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Chapitre 31 : Noblesse
C'est après quatre mois de fiançailles que Jellal et Erza purent enfin se marier. Durant ce lapse de temps beaucoup de choses s'étaient passées dont, à l'étonnement de tous, le mariage entre Juvia et Grey. Lorsque la nouvelle fut répandue, beaucoup voulaient comprendre comment cela était arrivé. Ce n'était sans compter sur les rumeurs qui ne mettaient personne d'accord. Certains disaient que le Roi avait fait des pieds et des mains pour organiser le mariage de son conseiller et avait monopolisé la salle de bal pour l'évènement. Mais pour ceux, qui étaient vraiment attentif, avaient pu entendre, dans un coin de la ville, un homme recouvert de la tête aux pieds de vieux tissues en piteux états, qui disait à qui voulait l'entendre que Juvia, seconde de la deuxième division d'armée, avait secrètement préparé son mariage pendant un mois, surprenant le futur marier qui ne s'y attendait pas du tout. Pour la première fois de sa vie, Jellal comprit la jubilation de Grey lorsqu'il répandait une rumeur. Ainsi, le conseiller et la seconde s'étaient unis à l'insu de tous, alors que personne ne se doutait que la cérémonie s'était déroulée dans la guilde de Fairy Tail. Jellal, Erza, Zeref, Mavis, Meredy et Leon, tous s'étaient camouflés en civil pour pouvoir assister au premier événement « normal » de leur vie. Juvia et Grey partirent en voyage de noce quelque temps, où le château fut plus calme qu'à l'accoutumé. Mais les nouveaux mariés revinrent à temps pour assister au jour consacré à leurs amis. Les deux eurent un splendide mariage, foisonnant de présents et d'invités. La cérémonie de mariage fut succédée par le couronnement de la nouvelle Reine. Erza avait répété plusieurs fois ce moment qui devait être parfait. Mais à aucune de ses répétitions elle ne ressentit la sensation si intense qu'elle vécut lors de son couronnement. L'émotion la transcenda alors qu'elle récitait mot pour mot le serment tant répété. Plus que de simples mots, elle jurait devant tout le peuple d'Edolas qu'elle protégerait son pays, qu'elle serait le visage représentant la paix qui perdurera dans leurs chères terres. Erza ne devenait pas simplement la compagne du Roi, elle devenait une force de plus qui porterait Edolas jusqu'à la fin. Lorsque le peuple acclama sa nouvelle Reine, Erza ne put réfréner plus longtemps la larme qui menaçait de glisser sur son visage délicat. Le bonheur que partageait le couple royal se répandit dans tout le pays. Et c'est après une longue fête, entourés de leurs amis, que Jellal et Erza prirent congés.
Sur leur lit de noce, recouvert simplement par les draps, Erza avait sa tête posée sur le torse de son mari. Celui-ci jouait avec les mèches de cheveux roux de sa belle. Ils étaient restés un moment silencieux, tellement que le souverain était sûr que la commandante, nouvellement Reine, se soit endormie. C'est pourquoi il fut surpris lorsqu'elle demanda :
-Je sais que c'est une question étrange, mais il y a une chose que je ne comprends pas. Pourquoi Bastia ne t'a pas tué ?
Jellal ne répondit pas tout de suite, mais dit au bout d'un moment :
-Me tuer ne lui permettait pas d'atteindre son objectif ultime.
-Au contraire, à ta mort Bastia aurait pu révéler son affiliation à la famille Faust, et de ce fait Leon aurait pris ta place.
-Justement, c'est ce qu'il voulait absolument éviter. Bastia ne voulait pas que Leon devienne Roi, il voulait le devenir lui-même. Même s'il avait dirigé quelques années, il aurait eu le temps d'instaurer son régime et de mettre en place un nouveau gouvernement. À sa retraite, Leon n'aurait eu pas d'autre choix que de suivre ce que son père avait déjà installé. J'étais plus utile à Bastia vivant que mort, car il n'aurait pas pu prendre ma place sournoisement.
-Cela explique pourquoi il était furieux après que mon empoisonnement ait échoué. Le fait que tu aies failli mourir lui a coupé l'herbe sous le pied. Dire qu'il a fallu aller dans ce genre d'extrémité pour qu'il commette une erreur.
