Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.

Rating : T

Personnages : Severus Snape, Harry Potter, Minerva Mc Gonagall, Albus Dumbledore, Gilderoy Lockhart, Filius Flitwick, OC.

Correctrice : Fantomette34.


RàR : en fait, Christine, Lockhart tapera surtout sur les nerfs de Minerva.

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Dans ce chapitre Severus rend visite à certains Romains, et Alistair frôle l'incident diplomatique.

Bonne lecture !


Severus Snape et les Loups de Rome - Une matinée peu fructueuse

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Vu que les humains étaient en minorité dans leur bande - seulement Severus et Lockhart - il fut décidé de la scinder en deux : sous la surveillance de Minerva-chat, Gilderoy irait promener son sourire charmeur aux alentours de la demeure de Catilina tandis que le Potionniste, Harry-serpent autour du cou et Filius-mainate sur l'épaule, tendrait l'oreille dans les cercles fréquentés par les amis de Pompée, vaillant Général actuellement en orient. Avantage certain, il aurait pour cela Mismarpellus à ses côtés.

Le Décurion, bien que bas dans la hiérarchie militaire, était connu de tous et accepté par soldats et gradés. De plus certains habitants l'avaient vu la veille avec le Sorcier et Rome-potins ayant fait son œuvre, leur duo était déjà établi. La méfiance des frères d'armes en serait amoindrie, du moins ils l'espéraient, et une étape de leur mission promettait d'être agréable : ils devaient déjeuner chez Lucullus.

Severus eut une pensée coupable envers Alistair et le Directeur, leur forme de taureau et de vieille carne - Pardon, Albus ! - ne leur permettait pas d'accompagner l'une ou l'autre équipe. César avait alors suggéré que les deux animaux fassent partie du convoi amenant les provisions à la maison des Vestales.

"Mais, avait protesté le Sorcier, c'est un endroit clos qui ne sait rien du monde extérieur !"

César et Crassus avaient manqué de s'étouffer de rire.

"Les Vestales sortent quelquefois, et elles et leurs servants cancanent comme les autres."

La cause était entendue et malgré l'œil noir du taureau, le convoi de vivres était parti dans la brume, comprenant deux unités de plus. Pauvre Alistair ! Etre coincé dans sa forme animale n'était déjà pas amusant, mais faire la route avec Albus... il y avait de quoi se transformer soi-même en viande à barbecue.

Hélas, le Potionniste n'aurait pas de nouvelles avant la fin de la journée et s'inquiéter n'aiderait en rien sa propre quête.

Dès que le brouillard se fut dissipé, lui et le Décurion partirent à la pêche aux informations.

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"Où sommes-nous ?

- Non loin du temple de Mars, devant une auberge qui sert de quartier général aux démobilisés et aux Veteranus."

Severus hocha la tête, la mâchoire crispée par la peur de lâcher la grande amphore de Falerne qu'il portait dans ses bras. La particularité de la légion lui revenait. Il n'existait pas d'armée romaine permanente, l'enrôlement se faisait chaque printemps et à chaque automne, les soldats étaient licenciés. Seuls les Vétéranus étaient considéré comme des soldats "de métier", bien qu'ils soient eux aussi libres pendant les mois d'hiver. S'ils servaient pendant vingt ans, ils devenaient... eh bien, des vétérans, et pouvaient prétendre à une prime de départ ou des terres allouées par leur Général.

"Venez, l'homme que nous allons voir doit être réveillé, à cette heure. Vous tenez le coup ?"

Re-hochement de tête, la démarche chaloupée. Merlin, que c'était agaçant de ne pas pouvoir user de magie si près des temples des Dieux. Encore une mesquinerie de leur part !

Le Décurion poussa la porte de l'établissement. Bien que propre, celui-ci était si vieux que les murs, les chaises, les tables et le comptoir s'étaient décolorés sous l'action du temps. Au moins ceux-ci semblaient solides, et Severus posa avec soulagement sa charge sur la surface plane du thermopolium.

"Bastonus ! Bastonus !... Par Jupiter, ses oreilles sont en voyage !*

- ... ?!

- Ça veut dire qu'il est distrait, qu'il a la tête ailleurs. Ah, le voilà !"

Le Potionniste sourit. L'homme qu'il voyait était aussi vieux que sa gargote, son audition devait laisser à désirer.

"C'est vous qui faites tout ce raffut ?!"

Au temps pour la surdité.

Tout en lui clamait l'ancien militaire, des nombreuses cicatrices au pied manquant remplacé par un bout de fer fixé à une caliga. C'était l'Alastor Maugrey de l'époque, à part qu'il avait encore ses deux yeux, un peu voilés à cause de la cataracte.

"On t'a apporté du vieux Falerne, pour fêter la fin de la saison militaire ! commença le Décurion.

- Que veux-tu savoir ?

- Mais...

- Mismarpellus, tu es un bon soldat mais question prétextes, tu ne vaux pas un sesterce. Tout le monde sait que ces dernières heures, beaucoup de choses sont arrivées à ton maître Crassus et à ses amis. Et comme c'est toujours toi qu'on envoie aux nouvelles..."

Zut, grillés.

