Bonjour,

Je suis vraiment désolée pour la très longue attente pour cette dernière partie. Mais je ne pensais pas que l'écrire me prendrait tellement de temps. A vrai dire, je n'étais jamais satisfaite de ce que j'ai pu faire. J'ai perdu une partie de l'envie aussi puisque ça m'agaçait de ne pas réussir. Et finalement, j'ai eu une révélation... Je me suis dit que quitte à écrire quelque chose, il faut que ça me plaise avant tout. Car c'est de façon égoïste que j'écris, ça me permet de m'évader et de me faire du bien moralement. Alors, il y aura peut-être des déçu(e)s pour cette dernière partie mais j'avoue qu'elle me plaît énormément.

Je vous rappelle que je suis aussi seule sur cette fiction que j'ai traqué au max les erreurs d'orthographe etc. Mais ce n'est pas toujours évident.

Et dernier point, cette fiction est classée M, elle n'est donc pas innocente...

Sur ceux, je vous souhaite une bonne lecture, d'une partie assez conséquence et du peut-être clap de fin de cette histoire... (Bon, ok j'avoue il y a peut-être un bonus qui est écrit en guise pardon et si ça vous dit surtout.)

Bonne journée :)

A


XXX En gage de paix XXX

J'ai passé les deux jours suivants dans un brouillard. Je n'arrêtais pas de penser à ma propre condamnation. Même si théoriquement, j'étais complètement insensible aux dons et donc incontrôlable. Je savais que je ne le serais pas s'ils décidaient comme ils me l'avaient annoncé de me changer, de me marquer, mais surtout de me revendiquer. Ils avaient été découverts que revendiquer et marquer un humain avant sa transformation, le rendait dépendant à jamais de son créateur après le changement. Ils étaient alors impossibles pour lui de pouvoir de le quitter, de lui désobéir ou même l'éliminer. Cependant, cette pratique n'était pas courante, car elle n'était autorisée qu'après-accord des Rois. Certains vampires à une époque en avaient abusé se créant de véritable harems et armés personnelles. Ils avaient alors été éliminé par les Volturi et la loi était passé.

Finalement, je n'étais même pas surprise du choix de sentence. Au fond, de moi, j'avais espéré une simple transformation ou même la mort, mais j'étais beaucoup trop puissante pour qu'on me laisse ma liberté ou qu'on m'élimine simplement. En revanche, j'étais surprise, qu'ils décident non pas de me lier à un seul des Rois, mais bien aux trois. Mais les Volturi n'étaient pas des vampires comme les autres. Au fond, de moi, j'avais espéré une simple transformation ou même la mort, mais j'étais beaucoup trop puissante pour qu'on me laisse ma liberté ou qu'on m'élimine simplement. Ils avaient donc décidé de me partager aussi.

Même si j'étais restée enfermé dans mon esprit, je n'avais pas été insensible aux bruits environnant. Faire venir des centaines de vampires sur un même lieu était un exercice bruyant. Certaines rivalités avaient même éclaté sous mes fenêtres. J'avais aussi été une source de convoitise surtout pour les nouveau-nés et la garde avait dû être renforcé autour de ma zone de vie. Cependant, ça s'était calmé rapidement quand ils avaient été proclamé officiellement que j'appartenais aux Rois. Tous connaissaient les conséquences si l'un d'entre décidait de s'approprier quelque chose appartenant aux Rois. Après tout, n'étaient-ils pas tous là pour ça ?

L'agitation s'intensifia le jour du procès. Celui-ci ne commençait qu'en début d'après-midi pour permettre aux derniers clans d'arriver. Ma tenue pour la journée venait de mettre livré. Une note accompagnait les vêtements. Je m'appliquais à la lire attentivement pour en connaître les tenants et les aboutissants.

Contrairement à ce qu'affirmer les Roumains, Aro n'était en aucun cas le véritable leader du clan et la figure d'autorité. Le vrai décisionnaire des trois, était Marcus. Il était le plus ancien des trois et celui qui avait changé les deux autres. Il avait réussi à tous les tromper surtout depuis la mort de son épouse Didyme. On l'affirmait comme étant amorphe alors que c'était lui le plus dangereux des trois, mais il préférait rester dans l'ombre. Alors Aro avait naturellement prit le devant de la scène et s'amusait follement à tromper le monde en prétendant être au bord de la folie. Pour ce qui était du rôle de Caius, c'était plus compliqué. Il était certes sanguinaire, mais il était aussi celui qui faisait preuve de plus de sensibilité quand il était question de juger une personne.

Le seul véritablement au courant de la supercherie était Carlisle Cullen. Il avait passé plusieurs années au côté des frères. Il avait même été considéré comme étant le quatrième frère, mais son amour pour la médecine et pour l'être humain, le rendait définitivement inéligible à ce poste. Carlisle avait donc quitté les Volturi emportant avec lui le secret le mieux garder au monde. J'étais la seule à connaître la vérité. Je connaissais chaque détail des Rois, chaque rumeur, chaque légende, chaque habitude.

J'avais déjà fait ma toilette, il ne me restait qu'à me vêtir et m'apprêter. Je connaissais ces vêtements puisqu'ils avaient été mon uniforme d'entraînement durant sept ans. Le pantalon noir me collait comme une seconde peau et le haut n'était qu'une sorte de brassière de sport à manche longue un peu plus décolleté que je ne l'aurais aimé. Cependant, cette tenue avait l'avantage d'être confortable et surtout de ne pas me gêner dans mes mouvements. J'enfilais mes chaussures, une paire de bottines en cuir à talon plat.

Heidi, l'une des membres des Volturi, avait été choisie pour m'assister à ma préparation. Elle avait été un flux constant de parole alors qu'elle me coiffait. J'avais observé ses gestes devant la coiffeuse qui avait été installé dans la chambre. Elle avait coiffé mes cheveux en une haute queue de cheval qu'elle avait tressé par la suite. Elle s'était amusée ensuite à parer les brins de ma tresse avec des bagues de cheveux plus ou moins grosses et plus ou moins précieuses. Elle avait ensuite noirci mes yeux les rendant plus profonds et appliquer un rouge à lèvres d'un rouge sombre. Une fois prête Heidi quitta la pièce, m'offrant un moment de calme.

Ça me faisait bizarre d'être à nouveau habillé ainsi et surtout de me voir dans le reflet du miroir. J'avais l'impression d'être enfin moi-même. J'ai très loin de l'image de la pauvre et faible petite humaine que j'avais dû incarner. Je ne vais pas affirmer que j'aimais ce que j'étais, mais je préférais ça à être une poupée faible. Pour les biens de la mission, j'avais dû prendre du poids pour camoufler le dessin de mes abdominaux. Mais je l'avais perdu rapidement ces derniers jours. Mes muscles n'étaient plus aussi saillant qu'avant, mais ça restait impressionnant du moins d'un point de vue humain.

Je repassais dans la pièce principale où m'attendaient les dernières pièces que je devais porter. À savoir la même redingote en velours que portaient les Rois et la cape typique de Volturi. Avec ça, il allait être impossible de nier à qui j'appartenais et cela allait au moins avoir le mérite de me protéger un peu de la fraîcheur de l'automne dans les Alpes.

