Note d'auteur.
Re ! Cette fois c'est donc pour le dernier texte de cette nuit =) Pour le coup j'avais réussi à me démerder pour ne pas tomber dans la facilité (pour moi, mon confort) c'est à dire l'univers alternatif, mais ce thème Guerrier m'a posé une colle. J'ai réfléchi un peu, puis je suis venu à la conclusion que je devais faire ce que je fais tout le temps en ce moment : un OS "tranche de vie", avec le temps qui passe et une écriture plus douce au présent. Pas des masses de descriptions, des sentiments plus clairs, 'fin voilà vous voyez le topo.
Ici, c'est donc Haru et Daisuke qui ont le même âge et qui deviennent camarades de chambre dans un internat ! L'univers est un peu tiré par les cheveux, mais c'est pas grave oubliez pas je l'ai fait en une heure krkrkrk
Je vous embrasse, j'espère que cet OS vous plaira !
Haru lève les yeux sur l'immense bâtiment qui lui fait face.
En voyant les brochures, il s'était attendu à quelque chose d'un peu plus ancien. C'est la seule école qui propose des bourses dans le milieu qui l'intéresse, alors il s'est dit que tenter sa chance ne lui coûterait rien. Sa mère n'attend qu'une chose : qu'il se casse enfin de la maison.
À présent c'est chose faite, et il fait rouler sa valise jusqu'au grand portail.
Les élèves sont nombreux, bien plus qu'il ne l'aurait cru. Une école pour devenir guerrier ? Ça donne envie, il n'en doute pas, mais quand même. Son professeur principal, au collège, s'est foutu de lui quand Katou lui a donné son choix pour le lycée.
Il fait deux pas en avant, se fait bousculer, et observe la foule amassée autour du panneau pour les dortoirs.
— Et, toi ! T'es perdu ?
Il se retourne, et une fille arrive vers lui. Elle a l'air avenante.
— T'es en première année ?
Il hoche la tête. Le plan qu'il a trouvé sur internet ne lui sert à rien.
— Si t'es interne, tu dois déposer sa valise dans ta chambre. Y'a tous les noms, là-bas. Y'a aussi marqué ta classe et la salle. Les bâtiments, c'est logique : du A jusqu'à F depuis l'entrée. Les dortoirs sont là-bas, au fait.
Elle lui montre quelque chose du doigt.
— Bonne chance !
Elle est repartie comme elle est venue. Haru tire sa valise derrière lui, et se sent prêt à affronter la foule.
— C'est toi, Katou Haru ?
Il y a déjà quelqu'un dans sa chambre. Apparemment, ils ne seront que deux à l'intérieur. Haru hoche la tête.
— Ton lit est là. C'est ton côté.
Il lui montre comme la fille un peu plus tôt. Haru tira sa valise, et la pose à côté du cadre en bois de son sommier. Ça n'a pas l'air trop mal.
— C'est quoi, ton nom ?
— Daisuke... Kambe.
Nouveau hochement de tête. Le garçon a l'air étonné de sa réaction. Ils ne se disent rien, et Haru espère qu'il ne ronfle pas. Il n'est plus habitué au bruit.
— Quelle classe ? demande Kambe.
Il dispose ses affaires sur sa table de nuit. Ses vêtements sont déjà dans son armoire.
— Seconde B.
— Moi aussi.
Haru sourit. Il répond :
— Cool.
Daisuke Kambe ne ronfle pas.
Il dort en silence, et ne bouge pas beaucoup non plus. Il s'est endormi rapidement, alors que les autres élèves font encore le bazar dans les couloirs.
La journée a été longue, alors Haru comprend. Il ferme les yeux, mais le sommeil a du mal à venir.
Il attend. Quand le silence revient finalement, presque une heure plus tard, il finit enfin par s'assoupir.
— Hey, t'es pote avec Kambe, non ?
Haru lève la tête. Il recopie son cours au propre, dans son cahier. C'est la pause. Deux garçons l'observent ; l'un avec un sourire, l'autre avec ennui.
— On partage notre chambre, répond-il.
