Mon petit déjeuner était déjà dans la chambre quand je me suis réveillée mais mon ventre était bien trop noué pour en avaler un morceau. Cependant, je connaissais la menace si je n'en mangeais pas ne serait-ce que la moitié. J'ai donc fait une nouvelle fois l'effort de manger ce qui selon moi serait mon dernier repas. À peine avais-je déposé les couverts sur la table que la porte de la chambre s'ouvrit pour laisser entrer celles qui allaient s'occuper de moi.
J'avais appris durant ces derniers mois à ne plus laisser transparaître mes pensées et mes émotions sur mon visage. J'étais devenue passive de cette vie où l'on m'avait privé de ma chère et tendre liberté.
Tandis qu'une s'occupait de desservir la table, une autre était dans la salle de bain pour préparer le bain que je devais prendre et la troisième avait pour tâche de m'enlever mes vêtements de nuit. J'étais devenue un véritable pantin si facilement manipulable. Mon esprit de rébellion m'avait quitté, je n'étais plus cette femme de caractère, élevait dans l'amour de la liberté.
Après mes cinq minutes d'humanité. On me plongea dans mon bain, leurs mains froides me lavaient le corps et les cheveux avec beaucoup trop de vigueur manquant à chaque instant de me blesser. Mais elles n'en avaient pas le droit sous peine d'être très sévèrement punis. Même si j'étais théoriquement propre, je me sentais toujours aussi sale. Je n'espérais que la mort pour ne plus avoir à me sentir ainsi.
Après m'avoir sorti du bain et séché, elles m'installèrent devant la coiffeuse de la chambre. Il était l'heure pour moi de me faire coiffer. La chaleur du sèche-cheveux était bien trop forte pour moi mais elles s'en moquaient, les passages de la brosse sur mes longs cheveux étaient bien trop douloureux pour moi mais une fois encore, elles n'en avaient que faire. J'avais appris à ne plus me plaindre car si je le faisais alors la douleur était encore pire.
Je les écoutais discuter entre elles comme si je n'étais pas là. Elles réfléchissaient à voix hautes à ceux que j'allais devoir porter comme coiffure qui respecterait les ordres de leurs maîtres. Pas une fois elles ne m'ont demandé mon avis.
Elles étaient d'accord sur un point, mes boucles naturelles devaient être reprises afin de les ordonner. Quand cette tâche fut finis, elles étaient tombées d'accord sur le reste de la marche à suivre. Les boucles devaient être cassées afin de paraître plus naturelles. Elles séparèrent mes cheveux en deux parties, l'arrière de ma chevelure devait être laissé libre dans mon dos et retombé jusqu'au creux de mes reins. Alors que l'avant se devait d'être rassemblé en un chignon complexe de tresses et de torsades afin de dégager mon visage, mon cou et l'arrondi de mes épaules.
Celle qui avait desservi le petit déjeuner était revenue avec deux boîtes. Elles utilisèrent celles qui contenaient les bijoux de tête. Dans une autre vie, j'aurais adoré contempler ses bijoux mais pour l'heure seule du dégoût me venait de ce présent. Des peignes en or et en pierres précieuses aux dessins complexent furent installer de part et d'autre de mon chignon reposant à l'arrière de mon crâne. Elles placèrent des petites pinces en forme de feuilles et de fleurs sur le reste de ma chevelure. Cela finissait de mettre en valeur mes cheveux bruns aux reflets acajou.
Les maîtres avaient demandé que mes yeux soient mit en valeur par du maquillage. Le reste devait rester naturel. Celle qui était la plus douée avec le maquillage devait s'occuper de ça alors que j'entendais les deux autres s'affairaient autour de ma tenue. Elle releva brusquement mon visage ovale afin de pouvoir travailler dessus m'arrachant ainsi à ma contemplation dans le miroir qui me faisait face.