Ils m'attendaient tous les trois dans le salon. Marcus avait repris place contre la fenêtre et observait l'extérieur. Caius était installé sur l'un des fauteuils à côté de la cheminée éteinte. Alors qu'Aro était installé faussement décontracté sur le canapé, les pieds sur la table basse. Il était impossible pour moi d'ignorer leurs regards sur moi. J'avais l'impression d'être minutieusement détaillé. Même si mon pyjama avait été plutôt suggestif, ce n'était rien comparé à cette tenue qui ne camouflait aucun détail de ma plastique.

Ils portaient déjà leurs tenues d'apparats. Marcus s'approcha de moi avec la veste que je devais porter. Pour le moment, il avait le seul qui ne m'avait pas encore réellement approché ou même touché. Il m'enfila lui-même la veste avant de boutonner les bouton d'or. Ses doigts frôlaient à chaque fois mon épiderme me provoquant de frissons sous la fraîcheur de sa peau.

« Il est dommage de cacher une telle vision. » Soupira Aro à regret.

La remarque me fit rater un battement de cœur et rougir. La main de Marcus se plaça sous mon menton pour le relever et m'obliger à le regarder dans les yeux. Je n'arrivais pas à croire que personne n'avait remarqué cette lueur sauvage qui brillait dans le fond de ses yeux.

« Te souviens-tu de ton rôle, Isabella ? » Me demanda-t-il.

« Absit reverentia vero.* » Murmurais-je.

Il hocha la tête satisfait de ma réponse avant de reculer et de laisser Caius me revêtir de la cape Volturi. Il me couvera de la capuche, s'appliquant lui aussi à me frôler la peau de ses doigts de marbre, seule ma bouche était visible à la fin de l'opération. Aro était le dernier à se présenter à moi avec une paire de gants en cuir noir.

« Il semblerait que tu vas avoir besoin d'un peu de chaleur. » Chuchota-t-il joyeusement.

Lui seul semblait comprendre la blague qu'il venait de faire. Il attrapa mes mains et s'appliqua à me mettre les gants. Je compris rapidement quand je sentis un objet dans mon gant droit. Un sourire se dessina sur mes lèvres en sentant le métal froid du briquet contre ma paume de main. Je commençais à comprendre la dernière mission qui m'avait été donnée dans la lettre. Ils voulaient montrer que mes capacités en tant qu'humaine ne serait qu'un avant-goût de ce que je serais capable de faire en tant que vampire. Comme une sorte de piqûre d'avertissement au prochain qui se décidait à vouloir les renverser.

Les Volturi venaient d'entrer en possession de l'animal de compagnie le plus dangereux : moi.

XXX En gage de paix XXX

Monte Adamello n'avait pas été choisi par hasard. Outre sa situation, géographie, la place-forte possédait surtout une arène. Une partie de l'arène avait été creusé dans le flanc de la montagne, l'autre était faite des même pierres que le fort. C'était un chef d'œuvre de l'architecture romaine, bien plus impressionnant que le Colisée de Rome car en meilleur état de conservation. L'arène servait de lieu d'entraînement, mais aussi de tribunal. La passionnée d'histoire, d'architecte et d'art, que j'étais, était impressionnée par ce lieu aussi bien conservé.

C'était d'autant plus impressionnant avec les centaines de vampires présents dans les gradins, les accusées dans le sable au centre de l'arène et les Rois dans la loge royale. J'avais l'impression d'avoir fait un bon dans le temps pour remonter des centaines d'années plus tôt. Je m'attendais à tout moment à voir des gladiateurs arriver pour combattre pour le spectacle. L'arène bourdonnait et était parcourue d'une énergie folle. Ils avaient tous hâte d'assister à cette parodie de procès. L'expression Panem et circenses* prenait tout son sens. Ils voulaient du spectacle, les Volturi allaient leur en donner tout en leur donnant un bon avertissement.

J'avais été placé dans une petite loge à côté de celle des Rois et j'étais sous bonne garde. J'observais la mise en place du procès. Je sentais les regards sur moi, j'essayais de ne pas y prêter attention, je gardais mon cœur sous contrôle autant que possible. La capuche sur mon visage m'offrait encore un cocon protecteur appréciable. Je détestais réellement être le centre d'attention. Eleazar et Carlisle avaient une théorie sur l'apparition des dons chez les vampires. Ils disaient que c'était notre caractéristique la plus dominante en tant qu'humain qui était capable de muter et de devenir un don. Chez moi, c'était mon besoin de me protéger du regard des autres qui se transformait en bouclier capable de me protéger. Ma capacité et mon envie d'être invisible semblaient tellement forte que je pouvais déjà les utiliser avant même d'être transformée.

Amun du clan Égyptien avait été choisi ou avait choisi d'être l'avocat du diable. Il était celui qui devait poser les questions. Il ne pouvait en aucun faire un plaidoyer pour défendre les Roumains, mais simplement orienter l'interrogatoire des témoins. Puis le public aura pour rôle de décider de la culpabilité des accusés et enfin les Rois donneraient leur sentence. Tous savaient que c'était déjà couru d'avance, mais ils adoraient pouvoir avoir un rôle dans cette supercherie. Pour un semblant de fair-play Charles un Danois et Maggie du clan des Irlandais étaient présent pour attester si un mensonge était dit grâce à leurs dons de détection de mensonge.

Alice avait été la première à témoigner et à raconter sa vision du monde chaotique si les Roumains avaient réussi leur mission. Carlisle avait enchaîné sur la découverte des preuves supplémentaires qu'il avait réussi à glaner grâce à ses contacts et enfin Eleazar avait expliqué mon implication sans jamais évoquer en détails l'entraînement que j'avais subi. Quelques Volturi étaient présents ce jour-là, témoignaient de la scène qu'ils avaient vécu.

Tout le temps de l'interrogatoire les accusés n'avaient pas bouger de leur position. Ils étaient maintenus sous le contrôle des gardes les plus coriaces des Volturi. Ils étaient impossibles pour eux de fuir sous peine d'en finir beaucoup plus rapidement avec eux. Le regard des Roumains me brûlait la peau. Ils m'étaient impossibles d'ignorer leurs rages et leurs colères.

« Isabella ? » M'interpella Amun. « Acceptez-vous de témoigner ? »

J'étais surprise de réellement avoir le besoin de témoigner. Un grondement de colère parcourut le public. Certains refusaient parce que j'étais humaine, d'autre parce que mon bouclier me protégeait des dons de Maggie et Charles ou encore parce que certains ne croyaient pas en mes capacités.

« Le bouclier de Bella ne la protège que des dons agressifs et susceptible de pouvoir la manipuler ou blesser. Par exemple : Jasper est capable de sentir ses émotions mais incapable de les manipuler.» Déclara Eleazar. « Les dons de Maggie et Charles fonctionneront donc sur elle. »

Maggie et Charles affirmèrent les propos d'Eleazar. L'agitation cessa quand on proposa de tester un don agressif sur moi. Zafrina fut choisi. Elle était capable de projeter des illusions qui manipulaient facilement les sens de ses victimes. Son pouvoir était d'autant plus efficace si elle les touchait. Une nouvelle fois, il ne fonctionna pas sur moi. Je trouvais ça dommage, car c'était selon moi l'un des pouvoir les plus intéressant qui m'avait été donné de connaître.

