Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.
Rating : T
Personnages : Severus Snape, OC.
Correctrice : Fantomette34.
RàR : Christine, il n'y a pas que Severus qui sait se battre, Massacre aussi, tu le verras dans le texte d'aujourd'hui.
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Dans ce chapitre, Severus, Massacre, le Général Crassus et son Décurion Mismarpellus vont en expédition dans un lieu mal famé pour secourir quelqu'un.
Bonne lecture !
Severus Snape et les Loups de Rome - Le Pontifex Maximus a disparu !
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Dès leur retour à la villa du Consul, Severus put laver les plaies d'Humérus dues aux coups de fouet et lui donna une potion contre la fièvre. Le garçon qu'était encore ce dernier tomba alors dans les bras de Morphée. Heureusement. A ce stade, le sommeil était la meilleure médecine possible.
Le Sorcier passa une fois de plus ses doigts dans les cheveux hirsutes. Quel gâchis ! pensait-il, forcer un enfant à travailler jusqu'à épuisement. Il avait été stupéfait quand Tiron lui avait appris qu'Humérus avait quatorze ans. Au vu de son corps émacié, il lui en aurait octroyé douze au maximum.
Savoir que la guérison était en bonne voie permit au Potionniste de se concentrer sur les autres occupants du tablinum, enfin, la seule personne subsistant, Cicéron. L'homme ne cessait de regarder un message délivré en leur absence et à voir le pli inquiet de sa bouche, ce n'était pas une bonne nouvelle. Il répondit sans difficulté au sourcil questionnant du Sorcier.
"C'est une demande d'audience du Général Crassus, il écrit que c'est urgent, j'ai envoyé une litière close le prendre chez lui, en la faisant sortir ensuite par le jardin. Comme ça personne dans les rues ne saura qu'il vient ici.
- Que craignez-vous ?
- C'est... je n'ai aucune preuve, mais il y a un mois, Fulvia, la maîtresse d'un ancien Sénateur, est venue me trouver pour dénoncer une conjuration dont son amant faisait partie. Un coup d'état serait en préparation.
- Au bénéfice de qui ?
- Quelques nobles aigris, et leur chef présumé, Catilina."
Une alarme sonna dans la tête de Severus. Bon sang, Catilina !
Il se souvenait du cours d'histoire que leur avait donné Lydie : dans les derniers mois du Consulat de son hôte, un complot avait failli changer l'histoire de Rome. Il s'en était fallu de peu. De très peu.
Lucius Sergius Catilina, ayant échoué deux fois aux élections consulaires, n'avait plus eu d'autre choix pour accéder au pouvoir que l'illégalité, et la constitution d'une armée dans la province d'Etrurie pour marcher sur la capitale.
"Quels fous ! avait craché Cicéron.
- Les conjurés ?
- Non, les Sénateurs ! Je les ai prévenus mais ils n'ont pas voulu me croire."
Tiens, on dirait le Magenmagot.
"Ces hommes de vieille noblesse ne peuvent pas concevoir qu'un des leurs puisse fomenter un complot. Ah, l'esprit de caste !"
Comme nos Sang-Pur.
"Même si les rumeurs sont alarmistes il-leur-faut-des-preuves !"
Des ancêtres de Fudge, certainement.
Eh bien, s'il se souvenait des détails de l'affaire, le Général Crassus allait lui apporter ces preuves sur un plateau, en déposant devant lui une liasse de lettres anonymes exhortant leurs destinataires, Sénateurs pour la plupart, à quitter la ville pour échapper "à un grand massacre".
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La litière close revint dix minutes plus tard, mais à l'étonnement de Severus le Général n'était pas seul, il était accompagné par le militaire qui avait apostrophé le Sorcier au Forum des Teinturiers. Tous deux avaient la mine sombre, ce qui pouvait s'expliquer par les lettres anonymes. Au fait, ou étaient ces dernières ? Les deux Romains semblaient avoir les mains vides, hormis une espèce de petite louche dans les doigts crispés du plus âgé.
