Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.

Rating : T

Personnages : Severus Snape, Minerva Mc Gonagall, Gilderoy Lockhart, OC

Correctrice : Fantomette34.


RàR : Christine, voilà les aventure de Lockhart et Minerva.

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N.B. : les mots en italiques entre les apostrophes - 'italiques' - sont les pensées des animaux et de notre chère Animagus.

Un chapitre où Minerva et Lockhart provoquent des catastrophes dans l'échoppe d'un barbier.

Bonne lecture !


Severus Snape et les Loups de Rome - La barbe et les cheveux

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Quelques heures auparavant...

Lockhart savait que, quoi qu'il fasse ou dise, elle allait râler, aussi avait-il mis au placard - provisoirement - ses robes de Sorcier lavande et son arrogance pompeuse. A cette époque, en tant qu'étranger, il n'avait pas le droit de se vêtir d'une toge et avait donc posé sur lui une tunique de lin d'un bleu passe-partout et s'était chaussé de calcei,* sa modestie temporaire n'allant pas jusqu'à porter les sandales de tout-un-chacun.

"Vous passerez ainsi pour un citoyen de la classe moyenne, même si ces chaussures à semelles rouges viennent de chez Louboutinus, avait dit César.

- Pardon ?

- La forme et la couleur des chaussures sont un marqueur social à mon époque, et porter des bottines rouges est réservé aux patriciens occupants les plus hautes fonctions. Certains nobles ou nouveaux riches ont tenté de s'accaparer ce symbole, ils se sont fait descendre en flammes par notre Caton, aussi censeur que son célèbre arrière-grand-père. Mais comme ils tenaient à cette couleur, Louboutinus a flairé la bonne affaire et leur fabrique désormais des bottines à semelle rouge.

- Mais ça ne se voit pas ! Quel intérêt, alors ?!

- Aux clients cela donne l'illusion de faire partie de l'élite... et cela remplit la bourse du vendeur qui fait payer ses calcei deux fois plus cher.

- C'est...

- '... de l'opportunisme ? avait répondu Minerva-chat par télépathie, oui, profiter de l'orgueil de certains a toujours été source d'argent. Avez-vous lu Montesquieu ?'

- Euuuh !

- Il y a un passage dans Les lettres persanes qui fait écho à cela : "Le Roi de France a plus de richesses que le Roi d'Espagne parce qu'il les tire de la vanité de ses sujets, plus inépuisables que des mines." Cet... à propos n'est-il pas de tout temps ?'

Lockhart lui fit un sourire contraint. Il n'allait pas débattre avec elle, sinon elle remettrait sur le tapis ses tromperies du temps où il passait pour un Sorcier aux aventures célèbres mais en réalité vécues par quelqu'un d'autre.

Il avait profité de la crédulité de ses lecteurs, c'était aussi... critiquable que l'opportunisme de Louboutinus.

Ils sortirent.

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'Où allons-nous ?'

- Aux alentours de la maison de Catilina. Il nous suffira de trouver un coiffeur et d'ouvrir grand les oreilles.

- 'Les salons pour Dames n'existent pas ici, les Patriciennes ont une esclave dédiée, l'ornatrix, qui les coiffe chez elles.'

- Je le sais. Mais la plupart des hommes vont chez le Tonsor, l'équivalent du barbier, dans son échoppe qui s'appelle une tonstrina. N'avez-vous pas remarqué qu'ils portent tous les cheveux courts et qu'ils sont rasés de près ?"

Minerva-chat secoua ses moustaches.

"Bien, allons à ce moulin à rumeurs."

Ils arrivèrent devant une échoppe garnie de bancs le long des murs où patientait déjà une dizaine d'hommes. Au milieu de la pièce deux clients étaient assis, l'un aux bons soins d'un assistant qui maniait le rasoir sur sa gorge et l'autre, les épaules et le torse recouverts d'un linge, attendait que les premiers coups de ciseaux du patron s'abattent sur sa tête

Ou plutôt tentent de s'abattre sur sa tête.