« Bella est déçue, Zafrina. » Ricana Jasper.

« Puisque la démonstration est concluante, nous allons pouvoir commencer. » Décréta Amun. « Nous ne reviendrons pas sur votre vie avec les Cullen et les Denali. Cependant, nous allons parler de votre vie dans le clan Roumain. » Reprit-il. « Pouvez-vous nous dire ce qui s'est passé à partir du moment où ils vous ont trouvé ? »

« Je suis la quatrième humaine à avoir été enlevé pour servir de diversion. » Commençais-je après obtenu l'autorisation de parler de la part des Rois. « Les trois premières sont mortes, incapable de les satisfaire pleinement. Deux se sont suicidés et la dernière est morte de la main des Roumains. Ils ont donc prit un peu plus de temps pour choisir la prochaine. Il fallait une humaine capable de satisfaire les Rois. Si possible belle, soumise et douée. Je correspondais parfaitement à leur envie. » Racontais-je en retirant ma capuche. « Et il paraît que je sens plutôt bon » Ajoutais-je avec un léger rire.

Je savais pertinemment que j'avais provoqué les réactions voulu. Ce n'était pas un excès de vanité que d'affirmer que j'étais belle, mais l'entière vérité. Cependant, j'avais du mal à accepté les regards de convoitise et de luxures que j'avais pu recevoir. Pour moi, ma beauté était un poison et une malédiction qui m'avait valut de vivre cette situation.

Je continuais donc à raconter mon histoire et à répondre aux questions d'Amun. J'expliquais comment j'avais été repéré par les vampires à la solde des Roumains. Ils pensaient avoir été discrets pendant la période d'observation de mes habitudes alors que je voyageais en Europe, mais ça avait été tout le contraire. Mon enlèvement s'était fait alors que je devais théoriquement quitter l'Autriche. Ils avaient pris possession du taxi qui devait m'emmener à l'aéroport. J'avais été drogué et je m'étais réveillé plusieurs heures plus tard dans une chambre en Roumanie. Ils avaient enquêté sur moi durant cette période et étaient tombés droit dans le piège tissé. J'expliquais aussi la façon dont ils m'avaient conditionné pour être comme ils le voulaient.

« Ils voulaient me briser pour me remodeler selon leur conception de la femme. À savoir soumise au moindre caprice de l'homme à auquel elle appartient. Chaque soir, Stefan venait dans ma chambre quand il pensait que je dormais pour me dire tout ce qu'il voulait faire de moi une fois qu'il aurait récupéré le pouvoir. »

Parfois, ça m'en avait rendu malade de l'entendre décrire ce qu'il voulait faire de mon corps une fois la mission terminée. Il avait tenté plusieurs fois d'appliquer ses fantasmes sur mon corps qu'il pensait endormi. Mais il avait été à chaque fois arrêter par mon bouclier. Cependant ça ne m'enlevait absolument pas ce sentiment de saleté que je pouvais ressentir encore maintenant même loin de lui.

« Ils adoraient me raconter comme ils avaient fait pour pouvoir affaiblir les Volturi doucement, mais sûrement. »
Terminais-je.

« Quand est-il des épouses et de leurs implications ? »

Je posais mes yeux sur les deux épouses qui se trouvaient à côté des Roumains. Cela avait une surprise pour le public de les découvrir comme étant impliqué dans cette affaire. Elles qui étaient toujours décrites comme discrète, soumise et heureuse de leur vie. Mais encore une fois, ce n'avait été qu'une illusion.

« Elles ne sont que des épouses et non des reines. Elles n'ont aucun pouvoir de décision, de parole. Elles ne servent qu'à la figuration. Elles étaient tout ce qu'elles ne voulaient pas être. Alors elles se sont tournées vers ceux qui promettaient tout ce qu'elles voulaient. Elles ont essayé d'entraîner Didyme avec elles, mais Didyme aimait bien trop son mari et son frère pour les trahir alors elles s'en sont débarrassées et ont fait courir le bruit que c'était son propre frère qui avait mit fin à ses jours. »

Didyme avait été un dommage collatéral dans cette histoire. Sa mort était regrettable et profondément triste. La foule s'anima à cette révélation. Marcus sortit de sa fausse torpeur et poussa un cri de rage. Amun mit un peu de temps avant de récupérer l'attention.

« Comment le savez-vous ? »

« Elles aussi adoraient raconter leur histoire à l'animal de compagnie de leurs amants. En fait, elles adoraient surtout jouer à la poupée avec moi. En outre, j'ai trouvé les preuves dans les bureaux. Parfois, ils me laissaient seule dans le château alors j'en profitais pour fouiller. Avec Alice, nous avons travaillé pour que je sois capable de provoquer ses visions. Le jour de l'attaque, une partie des Cullen avaient déjà récupérer toutes les preuves que j'avais réussi à récupérer et cacher dans l'endroit qu'Alice connaissait. »

Les preuves et les copies furent distribuées rapidement au public. Avec ça, il était sûr qu'elles allaient être condamné même si c'était déjà joué depuis le début. Il n'en fallu pas plus pour passer au jugement. Sans grande surprise, ils ont tous été déclarer coupable, malgré les cris de protestation des deux épouses. Les Rois allaient déclarer le châtiment quand je demandais la parole une dernière fois.

« Dernière chose, Sulpicia comptait se débarrasser des autres pour être la seule au pouvoir. Elle avait commencé à construire sa petite armée. D'ailleurs, elle a pioché directement dans la garde à son service. » Informais-je. «C'est fou ce qu'on est capable de faire par amour. » Marmonnais-je pour moi-même.

Je compris que c'était la déclaration de trop quand je sentis mon corps être bougé contre ma volonté. Je me sentais voler dans les airs, mon corps percuta les pierres d'un des murs de l'arène. Et tel un boulet de canon, je traversais le mur facilement, ma trajectoire se termina un peu plus loin quand je percutais un arbre. Mon corps chuta pour rencontrer directement la terre et l'herbe humides. Ma respiration s'était coupée sous l'impact et mon cœur battait un peu trop vite. Je pris une inspiration avant de vérifier si une douleur suspecte se réveillait. L'action avait été tellement rapide et surprenante que personnes n'avaient arrêter mon vol. Je roulais sur le dos, je savais que j'allais avoir quelques hématomes d'ici quelques heures.

C'était quand même l'attaque la plus lâche et nulle qui m'avait été donné de voir et de vivre. Et la non-réaction d'une centaine de vampires était franchement risible. Pour des êtres plus rapides et plus vifs que la normale, c'était très décevant. Rien que d'y penser ça me faisait sourire, mon sourire se transforma finalement en un énorme fou rire. Des larmes coulaient le long de mes joues. J'essayais de reprendre mon sérieux, mais c'était impossible. Mes nerfs venaient de lâcher complètement.