"Décurion Mismarpellus, Général Crassus, que nous vaut cette visite ?"
Entendre que Cicéron l'incluait dans l'affaire fit intérieurement sourire Severus, sourire qui se fana aussitôt que vint la réponse du plus haut gradé.
"Nous... nous voulons votre aide discrète, fit celui-ci en regardant nerveusement le Sorcier, le... le Pontifex Maximus a disparu."
Ah ça, c'était inattendu, et pas du tout dans l'Histoire Romaine.
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Chez les Parques...
"Une minute ! grogna Alistair, Pontifex Maximus veut bien dire Grand Pontife, n'est-ce pas ? Ils avaient des papes dans l'Antiquité ?
- Non, pas au sens où tu l'entends. Pour faire court, c'était le titre de celui qui, entre autres, veillait à la bonne observance des pratiques religieuses de l'époque, un poste très prestigieux et très prenant.
- Et c'est qui, le gugusse en question en - 63 ?"
L'Employé du Destin eut un rictus.
"Oh, sans doute son nom ne te dira pas grand-chose, ironisa-t-il, c'est un certain..."
L'identité de la personne fit se fracasser au sol la mâchoire du Minotaure.
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Rome...
Ils avaient parlé toute la huitième heure, retourné le problème dans tous les sens et en étaient arrivés chaque fois à la même conclusion : pour trouver le Pontifex Maximus, ils ne pouvaient compter que sur eux-mêmes.
"Nous avions rendez-vous dans l'arrière-cour d'une taverne, les informa Crassus, mais j'étais en retard et quand je suis arrivé, le lieu montrait des traces de lutte et mon ami n'était nulle part. Le tenancier n'avait rien vu, rien entendu.
- Évidemment.
- Je l'ai payé pour qu'il continue à se taire et qu'il fasse disparaître les dégâts, puis j'ai rejoint mon domicile. Mismarpellus y était et nous vous avons envoyé le message.
- Des indices sur le moment ?
- Seulement son simpulum," conclut-il en désignant la louche.
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"Une louche ?! Il voulait goûter les tonneaux de vin, comme dans Astérix chez les Bretons ?
- Alistair ! C'est le symbole de sa fonction, cela sert à faire les libations aux Dieux. Elle est très petite, elle ne contient que l'équivalent de deux cuillères à soupe.
- Je me disais aussi...
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Le crépuscule aidant, Severus, le Général Crassus et le Décurion Mismarpellus, accompagnés de Massacre, se coulaient dans les ruelles et les ombres propices à leur progression incognito. Le Chien des Enfers avait longuement reniflé la petite louche et laissé échapper un jappement bref. Le Sorcier traduisit :
"Oui, le propriétaire du simpulum est vivant, oui je sais où il se trouve, et...
- Et ?
- ... j'aimerais bien avoir un massage des coussinets quand tout sera fini, j'ai pas d'chaussures, moi !"
Le Sorcier le lui ayant promis, l'équipe se retrouva devant un lieu d'où personne ne s'approchait sans nécessité.
Le Suburre, l'allée des Embrumes locale.
"Ils ont gagné hier la tête du cheval d'octobre, murmura Crassus, ils ont dû fêter ça toute la nuit.
- Parfait, les habitants seront moins à même de nous contrer. Vous voyez cette popina ?
- Je connais, fit le Décurion, on peut y avoir une prostituée pour deux as...
- Mismarpellus !
- Ben quoi ?! Vu ma solde !"
Severus leur fit signe de se glisser derrière un tas de bois.
"Vous attendrez le bon moment pour entrer.
- Et ça sera quand ?
- Quand vous entendrez les hurlements."
Les deux Romains sortirent leurs armes par avance, se mirent hors de vue et Severus entra dans la taverne mal famée, suivi de Massacre. Il y avait là les laissés-pour-compte habituels, quels que soient le pays ou l'époque : margoulins, voleurs, filles de joie et garçons se vendant pour échapper à la misère. Rien de nouveau sous le soleil, ou plutôt sous le manteau usé de la nuit.
