Eh oui, me revoilà !
Désolée, j'ai été très longue sur ce chapitre, mais j'espère qu'il vous plaira autant que les précédents :D
Chapitre 50 :
Aelita sortait des douches et venait de croiser le trio de Seigaku, ainsi que Dan, le kohai de Sengoku. Les trois adolescents discutèrent quelques minutes ensemble, jusqu'à ce qu'un grand fracas se fasse entendre quelques mètres plus loin. Immédiatement, ils se mirent à courir en direction du bruit : et quelle ne fut pas leur surprise quand ils virent Kirihara étalé par terre au pied d'un escalier ! Au vu de la position dans laquelle il était, deviner qu'il venait de tomber dans les escaliers n'était pas particulièrement difficile. Cependant, si les garçons commencèrent à s'affoler, Aelita ne sembla pas plus perturbée que ça. Elle se pencha alors vers Akaya et soupira :
- Eh, Bakakaya. Je sais que tu m'idolâtres, que tu me vénères, que tu es en adoration devant moi… mais quand même, au point de te jeter dans les escaliers pour m'imiter, ça va loin, là… ricana la fillette.
Le « ta gueule » que laissa échapper Akaya leur fit penser qu'il n'était pas en si mauvais état que ça…
- On va pas réussir à le porter, on est bien plus petits que lui ! murmura Kachiro.
- Je vais chercher de l'aide ! cria Dan en amorçant son départ.
- Laisse tomber, j'vais bien, marmonna alors Kirihara en commençant à se relever.
- Mon dieu ! lâcha Katsuo. Kirihara-san, tu as le visage tout écorché ! Il faut te désinfecter !
Ainsi, tant bien que mal – ben oui, Akaya c'est pas une mauviette, il ne cessait de dire qu'il avait rien – les cinq premières années parvinrent à l'emmener dans la salle commune. Echizen, Momo et Kajimoto y étaient assis, en train de discuter de tennis.
- Que s'est-il passé ?! cria le joueur de Josei Shonan en voyant débarquer la petite troupe.
- Il s'est cassé la gueule dans les escaliers, marmonna Aelita.
- QUELQU'UN L'A POUSSE DANS LES ESCALIERS ! gueula en même temps Horio, qu'on n'avait pas entendu depuis l'incident.
- Hein ? demanda Katsuo. Tu as vu quelqu'un, Horio ?
- Oui ! K-k-k-k-k-k…
- K ? demanda Aelita, qui commençait sérieusement à en avoir assez des bégaiements.
- KAMIO-SAN !
- Pas la peine de crier. Et pourquoi Kamio aurait-il poussé Kirihara dans… commença Aeli avant de s'interrompre. Ok, laissez tomber, j'ai rien dit.
- Ouais, vu comment ils se détestent, ça sert à rien de se demander pourquoi, la réponse est toute désignée, ricana Ryoma.
Sengoku et Mizuki arrivèrent sur ces entrefaites, surpris.
- C'est quoi cette histoire ? Kamio aurait poussé le poulpe dans les escaliers ?
- NE M'APPELEZ PAS « LE POULPE », NOM DE DIEU !
- Mais, c'est pas possible… Ca correspond pas au plan, marmonna Mizuki. Nfu… Je déteste quand les gens deviennent imprévisibles comme cela…
- Quel plan ? demanda Aelita, suspicieuse.
- Rien, rien, lâchèrent en chœur tous les garçons ayant participé à la petite réunion.
Cela ne les rendait que plus suspects encore aux yeux de la jeune fille, mais ce n'était pas le moment de se préoccuper de cela. Ce qui venait d'arriver était grave, et si c'était vraiment Kamio qui avait poussé le joueur de Rikkaidai, il devrait répondre de ses actes. Cependant, Mizuki eut soudain une idée lumineuse, et ne se priva pas de la mettre en place.
- Mais au fait… Shishido non plus n'est pas là… Et à ce que je sais il a lui aussi des raisons de vouloir se débarrasser du poulpe.
- Ah bon ?! Pourquoi ?! cria Aelita, qui ne voyait pas du tout casquette-man tenter de tuer quelqu'un.
- De quoi vous parlez ? demandèrent alors en chœur Kamio et Shishido en arrivant dans la pièce.
- Vous deux, où étiez-vous ? les interrogea Sengoku.
