Et... voilà le chapitre 47 ! Soit la fin du tournoi international ! Alors, qui a gagné ? Allez, réfléchissez bien, je suis sûre que vous pouvez le deviner XD
Bonne lecture !
Chapitre 47 :
- Yuutaaaaaaaaaaa ! Je suis triste ! fit semblant de chouiner Fuji l'aîné.
- Aniki, c'est pas convainquant, soupira son cadet.
- Tu me fais un câlin pour me consoler ?
- Plutôt embrasser Mizuki et offrir du chocolat à Echizen pour la St Valentin.
- …
Aelita ricana en entendant cette belle réplique de Yuuta. Fuji fit un regard qu'elle ne lui avait jamais vu : vous voyez les petits chiens tout mignons, avec les larmes aux yeux et une frimousse adorable ? Ben voilà. Elle ricana, suivie par les autres joueurs, tandis que Tezuka et les coachs soupiraient.
- Je te condamnerai bien à l'Inui Juice, marmonna le capitaine de Glace, mais ce serait plutôt une récompense qu'une punition. Tu te contenteras de faire cent tours de terrain à ton retour au Japon.
- Oui, oui, Tezuka, soupira Fuji avec son éternel sourire, comme si ça ne lui faisait ni chaud ni froid. Allez Yuuta, fais-moi un câlin !
- Il… Il m'ignore presque... grogna Tezuka.
- Je refuse, annonça le jeune Fuji.
- Tu l'as bien mérité, senpai, ricana Aelita. C'est ta punition pour avoir perdu !
Tezuka était légèrement désemparé, Fuji avait la bouille d'un chiot battu, Yuuta trouvait son frère désespérant… Et Jiro dormait toujours.
Les coachs soupirèrent. Comment en étaient-ils arrivés là, déjà ? Il y avait eu les deux doubles, qu'ils avaient gagnés. Le simple de Ryoma, qui avait été perdu. Et Fuji, qui, juste pour avoir un câlin de son frère, avait fait exprès de perdre, concédant une victoire à l'adversaire. Dès le départ, le prodige avait fait exprès de ne pas y aller à fond. Sous les yeux ébahis et tout le monde, il ne s'était pas servi de ses trois contres. L'hirondelle, le bélouga et l'ours n'avaient pas frappé. Il avait perdu un jeu, puis deux, puis trois, en avait gagné deux, re-perdu un, re-gagné deux, et ainsi de suite, étaient arrivés au Tie-Break… que Fuji avait perdu de justesse.
- Au moins, je ne me suis pas fichu la honte comme Echizen, sourit le prodige. Si tu te remémores bien le match, je n'ai perdu que de justesse.
L'Echizen en question grogna dans sa barbe. Sur le coup, tellement emballé par son idée magnifique de perdre pour être consolé, il avait complètement oublié qu'on se moquerait sans doute de lui pour être tombé. M'enfin, il se contenterait de les exploser lors d'un match pour se venger de toutes ces moqueries. Après tout, ils en étaient encore bien loin… ahahah !
- Tu as quand même perdu, soupira la gamine.
- Bon, ben tu me fais un câlin alors ?
- …
- Yuuta veut pas, lui ! expliqua le prodige sans cesser de sourire.
- Je suis le lot de consolation ou quoi ?! râla Aeli.
La jeune fille se mit à bouder, tandis que les autres tentaient de réveiller Jiro. Fuji lui adressa un sourire éblouissant, qui ne réussit qu'à faire frissonner (de terreur…) sa cadette de deux ans. Fuji aimait l'Inui Juice. Fuji avait mentionné qu'il adorait encore plus voir les gens souffrir. Fuji ne cessait de sourire d'un air énigmatique. Fuji semblait souffrir d'un Brother Complex. Alors un sourire comme celui-là, autant dire que quand elle le voyait, Aelita avait de plus en plus envie de se barrer vite et loin.
Ce qu'elle commença à faire, d'ailleurs. Un petit pas à gauche, un sourire innocent. Un autre petit pas, et un sifflotement discret. Quelques autres petits pas…
- Au fait, Aelita… commença Fuji avec la tête du chat qui va bouffer la souris.
