Bonjour, Bonsoir. Voici l'un de mes préfères si ce n'est LE préféré ! On approche de la fin les amis… Mais ne parlons pas de malheur ! Éclatez-vous et bonne lecture !
Chapitre 28 : Lettre
La bataille avait débuté lorsqu'on entendit le premier fracas des épées. Chaque soldat de chaque camp n'avait plus qu'une idée en tête : faire gagner sa patrie. Jellal était à l'arrière, en compagnie d'Erza, alors que Hughes s'était placé près des Légions attendant encore plus à l'arrière, près des tentes de guerres. Ainsi donc, c'est Sugar Boy, commandant de la quatrième division, qui dirigeait la première ligne. Jellal avait très bien compris que ni Bastia, ni Mald Gheel n'allaient combattre. Le souverain avait alors pour seul objectif de mettre en échec les soldats ennemis. Il ne resterait plus qu'à appréhender les deux chefs. Mais l'heure laissait toujours place au combat, et bientôt, le souverain se joignit à la bataille.
Le Roi mettait autant d'ardeur que possible dans ce combat alors qu'une partie de lui regrettait toute cette mascarade. Même si les hommes de Bastia l'avaient suivi par choix jusqu'ici, il n'arrêtait pas de se dire que cette querelle ne concernait que l'ancien Duc et lui-même. Mais un autre sentiment contredisait cette pensée alors que son ennemi avait essayé d'atteindre ceux qu'il aimait. Et alors qu'un brin de doute l'avait étreint, ce sentiment fut éclipsé par son besoin de protection envers ceux qui combattaient à ses côtés. Il devait vaincre, pour Edolas.
Il regarda autour de lui alors qu'il venait de neutraliser son adversaire. Le souverain vérifia l'avancée de ses troupes, et en profita pour chercher des yeux ses amis. Il fut soulagé de voir que Grey était accompagné de Cobra et de Bacchus, les trois faisant une très belle équipe. Il vit aussi Jiemma se faire soigner par Yukino, alors que celle-ci était protégée par Sugar Boy et Sting. Il se tourna encore une fois et aperçut Rog dos à dos avec celle qu'il cherchait. Les deux combattaient avec une synchronisation presque parfaite, alors que de nombreux ennemis ne réussissaient pas à percer leur défense, ni à les attaquer efficacement. Le Roi décida de les rejoindre, voyant que de plus en plus de soldats les entouraient. Ce combat à trois était à leur avantage alors qu'ils se soutenaient mutuellement dans l'avancée de la défense ennemie. Ils n'avaient subi aucune blessure grave, seulement quelques égratignures et coupures.
Les pertes dans les deux camps étaient minimes, mais chaque soldat commençait à fatiguer. Les supérieurs des divisions le voyaient bien. Pourtant, personnes ne perdaient le fil du combat.
Jellal affrontait un colosse de deux mètres difficilement. Mais même si son combat ne laissait aucune place à l'hésitation, le souverain ne put s'empêcher de remarquer les trois adversaires d'Erza qui étaient tout autant imposant. Ce fut rapide, mais Jellal perçut distinctement le coup critique que la rousse allait recevoir.
-Erza ! Attention !
Celle-ci entendit la voix de son souverain, mais l'élan qu'elle avait pris ne lui permettait pas de contrer son adversaire. La commandante soupira de soulagement en voyant Rog s'interposer entre elle et son presque bourreau. Mais sa joie fut vite remplacée par de l'inquiétude lorsqu'elle entendit un gémissement plaintif venir de l'endroit où le Roi se tenait. L'avertissement de celui-ci l'avait contraint à baisser sa propre garde et son adversaire eut le temps nécessaire d'abattre son épée sur l'abdomen de Jellal. Mais le soldat de Bastia n'en avait pas fini avec lui, et avant de recevoir une flèche en plein cœur de Rufus – meilleur archer d'Edolas – il planta son épée dans l'épaule du souverain. Jellal vacilla, mais fut maintenu à temps par Grey. La bataille entière s'arrêta, alors que chacun essayait de savoir si le Roi était mort ou non.
Après un moment extrêmement long, Jellal se releva complètement et indiqua à tous qu'il était toujours en vie, et prêt à continuer le combat. Le Roi se redressa assez pour fixer son conseiller et celui-ci comprit l'ordre silencieux.
