Bonjour, Bonsoir. Nous sommes déjà au chapitre 30… J'ai l'impression d'avoir posté le premier hier… L'émotion étant présente, je vous laisse lire celui-ci. Éclatez-vous et bonne lecture !
Chapitre 30 : Tension
Grey et Juvia dansaient depuis quelques minutes maintenant. Beaucoup d'autres couples avaient fait de même car l'ambiance les y incitait. Leon et Meredy s'étaient mariés il y a une semaine déjà, dans la province de Zendor. Les membres d'Edolas ne pouvant pas quitter la capitale, le Marquis et la comtesse avaient insisté auprès de Jellal pour organiser une deuxième cérémonie, avec la présence de celui-ci et de leurs amis. La cérémonie fut courte, et laissa place à un festoiement bien mérité.
-Je trouve que c'est une très bonne idée de refaire une cérémonie ici. Leon est officiellement devenu le cousin de Jellal, cela aurait été déplacé s'il n'avait pas pu y participer, commença Grey.
-Tu exagères. Au-delà de l'apparence, Ice et Meredy voulaient vraiment que le Roi soit là, rétorqua Juvia.
-En tout cas, je suis tout de même étonné que même pour la cérémonie d'Edolas Leon ait choisi Mest comme témoin. Je veux dire, à Zendor ce n'est pas un problème, mais dans le propre pays de Jellal, ne pas le prendre lui comme témoin, je ne trouve pas cela correcte.
Juvia observa le conseiller et sourit : -Tu es jaloux n'est-ce pas ?
-Et de quoi ?
-Tu sais que si jamais le Roi se mari, il devra prendre un membre de sa famille comme témoin. Leon sera alors directement choisi. Et par conclusion pas toi.
Grey fit la moue, ce qui arracha un rire à la seconde.
-Ce n'est pas tout à fait ça. Je suis toujours parti du principe que je ne serais jamais le témoin de Jellal, de par mon rang. Ce qui me frustre c'est que Leon a eu la possibilité d'avoir Jellal à ses côtés pour son mariage. Mais moi je ne l'aurai jamais. Si arrive le jour où tu veux de moi, je ne pourrai pas avoir mon meilleur ami à mes côtés. Ce sera l'un des plus beaux jours de ma vie et il ne sera pas parfait.
Juvia approcha sa tête contre la poitrine de l'homme pour camoufler les rires qui la prenaient. Elle se calma et déclara :
-Tu sais, je ne pense pas qu'il y aura un problème si la cérémonie se fait de manière privée. Je pense qu'il est possible d'organiser quelque chose à l'insu des nobles. S'ils ne savent rien, le Roi peut aisément se libérer et être ton témoin.
-Mmh, oui j'imagine que c'est faisable. Cobra monterait la garde et… Grey réalisa : Attend. Tu… Tu envisagerais cette possibilité ?
Juvia ne répondit pas tout de suite et détourna les yeux en direction des autres danseurs. Et tout doucement elle répondit :
-Depuis combien de temps maintenant me fais-tu des avances ? Avec les années, j'ai arrêté de compter. Dans un sens je pense que je m'y suis faite, et j'ai honte de le dire, mais je suis peut-être allée jusqu'à prendre pour acquis le fait que tu serais toujours amoureux de moi. Lorsque je m'en suis rendue compte, j'ai commencé à m'en vouloir, surtout que tu continuais avec autant d'ardeur à me faire la cour. J'en suis venue à en être réceptive. Je ne sais pas si je t'aime, et encore moins si j'arriverai à atteindre l'intensité de tes propres sentiments. Mais je ne me vois épouser personne d'autre à part toi. Alors oui Grey, j'envisage beaucoup cette possibilité.
