Salut !

Je prendrai le temps de me présenter plus tard. Je vous propose aujourd'hui une histoire qui m'est venue en tête alors que je travaillais sur mon mémoire sur le futur de la conquête spatiale.

Pourquoi utiliser Drago et Hermione pour cette fiction, me direz-vous ? Parce que leurs personnages et leurs caractères correspondent parfaitement à ce que je voulais passer comme message. Un Dramione dans l'espace… ? *Tousse* Oui, c'est vrai, ça peut paraitre étrange, mais faites moi confiance, je suis sûr que vous allez adorez le voyage autant que moi.

Juste pour que ce soit clair. L'univers Harry Potter se limite dans cette fiction aux personnages, à leur idiosyncrasie et à la trame principale, sans magie. Oh… Il y aura bien de la magie dans cette histoire, mais d'un autre genre. Une magie de la technologie, du génie et du cœur humain.

Bonne lecture


Pèlerins

Chapitre 1er - Un destin, une vie, un clic


Confirmation d'achat N°142

Nom de la société : SpaceY Ltd

Référence : SPYDM142

Date : 22/04/2028

Numéro Client : 142220428

Nom Client : Malefoy

Prénom Client : Drago

Adresse : Manoir Malefoy, 85th privet Drive, North Hampton

Quantité : 1

Désignation produit : allé simple mars – cabine 1ère classe Starship – bagages 40kgs

Prix Unitaire HT : 1 980 000$

Prix Total HT : 1 980 000$

TVA : 20%

Prix Total TTC : 2 376 000$

SpaceY Ltd vous remercie de votre confiance et vous donne rendez-vous le 25/04/2028 au Cap Canaveral, en Floride. Monsieur Elan Mosk en personne sera là pour exprimer sa gratitude et ses meilleurs vœux aux 150 nouveaux passagers de la Mission Pèlerins dont vous faites partie.

/Avertissements/ La direction de SpaceY rappelle qu'aucun retour n'est envisageable – Les lois terrestres ne s'appliquent pas au-delà de 20km d'altitude – La monnaie terrestre n'a aucune valeur sur Mars – La colonie se réserve le droit d'assigner la tâche de son choix à chaque pèlerin – Compte tenu des conditions extrêmes d'existence sur Mars, vous vous êtes engagés par ce payement à vous soumettre aux directives du commandement de la colonie – Tous engins explosifs, toutes armes blanches et tout liquide de plus de 1000ml sont prohibés dans la cabine de la navette – Le trajet pour Cap Canaveral est à la charge de l'acheteur – Billet non remboursable.

Toute l'équipe SpaceY vous souhaite un agréable voyage.

Drago cliqua sur la croix rouge en haut à droite de son écran. En considérant la somme absurde qu'il venait de dépenser, il s'était attendu à se sentir un peu plus léger. Mais ce fut tout le contraire. Une appréhension de plus venait de s'ajouter à la pile de ses soucis. Pour l'instant, rien ne lui parut radicalement différent. Pourtant, en tapant ses coordonnées bancaires sur le site internet de SpaceY pour acheter son billet, il venait d'imposer à son destin un virage à cent-quatre-vingts degrés. Enfin, pas encore. Il pouvait toujours ne pas se présenter le jour de l'embarquement. Dans ce cas, il aurait juste à expliquer à son entourage pourquoi il avait vendu son superbe appartement en plein centre de Londres, sa Lamborghini Gallardo et son Harley 883 qu'il aimait tant. Drago se rassura en se rappelant que son entourage se limitait à ses deux parents et à quelques collègues de boulot qui étaient plus des rivaux polis que de véritables amis. Pas de fiancée pour lui hurler son irresponsabilité dans les oreilles. Pas même un chien pour lui aboyer qu'il était un maitre indigne…

Mars.

La première fois qu'il en avait entendu parler, c'était peut-être en primaire. Mais à cet âge-là, il n'avait pas vraiment noté la différence fondamentale qui existait entre la planète rouge et celles que visitaient les héros de Star Wars : à savoir que Mars, elle, était bien réelle. L'oncle de son père était venu au manoir, une fois, quand il avait quinze ans. C'était un astrophysicien et astronome passionné. Drago se souvenait qu'il avait apporté un vieux télescope, ce jour-là. Grand-Oncle Malefoy était un être un peu fantasque, mais Drago se rappelait encore cette singulière sensation dans son ventre quand, après avoir posé son œil dans la lunette, il avait pu voir Mars. Elle existait donc bel et bien. Elle n'était pas qu'une simple invention de l'esprit. L'œil toujours sur la lentille, il s'était fait la réflexion qu'au même moment, là-bas, très loin, le vent soufflait sur ces terres arides et mystérieuses.

