Bonjour, Bonsoir. Je tiens à remercier la nouvelle venue dans les reviews qui a à son effigie un magnifique pseudo : jFANGIRLd. Merci à toi ! Beaucoup, beaucoup ! Éclatez-vous et bonne lecture !

Chapitre 7 : Confiance

Erza avait spécialement préparé un programme intensif à ses soldats, le matin même suivant le conseil royal. Et c'était avec fierté qu'elle les observait transpirer à grosse goutes et la maudire silencieusement. Mais si elle avait préparé ce programme ci, ce n'était pas que pour les voir souffrir, non, Erza voulait avoir le champ libre pour évaluer les soldats sous son commandement. La première division n'existant plus, le Roi avait fait du tri au sein de chaque division en mélangeant la plupart. Et cela agaçait particulièrement la jeune femme, car c'était son boulot à elle et non à ce Roi compatissant - non elle ne l'avait pas encore en travers de la gorge ! - et à son conseiller inexpérimenté. Même si elle devait reconnaitre que la répartition des différentes divisions n'était pas trop mauvaise. Elle retrouvait la plupart de ses soldats, avec qui elle avait travaillé ses dernières années. Parmi eux il y avait Hibiki Maurino, l'un des cerveaux de sa division. Elle appréciait son intellect, mais surtout, il ne faisait jamais la différence entre avoir un commandant homme ou femme – sachant que certains soldats étaient allés jusqu'à la défier au combat – tant que celui-ci assurait. C'était aussi le cas de Sting Eurucless, il était celui qui divertissait la division et même s'il pouvait être très bruyant, il était certainement l'un de ceux qui lui était le plus fidèle, en plus d'être haut classé dans les meilleurs combattants du royaume. Mais celui qu'Erza était vraiment fière de retrouver c'était Rog Charkl. Chaque division et chaque armée de province s'arrachaient ce soldat, mais Erza insistait tellement qu'elle l'obtenait à tous les coups. Il fallait avouer que lui-même préférait largement être sous le commandement d'Erza, qui le traitait en égal et le respectait en tant que personne et non en tant que génie de la guerre. En effet, Rog Charkl était né sous une très bonne étoile – enfin pas pour tout le monde – en ayant un sens du combat très aiguisé. Combat, stratégie, négociation, Rog s'y connaissait sur chaque sujet, et formait un duo imbattable avec Sting. Leur proximité étonnait toujours autant Erza : un homme aussi énergique et blagueur et un homme aussi calme et sérieux ne pouvaient agir avec une telle synchronisation, c'est pourtant ce que faisaient Sting et Rog.

Erza examinait aussi les rapports de Hughes et de Sugar Boy sur leurs divisions respectives. Eux aussi avaient gardé de bons éléments, ils avaient même eu droit à la majorité des anciens membres de la première division. Sugar Boy pouvait maintenant compter sur Bora, Totomaru et… OW ! Yukino Agmentis ! Le veinard, le Roi lui a attribué le meilleur médecin du Royaume ! Elle passa ensuite à l'effectif de Hughes, le commandant de troisième division. Elle connaissait déjà Cobra, son second, de nom. Il avait une excellente réputation et Byro avait beaucoup insisté auprès du comte Zeref pour que Cobra rejoigne les rangs de l'armée royale. Celui-ci avait toujours refusé et Erza comprenait pourquoi aujourd'hui. D'ailleurs, lorsque les trois commandants se retrouvèrent seuls après leur réaffectation au sein de l'armée, Hughes se vanta de son second qui, selon lui, serait le meilleur des trois. Et pour le peu qu'elle avait vu, Erza ne donnait pas tort à son ami. En effet, celui-ci malgré son poste de second, avait insisté pour subir le même entraînement que les hommes d'Erza. La commandante poursuivit sa lecture et vit encore une fois des noms de soldats sérieux et bons. Elle vit le nom de Jiemma, un homme se faisant un peu vieux mais avec une force brute égale à un légion. Elle aperçut ensuite Bacchus, doué d'une agilité horrifiante. Rufus, un archer hors pair. Et enfin, le meilleur sabreur d'Edolas qui se trouvait être une femme, Kagura Mirachi. Erza s'attarda sur ce nom bien trop familier : elles étaient dans la même promotion lors de leur entrée dans l'armée. Les deux jeunes filles s'égalaient en combat, et déjà à 15 ans, on les départageait pour le poste de commandante de la seconde division des armées. Mais la famille de Kagura faisait partie de ceux luttant contre l'exploitation de la magie. Elle avait fui avec son grand frère, Simon si elle se souvenait bien, alors que ses parents furent emprisonnés. Erza déduit d'elle-même que le nouveau Roi avait certainement libéré ses parents, elle avait donc dû accepter de revenir. Erza se sentit, pour une raison qu'elle connaissait très bien, honteuse. Elle avait laissé l'ancien Roi enfermer les parents de Kagura, et avait suivi les ordres de poursuivre tout individu étant contre la loi sur la restriction de la magie. Beaucoup de membres dans la nouvelle armée avaient subi les anciennes lois et étaient considérés comme des rebelles lors du règne de Faust. Et aujourd'hui Sugar Boy, Hughes et elle devaient commander des soldats qui, pour la plupart, les méprisaient. Mais Erza n'arrivait pas à s'apitoyer sur son sort, elle avait eu une nouvelle chance, une chance de bien servir Edolas. Alors il était hors de question de la gâcher, difficultés ou non, elle réussirait à protéger son pays.

