Bonjour, Bonsoir. Alors, alors, celui-là est vraiment cours comparé aux autres, et j'en suis terriblement désolé. Mais il faut que certains chapitres servent de tremplins à la suite. Et c'est ce qu'est ce chapitre 18. En tout cas, j'espère de tout cœur que cette histoire vous plaise. Éclatez-vous et bonne lecture !
Chapitre 18 : Décision
Grey et Juvia étaient assis à table et buvaient un thé en silence. Ils s'étaient retrouvés par hasard, avec la même envie de thé soudaine.
-Tu veux commencer ? Demanda Grey en coupant le silence.
-À toi l'honneur, répondit la seconde.
-Avec Meredy. Ils s'entendent beaucoup trop bien, sur tout. Rien qu'aujourd'hui ils prenaient un malin plaisir à lire les lois d'Edolas. Il me semble que la dernière fois que c'est arrivé, Jellal avait aussi aimé cette expérience.
-Je me souviens, c'était lorsqu'il était avec Erza.
-Exactement. Eh bien, cette fois-ci, ça se répète. Ils semblent fascinés l'un par l'autre dans leurs conversations. Grey marqua un silence et finit par demander : Et toi ?
-Avec Leon. C'est à peu près la même chose qu'avec toi. Là ils sont partis pour une balade à cheval.
Le conseiller et la seconde soupirèrent en cœur, mais Grey rajouta :
-Mais ça va, toi au moins tu as M… Mest.
Juvia sourit en voyant la moue que Grey faisait. Elle lui dit :
-Je ne suis pas toujours avec lui. Il n'est pas comme toi, lui a compris qu'il doit me laisser de l'espace. Grey lui tira la langue, et elle rajouta après un petit rire : En tout cas, Erza et Jellal semblent avoir pris des chemins différents. Dieu, que je déteste me sentir délaisser.
-Tu penses que c'est sérieux ? Je veux dire, Leon et Erza semblent s'entendre très bien, même s'ils se connaissent depuis peu de temps. De même pour Jellal et Meredy, qui se connaissent depuis un an maintenant. Est-il possible qu'un mariage soit célébré ?
-C'est possible en effet. Et je ne pense pas ce soit celui qu'on attend tous, confirma Juvia dépitée.
Grey émit un grognement de frustration en comprenant où voulait en venir la femme de son cœur : -J'ai l'impression que cette situation va nous échapper et nous n'aurons plus aucun contrôle, sur rien. Je pense sérieusement que si Erza et Jellal se mettaient ensemble, les choses iraient dans le bon sens.
-Peut-être que ça le serait.
-Mais évidemment, ils sont trop têtus et aveugles. Non mais sérieusement ! Jellal n'a jamais appris à ouvrir les yeux ! Et elle ! Elle, je ne l'ai jamais comprise ! Indifférence. Insensibilité. Je te laisse choisir. Mais surtout, a-t-elle déjà ressentis une quelconque attirance pour lui ? Je ne pense pas. Grey s'était levé, excédé par le comportement de ses amis.
Juvia le regardait faire les cents pas en ruminant tout seul. La seconde lui répondit tout de même, en prenant bien soin qu'il ne l'entende pas :
-Oh Grey, c'est mal connaître les femmes.
*…*
Le dernier repas royal en compagnie du Seigneur Darick avait été organisé. En effet, le dirigeant de Zendor retournait, le lendemain, dans ses terres, après un mois passé à Edolas. Ils avaient commencé le repas à dix-neuf heures trente et chacun avaient trouvé un partenaire de discussion. Les places avaient légèrement changé, et alors que le Duc se trouvait à la droite du Seigneur Darick, Leon était à celle d'Erza et Mest entre son commandant et Grey. Celui-ci et le second faisait de leur mieux pour éviter de se parler et Grey était bien fière d'être près de Juvia alors que lui non. Des nouveaux venus étaient eux aussi présent et Jellal en fut très heureux. Le comte Zeref et son épouse Mavis passaient quelque temps au château sous l'invitation de Jellal qui voulait que la comtesse rencontre Meredy et inversement.