Grey se stoppa et les deux se retrouvèrent figés au milieu des danseurs. Le conseiller essaya de capter le regard de la seconde, celle-ci l'évitant intentionnellement. Mais Grey insista ce qui poussa la jeune femme à planter son regard dans celui du jeune homme. Il semblait vérifier la véracité de ses paroles, alors qu'elle retira toutes les barrières de son affection pour lui. Et il le vit. Dans son regard. Ce que jamais il n'avait espéré voir. Alors il reprit la danse, camouflant aux yeux de tous cette nouvelle joie qui allait le poursuivre jusqu'à la fin de sa vie. Juvia ne fut pas dupe, elle sentait les tremblements d'excitation du conseiller et sourit timidement. Elle l'entendit dire alors :
-Je m'engage à ce que tu tombes amoureuse de moi. Je ne faillirai pas. Sois-en certaine Juvia.
La seconde se racla la gorge et changea de sujet brusquement :
-Tu n'aurais pas vu Erza ? Elle ne s'est toujours pas montrée à la réception. Et c'est à peine si je l'ai vue lors de la cérémonie.
-C'est vrai que je l'ai très peu aperçu. Et il en va de même pour Jellal. C'est étrange, la dernière fois, il devait lui parler, mais je n'ai eu aucun retour. Tu crois que cela s'est mal passé ?
-Oh mon Dieu, je n'y crois pas.
Grey, qui était dos au grand escalier de la salle de bal, suivit le regard de sa belle qui était estomaquée par ce qu'elle voyait. Le conseiller se retourna et arbora la même expression que la seconde. Ce fut le cas de tous les membres de la réception, qui furent interpellés par l'annonce d'un des domestiques que le Roi et la commandante de la deuxième division des armées, faisaient leur entrée. Et alors qu'il était de coutume que le Roi emprunte l'escalier opposé à celui ou celle qui l'escortait, Jellal et Erza descendirent ensemble, côte à côte, les marches. Sous les yeux de tous, le Roi et la commandante venaient d'officialiser leur relation et annonçaient fièrement qui serait la prochaine Reine d'Edolas.
-Ils l'ont vraiment fait Juvia. Ces deux-là viennent de dire au monde qu'ils sont ensemble. Je suis tellement content que je serais prêt à te demander en mariage maintenant. Et tellement choqué que si Mest arrivait maintenant et m'embrassait à pleine bouche je lui dirais merci.
Juvia rigola de bon cœur, avec un mélange de joie et de satisfaction. Elle suivit des yeux, comme tous les autres, le futur couple royal traverser la salle et suivit Grey qui allait à leur rencontre.
-Majesté, commandante. Juvia s'inclina avec politesse en arborant un petit sourire.
-Eh bien, eh bien, je crois que vous avez des choses à nous dire vous deux. Grey n'avait pas pu se retenir et affichait son air plus que curieux.
-Comme tu le vois Grey, je viens d'annoncer que je me marierai avec Erza, répondit le Roi exulté.
-Je vois très bien même. Et donc, c'est la raison pour laquelle vous étiez absents toute l'après-midi j'imagine. C'est que vous ne perdez pas de temps vous deux. Le conseiller leva les sourcils explicitement, ce qui provoqua le soupire des deux femmes et de son ami.
La commandante rétorqua : -Je vais tâcher d'oublier ton sous-entendu Grey. Si j'en crois le Roi, tu as le désir d'enfanter.
Cette remarque les fit rire et alors que le conseiller s'approcha de son ami pour discuter, les deux femmes s'isolèrent sur l'une des terrasses de la salle.
-Je suis contente pour toi Erza, commença le seconde au bout d'un moment.
-Et je le suis pour toi, répondit simplement la commandante.
Le silence s'installa alors que les deux femmes se sentaient mal à l'aise.
-Je… J'ai vraiment envie d'en parler avec toi, mais…
-Je suis d'accord. Tu veux qu'on s'éclipse ?
-Je ne pense pas qu'Ice et Meredy nous en voudront.
Les deux femmes se sourirent et prirent le chemin d'un des terrains d'entraînements.
Elles se mirent en tenue de combat, prirent un Bō (bâton de combat en bois) et se firent face en garde. C'est dès le premier coup de bâton que la rousse demanda :
-Tu lui as dit ce que tu m'as dit ?
