Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.
Rating : T
Personnages : Severus Snape, Harry Potter, Filius Flitwick, Gilderoy Lockhart, OC.
Correctrice : Fantomette34.
RàR : Christine, pas d'Hercule Poirot au menu, (si je puis dire) et tu as raison, Cicéron sait qui est V.
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N d'A : toutes mes excuses pour n'avoir pas publié la semaine dernière, je n'ai pas eu le temps d'écrire.
Dans ce chapitre, Cicéron dresse le portrait d'un personnage peu recommandable et les Sorciers sortent en boite.
Bonne lecture !
Severus Snape et les Loups de Rome - Gilderoyette
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"Caïus Licinius Verrès, murmura Cicéron, je reconnais son écriture."
Le Consul avait cité le nom sans émotion, pourtant Severus n'avait pas besoin de Légilimancie pour savoir que l'esprit de l'homme était un volcan au bord de l'éruption, cela se voyait à l'extérieur dans les poings serrés, le pli amer de la bouche et une rougeur des joues qui ne devait rien au froid d'octobre.
"Dites-m'en plus. Qui est ce Romain ?"
Cicéron relâcha son souffle.
"Il y a sept ans, j'ai été approché par des cités siciliennes pour être accusateur au procès qu'elles voulaient intenter à leur ancien Préteur, Verrès.
"Qu'avait-il fait ?"
Autre soupir.
"On ira plus vite en listant ce qu'il n'a pas fait.
- A ce point ?
- Oui. Il est l'exemple type du politicien corrompu qui pille les provinces où on l'a envoyé. Et si ce n'était que cela !"
Les vannes étaient en train de s'ouvrir.
"Ce pourri n'a reculé devant rien pour obtenir des richesses, notamment des œuvres d'art, marquant les Siciliens dans leur chair, quand ce n'était pas en les faisant disparaître. Et leurs femmes ! Il ne se gênait pas pour les enlever !"
Hmm, voilà qui n'avait pu que heurter la morale de Cicéron.
"Les amis de Verrès tentèrent de faire reporter le procès, comptant sur le Consul de l'année suivante, qui était de leur côté, pour se sortir d'affaire. J'avais trois mois pour rassembler les preuves, je l'ai fait en un mois et vingt jours. Sachant que les fêtes votives approchaient, au début du procès j'ai juste présenté l'accusation et j'ai laissé la place aux témoins. Ils étaient si nombreux et irréfutables que la cause fut entendue. Verrès, se sachant perdu, embarqua sur un navire et s'exila à Massilia, avec la plupart de ce qu'il avait volé. *
- Et vous pensez qu'il est celui qui dirige le complot ?
- Il en fait partie, sans nul doute, mais il n'est pas seul. On doit savoir qui est son contact à Rome, et s'il a des complices extérieurs. Les ennemis de la cité sont nombreux.
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Pour endormir la méfiance de Verrès, qui ne savait pas qu'il était démasqué, les Sorciers et leurs alliés avaient décidé de poursuivre leur enquête au vu et su des espions dans les cercles de la jeunesse dorée romaine. Ce qui voulait dire aller faire bamboche avec elle.
Et devinez qui se porta volontaire ?
Lockhart, évidemment.
"Je ne veux pas être désagréable, lui dit Mismarpellus, mais vous ne passerez jamais pour un adulescens.**
- Oh, je suis sûr qu'il y a quand même moyen de les approcher.
- Oui, si l'on est une mère maquerelle, une de ses prostituées, une danseuse ou une musicienne.
- Je peux passer pour n'importe qui !
- Ça, on le sait, grogna Severus.
- Il y a peut-être une solution, sourit César qui commençait à prendre la mesure du Sorcier blond, seriez-vous prêt à tenir un rôle pendant toute une nuit ?
- Sans problème !
- Bien, voilà ce que nous allons faire..."
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"Ah non, pas de fard à paupières violet, ça jure avec ma robe jaune.
- Lockhart, si vous n'arrêtez pas de vous plaindre, je vous transforme en chaton et je vous expédie chez Ombrage !"
Il n'y avait pas vingt minutes que "Gilderoyette" et "Severina" se préparaient dans une chambre éloignée donnant directement sur la rue et le Potionniste travesti était sur le point d'exploser.
Travesti ?
Eh bien oui, c'était l'idée géniale de César. Dans les soirées décadentes où allaient Clodius et Marc Antoine, un duo de chanteuses, ou plutôt l'artiste et sa camériste, passeraient comme un papyrus à la poste.
"Et où est la petite sauterie ? avaient demandé les Sorciers quelques minutes auparavant.
- Dans les catacombes.
- Mais...
- Rassurez-vous, c'est juste le sous-sol d'une auberge qui s'appelle Les catacombes.
