Bonjour, Bonsoir. Il y a eu un gros problème au niveau du site . En effet, le chapitre 22, que j'ai posté le 1 Novembre, ne s'est pas affiché sur le site internet. Je m'excuse grandement, malgré ma tentative de contacter l'assistance du site. Si jamais vous tombez sur le chapitre 23 sans avoir lu le chapitre 22, veuillez me contacter pour que j'essaye de régler le problème. Mon petit message passé ! Éclatez-vous et bonne lecture !
Chapitre 23 : Arbaless
Cette matinée était particulièrement plaisante. En effet, le Roi et ses conseillers mangeaient tous ensemble le petit-déjeuner dans une ambiance détendue. Cela n'était pas arrivé depuis longtemps, et la seule chose qu'ils regrettaient, c'était l'absence de Zeref.
-C'est vraiment dommage que Zeref ne soit pas là. Juvia se tartinait une tartine de beurre.
-Il m'a dit qu'il serait de retour dans deux jours, continua Jellal à la suite de Juvia.
-Son départ ne m'a pas facilité la tâche. Je dois lui transmettre un nombre pas possible de documents, et ils sont tellement importants que je dois me déplacer jusqu'à Arbaless. Sugar Boy soupira en imaginant la route qui l'attendait.
-Zeref fait toujours les allers-retours entre ici et sa terre. Pour une fois que c'est toi qui te déplaces, rétorqua Erza.
-D'ailleurs tu te plains, mais tu auras l'occasion de voir Mavis. Passe-lui le bonjour de notre part, poursuivit le commandant de la troisième division.
-De toutes façons, nous la verrons certainement lors du prochain bal organisé, rassura son ami blond.
-En parlant du bal, j'ai entendu dire que le Marquis Bastia allait utiliser cette réception pour annoncer ses fiançailles. C'est vrai ?
Cobra venait de jeter un froid dans la salle du repas. Plus personne n'osait respirer. Principalement Cobra qui s'était rendu compte trop tard de son erreur. Et les autres ne l'aidaient vraiment pas avec la désapprobation qu'affichait leurs têtes. Mais, la réaction de Jellal, les surprirent, alors qu'il se remettait à manger :
-Ne faites pas ces têtes, ce n'est pas un sujet tabou. Même si l'un d'entre nous est clairement concerné.
Ébahi, la seule chose que Grey réussit à dire fut : -Oh la boulette.
De son côté, Erza avait levé un sourcil en observant le souverain.
-Je vous demande pardon ?
-Je dis simplement que les fiançailles du Marquis te concerne. C'est une réalité, tu es la seule prétendante…
Erza coupa le Roi : -Au titre de femme du Marquis ? Déjà pour commencer, c'est un sujet qui ne vous concerne absolument pas. Et puis vous êtes bien placé pour parler de lui, alors que vous avez…
Ce fut au tour du souverain de la couper : -Meredy ? Je pense avoir été assez clair lorsque je me suis déclaré à toi.
-Déclaration ou non, vous avez des devoirs en tant que souverain. Vous ne pouvez pas espérer vous marier avec celle que vous aimez. Je pense d'ailleurs que la comtesse n'est pas…
-N'est pas le pire choix que je ferai ? Mais c'est inhumain ! Alors quoi ? Je me mari avec elle par convenance alors que je pense à une autre femme !? Meredy mérite beaucoup mieux que cela !
En voyant que le ton montait, mais que surtout, les deux finissaient les phrases de l'autre, Grey rétorqua :
-Alors c'est quoi la prochaine étape ? Vous nous faites un bébé ?
Le Roi et la commandante se tournèrent d'un coup vers le conseiller en le fusillant du regard. Mais, alors que Grey pensait qu'il allait se faire crucifier, les deux reportèrent leur attention sur leur dispute et continuèrent leur joute verbale. Comme si Grey n'était jamais intervenu.
-Laisse tomber Grey. Ils ont activé le mode « moment blanc », impossible pour nous de communiquer avec eux, le prévint la seconde.
Le conseiller et ceux extérieurs à la dispute, finirent par s'éclipser.
-La question est pourtant simple. Comment va finir cette histoire ? Jellal s'était levé à l'instar de la rousse.
-Et je vous le répète, comment pourrais-je le savoir ?
-Ne me force pas à poser cette question, Erza !
-Que dois-je faire !? Dites-moi ! Cette conversation tourne en rond ! D'un côté Leon, de l'autre Meredy ! Vous m'avez posé la question, alors je vous la repose, comment cette histoire va finir !?
-Je n'ai qu'une réponse, et elle est beaucoup trop douloureuse pour que je te l'expose. Jellal s'était calmé, ce qui fit baisser la tension dans la pièce.