Elle reporta son attention sur les soldats qui étaient à leur 150 -ème pompes. Elle eut un sourire, Dieu qu'elle aimait commander ! Mais son sourire s'effaça lorsqu'elle vit Juvia arriver. Celle-ci arborait une expression indifférente, même si ses yeux trahissaient son inimitié envers la commandante. De son côté, Erza ne ressentait rien de bien particulier, tout ce qu'elle souhaitait, c'était faire son travail en paix. La seconde se posta près d'elle, qui était assise, s'appuyant sur la rambarde en pierre et regarda à son tour les soldats passer à l'exercice suivant. Elle demanda au bout d'un moment :

-Ils y sont depuis combien de temps ?

-Environ deux heures, répondit Erza, nullement perturbée par la question.

-Ils en ont encore pour longtemps ? Continua de demander Juvia.

-Cela dépendra d'eux, personne ne s'est évanoui encore.

Juvia sourit malgré elle, mais effaça son sourire instantanément. Elle se reconcentra sur les torturés… soldats et se dit qu'elle était heureuse de ne pas être à leur place. Elle aperçut Cobra et comprit une chose : Cobra resterait toujours un soldat malgré son nouveau poste. Comme elle resterait toujours un membre de Fairy Tail, son identité même lui imposait de haïr Erza Knightwalker. Juvia sentit un regard sur elle et dit sans se retourner :

-Vous vous demandez certainement pourquoi j'ai accepté d'être votre seconde ?

-Ce sont des raisons qui vous regarde. Pour ma part, le Roi m'a donné un ordre, je ne fais que le suivre, fit Erza calmement.

-Ne vous imaginez pas quoi que ce soit, je ne partage pas l'optimisme du Roi. Comme vous, il m'a donné un ordre, ne vous attendez pas à de la sympathie de ma part, retorqua Juvia sur le même ton que la commandante.

-Vous n'êtes pas là pour m'aimer. Faites ce que vous avez à faire, surveillez-moi comme vous l'entendez. Mais ne me gênez pas dans mon travail.

Juvia se retourna et s'accouda dos à la rambarde, puis dit avec une expression d'étonnement : -Vous surveiller ? Vous pensez que le Roi m'a ordonné de vous surveiller ? Erza fixait toujours les soldats sans un mot, Juvia ajouta : Et vous pensez que Cobra et le comte Zeref aussi ? Juvia eut un petit rire, c'est vous tromper grandement Knightwalker, le Roi ne nous a jamais donné un tel ordre. La seule et unique mission qui nous a été attribuée c'est celle de vous seconder dans vos tâches de commandants. Arrêtez de penser que tout le monde vous méprise, c'est peut-être mon cas, mais certainement pas celui du Roi. Tout le monde s'en fout maintenant, le passé, c'est le passé. Et elle s'en alla, laissant Erza méditer ses paroles.

Une colère indéfinissable s'empara de la commandante, et sous l'impulsion du moment elle cria :

-Cobra ! Celui-ci se tourna vers elle, prenez les commandes à ma place ! Personne ne doit se reposer tant que le programme n'est pas fini ! Cobra hocha la tête en approbation et Erza s'en alla d'un pas rapide en direction du château.

Elle marchait très vite et semblait dégager une aura meurtrière, car même Hughes n'osa pas s'approcher d'elle lorsqu'il la croisa dans les couloirs. Erza arriva devant une porte double d'un bois magnifique et entra brusquement dans le bureau.

Jellal et Zeref sursautèrent en entendant le fracas de la porte. Erza Knightwalker se tenait debout à l'entrée du bureau du Roi. Elle n'avait rien dit, mais son expression parlait pour elle : un mot de travers et quelqu'un mourrait sur le champ. Jellal comprenant la situation, il s'adressa à Zeref :

-Comte, veuillez m'excuser, nous règlerons cette affaire plus tard. Le comte Zeref se leva à la suite de Jellal et inclina légèrement la tête en signe de respect. Il sortit ensuite de la pièce, après avoir salué la commandante. Les deux maintenant seuls dans le grand bureau, se regardèrent avec insistance, et c'est Jellal qui brisa ce combat de regard en s'asseyant. Il s'installa confortablement puis lui dit avec douceur : Je vous en prie commandante, asseyez-vous et dites-moi ce qui vous amène.

Elle ne se fit pas prier et dit avec agacement :

-Je n'ai qu'une question, qu'est-ce que vous attendez de moi exactement ?