- J'étais parti m'entraîner, et lui aussi, annonça Kamio. On vient juste de se retrouver.
- Oï, Casquette-man, c'est vrai que tu as des raisons de te débarrasser de Bakakaya ?! les interrompit alors Aeli.
- Heiiiin ?
- Dis-lui que tu ne veux juste pas que Kirihara l'approche ! murmura Mizuki à son oreille. Et remercie-moi pour avoir créé cette situation !
Ryou fusilla le joueur de St Rudolph du regard. Etait-il vraiment censé le remercier pour ça ? Il était en train de le faire passer pour une brute ! Et puis il était bien trop timide pour dire ça à la jeune fille, quoi que son apparence de dur laisse penser. Alors il se contenta de marmonner que non, pas du tout, il aimait même bien la tête d'algue.
FAUX, F.A.U.X. !
Mensonge. Gros mensonge.
Cependant, Aelita tomba à pieds joints dedans.
- Ah, je me disais bien aussi que tu n'étais pas du genre à faire cela, soupira Aelita. Kamio, tu es notre suspect n°1 !
- C'est pas moi !
- Comment peut-on en être sûrs ? demanda alors la française.
- Y a pas une injustice, là ? râla le rouquin. Pourquoi vous le croyez sur parole, lui ?!
- …
Aelita se contenta de lui adresser un immense sourire hypocrite.
- Disons que lui n'a pas tenté de tuer Kirihara à coups de bol de riz sur la tête, ricana Momo.
- Dites… lança alors Akaya. Je suis tombé tout seul…
- J'ai vu quelqu'un ! protesta Horio.
- Toi, la ferme ! C'est moi qui suis tombé, et je peux t'assurer que personne ne m'a poussé !
Ootori ouvrit la bouche, tandis que Momo sursautait : il ne l'avait pas vu arriver, le massif joueur de Hyotei s'étant infiltré discrètement dans la pièce.
- Mais pourquoi Kirihara-san défend-il Kamio-san ? Ils se haïssent, non ?
- Je le défends pas ! hurla Akaya.
- J'ai pas besoin d'être défendu par lui, de toute façon ! renchérit Kamio.
- Dans ce cas, on peut considérer que Kirihara-san dit la vérité, non ? Les deux nient la version d'Horio-san. Nous devrions arrêter cette dispute.
- Je suis d'accord avec Choutaro, grogna Shishido. Arrêtons-nous là.
Les garçons s'entre-regardèrent : lui, il voulait que tout ça termine rapidement pour vite se rapprocher d'Aelita.
- Ah non, on s'arrête pas là ! gueula Kamio. JE VAIS RETROUVER LE COUPABLE !
Nouveaux regards. Lui, il avait pas pigé que régler rapidement cette histoire serait profitable à lui et An. Aaaah, Kamio et sa légendaire simplicité d'esprit…
- Quel idiot, ricana Momo, disant ainsi tout haut ce que tous pensaient tout bas.
Puis il se détourna et partit en discutant avec Ryoma dans leur chambre. Tout le monde s'en alla, tandis que Kamio continuait de trépigner tout seul.
Aeli se demanda si elle devait informer les filles de cet incident. Ce n'était sans doute pas une bonne idée. Toutes allaient s'inquiéter, et connaissant les phénomènes qu'il y avait dans le petit groupe, aucun doute qu'elles n'arriveraient pas à se concentrer en apprenant cela. De plus, l'histoire finirait par s'ébruiter et arriver aux oreilles des professeurs. Or, aucun doute que ça aggraverait le problème. Enfin bref. Mieux valait qu'elle se taise et qu'elle fasse comme si de rien n'était.
- Ah, Aelita ! Tu étais passée où ? demanda Sakuno.
- Euh… J'ai croisé… euh… Shishido ! et euh… Il m'a demandé si Hibiki n'était pas trop agaçante ! mentit maladroitement la jeune fille.
- Tu lui as répondu que j'étais un ange, j'espère ?!
- Bien sûr, après tout, tout le monde sait que tu es la petite fille la plus mignonne de la Terre, la railla son amie.
Elle se récupéra en réponse un bel oreiller dans la tête. Les jeunes filles discutèrent encore entre elles, et s'interrogèrent sur leur entraînement du lendemain. Aelita passerait la matinée avec son groupe pour s'entraîner de la main gauche, et l'après-midi, apparemment, les coachs leur auraient concocté un entraînement spécial… Autant dire qu'aucune d'entre elles ne voyait cela d'un bon œil.
