbulente équipe Verte…]
- Fsshh…
- ARRÊTE DE JOUER AU SERPENT, MAMUSHI ! Gueula Momo, à bout de nerfs.
Ben oui, aussi. Ca faisait bien un quart d'heure, depuis qu'ils avaient été lâchés dans le labyrinthe en fait, que Kaidoh fsshhait (fsshhait, de l'infinitif fsshher : personne produisant le son fsshh.)
Les deux capitaines de l'équipe Verte (qui commençait d'ailleurs sérieusement à en avoir marre…) ne faisaient que s'engueuler, et c'était pas parti pour s'arranger. Ils n'avaient pas avancé de beaucoup depuis le début du « jeu » : en effet, à la première intersection, Kaidoh avait ordonné aux autres d'aller à droite, tandis que Momo préférait aller tout droit.
Finalement, tandis que les deux abrutis continuaient de se crier dessus, la pauvre petite équipe s'était assise et attendait que ça se calme.
- Oh, Frankenstein. Tu veux pas te tourner, parce que ton déguisement me coupe l'appétit, grogna Marui.
- Uss, lâcha Kabaji en s'exécutant.
Immédiatement, ce vorace de Bunta (pourquoi son nom me fait-il penser à « Bounty », tiens ?) engloutit un chou à la crème, puis deux, puis trois, avant que Jackal ne lui enlève l'immense boîte remplie de nourriture qu'il tenait entre ses mains.
- Arrête un peu de manger…
- JACKAL ! Méchant ! J'en viens à me demander pourquoi c'est l'autre bourrin de Seigaku qui a hérité du costume
de diable et pas toi !
- AHAHAHAH ! VIVE LES DIABLOTINS ! BURNING ! gueula le bourrin en question, armé d'une fourche et tenant sa
raquette dans son autre main. EH BEN P'TIT BARUI, ON PEUT PAS SURVIVRE SANS SES GÂTEAUX ?!
Jackal ricana. Ce mec était vraiment drôle.
- J'm'appelle Marui, pas Barui, espèce de cinglé !
- Ah. Désolé, marmonna Kawamura d'un air gêné après que Kabaji lui aie fait lâcher sa raquette.
- Maintenant, rends-moi mes gâteaux, Jackal !
- Réfléchis, Bunta. Si tu les manges tous, tu n'en auras plus pour tout à l'heure ! Tu verras, tu me remercieras.
Le pauvre morfale attrapa ses genoux et commença à bouder, avant de jeter un œil à Momoshiro et Kaidoh qui n'avaient pas cessé de s'engueuler. Entre ses gâteaux confisqués et ces deux incapables de capitaines, cette soirée promettait d'être pas amusante.
[Et notre dernière équipe, la Jaune, ça se passe mieux que pour les autres ?]
- Eh, Echizen, t'es sûr qu'on va dans la bonne direction ? marmonna Gakuto.
- D'après toi ? chuchota Oshitari à l'oreille de son partenaire de double. Tu trouves vraiment qu'il ressemble à quelqu'un qui sait s'orienter dans un labyrinthe ?
- Hm. Non, t'as raison, grogna tout aussi doucement le rouquin.
Ils soupirèrent de concert, et fixèrent le dos de Ryoma, qui avançait sans hésitation, tournant à gauche, à droite, allant tout droit, sans jamais s'arrêter. Ils avaient bien avancé dans le labyrinthe et n'avaient pas encore rencontré d'impasse, cela contribuait à faire penser aux autres qu'Echizen savait ce qu'il faisait.
Les murs nus du labyrinthe avaient laissé la place à une décoration sinistre composée de fausses chauves-souris et autres bestioles collées au mur, de toiles d'araignées peu ragoûtantes, et de décors somme toute assez flippant. Mais cela ne perturbait ni les joueurs de Rikkai, ni ceux d'Hyotei, et encore moins celui de Seigaku.
Yagyuu avait sorti un livre qu'il lisait malgré l'obscurité ambiante, et Nioh s'amusait à imiter différentes personnes pour ne pas s'ennuyer.
Finalement, au bout de dix minutes supplémentaires, l'équipe Jaune si bien organisée rencontra le premier cul-de-sac de leur parcours, devant lequel Echizen s'immobilisa, comme pour chercher une issue cachée. Le joueur aux cheveux violets leva la tête de son livre, et fixa le dos de son capitaine d'un soir.
- Echizen, tu es sûr que nous allons dans la bonne direction ?
Le jeune garçon se retourna, fichant une frousse bleue aux joueurs qui le suivait : il avait les yeux légèrement perdus dans le vide, et semblait vraiment pas rassuré.
- Ahah… Mada mada dane !
Il se détourna et recommença à marcher d'une façon un peu figée, comme un robot.
Finalement, l'équipe qui semblait si bien organisée… ne l'était peut-être pas tant que ça.
- Cherche pas à faire illusion, Echizen, ça marche plus, puri ! ricana Nioh.
- On s'ennuie, marmonna Gakuto. C'est pas intéressant…
- Eh, Masaharu. Tu ne voudrais pas imiter ce Kikumaru, de Seigaku ? Juste pour mettre un peu d'ambiance… Un gentleman se doit d'agir pour le bien de ses compagnons, se moqua Yagyuu en remontant ses lunettes sur son nez.