"Qu'est-ce que je vous sers ? demanda le tenancier sans même le regarder.
- Du mulsum.
- Hmph... et pourquoi pas du Falerne ?!
- Ce qu'il y a, alors."
Le type le servit dans un gobelet qui aurait fait passer les verres d'Aberforth Dumbledore pour étincelants de propreté.
"Ça fera six as !
- C'est beaucoup.
- Si vous ne voulez pas payer..."
Severus sentit plus qu'il n'entendit les chaises grincer derrière lui, les "clients" se réveillaient.
"Je suppose que si je refuse, j'irai rejoindre l'homme qui est dans vos cachots."
Le Chaos s'invita sans tarder.
"Attrapez-les tous !"
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"C'est bizarre, ça me rappelle un dessin animé.
- Au diable tes références ! Regarde, Severus se défend bien mais Massacre combat les malfrats comme un vrai karatéka !"
De fait, le Chien des Enfers se débarrassait de ses adversaires en quelques coups de pattes.
"C'est moi qui lui ai appris !" s'écria tout fier le Minotaure,
jusqu'à ce que la Créature infernale utilise sa queue pour assommer quelqu'un.
- Ça aussi, tu le lui as appris ?
- La ferme !"
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Le Potionniste n'avait pas perdu de temps, dès que Crassus et son acolyte étaient entrés, il avait fait signe à Massacre de laisser tomber, littéralement, les combattants qui auraient, de toute façon, d'autres Chiens des Enfers à fouetter. La libération du prisonnier primait sur l'amusem... pardon, la bagarre.
Un long couloir plus tard, ils tombèrent sur une porte gardée qui ne le resta pas longtemps. Un Alohomora l'ouvrit sans un bruit.
Malgré la pénombre, la personnalité de l'homme sur la paillasse transparaissait dans ses yeux et dans son attitude. Il avait conscience de sa propre valeur, et de ce qu'en savait le Sorcier, ses plus grands exploits étaient encore à venir. Etait-ce pour cela qu'il avait été envoyé dans le passé ? Pour éviter au Pontifex Maximus une mort prématurée ? Peu importait pour l'instant.
Le Romain attendait, une interrogation dans ses pupilles.
Hmmm, j'ai toujours eu envie de dire ça... pensa Severus.
"Ave César, ceux qui viennent vous délivrer sont ici. Suivez-moi !"
Ce qu'il fit en silence, et Severus lui en était reconnaissant pour cela. Il n'osait imaginer ce qui se serait passé si l'homme s'était mis à crier.
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"AÏE !
- Quoi, qu'est-ce qu'il y a ?!
- Ce qu'il y a ? Toi, Minotaure ! Ton seau de pop-corn est vide et ce que tu mords présentement, ce sont mes doigts !
- Oups ! rougit l'intéressé.
- Pas le temps d'être désolé. Retourne auprès de tes amis, il est temps pour vous aussi d'aller dans le passé.
- Ils ont composé l'équipe ?
- Atropos s'en est chargé à sa manière."
Ce n'était guère rassurant. Quelle tuile allait encore leur tomber sur la tête ?
...
Nd'A : le simpulum est à l'origine d'une expression rapportée par Cicéron, "Excitare fluctus in simpulo" qu'on peut traduire par "soulever les flots dans un simpulum". C'est l'équivalent de notre "tempête dans un verre d'eau."
Suite au sacrifice d'un cheval, le quinze octobre, sa tête était l'objet d'une lutte pour sa possession entre les quartiers limitrophes de la voie sacrée et du Suburre. Pour ceux qui gagnaient, elle était un gage de prospérité pendant une année.
La popina était la gargote mal famée où l'on trouvait de la restauration, du jeu et les services de protituées. Le Suburre était le quartier des bas-fonds de Rome. César y naquit et y grandit.
Ce même César était bien Pontifex Maximus en l'an - 63. Il le restera jusqu'à sa mort.
Le mulsum était le vin miellé de l'époque.