Elles s'endormirent alors, tiraillées entre la joie de s'entraîner pour cet étrange spectacle qu'elles allaient donner, et l'angoisse de ce qu'elles allaient devoir faire.
Le lendemain matin, tout le monde eut du mal à se réveiller. Entre les courbatures parce qu'ils avaient trop bossé la veille, la flemme toute simple de bouger ses petites fesses de son lit au terrain, ou encore la fatigue pure et dure, tous dormaient encore une demi-heure après l'heure prévue pour le réveil. Les coachs durent passer dans les couloirs et menacer de défoncer toutes les portes pour que les collégiens décident enfin de se lever.
- Je suis fatigué, grogna Shishido.
- Je vais te fatiguer encore plus, ricana Aelita.
- De quelle manière ? la questionna Sengoku avec un sourire pervers.
L'allusion passa au-dessus de la tête de la jeune fille, qui expliqua qu'elle comptait renvoyer toutes les balles qu'il lui lancerait. Le joueur de Hyotei, qui avait bien sûr compris de quoi parlait le rouquin, lui envoya un bon gros coup de poing dans l'épaule.
Ce fut à ce moment-là que Kamio fit son apparition.
- Couvrez-moi, ce matin : je vais chercher le coupable !
- Tu es toujours là-dessus ? grommela Momo.
- OUI !
- Tu ne devrais pas louper l'entraînement ! le mit en garde Oishi.
- M'en fous ! gueula le rouquin avant de se barrer aussi vite qu'il était arrivé.
- Il est parti, commenta laconiquement Ryoma.
- On n'avait pas remarqué, ajouta d'un air blasé Aelita.
Et puis, sans un mot de plus, les élèves présents dans la salle à manger se dispersèrent et le groupe de Ryuzaki-sensei rejoignit les courts. Shishido et Aelita en monopolisèrent un toute la matinée. La jeune fille s'améliorait peu à peu de la main gauche. Elle parvenait à présent à servir correctement dans le carré de service, renvoyait toutes les balles à l'intérieur du court, mais la précision n'y était pas. Et ce matin, elle avait reçu la visite de son senpai préféré, j'ai nommé Inui, et de la plus adorable des petites filles, à savoir Hibiki. Et, bien sûr, de leurs délicieux cookies et boissons. Ahah.
Elle fut mise à l'épreuve durant plusieurs heures. Elle dut envoyer des balles de couleur sur différents plots de couleur, elle dut faire retomber chaque balle qu'elle renvoyait dans une partie précise du court, elle dut effectuer des dizaines de cord-ball.
Au final, elle avait bu dans la matinée plus d'Inui Juice que tous les titulaires en un entraînement, et mangé l'équivalent d'un kilo de cookies d'Hibiki. Elle avait terminé avec un mal de ventre atroce, des crampes d'estomac horribles, et n'avait rien pu avaler le midi. Maiiiiiis… elle s'était améliorée. C'était cool. Ou pas.
En plus, les coachs n'avaient pas l'intention de lui laisser sauter l'entraînement spécial fille l'après-midi.
D'ailleurs, en parlant de ces pauvres demoiselles, elles étaient de plus en plus inquiètes. Normal, d'un côté. En effet, elles avaient été affublées d'un… truc à froufrous. Bon, pour être plus précise, disons qu'elles étaient toutes vêtues d'une sorte de jupe rouge à volants, d'un polo blanc et noir, et d'un espèce de nœud noir collé sur un serre-tête.
Autant vous dire que certaines des filles trouvaient cela « atrocement kawaiiii ! », comme elles se plaisaient à le gueuler dans tout le camp. Et d'autres… commençaient sérieusement à envisager la pendaison. Voir le meurtre des personnes à l'origine de ce déguisement ridicule.
M'enfin, le pompon fut quand les coachs arrivèrent et annoncèrent que l'entraînement spécial ne tarderait pas à commencer. Elles durent monter dans un bus, on leur distribua des affiches, et finalement, on leur expliqua ce qu'elles allaient faire.
- Vous allez voir, ça va être très simple !
- J'ai peur, murmura Aiko.
- Et moi donc, approuva Aeli.
- Mais non, mais non, vous allez juste devoir distribuer ces prospectus aux gens ! expliqua Ryuzaki.
