La chambre d'horreur.

Disclaimer : Les personnages, les noms, les caractères et les lieux sont la propriété de J.K. Rowling, ceci par l'intermédiaire des Editions Bloomsbury © et de la compagnie Warner Bros ©. Seuls l'intitulé de l'intrigue et les événements relatés sont à moi.
Spoiler : Post tome 7, ne tient pas compte de l'épilogue, ni des interviews.
AMR : non... d'après moi.
Genre : Mystère
Résumé : Severus n'est pas mort. Bon. Mais pourquoi ? Comment ?
Date : 1-2 novembre


Le noir. Le silence. La douceur. La quiétude. Le vide. La mort.
Bercé par la mesure régulière de ma respiration. Minute. Respiration ? Douleur ? Pas mort ?

Severus Rogue ouvrit péniblement ses yeux collés d'être restés trop longtemps clos. Il était plongé dans le noir complet, ou bien était-il aveugle ? Une décharge électrique, là, dans son cou. Pas mort ? Mais qu'est ce que c'est que cette histoire ? Il s'est vu mourir, dans cette satanée Cabane !
Ce serpent l'a vidé de son sang, il s'est effondré après avoir rempli la mission que lui avait confiée Dumbledore.
Alors quoi ? D'après ce qu'il devinait, il était dans un lit tiède. Ses plaies étaient pansées. Il n'avait pas faim, pas soif. Sa tête tourna brusquement, et il plongea à nouveau dans le sommeil. Les questions étaient de trop pour lui.

Un nouveau réveil. Severus cligna plusieurs fois des yeux, avant de pouvoir les garder ouverts plus de quelques secondes. Cette fois, il put apercevoir la pièce où il se trouvait, baignée d'une lumière argentée. Des murs de lambris sombre, une bibliothèque qui remplissait le mur de gauche, une commode grisâtre face à lui, et à droite, se tenait la source de lumière posée sur un canapé. D'abord ébloui par la clarté vive, il mit quelques instants avant de pouvoir la détailler. Il semblait qu'un patronus le veillait. Il détailla ce qui semblait être l'improbable croisement entre une Hyène et un Chacal. L'animal était imposant, avec une tête lourde et une avant main développée. Les oreilles étaient immenses, la queue longue et touffue. Une crinière lui parcourait le cou et le dos. La bête le fixait étrangement, comme si elle allait lui bondir dessus à chaque instant.
Severus ouvrit la bouche, mais aucun son ne parvint à s'extraire de sa gorge meurtrie. Il leva alors une main vers le patronus inconnu. Celui-ci disparut alors, le laissant à nouveau seul. Il laissa retomber son bras sur le matelas en soupirant. Il aurait voulu une explication, mais c'était trop demander dans cette maison...
Severus essaya de se redresser, s'accrochant à ses couvertures, quand un grincement l'interrompit. A sa gauche, une partie de la bibliothèque venait de s'ouvrir, dévoilant une porte dérobée. Il devina une haute forme qui s'approchait de son lit. Une faible lueur se dirigea vers lui, et il se redressa tout à fait, avide de réponses à ses questions encore informulées. Mais ce mouvement lui causa un nouveau malaise, et il ne pu qu'entr'apercevoir un visage féminin avant de s'écrouler à nouveau contre son oreiller.

- Qui... vous... Où... articula-t-il d'une voix éraillée, sombrant dans le sommeil.

L'inconnue s'approcha doucement de son visage, et posa une main sur son front. Elle éteignit sa baguette d'un Nox discret, et sortit de la chambre par la porte dérobée.

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Lorsque Severus s'éveilla une nouvelle fois, il resta plusieurs minutes allongé, les yeux fermés. Il les ouvrit doucement, tourna la tête de gauche à droite avec prudence, et finalement réussit à se redresser sans risquer de tomber dans les pommes. Il s'assura une assise confortable contre la tête de lit boisée, et put approfondir son exploration immobile.
Le jour était levé, les rayons solaires perçant avec difficulté les rideaux épais qui masquaient une unique et minuscule fenêtre. Le canapé était vide. Visiblement son protecteur avait cessé sa surveillance intimidante. La bibliothèque attira son attention. Elle était remplie de livres à priori anciens, qui titillaient la curiosité de l'ancien Maître de Potions. Il hésita, se lever maintenant n'était peut être pas une bonne idée. Il ne souhaitait pas vraiment être retrouvé par terre par l'inconnue qu'il avait aperçu la veille. D'abord, était-ce vraiment la veille ? Cela aurait pu tout aussi bien être le siècle précédant, il n'avait aucune notion du temps. Renonçant, il essaya de percevoir le moindre bruit qui pourrait trahir une quelconque présence dans la maison. Mais rien, pas un son. Même l'extérieur restait désespérément muet.
Il commençait à avoir faim. Ses plaies ne le faisaient pas souffrir, mais l'épais pansement qui protégeait son cou entravait ses mouvements. Il en avait assez de cet immobilisme, lui qui n'avait jamais toléré l'inactivité. Il soupira. Sa baguette n'était même pas visible, il ne pouvait donc pas faire venir à lui un des livres convoités. Il se déplaça jusqu'au bord de son lit, prêt à se lever, lorsque le patronus traversa le mur face à lui. Severus interrompit son geste, et l'animal s'assit au pied du lit, avant de parler d'une voix féminine glaciale.

