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Chapitre 16 : Invités

Voilà presque un an que Jellal n'avait pas vu le Seigneur Darick. Et beaucoup trop heureux, le souverain d'Edolas se précipita saluer ses invités qui venaient de descendre de leur carrosse. Il échangea, d'abord, une poignée de main avec le Seigneur, puis salua la comtesse en l'embrassant sur la main. Les deux se fixèrent un moment, heureux de se revoir après tant de temps. Puis le Roi reporta son attention vers le Seigneur Darick et dit :

-Mon Seigneur, quel bonheur de vous avoir ici. Comment s'est passé votre voyage ?

-Il s'est passé à merveille, merci à vous. J'ai particulièrement apprécié le paysage lorsque nous avons atteint les terres d'Edolas. Majesté, votre pays est magnifique, sourit de toutes ses dents le dirigeant de Zendor.

-Cela sera alors un honneur pour moi de vous faire visiter les contrées qui le contiennent.

-Avec grand plaisir. Cette fois-ci, c'est Meredy qui répondit.

Jellal lui rendit son sourire et les invita à entrer dans le château.

Juvia qui marchait près de la commandante lui demanda discrètement :

-C'est moi, ou elle est encore plus jolie que la dernière fois ?

Erza n'eut pas le temps de répondre que Grey se mit à la droite de Juvia et lui expliqua :

-Ce sont ses yeux. Avant elle voyait, maintenant elle regarde. Cette femme n'est plus la même qu'il y a un an. Même pour Jellal cela a dû être flagrant.

Les deux femmes n'ajoutèrent rien et suivirent le Roi ainsi que les nouveaux venus dans le château.

La journée se passa rapidement. Jellal avait fait visiter les jardins ainsi que les appartements réservés aux membres de Zendor. Le soir venu, Jellal prit congé de ses invités pour se préparer pour le repas. Il était de coutume de prévoir un repas royal chaque soir durant la période du séjour d'un invité important. Jellal n'en avait jamais fait et se sentait un peu anxieux. Mais il savait que le Seigneur Darick serait indulgent et fermerait les yeux si jamais il commettait une erreur. Il se mit à penser au plan de table et fit un peu la moue. En effet, la table avait été organisée pour que Jellal soit entouré de la comtesse et du Seigneur de Zendor. En conséquence, aucun de ses amis ne se trouvaient à proximités. Lui qui avait l'habitude de manger avec eux tous les jours, se disait que cette habitude allait lui manquer. Surtout que les membres de Zendor allaient rester environ un mois à Edolas. À cet instant, Grey entra dans la chambre du Roi pour le chercher et vit l'air songeur du souverain.

-Ne t'inquiète pas. Ce n'est pas comme si tu allais t'ennuyer. Le Seigneur et toi avez pleins de choses à vous dire. Et puis, tu trouves toujours un sujet de discussion avec la comtesse. Je ne m'en fais pas pour toi. C'est moi qui suis à plaindre dans cette histoire. Je suis entre Juvia et Erza, elles ne vont pas arrêter de ma charrier. Voyant que le souverain n'était toujours pas convaincu, il poursuivit : Dans le pire des cas, je t'enverrai des mots sur l'une des serviettes que je déchirerai.

Jellal se mit à rire, sachant que son conseiller en était capable.

-Tout le monde est prêt ?

-Il ne manque que Erza. Elle m'a dit qu'elle devait encore régler quelque chose et qu'elle nous rejoindrait un peu plus tard.

Le Roi acquiesça et se regarda une dernière fois dans le miroir avant de sortir rejoindre les autres dans la salle de repas.

Lorsqu'il arriva, il remarqua tout de suite la comtesse Meredy qui discutait avec un officier de sa garde personnelle. Et dès l'instant où elle le vit, elle se dirigea vers lui et entama une conversation sur la décoration de la salle. Rejoint rapidement par le Seigneur Darick, les trois commencèrent à parler de tout et de rien. Puis vint le moment de s'installer à table, et dans un mouvement absolument naturel, Jellal tira le siège de la comtesse, lui permettant ainsi de s'asseoir confortablement. L'action, parfaitement normale du point de vue du souverain d'Edolas, avait désarçonné le reste des individus présents. Le Seigneur Darick ne laissa toutefois rien paraître et continua sa conversation avec Jellal, laissant ainsi le répit dont sa fille avait besoin.

Les conversations continuèrent à aller bon train. Et ce n'est qu'après que l'entrée soit débarrassée, qu'Erza fit son apparition. Le Roi se leva immédiatement et se dirigea vers elle. Il voulait savoir pourquoi elle était absente.

-Tu en as mis du temps. Pourquoi tu es en retard ?

-Je suis désolé, cela a pris plus de temps que prévu. Je m'assurai juste de la protection des alentours, fit Erza d'un ton monotone.

-Tu es incorrigible. Le Roi sourit et la conduisit à sa place.

