Bonjour, Bonsoir. L'autrice la moins bavarde de tout le temps est de retour ! Je suis désolé, celui-ci est encore un peu court. Mais je vous promets que c'est le dernier (enfin je crois). Cependant je préviens, même si un chapitre est court, cela ne veut pas dire que les informations cachées sont plus faciles à remarquer… Allez je vous laisse sur ça. Éclatez-vous et bonne lecture !

Chapitre 21 : Rumeur

Elle allait le tuer ! Lui arracher les yeux ! Le poignarder au moins cent fois et danser sur sa tombe ! Juvia marchait d'un pas impétueux en s'imaginant les choses qu'elle pourrait faire subir à Grey. La seconde arpenta les couloirs du château et croisa Erza qui semblait la chercher. Juvia comprit que la rousse était, elle aussi, au courant. C'est pourquoi elle continua son chemin, suivit par Erza, vers le bureau du Roi. Celui-ci sursauta en entendant le fracas de la porte et l'air furibond de la seconde. Tellement, qu'il ne fut même pas troublé en voyant Erza se tenir derrière elle.

-Il faut que vous parliez à Grey ! Ça n'a que trop duré ! Juvia avait les mains placées sur ses hanches et fronçait les sourcils.

Jellal demanda, confus : -Que s'est-il passé Juvia ?

-Votre cher conseiller, fidèle à lui-même, a répandu une rumeur ignoble. Maintenant tout le royaume pense que vous et moi entretenons une liaison secrète.

Jellal écarquilla les yeux, et eut du mal à articuler :

-Il a… Tu es sûr que c'est lui qui…

-Qui d'autre Majesté ?

Le souverain hocha la tête et en se levant, il dit :

-Allons lui demander des explications. Il s'entraîne avec Cobra en ce moment même.

Les trois quittèrent le bureau et se dirigèrent vers le terrain régulièrement utilisé par Cobra et Grey. Dès leur arrivée, le second de Hughes les aperçut et remarqua l'aura noir que Juvia dégageait. Il savait que rester dans les parages n'était pas une bonne idée, c'est pourquoi il interrompit l'entraînement et prit la fuite rapidement.

Grey était dorénavant seul face au Roi, à la commandante et sa seconde. Celle-ci ne tint plus et commença avec colère :

-On a toujours fait semblant de ne rien voir Grey, mais maintenant c'est plus possible ! Nous savons que c'est toi qui répands toutes les rumeurs, inutile de l'esquiver !

Grey était parfaitement calme et affichait un sérieux préoccupant. Il répondit : -En effet, la plupart des rumeurs viennent de moi. Y compris la dernière en date.

Jellal intervint avant que Juvia n'explose : -Mais pourquoi !? Cette fois-ci c'est Juvia qui est concernée. Grey, je n'ai jamais rien dit pour les autres rumeurs. Mais là j'aimerais comprendre ! Surtout que cette rumeur est totalement fausse !

Toujours aussi calme, Grey rétorqua :

-Alors vous n'avez jamais deviné pourquoi je lançais les rumeurs ?

Juvia le coupa de plus en plus furieuse : -C'est évident, ça t'amuse beaucoup trop. Et je le reconnais, au début ça me faisait rire. Mais là, j'ai l'impression d'avoir fait quelque chose de grave. Les nobles et le domestiques me dévisagent et murmurent des choses que je n'ai pas envie d'entendre. Je ne suis pas une catin Grey !

Le conseiller réagit cette fois, et en fronçant les sourcils il déclara :

-Et toi tu penses que cela me plaît de répandre une rumeur sur une pseudo liaison entre mon meilleur ami et la femme que j'aime ? C'est vrai, je ne peux pas le nier, inventer des ragots m'amuse beaucoup. Mais essayez de voir les choses autrement. Et si chacun d'entre eux étaient voulus. Et s'ils étaient fomentés pour une raison bien précise.

-Le contrôle. Erza était restée un peu en retrait à l'arrière. Mais devina où voulait en venir le conseiller.

-Exactement. Avoir le contrôle sur les rumeurs, c'est devancer les ennemis. J'ai toujours agi avant eux. Ainsi je choisissais les directions que devaient prendre les informations normalement nocives pour le Roi. Je suis l'unique instigateur des racontars du royaume. Et ce simple fait, fait de moi le fil conducteur de toutes les conversations existantes dans ce château. Bastia ne pourra jamais t'atteindre à travers les commérages. Car j'en ai déjà le contrôle.

Un silence s'installa après le monologue de Grey. Les trois, normalement venus régler le compte du conseiller, méditaient maintenant ses paroles. Il les avait laissés pantois, en les surprenant par tant de malice. Jellal se mit soudainement à sourire, mais ce ne fut pas le cas de Juvia.

-J'entends bien ce que tu dis et c'est vraiment brillant. Mais je ne comprends pas pourquoi tu m'impliques moi !