- Ne vous levez pas, s'il vous plait. Vous n'êtes pas en état. Je vous donnerais ce dont vous avez besoin plus tard.

Severus fronça les sourcils. Il se croyait revenu à Poudlard, lorsqu'il revenait blessé de réunions avec les Mangemorts et que Madame Pomfresh le maternait.

- Je peux me débrouiller seul, grogna-t-il.

- Monsieur Rogue, je ne puis tolérer un tel manque de respect. Faites ce que je vous dis, à moins que vous ne teniez vraiment à vous donner une fois de plus en spectacle, coupa la voix réfrigérante.

Le patronus disparut à nouveau. Severus était estomaqué. Personne n'avait jamais osé lui parler sur ce ton, à part peut être Dumbledore. Mais il ne connaissait pas cette femme, il en était sûr. Sa voix lui était inconnue, de même que son visage. Elle, en revanche, semblait le connaître. Et cela l'irritait. Il se laissa retomber sur son oreiller en soupirant.
Il lui sembla qu'une éternité s'était écoulée avant que la porte dérobée ne s'ouvre à nouveau sur l'inconnue. Elle portait un plateau d'argent garni de victuailles disposée dans une vaisselle du même métal. Elle le déposa à coté de lui sur le lit, et s'assit sur le canapé sans un mot.

- Je... commença-t-il.

- Mangez, vous aurez tout le temps de babiller ensuite, l'interrompit-elle de sa voix froide.

Severus senti la colère monter, mais il préféra n'en laisser rien paraître et entama son repas, détaillant discrètement l'iceberg qui lui tenait compagnie.
Elle ressemblait dans son maintient à Narcissa Malefoy, se tenant très droite dans sa robe sombre type empire, totalement démodée. Mais elle n'avait pas son air dédaigneux, elle se contentait d'un visage froid et insondable. Elle était au moins aussi grande que lui, assez fine, avait de longs cheveux noirs remontés en un chignon très serré, le même qu'aurait porté Minerva. Elle avait des yeux d'un bleu très clair, presque blancs, qui ressortaient mal sur sa peau pâle. Oui, à part ses cheveux, elle ressemblait fortement aux Malefoy, peut être leur était-elle apparentée ? C'était chose courante dans les familles de sang-pur.
Il acheva son repas, et reposant ses couverts d'argent, il l'interrogea du regard, s'attendant à une nouvelle réplique glaciale s'il ouvrait la bouche.

- Avez-vous mal quelque part ? Demanda-t-elle.

- Non... je ne crois pas. Il attendit la suite, préférant lui laisser le choix de la direction à suivre.

- Bien. Vous êtes tiré d'affaire, ca n'a pas été simple. Je crois que vous désiriez prendre quelques livres pour vous occuper... Utilisez ceci.

Elle lui tendit une baguette de bois rougeâtre, sans doute du merisier.

- Ma baguette ...

- Nous ne l'avons pas trouvée, désolée. Il faudra vous contenter de celle-ci pour le moment.

- Merci... dit-il en prenant la baguette. A qui dois-je l'honneur d'être toujours vivant ?

- A qui exactement, je n'en ai aucune idée.

Severus haussa les sourcils.

- Je voulais seulement savoir votre nom, précisa-t-il.

- Alors demandez-le clairement. Posez vos questions sans détour, cela vous évitera les réponses inutiles. Fonctionne-t-elle ?

- Que... Ah. Il fit un geste ample du poignet en direction de la bibliothèque, et un épais grimoire lui atterrit dans la main. Visiblement oui, acheva-t-il. Mais vous...