Les choses avaient pris un tournant décisif lors de sa dernière année de lycée. Ce fut à cette époque que SpaceY défraya la chronique quand Elan Mosk, son CEO, annonça que la compagnie avait finalement développé la technologie nécessaire pour envisager l'installation pérenne d'une colonie humaine sur Mars. Des fusées réutilisables. Des vaisseaux au volume et à la charge utile imbattable. De l'électronique embarquée d'un niveau incomparable. Des modules de vie sur place facile à monter. Tout était prêt. Ne manquait plus que les colons, et l'argent pour le faire. Bien sûr, dans les années qui suivirent, les premiers fous à s'embarquer pour l'aventure martienne furent des scientifiques, des chercheurs et des techniciens le temps de mettre en place les premières infrastructures. Ce ne fut que récemment que quelques rares places furent mises à la vente pour les fortunes désireuses de changer de vie. À cette époque, il était encore en école de commerce, et si on lui avait prédit ce qu'il venait de faire, quelques années plus tard, il aurait doucement rigolé.

Oui mais voilà. Drago venait de payer son tiquet pour Mars. Un endroit pas franchement reconnu pour son hospitalité. Comment expliquer ce geste ? S'il avait eu à se justifier à qui que ce soit, il aurait surement raconté à quel point sa vie lui paraissait creuse et vide de sens. Il aurait sans doute parler de tout cet argent qu'il accumulait sans savoir quoi en faire. Il aurait probablement évoqué l'apathie qui le saisissait chaque samedi matin quand il se réveillait aux côtés d'une femme souvent jolie, mais encore plus souvent bête comme un âne. Enfin, il aurait peut-être avoué que le monde commençait à le lasser, qu'il se disait souvent « à quoi bon ? » et qu'il lui était déjà arrivé d'envisager très sérieusement de se pendre. Oui, il aurait dit tout ça.

Mais Drago Malefoy n'avait pas d'amis. Pas de femme dans sa vie. Des parents altiers et distants. Oh, il avait tout un tas de connaissances, il l'admettait volontiers. Tout un tas d'OFNI – Organisme Faux-culs Non Identifiés – en orbite autour de lui, comme des électrons autour du noyau d'un atome, ou plutôt comme des mouches autour d'un étron pas tout à fait sec. Ceux-là apprendraient la nouvelle avec, il en était sûr, moult effusions. Mais au fond, il savait que ça ne serait que de la mise en scène mondaine. En réalité, son départ offrirait plus de joies que de peines. Combien de requins grinçaient des dents depuis deux ans à le voir lui, si jeune et si doué, gravir les échelons de l'entreprise et brasser autant d'argent. Combien d'entre eux pleureraient son départ en public pour mieux s'en réjouir une fois le dos tourné ? Le haut de la pyramide sociale n'était pas ce paradis immaculé qu'on faisait envier aux gueux du bas de la chaîne alimentaire. C'était une jungle épaisse et dangereuse, où chaque recoin regorgeait de mille prédateurs qui se servaient des cadavres de ceux qui tombaient pour prendre leur place. Au moins, en laissant sa place vacante, il ferait un heureux. Mais celui-là ne le serait pas longtemps, il en était sûr. Drago le comprenait maintenant, il n'y avait aucun bonheur à tirer à décrocher une promotion. Il savait de quoi il parlait, puisqu'en un peu plus de deux ans, il en avait eu six.

Drago ferma l'écran de son ordinateur portable et s'affala tout au fond de son fauteuil. Il resta un instant sans bouger. Puis, il se leva et traversa son salon – qui bientôt ne serait officiellement plus le sien – pour aller déboucher une bouteille de son Cognac préféré. Il se servit un verre, se passa une main dans les cheveux pour les rabattre en arrière et retourna s'assoir. Il prit une première gorgée qui le fit grimacer et enchaina directement sur une deuxième. Les arômes lui embaumèrent le palais et lui firent oublier une première attaque un peu agressive. Il se demanda s'il était sage d'emporter une bouteille pour le voyage. Il sortit une cigarette de son étui en argent et il alluma dans la foulée.

Il reposa son verre et tira une latte de sa cigarette. Drago n'avait aucune idée de ce qu'il adviendrait de lui et de sa vie une fois là-haut, dans l'espace. Mais il était sûr que rien ne pouvait être pire que cet ennui qui le rongeait à seulement vingt-six ans. Et si c'était justement ce qui avait toujours manqué à une âme comme la sienne ? De l'inconnu. Du risque. De l'aventure. Pour la première fois depuis longtemps, Drago esquissa un petit sourire à l'idée de ce à quoi sa vie pourrait bien ressembler une fois sur Mars, et cela le conforta dans l'idée qu'il avait pris la bonne décision.

Il était à des années lumières – et c'est le cas de le dire – de s'imaginer qu'à l'autre bout du monde, en Floride, une jeune femme avec qui il avait passé une bonne partie de sa jeunesse se préparait à embarquer pour le même voyage ; mais avec des raisons bien différentes des siennes.


J'espère que ce prologue vous aura plu. Je compte publier 2 fois par semaines, une fois le Jeudi et une fois le Dimanche. L'histoire fera entre 70 et 90 000 mots, soit l'équivalent d'un roman habituel.

Le prochain chapitre présentera Hermione.

Je serais ravi de savoir ce que vous pensez du concept et ce que vous imaginez pour la suite de cette histoire, alors n'hésitez pas à Review, Fav et Follow !

Amicalement,

Agiade