-Cobra, donnes le signale. Il est temps de gagner cette bataille, déclara-t-il.
Le second de Hughes exécuta l'ordre du conseiller du Roi et envoya le signale à son commandant. Et au lieu d'une arrivée en Légion, Hughes et sa division arriva en compagnie de Leon et de l'armée de Déliora. Ils prirent la place de tous les soldats des deuxièmes et quatrième division. Leurs nombres étaient moins important mais ils étaient tous mieux équipés que les premières divisions envoyés au combat. La stratégie du Roi se mit alors en marche.
Bastia ne comprit que trop tard que l'avancée de ses ennemis étaient beaucoup trop importante pour battre en retraite. Un rapport de soldat lui révéla, à lui et à son allié le Seigneur Mald Gheel, que les équipements de leurs soldats se brisaient sous les coups de leurs ennemis. Ceux-ci ne comprenaient pas comment leur propre défense pouvait faillir autant. Et même si leur niveau de fatigue était supérieur à leurs adversaires, rien ne pouvait expliquer leur impuissance.
Jellal avait été rapatrié vers les tentes de guerres pour se faire soigner. Il fut devancé par Grey qui lui dit qu'il s'occuperait du reste de la bataille et qu'il lui livrerait Bastia et Mald Gheel. Jellal lui assura qu'il lui faisait confiance, et ainsi il put se faire soigner. Et alors que Yukino allait commencer les soins, Erza entra dans la tente et fit comprendre au médecin qu'elle s'occuperait de lui. La rousse attendit que Yukino les laisse seuls, puis s'approcha et s'empara du désinfectant. Elle commença à nettoyer la blessure à l'abdomen. Celle-ci n'était pas très profonde, c'est pourquoi elle finit rapidement. Et c'est en s'attaquant à la perforation à l'épaule qu'elle commença :
-Vous ne pouvez pas vous occuper de moi et de vous en même temps.
Le souverain grimaça et répondit : -Tu le fais bien toi.
La rousse stoppa ses soins pour le regarder dans les yeux. Le Roi était sérieux. Et malgré la poussière et la boue qui le recouvraient il était très séduisant. Elle écarta cette pensée de son esprit et rétorqua :
-Mais moi j'y arrive.
Jellal se mit à rire, et Erza à sourire. Mais le souverain n'était toujours pas soigné, c'est pourquoi il grimaça d'avantage et stoppa son rire.
Il reprit son sérieux et lorsque la commandante eut fini de bander les plaies de son Roi, celui-ci déclara :
-Grey a dû finir le travail. Le temps est venu d'annoncer officiellement notre victoire.
La commandante le soutint d'un regard et l'aida à se lever. Tous les deux quittèrent alors la tente.
*…*
Tous les soldats ennemis furent appréhendés. La moitié s'était rendue dès que le conseiller du Roi d'Edolas enchaina Bastia et Mald Gheel. Les autres tentèrent une dernière percée mais les soldats de Déliora ne laissèrent aucune possibilité de résistances. Ainsi la bataille avait duré une journée entière, et le tri des blessés et des soldats ennemis une journée de plus. Ce n'est que le troisième jour, que Jellal put enfin visiter les chefs ennemis. Une tente avait été aménagée pour chacun d'eux, avec uniquement deux chaise et une table. Il décida de commencer par Mald Gheel, et fut accompagné par Grey, Zeref et Erza.
-Eh bien, eh bien, vous m'avez fait languir deux jours. C'est que le Roi d'Edolas aime se faire désirer. Mais je crois que votre belle commandante doit y connaitre quelque chose. Mald Gheel n'avait pas du tout l'air inquiet. Contraste déstabilisant alors qu'il était enchainé.
-Vous n'avez pas l'allure d'un prisonnier, alors que pourtant vous avez perdu face à Edolas. Jellal s'était assis en face du Seigneur de Tartaros alors que Grey et Erza étaient respectivement à sa droite et à sa gauche. Zeref, plus en retrait, sondait son souverain et Mald Gheel.
-Je n'ai aucune raison de m'en faire. Mais dites-moi plutôt, quelles sont les raisons de votre venue ?
-Vous vous êtes allié avec Bastia, dans quel but ? Il serait inconscient de s'attaquer à Edolas, alors pourquoi ce choix d'alliance ?
