Bonjour, Bonsoir. J'espère que tout le monde va bien ! La suite est juste en bas, je vous laisse donc savourer. Éclatez-vous et bonne lecture !

Chapitre 26 : Reste en vie

Jellal se dirigeait vers la salle de bal, en s'arrangeant les cheveux. Grey l'avait devancé, car Juvia lui avait demandé de l'accompagner. Le souverain n'avait jamais vu son conseiller aussi excité pour un bal. Jellal aussi était impatient de s'y rendre, car alors que la précédente réception avait amené une ambiance maussade, celle-ci célébrait un évènement attendu par tous. Lorsqu'il arriva devant la porte, il remarqua que quelqu'un s'y tenait, et observait discrètement l'intérieur de la salle. Une longue robe rouge, fendue sur le côté droit. Ses cheveux attachés vers le haut, avec quelques mèches rebelles éparpillées. Erza était sublime, et Jellal la détailla un long moment avant qu'elle ne se retourne et le remarque.

-Oui je sais, je suis ridicule, commença-t-elle en soupirant.

-Ce… Ce n'est pas les mots que j'emploierai, pour être parfaitement honnête.

Erza se mordit la joue et fit presque suppliante :

-Je n'ai pas envie d'y aller.

Le souverain répliqua aussitôt : -Et je n'ai pas envie que tu y ailles.

La rousse arqua un sourcil et sourit légèrement. Jellal s'avança vers elle, tout aussi amusé, et lui tendit son bras. Elle hésita une seconde, mais finit par l'accepter. Les deux entrèrent ensemble dans la salle de bal pour se séparer et emprunter un escalier chacun.

Le Roi et la commandante furent rejoints par Juvia et Grey qui dansaient depuis le début de la soirée. Ils accueillirent affablement le Seigneur Darick, qui avait été très favorable à l'union de sa fille avec le Marquis de Déliora. Les deux s'étaient rencontrés, alors que le futur gendre se rendait avec sa promise, demander la main de celle-ci officiellement. Le dirigeant de Zendor avait vite été convaincu lorsque Leon lui affirma que sa mère venait de cette même contrée. L'homme d'âge mûr avait cependant envoyé une missive au Roi d'Edolas pour savoir si celui-ci ne s'opposait pas à cette union. Jellal lui ayant répondu favorablement - il avait même insisté pour préparer ce bal de fiançailles – le Seigneur ne put qu'admirer les sentiments profonds que les deux futurs mariés partageaient. Ceux-ci finirent par arriver, et ils créèrent une véritable euphorie dans la salle. Leon pétillait de bonheur, et Meredy plus timide, n'avait rien à envier à l'expression de ses sentiments de l'homme dont elle était amoureuse. Ils remercièrent chaleureusement le Roi pour son dévouement à la préparation de l'évènement, puis partirent s'amuser sur la piste de danse.

Cependant, le bonheur de la soirée fut coupé par la venue du Duc Bastia. Celui-ci était élégamment vêtu et se distinguait des autres invités par son aura glaciale et son sourire condescendant. Leon préféra l'ignorer, malgré les protestations de sa belle. La comtesse de Zendor s'en voulait d'avoir été l'une des instigatrices de l'éloignement du père et du fils. Le Marquis, de son côté, fit de son mieux pour la rassurer, en lui disant que la seule chose qui les avait réellement séparés ce fut leur propre égoïsme, et certainement pas sa présence si chaleureuse.

Jellal aussi avait repéré le Duc, qui se faisait un malin plaisir à lui faire savoir qu'il était là. Pour se changer les idées le souverain faisait le tour de la salle en saluant ceux qu'il connaissait. Son chemin l'avait mené tout naturellement vers la commandante, qui semblait, elle aussi, surveiller les faits et gestes du Duc.

-Tu peux arrêter d'être sur tes gardes. Nous sommes dans un bal, je vois mal ce qui pourrait arriver. Jellal fixait le verre plein dans la main de la rousse, et enviait celle-ci.

-C'est avec ce genre de pensées qu'il arrive des malheurs. Vous parlez toujours trop vite, et le destin adore vous le faire savoir, rétorqua Erza toujours en observant Bastia.

-Moi je dis que tu t'inquiètes trop. Il est à découvert, il ne peut donc rien faire, déclara négligemment le souverain.

Et alors qu'Erza soupira, une personne se fondant dans la masse, mit un morceau de papier dans la main du Roi. Celui-ci fit comme si de rien n'était et lut discrètement la note. Impassible, Jellal releva la tête et dévisagea la rousse un long moment. Il dit dans un murmure : Merci Memory. Son regard se détourna d'elle pour se fixer sur le Duc, qui l'intercepta et lui sourit mauvaisement.