-Je détesterai vous voir vous effondrer. Edolas a besoin d'un souverain fort. Qu'adviendra-t-il de lui si vous vous laissez avoir par vos émotions ?
-Je ne sais pas ce qui m'attends, mais prendre en compte mes émotions fait partie de ce que je suis.
-Si vous n'arrivez pas à mettre de l'ordre dans votre esprit et à prendre les bonnes décisions, le royaume courra à sa perte. Et s'il le faut, quelqu'un devra prendre des décisions à votre place.
-Oh Erza, la seule personne que j'ai envie de voir prendre des décisions à ma place c'est toi. Mais tu n'es pas ma femme.
Erza se figea devant ses paroles si incisives, mais pourtant si vraies. La rousse n'eut, cependant que la colère comme alliée, et s'en alla d'un pas rapide. Elle avait tourné le dos à son Roi sans se retourner, et était bien décidée à tuer n'importe qui se mettant sur son chemin. La commandante se sentait étouffée par les murs de ce château. Et avec une idée bien précise en tête, elle se dirigea vers ses appartements, espérant trouver la personne qu'elle cherchait. Assis sur l'un des bancs de la cour, Sugar Boy discutait gaiement avec Hughes et Cobra. La rousse ne se gêna pas pour interrompre leur conversation et demanda d'une voix dure :
-Passe-moi les documents que tu dois transmettre à Zeref. Je vais à Arbaless à ta place.
*…*
Erza galopait à toute allure vers la demeure du comte Zeref. La terre d'Arbaless se trouvait à deux heures de la capitale, et en six ans de carrière de commandante, c'était la première fois qu'elle s'y rendait. La colère contre le Roi, s'effaça un peu lorsqu'elle vit le paysage fleurie et gracieux d'Arbaless. Erza voyait bien que Zeref prenait soin de sa terre, et que Mavis y mettait souvent son grain de sel. La commandante reconnaissait sans peine l'intervention de la comtesse, car le paysage était presque à son image : doux et charmant. Elle sourit en remarquant les champs de Roses Blanches, les préférés de Mavis.
Son cheval se stoppa devant le manoir, où un domestique l'accueillit. Il récupéra les rênes et lui montra la porte d'entrée. En passant la porte, Erza vit arriver Zeref qui la guida à l'extérieur, côté jardin.
-Merci d'être venu, commandante.
Zeref était le seul de tous les conseillers du Roi, à vouvoyer ses amis. Même Erza n'arrivait plus à utiliser ce genre de politesse. Et dû à son rang, le comte d'Arbaless avait gardé cette habitude.
-Ce n'est rien. Sugar Boy ne parlait plus que de ces documents qui nécessitaient ta signature.
-Cela m'étonne de ne pas le voir. Pourquoi vous a-t-il envoyé ?
Erza hésita, avant de répondre énigmatiquement :
-J'ai demandé à venir. Sugar Boy n'a pas eu la possibilité de protester.
Zeref l'observa un petit moment avant de récupérer les documents :
-Il me reste beaucoup de travails en plus de ces documents, je dois donc vous laisser. Je vous propose de rester plus longtemps, et dîner avec nous ce soir. En attendant, même si les jardins d'Arbaless n'ont rien d'équivalent à ceux d'Edolas, ils ont de bonnes chances de vous plaire.
Le comte s'inclina légèrement et rentra à l'intérieur du manoir. Maintenant seule, Erza se leva et arpenta les jardins, comme Zeref le lui avait suggéré. Et celui-ci s'était largement trompé, les jardins d'Arbaless étaient tout autant magnifiques que ceux d'Edolas. Et son respect pour les dirigeants de cette terre, fut accrus en ressentant l'implication qu'ils mettaient dans l'entretiens de leur demeure.
La commandante décida de s'arrêter près d'un coin d'eau. Le ruisseau était entouré par un champ de fleurs colorés. Les rayons du soleil se reflétaient sur l'eau et auréolaient ce paysage singulier. Erza se sentait comme appartenant à ce sanctuaire naturel, où la verdure veillait jalousement à la tranquillité apaisante de l'endroit. Elle prit place sur l'un des rochers, emplacement idéal pour contempler ce trésor de la nature. Mais la solitude exigeait le questionnement interne, et pendant un instant, Erza voulu quitter ce havre de paix.
Mais la présence d'une personne familière, la convainquit de rester. Elle sourit en voyant approcher Mavis, les pieds nus et une fleur délicatement posée sur son oreille. La comtesse prit place à côté d'elle, et observa, à son tour, le paysage devant.
