Bonjour !
Eh bien si quelqu'un m'avait dit qu'un jour je posterais du Drarry, j'aurais certainement jeté ce pauvre bougre dans un précipice sans fond. Je n'aime pas du tout ce couple et je n'en lis jamais. J'en écris encore moins ! Mais quand on aime, on fait n'importe quoi. Parce que oui, cette mini-fic est un cadeau d'anniversaire pour cette chère Whimsikal qui me supporte et me suit depuis 7 mois ! Je n'imagine pas de plus grand témoignage de mon amour que d'écrire sur ce ship de l'enfer (no judgement of course). Mais j'ai beau parler et pleurer du sang, je souhaite de tout mon coeur que tu apprécies cette histoire. Avec toute ma considération, sincèrement tienne.
C'est du léger, c'est du doux. Ça sent la noix de coco et les cookies chauds. Enjoy!
Bonne lecture !
Chapitre 1
Depuis sa chaise, plongé dans le brouhaha ronronnant qui l'entoure, Drago observe les deux sorciers qui parlent à la table de la terrasse d'en face. Ils sont engagés dans une discussion vive seulement entrecoupée par leurs éclats de rire. Drago pense que leur vie est simple, légère ; ils paraissent se compléter dans une symbiose frôlant le paroxysme de l'amitié. Le blond regarde autour de lui. Partage-t-il cela avec quelqu'un de son entourage ?
Il est entouré de ses amis ce jour-là, autour d'un verre réconfortant, mais eux ne rient pas à gorge déployée. Alors il reporte son attention sur les deux sorciers toujours en robe réglementaire du Ministère. Même au travail, ils se sont retrouvés étroitement liés dans les mêmes couloirs.
« Malefoy nous fixe depuis tout à l'heure, fait remarquer Hermione après une nouvelle gorgée de citronnade.
– Oui, j'ai vu, répond Harry en posant un regard en biais sur lui. Je me demande ce qu'il veut. Il est rentré en Angleterre il y a longtemps ?
Repéré dans sa contemplation, Drago détourne le regard et s'implique davantage dans les conversations qui ont lieu près de lui. Hermione hausse les épaules pour signifier son ignorance.
– Il ressemble de plus en plus à son père, ajoute l'Auror en devenir.
– En moins laid.
Les deux meilleurs amis se regardent. Le compliment mal camouflé surprend, mais ils passent finalement à autre chose. Pourquoi riaient-ils tant ? Ils ne se souviennent plus, mais ce n'est pas grave, ils ont le cœur plein de chaleur. Hermione termine sa citronnade alors que le soleil commence à décliner sur le Chemin de Traverse.
– Je vais y aller, dit-elle. Je dois passer chez Fleury et Bott avant d'aller chez Ginny.
Harry se renfrogne.
– Ne fais pas cette tête, râla doucement Hermione. Tu peux comprendre que c'est difficile pour elle, non ?
– C'est difficile pour moi aussi ! Je ne lui demande pas de faire comme si de rien n'était, mais au moins qu'on puisse se voir normalement.
– Mais c'est déjà trop demander. Écoute, soupire la brune, je vais lui en reparler. Mais il faut aussi que tu comprennes qu'elle souffre beaucoup parce qu'elle t'aime toujours et que c'est difficile pour elle de se rendre compte qu'elle n'a plus aucune chance avec toi.
Harry baisse les yeux et se sent dépité. Il n'y a plus de chaleur dans son cœur.
– Je n'ai jamais voulu lui donner de faux espoirs, murmure-t-il. Je ne savais tout simplement pas ce que je voulais vraiment ni comment vous le dire.
– Je sais, Harry, sourit Hermione. Et Ginny le sait aussi au fond. »
Elle l'embrasse sur la joue en se levant et ramasse son cartable plein de son travail du soir. En partant, elle passe devant la table des anciens Serpentard et laisse rapidement couler son regard sur les visages. Un en particulier, encadré par des mèches blondes. « Moins laid ». Oui, très certainement, pense-t-elle. De moins en moins.
Harry hésite un moment. Rentrer à l'appartement ou attendre ? Il n'a pas envie de rentrer. Il ne se sent plus chez lui dans cette collocation qu'il partage avec Ron. Il ne se sent pas bien avec Ron depuis un mois très précisément. Depuis ce soir-là, au Terrier, le soir de son anniversaire où il avait décidé d'annoncer à tout le monde ce secret qui le rongeait depuis un temps trop long. La plupart des membres de la famille Weasley et de ses amis avaient bien pris la nouvelle, d'autres n'avaient simplement rien dit de leurs pensées.