Il ne lui fallut pas longtemps pour travailler sur mes yeux. Elle se contenta de me fumer les yeux avec un ombre à paupières dans des teintes de noirs et de bruns. Elle posa un coup de crayon afin de noircir mes ras de cils du haut et du bas. Puis appliqua une importante couche de mascara afin de rendre mes cils encore plus longs et volumineux qu'ils ne l'étaient. Elle s'occupa de mes sourcils afin de leur donner une forme correcte et propre. Quand se fut terminé, je réussis à me voir l'espace d'un instant dans le miroir. Grâce à ce maquillage charbonneux, elle avait réussi à rendre mes yeux chocolats encore plus profonds qu'ils ne l'étaient avant. Mon teint paraissait encore plus clair, mes pommettes plus saillantes, mon nez plus fin, ma bouche encore plus charnue et rosée. Je haïssais ça.
Je dus me lever afin de passer à l'étape des vêtements. Mon corps nue allait enfin être habillé. Elles me donnèrent à enfiler une pièce de dentelle noire quasiment transparente qui devait faire office de bas de sous-vêtements. Je m'attendais à devoir passer un soutien gorge dans le même genre mais ce ne fut pas le cas. Elles passèrent directement à la robe. Pour ne pas gâcher la coiffure, je dus l'enjamber afin de l'enfiler par le bras. Elles me remontèrent la robe jusqu'à la taille et m'aidèrent à passer les bras dans les manches.
Apparemment la transparence était une nouvelle fois de mise avec la robe. La robe était taillée dans un tissu tellement fin et clair que cela donnait l'impression que j'étais nue. Quelques broderies de dentelle noire agrémentées de cristaux couraient le long de mes bras jusqu'à la naissance de mes seins. À partir de là la broderie noire se faisait plus intense afin de me couvrir jusqu'au haut de mes cuisses. Le haut de la robe me moulait comme une seconde peau, on ne pouvait ignorer l'absence de soutien-gorge. Le reste de la robe retombait en une multitude de couches d'un tulle noir transparent donnant du relief à la jupe. Cette robe m'était en valeur l'arrondie de mes épaules, ma poitrine haute et ronde, mon ventre plat, ma taille marquée, l'arrondi de mes hanches, mes fesses charnues ainsi que mes jambes longues et fuselées. J'ai détesté cette robe.
L'une des trois boutonnait les minuscules boutons dans mon dos. La deuxième s'arrangeait pour que la robe tombe correctement et que ma culotte ne soit pas visible. Tandis que la dernière apportait les escarpins vertigineux que j'allais devoir porter afin d'allonger ma silhouette.
Elles me placèrent devant le miroir à pied de la chambre. Je devais sûrement admirer le travail qu'elles avaient fourni. Le frisson annonciateur de leur arrivée remonta le long de mon corps. J'étais maintenant capable de sentir leur présence sans même les voire. Je savais que je n'avais pas le droit de bouger avant d'en recevoir l'ordre. Alors j'attendais devant ce miroir, les bras le long du corps, me contemplant sans me voir.
«Absolument parfaite» résonna la voix du blond.
«J'ai tellement hâte de la suite des événements, où sont le reste des bijoux ?»
Le brun s'était rapproché de moi, collant quasiment son corps au miens. De la luxure pure transparaissait de ses yeux bordeaux. Je tentais de réprimer un autre élan de dégoût.
L'une des trois apporta la seconde boite à bijoux, la plus grande. Elle l'ouvrit de façon cérémonieuse. C'était au tour des deux maîtres de finir le travail. Des boucles en rubis furent placés sur mes lobes d'oreilles tandis qu'un collier en métal doré prit place autour de mon cou. J'étais à aux deux doigts de suffoquer avec celui-ci tant il était serré. Ce collier rappelait à tous la place que j'occupais dans ses lieux. Un simple animal de compagnie pour les pires de monstres. Je m'attendais à tout moment à que l'un d'entre eux sortent une laisse afin de terminer la parure.
Le brun ordonna qu'on m'apporte la cape de voyage. Elle fut placée rapidement autour de mes épaules, la capuche s'abaissa sur le haut de ma tête cachant ainsi mes cheveux mais laissant voir mon visage. Il attrapa mon visage, me forçant à soutenir son regard bordeaux immonde.
« Te souviens-tu de ta fonction Isabella ? » sa voix était basse, teintée d'un accent slave.
« Oui, monsieur. » murmurais-je.