-Nous sommes tous des humains, il allait quoi qu'il arrive en commettre une. Mais comme tu dis, cette manière était un peu extrême.
Les deux se replongèrent dans le silence. Mais Erza poursuivit :
-J'ai une autre question un peu étrange.
-Je te trouve très curieuse. Pourquoi me poses-tu des questions sur ce sujet maintenant ?
-Je ne nous trouvais pas assez intime pour ça. Erza avait répondu normalement, mais le souverain sentit son sourire.
-Je vois, donc tu t'es senti assez intime ce soir. Quelle chance, alors que nous sommes mariés et complètement nu. Je ne vois pas ce qui a de plus intime.
-Tu vas me laisser poser ma question ?
-Je vous en prie ma Reine.
Et sans relever la remarque de son mari, la rousse demanda très sérieusement :
-Comment les choses auraient fini si Bastia avait réussi à forcer Leon à m'épouser ?
Erza entendit leur cœur de Jellal accéléré à la simple évocation de cette possibilité. Il répondit tout de même :
-Si j'y réfléchit bien, je pense que les choses n'auraient pas été si terribles. Même si c'est très dur de l'avouer, je pense que tu aurais été heureuse avec Leon. C'est un gentleman honnête. Il t'aurait choyé et vous auriez eu une vie de conversations animées. Tu me diras, vous avez déjà des conversations pareilles de par vos statuts de commandants. De mon côté, je pense qu'en épousant Meredy les choses auraient été similaires. Nous avons la même approche politique et la même stratégie de négociations. Cela aurait été agréable d'être avec des personnes partageant la même façon de penser que nous. Mais…
-Mais, nous n'aurions pas été totalement satisfait. Jellal acquiesça, elle poursuivit : Nos relations n'auraient jamais atteint le stade d'amour. Compréhensible alors que nous sommes les mêmes. Leon et moi, et toi et Meredy. Nous avions tous besoin de personnes qui nous complètent, qui nous apportent autre chose. Une autre vision de la vie qui finirait incontestablement par nous séduire. Le chemin a été long, mais on y est tous arrivés.
-Es-tu heureuse Erza ?
Elle releva la tête pour le regarder :
-Et toi l'es-tu ?
-Terriblement.
Elle sourit en se relevant légèrement, et après l'avoir embrassé avec passion elle lui répondit :
-Tu es le seul être sur terre qui m'a fait découvrir le bonheur Jellal. Et quelque chose me dit qu'il y a encore pas mal de choses que tu vas me faire découvrir.
Il l'a réembrassa et termina :
-J'y consacrerai ma vie.
*…*
Si Erza devait mentionner une qualité bien propre à propos de son mari, c'était qu'il ne mentait jamais. Dès le lendemain de leur mariage, Jellal tint sa promesse et lui confia qu'il devait lui faire part de quelque chose de très important. Elle l'avait suivi en silence, tout en se posant milles questions sur l'air cachotier du souverain. Les deux se retrouvèrent dans une partie du château qu'elle n'avait encore jamais vue. Elle ne savait même pas si les membres hauts placés du gouvernement connaissaient cet emplacement. Erza leva un sourcil en interrogeant silencieusement l'homme extrêmement séduisant devant elle.
-Il y a plusieurs points sur lesquels je dois te mettre au courant concernant ton nouveau titre. Ces informations te sont exclusives car même Grey n'est pas habilité à les connaître. Jellal semblait nerveux, et se triturait les doigts comme un enfant.
-Je suis toute ouïe. Reprend ton souffle d'abords, je suis sûr que tout ira bien.
Le Roi savait que la rousse se moquait de lui, mais pour la raison simple que c'était elle, il se détendit.
-Je crois que tu vas être contente. Erza, je te présente ma division.
À l'instant même où Jellal termina sa phrase, neuf personnes encagoulées apparurent de nulle part et se prosternèrent devant les dirigeants d'Edolas.
-Vos Majestés, c'est un honneur pour nous de vous servir en tant que soldat.
Cette voix ! Erza la reconnut instantanément. Et c'est devant l'ébahissement de la Reine que Jellal présenta :
-Erza je te présente le chef de la première division des armées d'Edolas, Shadow, plus connu sous le nom de Rog Charkl.