- Ah mais ça va ! commença Hibiki. On a juste à aborder des… inconnus… dans la rue… et à donner… des papiers… JE REFUSE !
- Obaa-san, la supplia Sakuno, j'veux pas !
- Et pourtant, vous allez devoir ! se mit à ricaner la vieille femme.
Elle se tut un instant, histoire de laisser son annonce faire son petit effet. Le visage des cousines Ryuzaki se décomposait, Hope et Bailey semblaient scandalisées que des jeunes filles de haute condition comme elles soient réduites à travailler sous le soleil, Hibiki semblait vouloir se planquer sous les sièges, Chôko restait impassible, Aiko et les trois filles de Hyotei étaient toutes excitées. Aelita s'était, pour sa part, déjà enfoncée entre deux sièges de façon à ce qu'on la voit le moins possible.
- C'est là votre plus grand problème : la timidité ! Si vous continuez comme ça, vous ne serez jamais capable d'assurer le spectacle, et on va perdre la face devant les Américains !
- C'est surtout ça qui l'inquiète, marmonna Hope.
- Sérieusement, vous me voyez distribuer des prospectus déguisée en pom-pom-girl ?! râla Bailey en secouant sa longue chevelure rose. Je suis pas comme l'une de ces femmes-sushis qui font de la pub pour leur resto dans la rue !
- Tu sais, ces jeunes femmes sont admirables ! protesta Nagi. Elles passent la journée à cuire dans leurs vêtements juste pour gagner un peu d'argent…
- Ouais, maiiiis… protesta vainement Bailey.
- Pas de mais ! annonça Kameko comme une vraie leader. On va toutes y aller !
- Je suis albinos, leur rappela alors Hope. Je vais pas me balader sous le soleil, ça va m'abîmer la peau.
- Oh, ne t'inquiète pas ! annonça la coach, qui avait bien sûr tout prévu. Tu as bien sûr le droit de prendre une ombrelle
- …
Le reste du voyage se poursuivit sans plus de discussion. Sakuno et Hibari tremblaient comme des feuilles, Tomoka et Aiko tentant sans succès de les réconforter. Puis le bus arriva enfin à destination, et les filles furent ensuite amenées à pieds… dans l'une des plus graaaaandes rues commerciales de la ville. Où il y avait donc plein, pleiiiin de monde.
Ben oui, ce serait pas drôle sinon, vous pensez bien !
Chôko fut la première à mettre un pied dehors, suivie par des adolescentes vraiment pas enthousiastes. Les regards se tournaient sur leur passage. Vous pensez bien qu'en étant déguisées en pom-pom-girl, elles attiraient l'attention. Tomoka était toute excitée et sautait partout. Mika attacha ses cheveux roux en une queue de cheval et se mit en position de combat, comme si elle s'apprêtait à monter sur un ring de boxe. Sakuno s'était planquée derrière Hibari, elle-même planquée derrière les cheveux roses de Bailey.
- Vous avez deux cent photocopies chacune, le but du jeu étant bien sûr de toutes les distribuer. Celle en ayant le moins donné se retrouvera avec un gage. Vous pouvez le distribuer de la façon que vous voulez, et interdiction bien sûr de s'en débarrasser en les donnant aux poubelles, hein !
Puis, apercevant le visage terrifié de ses deux petites filles :
- Hibari, Sakuno… les gens vont pas vous manger, vous savez… Bon, on repasse vous chercher en fin d'après-midi ! A 18 heures, ok ?
- On va rester ici pendant cinq heures ?! gueula presque Aelita.
- Oui, pourquoi ?
- Et s'il y a un problème ? Si l'une d'entre nous se fait agresser ? Kidnapper ? Hein ? s'inquiéta Sakuno.
- Oh, ne t'inquiète pas pour ça. Tu penses bien qu'on ne vous laisserait pas sans surveillance. Vous avez bien sûr interdiction de trop vous séparer et de quitter cette rue. Trois membres du personnel du camp d'entraînement vont garder un œil sur vous ! Ils vont s'installer dans le café qui est là, et en cas de besoin pourront intervenir rapidement.
- D-d'accord, murmura la fillette à tresses.
Et la coach s'en alla. Deux femmes et un homme en tailleur firent leur apparition, se présentèrent, et allèrent prendre un café, les laissant seules dans la rue.
- Bon, bah je suppose qu'on n'a pas le choix, marmonna Hope en faisant tourner son ombrelle.
