Jamais plus.
Disclaimer
: Les personnages, les noms, les caractères et les lieux sont
la propriété de J.K. Rowling, ceci par l'intermédiaire
des Editions Bloomsbury © et de la compagnie Warner Bros ©.
Seuls l'intitulé de l'intrigue et les événements
relatés sont à moi.
Spoiler :
non (il n'y a même aucun personnage connu.)
AMR / Rating :
aucun, K.
Genre : Euh... Aucune idée
. Fable ?
Bon euh, en fait, il n'y a aucune raison valable de placer ce récit dans l'univers de JKR. On va dire que ca m'inspire et que cela me permet d'écrire ce que je veux d'une manière moins... personnelle. Vous n'êtes par contre pas dispensés de laisser un commentaire (niark niark).
Ecrit le 23 octobre.
A Poudlard, il n'y a pas que d'atroces histoires de Basiliques, de Voldechoses sadiques ou de Directeurs gluco-dépendant. Il y a aussi la vie, simple. Mais la simplicité est-elle plus douce à vivre ? Ecoutez donc ce qui ne sera jamais dit, écoutez ce que nous voyons chaque jour, sans jamais rien pouvoir y faire.
J'avais chassé toute l'après midi, me rassasiant enfin après les nombreux allers-retours que m'imposent les garnements de l'école. Posée sur l'un des antiques saules du parc, je lissais mon plumage, apaisée par le doux massage que cela me procure. Devant moi s'étalait le grand Lac, rougeoyant sous les derniers rayons du Soleil. J'étais bien, enivrée par la quiétude du devoir accomplit.
A quelques mètres sous moi, un élève vint
s'asseoir au pied de mon saule. Il sortit un rouleau de parchemin,
une plume et de l'encre. D'un œil ensommeillé je
l'observais noircir la feuille de gestes vifs et précis,
gardant les yeux rivés au paysage face à lui. Oh il se
débrouillait bien, le bougre. Du néant émergeait
le lac, les montagnes, quelques oiseaux, les nuages. J'étais
émerveillée de cette capacité typiquement
humaine, de savoir imposer sa vision à la réalité.
Enfin, il froissa sa feuille, et la lança au loin. Il
soupira, se leva, et s'éloigna. Allez savoir ce qui pouvait
le tourmenter, ce qui pouvait lui faire nier la beauté de sa
création. Je ne les comprendrais jamais.
Je l'ai vu venir
au même endroit, à la même heure, faire les mêmes
gestes, et repartir de la même façon les jours suivants.
Mais à chaque fois son rejet se faisait plus violent.
Un soir il me vit, posée au dessus de lui. Alors il me dessina. J'étais flattée tout d'abord, mais je pensais bientôt à la triste fin de ma représentation. Alors je lui tournais le dos. Il continua à concrétiser sa vision du monde encore quelques temps. Il allait bientôt partir. Je risquais un regard discret. Cette fois ce n'était pas comme d'habitude. L'immuable prévisibilité humaine était rompue. Il pleurait, serrant contre lui mon effigie d'encre et de papier. J'hululais, doucement, et il leva les yeux vers moi. Il renifla, et hurla d'une voix nouée de sanglots :
- Jamais plus !
Il se leva alors, et partit à toutes jambes. Qu'avais-je fait ? Etait-il vexé que je lui tourne le dos ?
J'attendis
son heure, mais il ne vint pas. Pendant des jours, je l'espérais.
Je dérogeais même à mes obligations, risquant les
remontrances de mes confrères, qu'importe.
Alors que
l'hiver avait imposé sa neige et sa glace, alors que je
reprenais ma place, il était là, comme s'il n'était
jamais parti, face au lac. Il leva la tête vers moi. Ah ! Ce
que je vis me fit frémir des rémiges aux serres. Mon
cher dessinateur anonyme lui, ne verrais jamais plus.