Rog, alias Shadow, retira sa capuche pour se montrer. Le soldat avait un petit sourire honteux. Et devant l'ébahissement de sa Reine il s'expliqua :
-Je suis désolé de vous avoir menti. Mon poste m'y obligeait et vous garder dans l'ignorance vous protégeait.
-Je… Je veux tout savoir. Le ton d'Erza était sans appel.
Jellal laissa place à son soldat de tout lui expliquer :
-Je fus le premier choisi par le Roi pour la nouvelle division. Lorsque le Roi me contacta, je fus très surpris, et je ne m'attendais certainement pas à sa proposition. J'ai rapidement constaté que Jellal Faust était le meilleur souverain qu'Edolas ait eu. Il a découvert, à lui tout seul, le secret que je trainais depuis si longtemps. Vous devez savoir ma Reine que lors du règne de Faust, je n'étais pas si exemplaire que vous le pensiez. Je jouais en réalité un double jeu. Alors que la journée je traquais les guildes à vos côtés, la nuit, à l'aide d'alliés, je faisais mon possible pour épargner le plus de vie. Le régime de Faust me rendait malade, je n'arrivais plus à concevoir la justice, et encore moins la paix. Et c'est en observant les guildes de magie que je m'étais rendu compte qu'ils avaient raison. Alors je me suis battu pour ce que je croyais juste. Je transmettais des informations par l'intermédiaire d'une civile sur les agissements de l'armée, ainsi les guildes pouvaient s'enfuir avant notre arrivée. Pour les membres attrapés sous ma juridiction, je faisais en sorte qu'ils s'enfuient dans d'autres provinces. J'étais limité mais je faisais de mon mieux. Je ne sais toujours pas comment le Roi Jellal l'a appris, mais en connaissant mes agissements passés, il me nomma chef de sa division et prit deux autres membres, ceux qui m'avaient aidé dans ma quête de justice.
Deux autres soldats se levèrent et retirèrent leurs capuches. Jellal présenta encore une fois :
-Lady et White. Erza toi tu les connais sous le nom de Minerva et Sting Eurucless.
Minerva lui sourit et expliqua : -Si je fais partie des neufs, en plus d'avoir aidé Rog et Sting, c'est de par mon travail de commerçante. Je peux avoir accès à toutes sortes de choses. D'un objet rare, à une rumeur fondée. Je fais aussi le lien entre plusieurs informateurs et le Roi.
Erza n'arrivait pas à y croire. Depuis le début, ses subordonnées et une commerçante, étaient ceux qui protégeaient Edolas dans l'ombre.
-Commandante… euh… Je veux dire Reine Erza, j'espère que vous ne nous en voulez pas trop. Sting se gratta l'arrière de la tête.
-Pas le moins du monde. Mais ne vous étonnez pas si jamais vos charges d'entraînements augmentent.
La remarque de la rousse fit grimacer les soldats de la première division, alors que les autres camouflèrent leurs rires.
-Je crois que nous allons continuer. Erza, voici Iron et Sky, ce ne sont pas des soldats, mais ils avaient, tout comme les autres, un travail très important, celui du renseignement.
Iron et Sky se relevèrent et dévoilèrent leur identité. Erza faisait maintenant face à Gajil et à Wendy.
-Avant même de devenir un soldat de division j'étais celui qui rapportait le mieux l'information. Le Roi m'a fait l'honneur de me choisir et depuis je fais de mon mieux pour anticiper toutes les menaces potentielles, expliqua Gajil tout en remontant ses lunettes.
-Et moi, en étant un membre de la guilde de Fairy Tail, je reste proche du peuple. J'écoute toutes sortes de conversations. Je côtoie toutes sortes de personnes, qui savent tous pas mal de choses sans le savoir.
Jellal camouflait, du mieux qu'il pouvait, son rire. Jamais il n'avait vu Erza sans voix, alors il décida d'en profiter un maximum.
-Gravity, Snow, c'est votre tour. Ce fut deux femmes qui retirèrent leur capuche. Erza découvrit encore deux visages qu'elle connaissait très bien : Je devais absolument avoir dans ma division la meilleure épéiste d'Edolas, Kagura Mirachi, alias Gravity. Et bien sûr, le meilleur médecin d'Edolas, voir même du monde, Yukino Agmentis, alias Snow.