En vrai, je n'en pouvais plus. Je voulais que ça se termine et vite. Je voulais aussi que mon sort soit fixé. Je voulais passer à la suite. Et surtout, je voulais ne plus jamais avoir à faire face à ce genre de situation. Je finis par me calmer après quelques inspirations et par m'asseoir. Je rejetais en arrière mes cheveux qui étaient emmêlés avec de la poussière, des feuilles et des aiguilles de pin. Je me relevais et commençais à essuyer la saleté présente sur moi, mais surtout essayais de remettre en place la cape. Demetri se trouvait face de moi, un léger air surpris sur le visage. Il m'indiqua les grandes portes en bois qui menaient au centre de l'arène.

Celle qui m'avait attaqué était épinglée au sol par le pouvoir d'Alec. Le temps semblait s'être figé à l'intérieur de l'édifice. Je savais pertinemment pourquoi, techniquement, je n'aurai jamais dû survivre à cette attaque. Mais ils n'avaient apparemment pas écouté attentivement la description de mon bouclier. Du moins, celle qui m'avait attaqué, avait complètement occulté ce petit détail. L'arrogance de la supériorité des vampires sur les humains venait une nouvelle fois d'entrer en scène.

« Merveilleux, Isabella est toujours intacte.» Gloussa Aro.

« Il semblerait.» Répondis-je avec un léger sourire.« La technique de Corin est impressionnante, mais franchement inefficace, c'est plutôt décevant pour une garde Volturi.»

« Elle a toujours été une source de déception.» Dit-il en indiquant à Alec de la libérer.

Elle se releva rapidement, elle ressemblait clairement à un animal sauvage. Ses gestes étaient nerveux et secs. Elle me repéra rapidement de l'autre côté de la piste. J'avais l'impression d'avoir à faire un nouveau-né d'une journée. Je n'en avais jamais réellement rencontré, mais j'avais étudié ce phénomène. Elle était pleine de rage et avait soif de sang. Son regard ne me lâcha pas. Elle étudiait toutes les possibilités pour m'atteindre et m'éliminer.

« Vous devriez reculer.» Indiquais-je à Demetri.

Il lança un regard aux Rois qui donnèrent leurs accords d'un mouvement de tête. Une fois Demetri plus loin, elle s'élança pour m'atteindre. Personne ne l'avait empêché de le faire. Elle rebondit rapidement sur mon bouclier qui venait à nouveau de s'activer en formant un dôme autour de moi. Elle fût projeter quelques mètres plus loin et tomba de façon tout sauf gracieuse. Elle se releva et retenta l'opération. À proprement parlé, j'étais incapable de la voir se déplacer aussi rapidement. Mon bouclier se déclenchait instinctivement sans que je n'aie à le manipuler. Je le sentais vibrer à chaque fois que ça arrivait.

« Ne t'a-t-on pas appris à étudier tes ennemies avant d'attaquer ?» Demandais-je.

Elle recommença une nouvelle fois l'opération, mais elle se retrouva projetée encore une fois quelques mètres plus loin.

« Apparemment non...J'avoue être un peu déçue...Mais je comprends pourquoi tu ne fais pas partie de la garde d'élite.» La narguais-je.

L'opération se répéta une quatrième fois et le public commençait à être de plus en plus fébrile. Il était clair qu'il appréciait le spectacle. Je jetais un coup d'œil aux Rois, je pensais qu'ils allaient arrêter cette petite scène, mais ils n'en firent rien. J'avais l'impression que Corin bavait de rage. Je ne trouvais pas ça très élégant. Et ça commençait clairement à m'ennuyer.

« Peut-on en finir ?» Demanda Marcus d'un ton morne.

Je souris avant de hocher la tête. Il venait de me donner l'ordre que j'attendais depuis le début. Je retirais l'attache de la cape avant de la donner à Demetri qui était de retour à mes côtés. Elle était plus une gêne pour moi qu'autre chose avant de m'avancer vers le centre de l'arène. Les coupables avaient été déplacés sur le côté pour me laisser de la place. J'hésitais clairement à retirer ma veste entre autres parce qu'elle entravait mes mouvements et que je ne voulais pas l'abîmer.

« La veste, Isabella.» Ordonna Aro.

Je lâchais un léger soupir avant d'exécuter l'ordre. Je pris mon temps pour retirer la veste en vaillant à garder les gants. Je n'avais pas une seule fois quitté le regard de Stefan durant l'action. Le voir ainsi à genoux était jouissif pour moi. Le voir ainsi à genoux était jouissif pour moi. Son regard brilla une nouvelle fois de cette luxure dégouttant. Demetri récupéra la veste avant de s'éloigner. J'espérais que Corin est mis à profit la pause que je venais de lui donner pour avoir une nouvelle stratégie.

« Je vais te tuer sale putain d'humaine.» Déclara-t-elle avec rage.

« Mais je t'en pris, Corin.» Répondis-je en écartant les bras de mon corps.

Elle lâcha un sourire mauvais avant de prendre son élan. Durant mes sept ans d'entraînement, j'avais réussi à rendre un don défensif en quelque chose d'un peu plus agressif. J'étais capable de le moduler pour me protéger des coups mêmes si cela n'empêchait pas ma peau de se marquer. Il ne me donnait peut-être pas la même force que les vampires mais j'étais capable de faire pression sur les points d'impacts. Je croisais juste les doigts pour que mes mois d'inactivités ne me soient pas préjudiciables.

Le bouclier vibra quand le poing de Corin était sur le point de me frôler le visage. J'ai juste eut le temps de me reculer, mais surtout de le bloquer avec mon bras. Elle fut surprise un instant avant de reprendre les coups que je m'appliquais à parer. C'était franchement décevant venant d'un garde des Volturi. Elle n'apprenait pas de ses erreurs et n'avaient aucune stratégie. Je ne vais pas dire non plus que ce n'était pas physique pour moi surtout que j'avais perdu de ma condition.

Après un énième coup évitait, elle perdit son attention assez longtemps pour me permettre de lui lancer mon premier coup. J'avais toujours été plus doué avec mes jambes, je lui donnais donc un coup de pied au niveau du torse qui l'a fit reculer. J'ajustais un peu plus de pression au deuxième coup qui commença à lui faire perdre l'équilibre et le troisième me permit de la faire tomber sur son dos et de la sonner légèrement.

J'en profitais de son état pour m'installer sur elle. Avoir un contact physique me permettait de pouvoir épingler ma victime au sol grâce à la pression du bouclier. Elle se trouvait complètement immobiliser sous moi avec aucun moyen pour fuir ou me repousser. Elle essayait de lutter, mais chaque tentative entraînait un craquement sinistre de sa peau. Je voyais la rage courir dans ses yeux.

« Tu vois, tu as réussi à me toucher.» Gloussais-je.

Elle s'agita à nouveau et le craquement se fit plus fort, lui tirant un cri d'agonie. Je voyais sa peau se fendre plus profondément. Je traçais du doigt la marbrure qui venait d'apparaître.

« Ne bouges pas, tu risques de te faire mal.» Dis-je en lui tapotant le bout du nez.

Bien sûr, elle ne m'écouta pas, ce qui m'agaça. Alors je décidais de sortir la dernière arme que j'avais sur moi. Je retirais mes gants et lui dévoilais le briquet dont j'ouvris le couvercle. Mon pouce pressa la molette et la flamme apparut.