-Parce qu'aucun homme ne s'approchera de toi s'il sait que tu appartiens déjà au Roi, sourit fièrement le conseiller.

-Par jalousie !? La seconde avait retrouvé sa colère du début.

-J'allais dire prudence, mais jalousie marche aussi. Mest n'a qu'à bien se tenir.

Juvia et Grey se fixèrent un moment dans un combat de regard acharné. La seconde finit par soupirer de lassitude et dit :

-Il a fallu que la deuxième personne la plus puissante d'Edolas soit la plus grosse commère jamais vue. Votre choix s'est porté sur lui Majesté, j'espère que vous assumerez jusqu'au bout.

Elle partit ensuite avec un tout petit sourire que Grey vit tout de même. Le conseiller décida de poursuivre la seconde et laissa le Roi et la commandante ensemble.

Le silence plana entre eux où Jellal cherchait consciencieusement ses mots. C'est elle pourtant qui commença :

-Votre conseiller est très doué.

-Je suis d'accord. Je suis très fier de l'avoir à mes côtés. Il n'est d'ailleurs pas le seul. Un autre silence s'installa, mais celui-ci était plus reposant. Le souverain dit enfin : Je suis désolé Erza. Désolé de m'être absenté ainsi. Mais je te promets que cela ne se reproduira plus jamais.

-Si je ne vous ai rien dit ce n'est pas par indifférence. Mais parce que je vous savais capable de rebondir tout seul. Maintenant que c'est fait, vous devez avancer, car bientôt vous n'aurez plus besoin de moi.

-Tu te trompes. J'aurai toujours besoin de toi.

Jellal avait dit ses mots sans hésitation. Et Erza le savait très sérieux. Une part d'elle ressentit une chaleur nouvelle, que seul Jellal était capable de provoquer.

*…*

Meredy avait passé la journée aux côtés du Roi. Il semblait aller mieux, et elle voyait bien qu'il s'impliquait dans leur relation. Cependant, quelque chose avait changé dans son regard, et étrangement elle n'en fut pas troublée. Elle sentait qu'elle aussi avait changé, que depuis l'éloignement du Roi, elle voyait les choses plus clairement. Et s'est en y songeant qu'elle plongea sa main dans la plus grande fontaine du royaume.

-Comtesse, vous n'auriez pas vu Mest par hasard ?

Leon s'était approché d'elle avec hésitation.

-Je l'ai vu dans le couloir Est, en sortant du bureau du Roi. Je ne sais pas par où il allait, répondit Meredy avec un sourire.

-Celui-là alors. Je suis persuadé qu'il cherchait Juvia, soupira le Marquis.

-Il ne faut pas lui en vouloir. Mais à propos de lui, depuis combien de temps le connaissez-vous ?

-Un peu plus de deux ans. Avant ça, il était un simple soldat de Déliora. Et c'est en le voyant combattre que je lui ai proposé de devenir mon second, expliqua le commandant.

-Eh bien monsieur, vous avez eu l'œil. En plus d'être un excellent second, c'est un homme bien. Les hommes de Déliora doivent tous être ainsi j'imagine. Mais ce qui m'étonne c'est que votre nom de famille a une consonance tout autre. Excusez-moi si jamais je suis indiscrète, mais le nom Bastia est très familier dans les terres de Zendor.

Le commandant de Déliora marqua un petit silence en prenant place à côté de la comtesse. Il déclara alors :

-Durant notre dernière discussion vous m'avez avoué que vous portiez Edolas dans votre cœur, au même titre que Zendor. Eh bien, je vous confesse à mon tour que j'aime autant Zendor qu'Edolas. Il se trouve que ma mère venait de votre magnifique province. Mon père a pris le nom de ma mère lorsqu'ils se sont mariés. En effet, il vient d'une très vieille famille d'Edolas, mais n'a jamais eu de très bonne relation avec elle. Il avait donc préféré prendre le nom Bastia pour se distinguer d'eux. Et donc, dans ma jeunesse, nous nous y rendions beaucoup. Tellement que je considère toujours Zendor comme mon chez-moi. Vous pouvez aisément imaginer ma joie lorsque l'on m'a annoncé que le nouveau Roi d'Edolas avait fait un traité avec le Seigneur Darick, votre père. J'eu rapidement l'envie de rencontrer se faiseur de miracle pour le remercier.

-L'avez-vous fait ? Le remercier.

-Hélas, non.

Meredy sonda le Marquis et dit :

-J'ai comme l'impression que vous n'entretenez pas une très bonne relation avec le Roi.

-J'ai bien peur que vous ayez raison, admit à regret Leon.

-Vous ne l'appréciez pas ?