Et comme un peu plutôt pour la comtesse, Jellal tira le siège d'Erza, celui à la droite de Grey et à la gauche de Hughes. Erza s'assit sans hésitation, nullement troublée par cette action qui en avait tant déstabilisé par le passé. Lorsque Jellal reprit place et continua sa discussion avec ses invités, Cobra, qui se trouvait à la gauche de Juvia, parla doucement à celle-ci et à Grey :

-Qui l'aurait cru ? Notre Roi un romantique.

-Le pauvre, ça ne doit vraiment pas être facile pour lui, fit tristement Juvia.

-Tu n'imagines même pas. Il doit constamment réfréner ce qu'il est. Même si ce soir, il a laissé libre court à sa nature. Je ne sais pas si j'arriverais à garder autant contenance, continua le conseiller du Roi.

-Pour être honnête avec toi, je ne pense pas que tu en sois capable. Le Roi est très fort, il arrive à comprendre quelle attitude arborer en toutes circonstances. Mais la difficulté ici, c'est de réprimer ses émotions et de les troquer par d'autres en fonction de la situation. Ce n'est pas une tâche facile et pourtant le Roi le fait naturellement. Juvia fixait discrètement le Roi en essayant de ne pas parler trop fort.

-Mais pas ce soir.

La remarque de Grey eut pour effet d'attirer l'attention de Juvia et Cobra sur lui. Le second demanda :

-Que veux-tu dire ?

-Jellal est certes un romantique. Mais la plupart du temps, il cache très bien cette manie d'être galant. Cependant, ce soir, il n'arrive plus du tout à faire semblant. Je crois que la comtesse Meredy et la commandante Knightwalker ont un pouvoir sur lui que personne ne soupçonnerait. Je ne sais pas pour vous, mais je crois que les choses vont vraiment devenir intéressantes dans ce château.

Juvia et Cobra frissonnèrent en voyant le sourire machiavélique que Grey arborait. Et même si le destin était discret, le conseiller adorait lui donner un coup de pouce.

*…*

Dès le lendemain, Jellal fit visiter la capitale au Seigneur Darick. La comtesse les avait accompagnés, mais restait en retrait en compagnie de Grey et Juvia. Le Roi d'Edolas en profita pour saluer toutes les personnes qu'il croisait. Et les membres de Zendor furent étonnés par tant de gentillesse et de délicatesse de la part d'un souverain aussi puissant. Ils finirent par rentrer au château où le Seigneur Darick s'excusa poliment. Il voulait se reposer avant le repas du soir et conseilla à sa fille de continuer la visite sans lui. Ainsi donc, il ne restait plus que la comtesse Meredy et le Roi. Celui-ci lui proposa de marcher dans les jardins car l'air y était doux. Elle accepta et ils se dirigèrent vers la verdure abondante qui recouvrait l'arrière du château.

Ces promenades devinrent une habitude pour les deux qui s'entendaient à merveille. Mais une semaine plus tard, alors qu'ils arpentaient les colonnes de cyprès, la comtesse osa demander :

-Majesté, j'avais une question à vous poser.

-Que vous arrive-t-il comtesse ? Vous me paraissez moins confiante qu'à l'accoutumé, se moqua presque le souverain.

-C'est que, ma question pourrait vous paraitre étrange, fit Meredy toujours autant sur la réserve.

-Je vous en prie.

-Eh bien, je voulais savoir… Nous nous connaissons depuis un an maintenant et vous ne m'avez jamais tutoyée. Je me suis maintes fois dit que cela était dû à mon rang. Mais vous n'usez pas ce genre de convenance avec ceux qui se trouve autour de vous. Je voudrai savoir si quelque chose chez moi vous empêche de le faire.

Jellal s'arrêta de marcher et semblait réfléchir aux dires de la jeune femme. Il regarda le sol, puis en comprenant quelque chose, il lui dit le regard plongé dans le sien :

-Je suis désolé si je vous ai laissé penser que quelque chose clochait chez vous. Je vous rassure, il n'en ait rien. Pour être parfaitement honnête avec vous, j'ai pensé au début, que mon incapacité à vous tutoyer était bien dû à votre rang. Cependant, je me suis rendu compte que la vérité était toute autre. Je ne tutoie que mes amis, comtesse Meredy. Et une partie de moi s'efforce à ne pas vous considérer comme telle.

Jellal n'ajouta rien, il n'avait pas besoin de le faire. Meredy se contenta de continuer à marcher, rapidement suivit par le souverain.

*…*

-Juvia pourquoi tu restes aussi évasive sur ton séjour à Déliora ? Tu ne nous as presque rien dit, se lamenta Grey.

-Parle pour toi, à moi elle m'a tout raconté, fit nonchalamment Erza.

-Quoi !? Alors toi tu sais tout, mais pas moi !? Juvia, s'il te plait, continua de gémir le conseiller tout en insistant.

-Ce que tu es lourd. Il n'y a rien à dire, tu te prends la tête pour rien, soupira Juvia.