- … Moui ? Répondit la fillette sans cesser de s'éloigner.
- Ce n'est pas une demande, mais un ordre de ton senpai !
Et il la serra dans ses bras.
Le chat venait de bouffer la souris. C'était définitif, Aelita détestait les chats. Heureusement, un cri la tira d'affaire, et elle se barra en courant vers sa provenance.
- WAAAAAH… ! … J'ai bien dormi, marmonna la marmotte Jiro.
- Ton match va commencer, Jiro, grogna Atobe.
- Allez, le gros dodo est fini ! lança la petite française sans cesser de surveiller Fuji du coin de l'œil.
- Mwaaah… Mais j'suis fatiguéééééééééé… J'ai envie de dormiiiiiiiiir…
- BON CA SUFFIT MAINTENANT, cria la coach. TU VAS LEVER TES FESSES ET TE BOUGER SUR LE TERRAIN. ET LES DEUX ZIGOTOS QUI ONT PERDUS LEUR PRECEDENT MATCH SERONT TENUS RESPONSABLES SI ON PERD LA FINALE, PIGE ?
- Chef, oui chef ! hurlèrent en chœur tous les joueurs, totalement paniqués.
Ensuite, Jiro se fit limite jeter sur le terrain, et le match put commencer. D'ailleurs, son adversaire, le géant nommé Wok, commençait sérieusement à s'impatienter. Et quand il vit arriver le frêle petit blondinet, autant vous dire qu'il semblait pas convaincu.
- Ils ont abandonné le match ou quoi ?
- Pas possible ! Ca voudrait dire qu'ils abandonnent carrément le tournoi !
- M'enfin, faut regarder les choses en face. Comment voulez-vous qu'un mec à moitié endormi tienne tête à l'inébranlable Wok, hein ?
- Ils sont suicidaires… Ou alors ne s'attendaient pas aux résultats des matches précédents.
- On va bien voir.
Du côté des Japonais, il n'y avait pas de grands sourires du style "Ahah, ils vont bien voir ce qu'ils vont voir, avec Jiro !", mais plutôt des grands soupirs du style "Que va-t-on faire avec cet énergumène…?". Aelita était complètement paniquée, Atobe ne le montrait pas mais était intérieurement inquiet - à moins que le mot "agacé" ne convienne mieux… -, les Hyotei en général étaient totalement désespérés par leur joueur, les Seigaku hésitaient entre rire et pleurer. Du côté des coachs, la colère se disputait à l'inquiétude. Tezuka, lui, était imperturbable, comme toujours.
Jiro s'approcha de son adversaire en baillant et lui tendit la main.
– Bwaaaah... 'chanté... Faisons un bon match...!
L'autre hocha la tête et se mit en place.
– Début du match... Wok au service !
Le bonhomme leva le bras, lançant sa balle et se prépara à frapper. Il attendit le tout dernier moment pour frapper, mettant toutes ses forces dans sa balle. Cette dernière fila avec une vitesse incroyable, percuta la sol et termina sa course contre le grillage derrière Jiro. Le pauvre petit garçon qui s'occupait de ramasser les balles de ce côté du court fut paralysé par la peur, et resta figé durant cinq bonnes minutes avant d'effectuer son boulot. Il renvoya la balle à Wok, qui la récupéra d'un mouvement souple. Et servit de nouveau, le même service fulgurant que précédemment.
Ainsi, il ne gagna le premier jeu qu'avec des services. Dans le public, l'équipe Japonaise n'en croyait pas ses yeux: Jiro était un titulaire de Hyotei, tout de même ! Même s'il ne payait pas de mine quand on le voyait, il était tout de même excellent. Et même quand il était endormi, il n'avait jamais perdu un jeu uniquement à cause de services. Ça paraissait totalement improbable. Si ça n'avait pas été ce génie de Jiro, aucun doute qu'Atobe l'aurait retiré immédiatement des titulaires. Mais il se contenta de soupirer, visiblement confiant en la capacité de la marmotte à gagner son match.