Je n'étais qu'un cadeau en gage de paix dans une guerre qui n'était pas mienne. Un animal de compagnie qu'on cède en signe de bonne volonté. Un bel objet que l'on veut posséder en plus dans sa collection. Mais surtout une proie enivrante pour détourner l'attention du véritable plan.
XXX En gage de paix XXX
Accompagné des deux maîtres et de leurs gardes, je sortis de la suite de l'hôtel de luxe dans lequel nous séjournions à Florence en Italie. Trois gardes ouvraient la marche, les deux maîtres me tenaient les bras me faisant comprendre que la fuite m'était impossible et trois gardes fermait la marche. Cependant, je savais que d'autres étaient cachés un peu partout dans les ombres de l'hôtel. S'assurant de la sécurité de leurs maîtres.
Le trajet dans le couloir et l'ascenseur me parut beaucoup trop long. Je respirais à nouveau quand les portes de la machine s'ouvrirent dans le hall de l'hôtel. Nous étions en milieu de matinée mais il semblait beaucoup trop rempli de touriste. Je détestais la foule. Notre arrivée attira l'attention. Les murmures d'excitations se faisaient entendre. Ma tenue beaucoup trop voyante laissait penser que j'étais une personne riche. Les sept personnes m'entourant, donnait l'impression que j'étais importe. Si seulement ils savaient la vérité, ils en seraient bien déçus.
Trois berlines noires aux vitres teintées nous attendaient devant les portes de l'hôtel. La première et la dernière devaient transporter les six membres de la garde intérieure. Celle du milieu était pour les maîtres et moi. Je pris place avec eux à l'arrière du véhicule. Fort heureusement ils m'avaient laissé me mettre à l'arrière coté conducteur. J'allais pouvoir au moins admirer le paysage par la vitre.
Le trajet dura un peu plus d'une heure, les paysages de la Toscane étaient magnifiques même sous le ciel gris de cette journée. Les deux hommes discutèrent entre eux durant le trajet, ne prêtant que très peu d'attention à ma personne. J'en étais à deux doigts de les remercier d'être en paix. Ils voulaient s'assurer une dernière fois de leurs plans et surtout de la réussite de celle-ci.
À mesure que nous nous rapprochions de la destination finale, mon stress et mon angoisse remontaient à la surface. Je sentais mon cœur s'accélère de plus en plus. Mon visage ne me semblait plus aussi impassible dans le reflet de la fenêtre. J'étais proche de la crise de panique.
« Respire Isabella ! »
La voix du blond claqua dans la voiture, me faisant sursauter par la même occasion. Je n'avais même pas remarqué mon manque de respiration.
« Calme ton cœur immédiatement ! N'oublie pas les conséquences pour toi si tu nous trahis. »
Ils m'avaient appris à calmer ce maudit cœur qui trahissait ma nature. J'essayais de m'apaiser le plus possible en repensant des moments heureux de ma vie d'avant. Les yeux fermés, je revoyais derrière mes paupières les sourires de ma mère, les yeux lumineux de mon père. Je repensais aux douces paroles de mes parents, aux rires de mes amis, à la sensation du sable sous mes pieds, à l'eau des vagues qui éclaboussaient mes jambes et d'autres moments heureux qui avaient tendance à m'apaiser rapidement.
Quand je repris connaissance avec le monde réel, la voiture était arrêtée devant les portes principales du château de Volterra. Même si le soleil n'était pas de la partie pour illuminer les pierres de Sienne, la façade datant du Moyen Âge restait impressionnante.
Les six gardes s'étaient placés autour de notre voiture. Le brun, celui que je détestais le plus, rabattu la capuche de ma cape sur mon visage. Je savais qu'à partir de maintenant ma fin était proche. Plus qu'elle ne l'avait été durant ses derniers mois.
La garde Volturi nous escorta à ma vitesse jusqu'à la salle du trône. Pas une seule parole n'avait été échangé entre eux et le clan qui m'entourait. Notre visite était attendue même si je doute que ma présence le soi aussi. Le bruit de mes talons était la seule chose qui troublait le silence des lieux.