-Du monde ? Vous me flattez Majesté. Yukino sourit d'un air complice à Jellal.
-Tu m'as sauvé la vie alors que beaucoup seraient mort à ma place. Je peux aisément dire que tu es le meilleur médecin du monde, rétorqua le souverain.
-Le Roi Jellal à raison Yuki, tu es la meilleure. Sting s'était approché du médecin et lui avait saisi la main.
Kagura leva les yeux aux ciels et se mit à parler :
-Reine Erza, vous avez été la seule rivale que j'ai eu dans ma vie. Mais maintenant, je vous prêterai ma force pour défendre Edolas. Kugura inclina légèrement la tête.
-Regarde Sting, notre Kagura joue la formelle devant son modèle, se moqua Gajil.
-Dire qu'elle passe son temps à parler d'elle, et là elle lui dit deux phrases avec son ton autoritaire. Kaguya tu es ridicule.
Sting et Gajil partirent en fou rire alors que l'épéiste sortit son katana, prête à commettre des décapitations. Mais Erza l'arrêta et déclara :
-Tu as aussi été la seule rivale dans ma vie. Cela sera un honneur pour moi de travailler avec toi.
-Attention Erza, je vais commencer à être jaloux. Je pensais que j'étais ton unique rival. L'avant dernier soldat s'était relevé. Erza reconnu encore plus rapidement cet voix grave.
-Snake, parle mieux à la Reine, réprimanda Rog.
-Je ne pense pas que cela soit un problème. N'est-ce pas Erza ?
-Je n'y crois pas, Cobra tu es un comédien né. Dire que tu étais sous mon nez depuis le début !
-Il fallait bien qu'il y ait un des neufs dans les hautes instances. Je l'ai nommé lui, car il est, comme tu le dis si bien, un comédien né, expliqua Jellal.
-Alors, il faisait déjà partie de ta division lorsque tu l'as nommé second ? L'étonnement était devenu l'expression naturelle d'Erza.
-Il a été nommé second car il faisait partie de la première division. Zeref a fait les présentations et j'ai tout de suite jeté mon dévolu sur sa prestance. Il a accepté instantanément.
Cobra coupa le Roi et fit sur un ton théâtral :
-Je l'ai fait car vous étiez devenu inestimable à mes yeux Majesté. Oui, je crois que je vous aime. Les quatre femmes de la première division se précipitèrent vers le second/soldat et le tapèrent sans ménagement.
-Ce n'est pas drôle Cobra, fit d'un ton monotone Minerva.
-Vraiment pas drôle, continua Yukino.
Les hommes rirent cependant, dont Jellal qui semblait habitué à ce genre d'ambiance. La commandante remarqua une immense complicité entre eux, forgés par les années et la confiance qu'ils s'octroyaient. Erza fut envieuse l'espace d'un instant, mais il passa rapidement lorsqu'elle vit le sourire du souverain. Et alors que tous riaient, Erza se rendit compte qu'il restait une personne toujours inclinée et qui attendait qu'on la remarque.
-Jellal, qui est le dernier soldat de ta division ?
Le Roi se retourna brusquement en se souvenant de ce léger détaille :
-Oh mon Dieu Memory, je suis terriblement désolé. Erza, c'est un exploit que tu l'ais remarqué. Il est tellement bon en camouflage et dans l'art de s'effacer. Je te présente donc Memory. C'est le soldat le plus talentueux de la division et personne ici ne pourra le contester. Il est celui qui nous a apporté le plus d'information ces trois dernières années. La plupart des manœuvres contre Bastia lui sont dû. C'est pourquoi de tous, je crois que c'est lui que j'étais le plus pressé de te le présenter.
Le neuvième membre de la première division se releva. Il retira doucement sa capuche, et sourit à sa nouvelle Reine.
Erza bafouilla : -M… Mest ?
-Bonjour Majesté.
Erza l'observa, les yeux grands ouvert. Mest semblait totalement différent de son allure habituelle. Il se tenait droit, son habit était proprement mis et son expression était curieusement sérieuse.
-Tu… Tu es différent. Seule chose qu'elle réussit à dire.
