Merci beaucoup pour l'accueil de cette fiction, j'espère que cette deuxième partie vous plaira. Il y aura une troisième et dernière partie.
A.
XXX En gage de paix XXX
Partie II
Le 4 juillet de l'année de mes 9 ans, mes parents sont morts dans un accident de voiture. L'été était chaud, le soleil brillait, les gens célébraient la fête de l'indépendance quand l'accident s'est produit. Nous étions en vacances en Californie.
La capote de la voiture était baissée, le vent soufflait dans nos cheveux et Hotel California de The Eagles tournait sur l'autoradio. Choix de mon père. Papa adorait cette chanson, je la connaissais par cœur à cette époque-là alors je la chantais avec lui. Maman, elle, nous regardait alternant entre chant et rire. À l'époque, je ne prêtais pas grande attention aux paroles, mais plus à la joie que ça me procurait de chanter avec mon père. J'adorais passer du moment avec eux.
Papa se prenait pour le guitariste du groupe sur le solo mythique de cette chanson. Moi, j'étais à la percussion durant le solo. Puis maman a crié.
La voiture a crié elle aussi sous l'impact de la voiture rouge qui a percuté le cabriolé neuf de maman. J'ai été secoué dans tous les sens, j'avais envie de vomir, j'avais l'odeur du sang et du fer autour de moi. La chanson tournait encore. Les doigts de papa étaient blancs et se crispaient sur le volant de la voiture. La tête de maman reposait sur la portière de la voiture. Le klaxon de la voiture rouge faisait un bruit horrible qui en gâchait presque la chanson de The Eagles.
Mon cerveau enregistrait chaque bruits, odeurs, actions. Mais je n'arrivais pas à comprendre l'événement qui venait de se passer.
Plus tard, les infirmières et médecins qui se sont occupés de moi ce jour-là, diront que c'est un véritable miracle que je m'en sois sortie de cette accident uniquement avec quelques bleus et égratignure.
La personne dans la voiture rouge est morte aussi ce jour-là.
Je ne pouvais plus écouter de musique après l'accident, je ne pouvais plus monter en voiture sans devenir complètement incontrôlable, je ne pouvais plus chanter, ni même rire, sourire ou encore parler. Je pensais que ça n'en valait plus la peine. J'étais peut-être une survivante miracle d'un accident mortel, mais j'étais surtout amputée des deux personnes les plus importantes pour moi au monde.
L'assistante sociale qui s'était occupée de moi à l'époque était une fervente catholique. Elle ne voyait que des signes divin qu'en à notre rencontre. Lors de ses visites dans ma chambre d'hôpital, elle m'expliquait que le tragique événement ne pouvait qu'être l'œuvre de Dieu. Mes parents sans véritable volonté religieuse m'ont nommée après deux figures de la Bible, Isabella Marie et l'accident ayant lieu le 4 juillet soit le jour de la Sainte Isabelle. Comme je n'avais aucune famille vivante qui pouvait me prendre en charge. Il ne lui en fallait pas plus m'expédier dans un orphelinat catholique et non pas dans un foyer ou une famille d'accueil.
J'ai passé 7 ans dans cet établissement. J'ai embrassé la religion catholique, non pas par véritable foi, mais plus par obligation. Plusieurs familles ont voulu m'adopter, mais jamais aucune n'était allée jusqu'au bout du processus. Bizarrement, il se passait toujours un événement qui les empêchait de signer le papier finale. Encore une fois, les sœurs qui s'occupaient de nous y voyaient l'œuvre du divin. Je misais plus sur une malchance perpétuelle.
Le 4 juillet de l'année de mes 17 ans, ils se sont présenté à l'orphelinat, papiers signés, dossiers en règle et avec l'aval de la mère supérieur. M'avait-on demandé mon avis ? Absolument pas.