-Je vous l'ai dit, j'ai fait un investissement. À la longue vous perdrez de votre superbe Roi Jellal. Selon moi, votre père était un grand souverain, capable d'imposer son pouvoir à n'importe qui. J'ai simplement vu en Bastia ce même talent. Quoi que, je le vois d'une tout autre supériorité chez lui. Et je suis certain que vous savez de quoi je parle. Jellal serra la mâchoire, et Mald Gheel continua : Il est dommage que chez vous cette chose ne se soit pas réveillée. Qui veut d'un Roi empli de compassion et de générosité ? Un pays fort, requiert un souverain fort. Et par extension un souverain avide de pouvoir. Mais pour répondre plus précisément à votre question, il est important pour moi de vous dire que vous avez été d'une distraction très plaisante. Je vous en remercie.
Grey serra les poings et cria presque : -Alors vous avez participé à cette guerre simplement par ennui !? Qu'advient-il de vos soldats !? Quel souverain êtes-vous pour les mener à la mort par pur inconscience et indifférence !?
Mald Gheel se mit à rire bruyamment alors que ce son sinistre fit frissonner les quatre membres d'Edolas.
-Qui cela concerne ? Ils sont soldats de Tartaros et j'en suis le souverain. Il vous arrive de dire des choses intelligentes conseiller Soluge ? Seigneur Jellal, votre ami est fort désopilant, mais ce qu'il peut être harassant.
Jellal le coupa : -Votre air espiègle pourrait en tromper beaucoup Mald Gheel, mais comprenez que vous n'exhorterez personne ici. En fait, cela n'arrivera plus du tout. Alors vous pouvez fustiger inlassablement, vous êtes et serez à tout jamais un prisonnier d'Edolas.
Le prisonnier bougea ses chaines avec véhémence et cria :
-Je suis le Seigneur de Tartaros !
-Et en tant que tel, vous avez perdu contre un autre territoire. Je ne m'approprierai jamais Tartaros, car elle ne fait pas partie des terres que je contrôle. Mais à partir d'aujourd'hui je me mêlerai de sa politique et ferai en sorte qu'un nouveau Seigneur soit élu. Un Seigneur digne et ouvert à une alliance solide avec Edolas.
-Vous ne corromprez pas mon pays !
-Tartaros n'est plus votre pays Mald Gheel. Car vous n'en êtes plus son Seigneur.
Jellal se leva ensuite, sans jeter un regard de plus vers son interlocuteur. Celui-ci hurla à plein poumon sa colère, avec un visage déformé par la folie.
*…*
L'armée d'Edolas rentra au bout de quatre jours dans la capitale. Le peuple les accueillit avec joie et fierté. Partout le nom du Roi était acclamé, et Edolas en entier célébra la victoire pendant une semaine. Jellal avait eu le temps de se rétablir de ses blessures et de régler la paperasse qu'une guerre réclamait. La meilleure nouvelle qu'il reçut se fut celle du réveil de Juvia après deux mois de comas. Grey en avait presque pleuré de joie alors que la seconde s'était moquée de lui pour son côté fleur bleue. Erza lui raconta par la suite que le conseiller l'avait veillée jour et nuit sans jamais perdre espoir de la voir se réveiller. Juvia en avait tellement été touchée que Grey reçut un baisé en guise de remerciement. Depuis cet instant, ce fut au tour de Grey de plonger dans le coma.
Mais malgré le retour à la normal pour ses amis, Jellal n'arrivait pas à se départir de son sentiment d'inquiétude. Il lui restait une tâche à accomplir et cela le terrifiait. Les autres le remarquèrent, et c'est tout naturellement qu'ils laissèrent le plus diplomate d'entre eux en parler avec le Roi.
-Majesté, Bastia reste dans le silence depuis son emprisonnement. Il ne réclame rien, et mange très peu. Je… Je crois qu'il attend votre visite. Et nous pensons qu'il serait temps de clore ces évènements une bonne fois pour toutes.
Jellal tenait dans ses mains une lettre épaisse et la fixait l'esprit ailleurs. Il avait entendu la sollicitude de Zeref à son encontre, et sentit le regard inquiet de son conseiller, des commandants et de leurs seconds.