Immédiatement, tout le monde eut l'impression que le célèbre acrobate de Seigaku était parmi eux. Ses petites mimiques, sa façon de bouger et de parler, tout était identique !
- Nyah ! On s'ennuiiiiiiie ! miaula le faux Eiji. Echizen est perdu, en plus !
- FAUUUUX ! cria Gakuto, énervé par l'apparition de son rival. Déjà, mon ennemi n'appelle pas l'autre mioche « Echizen » ! Il l'appelle par un surnom débile… C'est quoi déjà ?
- Chibi… Non, Ochibi ! Il l'appelle Ochibi, retrouva Oshitari.
Nioh reprit sa forme initiale.
- Puri.
Cette petite distraction de passée, le « voyage » reprit en silence… Jusqu'à ce que l'équipe atteigne un court de tennis.
- Wow… marmonna Gakuto. Ca c'est pas logique du tout.
- Pupina, approuva Nioh.
Echizen, quant à lui, sembla se réveiller de sa léthargie en voyant un court de tennis. Il avait visiblement repris du poil de la bête, puisqu'il sortit une balle de sa poche et commença à la faire rebondir sur le sol, un petit sourire sur les lèvres.
Soudainement, de l'unique passage ouvert de l'autre côté du court, deux personnes déboulèrent. Enfin, « personnes », « personnes », c'était un bien grand mot pour les qualifier… Puisque ces deux apparitions, une fille et un garçon, étaient transparentes !
- Jolis effets spéciaux, lança Yagyuu en remontant ses lunettes sur son nez.
- Salut, salut, lança la jeune fille.
Elle semblait avoir environ le même âge que les collégiens, et était vêtue d'une longue robe blanche, avec de longs cheveux noirs qui semblaient flotter autour d'elle. Elle portait un bandeau avec un triangle en papier blanc collé dessus, symbole des fantômes Japonais, tout comme son partenaire. Ce dernier avait la peau plus mate, une chemise blanche entrouverte et un long pantalon noir, et semblait plus âgé, probablement une quinzaine d'années. On voyait à travers leurs corps, à cause de leur transparence clairement évidente.
- Que diriez-vous d'un match, les gars ? lança la fille d'un air joyeux. Si vous gagnez, on vous laissera tous partir !
Elle souriait, d'un air franc et heureux, contrastant avec le visage de son partenaire, d'un sérieux effrayant.
- Hmm… laissa échapper Ryoma en baissant sa casquette sur ses yeux. Et si, par le plus grand hasard, nous perdions ?
Immédiatement, son visage mignon et enfantin se tordit en un visage effrayant, qui fit frémir tous les membres de l'équipe Jaune, même Oshitari, réputé pour être sérieux et inébranlable en toute occasion.
- Vous feriez mieux de ne pas le savoir.
L'homme se décida enfin à prendre la parole.
- Alors ? Que diriez-vous d'un double ?
Son sourire était figé, comme s'il se forçait.
- Bah ! lança Echizen avec désinvolture. Rien ne nous y oblige. Après tout, on peut faire demi-tour, revenir sur nos pas, et prendre un autre chemin à la prochaine intersection, hein !
Le collégien fit mine de se détourner pour reprendre le couloir qui les avait mené à ce court, mais un geste de la main de la part du fantôme clôtura le passage à l'aide d'une plante grimpante.
- Je vois, je vois… Ce n'est donc pas une proposition, mais plutôt un ordre, non ? ricana le petit génie.
- Bien vu, approuva la fille.
- Vous me faites penser à un arrogant petit Roi, à ceci près que cet agaçant personnage a beaucoup plus de classe que vous.
- Tais-toi donc, et choisissez vos sacrifices, ordonna de nouveau l'homme.
- Sacrifices ? marmonna Yagyuu en remontant ses lunettes sur son nez. Je suis volontaire. J'aime bien sacrifier mes adversaires.
- C'est vous, les sacrifices, annonça froidement le fantôme.
- J'avais compris. C'était ironique, répliqua le gentleman. Masaharu, tu joues ?
- J'veux pas, annonça clairement le joueur en s'asseyant par terre.
- Je vais jouer avec toi, intervint calmement Oshitari. Faisons un beau match.
- Yuushi, t'as jamais joué contre lui, et encore moins avec lui ! protesta Gakuto. Votre combinaison va être pathétique !
- Oui, mais ce sera un bon entraînement, commença le joueur de Hyotei.
- … Ce sera surtout bien pour des renseignements sur ta façon de jouer, compléta le joueur de Rikkai en fixant son partenaire d'un jour.
- Pourquoi cette réaction ne m'étonne pas ? Marmonna Yuushi.
D'un seul et même geste, les deux partenaires éphémères remontèrent leurs lunettes sur leur nez. C'était parti.
[Laissons de côté cette dernière équipe, et revenons à Aelita et à l'équipe Bleue. Ne vous perdez pas en cours de route, chers lecteurs, il serait regrettable que vous fassiez de mauvaises rencontres...]
Jiro était réveillé, mais ressemblait plus à un zombie qu'à une momie. Il marchait comme s'il ne savait pas où il devait aller. Kirihara ne cessait de râler, Atobe avait commencé à bouder après que Sanada ait fait avorter sa tentative de discussion, Fuji ne cessait de sourire, et Aelita avançait sans se soucier de tous les abrutis qui la suivaient.
- On s'ennuie, marmonna Akaya.
- Arrête de te plaindre, lui ordonna Sanada.