Mais certains, comme Ginny ne l'avaient pas aussi bien vécu. Et Ron, lui, dans son acceptation apparente, avait totalement changé de comportement. Comme s'il avait peur qu'Harry ait déjà eu des arrière-pensées à son sujet ou en ait à l'avenir. Sauf que ce n'était pas le cas et ce ne le serait jamais. Ratatiné sur sa chaise en osier, le brun décide finalement de rester à la terrasse. Il commande une seconde chopine de Bière-au-beurre et sort quelques parchemins de son cartable. Lui aussi a des devoirs pour ce soir.
Le soleil met du temps à se cacher et la lumière chaude de la fin du mois d'août perdure assez longtemps. Finalement, Harry s'en va après une grosse heure de lecture. Il traîne les pieds dans les ruelles adjacentes au Chemin de Traverse et tarde à rentrer. Il erre en tournant un coup à droite, un coup à gauche quand soudain, il se retrouve face à visage désagréablement familier. Harry soupire sans ménagement et se renfrogne davantage.
« Quel accueil, Potter ! raille Drago.
– Il n'a jamais été question de discrétion pour se faire comprendre qu'on ne s'aime pas, si ? répond le concerné en haussant un sourcil. Qu'est-ce que tu fais dans mon quartier, d'ailleurs ?
Harry se rend compte qu'il ne l'a pas vu partir de la terrasse en face la sienne.
– Ton quartier ? répéta le blond avec un rictus. Malheureusement pour toi, ou pour moi plutôt, j'ai le regret de t'apprendre que « ton » quartier va devenir aussi le mien.
Harry soupire encore avec délicatesse.
– Il ne manquait plus que ça. »
Et il s'en va rejoindre son appartement sans plus de détours. Quand il passe la porte, le regard suspicieux de Ron n'a jamais semblé plus perçant. Ils se saluent vaguement, s'évitent.
« On a reçu les cartons pour la réunion des anciens, informe finalement Ron en apportant son enveloppe à Harry.
Il la décachette et lit le parchemin en diagonale. C'est le même que chaque année depuis qu'ils ont quitté Poudlard. Le brun se lève pour se servir un verre d'eau.
– Tu veux manger quoi ? demande-t-il à Ron qu'il retrouve dans la cuisine.
– J'ai déjà préparé le repas, répond le rouquin. C'est globalement des restes, mais ça se mange.
Harry sourit à l'idée de pouvoir se mettre les pieds sous la table alors que la fatigue lui pend au nez.
– Merci, souffle-t-il à Ron en lui serrant le bras brièvement.
Le contact semble le brûler et il recule. Harry n'arrive même pas à soupirer, il est triste que leur amitié en soit réduite à cela. Et alors que Ron rougit jusqu'aux oreilles, honteux de sa réaction, son ami décide que c'en est assez.
– Qu'est-ce que c'est ton problème, Ron ? demande Harry d'un ton ferme, mais las néanmoins.
– Rien, il n'y a rien, répond l'interpellé en enfouissant sa tête dans le frigo à la recherche de sa préparation.
– C'est faux, Ron ! Depuis mon anniversaire, tu agis bizarrement, insiste Harry. Tu t'éloignes, tu ne me parles presque pas. J'ai besoin qu'on règle ça parce que très honnêtement, je ne pense pas pouvoir continuer à vivre dans le même appartement que toi dans ces conditions.
Ron émerge du frigo, le visage livide. La perspective de ne plus être en colocation avec Harry suffit à l'impliquer dans la conversation.
– Je suis désolé, lâche-t-il alors. Je sais que c'est difficile avec Ginny et je t'ai dit que ça ne me dérangeait pas, mais je n'arrête pas d'y penser.
Soulagé que son meilleur ami laisse la langue de délier, Harry s'autorise un léger sourire avant de reprendre son sérieux. Il avait tout à fait cerné le problème de Ron et il n'y avait vraiment pas besoin d'en faire une si grande histoire.
– Ron, ce n'est pas parce que je vous ai annoncé que j'aimais les hommes que ça voulait dire que j'aimais tous les hommes, déclare Harry avec un regard presque paternel derrière ses lunettes rondes.
– Je sais, mais…
– Je tiens beaucoup à notre amitié, enchaîne le brun. Et plus que tout, je souhaite vous garder près de moi, toi, Hermione, et Ginny. Je t'assure que je n'ai jamais songé à plus avec toi et j'espère qu'on peut continuer à vivre ensemble sans qu'il n'y ait plus ce genre de problème.
L'instant est gênant. Ron rougit de plus belle, mais il est soulagé aussi d'avoir eu cette discussion avec Harry.