Et alors qu'Erza allait prendre une gorgée de sa boisson, Jellal le prit brusquement et bu le verre à sa place. Excédée, la commandante étouffa un juron devant l'air innocent de son souverain, et se détourna de lui pour chercher un autre verre. Il ne fallut que quelques secondes pour qu'elle réalise l'action du Roi, si inhabituelle. Son instinct lui cria de se retourner et lorsqu'elle le fit, son être entier se pétrifia. Le Roi était au sol, prit de spasmes inexplicables. Et avec l'unique petite lueur de conscience qu'il lui restait, Erza cria :

-Un médecin !

*…*

Tous les conseillers proches du Roi attendaient dans les appartements royaux. Assis devant la porte de la chambre du souverain, chacun attendait impatiemment de ses nouvelles. Dès que le crie d'Erza avait résonnait dans la salle, Grey s'était précipité vers la masse de nobles qui arboraient des expressions choquées et confuses. Il avait vu pour la première fois depuis qu'il la connaissait, la panique dans le regard de la commandante. Mais c'était surtout sa propre panique qu'il avait senti lorsqu'il vit son plus proche ami, étendu sur le sol, inconscient. Il avait rapidement été rejoint par Hughes, Sugar Boy, Cobra et Zeref, qui l'aidèrent à porter Jellal jusqu'à ses appartements. De son côté Juvia n'avait pas perdu de temps, et après avoir averti le médecin royal, elle rejoignit Erza qui suivait le Roi.

Yukino Agmentis, soldat de la quatrième division des armées d'Edolas, et meilleure médecin de la capitale, sortit de la chambre du Roi. Elle ne tarda pas à expliquer la situation, et les autres lui en furent très reconnaissants.

-Empoisonnement. C'est un poison qui agit instantanément, c'est pourquoi il a dû boire ou manger quelque chose juste avant son évanouissement. Vous avez très bien réagi. Un peu plus et les effets étaient irréversibles.

-Comment va-t-il ? Il va s'en sortir ? Coupa Grey très inquiet.

-Son état s'est stabilisé, et oui il va s'en sortir. Il risque cependant d'être très faible les prochaines semaines. Yukino observa les mines douloureuses des proches du Roi et baissa la tête en signe de compassion. Elle termina en disant : Je vais parler au soldat en chef qui est de garde, pour l'enquête à mener. Il mettra certainement un soldat ou deux en charge de la protection du Roi. En attendant, vous pouvez le voir.

Il n'en fallut pas plus pour qu'ils se précipitent dans la chambre. Jellal était alité, les sourcils froncés, suant à grosses gouttes. Personne ne l'avait vu aussi vulnérable, même Grey qui le connaissait depuis si longtemps. Il y avait un siège près du souverain et instinctivement tous laissèrent la place à Erza. Celle-ci s'était d'ailleurs avancée le plus, et en comprenant l'attention des autres, elle prit place sur le siège. La tension d'inquiétude redescendit doucement alors qu'un nouveau sentiment prenait place. Les conseillers proches du Roi d'Edolas étaient en colère.

-Alors voilà comment Bastia a voulu s'y prendre ? En quoi assassiner Jellal lui permettra d'accéder au trône ? Grey avait la mâchoire serrée.

-Tu te trompes. Bastia n'a pas essayé de tuer le Roi. Mais moi. La commandante était comme absente, et son attention n'était dirigée que vers le souverain.

Juvia s'avança un peu et en fronçant les sourcils, elle demanda :

-Erza, que veux-tu dire ?

Après un moment de silence Erza finit par répondre :

-Le verre, il était à moi. Le Roi a appris, je ne sais comment, que mon verre contenait du poison. À l'instant même où j'allais en boire une gorgée, il me l'a pris des mains et l'a bu sans hésitation. Le poison m'était destiné, mais le Roi en a décidé autrement.

Le ton froid et dure de la commandante fit frissonner les hommes de la pièce. Juvia eut un regard encore plus inquiet et rétorqua :

-Alors si je comprends bien, le Duc voulait te tuer. Si tu venais à mourir, le Roi s'effondrerait et Bastia gagnerait de cette manière. C'est pourquoi il a pris cette décision, car quoi qu'il se passe, Bastia ne peut pas s'attaquer directement à lui. Alors en plus de te sauver toi, il a fait commettre la première erreur du Duc.

-En mettant sa vie en danger ! Il aurait pu mourir ! C'était stupide et inconscient ! Ce n'était pas digne d'un Roi ! Erza n'avait pas bougé de son siège, mais avait bien haussé le ton.