La jeune fille soupira de nouveau. Elle n'était pas rassurée d'être ici. Ce labyrinthe était de plus en plus étrange. Des bruits bizarres s'y faisaient entendre, et elle avait presque l'impression que les murs bougeaient. Lorsque la petite équipe arriva de nouveau à un cul-de-sac, les joueurs se virent forcés de faire demi-tour pour retourner à l'intersection précédente. C'est à ce moment-là qu'Aeli remarqua quelque chose de bizarre.
- Dites... Il n'y avait pas quatre passages ici, quand on est passés tout à l'heure ?
- Maintenant que tu le dis, approuva Fuji, pensif. Il me semble qu'on avait hésité entre aller à droite et à gauche, avant de finalement opter pour le passage qui nous menait tout droit.
- Vous délirez, tous les deux, ricana l'as de Rikkai. Les murs ne peuvent pas bouger, vous savez : il n'y avait que trois passages tout à l'heure. Celui par lequel on est arrivés, un virage à droite, et le couloir menant tout droit que l'on a emprunté.
- Non, ils ont raison, approuva Atobe. Ce croisement n'est pas identique à celui qu'on a emprunté pour arriver au cul-de-sac. Ce parcours est de plus en plus étrange.
- Il pourrait y avoir des cloisons mouvantes, vous pensez ? Proposa Jiro, encore dans le pâté.
- Nous ne devons pas nous relâcher, lâcha froidement Sanada.
- Oh, c'est un labyrinthe, vous savez, soupira Akaya. Eh, Sanada, t'es d'accord avec moi, non ? Les cloisons ne peuvent pas bouger.
Aelita tourna la tête vers le vice-capitaine de l'équipe de Rikkai, attendant de voir s'il allait confirmer ou non les dires de son joueur. Cependant, il resta silencieux, et l'atmosphère devint soudainement glaciale.
- Où est mon joueur ? Lâcha froidement le terrifiant Genichirou.
- Euh, je suis là.
- Vous n'êtes pas Akaya.
- On peut savoir pourquoi tu dis ça, Sanada ? Marmonna l'as, qui commençait à s'énerver.
- Car il ne m'appelle pas "Sanada", ce serait cruellement me manquer de respect. Il m'appelle "Sanada-fukubuchou", ou encore "capitaine". Vous n'êtes pas Kirihara.
Le visage du joueur de Rikkai se tordit en une affreuse grimace, tellement effrayante qu'Aelita fit un pas en arrière et rentra dans Jiro. Les deux s'écrasèrent lamentablement par terre.
- Merde. C'est dommage, je commençais à peine à m'amuser... Voir mon déguisement percé à jour si rapidement, c'est pas cool, soupira le bonhomme avec un air blasé collé sur le visage.
Un frisson parcourut l'assemblée.
- Vous avez raison, je ne suis pas ce psychopathe. Mais avouez quand même que je suis plus beau que lui ! Ricana l'affreux.
Son visage se modifia, pour prendre l'apparence d'un adolescent au visage lisse, encadré de longues mèches noires, avec des sortes de clous ou de punaises enfoncés au niveau de ses tempes. Aelita en eut un haut le cœur, et même l'inébranlable King eut un sursaut de dégoût. Les autres restèrent calmes... Enfin, surtout Jiro... Qui était évanoui par terre.
Hrm.
- Où est Kirihara ? Questionna Aelita, peu à l'aise en présence de cet étrange homme.
- Quelque part dans le labyrinthe, Miss. T'inquiète, il est encore en vie, juste probablement encore un peu dans les vapes. J'ai frappé assez fort sur sa tête, après tout... En retournant sur vos pas, tu devrais pouvoir le trouver.
- J'y vais ! Cria la jeune fille en s'élançant dans le couloir par lequel ils étaient arrivés.
Cependant, elle s'arrêta à temps pour ne pas se prendre la vitre qui venait d'apparaitre, bloquant le passage.
- Tut tut tut... Tu crois que je vais vous laisser partir comme ça ? On commence à peine à s'amuser, fillette ! Que diriez-vous d'un petit match ? Si vous gagnez, je vous laisse partir tranquillement... Mais si vous perdez, eh bien, vous irez rejoindre votre compagnon dans les tréfonds du labyrinthe !
Ils étaient coincés et n'avaient pas le choix.
- Très bien, accepta la capitaine de l'équipe en sortant une balle de tennis d'une des poches intérieures de son déguisement.
- Eh, j'ai jamais dit que ce serait du tennis... Le badminton est autrement plus amusant, tu ne trouves pas ?!
Le monstre fit apparaitre d'un geste de la main une longue raquette et un volant de badminton.
- Nous n'avons que du matériel de tennis sur nous... Protesta vainement la petite française.
- Allez, je suis bon joueur, je ne vous pénaliserai pas pour votre matériel non conforme ! Lequel d'entre vous jouera contre moi ?
La jeune capitaine se tourna vers ses camarades. Jiro était toujours allongé par terre, Fuji secoua la tête en marmonnant qu'il allait pas jouer contre ce mec pour sauver cet "andouille de Kirihara", et Sanada marmonna qu'il avait de très mauvais souvenirs du badminton (Quand il était petit, Genichirou-chan aurait apparemment mangé le filet en tentant de rattraper un volant... Bah oui, le filet en question était pile à hauteur de sa p'tite bouille, aussi !). Ne restaient plus qu'Atobe et Aelita. Cette dernière supplia le capitaine des Hyotei des yeux, et il fit mine de râler : au fond, il était content de jouer, car il allait encore pouvoir se mettre en avant.