En effet, il s'était réveillé : il sautillait, criait, et semblait méga-heureux. Exactement comme lors de son match avec Fuji... restait plus qu'à espérer qu'il ne se prenne pas la même raclée que ce jour-là, ahah !
– Mon Dieu... il crie presque aussi fort qu'Hibiki, râla Shishido.
– Ahah, entre ta sœur et ce guignol, on n'est pas gâtés, ricana Mukahi.
– Je vous entends, hein ! Gueula la sœur en question.
Des rires se firent entendre dans les gradins, la tension s'était dissipée. Jiro n'aurait sans doute pas de mal à rattraper son retard, maintenant qu'il était en pleine possession de ses capacités.
– Wouhou ! T'es un trop bon joueur, toi ! Cria Marmotte. Pas bavard, mais c'est pas très grave, excellent quand même ! Waaaaw, j'suis en pleine forme là ! Après avoir aussi bien dormi que ça, j'vais pouvoir y mettre toutes mes forces !
C'était au tour du jeune Japonais de servir. Il se dépêcha d'envoyer la balle dans le terrain adverse et se précipita au filet, comme tout bon adepte du serve and volley. Heureusement, son adversaire ne l'avait pas anticipé, et était resté en fond de court. Jiro ne se priva donc pas pour effectuer une belle amortie et faire retomber la balle juuuuste derrière le filet. Sûr de sa victoire, il sourit et se recula légèrement. Cependant, en un clignement d'œil, l'autre était arrivé au filet et avait effectué une contre-amortie. C'était impossible ! La balle de Jiro avait vraiment frôlé le filet, et n'était pas restée en l'air plus de quelques millisecondes. L'imposant Wok n'avait pas pu la rattraper en si peu de temps !
Et ça avait été pourtant le cas.
Heureusement, la Marmotte ne se laissa pas faire et se jeta littéralement sur la balle pour la renvoyer, ce qu'il parvint à faire de justesse. Un genou à terre, il n'eut pas le temps de se relever pour rattraper la balle que lui renvoya son adversaire.
Cela continua de la même façon que pour ce premier point, et Jiro perdit ainsi le second jeu.
Dans le public, on se demandait comment tout cela allait continuer. Oshitari semblait pensif.
– Hm... Il pourrait bien être aussi rapide que Kenya... soupira le binoclard. M'enfin, ce sera un bon entraînement pour Jiro, si l'on affronte Shitenhouji au tournoi national.
– Hey, Yuushi, qu'est-ce que tu marmonnes dans ta barbe ? Demanda le rouquin de Hyotei à son partenaire.
– … Oh rien, je pensais juste à mon cousin.
– … Ah, marmonna Gakuto, dubitatif.
Atobe jeta un œil à son joueur à lunettes. Ce dernier lui avait déjà parlé de son cousin, un certain Oshitari Kenya, alias la « Speed Star de Naniwa ». Un surnom bien ridicule, selon le King. Cependant, il n'en restait pas moins que l'autre Oshitari était un joueur dont il fallait se méfier. Sa vitesse incroyable était réputée dans tous les collèges aux plus grandes écoles de tennis.
Un jour, alors que le King était en seconde année et que Hyotei devait se préparer pour le tournoi régional, Yuushi avait proposé à Atobe d'accueillir l'équipe de Shitenhouji pour des matches d'entraînement. Tous les joueurs, même les non-titulaires, avaient pu y participer, et c'est ainsi que Jiro s'était retrouvé contre le cousin d'Oshitari. Il avait perdu lamentablement, vaincu par la vitesse incroyable de son adversaire. Il avait par la suite subi un entraînement basé sur sa réactivité et son adaptation au rythme de son adversaire qui avait considérablement amélioré ses scores dans ce genre de matches, mais n'ayant jamais pu rejouer contre un joueur aussi rapide que Kenya, il n'avait pas pu expérimenter cela dans des conditions extrêmes.
Il était donc temps de voir si Jiro se souvenait de ces enseignements.
– Jiro, mets en œuvre ce que tu as appris lors de ton match contre le génie de la vitesse ! Ordonna Atobe.
– … Zut !
– Quoi, « zut » ? murmura le King, totalement paniqué.