- Je ne peux rester plus longtemps. Si vous avez besoin de quelque chose, utilisez la clochette, coupa-t-elle en montrant une clochette d'argent posée sur la table de nuit. Reposez-vous bien, Monsieur Rogue.

Elle se leva et quitta la pièce sans un regard en arrière.
Severus était exaspéré. Elle n'avait répondu à aucune de ses interrogations, et cela ne le rassurait pas. Et cette manie de le couper l'énervait au plus haut point.

Il passa les heures suivantes à s'entraîner avec sa nouvelle baguette, dont il était assez content, même si son ancienne lui manquait. Il fit venir à lui les livres qui lui semblaient intéressants, en lut quelques pages, mais rien n'y faisait, il voulait quitter cette pièce. Peu importe la colère de la dame de glace, il n'était pas prisonnier, non ?
Ce doute en tête, il sortit de son lit. Il fit quelques pas mal assurés jusqu'à la fenêtre, et écarta le rideau. Devant lui s'étalait une campagne verte, vallonnée, avec au loin un bois ou une forêt. Aucune maison visible. Mais le fait de voir ce monde réel lui faisait du bien, comme s'il le confortait dans la vie. Il poursuivit sa marche, frôlant de la main la triste commode, détailla les boiseries de son lit, ornées de lierre sculpté. Il s'approcha de la bibliothèque, cherchant le mécanisme qui lui permettrait d'ouvrir la porte masquée. Il tira plusieurs livres sans succès, mais lorsque de débit, il frappa rageusement un des montant de bois, la fameuse porte s'ouvrit avec un grincement. Il resta quelques instants interdit devant l'ouverture. Puis il alla chercher sa nouvelle baguette, et sorti discrètement, en refermant la porte derrière lui.
Il déboucha sur un long couloir lui aussi couvert de lambris sombres, où 3 autres portes perçaient le mur. Il avança doucement, tendant l'oreille. Il passa les portes, cherchant à descendre au rez-de chaussée. L'escalier apparut à sa droite, sombre et abrupt. Il s'éclaira d'un Lumos, et descendit les marches, en s'agrippant à la rampe. Lorsqu'il atteignit le palier, il éclaira d'un geste large l'espace autour de lui. Il semblait être arrivé dans un salon, d'après le canapé et la table basse qui se trouvaient à quelques mètres de lui. L'endroit semblait désert, froid, comme si personne n'avais habité cette pièce depuis des années. Une cheminée à moitié écroulée restait désespérément vide de toute flamme. L'unique fenêtre était opaque de crasse, plongeant la pièce dans une obscurité glauque. Severus sentait comme un parfum de malveillance dans cette maison, qu'il n'avait pas deviné dans sa chambre, le seul lieu un tant soit peu accueillant. Aucune trace de l'inconnue.
Il avança dans la pièce, sa baguette devant lui, d'un pas large et silencieux. Il passa à côté du canapé, longea le mur, et trouva une nouvelle porte, ouverte celle-ci. Elle donnait sur une vieille cuisine, aussi délabrée que le reste de la maison. Il fit demi-tour, et vit une nouvelle ouverture face à lui. Il s'approcha à grands pas, mais à mesure qu'il avançait, une odeur désagréable agressait ses narines, lui laissant un gout âcre dans la bouche. Il s'arrêta à l'entrée, sur ses gardes, et tendit le bras dans l'obscurité. Ses précautions n'étaient pas vaines. Dans la petite pièce, des grondements s'élevèrent, et sa baguette éclaira ce qu'il n'avait jamais cru exister.

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Les grognements devinrent furieux, alors que Severus reculait doucement, en gardant sa baguette levée face aux bêtes qui commençaient à se lever et à se diriger vers lui. Il avait dérangé en plein repas de carcasse putréfiée une dizaine de ce que Sybille Trelawney aurait appelé Sinistros. Le patronus était un Sinistros. Il n'avait pas fait le rapprochement entre cette forme de lumière pure et ces monstres, mais maintenant, il en était sûr.
Il reculait toujours, refusant de tourner le dos aux créatures qui montraient les crocs, faisaient claquer leurs mâchoires. Il buta contre le canapé, et essaya tant bien que mal de retourner dans l'escalier. Il monta les premières marches, suivit à moins d'un mètre par les Sinistros. Une horrible odeur de charogne les entourait, donnant la nausée à Severus. Heureusement, ils semblaient craindre la lumière vive qui s'échappait de sa baguette.