-Ce n'est pas exactement cela. J'ai énormément de respect pour lui. Il a rendu Edolas encore plus beau qu'il ne l'était déjà. Et il existe plusieurs raisons pour lesquelles je lui en suis reconnaissant. Mais, c'est un homme qui détient beaucoup de choses qui me sont, malencontreusement, inaccessibles.

Beaucoup trop curieuse, Meredy osa demander : -Quelles sont-elles ?

-Le charisme d'un Roi. L'attention de mon père. Une garde-robe ombrageuse. Et l'attention de la femme que j'aime.

Même si le Marquis avait eu un ton ironique, Meredy ne put s'empêcher de ressentir de la tristesse pour lui.

-Je peux vous comprendre, mais cette situation est difficile pour tous. Depuis le décès de son père, le Roi sombre dans une mélancolie compréhensible. Il est normal, je pense, que la commandante Knightwalker soit très distraite par lui.

-Il est vrai.

La moue de Leon fit sourire la comtesse qui rétorqua :

-Alors vous êtes de nature jalouse ? Je ne vous voyais pas comme cela.

Leon répondit énigmatiquement : -Chaque homme à ses vices. Le mien est d'aimer les choses que j'admire.

Meredy fut troublée par cette réponse aux allures mélancoliques. Leon semblait profondément blessé par une incision vive qui ne voulait pas cicatriser. Le Marquis l'avait touché au plus profond de son être. Comme s'il lui délivrait une partie cryptée de son âme. Et une envie irrépressible étreignit la comtesse, celle de vouloir la résoudre.

*…*

Comme toujours dans son bureau, Jellal n'arrivait pas à se concentrer sur son travail. Grey avait réussi à lui épargner une nouvelle réunion du conseil. Le souverain ne se sentait pas d'attaque à affronter le Duc, qui avait découvert son inclinaison récente. Mais il savait aussi qu'Erza en subirait les conséquences, et que les subordonnées de Bastia s'en prendraient à elle indirectement. Ou directement pour les plus audacieux.

Jellal attendit un très long moment le retour de Grey et ne perdit pas une seconde lorsque le conseiller franchit la porte.

-Alors, comment cela s'est-il passé ?

-Doucement. J'ai besoin d'un peu de répit après m'être coltiné la noblesse crétine de notre beau pays. Grey s'installa derrière son bureau et mit ses pieds dessus.

-Qu'est-ce qui est arrivé ?

-Comme d'habitude. Ils parlent beaucoup, pour ne rien dire. D'ailleurs ils ont insisté pour que tu annonces rapidement tes fiançailles avec la comtesse Meredy. Les pauvres, s'ils savaient.

Jellal ne prit pas en compte la pique de son ami et demanda : -Quoi d'autre ? Comment cela s'est passé avec Erza ? Je me doute qu'ils l'ont bousculé.

-Ils ont essayé en effet. Je ne me rappelle pas avoir autant rit dans un conseil royal.

Jellal fut rassuré de voir qu'Erza ne se laisserait jamais faire, face à ces addicts du pouvoir.

-Quelle était l'attitude de Bastia ?

Grey réfléchit puis dit : -Fidèle à lui-même. Il était très à l'aise et affichait un sourire d'une personne avec le savoir absolu. Je donnerais n'importe quoi pour le lui enlever.

-Je te comprends. J'avais la même envie la dernière fois que nous nous sommes parlés.

Un petit silence plana puis Grey interrogea :

-Il a parlé de plusieurs objectifs, et qu'il en avait déjà atteint un. Donc, le fait que tu sois amoureux d'Erza en fait partie. Mais je ne comprends pas sa façon de penser. Déjà, qu'est ce qui pourrait t'atteindre ? Tu es le Roi, et ta puissance est sans équivoque. Alors qu'est-ce qu'il pourrait préparer pour mettre fin à ton règne ? Ça de côté, je ne vois pas en quoi savoir que tu aimes Erza, va l'aider dans sa prise de pouvoir.

-Je n'ai aucune réponse à ces questions. C'est peut-être cela qui le rend si dangereux. Cela, mais aussi le fait que le seul ennemi qu'on devra affronter fait partie du peuple d'Edolas. Notre adversaire se trouve en son sein même. Ce qui veut dire que si un combat éclate, Edolas sera déchiré en deux.

Les deux hommes ne rajoutèrent plus rien et se plongèrent dans leurs pensées. Mais une intervention étrange les firent sursauter et arborer une expression interrogative. En effet, Lucy venait de débouler dans le bureau du Roi sans avoir toqué. Elle était accompagnée de Natsu, Levy et Gajil, et ils affichaient tous une expression bouleversée et choquée. Jellal comprit que la mission secrète qu'il leur avait donnée, avait eu un résultat encore plus préoccupant qu'il ne le soupçonnait. Et le souverain et son conseiller eurent un étrange pressentiment lorsque Lucy leur déclara avec inquiétude :

-Majesté, cette histoire est plus urgente que ce que vous pensiez.