– J'm'en souviens plus, rigola Jiro.
– C'EST PAS LE MOMENT DE SE MARRER, ESPECE DE GRANDE ANDOUILLE ! Gueula son capitaine.
Cependant, Jiro avait beau dire qu'il ne se rappelait pas de ces enseignements datant de l'année précédente, sa posture venait de changer. Oshitari sourit. Ce gars était vraiment un menteur ! Il ne « s'en souvenait pas », hein ? Ben tiens, on y croit ! C'était comme ça, alors... Depuis le début, ce saligaud faisait semblant de perdre pour attirer l'attention sur lui ! Aucun doute qu'il espérait que son idole regardait le match depuis le Japon et était impressionné par ses prouesses...
[A Rikkai...]
Sanada grogna en fixant son regard sur la télé. Derrière et à côté de lui, ses coéquipiers et les joueurs non titulaires du club étaient tous excités par ce qui se passait dans la grande boîte à images animées.
– Allez, Sanada, détends-toi, sourit Yukimura.
– Pour ta visite exceptionnelle à Rikkai, je voulais te montrer à quel point l'équipe avait progressé... Et voilà que pour ton unique journée hors de l'hôpital, tu te retrouves à regarder les exploits d'autres joueurs que nous ! Râla le vice-capitaine de Rikkai.
– Allons, allons, regarde comment on s'amuse ! Tout le monde est heureux, et je préfère pouvoir être assis ici avec vous que vous regarder jouer depuis le banc de touche.
Sanada soupira, vaincu par ses arguments. Il n'avait pas tord, c'était cent fois mieux de discuter avec lui que de le voir misérablement assis sur le banc, à se lamenter sur le fait qu'il ne pouvait pas encore jouer à son sport favori.
– Tiens, ce joueur, ce n'est pas celui qui adore Marui ? Questionna Jackal en pointant l'écran, où venait d'apparaître Jiro.
– Ah, oui ! Un spécialiste du serve and volley si je me souviens bien, annonça Yagyuu.
– C'est cela, approuva le rouquin. Il dort beaucoup, mais c'est un chic type !
– Tu vois comme « un chic type » toutes les personnes qui te considèrent comme un génie et qui pratiquent le serve and volley, marmonna Yanagi en remontant ses lunettes sur son nez.
– Piyo, approuva Nioh.
– En tout cas, il semble totalement endormi, ricana Kirihara tandis que le premier jeu se terminait.
– La force de ce rigolo se résume par sa capacité à passer d'un endormissement total à un éveil total, expliqua Marui avec une pointe de satisfaction dans la voix. Il est assez incroyable... Tiens, regarde, ça commence !
En effet, Jiro ne faisait que sauter sur le terrain en criant. La caméra fit un gros plan sur sa tête. Il perdit cependant le jeu suivant, mais semblait toujours en aussi bonne forme, même si son adversaire s'amusait à le faire courir d'un bout à l'autre du terrain.
– Ce joueur Américain est très rapide... murmura Marui.
– Oui. Il me fait penser à Kenya de Shintenhouji, approuva Yukimura. Vous ne trouvez pas ?
– Je m'en souviens. C'est Sanada-fukubuchou qui était venu à bout de son incroyable vitesse ! Lança Akaya d'un air plus que fier.
– T'as pas à être fier, ricana Jackal. Je te signale que toi, tu avais perdu ton match contre leur capitaine, Shiraishi !
– Pas la peine de me le rappeler, senpai ! Grogna Kirihara en se mettant à bouder.
Tout le monde rigola, avant de fixer de nouveau leur attention sur la télé. Hyotei et Seigaku allaient être à surveiller... Ce tournoi leur avait été un bon entraînement.
[Retour en France]
Le service était désormais à Wok. Il lança la balle en l'air, et tira de toutes ses forces, comme lors du premier jeu. Cependant, Jiro, au lieu de rester en arrière, fonça à l'endroit où venait de rebondir la balle, et tenta de la frapper juste après le rebond.
– C'est... commença Choutaro.
– … mon Rising Shot ! Compléta Shishido, abasourdi.