Juvia esquiva le coup : -J'ai été évasive, il ne faut tout de même pas qu'il soit trop content.
-Sorcière.
La commandante et sa seconde échangèrent plusieurs coups rapides, puis Juvia réussit à dire :
-Ce n'est pas moi qui ai envouté le Roi si je ne m'abuse.
Erza sourit et finit par désarmer Juvia qui ne fut nullement surprise par sa défaite. Les deux femmes allèrent s'asseoir tout en reprenant leur souffle.
-Qu'est-ce que tu veux savoir ? Erza sentit la curiosité de sa seconde.
-Pleins de choses. Je suis réputée pour être très perspicace, mais tu es la seule personne que je n'arrive pas à décrypter totalement. Je veux tout savoir, tout depuis le début.
La rousse inspira longuement puis commença son récit :
-Tout hein ? Disons que ça a été un processus graduel. Au début j'étais intriguée par l'aura que le Roi dégageait. Il était jeune, inexpérimenté et compatissant. Je n'arrivais pas à accepter un souverain avec ces caractéristiques que je jugeais faibles. Mais ce qui me troublait c'était qu'il était exactement à sa place. Et au fur et à mesure je ne pouvais imaginer quelqu'un d'autre siéger au trône. J'étais aussi témoin de la confiance que beaucoup lui octroyait et cela m'énervais, car je n'arrivais pas à voir ce qu'ils voyaient. Mais lorsque je compris que j'en étais venue à moi aussi lui faire confiance, la réalité s'était imposée d'elle-même. Il avait gagné ma confiance sans que je ne m'en rende compte. Puis les choses se sont mises à changer lorsque j'ai commencé à penser à lui d'une certaine manière. C'était purement physique avec un mélange d'interdit et d'inaccessibilité. Pour être honnête, je ne m'en suis pas préoccupée, même pas un peu. Je vivais avec, tout en sachant très bien que cela resterait toujours superficiel. Les choses se sont ensuite accélérées avec l'arrivée de Meredy et je m'étais faite à l'idée qu'elle deviendrait Reine. Cela ne m'a jamais contrarié, au contraire, je la trouvais très bien. La seule chose qui me désolait c'était le temps que le Roi passait avec elle, et qui m'empêchait de le taquiner comme j'aimais le faire. Leon est arrivé à sa suite, et sans que cela soit une confidence, il était très séduisant. Flirter m'amusait et je me disais que si jamais il devait y avoir quelque chose entre nous cela ne serait pas si terrible. Mais quelque chose me dérangeait et je savais que cela était dû au fossé qui s'était créé entre le Roi et moi. Je ne me doutais absolument pas de ses sentiments et j'ai donc réagit agressivement à sa jalousie soudaine. J'étais moi aussi en colère car l'attirance que j'avais pour lui restait supérieur à celle que j'avais pour Leon. J'étais tiraillée par une situation qui allait d'autant plus se compliquer à l'avenir. Vint les révélations sur mon passé et sa déclaration. Je ne savais pas du tout comment réagir et j'ai donc utilisé la seule arme que je maîtrisais parfaitement, je me suis moquée de mon Roi. Mon cerveau fut alors en ébullition, pendant très, très longtemps. Il y avait toujours Leon et Meredy dans nos vies respectives, et j'étais sûr que ces relations-là étaient la seule chose vraie dans toute cette histoire. J'eu un moment de paix lorsque je suis allée à Arbaless et ai parlé à Mavis. Cette femme est un ange tombé du ciel, qui sait absolument tout, sur tous les sujets. Elle m'a guidé sur plusieurs points et j'en ai fait des conclusions qui me paraissaient les plus proches de ce que je ressentais. Leon allait me demander en mariage, et malgré les sentiments du Roi, je savais qu'il ne s'y opposerait pas. Par conséquent Meredy serait devenue la future Reine. Et c'est à cette pensée que j'ai tout accepté. Je ne voulais pas lui demander de se battre pour moi. Car je m'étais rendu compte que je l'aimais réellement le jour où je pouvais le laisser partir. Il ne serait jamais parti en premier. Alors je l'ai fait pour lui.