- Je serai ton adversaire, lâcha pompeusement monseigneur Keigo en attrapant sa raquette.
- Parfait ! Les règles sont plus ou moins les mêmes qu'à votre sport de bourrin, alors ça ne devrait pas poser de problème.
Les joueurs de tennis éveillés fusillèrent l'impudent du regard. "Jeu de bourrin"? Le service revint à Atobe, son adversaire voulant lui donner l'avantage, et le petit Roi effectua un très beau service, qui
tomba derrière la ligne de service. Le monstre clouté lui renvoya le volant facilement, à l'opposé de l'endroit où se trouvait le capitaine de Hyotei. Ce dernier s'y précipita... Et laissa rebondir le volant avant de taper dedans. Aelita eut un très long soupir à la Sanada. Ce dernier se prit la tête entre les mains, désespéré, tandis que Fuji ricanait dans sa barbe.
- Eh, Atobe. T'es au courant qu'il faut taper le volant avant qu'il touche le sol ? Demanda-t-elle d'un air las.
- Bien sûr ! Pour qui tu me prends ?
- Alors pourquoi c'est pas ce que tu as fait, hein ? Se moqua Fuji, un immense sourire plaqué sur les lèvres.
- Par réflexe.
- Ne te relâche pas, Atobe, ordonna le capitaine des Rikkai.
Le match reprit, et Atobe effectua un service suffisamment long pour qu'il tombe non loin de la ligne de fond de court. En effet, au badminton, on doit juste dépasser une ligne de service : on n'est pas obligé d'avoir une limite de distance. Son adversaire courut et rattrapa le volant sans difficulté, l'envoyant en un magnifique lob derrière le King. Mais c'était sans compter sur le rondo de la destruction de ce dernier, qui sauta et renvoya le volant de toutes ses forces pile sur le poignet
du monstre. Sauf que... Soyons réalistes, quoi. C'est un VOLANT, pas une balle. Tu peux le taper avec toute la force que tu veux, il ne sera jamais assez puissant pour faire valdinguer la raquette de ton adversaire ! Ainsi, quand Atobe claqua de nouveau sa cible, l'adolescent face à lui était déjà en position de le renvoyer. Ce qu'il ne se priva pas de faire, et, feintant de lober de nouveau, effectua finalement un bel amorti.
- 2-0, marmonna Aeli, dépitée.
Keigo s'énerva. Comment cet être insignifiant osait-il lui tenir tête, à lui, le King du Japon ?! (Et les chevilles, Atobe-chan, ça va?). Le service revint ensuite à son adversaire, qui l'envoya à la limite de la ligne de service. Atobe la rattrapa, la renvoya, et l'autre fit de même. Et ainsi de suite pendant dix bonnes minutes. Puis, voyant qu'il n'arrivait pas à marquer, le monstre effectua un swing dans le vide bien avant que le volant n'arrive sur lui. Les quelques millisecondes de doute de Sanada
laissèrent la place à un étonnement sans pareil : une bourrasque de vent venait de se former, et emporta des tonnes de poussière, masquant la visibilité des Japonais. Quand Keigo put enfin rouvrir les yeux, le volant était posé à ses pieds.
- Ce n'est pas possible, murmura Fuji en ouvrant ses yeux bleus.
- C'était de la magie ?!questionna Aelita.
- Magie ?! Où ça de la magie ? Cria Jiro, se réveillant immédiatement en entendant ce mot.
- On dirait bien, marmonna Sanada le réaliste, cachant sa surprise.
Atobe resta silencieux, mais il était clairement visible qu'il fulminait. Ce gars le prenait comme ça, hein... ?
- Allez, si vous voulez, je fais mon bon seigneur et je vous laisse remplacer votre idiot de joueur. Vous savez, il ne faut pas me prendre à la légère en envoyant la personne la plus nulle que vous ayez.
Aelita resta silencieuse, considérant la proposition de leur adversaire pendant quelques secondes, avant de rendre son verdict.
- J'crois pas, non. Tu continues, non, Atobe ?
- Parce que tu avais sérieusement pensé à me remplacer ? Ricana le roi.
- Bien sûr que non !
- Explose-le, murmura Sanada.
Le match reprit, et leur adversaire ne se priva pas pour renvoyer des rafales de sable dans les yeux du joueur. Cependant, après cinq nouveaux points de marqués contre eux, Fuji eut un sourire lumineux.
- C'est terminé.
- Moui, bailla Jiro. Il n'a plus aucune chance !
- Qui ça, Atobe ?! Demanda Aelita, surprise par le pessimisme de ces deux-là.
- Non, son adversaire, expliqua Sanada. Regarde donc les yeux d'Atobe, gamine...
Aelita plissa les yeux pour distinguer ceux du joueur de l'équipe Bleue. Ils étaient... Fermés !
- On dirait que ce cher Atobe va être à l'avenir un adversaire encore plus difficile à battre... Il a développé la capacité de ressentir la balle !
En effet, avec les yeux fermés, le jeune homme n'était bien sur plus aveuglé par le sable. Mais il continuait de taper le volant, sachant d'avance où il allait retomber. Le score se renversa lentement mais sûrement, et la victoire revint aux jeunes gens avec un score de 11-8 en faveur du capitaine de Hyotei. En face de lui, son adversaire fulminait.