Parce que c'est la vérité. Il n'est pas là pour se faire des amis. Kambe n'est pas très bavard, et lui non plus. Ça lui va comme ça.
— Tu le trouves comment, toi ?
Haru penche la tête.
— Gentil ?
Il l'est. Il le laisse bosser tranquillement à son bureau, ne le gronde pas quand Haru se trompe de gel douche, lui propose de l'aider en géographie, là où Haru pèche un peu.
— Il est riche ?
Haru fronce les sourcils. C'est bizarre, comme question.
— Pourquoi ?
— T'es pas au courant ? T'as pas reconnu son nom de famille ?
Daisuke n'est pas dans la salle. À la pause, il est sorti, sûrement pour aller aux toilettes.
— Non.
— Il fait partie de cette famille de politiques pétée de thunes. J'ai lu un truc, une fois, comme quoi son père l'a renié. C'est pour ça qu'il est dans notre école et pas dans un truc plus huppé.
Haru l'écoute, pas il a l'impression de faire quelque chose de mal. Il s'en fiche. En plus, il n'aimerait pas voir sa vie étalée dans un journal.
— Et alors ?
— Donc il est vraiment fauché ? Putain ça doit être dur. Il aurait pu t'acheter des trucs, comme t'es son pote.
Haru ne sait même pas quoi répondre : il le fusille du regard et renifle. Il perd rarement son sang froid, mais ce garçon l'irrite. Daisuke est sympa avec lui, et ce type ne lui a surement jamais parlé.
— Je m'en fiche. Je dois bosser.
Il baisse la tête sur son cahier et reprend son crayon en main. Au même moment, Daisuke rentre dans la salle, et son regard se pose sur les deux garçons qui s'éloignent de Katou.
Il ne fait pas de commentaire.
— Tu rentres chez toi pour les vacances de Noël ?
— Non, répond Haru.
Il transvase son panier de linges sales dans un sac. Daisuke est assis sur son lit.
— Moi non plus.
Il ne dit rien, mais Haru est content de l'entendre. Il aime bien Noël, alors savoir qu'il ne va pas le passer seul lui fait plaisir.
— Je ne pourrais pas t'offrir de cadeau, dit-il en pensant à ses économies.
Elles ne seront même pas suffisantes pour l'aider lors de sa première semaine de vacances d'été, hors de l'école. Il allait devoir trouver un logement, maintenant que sa mère ne voulait vraiment plus le revoir.
— Moi non plus, avoue Daisuke. Tant mieux. On pourra aller manger du gâteau à la cantine.
Haru sourit. Il aime les jours où il y a du gâteau.
Il se lève, et se dirige vers la porte.
— Tu vas à la laverie ? Attends, je viens. J'ai plus rien à me mettre.
Daisuke se lève et attrape son propre sac qui l'attend au bout de son lit. Haru a remarqué qu'il l'attend toujours pour ce genre de chose, car la première fois ils ont fait une partie d'échecs ensemble en attendant.
— Voilà, c'est bon.
Il lui ouvre la porte, et Katou se faufile.
Sur le tableau d'affichage, Katou lit son nom avec satisfaction. Il est troisième dans le classement des première année : c'est bien, c'est bon pour sa bourse.
— Bravo, lui dit Daisuke en arrivant derrière lui.
— Toi aussi.
Lui est premier : il l'est partout. S'il n'y avait pas la géographie, il aurait pu faire mieux mais certainement pas battre Daisuke. Ils se débrouillaient bien dans les études, et sur le terrain d'entrainement aussi. De vrais guerriers.
— Tu vas faire quoi cet été ? lui demande-t-il en l'entrainant à l'écart pour laisser la place aux autres.
— Travailler. Un ami de mon grand-père a eu pitié et m'a recommandé pour un job à la campagne.
Daisuke hoche la tête. Il a l'air un peu déçu.
— Deux mois, ça va être long.
Haru trouve aussi. Il s'est habitué à sa présence, à force : il s'habitue toujours trop vite.
— Et toi ? Tu vas faire quoi ?
— Ma tante. Elle aussi a eu pitié, et en plus elle adore contrarier mon père. Elle va m'héberger pendant l'été.