Elle s'approcha d'un couple de jeunes qui se baladaient main dans la main, et leur tendit une affiche.
- Eh, vous, là. Tenez.
La femme l'ignora totalement, suivie par son compagnon. Hope la fusilla du regard, s'apprêta à l'invectiver, mais Mikazuki la fit taire d'un signe de la main.
- Chhhhht, chhhht ! Reste calme, Hope, reste calme !
- Elle m'éneeeeeeeeeerve ! râla l'albinos. Ils vont voir ! J'vais tous les distribuer, ces tracts à la noix !
Et elle partit comme une furie, laissant ses amies perplexes. Ces dernières étaient bien moins convaincues que la cousine d'Atobe. Bailey se mouvait comme une grosse limace, et personne ne prenait ses tracts.
Puis au bout d'un moment, Chôko, excédée par le comportement amorphe de ses camarades, prit les choses en main. Et ce fut une petite fille toute excitée qui commença à sautiller partout en distribuant des feuilles à la pelle.
- Mesdames et messieurs, d'ici deux semaines aura lieu le tournoi international de tennis collégien ! Que diriez-vous de venir encourager notre équipe ?!
Sakuno, ragaillardie par la vision de cette petite chose si énergique, commença à y mettre du sien aussi.
- M-m-m-m-m-messieurs-dames… Venez encourager nos joueurs de t-t-tennis !
Puis à un moment, Aelita regarda autour d'elle et remarqua l'absence d'Aiko, qu'elle signala à ses amies.
- Quelqu'un a vu Aiko ?
- Elle est partie dans cette boutique, murmura Hibari en désignant une vitrine du doigt.
Effectivement, la jeune fille en ressortit à peine quelques minutes près avec plusieurs paniers en bois, qu'elle distribua aux adolescentes. A l'intérieur, pleins de bonbons posés en vrac.
- Wah, des bonbons ! Aiko je t'aime ! gueula Tomoka.
- C'est pas pour vous. Faut les distribuer avec les affiches, pigé ?
- Heiiiin ? protesta Aelita. C'est pas juste ! J'en voulais aussi !
- Moi aussi je veux en manger ! râla Hope.
- Pas question.
La sœur de Kurobane se comportait presque comme une adulte. Presque. Je dis ça parce qu'à la minute où elle aperçut des enfants, elle se précipita à leur rencontre en gazouillant et en distribuant bonbons et tract à tour de main.
- Elle… elle aime vraiment les gosses, pas vrai ? demanda Kame, un peu décontenancée.
- Faut croire, approuva Mikazuki.
- Elle passe son temps à dire qu'elle aura des petites filles et qu'elle s'amusera à les habiller comme des poupées, marmonna Hibari.
- Je compatis à ta douleur, soupira Aelita.
- Bon, bon, remettons-nous au travail ! cria Chôko. On va faire notre petit spectacle, ok ?
- OUAIS ! crièrent en chœur les filles à présent motivées.
Nagi, qui pratiquait la gymnastique, posa son panier et commença à faire son petit show. A côté d'elle, Kameko et Mikazuki agitaient leurs affiches.
De leur côté, Hope et Bailey ciblaient les adultes. Avec leurs têtes de bourgeoises et leur maintien naturel, elles paraissaient matures et étaient aussi efficaces que des employées d'entreprise effectuant un sondage.
Hibiki et Tomoka, les deux surexcitées de service, étaient en train de discuter avec un groupe de filles de leur âge. Ces dernières tenaient toutes à la main une affiche qu'elles ramenèrent aux adultes qui semblaient être leurs parents.
Aiko était gaga devant des enfants qui ne devaient pas avoir plus de six ans, et à qui elle distribuait des bonbons à la pelle. Au final, elle ne servait pas à grand-chose, et les deux cousines du King vinrent lui piquer ses affiches quand elles commencèrent à en manquer. Hibari semblait bien s'amuser également.
Sakuno était quant à elle terrorisée, alors Aelita eut l'idée de l'affubler d'un costume en mousse de chat acheté à bas-prix au magasin de déguisement de la rue. Ceeeeertes, elle crevait de chaud à l'intérieur. Ceeeertes, elle avait l'air ridicule. Mais au moins, personne ne savait qu'elle était dedans, et elle pouvait effectuer sa mission sans avoir honte.
Ou pas, ahah.
