Disclaimer: Les personnages, les noms, les caractères et les lieux sont la propriété de J.K. Rowling, ceci par l'intermédiaire des Editions Bloomsbury © et de la compagnie Warner Bros ©. Le Cheshire Cat est à Lewis Caroll. Seuls l'intitulé de l'intrigue et certains événements relatés sont à moi.
Spoiler : non
AMR : aucun
Genre : Mystère... ? Mouais, on va dire mystère, fable.
Résumé : Pattenrond rencontre un étrange camarade dans la forêt...


Histoires de... Chats ?

Pattenrond poursuivait un rat dans tout Poudlard.
Dieu qu'il haïssait ces bêtes, depuis qu'il avait découvert qu'un ennemi de sa maîtresse s'était métamorphosé en l'un deux.
Il leur en voulait à tous pour cette trahison. En plus, il avait été accusé à tort par l'ami Rouquin. Non mais ! Comme si un demi-Kneazle pouvait être capable du meurtre d'un innocent animal de compagnie...
Oui, toutes ces disputes étaient nées à cause d'un rat, alors les rats paieraient.

Le rongeur le conduisit bientôt dans le Parc, puis dans la Forêt.
Pattenrond aimait la Forêt. Elle était pleine d'animaux intéressants, et pas seulement d'un point de vue gastronomique. Il pouvait parler à ses frères Kneazles sauvages, courir en compagnie des licornes, et chasser quelques Botrucs.

Sa proie devenait de plus en plus difficile à suivre. Elle se cachait dans les buissons épineux, dans les souches creuses. Mais Pattenrond tenait bon. Alors que le rat plongeait dans une touffe de fougères, et que le roux félin bondit à sa suite, il l'entendit couiner de peur et de douleur. Intrigué, il traversa prudemment le fouillis vert. Emergeant de sa cachette, il vit bondir au dessus de lui une étrange silhouette rayée. Il cracha fortement, pour se donner contenance.

Levant les yeux, il aperçu, perché sur un arbre, le chat le plus étrange qu'il ait jamais vu. Il était grand, maigre, avec de longues oreilles qui ressemblaient à des cornes. Son pelage était étrangement rayé, comme un pyjama, de rouge foncé et de blanc. Mais le plus étonnant, restait sans doute son immense sourire figé. Pattenrond senti le poil se hérisser dans son dos. Quelque part, une petit voix lui implorait de fuir.

- Qui es-tu ? demanda Pattenrond, se demandait si le drôle de chat parlait.

- Qui es-tu ? répondit le chat d'une voix criarde, sans quitter son sourire.

De toute évidence, cet animal était stupide. Guère mieux qu'une pie savante.

- Qu'est ce que tu es ? Retenta Pattenrond.

- Qu'est ce que tu es ? Répéta le chat.

Alors que le Demi-Kneazle amorçait un demi tour, il entendit le drôle de chat poursuivre :

- D'où viens-tu ? Pourquoi ? Où parts-tu ? Qui es-tu ?

Pattenrond lui lança un regard intrigué en s'asseyant. L'horrible voix du chat faisait frémir ses moustaches.

- Je viens de Poudlard, j'y retourne, et je suis un demi-Kneazle.

- Pourquoi ? Questionna le chat.

- Parce que... c'est comme ca.

Le sourire de l'étrange animal s'élargit davantage.

- Pourquoi souris-tu comme ca ? demanda Pattenrond, agacé.

- Parce qu'on m'en demande la raison.

- Tu es stupide, déclara la bête rousse.

- Sûrement !

- Tu ne sais même pas qui tu es.

- Tu ne sais pas qui je suis.

Pattenrond était irrité. Cette conversation ne menait à rien.
Il resta cependant immobile, le regard accroché au sourire du chat.

- Pourquoi es-tu encore ici, si je suis si stupide ?

- Je veux savoir qui tu es.

- Pour quoi faire ?

- Pour... pour savoir, c'est tout !

- Petit chat curieux, petit Kneazle fouineur ! Ricana le rayé. J'ai eu le rat, pas toi. Est-ce que cela te suffit ?

- Tu as bien un nom !

Le chat sembla réfléchir. Puis, son corps disparut, ne laissant que son horrible sourire visible.

- Je suis un chat du Cheshire, annonça le croissant de lune denté.

- Et c'est quoi, ca, un chat du Cheshire ?

Le corps du chat réapparut.

- Tu devrais demander à ta maîtresse, elle te le dira sûrement.

- Pourquoi ne réponds-tu pas à mes questions !

- Parce que la réponse est trop horrible à entendre pour un petit chat roux.

La petite voix qui hurlait à l'oreille de Pattenrond de courir loin se réveilla. « Allons, ce n'est qu'une bestiole idiote, pas de raisons d'en avoir peur », se rassura-t-il.

- Tu dis n'importe quoi.

- Je suis fou ! Je grogne quand je suis heureux. Et toi aussi, petit chat. Tu es fou.

- Oui tu es fou ... mais pas moi !

- C'est le propre du fou que de nier qu'il l'est !

Pattenrond secoua la tête. Décidément, ce chat était vraiment bizarre.

- Comme le Chat Murr, tu resteras mêlé à ton Maître. Moi, je reste entier.

- Que... Quoi ?

- Quelle dérision, non ? Je peux disparaître, mais je reste entier.

Le chat se roula littéralement de rire sur sa branche avant de reprendre.

- Allez, chaton, repart trouver ta maîtresse, laisse le fou au pays des fous.

Pattenrond obéit, dépité. Il fit demi-tour, mais s'aperçut que le décor lui était inconnu. Il ne voyait plus le buisson d'où il avait émergé, il ne reconnaissait plus aucune odeur. Il se retourna vers le chat, dont il ne subsistait que le sourire, qui s'effaçait aussi.

- Par où dois-je passer ?

- Où veux-tu aller ?

- Je veux sortir d'ici ! s'exclama t-il, inquiet.

- Alors, sort.

Le sourire disparut, et le silence régna. Pattenrond avança prudemment, de peur de se perdre davantage. Il marcha longtemps dans la forêt, avant de déboucher subitement dans le Parc.
Il se retourna une dernière fois vers la forêt, et s'enfuit à toute vitesse en entendant un ricanement strident, la queue ébouriffée.
Ainsi finit la courte rencontre de chats pas tout à fait chats.


Notes : Le Chat Murr est un roman inachevé d'Ernst Théodor Amadeus Hoffmann, publié en deux volumes en 1819 et 1821. Les écrits du chat ont été mélangés à ceux de son maître, et publiés tels quels.

Le Kneazle (Fléreur): Cette créature féline très intelligente peut détecter les personnes louches ou peu recommandables. Cependant lorsqu'un Kneazle s'attache à un sorcier ou une sorcière, il devient un excellent animal de compagnie. Le Kneazle a une fourrure fournie, de grandes oreilles, et la queue d'un lion.