Il est content de savoir qu'il ne galérera pas à trouver un toit. C'est bien aussi.
— J'espère qu'on sera encore dans la même classe, l'année prochaine, avoue Haru.
Daisuke a l'air content.
— Moi aussi.
Haru entre dans la chambre, à la rentrée. Pas la même : un étage au-dessus, pour signifier sa seconde année.
Daisuke se retourne vers lui et sourit.
— Quelle classe ?
— Première C.
— Moi aussi.
Haru sourit aussi. Même chambre, même classe. Il aime retrouver ses repères.
Sa valise derrière lui, il va la poser au pied de son lit, et part s'asseoir sur celui de Daisuke pour écouter son récit de vacances.
— Vous êtes toujours fourrés ensemble, tous les deux.
Une fille de sa classe, mais il se souvient pas de son nom. Haru relève la tête de son cahier. Daisuke vient juste de sortir pour aller remplir sa bouteille d'eau.
— Ah oui ?
— Vous parlez à personne d'autre.
Haru hausse les épaules.
— Et alors ?
— Moi j'ai bien envie de vous connaître.
Elle s'installe, et elle parle. Elle parle beaucoup. Ça ne dérange pas Haru. Quand Daisuke revient, elle est toujours là.
Lui n'a pas l'air si ravi.
— Elle s'est confessée, n'est-ce pas ?
C'est bientôt la fin de l'année. Haru n'a pas encore trouvé de boulot, mais au moins il sait qu'il a réussi ses examens.
Dans le lit d'à côté, Daisuke lui tourne le dos. Ils ont laissé la fenêtre ouverte : il fait chaud.
— Oui. Cet après-midi.
— T'as répondu quoi ?
Haru le regarde. Son dos, ses cheveux.
— Je l'ai rejeté.
Daisuke ne bouge pas.
— D'accord.
Il ferme les yeux. Il espère, encore une fois, que le sort sera avec eux l'année prochaine.
— On a de la chance, hein ?
— Oui.
— Quelle classe ?
— Termine A.
— Super.
Le recruteur s'éloigne vers la sortie de l'école, et Haru regarde le papier qu'il a déposé dans sa main. Il a les joues un peu rouges, et se sent heureux. C'est agréable.
— Alors ?
— Il veut m'engager à la fin du lycée.
— C'est une bonne agence. Ils ne prennent que les meilleurs.
— Toi aussi ?
Daisuke lui sourit.
— Ils veulent trouver au moins trois nouvelles recrues. Je crois qu'ils ont l'œil sur un première, Hoshino.
Haru sourit. Il n'aura pas à se trouver une chambre dans un dortoir pourri pour l'été, ni un salaire bien en dessous du SMIC.
La main de Daisuke passe dans ses cheveux.
— T'as l'air content. C'est cool.
Ils rentrent ensemble vers les dortoirs.
Sur le moment, Haru est quand même surpris. Il cligne des yeux. Daisuke est proche, il lui suffirait de tendre le bras.
— C'est... vrai ?
— Ça paraît évident pour tout le monde. Ils le savent tous.
— Je n'écoute pas les rumeurs.
— Je sais.
Son regard est sérieux. Le sommier d'Haru tape contre l'arrière de ses mollets.
— T'es sérieux ?
Daisuke plisse les yeux.
— Tu penses que je rigolerais sur ça ? T'es mon meilleur ami.
— Justement.
Haru se mord la lèvre. Daisuke pose ses mains sur ses joues.
— Alors ? Tu devais t'en douter, non ?
Il l'a espéré. Mais Haru n'aime pas se faire de faux espoirs.
— Oui, répond-il.
C'est simple. Presque évident. Demain, ils sont diplômés : aujourd'hui, ils sont encore colocataires.
Daisuke sourit franchement. Il se rapproche encore plus.
— Super, dit-il.
Il pose ses lèvres sur les siennes. C'est agréable, et dans le ventre d'Haru quelque chose se tord.
Un vent passe dans la pièce, leurs années au lycée prennent fin aussi simplement qu'un souffle, et Haru se sent prêt pour la suite. Comme un guerrier.
Des bisous !