- Ce n'est pas possible ! CE N'EST CLAIREMENT PAS POSSIBLE !
Des sortes de formes blanchâtres émanaient de lui, formes qui prirent l'apparence de fantômes, de loups, et autres monstres. Et tout ça... Fonça sur Jiro et les autres. Aelita, dans un vif éclair d'intelligence, proposa la meilleure tactique existante dans ce genre de situation :
- Moi, j'suis d'avis... QU'ON SE METTE A COURIIIIIIIIIIIIIR !
Sans hésiter, même le courageux Sanada et le hautain King Atobe se détournèrent et partirent en courant, revenant sur leurs pas.
- MAIS C'EST QUOI CE BORDEEEEEEEEL?! Chouina Jiro.
- SILENCE ET COURS ! Ordonna son capitaine.
- Séparons-nous, ordonna calmement Fuji.
- Non, le contra Aelita. Restons ensemble. Il serait fâcheux que l'on se perde.
- L'équipe gagnera que l'on soit tous ensemble ou non ! Si l'on veut avoir une chance de semer ce truc, expliqua-t-il en désignant l'immense monstre derrière eux, il faut former deux groupes.
Vaincue par ses arguments, Aelita accepta à contre-coeur, partant à gauche. Elle ne jeta pas un œil derrière elle pour voir qui la suivait ou non, et continua de courir jusqu'à... Ce qu'elle se prenne. Une vitre dans la tête. Jiro, qui la suivait de près, ne se priva pas de lui rentrer dedans, de même que Sanada.
- Le passage est bloqué, il faut faire demi-tour ! cira-t-elle.
Elle se détourna pour voir si le monstre était à leurs trousses… Mais rien. Hm, probablement avait-il suivit Atobe et Fuji. Elle retourna prudemment sur ses pas… Et se prit une autre barrière invisible.
- Je… Je crois que ce passage-ci aussi est bloqué, murmura-t-elle, paniquée.
- C'est une blague, j'espère ? lâcha froidement Sanada en s'approchant.
Il avança à son tour, et rencontra effectivement une surface dure mais invisible pour eux.
- On… on est coincés ici ? marmonna la marmotte de Hyotei.
- Ce n'est pas possible, souffla Aeli. On fait comment, maintenant ?
A peine eut-elle posé cette question que l'environnement se modifia. Ils se retrouvèrent ainsi non plus dans un couloir dont les deux issues étaient bloquées, mais dans un coin d'une salle carrée, enfermés dans une cage en verre.
- Super, ça nous avance beaucoup ! cria Jiro.
- Ne nous relâchons pas, ordonna de nouveau Sanada.
- Oui, oui, marmonna la jeune fille.
Quelques minutes passèrent dans le silence le plus total, jusqu'à ce que quelques personnes fassent leur apparition dans cette petite pièce.
- Oishi-senpai ! cria Aelita en voyant son vice-capitaine déboucher dans la salle.
- Renji, énonça posément Sanada en voyant son joueur suivre.
- Et Shishido ! hurla Jiro.
Derrière ces trois-là suivaient un Ootori couvert de poussière, un Inui avec son éternel cahier à la main, et un Eiji qui se traînait presque au sol tellement il semblait fatigué.
- Aelita, Sanada et Jiro ! lança Oishi, surpris, en les voyant regroupés dans un coin de la salle. Où est le reste de votre groupe ?
- Trop long à expliquer, marmonna la fillette en se remémorant les évènements qui les avaient conduits à se séparer. On est coincés ici !
- Hein ?
- Une cage invisible nous empêche de bouger de là, expliqua calmement le vice-capitaine de Rikkai. Est-ce que vous avez eu des problèmes étranges, vous aussi ?
- Ben… A part qu'on s'est fait attaquer par des balles de tennis, rien, grogna Shishido.
- A-attaqués ? marmonna Jiro, pas rassuré.
- Panique pas, on les a semés depuis un petit bout de temps. Bon, occupons-nous de votre cas.
Le joueur à casquette s'approcha de la prétendue « cage de verre » et tâtonna pour tenter de trouver une sortie, sans succès. Les autres vinrent l'aider, mais il semblait ni avoir aucune limite en hauteur, et aucun moyen d'en sortir.
- On pourrait tenter de taper dessus avec nos raquettes ! proposa Eiji.
- C'est le meilleur moyen pour les casser, Kikumaru-san, contra Ootori. Et ça ne les avanceras pas plus.
- Il doit bien avoir un moyen, marmonna Renji.
- 100% de chances qu'on réussira à vous faire sortir de là, approuva Inui.
Une fois cette phrase prononcée, une voix surgie de nulle part se fit entendre.
- Il y a un moyen, confirma-t-elle.
- LEQUEL ?! cria Jiro, qui n'était décidément pas à l'aise là-dedans.
- Un sacrifice, murmura froidement la voix. Si cette personne parvient à boire tout ce qu'on lui donne, il gagnera… Et vos amis sortiront.
- Et… vous allez lui donner quoi ? demanda Shishido.
- Quelque chose qui ressemble à l'Inui Juice de votre cher senpai, ricana la voix. Alors, un volontaire ?