Les portes de la salle du trône s'ouvrirent d'un seul tenant devant nous. Depuis que j'étais rentrée dans ce monde, j'avais remarqué la mise en scène semblait cruellement importante. Notre marche prit fin au milieu de la salle du trône. La capuche m'empêchait d'observer le monde autour de moi, le sol de marbre était ma seule distraction.
« Mes chers amis comme je suis heureux de vous voir »
La voix masculine sonnaient un peu trop joyeuse pour être vrai. Mon cœur tressauta.
« Que fait une humaine ici ? »
Celle-ci claquait comme un fouet agressif et mordant.
« Voyons mon frère, tu vas effrayer la petite créature. »
Son ton trop joyeux ne m'effrayait pas plus que celui de son frère. Les maîtres m'avaient raconté qui étaient les rois Volturi. Même si nous nous étions jamais rencontré j'étais capable d'identifier les voix des rois. J'en déduisais que la voix trop joyeuse appartenait à Aro et l'autre à Caius. Le dernier membre Marcus n'intervenait que très peu en public. Ils m'avaient informé qu'Aro était celui qui se plaçait en leader, celui qui parlait en public pour les trois autres. Caius était le roi guerrier, celui qui s'occupait de la stratégie. Et Marcus était celui qui raisonnait. Leur complémentarité faisait qu'ils n'avaient pour le moment jamais été détrôné depuis leurs prises de pouvoirs.
« L'humaine est un présent pour la signature de nos accords de paix. »
L'un des deux maîtres m'avaient saisi par les épaules afin de m'approcher un peu plus des trois rois.
« Un cadeau ? N'est-ce pas formidable, mes frères ? »
Mon cœur accéléra encore un peu plus tandis que la prise de mon bourreau sur mes épaules s'affirmait. Ses mains se rapprochaient dangereusement de la boucle qui refermait ma cape. Il allait d'un instant à l'autre me retirer le rempart qui me protégeait du regard des prédateurs.
« En quoi une humaine est un cadeau intéressant ? »
Je sentais la rage de Caius gonfler à mesure de notre présence dans ses lieux.
« Outre ses attributs, sa soumission et son sang si délicieux, Isabella est un bouclier déjà très puissant pour une humaine. Aro, toi qui aimes collectionner les dons, nous voulons t'en offrir un pour compléter ta collection. » dit-il en me retirant la cape et en se reculant avec celle-ci.
Je me sentais encore plus nue que je ne l'étais face aux regards sur moi. Une nouvelle fois j'étais le centre d'attention. Et je détestais vraiment cette sensation. Quelques soupirs et murmures avaient commencé à se faire entendre. Mon apparition avait provoqué l'effet escompté.
« Si elle est si puissante que ça, pourquoi ne pas l'avoir gardé pour vous ? » demanda Caius.
« Nous voulons la paix entre nous deux clans, l'ajout d'un tel membre, aurait été une menace pour vous. Nous préférons donc vous la donner en gage de paix. »
L'argument pouvait paraître sincère pour un être extérieur. Mais je connaissais les véritables intentions du clan roumain.
« Isabella ? Êtes-vous Italienne? »
Aro semblait avoir perdu le ton faussement joyeux. Sa voix était plus douce, il me parlait comme si j'étais un animal que l'on tente d'apaiser. Je savais que je n'avais pas le droit de répondre tant qu'ils ne m'en donnaient l'ordre. Celui-ci claqua aussi tôt la question posée.
« Non Votre Majesté, je suis américaine. »
Je me surprenais à avoir répondu de façon aussi calmement alors qu'à l'intérieur c'était le contraire. Mes yeux toujours fixaient sur le sol, je n'osais pas regarder mes peut être futurs bourreaux.
« Regardez-moi, ma chère, quand je vous parle. Je ne vais pas vous manger du moins pas tout de suite. » Dit-il malicieusement.
Mon cœur manqua un battement. Puisque l'ordre m'a été donné, je ne pouvais pas me permettre de ne pas obéir. Mon regard capta directement les yeux rouges carmin d'Aro Volturi. Son regard reflétait exactement ceux que j'avais vus dans des yeux des autres hommes. Curiosité et luxure. Mais je ne ressentis aucun frisson de dégoût cette fois-ci.
