L'hôtesse d'accueil de la Grunnings Drill Company, et accessoirement secrétaire de Mr Dursley, savait au moment même ou il franchit la porte des bureaux qu'elle allait passer une mauvaise journée. En quinze ans de carrière, dont quatre au service de la Grunnings elle n'avait jamais vu son patron d'humeur aussi exécrable, pas que le personnage qu'elle décrirait comme étant aimable comme une porte prison, n'inspire en général la sympathie, loin de là.
Tout au long de la journée elle fut rabrouée au moindre détail, du rapport arrivant avec quelques secondes de retard, au téléphone sonnant une fois de trop, elle fut même à deux doigts de prendre la porte, lorsqu'elle lui fit aimablement remarquer qu'étant seule aujourd'hui pour tout traiter, et n'étant pas magicienne, elle ne pouvait être au four et au moulin. Elle ne comprit pas pourquoi cette remarque, banale en soit, fit augmenter encore, bien qu'elle eu pensé que c'était impossible, la colère de son patron, pour la transformer en une crise de rage destructrice. Elle nota d'ailleurs de faire remplacer une partie du mobilier de bureau.
Heureusement pour cette brave secrétaire, son patron décida de partir avec une bonne demi-heure d'avance sans prendre le temps de faire la vérification quotidienne des comptes et des commandes. Bien qu'elle eût envie de lui faire remarquer que ce n'est pas avec des journées comme celle-ci qu'il pourrait s'offrir la villa à Majorque dont il rabattait sans cesse les oreilles de ses collaborateurs et subordonnés, elle préféra s'enfermer dans un silence salvateur et plongea la tête dans un dossier pendant que Mr Dursley rejoignait l'ascenseur. Ça lui ferait pas de mal de prendre l'escalier, se dit-elle, bien qu'elle n'aimât pas le bonhomme, perdre son travail à cause d'une crise cardiaque du directeur de la société n'était pas un avenir souhaitable.
Vernon Dursley ne comprenait comment ce qui s'annonçait une bonne journée avait pu tourner à ce point au cauchemar. Il s'était pourtant réveillé au bruit et à l'odeur d'un copieux petit déjeuner anglais préparé par sa chère épouse, pendant que son fils faisait valoir ses droits sur la crème glacée. Pourtant en descendant à la cuisine, il aurait du savoir que quelque chose n'allait pas. Pétunia avait laissé bruler les saucisses, le journal n'était pas posé en face de son assiette, et Dudley criait plus fort que jamais pour avoir sa crème glacée.
Lorsqu'il a vu le couffin et la tête de sa femme il a compris. Pour la première fois depuis leur mariage, il partit travailler sans prendre son petit déjeuner, la boulangerie en face de la Grunnings ferait l'affaire.
Et ainsi fut la journée, sa secrétaire se montra particulièrement incompétente, un de ses plus gros clients était injoignable, et ce damné téléphone qui n'arrêtait pas de sonner. Le summum fut lorsque sa secrétaire se permit de lui rappeler le monstre qui l'attendait sous son propre toit.
Aucunement pressé de rentrer chez lui il décida de s'arrêter dans son pub favori, pour y boire une ou deux pintes avant d'affronter le problème que cette bande de clingés avait laissé devant sa porte.
Passant la porte de l'établissement, s'accoudant au comptoir, il commanda sa pinte au patron un vieil homme sérieux, et remarqua au travers de la porte ouverte un jeune, qu'il qualifierait de voyou, en train d'empiler des fûts vides dans la réserve.
-Vous embauchez des punks maintenant ? Demanda Vernon prêt à tout pour se changer les idées même à parler avec le patron du bar.
-M'en parlez pas m'sieur Dursley, c'est mon bon à rien de neveu, il est à Saint Brutus, il a fauché les sacs de deux petites mémés l'été dernier, du coup, son père, mon idiot de frère me l'a refilé pour les vacances, moi j'veux bien, mais s'il veut manger faut qu'il bosse.
-Comme je vous comprends mon cher, dit Vernon masquant un léger rictus. Un plan sortait petit à petit du brouillard et commençait à prendre forme, si le garçon devait rester sous son toit, alors il mériterait ce droit, et mériterait chaque once de tissu et de nourriture que sa femme et lui voudront bien lui accorder, après tout ils n'auraient rien à se reprocher. Ils garderaient le garçon, comme il leur est demandé dans la lettre.
Vernon ignorait juste qu'il était demandé dans cette fameuse lettre de prendre soin d'Harry comme de leur propre enfant. Encore que si le Professeur Dumbledore savait comment était traité Dudley, il n'aurait probablement pas formulé cela ainsi.
- Minerva ! J'ai besoin de te parler. Le professeur de métamorphose leva à peine les yeux du parchemin qu'elle corrigeait. Elle avait reconnu cette voix, et sachant pertinemment ou elle était l'autre soir, elle se demandait même combien de temps il faudrait au propriétaire de cette voix pour atterrir dans son bureau.
- Ariana ma chère amie, que puis-je pour toi ?
- Allons Minnie, tu sais très bien pourquoi je suis ici. Mais qu'est ce qui t'as pris de le laisser faire par Merlin !
Las des intrigues de la fratrie Dumbledore, Minerva leva les yeux du devoir de métamorphose du pauvre William Weasley qui ne méritera probablement pas sa note à la fin de cette discussion.
Et voila le chapitre 4 :) une review fait toujours plaisir :)