Je ne voulais pas partir avec des étrangers, mais on m'a rappelé que l'adoption d'adolescent était rare surtout ceux qui sont à quelques mois d'être majeur. Et comme je n'avais pas vocation à faire mes vœux et à prendre le voile, il valait mieux pour moi de partir maintenant avec eux plutôt que de refuser le dernier cadeau divin. Je ne devais pas refuser la main de ces deux anges.
Le jour de mon départ, toutes les sœurs et quelques orphelins avec qui j'avais tissé des liens m'accompagnaient dans le hall de l'orphelinat à la fois pour me souhaiter bonne chance dans cette nouvelle vie, mais surtout pour admirer les deux êtres qui devenaient mes nouveaux parents.
La rumeur s'était vite répandu que deux anges venait m'adopter. Certaines y allaient même en envoler lyrique pour les décrire. Elle, brune aux cheveux bouclés, les yeux d'or fondu, plutôt grande, le teint dorés, magnifique, elle semblait très chaleureuse et surtout son prénom faisait directement à la Sainte Vierge et à mon second prénom. Mais c'est plus lui qui les a complètement convaincu, des cheveux courts plus foncés que sa compagne, des yeux couleurs ambres, grands, séduisant, il avait charmé l'assemblé en un sourire et son prénom signifiait «Dieu a secouru». Autant dire qu'elles y voyaient une nouvelle fois un signe divin.
C'est ainsi que j'ai été adopté par Carmen et Eleazar Denali et que j'étais très loin, mais alors très loin d'être dans le divin avec eux. Si les sœurs avaient connu la véritable nature de mes nouveaux parents, elles auraient allumé un bûché directement sur le parvis de l'orphelinat. À partir de ce moment ma vie à radicalement changé.
XXX En gage de paix XXX
J'ai toujours aimé la sensation du soleil sur ma peau. Je n'en avais pas vraiment profité durant les six mois de captivité dans le clan Roumain. Ils désiraient que ma peau reste immaculée et retrouve sa teinte d'albâtre. La dernière fois que j'avais réellement profité de cette sensation, c'était une semaine avant mon enlèvement.
À ce moment-là, j'étais dans le jardin du Palais de Belvédère à Viennes. J'avais toujours rêvé de voir en vrai le Baiser de Gustave Klimt depuis que Madame Smith nous avait montré une reproduction lors de son cours sur l'art quand j'étais en primaire. Je pense que c'est de là qu'est venu ma passion pour les arts en générales. Elle m'avait transmis le virus. Je ne sais pas pourquoi cette œuvre m'avait plus touché qu'une autre, mais je savais que ça faisait partie des choses que je voulais voir à ma sortie de l'université. Profiter des jardins du parc n'avait été qu'un beau bonus pour moi.
Pour la dernière fois avant plusieurs mois, j'avais profité de la sensation du soleil sur ma peau, de l'herbe sous mes pieds, du bruits de l'eau des fontaines et de l'odeur des roses cultivés dans le jardin. J'étais consciente de ce qu'il allait se passer pour moi les mois suivants. On m'y avait préparé.
Alors même si j'étais encore une fois enfermé dans une chambre, je pouvais profiter du soleil assise sur le banc sous la fenêtre du petit salon attenant à la chambre. J'avais même le droit de ressentir le vent dans mes cheveux, car ils n'avaient pas été opposés à l'ouverture de la fenêtre. Ils avaient supposé que la hauteur où se trouvait ma chambre était bien trop haute pour que je puisse m'échapper.
Au fils des jours, la douleur dans mes membres avait fini par disparaître ne devenant maintenant qu'une simple gène. Je connaissais les conséquences de mon geste. J'étais encore bien trop humaine pour pouvoir les projeter autant sur d'autres personnes. Mes boucliers n'étaient là pour le moment que pour me protéger uniquement. Mon bouclier physique formait une sorte de membrane/bulle autour de moi, j'étais capable d'agrandir cette bulle jusqu'à 2 mètres autour de moi sans être trop épuisait par l'exercice. C'était plus le bouclier mental qui avait tendance à épuiser totalement mes ressources de pauvres mortelles. On pensait que si j'étais transformée, je pourrais les utiliser afin de protéger d'autres personnes en plus de moi.