– Zut, j'ai loupé ! Marmonna Jiro en souriant.
La balle avait fini sa course hors du terrain adverse, mais c'était déjà un grand pas en avant : il avait réussi à la rattraper.
– Leçon numéro 1 : reculer pour avoir un meilleur point de vue, murmura Jiro pour lui-même.
Son géant d'adversaire, toujours silencieux, servit une seconde fois. Jiro, qui s'était reculé au maximum, prédit la trajectoire de la balle et sauta directement dessus. Et, à la – pas si grande – surprise de tout le monde, la renvoya. Bon, il la renvoya tellement faiblement qu'elle passa à peine le filet, mais c'était ça ! D'ailleurs, Wok n'ayant pas prévu que la balle passerait, ne put utiliser sa super vitesse pour la rattraper, et Jiro marqua ainsi son premier point du match.
– YOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOSH ! Gueulèrent en chœur les Japonais.
– Vas-y Jiro, explose-le ! Dégomme-le ! Défonce-le ! Fais lui cracher ses tripes ! Ajouta Shishido. MONTRE LUI LA SUPREMATIE DE HYOTEIIIII !
– Du calme, Shishido-senpai, du calme, soupira Ootori en tentant de calmer son partenaire de double.
Jiro, sur le terrain, ne prêta pas attention à ses partenaires, qu'il sentait gagnés par son excitation. Il était entièrement concentré sur son match. Il comptait bien gagner !
[A Shitenhouji...]
– ALLEZ, ALLEZ, RAMENEZ LA VICTOIRE AU JAPOOOOOOON ! gueula un adolescent dont la tête était enserrée par un grand bandeau vert.
– Du calme, du calme, murmura un autre gars aux cheveux gris et à la main gauche bandée. Ah, c'est dommage que seuls les joueurs du Kanto ait été sélectionnés pour ce tournoi... vous avez vu cet américain ? Il est peut-être aussi rapide que Kenya !
Kenya, un brun en train de se battre avec un petit rouquin, releva la tête, stoppant momentanément leur querelle.
– PERSONNE NE PEUT VAINCRE LA SPEED STAR DE NANIWA, MWHAHAHAHAHAHA !
– Pourtant, il me semble que tu as perdu lors des matchs d'entraînement contre Rikkaidai, naaaaan ? Ricana le petit rouquin.
– Aaaah, Kin-chan, comment tu sais ça ?! Pleura presque le-dit Kenya. T'étais pas là lors de ces matchs, c'était l'année dernière-euuuuuh !
– Shiraishi m'a montré la vidéoooooo ! Le nargua son Kohai.
– Que de cruauté envers moiiiiiiii ! Chouina le brun.
– Pense à Sanada-san, pense à Sanada-san, pense à Sanada-san, pense à...
Le petit rouquin ne put terminer sa phrase puisque Kenya lui sauta dessus et commença à l'étrangler. Leur camarade à la main bandée, Shiraishi, soupira. Devait-il les laisser s'entretuer ou valait-il mieux les arrêter ? Bonne question.
– Dites, senpais... les interrompit un autre adolescent aux cheveux noirs et aux oreilles percées de deux trous chacune. Vous pourriez faire un peu moins de bruit ? Je n'arrive pas à me concentrer sur le match !
– Roooh, Hikaruuuu, tu n'es pas drôle, sourit un autre joueur ne faisant pas son âge avec ses cheveux rasés au plus près et ses lunettes vieillottes.
– Je peux très bien être drôle par moments. Mais là, j'aimerais voir le match tranquillement.
– Aaah, Ecstasy, lâcha soudainement Shiraishi.
Le dénommé Hikaru soupira. Entre Kenya et l'autre rouquin qui se battaient, Shiraishi qui ne cessait de dire « Ecstasy » et les autres joueurs qui bavardaient dans la salle, impossible de se concentrer. Il avait hâte d'être au tournoi national.
Après, restait plus qu'à espérer que son équipe y arrive sans avoir perdu de membres dans les habituelles bagarres du club...
[Back to France ! Et le match de Jiro avec tout ça, il avance bien ?]
