Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.
Rating : T
Personnages : Severus Snape, OC.
Correctrice : Fantomette34.
RàR : Christine, j'espère continuer à t'apprendre plein de choses.
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Nd'A : je me suis inspirée d'une partie du dessin animé Les douze travaux d'Astérix dans la deuxième moitié de ce chapitre.
Bonne lecture !
Severus Snape et les Loups de Rome - La Maison de la Folie
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Tiron rentré chez son maître avec Massacre et sa famille, et bien qu'ayant l'estomac plein, Severus avait suivi Hélix quand celui-ci l'avait invité chez lui pour une collation. Le Sorcier s'attendait à se rendre de suite dans une maison, voire une de ces insulae qui semblaient tenir debout par miracle, mais le Romain fit d'abord halte devant un thermopolium et prit deux portions de ragoût de légumes qu'il glissa dans un pot attaché à sa ceinture. Severus sentit le moral de son hôte baisser. Il ne comprit pourquoi qu'en entrant dans une bâtisse à l'arrière des teintureries. Une femme, Cochléa sans doute, vint à leur rencontre avec un sourire contraint, sourire qui se fana vite. Le visage blanc, elle courut vers l'arrière-cour.
"Excuse mon épouse, elle est malade depuis deux jours. Elle a des nausées, c'est pourquoi je n'ai pas pu cuire mon pain ici-même, l'odeur empire son état.
- Hmmm, veux-tu que je l'examine ?
- Euh...
- Je suis guérisseur.
- Je n'ai pas beaucoup de...
- Tu n'auras rien à payer.
- Dans ce cas."
Il ramena son épouse dans la pièce et Severus put mieux l'observer : jeune, les traits tirés et l'allure affaiblie, elle tentait malgré tout de garder contenance. Le Sorcier sourit quand il sentit ses battements de cœur se doubler d'un écho.
"Eh bien, il semblerait que la maladie soit amenée à durer.
- Par Mercure ! Combien de temps ?
- Encore sept mois.
- Quoi ?!
- Vous allez être parents."
Le Flammarius et sa femme se regardèrent, n'osant y croire.
"Quatre années ont passé depuis notre union, fit l'homme, nous avions presque perdu espoir. Tu es sûr que...
- Certain. Au mois de mai prochain, vous aurez un garçon.
- Un fils !"
Hélix et Cochléa planaient sur un nuage. Severus sortit d'une de ses poches une petite fiole qu'il donna à la future maman.
"Ceci est une potion contre les nausées. Je vous en brasserais d'autres si le Consul Cicéron le permet."
La femme but sans hésiter.
"Alors ?"
Le regard d'envie qu'elle porta sur le ragoût leur donna la réponse, elle allait mieux.
"Reprenez des forces, fit doucement le Sorcier en posant d'autres fioles près d'elle, après tout, vous devez manger pour deux maintenant.
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Si son épouse refusa le vin, même coupé d'eau, que son mari amena sur la table, celui-ci servit généreusement son propre verre et celui de Severus.
"Du vin miellé, du bon, annonça-t-il, pas de la posca !
- Hélix !" le gronda sa femme.
Il y avait beaucoup plus de vin que d'eau dans le mélange. Heureusement l'homme avait l'alcool joyeux, et Severus, habitué au whisky pur feu, buvait cela sans problèmes.
"Je vais vous laisser, fit ce dernier après qu'ils eurent fini le flacon, merci pour votre invitation.
- Merci à vous pour les potions. Si l'on avait dû les acheter...
- Les remèdes sont coûteux à Rome ?
- La qualité se paie, les bons médecins aussi. Celui du quartier ne crache pas sur les sesterces, même s'il n'est pas le plus cher.
- Comment s'appelle ce... confrère ?"
Hélix dit un nom.
Severus fut heureux d'avoir fini son verre, sinon il aurait avalé de travers.
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Le présent, dans les environs de l'Olympe...
Alistair voulait entrer au Royaume des Dieux. Ce n'était pas la première fois qu'il le faisait, mais aujourd'hui, macache ! Pas plus de chemin vers le sommet que de vodka polonaise dans sa gourde.
Ah si, ça, par contre, ça y était !
Le Minotaure regarda encore une fois la plaine déserte et aperçut...
"Charon ?! Qu'est-ce que tu fous là ?! Et dans une voiture pourrie, en plus !"
Le Nocher infernal le fixa d'un air blasé.
"Depuis que Zeus a changé le plan de circulation, on ne peut plus accéder à l'Olympe par ici, alors j'arrondis mes fins de mois en faisant le taxi.
- On aura tout vu !
- Faut s'adapter, c'est tout. Bon, je suppose que tu veux voir ton grand-oncle ? *
- Nan, je veux aller chez les Parques, au bureau du Destin... quoi, qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi tu rigoles ?
- Parce que t'as pas fini d'en baver si tu y vas, c'est autant le bazar chez elles que chez nous.
- En attendant, j'ai pas le choix. Tu m'ouvres la porte, si tant est qu'elle s'ouvre ?
- Une minute !
- Quoi ?
- T'as de quoi payer la course ?
- Tu veux des oboles ? Mais j'en ai pas sur moi !
- Pas d'oboles, pas d'bol ! Je l'dis souvent...
- Grmbl !
- ... mais j'accepte les cartes bleues."
Alistair lui tendit le rectangle de plastique que Charon ficha dans ce qui semblait être un vestige d'auto-radio.
Clic ! La porte s'ouvrit et le Minotaure tassa ses démesures sur la banquette arrière.
"T'aurais pu au moins te procurer un monospace !" gémit celui-ci, tandis qu'apparaissait devant eux la route en lacet qui les mèneraient en Olympe.