Je n'avais pas voulu savoir ce qu'il allait se passer pour moi à la fin de l'attaque du clan roumain. L'hypothèse de ma mort directe suite à l'utilisation des boucliers sur les rois était à bannir. Puisque ça faisait une semaine que j'étais bloquée dans cette chambre. Ironiquement, j'avais quitté une prison pour une autre.
Pour l'heure, plusieurs hypothèses restaient encore à prouver. Je pouvais être transformé, je pouvais être tué ou encore même resté coincé à jamais dans cette chambre. Pour ce qui est de la première théorie, elle pouvait se valider grâce à mon don. Cependant, le fait d'être capable de l'utiliser avant même d'avoir été transformé pouvait bien causer ma perte. Puisque j'étais insensible aux moindres pouvoirs, je devenais par conséquence (si j'étais transformée) bien plus puissante qu'un vampire avec un don. Ou alors les Volturi pouvaient me garder à jamais dans cette chambre et m'utiliser comme cobaye vivant. Mon cœur avait tendance à balancer entre les deux dernières théories.
Durant cette semaine d'isolement, j'avais reçu quelques visites qui se résumaient à me nourrir trois fois par jour, vérifier que mon état physique soit en voit de guérison et déposait des vêtements. La nourriture et les soins ne m'avaient pas posé véritablement de problème si ce n'était la sensation des médicaments sur mon organisme. Je n'aimais pas cette sensation d'abrutissement total de mon esprit et cela avait tendance à me rappeler mon hospitalisation des suites de l'accident. Ma rébellion était venue des vêtements. Il n'avait de cesse que de m'apporter des robes. Alors même si j'étais incertaine quant à mon avenir proche, je savais que je ne voulais plus jamais porter une tenue qui m'avait été imposé surtout des robes. J'avais donc passé ma semaine avec pour seul vêtement un drap enroulé autour de mon corps nu. Cela pouvait paraître puéril, mais mes choix vestimentaires avait toujours été régis soit par l'uniforme de l'orphelinat soit par ma vie avec les Denali.
Et pour la première fois en plus de sept ans, j'avais eu gain de cause, j'ai choisi ma tenue dans la pile de vêtements qui avait été déposé pour moi durant ma douche quotidienne. J'avais choisi de porter un t-shirt en coton à manche longue blanc avec une paire de pantalons couleur crème aux jambes évasées. J'ai fait l'impasse sur les sous-vêtements que je trouvais beaucoup trop échancré et suggestif. Quant aux chaussures, aucune paire ne me convenait, j'ai donc choisit de rester pieds nus. Cette tenue était devenue mon uniforme pendant les jours suivant ma petite révolte.
Pour la première fois, je me sentais en phase avec ceux que j'étais réellement et j'ai aimé l'image que m'a renvoyée le grand miroir de la chambre. Je ne ressemblais plus à l'animal de compagnie qu'on m'avait fait incarner.
J'étais moi.
XXX En gage de paix XXX
La notion du temps étant complètement différente dans le monde vampirique, j'ai dû attendre encore cinq jours de plus avant d'en savoir un peu plus sur ce qui se passait à l'extérieur de ma prison. Elle est venue sous forme d'une invitation à me présenter devant les rois.
Quand on m'avait fait mon éducation à ce nouveau monde. L'histoire, les lois, l'étiquette et le protocole autour des rois m'avaient été enseignés. Je ne pouvais donc pas ignorer et refuser l'invitation et surtout ma tenue se devait d'être correcte.