« Savais-tu que démembrer un vampire, n'est pas obligatoire pour l'éliminer ?» Demandais-je en regardant la flamme fasciné.« À vrai dire, ça permet juste de le voir disparaître plus vite et d'éviter qu'il n'échappe aux flammes.» Expliquais-je en la regardant.« Cependant, si la personne qui décide de le brûler et capable de résister aux flammes alors ça ne sert à rien de le démembrer autant brûler avec lui.» Murmurais-je.

La rage avait quitté son regard maintenant, il n'était que terreur. Elle comprenait enfin l'erreur qu'elle venait de faire.

« Et devine quoi, je peux résister à ça.» Gloussais-je. « Je ne le savais pas, mais un jour un nomade, James, a décidé que j'allais être son prochain goûter. Alors il a organisé une petite chasse à l'homme dont j'étais le gibier. Manque de chance pour lui, ce jour-là, j'avais ce briquet à la main. Et il sait retrouver exactement dans la même position que toi.» Racontais-je. « Et tu sais ce que j'ai pensé ? Quitte à mourir, je préférais choisir ma mort, Corin. Il est vrai que j'étais un peu déprimée à ce moment-là.» Avouais-je. « Alors j'ai allumé la flamme et je l'ai approché de lui.» Dis-je en appliquant mon geste.

Je fis courir le briquet proche de son visage sous ses hurlements, la flamme la léchait, mais ne la brûlait pas encore. Cependant, sa peau commençait légèrement à fondre. Je soupçonnais que cela devait être douloureux pour elle, mais en réalité, je m'en moquais complètement. Une part de moi, espérait que mon geste me condamne à la mort et non à la transformation.

« Et puis j'ai lâché le briquet et il s'est enflammé avec moi toujours au-dessus de lui. J'avoue que ce n'était pas l'expérience la plus agréable, mais je m'en suis sortie et pas lui.» Déclarais-je en haussant les épaules.

Je n'avais pas reçu l'ordre de véritablement mettre fin à la vie de Corin alors je retirais le briquet de sa peau et l'éteignis à regret. Je relevais la tête vers les Rois pour connaître la suite des événements. Après tout, ils n'avaient pas encore décidé du châtiment pour les autres, mais surtout de la condamnation de Corin. Je maintenais la pression sur Corin qui avait recommencé à se débattre. Ils accordèrent le droit à Amun de poser la question relative à la condamnation de Corin. À l'unanimité, elle fut jugée coupable.

« Damnation ad bestias » Déclarèrent d'une même voix les Rois.

Ils venaient de prononcer la sentence que tout ceux qui avaient voulu les trahir et les renverser allaient recevoir.

« Cependant, Isabella devrait avoir le droit d'appliquer son propre châtiment sur Corin.» Dit Caius avec un sourire mauvais.

Je relevais la tête une nouvelle fois surprise par la déclaration. Les autres hochèrent la tête d'accord. Et la foule gronda de plaisir. Je jetais un coup d'œil à Corin qui me suppliait de l'épargner. Je lui lançais un sourire mauvais avant d'activer à nouveau le briquet. Son corps était parcouru par des sanglots sec et une vraie panique. J'allais devoir faire vite ou elle allait m'échapper. Je ne quittais pas une seule fois Stefan des yeux avant de plonger mon briquet vers le visage de Corin qui était maculé de son venin. Je l'imaginais lui à sa place.

En un instant, son corps s'enflamma, ses cries étaient stridents alors que le feu la brûlait et qu'il me léchait la peau. J'appliquais mon briquet à d'autres endroits pour qu'elle soit consumée en entier. La chaleur était intense autour de moi et l'odeur épouvantable. J'avais du mal à respirer à cause de cette odeur âcre. La fumée violette typique s'élevait rapidement autour de moi. Je me concentrais sur moi-même afin de ne pas paniquer et ne pas relâcher le bouclier qui me protégeait.

Une fois le corps entièrement disparu, les flammes cessèrent d'elle-même n'ayant plus de matière à brûler. La fumée se dissipa alors que mon corps basculait sur le côté. J'étais sur le dos, je tentais de reprendre ma respiration et de calmer mon cœur. C'était l'un des exercices les plus difficile qui m'avait été donné de faire. J'avais l'impression d'avoir mangé la chose la plus immonde de la terre, que ma bouche était pleine de cendre et qu'un étau compressait mes poumons. Une bouteille d'eau apparut à côté de moi. Je l'attrapais avant de la boire pour calmer ma toux. Les parties de ma peau qui n'étaient pas couvertes étaient noires de cendre. Je me servis d'une partie de l'eau pour me nettoyer les mains et le visage.

Carlisle vérifia que je n'étais pas blessée gravement. Il me tendit une serviette qui me servit à finir de me nettoyer. Une fois prête je me relevais à nouveau grâce à son aide. Il finit par reprendre place à sa place avec sa famille dans les gradins. Mon souffle était court, mais j'étais capable à nouveau d'avoir conscience de ce qui se passait autour de moi. Ils venaient enfin tous de comprendre que j'étais loin d'être faible, sans défense et peut-être même saine d'esprit. À près tout, il fallait avoir un peu de folie pour volontairement s'immoler. Je pouvais lire de la satisfaction dans les yeux des Rois. Le message était passé. Malheureusement pour moi, loin de les avoir effrayés par mes capacités, je venais de me condamner un peu plus à une vie avec eux.

« Isabella, si tu pouvais venir ici, maintenant.» M'indiqua Aro en me désignant leur loge.

J'acquiesçais et plutôt que de faire le tour pour atteindre les escaliers qui se trouvaient à l'intérieur des murs de l'arène. Je décidais d'escalader les pierres. C'était l'une des rares choses que j'avais appréciée lors de mon apprentissage. C'était agréable d'être capable d'escalader n'importe quelle surface rapidement. La main de Marcus se posa sur la mienne quand je touchais le rebord de la loge. Il me souleva rapidement avant de me récupérer contre lui. Il me plaça contre son torse avant de me draper de sa propre cape pour me protéger du froid et des regards. Puis il s'installa à nouveau sur son fauteuil, moi au travers de ses genoux.

J'étais gênée d'être aussi proche de lui surtout que sa main avait directement pris place sur la peau nue de mon ventre et la caressait distraitement. J'étais incapable de me concentrer sur ce qui se passait maintenant dans l'arène. Il m'incita à m'installer un peu plus confortablement et ma tête trouva place rapidement sur son torse juste au niveau de son cou. Et je ne sais pas si c'était l'effet de ses doigts sur moi, sa présence combinait à mes efforts physiques de l'après-midi, mais en un rien de temps, je sombrais dans un sommeil profond.

XXX En gage de paix XXX

La sensation, de l'eau chaud et des mains froides qui me parcouraient la peau, était délectable. Je poussais un soupir d'aise alors qu'on me massait le crâne. Et laissais échapper un gémissement quand des lèvres se posèrent sur ma peau hypersensible. Parfois, les sensations étaient tellement fortes que j'en perdais connaissance. Mon cerveau semblait incapable de gérer ce trop-plein de plaisir dans lequel j'étais plongée depuis un mois.

