Des flammes jaillirent du foyer du bureau directorial de Poudlard. Minerva lui avait permit l'accès exceptionnellement pour cette entre vue.
Hermione s'avança dans la pièce et un flash back des années de sa jeunesse lui reparurent. Les années où il y avait un vieil homme avec une longue barbe blanche, portant des lunettes en demi-lune sur le nez et non rondes comme celle de l'ancienne directrice de Gryffondor.
Elle s'acança jusqu'à la hauteur du bureau et sourit à sa future collègue.
- Miss Granger ! Je ne vous attendais pas avant une bonne dizaine de minutes, au moins. Asseyez-vous donc, ne restez pas debout, dit elle en effectuant de grands gestes pour lui montrer les deux sièges libre en face d'elle.
- Merci, professeur, répondit la plus jeune en prenant place. Je dois dire que votre lettre m'avait un peu surprise mais je dois dire que ça tombe bien, je ne voulais pas passer une année à me tourner les pouces.
- Oui, acquiesça la directrice, comprehensive. A vrai dire, chacun de vos mouvements à tout les trois sont toujours bien répertoriés dans une page de la gazette du sorcier.
Hermione fit une légère grimace à cela.
- Il faut dire qu'on a plus de vie privée maintenant. Même si cela n'a pas l'air de déranger Ron plus que ça finalement.
- Ah je voulais vous demander comment allait se cher Ronald, cela fait plus de quatre ans que je ne l'ai plus vu en personne.
- Il a une nouvelle copine, une Cynthia cette fois. Ça semble bien fonctionner entre eux deux et j'espère que ça durera. Sinon, il va plutôt bien, même si la mort de Fred l'affecte toujours. C'est triste de se dire que s'en est presque devenu un sujet tabou au Terrier. Au travail par contre il se porte comme un charme, il mange toujours comme un glouton à la cafétéria et prend plaisir à user de sa célébrité. Il m'exaspère parfois, rajouta-t-elle avec un petit sourire.
- Je vois, ce bon vieux Weasley n'a pas changé alors, et ce fut à la directrice de sourire malicieusement. Comment va Potter ?
- Ah, Harry est toujours avec sa belle Ginny, qui d'ailleurs attend un garçon. C'est pour bientôt de ce qu'il m'a dit. Il est marié, fier et bientôt papa alors que demander de plus. Elle souria tendrement à cette pensée. Je dois dire c'est impressionnant de le voir aussi enthousiaste après les années de jeunesse que nous avons eu.
Elle discutèrent encore un moment pour enfin arriver au vif du sujet.
- Et dites moi, pourquoi doutez vous de ce poste, ma chère.
- C'est assez impressionnant en fait. Je n'avait jamais pensé à devenir professeur. Et puis il y a la question du professeur Snape. Je ne voudrait pas qu'il se sente encore menacé par le fait qu'on lui vole encore le poste qu'il veut tant.
- Ne vous en faites pas pour Severus, il s'en remettra. Donc, voulez-vous ce travail ou non ?
- J'accepte.
En sortant du bureau, elle dut prendre le chemin des couloirs pour rentrer puisque la directrice attendait quelqu'un et que la cheminée pourrait s'activer à n'importe quel moment. De plus, Hermione avait besoin de marcher. L'adrénaline s'était envolée, ne restait que la fatigue à présent.
Dans ses pensées, elle prit un dernier virage avant d'arriver à la grande porte quand elle fut percutée de plein fouet par une masse noire. Elle tomba sur ses fesses et leva la tête pour voir la personne. Severus Snape. En personne.
- Miss Granger que faites vous dans les couloirs de l'école, il me semble que vous avez été diplômé il y a 3 ans.
Le timbre de sa voix était bas, doucereux et légèrement menaçant. Mais ayant été aux côtés de Malfoy durant des missions d'infiltration, elle revêtit un parfait masque d'indifférence. Elle se releva avec grace et leva la tête en signe de défi.
- Je suis venu pour le nouveau poste de professeur. Donc, cher collègue, je vous demanderais d'arrêter de parler avec sarcasme et dégoût lorsque vous m'adressez la parole. Nous sommes égaux à présent donc appelez moi Hermione.
Elle tendit la main. Snape la rejeta d'un revers de main en sifflant des insultes à son égard avant de se diriger lui même vers le bureau directorial.
Il allait montrer sa façon de penser à cette vieille bique. Donner son poste à l'insupportable Miss Je-sais-tout ?! Non mais !
La porte du bureau s'ouvrit en un grand fracas extrêmement bruyant. La vieille McGo venait de saluer quelqu'un qui disparaissait dans un nuage de flammes vertes, près de la cheminée.
- Au revoir, André. Et passe le bonjour à Gaby de ma part.
Elle fit un signe de main dans sa direction avec un sourire, puis se tourna vers Severus.
- Tu as mis plus de temps que je ne le croyais. Tu as donc croisé ma nouvelle recrue, cher Severus.
Il allait exploser ! Cette vieille chouette sénile riait de son profond désarroi ?! Qu'elle aille donc se faire voir ! Il éclata, furibond:
- Minerva! Vous m'avez parlé de quelqu'un de qualifié ! Pas d'une fillette sortie des bacs à sable ! Granger n'a rien d'une enseignante pour cette matière, regardez la, un peu, elle ne peut rien faire sans le Saint Potter derrière elle !
Il avait lâché cette dernière réplique avec tellement de dégoût qu'il semblait être palpable.
- C'est que je crois que vous faites fausse route, très cher, dit Minerva d'un ton posé, reprenant les formalités. Vous remarquerez qu'elle est plus que qualifiée pour ce travail. Vous le savez, mais votre dignité de Serpentard en patierai si vous l'avouez.
Le maître du contrôle de soi était tant ébranlé pour une histoire de travail, lui qui avait vécu deux guerres. Méprisable.
- Alors c'est donc encore une fierté mal placée de Gryffondor. Vous voulez juste recommencer une guerre des maisons ? C'est cela Minerva ?
Son sarcasme en devenait aberrant.
- Severus Snape. Vous êtes peut être le directeur adjoint de cet établissement mais je reste la directrice. J'ai donc tout les droit de proposer une candidature à Miss Granger. De plus, ce n'est pas une guerre des maisons que je recherche, je crois bien avoir eu mon quota de guerres pour le restant de mes jours. Ce que je voudrais, c'est de laisser Miss Granger une chance d'enseigner. Elle m'avait parlé de cette volonté étant étudiante et à présent je lui offre une possibilité. Ni plus ni moins. Cessez donc de tergiverser sur un sujet qui n'a pas lieu d'être et retournez à vos appartements.
Il fulminait à présent. Le petit discours de la vieille Gryffondor n'avait apparemment pas eu l'effet escompté. Mais il savait où était sa place et décida de ne pas pousser le bouchon trop loin, il se retira donc dans ses retranchements.
- Bien. Mais sachez que nous n'avons pas fini cette discussion, Madame la Directrice.
Et il reparti dans un tournoyement de capes théâtral.