-Je ne suis pas différent, j'adopte juste une allure adaptée à la situation. C'est ma spécialité. Je suis un espion capable de m'adapter à n'importe quelles ambiances. Ce que vous connaissez est simplement une partie de moi. Mais maintenant que vous connaissez nos identités, vous ferez face à la partie la plus professionnelle. Cependant, je ne vous cache pas que j'aime vraiment être Mest, le second de la division de Déliora.
-Alors ta mission était d'infiltrer Déliora depuis le début ?
-C'est exact. Je devais monter les échelons de Déliora pour m'approcher de Bastia. Mais je fus surpris de rencontrer Leon. Il est devenu mon ami, et mon envie d'arrêter Bastia s'est multipliée. En plus de vouloir protéger Edolas, je voulais que Leon se défasse de l'emprise de son père. Je suis fidèle à mon Roi, mais aussi à mon commandant de Déliora.
-Leon est au courant ?
-Il ne sait pas que je fais partie des neufs. Cependant, je lui ai dit que mon statut dépassait largement ce que tous pensaient de moi. J'eu d'autant plus de respecté pour lui, lorsqu'il m'a répondu : « Fais de ton mieux pour protéger Edolas ».
-Mest est plus qu'un soldat. Il est un ami. Un frère d'arme. Ils le sont tous Erza. Chacun d'entre eux te contera leurs parcours. En attendant, je tiens à te dire, qu'ils m'obéissent autant qu'à toi aujourd'hui. Regarde les bien. Regarde leurs yeux. Ils partagent la même chose que nous. La dévotion à Edolas. Plus que des soldats. Des protecteurs. Jellal avait un ton solennel. Et l'expression des neufs en garde devant les dirigeants d'Edolas était respectueuse. Erza sentait enfin ce que le Roi et sa division partageaient. Et elle fut transcendée d'une confiance partagée par chacun d'eux. Edolas était un endroit sûr, car des personnes dans l'ombre, s'efforçaient à le protéger.
*…*
Après avoir bien échangé avec la première division des armées d'Edolas, Erza et Jellal se retrouvèrent seuls. La rousse se remettait toujours de la surprise de connaître leur identité, et son expression amusait toujours autant le souverain.
-Je crois que je vais tout faire pour te préparer le plus de surprise possible. Non mais sérieusement, ton expression me régale.
-Ce que tu as fait est incroyable Jellal. Dès le début de ton règne, tu as instauré un gouvernement stable et une stratégie capable d'affronter n'importe quels ennemis. Je ne m'en rends compte que maintenant, mais Edolas n'a jamais été, n'est pas, et ne sera jamais en danger. Car tu en es le protecteur. Je suis tellement fière de toi.
Le Roi d'Edolas fut déstabilisé en voyant la lueur de fierté dans les yeux de sa Reine. Mais, il rétorqua tout de même :
-Tu sais, si tout cela a pu arriver c'est parce que chacun y a participé. En vérité, je n'ai presque rien accompli. Ma division à tout fait toute seule, dans l'anonymat. Il y a eu Grey avec les rumeurs circulant dans le château. Toi et les autres commandants qui avez assuré l'organisation des armées et de la guerre parfaitement. Même Leon a eu le pouvoir de prendre la meilleure décision possible. Et il l'a fait. Si Bastia n'a pas gagné c'est grâce à vous tous. Pas à moi.
Erza leva un sourcil et répondit :
-Mon Dieu ! Et à ton avis petit génie, qui nous a permis d'accomplir toute ces choses ? Tu ne vois pas ? Toi, évidemment ! Jellal, tu nous as fait confiance. Une confiance tellement aveugle, mais inébranlable, que tout ce que nous avons entrepris a réussi. La confiance. Aucun homme ne peut faire confiance comme toi. C'est pourquoi, cette qualité fait de toi le meilleur des Rois. Sans ta confiance ta division n'aurait jamais pu agir librement. Sans ta confiance Grey serait resté le frileux transi d'amour. Sans ta confiance Leon n'aurait jamais songé à suivre son cœur. Jellal, sans ta confiance je n'aurais jamais découvert que j'étais capable d'aimer autant. Tu es un homme d'une noblesse infini, façonné par l'honnêteté, la compassion et la confiance. Sans toutes ces choses, Edolas aurait péris. Et moi avec. Si les personnes qui t'entourent ont participé à la paix d'aujourd'hui, c'est parce que tu les y as guidé tout du long.