« Souhaites-tu toujours aller à Florence ? » Me demanda Marcus.

J'ouvrais un œil paresseux pour le regarder. Il se tenait assis sur le bord de la baignoire, l'un de mes pieds entre ses mains. Son regard ne cessait de détailler la vision de mon corps nue dans une position impudique que la mousse ne couvrait plus. Ses doigts couraient le long de mon pied jusqu'à mon mollet pour ensuite faire le chemin retour.

« Oui. » Soufflais-je alors je m'enfonçais un peu plus dans la chaleur brûlante.

Il reposa mon pied dans l'eau et je me retins de pousser un grognement de frustration de ne plus sentir ses doigts sur moi. Il laissa échapper un rire bref en me voyant frustrer, je fermais les yeux pour l'ignorer.

« Alors, nous allons te laisser te préparer si tu y tiens tant. »

Il venait de laisser tomber le signal qui demandait aux autres de stopper leurs cajoleries. Cette fois-ci, je ne pus retenir mon gémissement de frustration. J'étais devenue accro à la sensation de leurs mains sur moi. C'était une conséquence directe de la revendication et du marquage qui avaient eut lieu un mois plus tôt. Je comprenais maintenant pourquoi il était impossible de désobéir ou même d'éliminer celui qui avait posé la marque. Une infime partie de moi était en colère de cette dépendance, mais en réalité, j'aimais beaucoup trop ça. J'avais enfin l'impression d'avoir trouvé ma place sur Terre.

La porte de la salle de bain s'ouvrit à nouveau, un courant d'air froid en profita pour entrer et me faire frissonner. L'eau commençait à refroidir et à devenir moins agréable pour moi. J'ouvris les yeux pour découvrir Heidi qui tendait une serviette moelleuse devant elle. Elle m'encourageait avec un sourire amusé à sortir de ce bain. Aujourd'hui, elle n'avait pas eu besoin de me le dire deux fois. Elle m'enroula rapidement dans le linge qui avait été réchauffé préalablement. Elle attrapa une seconde serviette pour éponger mes cheveux.

Elle me poussa vers la coiffeuse qui se trouvait proche de la fenêtre de la salle de bain. Heidi s'appliqua à me sécher les cheveux, tout en me racontant les dernières rumeurs et potins qui circulaient dans le château. On m'avait proposé de prendre quelqu'un d'autre à mon service, mais j'appréciais bien trop la simplicité et la chaleur de la brune.

J'avais mis quasiment un mois à me remettre de ma petite performance de Monte Adamello. Entre autres parce que mes poumons avaient plus été touché cette fois-ci par la fumée du petit incendie que j'avais provoqué. J'avais été aussi épuisé par le soulagement que me provoquait cette fin de mission. La pression était redescendue d'un coup et ça m'avait complètement achevé. On m'avait donc emmener sur une île privé des Cyclades que possédaient les Volturi pour me reposer. Au début, je n'avais été qu'en compagnie des gardes qui assuraient ma sécurité. Heidi en faisait partie et c'était comme ça que j'avais forgé un lien avec elle.

Puis les trois Rois étaient arrivés et avaient prit le relais. Ils avaient dû rester à Volterra pour assurer le monde après l'attaque des Roumains. Notamment s'assurer de la fidélité de leurs sujets, éliminer les traîtres et réparer les dégâts qui avaient été faits à la forteresse. Les effets personnels de Sulpicia et Anthodora avaient été détruit et leurs appartements complètement remaniaient. À vrai dire, l'aile privée des Rois avait totalement été remaniée entre autres parce qu'ils avaient découvert que je n'étais pas la seule qui connaissais les plans de leurs quartiers et les manières de les atteindre sans être gêné par la garde.

Loin de Volterra, ils avaient été plus ouvert, mais surtout plus accessible pour moi. Ça avait été un peu plus facile pour moi d'accepter l'idée que je passerais l'éternité enchaînée à eux. La revendication et le marquage avaient fini par me faire comprendre que j'avais toujours été destiné à ça, mais surtout à eux. Marcus avait révélé qu'un lien s'était déjà mis en place au moment même où j'avais passé les portes de la salle du trône la première fois. Le fait de me revendiquer et de me marquer n'était qu'un moyen supplémentaire pour terminer le lien, mais aussi pour s'assurer de ma fidélité.

Ils avaient aussi décidé de laisser un mois supplémentaire en tant qu'humaine afin de me remercier pour le service que je leur avais rendu. Je savais qu'une fois transformée, ça allait être plus difficile pour moi voir même peut-être impossible de côtoyer le monde humain. J'avais donc programmé un mois à faire toutes les activités que j'avais toujours voulu faire. Florence était ma dernière excursion avant ma transformation. Je voulais visiter la Cathédrale Saint Maria del Fiore et la Galerie des Offices. C'était aussi un moyen pour moi de boucler la boucle. Florence avait été ma dernière prison avant d'appartenir aux Rois. Je voulais retirer de ma mémoire les sentiments négatifs que j'avais pu ressentir dans cette ville.

Heidi ramena mes boucles en un chignon à l'arrière du crâne, quelques mèches s'en échappaient rendant la coiffure faussement négligées. De simples boucles d'oreilles en or et rubis prirent place sur mes lobes. Elle appliqua ensuite un rouge à lèvre rouge sur mes lèvres et mit en valeur de façon discrète mes yeux. Après avoir enfilé les dessous en dentelle noire, elle m'aida à fermer le fourreau en velours bordeaux que j'allais porter. C'était quasiment les deux seules teinte que j'avais porté dernièrement. Les couleurs Volturi.

Je passais dans la chambre pour récupérer mes escarpins noirs avant de vérifier une dernière fois que j'étais correctement vêtue. Il était impossible de nier que la robe n'était pas sensuelle et révélatrice. Le décolleté en V était profond, mais pas assez révélateur pour voir mes dessus. Les manches longues, la longueur mi-mollet et la matière de la robe assagissaient la robe, mais l'échancrure qui remonté jusqu'au-dessus du milieu de la cuisse cassait totalement ça. La robe mettait en valeur mes courbes que j'avais gagnées au cours de ce dernier mois, mais surtout avec mes cheveux relevés ainsi, il était possible de voir les trois marques qui m'avaient été posées à la base de ma nuque. Certes, elles étaient quasiment imperceptibles pour un humain, mais ce n'était pas le cas des vampires.

Heidi me tendit mes affaires avant que je ne passe les portes de sortie de la chambre. Je traversais le salon privé qui me faisait aussi office de bureau avant d'entrer dans le véritable salon privé des Rois. Mes appartements occupaient une bonne partie de l'aile royale. Je n'avais jamais occupé autant d'espace. Demetri et Felix m'y attendaient afin de me conduire à la berline qui allait m'emmener à Florence. Elle était déjà garée devant les portes principales du château. Je retirais mon manteau pour plus de confort durant le trajet avant d'y monter.

« Portes-tu quelque chose d'intéressant la dessous ? » Me demanda Caius.