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"Okay, j'comprends ce que tu voulais dire."
Le taxi s'était arrêté devant la demeure des Parques, qui tenait plus du bâtiment de l'O.N.U. que d'un temple grec.
"Eh oui, mon vieux, voilà où ça mène, les appels d'offre !"
C'était moche, déprimant, et la mécanique des humains qui se pressaient vers les portes n'allégeait en rien l'atmosphère. C'était même le contraire.
"Prends un ticket dès que tu rentreras !" lui conseilla Charon avant de repartir.
Ce qu'il fit. Il regarda le bout de papier.
Il y a soixante-sept personnes qui vous précèdent.
Vous serez reçu dans environ quatre heures et vingt-cinq minutes.
C'était pas pire que la Sécu.
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Quatre heures et vingt-six minutes plus tard, le Minotaure fut appelé.
"C'est pourquoi ? aboya le répartiteur à l'accueil.
- Je voudrais voir l'Employé du Destin chargé de mon dossier.
- Ah, encore une plainte !
- Non non, je suis content de son travail.
- Z'êtes là pour quoi, alors ?
- Pour l'inviter à prendre l'apéro."
Il se paye ma tête ?
Probable, le Minotaure avait un sourire beaucoup trop innocent pour être honnête.
"Bon, il vous faudra aller couloir G, salle 2, guichet L. Vous vous rappellerez ? G, 2, L.
- Je n'aurais qu'à penser à Icare.
- Gné ?!
- G, 2, L... j'ai deux ailes... cherchez pas, ça vole trop haut pour vous !"
Le Minotaure s'en alla et pila cinquante mètres plus loin, devant les escaliers.
L'enfoiré, il ne m'a même pas dit à quel étage c'était !
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La méthode d'Alistair pour résoudre ses problèmes était efficace, à défaut d'être subtile, elle tenait en quatre mots : foncer dans le tas. Donc il était monté jusqu'au dernier étage, avait pris sa forme de taureau et dévalé les marches pour inspecter chaque niveau, sans s'embarrasser d'ouvrir normalement les portes. Cela déclencha des crises nerveuses, des réveils brutaux - les dossiers faisaient d'excellents oreillers - et le dégagement d'un nuage de poussières à côté duquel l'éruption du Vésuve de 79 paraissait ridicule.
Il descendit, descendit,
et trouva son ami au rez-de-chaussée.
"Pourquoi ne suis-je même pas surpris ?" fit-il en reprenant sa forme hybride.
L'Employé du Destin l'invita à le suivre dans une pièce oubliée de tous.
"Humérus, je dois savoir...
- Tu as bien interprété la prophétie d'Albus, organisez-vous et je vous aiderai à partir dans le passé. Mais pas tout de suite.
- Pourquoi ?
- Pas avant que Severus ne réussisse sa première mission : me sauver la vie."
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Rome,
"Vous... vous avez dit Clausus ?
- Oui, répondit Hélix, vous le connaissez ?
- Humérus Clausus ?!
- Non, intervint Cochléa, le prénom du médecin est Radius. Humérus, c'est son fils. Pauvre petit, les Parques ne l'ont pas épargné.
- Que lui est-il arrivé ?
- Il était le seul héritier mâle de Radius et il n'avait aucun don pour la médecine. Cela a profondément désolé son père, aussi, quand celui-ci s'est retrouvé avec des dettes, il a vendu son fils comme esclave pour les rembourser.
- Comment a-t-il osé ?!
- Les pères de famille ont tous les droits sur leurs enfants, reprit Hélix, y compris les vendre, ou les tuer. **
- J'espère qu'Humérus est déjà au Royaume des morts !
- Cochléa !
- Sais-tu à qui son père l'a cédé ?! gronda-t-elle à son mari, à un Laniste qui l'a envoyé dans son école de gladiateurs ! Lui qui était si frêle... il a dû... il a dû."
La jeune femme éclata en sanglots sur l'épaule de son mari.
Severus blêmit mais garda la tête froide.
"Dame Cochléa, savez-vous à quelle école il était ?
- Celle sur la voie Appienne."
Le Sorcier ne perdit pas de temps, à peine eut-il fait ses adieux qu'il sortit sur la place et tomba nez à truffe avec Massacre, que suivait une litière entourée de gardes du corps.
"Montez !" fit la voie étouffée de Cicéron.
Severus obéit.
"La louve nous a fait comprendre que vous aviez besoin d'aide. Où allons-nous ?
- Au ludus de la voie Appienne."
Le Consul donna ses ordres et le cortège s'ébranla.
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Le Potionniste serra les dents. C'était une course contre la montre, il le sentait.
Humérus Clausus vivrait, il ferait tout pour cela.
Il lui devait tant.
...
* Charon parle ici de Zeus, frère de Poséidon qui est le grand-père d'Alistair, dans mes histoires.
** Tristement exact.
Quelques précisions : les insulae (insula au singulier) étaient les immeubles de l'époque, aux appartements destinés à la location. Ils pouvaient atteindre sept étages. Le thermopolium était la restauration rapide, le vin miellé, comme son nom l'indique, contenait du vin et du miel, et la posca était du vinaigre coupé d'eau, boisson du légionnaire. Tous les vins, quels qu'ils soient, étaient consommés coupés d'eau. Le laniste était le marchand, l'entraineur et le propriétaire de gladiateurs. Le ludus était l'école de ces derniers. La voie Appienne était une route qui allait de Rome à Capoue, au sud-est de la capitale romaine.
Si j'ai oublié une explication, n'hésitez pas à demander.