"Razibus, mon vieux, qu'essaie-tu de faire ?! Tes lames sont aussi coupantes que les dents de ma grand-mère !

-Elle n'en a plus une seule, fit l'intéressé.

- C'est bien pour ça que je dis ça !"

L'échange d'amabilités continua sur le même ton. Ce n'était pas de la colère mais la répétition d'un dialogue obligé entre le barbier et ses clients, c'était comme cela depuis des années.

Lockhart vint s'asseoir sur le banc, en souriant de toutes ses dents. Il avait accepté d'utiliser le dentifrice de l'époque, quand il s'était préparé, mais avait refusé catégoriquement le rince-bouche, il avait ses limites, et tant pis pour la prétendue blancheur. **

Minerva, dans sa forme féline, avait musardé un moment autour des échoppes avant de revenir vers lui en miaulant.

'Ils ne sont guère bavards, sans doute se méfient-ils de l'étranger que vous êtes.'

- Mmmm, peut-être faudrait-il détourner leur attention, lui murmura-t-il à l'oreille, vous souvenez-vous du Sortilège Aiguiseur ?

- 'Pour le rasoir, oui ! C'est Maximus Fudge.'

- Fudge ?!

- 'Y'a pas plus rasoir que lui.'

Le Sorcier blond récupéra sa baguette, la fit glisser le long de son avant-bras et la pointa discrètement vers l'échoppe.

"Maximus Fudge..." murmura-t-il en direction de l'assistant.

Malheureusement, les Dieux - ou l'Employé du Destin - contrarièrent son geste : comme il disait le Sort, une souris apparut sous les yeux exorbités de Minerva qui sauta sans attendre à sa poursuite, bousculant le bras qui tenait la baguette et qui, par la force des choses, balaya toute la tonstrina.

Aussitôt les outils en tout genre, ciseaux, rasoirs, pinces à épiler et autres instruments de torture - pardon, de toilette - furent comme frappés par la foudre et doués d'une vie propre : une lame passa sur le crâne d'un individu à la chevelure abondante, il ressembla après ça au Professeur Xavier. Une armée de pinces à épiler s'attaqua aux jambes d'un presque Yéti et les rendit blanches et fines comme celles de Zizi Jeanmaire. Quant aux ciseaux... Lockhart vit venir vers lui une Minerva qui avait les côtés complètements tondus, ce qui lui restait de pelage formant une crête sur le sommet de son crâne qui n'aurait pas dépareillé dans une convention punk.

"Mais... mais j'ai juste chuchoté ! s'indigna le Sorcier blond.

'Votre Maximus était un peu trop intense, il faut croire... ou quelqu'un s'est amusé à nos dépens.'

Ils balayèrent la place du regard, les clients, traumatisés, cachaient de leurs bras les dégâts capillaires, tandis que le tonsor et son assistant tamponnaient au moyen d'une toile d'araignée imbibée d'huile et de vinaigre ceux qui avaient des coupures dues au passage des rasoirs sur leurs joues. ***

'Partons d'ici, notre chance est passée !' miaula la Professeure.

Entièrement d'accord, Le Sorcier fit demi-tour pour se faire aussitôt bousculer par un homme qui s'empressa de s'excuser.

"Au moins ils sont polis.

- 'Lockhart, fermez-la et courez ! Il a volé votre baguette.'

- Et merde !"

Animagus et Sorcier coururent à en perdre haleine mais il semblait que chaque fois que l'homme était à leur portée, il disparaissait plus avant et le duo n'avait plus qu'à reprendre sa course folle. Du moins jusqu'à ce qu'ils le perdent complètement dans un restant de brouillard.

'Où sommes-nous ?'

- Je n'en ai pas la moindre idée. Restez près de la fontaine, je vais demander aux ânes qui sont attachés devant ce grand bâtiment.

- 'Faites attention, ils pourraient vous garder avec eux !'

- Ha ha, très drôle !"

Le Sorcier s'approcha des quadrupèdes, étonné quand même de ne voir personne pour les garder.

"Chers amis !

- 'Arrête ton char, l'artiste, tu fais pas un discours électoral.'