J'ai donc choisit à contre cœur pour la rencontre une robe cache-cœur vert s'arrêtant juste au-dessus des genoux qui me paraissait simple, élégante et surtout confortable. Le décolleté n'était pas trop profond. La seule chose qui me plaisait moins dans cette tenue, c'était la paire d'escarpins que j'avais dû enfiler. Même si j'étais capable de marcher avec n'importe qu'elle hauteur de talons cela restait un exercice douloureux pour mes pieds en fin de journée. Je ne portais pas de maquillages, pas de bijoux et mes cheveux étaient attachés dans une natte qui reposait sur mon épaule.
Les deux gardes qui devaient m'escorter vers les rois étaient arrivée un peu avant 14 h. J'étais à la fois stressée, impatiente, nerveuse, mais aussi confiante. C'était un mélange assez étonnant d'émotion. J'avais appris à maîtriser mes états d'âmes. Je savais que mon visage n'affichait aucune émotion seul mon cœur pouvait trahir mon stress et ma nervosité. Mais contrairement à ceux qu'avait pensé les Roumains le long de ma captivité, j'étais capable de maîtriser cet organe. J'avais été entraîné pour ça.
Les deux gardes que j'avais identifié comme étant Demetri et Felix n'avaient pas tenté de communiquer avec moi. Ce qui m'avait arrangé, car j'avais pu ordonner en paix mes pensées et mes émotions. Ils avaient fortes heureusement adaptés leurs vitesses de marches à la mienne. Le trajet ne dura pas longtemps. Nous arrivâmes rapidement devant une grande double porte en bois. Même si le travail du bois sur les portes étaient magnifiques, elles ne ressemblaient pas à celle de la salle du trône que j'avais brièvement aperçu quinze jours plus tôt. J'étais capable de savoir exactement où nous étions dans le château, nous étions dans les quartiers privés des rois. Durant mon entraînement, j'avais appris par cœur la cartographie des lieux. Je devais être capable de me repérer rapidement et de pouvoir théoriquement sortir en un temps record.
Après un simple coup à la porte, plus par politesse que ma nécessité, on nous donna l'autorisation d'entrer. Je reconnu rapidement la pièce comme étant le salon privé des rois. J'avais déjà vu cette pièce sur une peinture. La pièce m'avait impressionné sur le tableau, mais elle l'était encore plus saisissante en vrai. Cette pièce avait traversé l'histoire, chaque meuble, chaque fauteuil, chaque œuvre d'arts étaient un rappel de l'immortalité des vampires. Je me forçais à restreindre ma curiosité sur les éléments qui composaient la pièce.
Mon cœur rata un battement quand je reconnus les personnes présentent en plus des rois dans la pièce. Aro s'avança vers moi, attrapa mes mains afin de me conduire vers le seul fauteuil vide du salon.
« Isabella, ma chère, nous attendions plus que vous. Je vous en pris, installez vous !»
Même si j'étais pleine de bonnes résolutions sur ma volonté de m'affranchir, les six mois de captivité avec les Roumains m'avaient laissé apparemment quelques traces notamment celui de ne parler qu'après-autorisation. J'avais donc opté pour un simple hochement de tête en guide de je pris place sur le fauteuil au milieu des vampires qui ont fait partie de ma vie durant sept ans.
« Bien, nous voulions vous informer qu'un procès pour trahison, mutinerie et coup d'état aura lieu à Monte Adamello. Vous êtes d'ailleurs convié ! Vous serez notre invitée et témoin au vu du rôle que vous avez joué dans cette affaire. J'ai tellement hâte, ça sera un des plus grands procès que nous n'aillons jamais organisé ! Bien sûr, tous les vampires sont conviés à cette petite sauterie.»
Je comprenais alors pourquoi j'avais été isolé pendant une quinzaine de jours, les rois n'avaient pas encore pris leurs décisions.
« Avez-vous des questions ?»
« Quand aura lieu ce procès ?»
Ma voix était rauque légèrement enrouée, faute de conversations avec autrui.
« Nous partons maintenant pour la base, le procès aura lieu dans deux jours.»