Dans le café d'à côté, les trois adultes se retenaient de rire, sous le regard surpris et étonné du patron, des serveurs et des autres clients.
- Vous pensez qu'on doit leur dire qu'on filme ? ricana l'homme.
- Oh, non, non. Ca, elles le découvriront ce soir, rigola l'une des femmes.
- Les coachs vont vraiment faire passer le bêtisier de cette après-midi au dîner de ce soir ? demanda la seconde. Ils ne vont pas oser, si ?
- Oh, connaissant la coach Ryuzaki et la coach Hanamura, ça ne m'étonnerait vraiment pas. Quant au coach Sakaki, il est bien trop passif pour les en empêcher…
[Un peu plus tard dans la soirée…]
Kamio, Shishido et Mukahi tiraient une tête de trois pieds de long. On aurait cru que quelqu'un était mort, et que son corps était en train d'être cuisiné avec des patates et des petits oignons pour le dîner de ce soir.
- Grmpf. Moi qui voulais mettre notre plan à exécution aujourd'hui… râla Shishido. L'idée était pas mauvaise en plus, je suis sûr que ça aurait marché !
- La tienne est bonne, oui, râla Mukahi. Mais ce qu'ils envisagent de faire pour Hope et moi, ça me plaît pas, c'est trop aléatoire.
- Tu verras bien ce que ça donnera, marmonna Kamio. Et puis c'est moi le plus à plaindre ici, au moins personne ne veut vous empêcher de vous mettre en couple ! Je suis sûr que cet abruti de Momoshiro va tout faire foirer entre An-chan et moi…
- Qui traites-tu d'abruti ?! Gueula Momo en débarquant dans la pièce.
- D'après toi, abruti ?!
- Tu t'es déjà regardé dans un miroir ? ABRUTI TOI-MEME !
La discussion allait dégénérer, comme c'est toujours le cas entre ces deux là, quand soudainement Sengoku les interrompit en gueulant que les filles étaient de retour. Les adolescents se précipitèrent – certains plus que d'autres… - pour savoir comment s'était passé leur entraînement spécial, mais ne purent leur parler avant le dîner. En effet, harassées, elles s'étaient toutes précipitées vers les bains pour se nettoyer et se reposer.
Quand elles arrivèrent dans la salle à manger commune, une sorte de grand drap ressemblant à un écran avait été déployé sur un mur, et un ordi avait fait son apparition.
- Tiens, c'est quoi ça ? demanda Sakuno. Obaa-chan ?
- Vous allez voir, ricana la coach.
- J'le sens mal, marmonna Aelita. M'enfin, après ce qu'on nous a fait subir cet aprèm, j'ai plus peur de rien.
- D'ailleurs, vous avez fait quoi ? demanda Kirihara.
Elles n'eurent pas le temps de répondre que la lumière s'éteignait, les plongeant dans une obscurité quasi-totale. Puis l'écran fut allumé par les coachs, et la tête de Sakuno en train de tenter de se glisser dans son costume de chat fit son apparition. La jeune fille piqua un fard, tandis qu'un silence surpris se diffusait dans la salle.
Ce fut ensuite le tour d'Hibiki, en train d'essayer de ramasser les affiches qu'elle avait éparpillées par terre. Shishido lâcha un ricanement sarcastique et gueula que sa sœur était ridicule, ce qui entraîna une dispute prouvant leur amour mutuel (ou pas). Puis l'image de Nagi se cassant la figure à la suite d'un poirier loupé, celle de Hope en train de gueuler sur un morveux qui venait de lui vomir sur le pied, tandis que Bailey tentait de se débarrasser de celui accroché à sa jambe droite, et enfin Aelita, ridicule avec cinq mômes collés aux basques.
D'autres images plus ridicules les unes que les autres suivirent, tandis que les filles tentaient de se faire les plus petites possibles. Bailey marmonnait dans sa barbe. Aucun doute que son idiot de cousin allait leur foutre la honte avec cette histoire, et ce jusqu'à leur mort. Chôko monopolisait les genoux de son grand frère, et contemplait d'un air sérieux la vidéo. Ce devait bien être la seule à ne pas s'être ridiculisée, dans le lot…
Mais parmi les garçons, plusieurs ne s'intéressaient pas vraiment à la diffusion. Ils attendaient avec impatience le lendemain, la journée promettant d'être intéressante…