Le silence s'installa alors que Juvia assimilait peu à peu les révélations de la commandante. La seconde ne dit rien. Elle n'en avait pas besoin et sentait que son amie n'avait pas fini : En ne le comprenant pas je me suis efforcée à l'observer. Le temps a fait que je remarque quelque chose que je ne voyais que chez lui : une délicatesse. Lorsqu'il souriait. Lorsqu'il commandait. Lorsqu'il regardait. Il lui arrivait d'être sévère, mais c'était uniquement car son rôle l'y obligeait. Cependant, à aucun moment il n'arrivait à camoufler sa délicatesse. Je crois que c'est ce qui a marqué le début. Le début de ce qui m'arrive aujourd'hui. Dire qu'au commencement j'étais certaine que sa compassion le mènerait à sa perte. Et tu veux que je te dise Juvia, ce qui a fait que je me dise qu'il est en fait le meilleur des Rois qui ait existé ? Cette même compassion.
Juvia observa Erza qui était plongée dans ses pensées. La seconde sourit avec bienveillance et déclara :
-Cela sera pour moi un honneur de t'avoir comme Reine. Tu es tellement plus que ce qu'on pensait tous de toi. J'ai eu l'immense chance de pouvoir te connaître, et je ne le regrette nullement. Erza, le Roi est d'une noblesse inaccessible pour beaucoup, sauf pour toi.
Erza soupira et leva les yeux au ciel :
-Ne sois pas aussi formelle, même si mon statut social va grimper d'un coup, je reste la même. Tu es mon amie, et ce fait prime sur tout le reste.
-Je le sais. Ne t'imagine pas une seconde que le fait que tu sois Reine m'empêcheras de te taquiner ou de me moquer de toi.
La rousse rit et rétorqua : -Je ne trouve pas amusant à faire preuve d'autorité contre des personnes que je considère comme mes amis. Excepté pour Grey, je crois que cela risque d'être intéressant.
Juvia se mit à rire à son tour et les deux femmes continuèrent à discuter tout en se combattant.
*…*
Lorsque Juvia entra dans le bureau, elle s'approcha du poste de travail vide du Roi et déposa les documents qu'elle avait rempli le plus rapidement possible. Le royaume était toujours en période de fête, alors que Meredy et Leon venaient de se marier. Cet évènement avait aussi entrainé une alliance d'autant plus solide entre Edolas et Zendor. Le Roi s'était aussi occupé de la politique à Tartaros où un nouveau Seigneur prit la tête de la province. Le souverain d'Edolas s'était entretenu avec les Seigneurs d'autres contrées qui lui avait apporté un soutien dans la sélection du nouveau dirigeant de Tartaros. Les bonnes nouvelles s'enchainaient et le peuple ne pouvait qu'en être satisfait. Mais cette vague d'évènements favorables pour Edolas fut rapidement éclipsée par l'annonce du futur mariage entre le Roi et la commandante de la seconde division. Ce sujet passait de bouche à oreille dans tout le pays, et principalement au château où se trouvait la plus grande commère de l'histoire. Elle sourit en pensant à lui et tourna la tête vers son bureau. Il était avachi sur le meuble et semblait faire un magnifique rêve. La seconde s'approcha de lui, prit l'un des dossiers trainant sur le bureau et tapa le conseiller avec. Grey sursauta en se réveillant brusquement, et bafouilla quelque chose ressemblant à « J'ai rien fait ! ».
-Tu es au courant que je travaille depuis six heures ce matin ? Et toi tu dors. Juvia avait les bras croisés et affichait un air agacé.
-Alors c'est pas du tout ce que tu crois. J'ai travaillé toute la nuit, je t'assure. Grey se frotta les yeux en essayant de s'adapter à la luminosité.