Caius avait utilisé un ton moins agressif que durant notre dernière rencontre. Marcus quant à lui semblait moins apathique. Les trois affichaient la même expression que j'étais incapable d'identifier, mais elle me provoquait un frisson qui remonta le long de la colonne vertébrale.
Il me restait donc deux jours d'hypothétique vie. Ô joie !
XXX En gage de paix XXX
Le trajet en voiture, dura cinq heures. J'ai longtemps travaillé sur cette peur des trajets véhiculés, j'étais maintenant capable de les supporter surtout si un vampire était au volant. Leurs réflexes étant bien meilleurs que les nôtres ma peur avait tendance à reculer, car j'avais confiance en leurs capacités.
Une nouvelle fois, j'avais été placé en isolement, car seul un chauffeur était présent dans la voiture avec moi. Je n'arrivais pas à comprendre le raisonnement des rois. Je ne comprenais pas pourquoi ils me déplaçaient là-bas, pourquoi ils faisaient de moi leurs invités ou même leur témoin dans ce procès. Procès d'ailleurs qui n'était qu'une parodie. En raison de ma condition humaine, j'étais un témoin peu crédible aux yeux de beaucoup de vampires. Il m'arrivait parfois de douter des choix et des raisons qui m'avaient fait accepter de jouer ce rôle.
Si Volterra était une citadelle impressionnante, la base de Monte Adamello semblait imprenable. Volterra était la capitale politique, le centre de décision. Monte Adamello était la place-forte, le lieu d'entraînement des futurs gardes. Un centre stratégique, car elle étaient située au cœur de l'Europe, au milieu des forêts et des montagnes des Alpes italiennes. L'un ne fonctionnait pas sans l'autre. Monte Adamello était surtout et avant tout le lieu où se tenait les procès publics de ceux qui ne respectaient pas les lois de ce monde. Depuis le règne des Volturi, cinq procès avait été organisé dans ces lieux. Par cinq fois, le monde vampirique avait eu obligation de s'y rendre pour y assister sous peine d'exécution. Les cinq fois le verdict avait été en défaveur des accusés. Les cinq fois le châtiment « Damnation ad bestias(1) » avait été utilisé. Monte Adamello était le billet directe vers une mort certaine. Une mort lente, douloureuse et spectaculaire. J'espérais seulement ne pas avoir à la subir moi aussi.
Même si le soleil n'était pas encore couché, la soirée venait de commencer quand la voiture me déposa aux portes du fort. Je n'y avais pas vraiment fait attention durant le trajet, mais ma voiture était la seule à entrer dans les lieux. J'étais le seul être à avoir un cœur et des capacités de courses beaucoup trop faible pour pouvoir faire le trajet à pied.
Demetri, Felix ainsi que Jane et Alec m'attendaient sur le perron, je les soupçonnais d'être préposés à ma garde. En terme de hiérarchie dans la garde de Volterra, les quatre étaient affectés à la garde d'élite. Ils étaient au plus haut rang, ceux qui faisaient d'eux des être craints. Jane était connue pour son sadisme, qu'elle s'amusait à entretenir grâce à son pouvoir. J'étais contente d'être immunisé à son pouvoir. Alec, que je n'avais pour le moment aperçu que sur des portraits qu'on m'avait forcé à mémoriser, était le frère jumeau biologique de Jane, si elle déclenchait la douleur, lui pouvait vous couper les sens. Pouvoir qui selon moi était beaucoup plus impressionnant et cruel que celui de sa sœur. Felix était réputé pour avoir gardé sa force de nouveau-né et était un redoutable combattant. Certains disaient que le peu d'humanité qui existe chez les vampires, avait complètement disparu chez lui et qu'il s'apparentait plus à une bête violente et sanguinaire. Quant à Demetri, il était l'un des meilleurs traqueurs qui existait. Capable de vous trouver peut importe où vous êtes. Il ne le savait pas encore, mais là encore, j'étais là seule à pouvoir contrer ce don.
