Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; l'Univers Alternatif du Dix-Neuvième Parallèle est à moi.

Rating : T

Personnages : Severus Snape, OC.

Correctrice : Fantomette34.

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Nd'A : j'ai publié en même temps que cette fic un petit OS intitulé Culture, quand tu nous tiens !, et qui est un long dialogue entre Sybille et Minerva.

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Une nouvelle histoire/voyage dans le temps pour Severus.

Dans cette fic, notre cher Maître des Potions arrivera au milieu d'événements historiques. De même il rencontrera des personnages ayant réellement existé. J'essaierai d'être fidèle à ce que nous savons de l'époque, mais certains moments seront modifiés pour les adapter à l'intrigue.

Bonne lecture !


Severus Snape et les Loups de Rome

Prologue

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Rome, Ides d'octobre, an 63 avant notre ère.

Le Consul regarda par la fenêtre et soupira. La neuvième heure était déjà bien entamée et les ombres s'étiraient, annonçant un crépuscule maussade. Le service de la République lui faisait parfois oublier jusqu'au passage des saisons, rappelé céans par un vent froid et des spirales de feuilles mortes. Peut-être que le temps s'accordait aux événements prêts à fondre sur Rome, et le rouge qu'ils ajouteraient aux teintes automnales coulerait dans les rues.

Oui, le sang allait couler, et cette perspective lui donnait des frissons.

"Maître ?!"

L'homme pivota, les yeux à nouveau sur son secrétaire.

"Voulez-vous ajouter quelques mots à cette lettre ?" fit celui-ci en tenant la tablette de cire qui lui servait de brouillon.

Le Consul s'ébroua.

"Non, Tiron. Laisse-la de côté. Tu la copieras au propre plus tard."

L'esclave hocha la tête. Quand son maître était à ce point rêveur, il ne servait à rien de lui faire remarquer que d'autres missives attendaient d'être écrites. Cela se ferait... demain.

Peut-être ce soir, après la cena.

Non. Définitivement non. Mais le Secrétaire n'aurait jamais pu imaginer pourquoi.

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"Par Junon, quel est ce prodige ?!"

Intrigué par ces mots, Tiron se leva et rejoignit le Consul à la fenêtre. Un étrange phénomène se produisait dehors, des nuages venus d'on ne sait où s'amoncelaient, s'enroulaient les uns autour des autres jusqu'à occuper l'entièreté du ciel.

"Ce n'est qu'un orage en préparation, Maître.

- En octobre ? Avec une telle rapidité ? Impossible !

- ATTENTION !"

Le cri dans l'atrium les fit sursauter. La foudre ! La foudre avait frappé un arbre du jardin. Ils le regardèrent se consumer sans que d'autres végétaux ne s'embrasent.

"C'est un signe...

- Là-bas, un plus gros éclair !"

Sidérés, ils le fixèrent. La lumière se distendait, semblait vouloir cracher une charge inhabituelle.

Et ils le virent, au milieu de la foudre.

Un homme.

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CRAAAAAC !

Le tonnerre dans la seconde les fit se boucher les oreilles et la pluie cingla les pavés.

"Tiron, fais sortir le char de mon épouse !

- Vous n'allez pas...

- Si ! Qu'il soit Dieu ou mortel, je dois retrouver celui que Jupiter nous envoie."

Tremblant, l'esclave rejoignit les écuries et le carpentum à quatre roues se mit en mouvement sous l'averse heureusement moins forte.

"Où allons-nous ? demanda le secrétaire qui guidait l'attelage.

- Au pied de la colline. C'est là qu'il est tombé."

Le problème était que l'obscurité gagnait de minute en minute. Arrivés sur place, ils ne voyaient pas plus loin que la crinière des chevaux.

"Sans torches, on ne peut rien faire. Fichue pluie !

- Dans la ruelle, j'ai entendu du bruit. Va voir.

- Mais..."

Et si c'était plein de bandits prêts à me trancher la gorge ?