- Lockhart, le Gothique n'est pas encore à la mode, glissa Severus.
- Dommage, vous auriez été raccord avec vos robes noires."
Depuis, le duo improbable préparait leur sortie. Cicéron avait poussé la gentillesse - ou le vice - jusqu'à louer auprès de Rastapolulus quelques musiciens issus de ses gladiateurs présents ou passés. Koudjarnacus et Cinquécus en faisaient partie.
Quand il était revenu et qu'il avait su ça, Alistair n'avait pu s'empêcher d'y mettre son grain de sel. Par l'entremise de Filius-mainate, il avait appris aux adeptes d'Euterpe*** quelques airs entraînants. Il ne manquait qu'une chose : faire entrer les paroles dans le crâne épais de Lockhart.
Ils y parvinrent au bout d'une heure, sous l'œil rigolard de Harry-serpent, qui rigola beaucoup moins quand il comprit qu'il les accompagnerait, enroulé autour du cou de "l'artiste".
Au moins, s'il lui prenait l'envie de l'étrangler, il serait à pied... pardon, à cou d'œuvre.
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La soirée battait son plein au moment de l'entrée du trio et ils ne furent pas remarqués tout de suite. L'organisatrice les interrogea d'un sourcil. Harry-serpent lui fit son plus beau sourire - celui de Triste Sire dans Robin des bois - et ils purent passer. Ils zigzaguèrent vers un sombre couloir d'où ils pouvaient embrasser la pièce du regard.
Une quinzaine de fils à papa étaient allongés sur des lits qui n'avaient rien à envier à ceux de leur luxueuse demeure. Près d'eux, des filles tarifées tentaient de ranimer leurs ardeurs mais le vin avait fait son œuvre : le corps des jeunes gens accueillerait bientôt Morphée.
Cela ne faisait pas l'affaire des Sorciers et Severus eut une idée.
"Je sais qu'Alistair vous a appris La grande Zoa, pourriez-vous en donner une version burlesque ?
- Bien sûr, Chéri Chéri, mais uniquement en français ! Cela perd de son sel, sinon."
Misère...
Severus lança un Sort de traduction sur Lockhart pour que les spectateurs puissent suivre, un roulement de tambour rendit un peu de vigueur à l'assemblée, puis les lyres, les flûtes et les tambourins entrèrent en action.
Le Potionniste atténua la lueur des torches, braqua un Lumos sur la scène où Lockhart prenait la pose. Trois... deux... un...
"C'est parti, musique !"
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Quand vient l'mardi, la grand' Zoa
Met ses bijoux ses chinchillas
Et puis à minuit, la grand' Zoa
Autour du cou s'met un boa."
'C'est pour ça que vous aviez besoin de moi ?!' siffla Harry-serpent.
- Hmm, oui, répondit Lockhart entre deux couplets, ça fait plus vrai. Qu'en penses-tu ?"
Le pauvre Harry pensait qu'il aimerait bien descendre en marche, si l'on pouvait dire, mais Gilderoyette le tenait par les deux extrémités et le pauvre vrai faux serpent subit la chanson couplet par couplet.
Elle va chez Henri pour boire un coca
Et d'mande un whisky pour son boa.
'Oh oui, j'veux noyer mon chagrin !'
Il n'eut pas cette chance et dut supporter les contorsions diverses infligées par son partenaire. Du moins jusqu'au dernier couplet.
On n'a jamais su qui était Zoa
Elle fut mangée crue par son boa,
Elle fut mangée crue par son boa.
'AAAARGH !'
Le petit serpent qu'était Harry ne pouvait boulotter Lockhart, mais il était suffisamment en colère pour tenter de le mordre au nez, ce qui fit que l'agressé l'envoya dans le public où le reptile tomba sur la tête d'un fils de sénateur qui se mit à crier et celui-ci, fou de peur, fonça tête baissée sur la porte qui menait aux escaliers.
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Severus vit la catastrophe arriver sans qu'il n'ait eu le temps de l'éviter. La porte était solide, mais pas l'encadrement. En une seconde il s'effondra, le mur attenant se lézarda jusqu'au plafond et son mélange de bois et de terre tomba sur l'assemblée.
Les torches s'éteignirent et vint le silence.
...
Un préteur était, dans le Cursus Honorum, celui qui s'occupait principalement des affaires judiciaires.
* Massilia est, bien sûr, l'ancien nom de Marseille, et Verrès put s'y exiler et jouir de ses richesses malhonnêtement acquises.
** Un adulescens est, rappelons-le, un jeune homme entre 17 et 30 ans.
*** Euterpe est la muse de la musique.
La grande Zoa est une chanson de Régine.