Si les pierres de Sienne rendaient l'aspect du château de Voltera chaleureux, le fort de Monte Adamello était le contraire. Froid et sinistre. J'avais une nouvelle fois l'impression de faire plus de bruit et d'être plus voyante qu'une fanfare lors d'un défilé tant le lieu semblait vide et hors du temps.
Les quatre gardes me conduisirent dans ma nouvelle cage dorée. Contrairement à Volterra, je ne connaissais pas les plans du lieu. D'ailleurs, personnes étaient capables de cartographier l'intérieur du fort. On ne venait pas à Monte Adamello en visite de courtoisie. Cependant, je me doutais que j'étais placée dans les quartiers privés des rois. C'était le meilleur moyen de me garder vivante entouré de vampires adeptes pour la plupart de sang humain.
Contrairement aux portes du salon privé à Voltera, celle devant laquelle nous nous étions arrêté n'avait rien de spectaculaire. J'étais déçu, je m'attendais à quelques choses de plus extravaguant. Les deux étages que j'avais traversés me paraissaient eux aussi plus sobres et spartiates. Là ou les couloirs de Volterra était rempli d'œuvre d'art, ici la pierre était le seul ornement. Les couloirs étaient gardés par plusieurs gardes. Il était impossible d'atteindre les quartiers privés sans en payer de sa vie.
La porte s'ouvrit avant même que l'un de mes accompagnateurs n'est exécuté un geste pour prévenir de notre arrivée. La politesse protocolaire semblait disparaître ici. Ce n'était pas Aro qui m'accueillit, mais Caius. La surprise due se lire sur son visage, car il afficha un léger sourire au coin des lèvres, le rendant encore plus séduisant qu'il ne l'était.
« Isabella, nous n'attendions plus que vous, je vous en pris, entrez.»
Caius m'attira à l'intérieur de la pièce. Étrangement la pièce était chaleureuse, du moins plus que le reste du bâtiment. En soit l'exercice n'est pas bien compliqué au vu de l'austérité du lieu. Sa main, qui était jusque-là, enserrait ma main glissa rapidement vers ma taille. Rapprochant mon corps du sien. J'avais l'impression d'être une poupée de porcelaine qu'on manipulait beaucoup trop facilement. Ma peau frissonna, le tissu de ma robe me paraissait bien trop fin pour me protéger de la peau glaciale des vampires. La porte claqua dans un bruit sourd dernière nous, me laissant seule au milieu des trois être les plus craints du monde vampirique.
Étrangement, la poigne de Caius était douce, mais ferme. Je n'avais pas l'impression d'étouffer. Je me sentais même plus à l'aise bien que très gênée d'être dans cette position. Ceux qui m'avaient éduqué n'avaient jamais encouragé à avoir de tel rapprochement physique avec le sexe opposé. Cela pouvait paraître très désuet face au monde du XXIe siècle. Mais mon éducation avait été faite par des êtres d'un autre temps et par une ribambelle de sœurs catholiques.
« Avez-vous fait bon voyage ?»
C'était la première fois que Marcus prenait la parole. Il était posté contre le mur dont les fenêtres donnaient sur l'arrière du fort. Des trois rois, c'était le seul dont l'anglais était teinté d'une pointe d'accent.
« Oui.»
Mentalement, je me flagellais pour mon manque flagrant de conversation. Caius m'encouragea à m'installer sur l'un des canapés de la pièce.
« Parfait ! Vous logerez dans nos appartements le temps du procès. Vous avez l'interdiction de sortir d'ici sans être accompagné par l'un d'entre nous ou par un membre de la garde d'élite. Est-ce compris ?» Me demanda Marcus.
« Parfaitement.»
Je devais être l'un des rare être à entendre parler Marcus autant.
« Votre repas va arriver d'ici peu, vous êtes libre d'avoir un moment d'humanité pour vous rafraîchir en attendant. Des vêtements vous attendent dans la chambre.»