-Je suis plus que ravie de vous accueillir chez moi commandante. J'ai l'espoir future d'inviter tous vos amis séjourner dans mon humble demeure. J'espère que vous leur vanterez cet endroit, ils auront alors une bonne raison de venir, commença Mavis avec un sourire.
-Je n'aurai pas à intervenir. Ils étaient tous vert de jalousie en apprenant que j'allais à Arbaless. Ils vous passent tous le bonjour d'ailleurs.
Mavis émit un petit rire et déclara : -Ce que j'aime leur compagnie. Vous devez être graciées d'être aussi bien entourée. Je m'ennuie affreusement lorsque Zeref n'est pas là. Le pauvre, je m'en veux de le voir courir entre ici et le château.
Erza la rassura en voyant sa petite moue : -Ne vous tourmentez pas, il est plus qu'heureux de sa condition. Et vous devriez voir son sourire lorsqu'il se prépare pour rentrer.
Un silence reposant s'installa entre les deux femmes. Mais l'esprit d'Erza se remit à penser et elle lâcha un soupire lasse.
-J'imagine que vous n'avez pas envie d'en parler ?
-…
-Zeref m'a parlé des derniers évènements qui se sont déroulés au château. Je ne suis, peut-être pas très proche de vous, mais je pense que c'est justement ce dont vous avez besoin.
Mavis patienta un moment avant qu'Erza ne commence :
-Je ne suis pas très douée pour ces choses. Je n'ai jamais appris à parler à « cœur ouvert », comme beaucoup y arrive. Mais surtout, vous êtes comtesse. Et je ne suis qu'une commandante, qui ne maîtrise pas bien la subtilité.
-En ce lieu je ne suis personne. La nature est la seule chose qui détrône les hommes de leurs rangs. Elle est majestueuse et spirituelle, et restera à jamais la plus grande nécessitée de l'être humain. Face à elle, entourée par ses miracles, je ne suis que Mavis. Et vous, simplement Erza.
Durant son explication, des oiseaux s'étaient posés près de la comtesse. Erza en aurait souri si son esprit ne triait pas ses pensées. Mavis était un être unique, qui contenait toute la joie et la pureté du monde. C'est pourquoi, elle eut tant de mal à se mettre à parler.
-Mon esprit est tourmenté par plusieurs facteurs apparus récemment. Et dès l'instant où je commençais à vivre avec, mes erreurs du passé m'ont rattrapé. C'est une véritable torture de rester immobile et d'attendre patiemment que les prisonniers de Bastia soient libérés. J'ai confiance en la première division, mais ne pas agir par moi-même me frustre et m'empoisonne l'esprit. Erza marqua un silence, puis continua : Vous devez aussi savoir que dans quelques semaines aura lieu un bal. Il a été décidé que le Marquis ferait sa demande en mariage ce soir-là. Je ne lui en veux pas. C'est un homme qui a toujours privilégié son devoir et je le respecte pour ça. Mais un sentiment de malaise me poursuit depuis que je me suis rendu compte de l'ampleur qu'avait pris notre relation. Car même si consciemment, j'acceptais le fait que Leon et moi soyons plus que des amis, inconsciemment mon… Erza hésita à le dire : Mon trouble pour le Roi effaçait tout le reste. Et même en sachant, et en essayant d'y remédier, ce trouble primait à chaque fois.
C'est lorsque Erza s'arrêta quelques secondes que Mavis comprit qu'elle devait parler :
-J'ai été bouleversé en apprenant le réel dessin du Duc Bastia. C'est un homme vil, aveuglé par sa soif de pouvoir. Et j'ai cru que vous l'étiez aussi, au temps de Faust. Mais, ma peur de la noirceur de ce monde, ma paralysée et j'ai commis l'irréparable erreur de mal vous juger. Aujourd'hui, en connaissant l'histoire dans son ensemble, j'ai pris la décision de me défaire de ces peurs. Erza, personne n'a le droit de juger les actes que vous avez commis. Car personne n'a été à la place que vous teniez. L'homme se révèle en vivant, et du peu que j'ai vu de votre vie, je pense que vous avez fait de votre mieux. Et il n'y a aucune honte à avoir pour cela. Mais j'ai comme le sentiment que la raison pour laquelle vous vous êtes déplacée jusqu'ici, c'est l'histoire, plus que complexe, qu'il y a entre le Roi, le Marquis Bastia, la comtesse Meredy et vous-même. Je ne connais pas les détails de vos étranges relations. Mais il est clair qu'au moins trois d'entre vous connaissent leur propre sentiment. Je ne vous cache pas mon savoir sur l'inclination du Roi à votre égard, ni celle de la comtesse Meredy sur le sien. Et il me semble, que le Marquis entretient aussi une forte affection pour vous. Ce que j'aimerai comprendre, c'est quels sont vos sentiments dans toute cette histoire.