Erza lui avait pris la main et il la serra de toutes ses forces. Jellal, par ce geste, la remerciait d'être à ses côtés et de le soutenir comme elle le faisait. Le souverain sourit et répliqua :
-Tu sais Erza, tu n'as pas besoin de vanter les mérites de ton Roi pour avoir ses faveurs. Cela fait un moment que tu les as.
-Redescendez sur terre votre royale Majesté. Votre tête enfle à vue d'œil. Je pense que votre femme n'appréciera pas. Erza souriait légèrement.
-Oh, tu t'inquiètes pour rien. Vois-tu, il en faut beaucoup plus à ma femme pour prendre la fuite. Jellal sourit à la suite de la commandante. Et c'est après un petit moment qu'il dit sur un air songeur : Te souviens-tu du jour où tu m'as dit, « Vous avez pris la tête du pays lorsque vous avez pris le pouvoir. Edolas est un corps, le peuple en est son âme. Et moi, en tant que commandante, j'en suis son bras ». Tes paroles raisonnent toujours en moi. Mais dis-moi plutôt, quel est le rôle de la Reine ?
Erza fut désarçonnée et bégaya : -Je… Je ne sais pas.
-Moi je sais. Tu es certes le bras d'Edolas, lorsque tu tiens le rôle de commandante. Mais en tant que Reine, tu ne peux qu'être son cœur. Avoir pour femme le bras qui protège Edolas, et le cœur qui prend soin de lui, me rend très fier.
Les deux s'échangèrent un regard complice. Ce simple regard témoignait de l'immense affection qu'ils se portaient l'un à l'autre. Et de cette affection, naquit une force brute qui propulsa Edolas dans une paix infaillible.
*…*
Sept ans après le mariage royal d'Edolas, la paix prospérait toujours avec des alliances solides et un gouvernement proprement dirigé. Le peuple vivait en harmonie dans un pays sûr et stable. Il pouvait compter sur l'efficacité des souverains et de leur dévotion à Edolas. Les jeunes du pays avaient même la possibilité de suivre des cours de combats organisé par la Reine elle-même. Celle-ci, malgré son nouveau statut, n'avait pas arrêté pour autant d'organiser son samedi après-midi pour ses cours. La magie n'était devenue qu'un lointain souvenir alors que le couple royal avait mis en place de nouvelle technologie améliorant la vie de tous. Edolas commerçait avec d'autres provinces comme Zendor et Tartaros, et chaque terre devint un peu plus moderne et riche en ressources.
Du côté du château, les choses avaient aussi beaucoup évolué. La défaite de Bastia créa un changement radical chez les nobles qui n'osaient plus s'opposer à leur Roi. En effet, en plus de sa victoire contre Bastia, Jellal s'était imposé avec des idées convaincantes pour Edolas. Les nobles n'avaient pu que suivre le mouvement. Depuis, Jellal et ses conseillers agissaient librement dans les décisions qu'ils prenaient. Surtout que le Roi avait enfin pu donner un héritier à la couronne. Cela arriva un an après leur mariage. Erza avait donné naissance à un garçon, qui ressemblait trait pour trait à son père. La seule différence c'est qu'il n'hérita pas de la marque imposante de son père, sur la partie droite de son visage. À la même période, Grey et Juvia, Leon et Meredy et Zeref et Mavis, étaient eux aussi devenus parents. Respectivement de deux filles et d'un garçon. Chaque enfant se démarquait d'un trait de personnalité bien propre. Alors que Tsuyu (saison des pluies en Japonais), héritier d'Edolas, faisait preuve d'une sagesse peu commune pour un enfant de son âge, Sol, la fille du conseiller et de la seconde, était énergique. Energie qui contrastait parfaitement avec la fille de Leon et Meredy qui aimait le calme et le silence. Le quatuor d'enfants se complétaient par August, fidèle portrait de sa mère Mavis, qui faisait preuve d'une douceur émouvante. Chaque jours les parents surprenaient leurs progénitures à accomplir des choses qui les étonnèrent. Coco, qui était devenue celle qui s'occupait d'eux, disait souvent qu'ils avaient le potentiel de surpasser leurs parents. Et l'avenir démontrera bien qu'elle n'avait pas tort.