L'ordre venait d'être donné sans vraiment en être un. Caius une nouvelle fois prit les choses en mains et m'accompagna dans la chambre. Il me montra le dressing ainsi que la salle de bain que je pouvais utiliser en attendant mon repas. Un pyjama noir composait d'un short et d'un débardeur en satin et dentelle m'attendait sur le lit. L'ensemble était révélateur, mais je ne me voyais pas m'enrouler dans un drap pour prendre un repas avec trois vampires. J'allais donc une nouvelle fois me contenter de ça. Mes envies de révoltes une nouvelle fois freinaient.
J'essayais d'être le plus rapide possible pour ce moment d'humanité. Même si je vivais avec des vampires depuis 7 ans et avant ça en communauté. Je restais gênée des bruits venant de la salle de bain. D'autant, plus là, car je me savais entouré de plusieurs centaines de vampires à l'ouïe beaucoup trop développé.
La table avait été dressée comme dans un grand restaurant étoilé. Le repas sentait divinement bons, des bouteilles de grands crues attendaient d'être consommées. D'un geste de la main, Aro m'indiquait ma place à la table ronde qui avait prit place dans le salon. Alors que les deux autres s'installaient de part et d'autre de moi, il était celui qui me faisait le servir ce soir. La conversation démarra de façon banale et légère. Sans doute pour me mettre à l'aise. Elle évolua rapidement autour du procès. J'appris alors que ma famille avait été interrogée durant ma convalescence. Qu'Aro avait utilisé son pouvoir pour comprendre les tenants et les aboutissants, comprendre mon rôle, comprendre comment j'étais devenue celle que j'étais maintenant.
Car mon adoption par Carmen et Eleazar n'avait rien d'un hasard.
XXX En gage de paix XXX
Bien avant ma naissance, une vampire proche d'eux avait eut une vision concernant le monde vampirique. Le don d'Alice n'était, en aucun cas, prophétique, ses visions pouvaient bouger, se modifier en fonction des choix que les protagonistes pouvaient faire. Celle qu'elle avait vue de la fin du monde vampirique tel qu'il était connu, ne faisait pas figure d'exception. Le seul indice qu'elle avait quant à la date de la réalisation de cette vision, c'est que cela ne se passerait pas tout de suite.
La vision de ce nouveau monde était terrible. Elle y voyait la fin d'une partie de l'espèce, la fin des Volturi, les Roumains au pouvoir, l'asservissement de l'espèce humaine, la fin de sa famille, elle enfermait dans une pièce sans ses membres, mais surtout la fin de son compagnon d'éternité Jasper et elle ne pouvait pas s'y résoudre.
Alors comme à son habitue elle y ajouta les variables qu'elle avait en main. Quand elle se décida à parler à Carlisle le chef de sa famille de vampire. La vision ne se modifia pas. Mais quand Carlisle décida de prévenir les rois Volturi dont il était proche. Alice eut une nouvelle vision. Cette fois-ci, elle était bien pire que la précédente. Alors Carlisle organisa une réunion de famille comme il était courant de faire dans cette famille particulière. À l'unanimité, la famille avait décidé qu'Alice devait continuer de fouiller régulièrement le futur. Ce n'est que 10 ans plus tard qu'Alice reçut une variable dans sa vision. La mort était toujours présente, mais la vision semblait moins funeste. La clé de cette nouvelle vision était une jeune femme brune. Alice n'avait pas vu son visage, mais elle semblait puissante. Son frère Edward, qui était présent à ce moment-là, attesta que la clé d'un futur où le chaos n'était présent été cette jeune femme.
À partir de là, Alice continua à manipuler ses visions pour essayer de trouver cette jeune femme. Mon visage apparut véritablement dans la vision d'Alice peut avant l'accident de mes parents. C'est à ce moment-là, que je sellais véritablement mon avenir dans le surnaturel sans même en avoir conscience.