-Je ne comprends pas, qu'est-ce qui requiert un travail de nuit ?
-Jellal.
Juvia relâcha ses bras et fronça les sourcils :
-Qu'est-ce qui se passe ? Il lui est arrivé quelque chose ?
-Quoi ? Non pas du tout. Si seulement c'était le cas, soupira le conseiller.
-D'accord, explique-moi.
-Depuis qu'elle a accepté de se marier avec lui, Jellal agit comme un adolescent prépubère. Il passe son temps à sourire. Il n'est pas concentré. Et dès qu'il aperçoit quelque chose de rouge, il court après dans l'espoir que cela soit Erza. Conclusion, je fais son boulot car monsieur est trop occupé à être amoureux.
Juvia ne mit pas longtemps à partir en fou-rire. Après un moment, elle se calma et rétorqua :
-Tu peux comprendre enfin comment le Roi devait se sentir. Mais outre ce fait, je crois qu'il l'a bien mérité avec tout ce qu'il a traversé. Et elle aussi.
-Quoi, parce que Erza aussi te fait des coups comme ça ?
-Elle fait son travail, mais elle n'est clairement pas à cent pourcent, impliquée. Elle me fait rire, je ne l'imaginais pas aussi… Aussi…
-Vulnérable.
Grey venait de finir la phrase de Juvia, comprenant très bien ce qu'elle voulait dire.
Elle acquiesça de la tête et déclara avec amusement :
-Tout rentrera dans l'ordre lorsqu'ils seront mariés. Patiente encore un peu.
-C'est facile de dire ça. Je te jure Juvia, tu ne les as pas vu lorsqu'ils sont ensembles. Je prends la fuite à chaque fois que la tension est… qu'elle est… palpable… Comme s'ils seraient prêt à… Tu as quel âge déjà ?
-Drama Queen. Tu sais très bien qu'il ne se passera rien entre eux, alors arrête de faire ta prude.
-Mais justement ! Le fait qu'ils soient tous les deux des personnes honnêtes va nous compliquer encore plus la tâche ! Ne te moque pas de moi. Tu sais quoi ? Tu n'as qu'à le vivre une fois et on en reparle ma chère et tendre.
-Je ne suis pas encore ta chère et tendre.
-Eh bien en parlant de ça, tu préfères qu'on se mari avant ou après Jellal et Erza ?
Juvia eut un petit sourire mais ne répondit rien. Elle quitta le bureau en laissant encore une fois un conseiller frustré.
*…*
La salle de conseil était pratiquement vide. Il ne restait qu'Erza Knightwalker, qui rangeait les notes qu'elle avait prise durant le conseil, organisé un peu plus tôt. Les membres du conseil furent particulièrement exigeants avec elle. Le fait que la rousse devienne la prochaine Reine ne les ravirent pas vraiment. Mais ils n'avaient aucun moyen de s'y opposer. Jellal s'en était assuré. Cependant, ils trouvèrent malgré tout le moyen de l'oppresser par tout un tas de protocole qu'elle devait maîtriser et connaître sur le bout des doigts. Cela agaçait Erza, qui détestait rester assise à réviser. Mais elle n'avait pas protesté. Son nouveau titre l'exigeait, mais en plus du devoir qui l'incombait, elle le faisait par amour. Par amour pour son pays, qui méritait bien plus que ce qu'elle n'était. Et par amour pour l'homme que son cœur avait choisi.
La commandante soupira. Elle se trouvait niaise, et peu crédible. Pourtant elle n'arrivait pas à ôter le sourire collé sur son visage. Ce qui l'effrayait le plus, c'était qu'on remarque son changement fulgurant de commandante indifférente et froide, à mordus d'amour pour son Roi. Erza sentait aussi que plus le temps passait plus il était dure pour elle de camoufler ce qu'elle ressentait. Voilà plus d'un mois qu'elle et Jellal étaient fiancés, et l'un comme l'autre ne savait toujours pas quand ils seraient mariés. Dire que les préparatifs du mariage royal mettaient plus de temps à être organisés qu'une guerre contre un pays ennemi. C'est en lisant la dixième page de notes, qu'elle aperçut le Roi arriver.