-Vous avez raison, je n'ai que trop attendu. Il est temps pour moi de mettre fin à cette histoire. La profondeur dans la voix du Roi fit inspirer longuement les autres présents dans le bureau. Quelque chose se jouait, qui dépassait leur savoir, et que seul Jellal portait comme fardeau. Le souverain finit par se lever et leur dit : Vous avez le choix de me suivre ou non. Je ne protesterai pas, quoi qu'il arrive.
Il prit le chemin du cachot et fut suivi par tous ses conseillers, sans exception. Son hésitation fut remplacée par une détermination contrôlée et son anxiété par une confiance sage. Lorsqu'il se posta devant la cellule de Bastia, il garda le silence. On aurait dit qu'il attendait que l'ancien Duc le remarque. Et à la surprise de tous, c'est exactement ce qui arriva.
-J'ai enfin eu l'honneur de recevoir votre visite mon Seigneur. Je n'ai jamais été impatient dans ma longue vie, pourtant vous voir aujourd'hui me revigore. Quelle besogne vous a retenu aussi longtemps ?
-Réparer vos erreurs pour commencer. Beaucoup de civils ont souffert de vos actions. J'ai fait de mon mieux pour soulager leur peine.
-Ah ! Un vrai Roi philanthrope. Ce que tu es différent de ton père. Cela en est troublant. Mais dis-moi plutôt, comment as-tu fais ? Comment m'as-tu battu ?
Jellal ne fut pas un seul instant offusqué par le tutoiement de l'ancien Duc. Il inspira puis commença un récit qui intriguait beaucoup ses conseillers :
-Tout a commencé le jour où Byro, l'ancien conseiller de Faust, me prévint qu'il fallait que je me méfie de vous. Je voulais éviter un maximum qu'Edolas soit en danger. Alors j'ai commencé à parcourir tous les dossiers de mon père, tous sans exception. Beaucoup de données étaient cryptées, et je n'avais malheureusement aucune clé pour les résoudre. J'instaurais au fur et à mesure un gouvernement solide. Et alors que je choisissais des personnes de confiance pour m'entourer, je guettais le moindre signe révélant vos actions. Au début, des espions dans le château, puis dans le conseil royal. Mais vous n'agissiez jamais en personne, contrôlant à distance nos faits et gestes à tous. Je savais qu'il fallait que je me défasse de votre emprise et je me décidais réellement le jour où un homme est mort alors qu'un coup d'état, votre coup d'état, se préparait. Je savais que la perte de la magie vous avez affaibli, et je savais aussi qu'il n'était qu'une question de temps avant que vous réagissiez véritablement. Je fondis alors ma division avec en son sein des soldats m'étant loyaux. Mais surtout vous étant inconnu. Leur mission était simple, vous espionner, avoir un œil sur chacun de vos faits et gestes, mais ne jamais me révéler ce qu'ils découvraient. J'étais alors totalement ignorant des plans que vous mettiez en place. Les seules informations sur lesquelles j'avais accès concernaient ce que je pouvais gérer par moi-même. Vous êtes alors arrivé, près à m'affronter avec la certitude que vous aviez déjà gagnée. Les choses se sont alors succédées. Je confis la mission à Lucy de Fairy Tail d'explorer le continent, et comme je le soupçonnais vos actions ne se limitaient pas à la provocation. Les neufs de la première division des armées d'Edolas intervinrent dans votre mine, mais surtout dans votre forge. Les matériaux que vous utilisiez pour fabriquer votre matériel de guerre devenaient graduellement obsolètes, alors qu'ils s'arrangeaient pour que rien ne soit découvert. Ainsi, lors de notre confrontation, chacun de vos soldats découvraient que leurs armes et leurs armures les lâchaient en plein combat. Stratégie simple en vérité. Avant même de commencer cette bataille, vos équipements étaient destinés à vous mener à votre perte. Alors voilà comment je vous ai battu Bastia, j'ai simplement fait confiance à ma division, qui agissait dans l'ombre depuis le début. Le plus dure a été de leur ordonner de se taire sur les décisions qu'ils prenaient. Je savais que vous aviez un accès terrifiant à mes expressions. Il a toujours été aisé pour vous de lire en moi, c'est pourquoi ils se taisaient. Bastia comprenez, j'étais le maître du jeu avant même que nous commencions la partie, car mes pions ont toujours été imprévisibles. Même pour moi. Vous m'avez dit un jour que j'avais perdu dès l'instant où j'avais commencé à aimer. Mais je crois plutôt que Vous avez perdu dès l'instant où vous avez commencé à haïr.