Tous se regardèrent. Elle était folle ou quoi, cette personne ? Personne ne serait volontaire pour un truc pareil ! Sauf peut-être Fuji. Mais bon, Fuji, c'est Fuji aussi.
- Eh bien, je vais choisir moi-même cette personne, alors… OOTORI !
Le joueur de Hyotei soupira. Il l'avait… senti, en quelque sorte. Lorsque que la jeune fille qui leur parlait depuis un endroit inconnu apparu finalement au milieu de la salle, il s'approcha d'elle, un air résolu sur le visage. Ca pouvait commencer.
[Fuji et Atobe, de leur côté…]
- POURQUOI C'EST NOUS QUE CE TRUC SUIT ?! gueula le roi.
- Parce que tu es bien dodu, Atobe. Du coup, il doit y avoir pas mal de viande à grignoter sur ton corps !
- Tais-toi donc, prodige à la manque, grogna-t-il en le fusillant du regard.
Ils continuèrent de courir, et vinrent finalement à bout du… bidule, qui disparut derrière eux. Mains sur les genoux, ils reprirent tous les deux leur souffle, et levèrent la tête… pour apercevoir Ootori par terre, et Shishido lui tenant la main.
- Ton sacrifice ne sera pas vain !
- Va-t'en, Shishido-san… murmura le joueur.
- Il se passe quoi, ici ? grogna Atobe en approchant.
De l'autre côté de la pièce, près d'un couloir, Aelita, Sanada, Jiro et le reste de l'équipe des datamen étaient prêts à partir.
- On a eu un problème, annonça Aelita . Pour nous libérer, Choutaro a du boire des litres et des litres de boissons toutes plus étranges les unes que les autres… C'était le gage !
- Mais, et vous ? Que faites-vous là ? demanda Sanada.
- Eh bien, on a fait que courir un peu partout pour semer le monstre qui nous suivait depuis qu'on vous a quittés, expliqua Fuji.
- VOUS AVEZ COURU PENDANT UNE HEURE ?! cria Aelita.
- Non, bien sûr que non ! Seulement vingt minutes, je dirais… contra Atobe.
- Si vous avez couru depuis qu'on s'est séparés, ça fait une heure, insista Aelita.
- Non, Aelita-chan. A peine vingt minutes, je t'assure ! annonça à son tour Fuji.
Tous se regardèrent, ignorant momentanément Ootori qui était toujours effondré par terre.
- Me dites pas que le temps est distordu… marmonna Shishido, désespéré.
- C'est impossible, confirma Inui. Le temps ne peut pas se modifier ainsi !
- Cependant, tu avoueras que l'on a rencontré pas mal de bizarreries dans ce labyrinthe, Sadaharu, protesta son ancien compagnon de double.
- A mon avis, on ferait mieux de ne pas s'intéresser à cela, et s'occuper plutôt de trouver un moyen de sortir d'ici.
- On va d'abord récupérer les balles, rappela Atobe.
- Oublions ce truc débile, ordonna Sanada. On va y laisser notre peau, si ça continue.
Tous approuvèrent d'un signe de la tête.
- Et pour Choutaro ? questionna Shishido.
- On va le porter à tour de rôle.
- Je commence, proposa Oishi.
- On compte sur toi, Oishi ! cria l'autre moitié de la Golden Pair. Maintenant, sortons d'ici !
- OUAIS !
Chargeant l'adolescent sur son dos, Oishi emboîta le pas à Sanada, qui menait le groupe.
[Revenons un peu à l'équipe Verte !]
L'équipe Verte, commandée par Kaidoh et Momo, avait abandonné depuis un petit bout de temps les engueulades qui entravaient leur fonctionnement. En effet, l'apparition d'un fantôme de pendu avait vaincu toutes leurs idées, et ils s'étaient uniformément et rapidement mis d'accord sur la direction à prendre… avant de se mettre à courir comme des cinglés.
- NOM DE DIEU DE NOM DE DIEU ! gueula Marui, paniqué.
L'inquiétude était clairement perceptible dans le petit groupe, sauf pour Kawamura Burning qui semblait bien s'amuser, et Kabaji, qui gardait son calme légendaire en toute situation. Au bout d'une vingtaine de minutes de course effrénée, ils finirent par semer le pendu qui les suivait en se balançant au bout de sa corde. Essoufflés, personne ne réalisa sur le coup que des poupées marchaient à leurs côtés. Ce ne fut que quand Jackal fit un pas de côté et écrasa l'une d'entre elles que tout le monde se stoppa net et les fixa d'un regard peu rassuré.
- C'est… c'est quoi, ça ? marmonna Momo.
- Fsshh… Des poupées, abrutis, marmonna Kaidoh en faisant mine de ne pas être effrayé. Me dit pas que t'as peur de ça ?
- Ta gueule Mamushi, j'te signale que t'es pas en meilleures dispositions que moi !
- Prend pas ton cas pour une généralité, hérisson !
- J'vais t'en foutre, moi, des « hérissons » !
- Fsshh…
- Dites… les interrompit une petite voix.
Les garçons se retournèrent, cherchant à deviner d'où provenait ce petit son.
- En bas, je suis en bas ! reprit la voix.
Marui baissa la tête et poussa un cri à glacer le sang de toutes les personnes présentes à des kilomètres à la ronde.