-Mes sentiments ? Erza semblait déconnectée de la réalité. Elle buvait les paroles de la comtesse, qui était la seule véritable personne qui arrivait à la sortir de son impassibilité.
-Commandante, quelle question êtes-vous venue résoudre ?
La rousse tourna la tête vers Mavis qui avait un visage si chaleureux et bienveillant qu'elle n'hésita plus :
-L'attirance que je ressens pour le Roi, est-elle la seule raison pour laquelle je n'arrive pas à mettre de l'ordre dans mes sentiments ?
La comtesse sourit, satisfaite de voir qu'Erza se livrait enfin. Elle inspira longuement et déclara :
-Il existe toutes sortes d'amour. Et l'amour charnel en fait partie. Il est peut-être celui qui est le plus trompeur, celui qui nous fait oublier la raison et le contrôle. Et pourtant, l'homme ne peut le refréner, il en est addicte comme une abeille avec le pollen de fleurs. Cependant, même si le désir participe à l'éclosion de l'Amour sincère, il n'en est pas l'engrais. Plus encore, le désir charnel est incontrôlable sans Amour sincère, car il n'est jamais rassasié. Alors que deux personnes s'aimant sincèrement, vont trouver leur résonance dans le partage de cet amour. Il m'est impossible de vous cacher qu'un désir charnel, même marier, est aussi important qu'une expression de son affection à l'autre. Mais ce sentiment et les sensations qui s'y accrochent ne valent pas un instant les regards que nous nous échangeons, ni la satisfaction de voir que l'être aimé est heureux. Si mes paroles font résonance avec vos pensées, c'est que votre question du début est tout autre. Il n'est pas impossible pour vous de ressentir du désir, même pour la personne la plus inattendu qui soit. Mais ce sentiment prime-t-il sur d'autres que j'aurais pu évoquer par le passé ? Erza, il n'y a aucune honte à avoir. Le Roi est un homme droit et juste, mais selon moi, ce qui le rend meilleur, ce sont ses sentiments pour vous. Croyez-moi, car jamais je n'avais vu un homme aussi soucieux du bonheur d'un autre. Alors ici la question n'est pas de savoir si cette attirance physique, qui vous tiraille et vous mène la vie dure, vous empêche de ressentir correctement. Votre esprit et votre cœur n'attendent plus que votre approbation pour se lier. Mais malheureusement, vous avez cette partie en vous qui refuse sans cesse cette évidence même.
-Quelle partie ?
-Commandante, si le Roi vous fait autant d'effet, ce n'est pas pour rien. Et plus le temps passera, plus il vous en fera. Car ce n'est pas vos « hormones » qui vous guide lorsqu'il s'agit de lui, mais votre cœur. Et cette partie de vous ne veut pas que vous vous en rendiez compte.
-Pourquoi ? Ce n'était pas une vraie question, les deux femmes le savaient bien.
Mavis y répondit toutefois : -Votre culpabilité et votre rang. La comtesse se stoppa quelques secondes avant de reprendre : Selon vous, vos actions passées ne sont pas à la hauteur, ou ne méritent pas un homme aussi noble. Et de surcroît, sa noblesse est aussi un frein à votre statut de commandante. Comprenez Erza, cette partie qui mène votre être, a tout autant que le reste, un attachement particulier pour le Roi. Et la seule manière pour elle de l'affronter, c'est de transformer ce trouble en désir. Mais comme je l'ai dit plutôt, il n'en sera jamais rassasié. Vous serez toujours insatisfaite et vous commencerez à en souffrir.
-Et que suis-je censée faire pour y remédier ?
-Arrêtez de vous mentir Erza. Ce poids en sera moins lourd, et peut-être même que vous arriverez à vivre avec.
Les deux femmes furent distraites par la présence d'un chat, venu s'abreuver à la rivière. Et en observant l'animal, Erza expira et finit par dire :
-Arrêtez de me mentir. Et comme si la commandante venait de se donner un ordre, elle avoua : Jellal a pris possession de mes émotions. Et encore plus depuis qu'il s'est déclaré à moi. Cet imbécile aurait dû se taire. La comtesse sourit, amusée. Erza termina alors : Merci Mavis.
La commandante et la comtesse profitèrent du silence un moment avant de retourner au manoir. Erza resta dîner avec les Dradenger, avant de retourner au château.
La rousse n'avait jamais eu les idées aussi claires depuis longtemps. Dès qu'elle descendit de son cheval, elle parcourut les couloirs du palais. Et comme un peu plus tôt dans la journée, elle trouva la personne qu'elle cherchait. Et sans même la saluer, elle lui dit :
-Il faut que nous parlions.