-Je suis désolé de t'avoir abandonné, mais Grey commence à être jaloux, commença le souverain en riant.
-Ne vous en fait pas, j'avais de quoi m'occuper l'esprit.
L'ironie de la rousse, attira l'attention de Jellal sur les feuilles devant elle. Il prit place sur le siège à sa droite et commença la lecture de la première page.
-Ils ont vraiment spécifié que tu dois maîtriser minimum trois langues ?
-Je crois que les membres du conseil adorent s'opposer à tes décisions. Mais pas de chances pour eux, j'en maîtrise déjà cinq.
Le souverain lui sourit, puis retourna à sa lecture. Il se moqua de la plupart des conditions peu crédible imposées à la belle de son cœur. Il s'ébouriffa les cheveux en s'installant bien sur son siège, ce qui provoqua la déglutition de la commandante : Il faut vraiment que vous arrêtiez de faire ça.
Jellal fronça les sourcils en la regardant et demanda :
-Faire quoi ?
-Ce truc avec vos cheveux.
-Tu parles de mon habitude ? Je ne le fais même pas exprès. Et je ne vois pas ce qui te dérange là-dedans.
Erza plissa les yeux et s'approcha doucement de lui :
-Eh bien, imaginez que je fasse cela…Elle passa son doigt sur le visage du souverain en traçant délicatement le tatouage rouge qui ornait son visage : …Tous les jours. À votre avis, comment vous sentiriez-vous ?
Jellal vacilla presque et avec difficulté, il articula :
-Je… Je ferai un effort.
-Magnifique. La commandante retira son doigt et se replaça correctement sur son siège avec un sourire discret.
Il mit du temps à reprendre ses esprits. Et lorsque se fut le cas il demanda :
-Depuis quand cette manie te pose-t-elle un problème ?
La rousse réfléchit un petit moment et finit par répondre :
-Depuis que vous nous aviez convoqué avec Hughes et Sugar Boy pour nous renommer commandants.
-Attend, tu te rends compte que cela fait presque trois ans !?
-Oui et alors ? À cette époque j'étais loin d'éprouver un quelconque sentiment pour vous. C'était une simple attirance physique. Erza était nonchalante, ce qui n'était pas le cas du souverain.
-Simple !? Erza de tous les hommes sur ce continent, c'est Moi qui t'ai fait le plus d'effet !
-Allez savoir. Je suis humaine, il m'arrive de faire des choses incompréhensibles. Quoi que, je n'ai rien fait en vérité. Foutus hormones.
Jellal la fixa intensément et déclara :
-Je meurs d'envie de t'épouser Erza Knightwalker.
-Tout doux l'ami. Je ne me marierai qu'avec un homme, or vous n'êtes encore qu'un enfant.
Le Roi soupira : -Excuse-moi d'être presser de t'avoir à mes côtés. Et en plus de cela, t'épouser m'épargnera une bonne fois pour toute d'entendre ton stupide vouvoiement.
-Impatience, impatience quand tu tiens le Roi.
-Et cela t'amuses ? Pauvre de moi, j'aime une femme prenant plaisir à me torturer. Jellal mima une blessure au cœur.
Erza s'approcha de lui comme un peu plus tôt et murmura :
-Vous torturer ? Oh mon royal bien aimé. Ce n'est que le commencement. Et je crois bien que vous allez vite regretter ce mariage.
Le souverain sourit et s'approcha à son tour. Il répondit sur le même ton :
-Aucun risque.
Les deux se plongèrent dans un énième moment blanc alors que Juvia entra. Elle se figea en comprenant enfin ce que Grey voulait dire. Et alors qu'ils n'avaient même pas remarqué sa présence, la seconde décida de prendre son courage à deux mains et de prendre la fuite à la manière Grey Soluge.