- Vous n'êtes qu'un idiot, murmura une voix glaciale dans son dos.

Il n'osa tourner la tête, ne souhaitant pas quitter des yeux la dizaine de paires de mâchoires affamées.

- Idiot de vouloir en savoir plus sur cet endroit ? Ragea-t-il. Vous auriez dû répondre à mes questions !

Le patronus jaillit entre Severus et les fauves, les faisant reculer dans le salon, puis jusqu'à leur pièce. Il put enfin faire volte-face, et lança un regard noir à la femme.

- Suivez-moi, ordonna-t-elle, gravissant les escaliers.

Severus s'exécuta. Cette fois, elle allait répondre à ses questions, ou il ne répondrait plus de rien. Il n'avait pas subit Voldemort pour s'abaisser devant une folle amoureuse des Sinistros. Ils regagnèrent la chambre de Severus, qui alla s'asseoir sur son lit, avec un regard de défi. La brune alla reprendre sa place sur le canapé, après avoir tiré le rideau, masquant à nouveau la fenêtre.

- Puis-je savoir qui vous êtes ? Et où je me trouve ? Et ce que fait une meute de Sinistros dans votre maison ? demanda-t-il d'un ton cassant, qu'il réservait autrefois à ses élèves.

- Ce n'est pas ma maison. Je l'ai empruntée pour quelques temps - à vrai dire, le temps de votre guérison. Vous n'auriez jamais dû descendre, quelle folie...

- Répondez au lieu de changer de sujet sans cesse ! Gronda-t-il.

Elle haussa les sourcils, le fixant d'un air outré. Mais elle répondit à contrecœur.

- Hécate. Et ceux que vous appelez Sinistros, sont mes aides.

Severus dût rassembler toutes ses forces pour rester impassible. Hécate ? LA Hécate ?

- Pas LA Hécate, reprit-elle comme si elle avait lu ses pensées, une Hécate. Une parmi tant d'autres.

- Mais... Hécate n'est-elle pas sensée conduire les morts vers leur destinée ? Pas leur sauver la vie...

- Vous n'étiez pas mort, répondit-elle en haussant les épaules, comme s'il s'agissait d'un infime détail. Presque mort, oui. Et je ne conduit personne nulle part, tout ceci n'est que légende.

- Alors, vous m'avez sauvé. Pourquoi avoir éludé ma question plus tôt ?

- Je vous l'ai déjà dit, répondit-elle avec une grimace de dégout, je ne sais pas à qui d'entre nous exactement vous devez la vie sauve.

- Nous ? Vous voulez dire, Vous et les Sinistros ?

- Appelez-nous comme vous voulez. Sinistros, Spectre de la mort... Peu importe.

Severus ouvrit la bouche, prêt à reposer une question, mais elle l'interrompit :

- Vous n'auriez jamais dû descendre. Je vous aurais sorti d'ici dès votre guérison, mais il a fallu que vous soyez trop curieux...

- Pourquoi m'avez-vous soigné ? J'étais mort ! Je le sais... J'étais mort... Enfin... Marmonna-t-il, se tenant la tête dans les mains, les doigts crispés dans ses cheveux.

- J'ai respecté la demande de notre Maître, répondit-elle.

Severus leva les yeux vers elle.

- Votre... Maitre ?

Severus eu soudain la crainte que Potter ait échoué. Voldemort était toujours en vie. Et il avait envoyé cette créature le remettre sur pieds pour un usage futur... Non ... Il ne pouvait l'accepter. Voldemort avait vaincu la mort, il s'en était vanté plus d'une fois... Mais lui la cherchait, il la cherchait depuis si longtemps...

- Voldemort est mort, Monsieur Rogue, et il n'a jamais été mon Maitre. Il ne nous a pas vaincus. Peut être a-t-il réussit à reculer l'échéance, mais il nous est revenu, comme tous.

- Alors, qui est votre Maître ? demanda Severus, la bouche soudain pâteuse.

- Celui qui possède nos trois reliques. Celui qui ne les a pas utilisées pour le pouvoir personnel. Celui qui nous a acceptés.

- Les reliques de la Mort ? Mais c'est une légende fondée sur un conte pour enfants ! Je sais que Dumbledore y a cru...

- Elles existent. Mais Albus Dumbledore voulait ces reliques pour une mauvaise raison, il s'en est heureusement aperçu à temps, ou presque...

