Lorsque Ron frappa un coup sec contre la porte comme Hermione le lui avait montrer quelques minutes plus tôt, il revêtait une autre apparence que la sienne. Un corps musclé et couvert de tatouages. Des robes de sorcières noires ouvertes pour montrer ses abdominaux bien bâtis.
Snape rigola mentalement à cette vue.
Un petit et vieil homme avec une veste verte délavée de seconde main sur le dos et un pantalon ample brun usé, leur ouvrit la porte. Celle ci grinça un moment.
Le petit vieux portait un bonnet noir frigien qui rappela à Hermione ses visites des musées français. Quelques cheveux blancs fins et hirsute s'en échappait. Cela, agrémenté d'une barbe mal rasée, lui donnait un air un peu fou.
D'une voix enrouée et singlante, il s'exprima dans un jargon du nord de l'Ecosse.
- Qu'es ce vous v'lez?
On aurait presque dit qu'il était grincheux.
Comme Snape, pensa le Trio D'or en même temps.
Ron, menant la petite troupe répondit en premier. Son rôle lui collait à la peu et Hermione sourit en se rappelant leur deuxième année, lorsqu'ils avaient bu du polynectar pour s'introduire dans la salle commune des Serpentards.
- Nous... Nous sommes... En fuite.
Il avait ce parfait petit air hésitant. Il était doué, pensa Hermione. Hésitant mais pas trop. Il gardait un côté mécontent, angoissé et pressé.
- Et alors, qu'est-ce ça peux m'faire ?
- Eh bien, nous cherchons un logis. Temporaire bien sur. Le temps de faire le nécessaire pour disparaître de la circulation.
- Z'êtes combien ? Fit le vieil homme, pensif, en regardant sans vergogne les courbes généreuses et féminines de la silhouette d'Hermione sous polynectar.
- Quatre.
- Y doit bien m'rester deux chambres là haut. Pour les visiteurs... Impromptus.
- Ce sera amplement suffisant.
Le petit vieux emmena les quatres aurors à l'intérieur en prenant soin de frôler Hermione en fermant la porte. Le sang des garçons commençait d'ailleurs à bouillir de rage.
Il se retourna vers eux avec un sourire carnassier avant de se réinstaller à la tête du groupe.
- Naturellement, y aura un prix. Fit-il en se frottant les mains.
- Bien entendu, répondit Harry.
Ce n'était plus Harry, mais le chef des aurors dans toute sa splendeur.
- Nous avons besoin d'un contre maître qui pourra nous faire passer la frontière. Si vous pouvez nous en trouver un, nous vous payerons le double.
- J'ai mes contacts. Bien. 200 gallions.
- 150.
Les négociations commencèrent, Harry, assez menaçant et le vieil homme, portant toujours cet affreux sourire carnassier.
Mais Hermione regardait discrètement les alentours. Il faisait plutôt froid et c'était sombre mais ses yeux s'adaptèrent rapidement à l'obscurité.
Il y avait un faible candélabre sur un buffet à sa droite. De part et d'autre de la porte d'entrée se trouvaient de petites fenêtres rondes dont des rideaux opaques laissaient filter un minimum de lumière.
-190.
- 140.
-185, dit le vieux avec agacement.
-140, dernier prix. Nous devons le doubler, n'oubliez pas.
- Bon, allez, paye, qu'on en finisse.
Les yeux d'Hermione s'arrêtèrent sur une porte derrière leur hôte. Il y avait une fine ligne de lumière en dessous, si faible que si on ne la regardait pas avec insistance on ne pourrait l'apercevoir. On pouvait alors distinguer de faibles ombres qui se mouvaient.
Avec cela ils payèrent et se rendirent à l'étage, suivant le vieil hôte.
Il y avait de cela une quinzaine de minutes qu'ils étaient rentrés. Severus s'impatientait et ne se gênait pas pour le cacher. Néanmoins, il eu la présence d'esprit de remettre son masque d'inpassibilité lorsque quelqu'un passait devant.