Jellal parut surpris de sa question, mais il le fut d'autant plus en voyant l'importance qu'elle avait pour la commandante. Il lui demanda à son tour :

-Et vous commandante, qu'attendez-vous de moi ?

La réponse du Roi eut pour récompense de calmer sa colère. Elle reprit contenance et déclara :

-Que vous protégiez Edolas.

-Alors voici ma réponse, j'attends de vous exactement la même chose. Je n'ai pas d'avis sur vous, c'est un départ à zéro pour tous. Et ça l'est d'autant plus pour nous qui devons prouver notre implication et notre loyauté. Je veux vous faire confiance, et je veux que vous ayez confiance en moi. Commandante, si nous sommes alliés, le salut d'Edolas est assuré, et c'est mon unique souhait aujourd'hui.

Un temps de latence se fit dans l'immense bureau où le Roi et la commandante avaient le regard dans le vide.

-Nommer Juvia n'était pas une bonne idée, je ne peux pas travailler avec une personne qui me hait.

-Vous avez peut-être raison. Mais je ne peux pas m'empêcher de me dire que Juvia doit être celle qui découvrira la personne que vous êtes réellement.

-Vous ne savez rien de moi. Ce n'est pourtant pas difficile de trouver une raison pour se méfier de moi. Vous êtes Roi ! Vous méfier fait partie de votre rôle !

-Tout comme faire confiance à mes sujets, et respecter ceux sous mes ordres. Jellal paraissait calme et confiant et c'était un fait qu'Erza ne comprenait pas.

-Respecter ? Pourquoi devriez-vous me respecter ?

-Pourquoi je… Pourquoi je devrais vous respecter ? Mais voyons, regardez-vous, vous êtes en colère contre moi car je ne me méfie pas de vous. En conséquence vous avez peur que j'en fasse une généralité et que je mette Edolas en danger. Mais plus encore, durant toute votre vie vous n'avez écouté que vous. Vous avez certes obéi aux ordres ou plutôt vous vous êtes pliée à la volonté de votre souverain. Mais jamais vous n'avez agi pour une chose que vous ne considériez pas juste.

-Pourtant mes actes étaient tout sauf justes, j'ai mal agi.

-Il est vrai, mais ne me dites pas qu'aujourd'hui vous ne le regrettez pas. Erza baissa les yeux, il poursuivit : Et puis moi-même commandante, je ne sais pas comment j'aurais agi à votre place. Après tout, vous aimez Edolas autant que moi, c'est un fait incontestable. Alors aujourd'hui la question se pose, « Comment peut-on blâmer quelqu'un pour un acte qu'il a commis par amour ? ». Ma réponse est catégorique, on ne peut pas.

Les deux se fixèrent un long moment. Erza se sentait mal, elle ne comprenait pas l'homme devant elle et son esprit combattait encore et toujours deux sentiments bien distincts. Mais malgré ce combat interne, Erza ne montra rien, ce qui perturba le souverain : impossible pour lui de savoir ce qu'il se passait dans la tête de sa commandante. Au bout d'un moment affreusement long, elle inclina la tête et sortit du bureau sans ajouter un mot.

Jellal expira bruyamment tout en s'affalant sur sa chaise, il dit :

-Tu peux sortir, Grey.

Le conseiller sortit la tête du dessous de son bureau. En effet, Grey, dans un mécanisme de défense très viril, s'était caché sous son bureau à l'arrivé en furie de la commandante. Celle-ci ne l'ayant pas remarqué, elle ne s'était pas gênée pour parler franchement au Roi.

-Elle me terrifie, Jellal.

-Je crois qu'elle fait cet effet à beaucoup de monde.

-Et pas à toi ?

-Oh si bien sûr, mais il y a quelque chose d'autre. Grey, est-ce que j'ai tort de lui faire confiance ?

-Je ne sais pas. Par contre je sais que ton instinct ne s'est jamais trompé. Toutes les décisions que tu as prises ce sont avérées efficaces. Que cela soit pour les armées, la première division, les seconds que tu as choisis…

-Et mon conseiller.

Grey sourit et poursuivit : -Tu as l'étoffe d'un Roi Jellal, et Erza Knightwalker sera bien obligée de le reconnaître au fil du temps, à l'instar du peuple au complet.

-Tu as peut-être raison, en tout cas pour l'instant il faut attendre.

-Tu lui fait confiance pour une raison que j'ignore Jellal, mais si c'est un choix que tu fais, je le suivrai comme j'ai suivi tous les autres. Mon seul véritable problème ici, en plus que Juvia soit sa seconde, c'est que son orgueil l'empêchera de t'être totalement loyale.

-Est-elle vraiment orgueilleuse Grey ? Erza Knightwalker, à mon plus grand étonnement, est emplie de culpabilité, et cette même culpabilité l'empêchera d'être clémente envers elle-même. Je pense plutôt qu'il est de mon devoir de lui prouver qu'elle peut se fier à moi, le prouver à elle comme à tous les autres.