Severus n'y croyait pas. Il connaissait très bien ce conte, il savait aussi que quelques illuminés cherchaient ces reliques à travers le monde. Mais celle qui se prétendait Hécate se tenait devant lui, une meute de Sinistros en guise de seule compagnie dans une maison abandonnée.

- Monsieur Rogue, je pense que vous serez en état de retourner chez vous demain. Elle se leva, mais Severus lui attrapa le poignet. Il eu un spasme dégouté lorsqu'il senti le contact glacé de la peau d'Hécate.

- Qui est votre Maître ? Potter ?

Elle se tourna vers lui, et eu l'ombre un rictus nerveux.

- C'est bien Monsieur Potter. Il semblerait qu'il ait une énorme dette envers vous, pour me demander à moi, de faire quelque chose en votre faveur.

- Vous avez dit que je n'étais pas mort, je ne vous appartenais pas !

Elle eu un geste évasif.

- Il arrive parfois que nous... fassions preuve de zèle. Monsieur Potter est arrivé à temps. Vous étiez dans un coma profond, et mes... aides attendaient depuis longtemps cette guerre, répliqua-t-elle, un étrange sourire un peu fou aux lèvres.

Elle se dégagea de l'emprise de Severus, et quitta la pièce.

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Severus eut du mal à trouver le sommeil. Il devait la vie à Potter. Rien en ce monde ne pouvait plus le dégouter. Lorsqu'il s'éveilla, le jour était déjà levé depuis longtemps, le soleil brillait haut dans le ciel d'été. Il trouva une robe neuve posée sur le dossier du canapé, et l'enfila. Il démêla avec les doigts ses cheveux hirsutes, faute de salle de bain. Il prit sa nouvelle baguette, se demandant si Potter avait commandé à Ollivander de lui en fabriquer une nouvelle. Son esprit vagabonda. Qu'allait-il faire, maintenant ? Il se sentait perdu, sans but.
La porte dérobée s'ouvrit, et Hécate apparut sur le seuil. Un Sinistros la suivait, mais il semblait moins agressif que ses semblables de la veille.

- Monsieur Rogue, vous allez pouvoir partir par la cheminée. Les relations de Monsieur Potter ont décidément une certaine utilité, dit-elle en guise de salut.

Severus grogna des paroles inaudibles, et se tourna vers la fenêtre, regardant le paysage d'un air absent.

- Nous ne nous reverrons pas avant longtemps, Monsieur Rogue, reprit-elle.

- Si vous ne nous conduisez nulle part, à quoi servez-vous ? La coupa-t-il, d'un ton plus rude qu'il ne l'aurait souhaité.

- Vous n'avez pas besoin de moi pour aller là où vous devez aller... Répondit-elle. Je peux vous suivre, si vous le souhaitez. Parfois, la peur de l'inconnu est mieux surmontée à deux.

Elle eut un air gêné, et baissa les yeux vers le plancher grisâtre.

- Vous êtes une Hécate, parce que vous n'avez pas traversé le passage ? Demanda Severus, soudain horrifié par ce qu'il pensait avoir deviné.

Elle hocha la tête.

- Je ne suis même pas allé assez loin pour être fantôme. N'est ce pas risible, que ce soit la Mort qui ait le plus peur d'elle-même ?

Voilà pourquoi elle avait cet air vieillot, malgré une relative jeunesse apparente. Cette femme était morte sans doute au siècle dernier, et depuis faisait office d'ange de la Mort. Severus eut une pointe de... compassion. Oui, un très vieux sentiment était réapparu des tréfonds de son âme. Il comprenait cette vie de maudite imposée à cette femme. Il ouvrit la bouche, mais elle l'interrompit d'un geste.

- Vous devez partir, Monsieur Rogue. On vous attend.

Elle sortit de la pièce, et Severus la rejoint en courant à petites foulées. Elle le conduisit dans le salon, où planait toujours cette odeur âcre de mort. Elle alluma un feu dans la vieille cheminée d'un coup de baguette, et tendit une bourse de cuir à Severus. Il en sorti une pincées de poudre de cheminette. Il la dévisagea, mais elle lui indiqua la cheminée d'un signe de tête impérieux. Résigné, il lança la poudre dans les flammes qui se teintèrent de vert et entra dans la cheminée.

- Poudlard, Monsieur Rogue, murmura Hécate.

- Poudlard ! Enonça-t-il à haute voix.

Alors qu'il se sentait tiré vers le haut de la cheminée, il vit Hécate se transformer en Sinistros, et se tourner vers la chambre d'horreur.