« Magnifico... » murmura-t-il.
J'étais certaines que les deux maîtres se réjouissaient. Leur plan se déroulait à la perfection. Il avait touché les faiblesses de leur adversaire. En plus de collectionner les dons pour renfoncer l'armée des Volturi. Aro aimait aussi la beauté. J'avais été choisi pour ça. Mon bouclier n'était qu'une agréable découvert.
« Ma chère permettez que je teste votre habileté ?»
La question était plus un ordre qu'autre chose. Je lui tendis l'une de mes mains tremblante que j'avais réussi à cacher jusque-là dans les plis du jupon de ma robe. Il l'attrapa rapidement. Sa main était aussi froide et dure qu'un bloc de marbre. Un frisson agréable traversa mon corps.
« Que vois-tu mon frère ? »
Mon regard se posa directement sur Caius qui venait de parler. Si Aro avait les cheveux aussi noirs que les plumes d'un corbeau, ceux de Caius étaient de la couleur exacte de la neige. Il ressemblait à un ange déchu.
« Rien, absolument rien ! C'est fascinant ! Je me demande si...Peut-être que Jane pourrait essayer. »
Il me lâcha la main, se tourna vers l'un des gardes se trouvant sur le côté de la salle. Elle semblait si jeune pour faire partie de ce monde.
« Jane, je t'en prie! »
Aro paraissait si joyeux de me tourmentait avec ses expériences
« Avec plaisir, Maître. »
Je n'avais jamais vu un sourire aussi sadique sur un visage aussi innocent. On m'avait parlé de son pouvoir, je m'attendais donc à recevoir à tout moment une vague de douleur. Mais elle ne semblait jamais arriver. Le visage de Jane perdit de sa beauté à mesure qu'elle semblait utiliser son don sur moi.
La foule commençait à s'agiter car j'étais la première humaine à être insensible à son don et les autres car l'étape finale allait bientôt avoir lieu.
« C'est assez Jane. Et bien mes amis votre gage de paix est intéressant. Elle fera un vampire remarquable. »
Aro semblait encore plus enjoué qu'à la normale. Il ne comprenait pas qu'il avait signé sa perte en acceptant une rencontre avec le clan Roumain.
Mon cerveau ne cessait de fonctionner à mille à l'heure depuis mon arrivée dans ces lieux. Je connaissais le plan des Roumains, je connaissais les conséquences si je ne les aidais pas à récupérer le pouvoir. Quand mon regard croisa celui de Marcus, j'étais certaine que tous ceux que j'avais faits jusqu'à présent étaient la meilleure des choses.
« Vous êtes incroyable, ma chère ! Bienvenue dans votre nouvelle famille. Demetri va vous escorter jusqu'à mon bureau et nous parlerons de votre future transformation! »
Quand Aro me saisit la main pour la poser dû le bras du garde qui devait m'escorter, je décidai donc de baisser mon bouclier. Je ne pouvais pas à proprement parler baisser mes barrières mais je pouvais l'inclure lui ainsi que ses frères. Je poussais le plus rapidement possible les souvenirs des conversations vers lui.
« Vous êtes pleines de surprise ma chère... » murmura-il en me regardant droit dans les yeux.
Je sentais mon corps lâchait progressivement. Mon cœur battait plus vite, trop vite. Il me colla à lui. Ma tête tomba directement sur son torse. Son bras serra plus fort ma taille, sa main se positionna sur ma nuque si fragile entre ses mains tandis que mes mains s'agrippaient à ses vêtements. J'avais l'impression de me fondre en lui. Il tenait ma vie entre ses mains.
« Arrêtez les tous ! »
L'ordre que je n'attendais plus, claqua dans l'air. J'entendis les cris, les coups, les vêtements qu'on déchire, la pierre qui se casse, le bois qui explose. On essaya de pénétrer dans la bulle que j'avais créée. Je sentais mon cœur être sur le point d'exploser. Dans une dernière pensée, je demandais à Aro de me pardonner pour le rôle qu'on m'avait forcé à jouer. L'instant d'après je sombrais droit dans les ténèbres.