Juvia ne se démonta pas et continua dans le même état qu'elle :

-Bien au contraire et tu le sais ! S'il ne l'avait pas fait, Bastia aurait trouvé un autre stratagème pour t'atteindre ! Mais maintenant que son plan a failli, il va enchainer les erreurs ! Erza, Jellal en vie ! Cela démontre bien que même Bastia ne peut mettre en danger sa vie !

Erza ferma les yeux et secoua la tête de gauche à droite. Son cerveau était en ébullition alors que l'inquiétude et la colère menaient un combat acharné. Mais tout se stoppa lorsqu'elle entendit un gémissement de douleur et les draps recouvrant le Roi bouger. Jellal peinait à ouvrir les yeux, mais reconnut d'instinct la personne qui se trouvait à ses côtés.

-Er… Erza ? Tu… Tu n'as rien ?

La commandante serra la mâchoire, mais répondit avec la voix la plus douce qu'elle pouvait avoir :

-Je n'ai rien. Par contre, vous, vous êtes dans un sale état.

-Je vais bien. Tu… Tu t'inquiètes toujours trop.

Elle ne lui répondit rien, mais un petit sourire s'afficha sur son visage. Ce sourire était un mélange de bienveillance et d'amertume. Erza détestait se sentir impuissante, surtout maintenant. C'est pourquoi elle prit une décision. Elle se releva de son siège et se pencha vers Jellal. L'embrassant délicatement, elle lui dit dans un murmure :

-Reste en vie.

Le Roi s'était rendormi, alors qu'elle se dirigeait vers la porte, d'un pas déterminé. Juvia l'interpella :

-Erza, qu'est-ce que tu vas faire ?

-Quelque chose que j'aurai dû faire depuis longtemps. Je vais secourir les prisonniers de Bastia.

*…*

Lorsque Jellal se réveilla, la lumière venant de la fenêtre l'aveugla. Il voulut mettre une main devant ses yeux pour se protéger, mais son bras était trop lourd. En vérité, tout son corps lui faisait atrocement mal, comme s'il avait passé une semaine coincée sous un immense rocher. Il tenta tout de même de se relever, erreur qu'il regretta aussitôt. Mais il sentit quatre mains le tenir et le relever en douceur. Lorsqu'il fut bien installé, il se força à s'adapter à la luminosité. Et il soupira de soulagement en voyant qui était présent.

-Je… Je…

Jellal eut du mal à parler. C'est pourquoi l'une des personnes le coupa :

-Majesté, allez-y doucement. Votre voix doit se réadapter. Shadow était soucieux. En réalité, les neuf membres de la première division des armées d'Edolas l'étaient. Ils s'étaient tous arrangés pour se retrouver ensemble à veiller leur Roi. Et c'est à leur grand soulagement qu'il s'était réveillé.

-Dep… Depuis combien de temps ét… étais-je endormi ?

Sky décida d'y répondre : -Une semaine. Vous avez repris conscience deux ou trois fois.

Jellal se frotta l'œil avant de relever la tête et de fixer l'un d'eux : -Memory, tu n'as aucune raison de t'en vouloir. M… Merci de m'avoir averti. Je t'en serai à jamais reconnaissant. Memory s'en voulait affreusement, Jellal l'avait vu sur son visage. Le souverain continua : Que s'est-il passé ? En… En mon absence ?

La division s'échangea des regards et c'est leur chef qui déclara :

-Le peuple est très inquiet et attend de vos nouvelles. Les armées sont furieuses et attendent impatiemment que l'enquête sur votre empoisonnement soit résolue. Ils pourront se venger en bonne et due forme, ce sont leurs mots. Les nobles, de leur côté, sont très agités, ils craignent que si le Roi a été touché, eux aussi peuvent être atteint.

Shadow se tut ce qui fit froncer les sourcils de Jellal :

-C'est tout ? Et pour Bastia ? Et comment va Erza ?

Les neuf hésitaient beaucoup sur quoi dire au Roi. Celui-ci ordonna silencieusement qu'on lui apporte une explication. La voix de Gravity retentit pour la première fois :

-Bastia est retourné à Déliora. Dès que vous vous êtes effondré à la réception, il a pris la première voiture vers sa terre. Il n'était vraiment pas content, c'est pourquoi je pense qu'il est plus dangereux que jamais. Cependant, même si sa colère le rend puissant, cet échec va le rendre vulnérable. C'est pourquoi sa prochaine action déclenchera certainement une guerre.