Selon le plan, Granger avec sa forme d'animagus devait venir le retrouver dans une ruelle un peu plus loin. C'est donc sous polynectar et revêtant l'identité d'un moldu du nom de Éric Galagan, mort depuis 30 ans, qu'il se pressa pour aller à leur lieu de rencontre. Elle allait être là d'une seconde à l'autre et il n'allait pas se priver un sarcasme bien senti si elle avait le malheur d'arriver en retard.
18h30. Cela faisait maintenant trente minutes qu'ils étaient rentrés dans cette foutu baraque et qu'il s'était porté volontaire pour leur tenir la porte. Cette décision sur un coup de tête n'était dûe qu'au fait que Potter en imposait sur le moment. Et voilà qu'il se retrouvait embarqué dans une histoire qui ne le concernait pas.
Hermione arriva peu après. Le vieil homme leur avait montré deux chambres au grenier. Forcément elle allait "devoir" dormir avec un de ses compagnons de route. Évidemment personne ne dormirait. Sous la cape de Harry, de sorts de désillusion et de potions d'invisibilité, ils comptaient bien fouiller les lieux.
La jeune femme, maintenant sous sa forme de chat, se retransforma juste aux pieds du Maître des Potions. Si bien qu'il faillit tomber à la renverse, prit par surprise. Il avait la tête dans sa main, appuyé contre le mur de tout son côté, tenant une cigarette qu'il amenait à sa bouche, Hermione le trouvais un peu dépressif dans cet état là.
Il recula d'un pas et se stabilisa.
- Des nouvelles du front ? Dit-il sarcastiquement.
- Nous sommes installés et attendons la nuit pour bouger. On pense rester un moment.
- N'oubliez pas, Granger, que vous avez un travail d'enseignant à présent. Si vous le prenez tant que ça à la légère j'ai bien peur de vous le voir retiré.
- N'ayez craintes professeur, je suis prête à prendre le poste à n'importe quel moment. Il me semble que c'est vous qui oubliez que j'ai mémorisé chaque manuels scolaires et même ceux qui n'étaient pas au programme. Vous me l'avez déjà assez rappelé avec le temps.
- Grand bien vous fasse, Granger, je n'ai pas besoin d'un rappel. Voilà trois années que vous avez passé vos ASPICs, avec des Optimals dans chaque matière. Ce n'est pas moi qui vais oublier que je vous en ai donné deux dans toute votre scolarité et aux examens de surplus. Cela ne m'étonnerai même pas que vous puissiez réciter par cœur chacun de vos précieux livres, Miss Je-Sais-Tout.
Ce genre de remarque ne l'inquisitionnait plus depuis le temps. Elle se contenta donc de lever les yeux aux ciel exagérément.
- Bref, j'aimerais savoir ce qui vous a poussé à me suivre, monsieur.
- Je voulais m'assurer que la personne que vous avez vu était bien... Lui. Et puis vous étiez figée devant la porte de la librairie, qu'aurai-je dû faire, à votre avis, vous laisser vous tuer ou confirmer mes soupçons?
Il l'avait encore protégé, à sa manière bien sûr mais au fond elle en était reconnaissante.
- Je dois bien avouer que vous avez un point.
Quelqu'un se dirigeait vers eux depuis derrière Snape. André.
-130?
- Comment va Gaby?
Harry lui avait expliqué que c'était pour vérifier les identités, si l'interlocuteur d'André n'en faisait pas mention, il avait l'ordre de le ramener au ministère car il pourrait être un imposteur sous polynectar.
- Mieux depuis la fin de la Course.
Un autre message caché, se dit Snape, il n'en comprenait rien.
- J'ai cru comprendre qu'elle l'avait finit quatre heures plus tard et qu'au dernier virage à droite elle était tombée sur des orties. Merlin sait combien elle les déteste.
André hocha imperceptiblement de la tête et alors Snape comprit. A la prochaine intersection de rues, sur la droite, à la quatrième porte, il y avait l'endroit où ces jeunes imbéciles c'étaient engouffrés.