Eh bien oui, le match de Jiro se passe plutôt pas mal ! Le score était à présent de deux jeux partout, notre marmotte nationale ayant rattrapé son retard.
– Leçon numéro 2... marmonna de nouveau Jiro, Si ton adversaire est rapide, ralentis ton jeu !
– « Ralentis ton jeu » ? murmura Sakuno, perdue. En quoi ralentir va l'aider à maîtriser la vitesse de son adversaire.
– Ça va lui permettre de briser le rythme de son adversaire, expliqua Ryoma sans lui lancer un regard.
– Oh, je vois...
En effet, sur le terrain, on aurait dit que Jiro jouait au ralenti. Il courrait pour rattraper la balle, et la renvoyait en une volley lente, ou effectuait un passing shot sans en exagérer la vitesse. Conclusion, le géant hyper rapide n'arrivait pas à anticiper les coups de son adversaire, et manquait de trébucher à chaque pas.
– C'est vrai que ça marche ! Cria Hope. Regarde, sœurette ! Son adversaire ne suit plus !
Bailey approuva.
– Le fait de modifier sa vitesse perturbe le jeu de Wok. Et en variant entre un jeu rapide et un jeu lent, il va pouvoir le prendre à contre pied ! Cria la fille aux longs cheveux roses.
En effet, comme l'avait prédit Bailey, Jiro commença à changer de rythme. Pour perturber un adversaire rapide, rien de tel que s'adapter à sa vitesse pour mieux la briser. De plus, la marmotte passant son temps à dormir, elle emmagasinait une quantité inimaginable d'énergie qui lui permettait de tenir sans problème tout un match, aussi irrégulier en rythme soit-il. Jiro avait entre les mains une mine d'or dont il n'avait jamais vraiment appris à se servir correctement... Autant dire qu'avec un entraînement poussé et adapté à ses capacités, il pourrait donner du fil à retordre aux plus grands, et probablement même à son capitaine.
– Aaaah... ce gars n'est vraiment pas conscient de ses capacités, soupira Aelita.
– Hm, approuva Echizen en hochant la tête.
– Ce match serait déjà fini s'il ne passait pas son temps à dormir à l'entraînement, grogna Mukahi.
– Je confirme. C'est la faute d'Atobe, lâcha Shishido. T'es bien trop gentil avec lui.
– Je ne suis pas gentil, expliqua le capitaine des Hyotei d'un air arrogant. Je suis prudent. Si l'entraînement devenait trop fatiguant pour Jiro, il quitterait le club de tennis et s'entraînerait par lui-même. Or, on ne peut pas se permettre de perdre un joueur tel que lui... contrairement à toi, Shishido.
– Aaaaaah , protesta le joueur à casquette. Ça, c'est lâche et traitre, Atobe.
Le King le fixa d'un air hautain, un petit sourire moqueur plaqué sur le visage. Choutaro soupira avant de laisser échapper un petit rire, tandis qu'Aelita et Hibiki se retenaient à grand peine de pouffer. Le frère de la dernière citée les fit taire d'un regard noir, qu'il destina également à son capitaine.
Le match se termina rapidement, au final. Wok étant parti à fond dès le départ, il avait bouffé toute son endurance en vitesse, et quand Jiro avait commencé à maîtriser le rythme du match, ça avait été fini. Si le joueur américain possédait une vitesse peu commune, il n'avait pas été entraîné correctement pour faire face à une tactique semblable à celle de la marmotte. De plus, son endurance était fortement inférieure à l'endurance moyenne d'un joueur de tennis lycéen. Au final, il n'y avait probablement que peu de chances qu'il gagne contre Jiro.
La fin du match fut prononcée, et un grand silence parcourut le stade, jusqu'à ce qu'une femme d'une quarantaine d'année, mère d'une certaine française, se lève et crie de toutes ses forces :
- JE SUIS FIERE DE VOUS, MA CHERIE !
Aelita piqua un fard. Ca, ça ne pouvait être que sa mère... Tout le monde se mit à rire, et les joueurs japonais déboulèrent sur le terrain pour fêter leur victoire. L'équipe Japonaise avec remporté ce tournoi international.