-Une guerre ? Qu'est-ce que… Qu'est-ce que cela veut dire ?

White se démarqua des autres et s'avança légèrement :

-J'ai suivi Bastia jusqu'à Déliora, et du peu que j'ai pu voir, il a ordonné à son armée non officielle de se préparer à toute éventualité. Il est prêt, et comme vous l'aviez soupçonné, il viendra avec de gros avantages.

Jellal s'ébouriffa les cheveux difficilement, en soupirant. Il regarda le vide intensément, comme si celui-ci lui délivrait quelque chose d'important.

-C'est très dur d'être un Roi et un homme. Cela l'est d'autant plus lorsqu'il est temps de choisir l'un des deux. En choisissant l'homme j'ai sauvé Erza. Et en ne choisissant pas le Roi j'ai mené Edolas à sa mort. Mes amis, quel choix auriez-vous fait ?

Une larme glissa sur la joue du souverain, qui baissa la tête, honteux. La culpabilité le rongeait plus que le poison encore présent dans ses veines.

Son attention fut tournée vers ses soldats, les neufs s'étant inclinés devant le souverain. Snow dit sans même relever la tête :

-Vous avoir comme Roi est la meilleure chose qu'Edolas ait eu. Et nous, soldats de ce pays, n'avons jamais eu autant de reconnaissance et de loyauté pour un autre souverain que vous. Un pays ne vaut pas une vie. Et que vous l'aimiez ou non, la sauver faisait partie de votre devoir. Si guerre il doit avoir, chacun de vos soldats, se fera un honneur de combattre sous vos drapeaux. Et peu importe la décision que vous prendrez, peu importe l'égoïsme dont vous faites preuve, nous, votre division, vous suivrons jusqu'à la fin.

Jellal les observa avec reconnaissance, et leur dit :

-Relevez-vous mes amis. Ils s'exécutèrent et virent dans le regard de leur Roi une confiance retrouvée. Maintenant que vous m'avez parlé de toutes les choses que je voulais entendre, dites-moi où se trouve Erza ?

Jellal fixait Snake en particulier, le seul qui gardait les yeux au sol.

-Elle… Elle a pris avec elle votre conseiller, sa seconde et les commandants de divisions. Ils sont tous les cinq parties secourir les prisonniers de Bastia.

Le Roi soupira : -Il suffit que je prenne une semaine de vacances et ils prennent des décisions stupides. Dites-moi que les préparatifs ont été finis à temps.

-Tout était en place Majesté, il ne manquait plus que des âmes courageuses. White affichait un sourire fier.

-Doucement White, rien ne dit qu'il ne reste aucun danger. Surtout qu'aucun de nous n'est avec eux. La seule chose à faire, c'est attendre. Lady prit place sur l'un des sièges de la chambre.

Jellal avait toute confiance en sa division, mais une inquiétude était toujours fortement présente en lui. Il inspira longuement, et termina :

-Je suis désolé de vous avoir fait peur. Et merci d'être à mes côtés. Mais maintenant c'est à moi de prendre soin de vous.

*…*

C'est lorsque Jellal put marcher normalement, trois jours plus tard, que les cinq partis revinrent. Il pleuvait des cordes ce jours-là, et Jellal avait été averti de leur retour alors qu'il profitait du temps de sa terrasse.

Il avait marché aussi vite qu'il avait pu, et c'est devant le château qu'il vit d'abord Hughes. Celui-ci sourit timidement au souverain qui lui tapota l'épaule, heureux de le revoir. Il fut extrêmement soulagé de voir ensuite Erza en parfaite santé. Lorsqu'elle le vit, elle fronça les sourcils et lui rétorqua :

-J'imagine que ce verre ne contenait pas de poison en fin de compte, sinon vous seriez toujours allongé.

-Je vais mieux. J'ai un excellent médecin. Où sont les membres de guildes ?

Erza inspira : -Nous les avons laissés à la guilde de Fairy Tail, où ils seront en sécurité. Sugar Boy est resté avec eux.

-Je suis content de te voir. J'imagine que vous avez eu beaucoup de chance.

Erza serra la mâchoire : -En effet, nous en avons eu.

Jellal fronça les sourcils d'incompréhension : -Erza, qu'est-ce qui se passe ?

La commandante trempée observa le souverain, droit dans les yeux. Mais son regard se détourna pour regarder derrière son épaule. Jellal suivit son regard, et s'empressa de descendre les marches. Il était à présent gorgé d'eau alors que son conseiller, son plus proche ami, s'avançait vers lui, le regard sombre, tenant dans ses bras la femme qu'il aimait.