– J'espère aussi, assure le rouquin. »
L'atmosphère s'allège de deux tonnes, au moins. S'il avait su que ce serait si simple, Harry aurait entrepris cette conversation bien plus tôt. Finalement, les deux sorciers se retrouvent assis par terre autour de la table basse et font la fête aux nouilles sautées tièdes de Ron. Ils parlent de la réunion des anciens élèves de Poudlard qui aurait lieu début septembre. Ils iront, comme chaque année.
« Tu ne peux pas dire que tu ne l'as pas cherché ! s'exclame Hermione avec un regard sévère, mais presque amusé à son interlocuteur.
– Je ne dis pas ça. J'assume d'ailleurs tout à fait l'avoir cherché pendant des années. Mais ça fait quatre ans qu'on a quitté Poudlard et il s'est passé bien des choses depuis. Peut-être que je suis en quête de repentir.
Hermione reste muette un instant puis éclate de rire. Si elle s'était demandée ce qu'il était passé par la tête de Drago Malefoy pour venir toquer à la porte de son modeste bureau au Ministère, elle se questionnait davantage maintenant sur le genre de projectile qui avait frappé son crâne suffisamment fort pour le rendre si… bizarrement aimable.
– Serais-tu en train de te moquer de moi, Granger ? interroge Drago en levant un sourcil taquin.
– Excuse-moi, la fouine, répliqua Hermione en insistant particulièrement sur le surnom, mais il me semble que tu as de l'avance sur la moquerie. J'ai de quoi faire pour te rattraper.
– Et moi qui avais toujours cru que tu étais plus intelligente que moi et que tu ne t'abaissais pas à ce genre de méchancetés, lance le blond.
Hermione hausse les sourcils, étonnée et franchement amusée désormais. Comment cette discussion avait-elle commencé déjà ?
– Dis-moi ce que tu veux, Malefoy, reprend-elle en arrangeant son bureau.
– J'ai une faveur à te demander, avoue-t-il en sortant un parchemin plié de la poche intérieure de sa robe de sorcier.
Hermione ne dit rien, mais trouve la situation de plus en plus curieuse.
– C'est un formulaire, pour le travail, enchaîne le sorcier.
Il le lui tend et la jeune femme sent qu'il se raidit alors qu'elle pose les yeux dessus. Effectivement, il n'y a pas de quoi se sentir fier.
– Qu'est-ce que tu veux que je fasse de ça ? demande Hermione. Je ne suis en poste au Département de la Justice que depuis dix mois et je n'ai pas franchement d'autorité.
– Mais tu connais tout le monde, objecte Drago. Ou plutôt, tout le monde te connaît. Et même si ça m'énerve, j'ai besoin de ce papier. J'ai beau avoir fait tout mon possible pour laisser tout ça derrière moi, il y a des choses qu'on ne peut pas effacer.
Instinctivement, Hermione pose ses yeux sur la manche du sorcier. Il lève les yeux au ciel et elle se sent idiote.
– Je vais aller déjeuner, dit-elle. De toute façon, tout le monde doit être en pause à l'heure qu'il est. Je te promets de m'en occuper dès que je reviens.
Évidemment, Drago aurait préféré que ça soit fait sur l'instant. Mais il a appris à ne plus vouloir tout, tout de suite.
– Merci, fait le blond du bout des lèvres.
Et à son grand étonnement, Hermione lui sourit. Elle attrape son sac et d'un geste de main, l'invite à sortir de son petit bureau. Ils s'apprêtent à se saluer et à se quitter là, mais au dernier moment :
– On peut déjeuner ensemble.
Ils ont parlé en même temps et se regardent avec un air gêné. Hermione rougit beaucoup plus que Drago qui arrive à rester plus impassible.
-Pourquoi aurais-je envie de manger avec toi ? demande Drago avec un ton légèrement suspicieux.
– Je te retourne la question, répond Hermione avec les sourcils froncés dans un air sérieux. Surtout que tu me l'as justement proposé.
Drago reste silencieux quelques instants.
– Je t'offre rétribution pour le service que je te demande en t'invitant ce midi.
Hermione lève les yeux au ciel.
– On déjeune de manière civilisée, on évite de remuer les vieilles haines et on oublie ton idée stupide de paiement pour service rendu, déclare fermement la brune.
Drago lâche un soupir presque théâtral.
– Et moi qui me forçais à être gentil depuis le début pour avoir ce fichu papier, geint-il de sa voix traînante emprunte de lassitude. »
Hermione lève les sourcils. Il semble presque dire ça sans plaisanter. Elle hausse les épaules dans une attitude désabusée et s'en va dans le couloir. Un petit sourire en coin fleurit sur ses lèvres quand elle entend Drago prendre sa suite.