Ils se réunirent tous dans la terre d'Arbaless, profitant de la nature qui en était foisonnante. Jellal et Grey regardaient de loin les enfants jouer, alors que les autres adultes visitaient la forêt. Le Roi et son conseiller discutaient de tout et de rien, lorsque trois enfants coururent vers eux. Deux d'entre eux attrapèrent chacun une des jambes de Grey, alors que le troisième tenta difficilement de monter sur les genoux du souverain. Azul et Green avaient trois ans. Les deux garçons avaient tiré principalement de leur mère, ce qui n'était pas le cas de Sol qui ressemblait à Grey. Cependant, les deux frères, nés à un intervalle de dix mois, commençaient à développer un talent certain dans les farces et la sournoiserie, au grand malheur de la seconde de l'armée. Quant à la petite fille rousse, qui avait réussi à grimper sur les genoux de son père, son nom était Sierra. Jellal en était fou, ce qui provoquait les moqueries de son cousin et de son meilleur ami. La petite fille de quatre ans avait hérité du charme de sa mère, mais des beaux yeux verts de son père. Les parents avaient pu constater qu'elle était très soucieuse de ce qui se passait autour d'elle, et qu'elle communiquait principalement avec son magnifique sourire.
Les trois enfants câlinés par leurs pères commencèrent à s'endormir. Et c'est en observant les plus grands jouer, que Jellal déclara :
-Merci Grey. Le conseiller tourna sa tête vers son ami le regard curieux. Il poursuivit : Tout ce que nous avons maintenant, c'est grâce à toi. Tu es le premier qui a cru en moi. Sans ton soutien, je n'aurais jamais eu le courage d'accomplir tout cela. T'avoir à mes côtés a été la meilleure des choses.
Grey ricana : -Ce n'est pas que je n'aime pas tes compliments élogieux, mais tu te trompes. Tu es ce que tu es. Peu importe qui se serait dressé contre toi. Peu importe qui t'aurait soutenu. Le résultat aurait été le même, tu aurais réussi. La seule chose qui aurait divergé c'est le temps que tu aurais mis à atteindre ton but. Tout ça, tu l'aurais gagné par toi-même quoi qu'il arrive. La noblesse Jellal. Beaucoup en sont dépourvus. Alors que c'est ce qui fait le plus partie de toi. La paix, le bonheur, nos enfants. Ta noblesse a créé ces choses. Ne me remercie pas. Au contraire, merci à toi.
-C'est dingue, à chaque fois que j'essaye de vous remercier, je me retrouve avec plus de pression encore.
-Tu es le Roi, tu as vraiment cru que les choses allaient être aussi simple ?
-Non. Bien sûr que non. Et c'est exactement pourquoi j'aime autant ceux qui m'entourent.
Les deux hommes plongèrent dans un silence reposant alors que les adultes, partis un peu plus tôt, revinrent le sourire aux lèvres. Et avant que tous se retrouvent pour le dîner, Grey termina :
-Joyeux anniversaire Jellal.
Fin
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Re Bonjour, Bonsoir ! Et voilà les zamis, cette histoire est terminée. Je n'ai même pas les mots pour dire à quel point cette fin est un accomplissement pour moi. Un homme noble a été un très long travail qui m'empli de fierté. Je voudrais d'abord remercier mon binôme d'écriture Luiza Lynn. Elle a suivi l'histoire jusqu'à la fin en m'encourageant, et cette histoire se trouve aujourd'hui sur en grande partie grâce à elle. Je voudrais remercier aussi CptJackHarkness et jFANGIRLd qui ont laissé des commentaires incroyables tout au long d'Un homme noble. Merci à vous deux et sachez que vos encouragements m'ont porté jusqu'au bout !
Pour finir, j'espère que cette histoire vous a plu. N'hésitez pas à laisser un mot ou deux sur ce que vous en avez pensé. C'est l'occasion ou jamais, et ça me ferait très plaisir, quel que soit la critique. Merci à vous d'avoir suivi Un homme noble ! À la prochaine !