Plus personnes n'osaient parler après ces révélations si bien ficelées. Les conseillers de Jellal étaient impressionnés par tant de malices de la part de leur Roi. Et même Bastia ne pouvait nier cela :
-Brillant. Absolument brillant. J'avais tort Jellal, tu es exactement comme Faust. Je le vois dans tes yeux. Tu es même allé jusqu'à utiliser mon propre fils contre moi. Bastia ricana : Brillant. Terrifiant. Digne de ta place.
Jellal s'avança vers les barreaux le regard noir : -Je ne suis pas comme mon père ! Et encore moins comme vous ! Je n'ai jamais utilisé personne ! Leon s'est joint à moi pour vous stopper ! Le souverain se calma brusquement, ne voulant pas entrer dans le jeu de l'ancien Duc. Il passa sa main à l'intérieur de sa veste, tenant fermement la lettre qu'il avait placé là un peu plus tôt. Son regard changea lui aussi. Erza aurait juré qu'elle y avait vu de la tristesse. Jellal finit par sortir la lettre de sa veste, et il la tint comme si sa vie en dépendait. Il continua dans un murmure : Les choses auraient pu finirent autrement. J'aurais voulu qu'elles finissent autrement. Et après y avoir pensé, encore et encore, je crois que vous avoir en ennemi restera à tout jamais mon plus grand regret. Et cela depuis la mort de mon père. Alors que celui-ci me laissait en héritage une simple lettre, expliquant chaque morceau que je ne comprenais toujours pas. Une lettre parlant de son rival d'enfance, qui le poussa à l'inexorable soif de pouvoir. Un rival visant le titre de Roi d'Edolas et qui était prêt à le sacrifier pour atteindre son but. Mon père n'a jamais fait mention de votre culpabilité dans les décisions qu'il prenait. Il avait fait ses propres choix, et les assumaient dignement. Mais personne ne pourra jamais nier le fait que sa soif de pouvoir est née car vous aviez toujours mis un point d'honneur à la considérer comme une priorité. Il s'est laissé corrompre par votre avidité et en voulant atteindre le trône, vous avez créé un adversaire impossible à battre. Vous vous doutez maintenant de ce dont j'ai pris connaissance par l'intermédiaire de la main sincère de mon père. De votre ancien rival. De votre propre frère. Vous, le fils cadet de la famille Faust. Devenu Bastia par le mariage et Duc pour mener à bien une vendetta dans l'ombre. Vous avez dressé de vos propres mains, un mur impénétrable entre vous et votre famille. Allant jusqu'à dresser votre fils, mon cousin, contre moi. Bastia. Ancien Duc de Déliora. Et avant cela ancien prince d'Edolas. Frère d'un Roi d'Edolas. Oncle de l'actuel Roi d'Edolas. Vous êtes maintenant considéré comme un traitre contre votre patrie. Vous êtes condamné à la prison à vie. Sans sursis d'aucune sorte.
Jellal se retourna, prêt à s'en aller. Mais il se stoppa lorsqu'il entendit la voix de son oncle raisonner :
-Tu auras beau le nier, le repousser ou l'annihiler, j'ai fait de toi ce que tu es Jellal. Chaque mesure que tu as prise a été influencée par mes actions. Tu m'as peut-être battu, mais c'est moi qui ai une emprise sur toi.
Le Roi d'Edolas se retourna une dernière fois, et il termina en disant :
-Peut-être bien. Mais moi j'aurai toujours quelque chose qui te fera immuablement défaut. Des conseillers loyaux.
Bastia regarda Jellal s'en aller. Son visage n'exprimait rien. Ni colère, ni haine. Il avait perdu. Face à un adversaire plus fort que lui. Et qu'il avait négligemment sous-estimé. Il observa sa cellule, le seul endroit qu'il verrait à jamais. Et à cet instant il comprit une chose. Il avait créé son plus grand rival. Et l'héritage de celui-ci l'avait vaincu. Bastia sourit. Ainsi donc le destin l'avait nommé comme l'instrument faisant naître la grandeur de Faust père et fils. Le pouvoir qu'il contrôlait n'était destiné qu'à révéler celui d'un autre. Jellal était le Roi d'Edolas, et personne n'aurait pu changer cela.