L'entré passa puis le repas. Mais juste avant que le dessert soit servi, Jellal se leva et demanda l'attention de l'assemblée :
-Mes amis, j'espère que vous passez une bonne soirée. Je ne vous gênerais que rapidement. Je voulais simplement vous prévenir que le Seigneur Darick a autorisé sa fille, la comtesse Meredy, à rester davantage à la capitale. Elle ne part donc pas avec la garde royale de Zendor.
Et alors que le Roi se rassit, les murmures se levèrent discutant de la dernière annonce du souverain. De son côté, Grey n'avait pas dit un mot, mais cette annonce ne lui faisait pas du tout plaisir. C'est pourquoi, lorsque le repas fut fini, le conseiller rassembla les commandants et les seconds et se dirigea vers le Roi. Jellal comprit la situation d'urgence, et salua la comtesse et son père avant d'aller dans son bureau, suivit de ses conseillers et Mavis, son bras entrelacé dans celui de son mari.
Il prit place derrière le meuble en bois puis demanda :
-Je vous écou…
-Qu'est-ce que tu fais exactement ? Grey avait coupé son ami et la colère se lisait gravement sur son visage.
-Je ne comprends pas. Jellal fronça les sourcils.
-Jellal, tu as annoncé sans ménagement, que la comtesse allait rester un peu plus à Edolas. Devant la majorité des nobles et surtout devant le Duc. Je ne t'ai jamais vu inconscient, mais là tu frôles la stupidité.
-J'ai annoncé cette nouvelle car Meredy m'a demandé de le faire. Outre cela, ça démontre simplement que la comtesse, d'une autre province, aime Edolas et c'est une très bonne chose.
Grey n'eut pas le temps de répondre que Mavis parla de sa voix douce et charmante :
-Êtes-vous sûr que son amour se limite à Edolas ? Le fait qu'elle reste n'a pas une autre incidence qui concernerait la vie même du château, Majesté ? Comprenez-moi bien, je ne vous mets absolument pas devant un fait accompli. Si vous avez permis à la comtesse de rester c'est que vous tenez à elle. Mais pourriez-vous lui donner ce qu'elle souhaite ?
-Là n'est absolument pas la question. Il est vrai, j'aime la compagnie de la comtesse et c'est là mon unique pensée présente. Je me fiche qu'on pense que je l'ai faite rester pour un éventuel mariage. Ni moi, ni elle en somme préparés. Jellal perdait peu à peu la face, et tous savait que s'était dû à l'effet de la comtesse d'Arbaless.
-Alors, vous allez négliger ainsi les sentiments de la comtesse Meredy ?
Zeref tourna brusquement la tête vers sa femme : -Mavis.
La comtesse posa sa main sur celle de Zeref pour le rassurer. Lorsqu'il fut détendu, elle se défit de son bras et s'approcha du Roi.
-Vous êtes l'homme le plus bien-intentionné que je connaisse. Et ce fait n'a même pas besoin de me rassurer sur votre décision de faire rester la comtesse Meredy. Mais la noblesse s'efface vite lorsque le cœur s'en mêle. Sondez votre cœur Majesté, car lorsqu'il sera trop tard, des personnes en souffriront. Vous le premier.
Personne n'ajouta rien. Même Grey qui allait exploser de colère. Chacun sortit du bureau, sauf Erza qui s'était assise sur le fauteuil avec un air impassible. Le même. Elle ne resta pas plus de quelques minutes, plongeant la pièce dans un silence indéfinissable. La commandante finit par se lever et quitta le bureau sans un regard pour le Roi.
Cette action, qui l'aurait attristé il y a un mois, le rendait fou de colère aujourd'hui. Et même si la fureur prenait une place énorme en lui, une minuscule lueur, qu'il ne connaissait pas, brillait en son être : la culpabilité.
*…*
Le Seigneur Darick parti, Jellal devait reprendre un rythme de travail régulier. C'est pourquoi il ne tenait pas compagnie à la comtesse Meredy, mais rédigeait des réponses de rapport derrière son bureau.
Seul depuis plus d'une heure, il fut soulagé d'entendre quelqu'un toquer à la porte. Il invita la personne à entrer et fut surpris de voir le Marquis Bastia. Celui-ci passa d'abords la tête à travers la porte semblant analyser la pièce. Ne voyant que le Roi, Leon expira longuement et s'approcha du bureau après avoir fermé la porte.