En effet, à ses pieds, une poupée de porcelaine à la tête brisée d'où s'échappait un œil de verre d'un bleu glacial l'observait et lui souriait. Ses vêtements étaient déchirés et noircis par la saleté, et ce qui semblait être du sang s'échappait de sa tête fendue.
- Vous… vous pourriez me réparer ?
NI une, ni deux, les joueurs de tennis hurlèrent de concert (sauf les deux géants, hein…) et se barrèrent en courant.
- Jeveuxsortird'iciiiiii ! cria un Marui à bout de nerfs.
- T'es pas le seul approuva Jackal.
- BURNING ! PLUS VITE, ELLE NOUS SUIT !
En effet, la petite poupée et ses congénères les suivaient en courant, en marchant sur les murs… et en volant ?!
Ils arrivèrent à une intersection qu'ils franchirent sans regarder à droite ou à gauche… et entendirent derrière eux des bruits ressemblant étrangement à des raquettes cognant quelque chose. Ils se retournèrent lentement mais sûrement, pour apercevoir l'équipe d'Echizen en train de s'amuser à dégommer les agaçantes petites créatures comme s'il s'agissait de balles de tennis.
- Echizen ! cria Momo, heureux.
- Yo, senpais. On dirait que vous avez quelques problèmes, ricana le première année.
Marui, en apercevant Nioh et Yagyuu, leur sauta au cou.
- Beuheuheuheu !
- Du calme, du calme, marmonna Yagyuu, peu enclin aux effusions tactiles telles que les câlins.
- D'où vous venez comme ça ? demanda Kaidoh, une fois le calme revenu.
- D'un match très intéressant, lança Oshitari en remontant ses lunettes sur son nez.
- Les deux binoclards ont battu à plate couture des fantômes, expliqua Ryoma.
- Fantômes qui, en voyant leur défaite, se sont mis à tenter de nous assommer à coups de casseroles – allez savoir d'où ils les sortaient… , râla Gakuto.
- Et ces petites poupées, elles vous voulaient quoi ? questionna Nioh.
- Nous tuer, visiblement, expliqua Kawamura une fois que Ryoma lui eut fait lâcher sa raquette.
- Jackal a marché sur l'une d'entre elles ! râla Bunta en gonflant les joues.
- Uss, approuva Kabaji.
- Tcheh. Mada mada dane, ricana l'agaçant nain.
Sans plus de cérémonie, le petit groupe se mit en marche. Une demi-heure passa sans qu'ils ne rencontrent personne, et finalement, ils tombèrent sur un Kirihara qui ronflait paisiblement sur le bas-côté.
- … Quel abruti, s'endormir dans un endroit pareil se moqua Marui.
- Au vu du sang qui perle sur son front, je pense que c'était pas voulu, fit remarquer Jackal.
- … AAAAAAAAAAAAAAAAH ! cria le rouquin de Hyotei en voyant le liquide rouge.
- Du calme, Gakuto, du calme, soupira Yuushi.
- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! continua de crier le pauvre adolescent.
- Que quelqu'un le fasse taire, râla Ryoma.
Ayant saisi sa raquette, Kawamura s'apprêtait à le tabasser avec pour le réduire au silence, quand un Sanada agacé surgit soudainement du couloir adjacent.
- Que se passe-t-il ici ?!
- Vice-Cap'tain ! sourit Jackal.
- Alors ? Que se passe-t-il ?
- Ben, on a retrouvé Kirihara, et il semble avoir été assommé.
- Merci, nous l'avions perdu.
- Et le reste du groupe, il est où ? questionna Momo, un peu inquiet pour ses coéquipiers.
- Je… Je les ai perdus.
Il y eut un petit silence, jusqu'à ce que Marui se décide à intervenir.
- Eh, Sanada-fukubuchou…
- Oui ?
- Elle est où, ta casquette ? s'étonna le rouquin. Tu l'as toujours sur toi ! Puisque c'est Yukimura-buchou qui te l'a offerte…
- C'est louche, murmura Jackal de sorte que Sanada n'entende pas.
- Ah merde… encore grillé, râla le prétendu vice-capitaine de Rikkaidai.
- Tu n'es pas Sanada, pas vrai, annonça Jackal.
- Bingo ! Et je vais vous bouffer, tous autant que vous ê…
Un gros « BANG » le coupa en pleine phrase. En effet, la raquette de Kawamura venait de s'écraser sur sa tête.
- J'AIME PAS LES USURPATEURS ! BURNIING ! ALLEZ, ON S'BARRE !
Les adolescents ne se le firent pas dire deux fois et se mirent à courir comme si leur vie en dépendait… ce qui était d'ailleurs le cas. Finalement, la petite troupe arriva dans un couloir où se trouvaient le reste de leurs amis.
Ce fut Aelita qui les vit la première :
- Ah ! L'équipe de Ryoma, et celle de Momo-senpai et de Kaidoh-senpai !
- Et Kirihara ! cria à son tour Yanagi.
- Vous êtes tous là ? demanda Atobe.
- Visiblement, approuva Yagyuu.
- Très bien, annonça Ryoma. Maintenant, sortons de ce labyrinthe maléfique.
Tous hochèrent la tête. Ootori passa du dos d'Oishi à celui de Kabaji, beaucoup plus qualifié pour ce genre de tâche que le vice-capitaine de Seigaku.
Mais, oh ! n'allez pas croire que les aventures de nos chers amis se terminent ici, maintenant qu'ils sont réunis ! Ah, ça, non, ce ne serait pas drôle, sinon.