Il se trompait.

Ce qui en sortit le fit béer d'émerveillement. C'était une louve, une louve de toute beauté. Et derrière elle...

"Maître, j'ai trouvé l'homme ! Et il y a toute une famille de loups avec lui."

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o-O-o

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Ce furent des odeurs mêlées qui l'éveillèrent. Huile chaude, volaille rôtie et pommade contre les brûlures. Il était certain de ne pas se tromper.

Il tenta de bouger, la douleur le cloua sur le lit où il était. Un lit ? N'avait-il pas échoué dans la boue d'une venelle ?

Il força ses paupières à s'ouvrir graduellement. La pièce où il se trouvait aurait fait le bonheur d'Hermione Granger, la Miss Je-Sais-Tout de son équipe, car elle était, du sol au plafond, truffée d'alcôves au contenu promettant des heures de lecture. Sauf que ce n'étaient pas des livres classiques qui trônaient dans ces murs, mais des volumens, ces rouleaux de papyrus qui étaient la marque des riches familles de l'antiquité.

Encore un voyage dans le temps. Où les Parques m'ont-elles envoyé cette fois, et quand ?

Quelques mots prononcés en latin lui donnèrent un début de réponse.

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Des trois hommes qu'il avait pu observer deux étaient sortis, l'un donnant à l'autre des pièces de monnaie.

"Je sais que vous ne dormez pas."

Ah, et le troisième avait constaté son réveil.

"N'ayez crainte, aucun d'eux ne parlera de vous hors d'ici. Tiron, mon secrétaire, est la discrétion même et le médecin grec qui vous a soigné, Faunuméros, respecte le serment d'Hippocrate. Personne d'autre à Rome ne sait que vous êtes là.

- Vous m'avez recueilli, pourquoi ?

- Les Dieux m'ont guidé, et la louve romaine veillait sur vous, alors...

- La louve ?!"

Severus baissa les yeux sur une masse floue qui aussitôt vint lui lécher les joues.

"Cassandre... Massacre... et les enfants ! Merci Zeus, vous m'avez suivi !

- Vous invoquez l'alter ego grec de Jupiter, êtes-vous Athénien ?

- Non, je viens de l'île de Bretagne. Je suis un descendant d'Asclépios, que vous appelez Esculape.

- Mmmm, et que venez-vous faire à Rome ?"

Le Sorcier soupira.

"Cela, je l'ignore, les Parques ont l'habitude de nous envoyer, ma famille et moi, en terrain inconnu sans nous dire pourquoi on est là. Généralement, c'est pour rectifier un événement qui empêche le Destin d'une personne de s'accomplir.

A vous, maintenant...

- ... ?!

- ... de répondre à une question !"

Severus parvint à s'asseoir.

"Qui . êtes . vous ?" demanda-t-il au patricien ébahi tandis que le secrétaire revenait dans la pièce.

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L'homme parut vexé, et Tiron masqua avec peine un sourire.

"Je suis l'un des deux Consuls romains de cette année, et je me nomme Marcus Tullius Cicero."

...


Quelques précisions : le jour dans la Rome antique était divisé en douze heures, quelle que soit la saison, ce qui faisait que lesdites heures pouvaient durer d'une quarantaine de minutes en hiver à quatre-vingts minutes (une heure vingt minutes) en été.

La cena était le repas du soir, le plus copieux de la journée. Il pouvait durer des heures.

Les Consuls, deux élus chaque année, occupent le sommet de la hiérarchie des magistrats. Ils disposent de l'Imperium, les pleins pouvoirs civils et militaires.

Le carpentum est un véhicule couvert à deux ou quatre roues, qui était le moyen de déplacement des dames patriciennes.

Les volumens sont des rouleaux de papyrus. Le parchemin, bien que connu, ne sera commun que quelques dizaines d'années plus tard.

N.B. : pour cette histoire, j'utiliserai entre les personnages le tutoiement et le vouvoiement (bien que ce dernier n'existe pas en latin)

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