Le jour de la mort de mes parents, les Denali et les Cullen étaient présents sur les lieux de l'accident. Ils ont vu l'accident et ils ont vu mon don en action. Ce n'était pas grâce à un miracle que j'étais vivante, mais grâce à mon bouclier physique qui était capable déjà si jeune de se déclencher. Il m'avait protégé des débris de verre, de la compression de la carrosserie et de l'impact du choc. Peut-être que si j'avais été capable de comprendre mon don plutôt j'aurais pu protéger mes parents...
Dans un premier temps, Carlisle et sa compagne Esmée devaient être ceux qui devaient m'accueillir, mais se posait le problème d'Edward. Mon sang était beaucoup trop tentant pour lui. Alice le voyait à chaque fois, soit me vider de mon sang soit me faire devenir l'un d'entre eux. Et le chaos avait tendance à revenir si l'une ou l'autre des solutions était appliquée. La décision fut prise d'envoyer Carmen et Eleazar Denali à la place. En outre, le don d'Eleazar pouvait servir à comprendre pourquoi l'humaine des visions était puissantes.
Le don d'Eleazar avait découvert les deux boucliers, son don faisait partir des rares à pouvoir m'atteindre. Avec cette nouvelle donnée, Alice était capable de comprendre comment faire pour éviter le chaos. Les Cullen et les Denali commencèrent alors à construire un camp d'entraînement de don spéciale humain, à programmer ma date d'enlèvement au monde humain, à me préparer au monde des vampires et à planifier leur guerre contre le chaos. Edward prit dix ans à s'habituer à l'odeur de mon sang.
Pendant sept ans j'ai été entraîné aux règles d'un autre monde, j'ai appris à contrôler mes émotions, à séduire, à charmer, à manipuler. L'entraînement était aussi bien mental que physique. Le passé dans les guerres du Sud de Jasper lui a permis de développer mes capacités physiques. J'étais aussi bien entraîné dans le corps-à-corps qu'avec une arme blanche. Même si celle-ci n'a que peu de conséquence sur le corps d'un vampire. Les stages de survies, seule, en pleine nature étaient mon pain quotidien. J'ai développé mes boucliers pour atteindre leurs pleins potentiels le jour j. En bref, j'étais une arme mortelle contre les Roumains.
Mais pour ça, les Denali et les Cullen devaient se mettre eux même hors la loi. En m'accueillant dans leurs clans et en me révélant leur nature, ils trahissaient la loi du secret. Certes ils évitaient le chaos d'un monde futur et aider les rois à rester sur le trône mais ils se condamnaient tous. Ils avaient espoir en la clémence des rois sur eux puisque je leur étais présentée comme gage d'une paix du monde des vampires.
«Tel l'agneau, tu as été sacrifié par ceux que tu appelles famille, Isabella !»
Caius venait de me confirmer mes plus profondes penser sur ces vampires qui disaient être ma famille. Même s'ils avaient trahi la loi du secret, déjouer un complot de telle envergure annulait leur erreur. Les Denali/Cullen pouvaient donc réclamer ma mortalité. Mais en gage de bonne foi et avec les visions d'Alice, ils me laissaient entre leurs mains. Ils avaient négocié leurs vies en échange de mon être. À partir de maintenant, j'appartenais corps et âme aux trois rois.
« Comprends-tu que non seulement, nous te changerons, mais que nous te marquerons et nous te revendiquerons comme étant nôtre ? Tu es à nous pour toujours et à jamais »
Une unique larme roula sur ma joue quand Aro scella ma sentence.
(1) Condamnation aux bêtes : c'est une manière d'exécuté sous la Rome antique, en générale le prisonnier est envoyé dans l'arène et il doit se défendre face à des bêtes sauvages (ours, lions etc). Cela n'a jamais été réellement prouvé car les sources divergent sur ceux points mais c'est le mythe romain le plus popularisé dans les arts.