Ils avançaient tous ensemble depuis maintenant une demi-heure, quand l'apparence du labyrinthe se modifia totalement. Ce n'était plus un enchevêtrement de murs, mais désormais une forêt. Une forêt dense, sombre, bien flippante. Les jeunes gens voulurent faire demi-tour, mais en se retournant, ils ne virent que des arbres et des plantes. Ils étaient encerclés par la verdure. A gauche, sur un arbre, était cloué un panneau sur lequel on pouvait clairement lire « Contactez les urgences avant de décider de mourir. S'il vous plaît, reconsidérez votre geste. », signé par le « Département de la prévention du suicide ». C'était incompréhensible. C'était quoi, cet endroit ?
Aeli se tourna vers ses camarades, et aperçut la chose la plus surprenante qu'elle ait jamais vu de toute son existence : Fuji Shusuke, l'imperturbable, le souriant, était blanc comme un linge. Et déjà qu'il était pâle de nature, on aurait presque pu le prendre pour un fantôme. Son éternel sourire avait déserté son visage, et ses yeux étaient grands ouverts.
- Fuji-senpai, ça va ?! demanda la fillette.
- Ca ne sent pas bon… Ca sent pas bon du tout ! se contenta-t-il de répondre.
- Senpai, tu sais où on est ? intervint à son tour Ryoma.
- Aokigahara…
- Hein ? questionna Eiji.
- Nous sommes dans Aokigahara !
Silence de mort parmi l'assemblée. Oshitari se risqua à parler.
- Aokigahara… la forêt des suicides ?
Le génie approuva d'un signe de la tête.
- Je connais, approuva Oishi. C'est cette forêt qui s'étend en bas du Mont Fuji. La végétation y est extrêmement dense, et les randonneurs qui s'y perdent sont loin d'être rares… C'est également ici qu'est relevé le plus fort taux de suicide du Japon !
- J'ai peur, croassa Eiji.
- Mais c'est impossible qu'on soit dans Aokigahara, non ? protesta Gakuto.
- Il faut se rendre à l'évidence, annonça Fuji. Regardez… Il n'y a plus aucun mur, plus de plafond, juste des arbres… ces panneaux sont caractéristiques de la forêt, pour limiter le nombre d'imprudents qui souhaitent y entrer pour mourir.
- Ce n'est peut-être qu'une reproduction ! protesta Aelita.
- Ca ne change rien ! soupira Yagyuu.
C'était vraiment pas rassurant.
- Bon… On a pas d'autre choix que d'avancer, annonça alors Ryoma d'un air blasé.
La troupe se remit en marche, quand un cri déchira le silence. Eiji, tombé sur les fesses sous la surprise, désignait une forme qui se balançait dans les airs. Un pendu. L'homme, d'environ une quarantaine d'années avait eu les jambes dévorées, probablement par un animal. Du sang s'en écoulait doucement.
Jiro fondit en larmes comme un gros bébé, et se jeta dans les bras de son capitaine, qui dut lui tapoter le dos pour le calmer.
Tentant d'ignorer le corps, la petite troupe continua son avancée. Jusqu'à ce qu'ils tombent… sur un cadavre en décomposition. Cette fois-ci, ce fut Aelita qui craqua. Elle poussa un long cri et partit en courant.
- Aelita, attends ! hurla Oishi en se lançant à sa poursuite.
Tous le suivirent par la force des choses. La jeune fille, quant à elle, continua de courir. Puis le sol se déroba sous ses pieds, et elle cria de toutes ses forces. Derrière elle, ses compagnons la suivirent dans le trou. Le long hurlement qu'ils poussèrent simultanément se répercuta longtemps…
…
…
…
Aelita se réveilla en sursaut. Autour d'elle étaient endormis ses amis et ses adversaires. Jiro ronflait, Shishido bougeait dans son sommeil, Inui parlait en dormant. La jeune fille se leva, étonnée. Le dernier souvenir qu'elle avait était celui de leur chute, dans la forêt d'Aokibahara. Elle regarda autour d'elle… et remarqua la chose la plus surprenante qu'il soit.
Le Labyrinthe avait disparu. Il n'y avait plus rien, juste un emplacement vide. Des gens passaient à côté des adolescents en les pointant du doigt ou en rigolant. Aelita arrêta l'un d'entre eux.
- Excusez-moi !
- Oui ?
- Il… Il y avait un labyrinthe, ici, non ?
- Non, pas du tout. Cet emplacement est inutilisé. Généralement, les forains l'utilisent pour déposer leurs cartons à jeter. C'est plus simple pour le camion de ramassage des ordures.
- Je… je vois, merci… murmura la gamine.
Elle revint au milieu de ses camarades, et quelque chose attira son attention : un petit papier sur lequel quelques lignes étaient griffonnées.
« Bon, vous avez tenu moins longtemps que prévu… mais on espère que vous vous êtes bien amusés quand même, ahah ! On se revoit au prochain Halloween, gamine ! »
Aelita se retourna à temps pour voir une silhouette lui faire un signe de la main et s'éloigner. Elle frissonna. Le papier brûla dans sa main. C'était fini.
Alors ? C'était bien pour un chapitre d'Halloween ? Donnez-moi votre avis ! Si ça a bien plu, je referai probablement d'autres chapitres spéciaux :D
Basouuuuuuuuuuuus