-Majesté, je ne vous dérange pas ?
-Non, bien sûr que non. Jellal se reprit et déposa sa plume.
-Je n'en ai pas pour longtemps. Je voulais simplement vous demander si je pouvais amener la commandante Knightwalker à Déliora avec moi. Je le lui ai déjà demandé et elle a accepté. Alors même si elle m'a précisé que vous vous rangeriez de son côté, j'ai tout de même pris l'initiative de venir vous voir. Cela sera une question de quelques jours et je la ramènerai en un seul morceau.
Jellal avait arrêté d'écouter le commandant juste après sa demande. Il fut pris d'un vertige alors qu'il était assis. S'imaginant tout un tas de scénario improbable sur ce qui pourrait arriver à Déliora. Alors, s'en même en être conscient, face à Leon qui attendait patiemment que Jellal se mette à parler, celui-ci répondit : -Non.
-Excu… Excusez-moi ?
-J'ai besoin d'Erza ici. Elle ne peut pas se permettre de partir, même pour quelques jours. Je suis désolé, mais c'est nécessaire.
Leon affichait un mélange d'irritation et de déception. C'est en tout cas ce que Jellal lisait sur son visage. Le Marquis lui dit alors :
-Je vois, je le lui dirai dans ce cas. Leon se dirigea vers la porte, et avant de sortir complètement, il rajouta : Qu'est-ce que cela fait de tout avoir ?
Jellal ne comprit pas où voulait en venir le Marquis, mais il sentit une fragilité qu'il n'aurait jamais soupçonné dans la question du commandant de Déliora.
Quelques heures plus tard, c'est une Erza en furie qui débarqua dans le bureau. Elle fit signe à Grey de sortir et claqua la porte derrière le conseiller.
-Je peux savoir ce qu'il vous a pris exactement !?
-Je ne vois pas de quoi tu parles.
-Leon est venu me voir et m'a dit que vous ne vouliez pas que j'aille à Déliora ! Qu'est-ce qui vous a pris, bon sang !?
-J'ai besoin de toi au château. Et je ne vois même pas pourquoi tu as tant envie d'aller à Déliora.
-Vous n'aviez aucun droit de prendre cette décision pour moi !
-Écoute Erza. Je suis désolé, mais j'ai jugé bon de le faire.
Erza se stoppa de fureur, mais ne mit pas longtemps à reprendre : -Jugé bon !? Jugé bon !? Mais de quel droit !? Cette décision m'appartenait ! Qui êtes-vous pour la prendre à ma place !?
-Ton Roi ! Cette fois Jellal s'était levé d'un coup en criant.
La commandante le dévisagea d'un œil mauvais. Et dans un ton plus calme, mais avec toujours autant de dureté, elle lui rétorqua :
-Mais pas mon mari.
Cette réplique brisa le cœur du Roi, qui comprit où voulait en venir la commandante. Il repensa au temps où ils épluchaient les lois d'Edolas ensemble et réalisa que ce temps était révolu. Il baissa les yeux et dans un murmure, il dit :
-Oui, je sais. Je suis désolé.
La rousse était déçue, et elle savait qu'elle lui en voudrait un moment. C'est pourquoi elle lui déclara en oubliant presque à qui elle parlait :
-Demain, je pars avec le Marquis Bastia pour la terre de Déliora. Je reviendrai dans cinq jours. D'ici là, je pense que vous aurez repris vos esprits et moi mon calme.
Jellal la regarda s'en aller avec regret. Il se rassit, ébouriffa ses cheveux et se cogna la tête contre le bureau. Grey, qui avait écouté la conversation à travers la porte, remarqua que Jellal venait d'utiliser, à la suite, ses deux manies lorsqu'il ne se sentait pas bien. Le conseiller eut de la peine pour lui, mais aussi pour Erza, Meredy et Leon. Car en plus de la situation qui ne faisait qu'empirer pour eux quatre, Grey était bien décidé à en parler à Juvia. Et à Cobra. Et à Minerva, la commerçante la plus populaire d'Edolas. En définition, le conseiller allait discuter avec le royaume en personne. Oui, Grey avait de la peine pour eux.