Sa main remontait le long de ma cuisse pour atteindre la dentelle que j'avais enfilée plus tôt. Sa bouche pressait des tendres baiser le long de mon cou. Mes yeux s'étaient immédiatement fermés pour profiter pleinement de la sensation. Je posais ma main sur la sienne pour stopper sa folle remontait.

« Peut-être, mais tu découvriras ça plus tard. » Murmurais-je.

« Pourtant, ce n'est pas l'envie qui te manque. Je peux le sentir. » Ronronna-t-il.

Mes yeux s'ouvrirent et tombèrent sur son regard carmin rempli de désir. Je posais ma main sur sa joue pour caresser du bout des doigts cette peau si lisse et douce.

« En effet, mais j'ai vraiment envie d'aller à Florence. » Avouais-je gêné.

« Soit. » Répondit-il boudeur en s'éloignant de moi.

Je lâchais un sourire avant de me réinstallais plus confortablement dans le siège, j'enlevais mes chaussures pour pouvoir passer mes jambes sous moi et je profitais du paysage de la Toscane qui entrer doucement dans l'hiver. Un plaid se posa sur mes jambes nues pour me maintenir au chaud. J'adressais un remerciement à Aro avant de définitivement me plonger dans mon monde et de les laissais dans leurs conversations concernant leurs affaires.

J'observais avec plaisir le marbre polychrome qui recouvrait les façades de la cathédrale. Le soleil qui se couchait apportée des reflets magnifiques sur la pierre. J'avais toujours du mal à réaliser que les Hommes avaient été capable de faire de telles prouesses alors qu'ils ne possédaient pas encore les technologies du monde moderne. La Piazza Del Duomo grouillait de monde. Les touristes profitaient des derniers rayons pour pouvoir photographier le bâtiment. Même si le soleil avait brillé toute la journée, le froid commençait à se faire mordant en l'absence de l'astre.

Une main se posa dans mon dos pour m'inciter à avancer et à entrer dans le lieu. Les Rois avaient accepté facilement mon programme aux conditions d'être avec moi à chaque fois, mais surtout de faire ça en l'absence de touristes. Honnêtement, la seconde condition m'arrangeait bien, je n'avais pas à supporter la foule et les regards sur moi. Et c'était un véritable privilège de pouvoir profiter de ses lieux en toute tranquillité. Ça avait comme un côté hors du temps.

« Je devrais vraiment me procurer de l'eau bénite. » Murmurais-je avec un sourire.

Mes réflexes catholiques étaient revenus rapidement à chaque fois que j'entrais dans un lieu saint. Ça avait été un sujet de plaisanterie régulier. J'aimais vraiment l'idée de faire entrer des vampires en territoire ennemie. Puisqu'ils étaient techniquement considérés comme étant les enfants du diable. Cependant, personnes ne connaissaient la réalité, mais surtout l'inefficacité des artefacts religieux sur les vampires.

« Êtes-vous catholique ? »

Je me retournais vers le pauvre homme du clergé qui avait la charge de faire visiter l'édifice.

« J'ai passé une partie de mon enfance dans un orphelinat carmélitain. » Expliquais-je.

Il acquiesça satisfait de ma réponse. Je n'avais pas clairement répondu à sa question. J'écoutais d'une oreille distraite ses explications. Ce n'était pas la foi qui m'intéressait ici, mais bien les prouesses techniques, mais surtout la fresque dans le Dôme de la cathédrale. Le reste du bâtiment n'était absolument pas intéressant puisqu'ils avaient été vidés de ses peintures des années plus tôt pour être entreposé dans le musée attenant à la cathédrale.

« Souhaitez-vous accéder à l'extérieur du Dôme ? »

« Non uniquement à la fresque. » Répondis-je. « Je dois avouer que je suis plutôt frileuse. Si j'en ai l'occasion, je reviendrai quand les températures seront plus clémentes. »

« Nous serons très heureux de vous accueillir à nouveau, dans ce cas. C'est toujours un plaisir d'accueillir de jeunes fidèles. » Dit-il avec un grand sourire. « Et je dois avouer que pour une Américaine votre italien est quasiment parfait. »

« Merci, mais il me reste encore à travailler sur l'accent. »

« Il est charmant ! » S'exclama-t-il. « Je préfère vous prévenir, mais l'ascension vers le balcon est plutôt sportive. » Ajouta-t-il alors que nous étions devant les escaliers.

« Je pense que ça devrait aller. » Répondis-je. « Marcus ! » Glapis-je surprise.

Il venait de m'attraper pour me porter. L'un de ses bras était sous mes genoux alors que l'autre était dans mon dos. Par reflex, j'avais noué mes bras autour de son cou.

« Reposes-moi, s'il te plaît, c'est inconvenant. » Demandais-je doucement.

« Cela, vous pose-t-il un problème, mon père ? » Interrogea-t-il froidement.

« Aucunement, si nous pouvions éviter un autre accident dans ses escaliers aujourd'hui. Ça serait une bonne chose. » Déclara-t-il en commençant l'ascension. « Et c'est toujours agréable de voir un homme prendre soin de son épouse comme il est recommandé par notre Saint Père. »

Il continua son laïus sur la protection de la femme par l'homme fort et viril. Mais aussi sur l'importance de la femme d'être soumise à son mari. J'écoutais ça d'une oreille distraite encore une fois, je préférais dessiner du bout des doigts la mâchoire de Marcus.

« Je devrais peut-être lui dire que la luxure est mon pêché de prédilection et que les flammes de l'enfer me paraissent bien plus agréable que le paradis. » Chuchotais-je en regardant amusé Aro et Caius qui nous suivaient.

« Un vrai succube. » Dit Caius à voix basse.

« Je vous suis fidèle. » Rétorquais-je un peu boudeuse.

« En effet, mais tu es insatiable. » Ajouta Aro.

« Nous devrions te prendre sur l'autel pour lui montrer quelle tentation tu peux être et ta vraie nature. » Chuchota Marcus contre mon oreille.

Je rougis sous l'idée et sous les mots qui étaient utilisés pour me décrire.

« L'idée te plaît apparemment. » Insinua Caius, me faisant rougir encore plus.

J'observais la scène du jugement dernier au-dessus de moi. J'étais impressionnée par le travail de l'artiste, mais aussi par les couleurs et la conservation de l'œuvre. Le prêtre continuait à radoter sur sa très chère cathédrale. J'avais l'impression d'être avec une encyclopédie vivante. En soit c'était intéressant, mais pas ce soir, du moins pas pour moi. Je voulais pouvoir admirer l'œuvre sans qu'on me prêche la bonne parole.

« Nous allons devoir y aller, Isabella. » M'indiqua Caius exaspéré.

J'acquiesçais avant de revenir vers lui. J'avais réussi à faire le tour du balcon de la coupole sans que le prêtre ne soit collé à moi. Aro avait pris un malin plaisir à discuter avec lui sur des théories religieuses entraînant un débat enflammé qui troublait la quiétude du lieu. Caius et Marcus avaient regardé ça d'un œil agacé pour l'un et morne pour l'autre. Ils avaient continué leurs discussions en descendant les escaliers, Marcus m'avait une nouvelle fois porté pour me faire descendre plus rapidement.