-Pour rien ? Tu y es restez plus d'une semaine. Alors tu dois bien avoir des choses à raconter.

-Et comme je te le répète, il ne s'est rien passé d'important. Le second de l'armée de Déliora m'a tenu compagnie tout le long de mon voyage. Il m'a présenté plusieurs gardes de sa division, puis le commandant en charge, du nom de Ice. Ils sont étonnamment sérieux et efficaces. On ne croirait pas que cette armée répond directement au Duc Bastia, expliqua Juvia.

-Ce n'est pas si étonnant que ça. En réalité, elle ne répond pas directement au Duc, mais au Marquis de Déliora. Le Duc s'occupe du duché, c'est à dire de l'ensemble de la terre. Mais le seul qui a totalement le pouvoir sur cette armée privée, c'est le Marquis, continua la commandante.

Grey demanda alors : -Tu as pu rencontrer le Marquis ?

Juvia hocha négativement de la tête : -Non malheureusement. Mais selon Mest, le Marquis serait le fils du Duc Bastia.

-Alors quoi qu'il arrive, le Duc exercera toujours un pouvoir sur l'armée de Déliora. Et alors que les trois restaient songeurs, Grey remarqua quelque chose qui le dérangea : Je rêve ou tu l'as appelé Mest ?

Erza préféra rejoindre l'armurerie et laisser les deux se disputer comme ils l'entendaient. Elle se trouvait de plus en plus en trop lorsqu'ils étaient ensembles et commençait sérieusement à se lasser de leurs discussions qui tournaient en rond.

La commandante commença l'inventaire de la salle d'arme lorsqu'un individu se plaça derrière elle. Erza sentit une présence et se retourna lentement pour lui faire face.

-Comme il est agréable de voir qu'au moins un membre du gouvernement fait bien son travail. Dire qu'au temps de Faust, personne ne se reposait avant onze heures du soir. Je pense que vous devez bien vous souvenir de cette époque, commandante Knightwalker.

Erza faisait de son mieux pour garder une attitude indifférente, mais une aura étrange s'échappait du Duc Bastia. Elle décida tout de même de répondre et d'ainsi comprendre ce qu'il lui voulait.

-Je m'en souviens en effet. Mais, seuls des sentiments de regrets se couplent à ces souvenirs. Je comprends bien que vous n'êtes pas ici pour critiquer le gouvernement actuel, mais bien à des fins toutes autres. Que puis-je faire pour vous ?

-Faust me ventait souvent vos mérites, commandante. Et je dois avouer que je comprends pourquoi. Vous êtes d'une perspicacité effrayante. Quelle excellente initiative, de la part du Roi, que de vous renommer à votre poste de commandante. Mais je suis convaincu que seule la chance lui a permis de vous avoir dans sa poche. Le Duc respirait le mépris et Erza fit de son mieux pour ne pas imploser.

-La chance n'a rien avoir avec les prouesses qu'il a accompli. Le Roi est digne de sa place. Seuls les imbéciles diraient le contraire.

Le Duc se mit à rire et rétorqua : -En effet, c'est peut-être bien le cas. En tout cas, je vois que l'offenser auprès de ses admirateurs n'est pas non plus très malin. Mais trêve de bavardage, ma requête est la suivante. Pourriez-vous transmettre un message de ma part au Roi je vous prie ?

-Pourquoi moi ? Il serait aisé pour vous de le lui demander directement.

-Et je crains qu'au contraire cela ne soit pas le cas. Le Roi est particulièrement occupé ces derniers temps et il nous est impossible, pour nous simple nobles, de l'approcher. Mais je pense que vous savez de quoi je parle. J'ai cru comprendre que vous non plus vous n'aviez plus beaucoup de rapport avec lui.

Erza ne montra rien, mais serra tout de même la mâchoire. Malheureusement, ce simple fait provoqua un sourire moqueur sur le visage du Duc.

-Je ferai de mon mieux pour lui transmettre votre message.

-Bien, j'irai droit au but. J'ai pour projet de séjourner dans la capitale et je voudrais que le Roi m'accorde une aile du château. Mais outre ce fait, je le préviens que mon fils, Marquis de Déliora, ainsi que le second de l'armée, Mest, viendront me rejoindre dans quelques semaines.

Ainsi donc, le Duc projetait de s'installer au château, qui plus est de ramener des alliés précieux avec lui. Erza ne savait quoi penser. Mais quoi qu'il arriverait, elle ferait de son mieux pour l'affronter.

-Je lui transmettrai sans faute.

-J'y compte bien. Le Duc inclina la tête puis sortit de l'armurerie laissant Erza dans ses réflexions.

Elle allait prévenir le Roi, c'était certain. Mais elle se demandait s'il saurait réagir à cette nouvelle. Il était très distrait par la présence des membres de Zendor et la commandante doutait de sa capacité à gérer le Duc de surcroit. Erza le savait, elle allait avoir beaucoup de travails.