- N... non, je veux seulement savoir où je suis.

- 'Au Capitole, tout près du temple de Junon Moneta.'

- Oh, vous êtes ses animaux sacrés ?

- 'Les siens ce sont les oies. Les oies du Capitole. Est-ce qu'on a l'air d'avoir des pieds palmés et un bec ?!'

- Ne vous fâchez pas ! Que faites-vous ici, sinon ?

- 'Ce que font les ânes quand ils ne sont pas à l'école, on attend le chargement que nos propriétaires sont venus chercher. D'ailleurs, si j'étais toi, je m'en irai avant qu'ils soient là, ils n'aiment pas que l'on tourne autour de nous.'

Intrigué, Lockhart recula néanmoins et rejoignit à petits pas sa partenaire féline.

"C'est très bizarre, tout ça.

- 'Je ne vous le fais pas dire !'

- Minerva, vous n'avez pas pu entendre notre conversation.

- 'Je ne parlais pas de ça. Regardez sur la margelle de la fontaine.'

- Oh !"

Sa baguette était posée sur la pierre humide. Il la prit par automatisme, et là, les réflexions s'enchaînèrent. Les événements aussi : un bruit de choc du métal sur le métal parvint à leurs oreilles, les ânes s'ébrouèrent et de la partie sombre du bâtiment sortit un groupe lourdement chargé.

En une seconde Lockhart tint Minerva contre lui, l'engloba dans un Sortilège de Désillusion et tous deux se collèrent à la fontaine.

Les hommes ne s'attardèrent pas, les Sorciers eurent à peine le temps d'en voir un se découper sur le brouillard qu'ils disparurent.

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o-O-o

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"Et c'est tout ?

- Désolé, Severus, mais quand j'ai voulu leur lancer un Sort de Traçage, ma baguette n'a pas fonctionné.

- La proximité avec le Temple d'une Déesse, encore. Ah bon sang !"

Le Potionniste avait du mal à se calmer. Revenu chez Cicéron avec Lockhart et Minerva, il n'avait pas la moindre idée de ce qui se tramait dans les rues de Rome et ça l'agaçait prodigieusement.

"Bon, procédons par ordre. Premièrement, savoir quel est le bâtiment devant lequel se trouvaient les ânes.

- C'est l'atelier de la monnaie, là où l'on frappe les pièces, fit une voix faible.

- Humérus ?!"

Severus regarda le jeune adolescent. Celui-ci allait de mieux en mieux, même s'il ne recouvrerait pas pleine santé avant longtemps. Il lui tendit un verre d'eau que le jeune avala avec délices.

"Tu connais cet endroit ?

- Tous les Romains le connaissent.

- Les transferts de pièces se font comment ?

- Toujours accompagnés de nombreux soldats."

Donc, c'était un cambriolage ou un détournement de fonds.

"Lockhart, vous avez dit avoir vu l'un des malfrats...

- Oui, et je ne risque pas de l'oublier, sa figure était tuméfiée. Il a dû se prendre une raclée.

- Me permettez-vous d'user de Légilimancie sur vous ?"

Le Sorcier blond acquiesça tout de suite.

"Legilimens !"

Severus vit les souvenirs défiler, jusqu'aux plus récents.

"Par les sandales ailées de Mercure !"

Il rompit le contact.

"Cet homme que vous avez vu, je l'ai reconnu ! C'est le Violarius qui avait volé un pain au Forum des teinturiers.

Enfin nous avons une piste...

- ... et une nouvelle énigme, compléta Lockhart, car celui qui a volé ma baguette l'a fait pour nous mener jusqu'aux malfrats,

qui peut-il bien être ?"

...


* Les calcei sont des bottines de cuir souple.

** Les Romains se rinçaient la bouche avec de l'urine.

*** Pline l'ancien conseillait cette façon de soigner les petites hémorragies.

Nd'A : c'est à cause de sa proximité avec le temple de Junon Moneta que les pièces que l'on fabriquait dans l'atelier s'appelèrent "monnaie".