"... toutefois, reprit le vieil homme, j'ai un marché à vous proposer. Nous allons boire cette amphore et si vous tenez debout à la fin, je répondrais à vos questions."

Severus maudit le goût des Romains pour les paris et remplit sa coupe. Même si le vin était moins alcoolisé qu'à son époque, il allait être soûl en peu de temps.

Et Harry qui était là.

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Partagé à trois, le contenu de l'amphore fit des ravages sur Severus et le Décurion qui, malgré tout, tenaient encore sur leurs jambes. **

"Pas mal pour des gamins comme vous, constata Bastonus, alors, que voulez-vous savoir ?

- Si... Pompée souhaitait prendre le... pouvoir.

- Non, Mismarpellus. Il a beaucoup de défauts mais une ambition aussi démesurée n'en fait pas partie.

- Il aurait pu te... payer pour dire ça."

Le regard voilé vacilla, son propriétaire se leva et fouilla dans un coffre ancien.

"Vois, gamin !"

Devant eux s'étalait une bannière qui avait sans nul doute connu les champs de bataille. On y distinguait les grandes lettres S.P.Q.R. en or sur fond rouge. ***

"Regarde ces initiales, elles résument tout ce en quoi je crois, le Sénat et le Peuple Romain. J'ai vécu sous le commandement de Marius et de Sylla. Ils étaient loin d'être parfaits. Je sais quand un homme se sert de mensonges pour des fins qui amèneraient la perte de Rome.

Et jamais - jamais, tu m'entends ? - je ne cautionnerai cela.

Vous pourrez repartir tranquille, Pompée est trop occupé à guerroyer devant Jérusalem et ses obligés ici ne feront rien sans son ordre."

Il disait la vérité, aussi Severus prit-il congé du vieil homme plongé dans ses souvenirs.

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Une potion anti-gueule de bois fut partagée entre le Décurion et le Sorcier, éclaircissant leurs idées, et Severus pria le militaire de ramener Harry-serpent et Filius chez Cicéron. Il n'avait vraiment pas envie de se ridiculiser devant eux chez son futur hôte.

Lucullus fut très heureux de le recevoir et avait demandé à ses cuisiniers de mettre les petits plats dans les grands pour un banquet que la tradition réservait plutôt pour le soir. Les services se succédèrent et plus il y en avait, plus Severus pâlissait.

Son estomac cria grâce avant la fin.

"Mais vous n'avez pas goûté aux tétines de truie marinées et à la hure de sanglier !" avait protesté le gastronome.

Le Potionniste s'était excusé et avait quitté la table renommée avant d'être malade. Il ne pouvait pas se soigner, il avait donné toutes ses potions anti-nausées à Cochléa.

Un retour à pied à la Regia lui permit de calmer ses crampes stomacales et il entra dans la demeure, pour être accueilli par des rires, mais des rires...

inhumains !

"Que s'est-il passé ? demanda-t-il à un Lockhart aux lèvres qui tremblaient, qui peut rire comme cela ?

- Eh bien, comment dire, c'est à cause d'Alistair !

- Il est revenu ?! Albus aussi ?

- Oui pour les deux. Là c'est Dumbledore qui hurle.

- Pardon ?!

- Il m'a expliqué la situation entre deux hennissements hystériques. Ils étaient, Alistair et lui, parvenu aux dépendances de la maison des vestales et avaient été déchargés de leurs provisions quand, par une porte mal fermée, notre cher Minotaure a vu passer les jeunes filles leur voile relevé. Sans réfléchir, il a sifflé entre ses dents.

- Aïe !

- Oui aïe ! Aussitôt les serviteurs sont accourus, ils ont isolé le taureau et quand la grande Vestale est arrivée sur place, ils lui ont expliqué ce qu'il s'était passé. Elle s'est mise en colère.

"Aucun homme, aucun mâle ne peut s'introduire en ces lieux, a-t-elle crié, castrez cet animal !"

Quand il a compris ce qui l'attendait, Alistair a poussé un meuglement si fort qu'il a fait s'écrouler le mur d'enceinte, il s'est enfui, son comparse sur ses talons.

Depuis il est dans la cave, claquant des dents sans discontinuer, et Albus a le fou rire."

Severus entreprit de résoudre les problèmes l'un après l'autre : au Directeur qui s'esclaffait, il montra un portrait de Dolorès Ombrage. Cela coupa net son hilarité. Quant à Alistair-Taureau dont la mâchoire jouait des castagnettes, il caressa son échine jusqu'à ce qu'il se calme, laissant la formidable bête glisser sur la paille et dans le sommeil.

La poisse !

Il espérait que Lockhart et Minerva avaient eu plus de chance qu'eux.

...


* Ejus aures peregrinantur, qui veut bien dire "Ses oreilles sont en voyage."

La caliga (pluriel caligae), est une sandale lacée faite de lanières de cuir et portée par les soldats romains. A noter : le nom de l'empereur Caligula vient d'un sobriquet militaire, diminutif de caliga, qui signifie donc "sandalette".

** Une amphore contenait environ vingt-cinq litres de vin.

*** Les initiales S.P.Q.R. signifient Senatus PopulusQue Romanus, le Peuple et le Sénat Romain.