« Merci beaucoup pour cette visite. » Concluais-je avant de définitivement sortir de la cathédrale.

Même si la nuit était tombée, la place était encore animée par les touristes et vendeurs ambulants. Je replaçais correctement ma capuche sur le haut de mon crâne afin de me protéger du froid. Mentalement, je remerciais Heidi de m'avoir fourni une paire de gants avant de partir ou j'aurai été morte de froid. Notre trajet à pied vers la galerie des Offices avait été entrecoupé par une pause dîné rapide pour moi. C'était cliché de dire que la cuisine italienne était devenue ma préférée depuis que j'étais ici, mais c'était une réalité. J'avais d'ailleurs pris quelques kilos qui s'étaient directement logé dans mes fesses, mes hanches et ma poitrine. Même si j'avais continué l'entraînement ici, je n'étais pas aussi assidue que j'avais pu l'être quelques mois plus tôt.

Le musée avait lui aussi été entièrement privatisé. Je déposais mon manteau et mes gants aux vestiaires puisque la température était agréable dans le bâtiment. Le directeur du musée et la jeune guide m'attendaient pour commencer la visite. Les deux semblaient franchement nerveux de la situation, mais pas pour la même raison. Les Rois m'avaient appris qu'ils étaient des mécènes plus tôt généreux pour le musée et que le directeur allait essayer une nouvelle fois de faire appel à leurs dons. Pour la jeune guide, je misais plus sur la situation. Officiellement, j'étais la seule à bénéficier de la visite, mais j'étais entourée de tellement de personnes en plus des Rois pour assurer la sécurité que la situation pouvait être considéré comme stressante.

« Voulez-vous prendre l'ascenseur ? » Me demanda-t-elle nerveusement.

« Oh non, j'apprécierais de prendre les escaliers. » Répondis-je. « Seule et sans aide. » Ajoutais-je en riant. « Ils m'ont empêché de monter les escaliers seuls à la Cathédrale. » Chuchotais-je à son intention pour répondre à son regard confus.

« Souhaitez-vous la visite en anglais ? » M'interrogea-t-elle alors que nous gravissions les escaliers.

« L'italien est parfait pour moi sauf si vous y tenez. »

Elle hocha la tête avant de m'entraîner dans le berceau de la Renaissance italienne. Je l'écoutais attentivement cette fois-ci alors qu'elle me faisait passer de salle en salle. Je gardais toujours un œil sur le plafond finement décoré ou les statuts qui bordé le corridor qui nous donnait accès aux autres salles. J'adorais remonter le temps et pouvoir voir que la peinture et le style évolué. On passait d'un style purement religieux à plus profane et mythologique.

« Je ne sais pas ce que tu lui trouves. » Me dit Caius.

Il venait de se placer à côté de moi alors que j'admirais la Naissance Venus de Botticelli. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle j'étais présente ici. Je voulais pouvoir voir ce tableau avant de ne plus être en état de le faire. Mais aussi parce que j'avais peur de ne plus l'apprécier autant avec une vision plus nette et précise de vampire.

« Elle est magnifique. »

« Elle n'est pas parfaite, sa posture n'est pas réalisable, elle a l'air trop innocente et ingénue, il y a des défauts dans les proportions. Et j'en passe. » Détailla-t-il critique.

« Justement, c'est ce qui fait qu'elle est magnifique. » Répondis-je en le regardant. « Aucun être n'est parfait, mais c'est ce qui les rend magnifiques. »

« Tu es parfaite. » Déclara-t-il en apportant ma main à sa bouche.

« Peut-être pour toi, mais pas pour les autres. » Dis-je avec le plus de douceur possible.

Sa main relâcha la mienne avant qu'il ne s'éloigne de moi. Je poussais un léger soupir à cette perte de contact avant de prendre la suite de la visite. La guide était beaucoup plus intéressante et passionnante que le prêtre plus tôt dans la soirée. Elle avait aussi commencé à se détendre un peu et la visite ressemblait plus à une discussion qu'à un long discourt rébarbatif. Aro me chuchota à l'oreille qu'il comptait bien avoir un tableau de moi à la manière de La Vénus d'Urbino de Titien, ce qui me fit rougir.

XXX En gage de paix XXX

J'avais été déballé comme on déballe à cadeau pour Noël ou son anniversaire. La robe était par endroit tombée en lambeaux sous la pression. La dentelle noire de mes sous-vêtements ne cachait quasiment rien, elle était même plutôt révélatrice. Une nouvelle fois, je m'en retrouvais rapidement dépouillée, me laissant nue debout au milieu de la chambre. Seule ma coiffure avait été épargnée. Même mon maquillage avait été retiré. Je ne portais en tout et pour tout que les trois bagues sur mon annulaire gauche, qui étaient le seul signe extérieur visible de mon appartenance, mais aussi de mon rôle. Elles étaient à la fois différentes toute en étant complémentaires. Chaque anneau en forme de V correspondait à l'homme auquel j'appartenais.

Une nouvelle fois, très vite, les émotions et les sensations me firent perdre la tête. J'étais incapable de me concentrer sur les mains qui me parcouraient le corps. Je m'enfonçais avec délice dans le plaisir qu'on me procurait. Je me laissais posséder et soumettre avec allégresse. J'aime bien trop cette sensation d'être entière et pleine. Finalement, j'aimais qu'on m'utilise, qu'on utilise mon corps. La jouissance arriva rapidement, elle gonflait à chaque fois et était même douloureuse par moments. Mais c'était tellement bon. J'avais toujours l'impression que mon cœur était sur le point de se stopper ou de vouloir sortir de ma cage thoracique. Alors que mon orgasme explosa, ils plantèrent leurs dents dans les marques qu'ils avaient déjà apposées sur ma nuque, la douleur, une nouvelle fois prolongea mon plaisir et me fit venir encore une fois.

L'instant d'après mon corps se retrouva allongé sur les draps en satin du lit. Ma respiration était laborieuse, mon cœur battait encore trop fort, mon corps en sueur et humide par endroits, mes yeux clos pour savourer encore un peu ces mains qui continuaient à courir sur moi. Progressivement, je sombrais dans les ténèbres, les aiguilles me transpercèrent la peau et le feu ne tarda pas à se propager dans mes veines. Des lèvres fraîches se posèrent sur ma peau, elles n'arrivaient même pas à apaiser la brûlure mordante et douloureuse. J'avais envie de hurler, mais j'en étais incapable.

« A dans trois jours, agapi mou*. » Me chuchota-t-on à l'oreille.

XXX En gage de paix XXX

« N'est ce pas merveilleux, Katherina est toujours vivante. » S'exclama celui qu'elle identifia comme étant Aro.

Elle n'en revenait pas d'avoir fait des milliers de kilomètres pour pouvoir sauver la vie de son Edward. Il avait pensé à tort qu'elle était morte et avait donc choisit de s'ôter la vie pour la rejoindre. Il avait donc été à Volterra en Italie pour demander la mort aux Rois du monde des vampires, les Volturi. Elle les avait déjà vu plusieurs fois sur le tableau qui trônait dans le bureau de Carlisle Cullen, le père d'Edward. Elle reconnut donc sans peine, Aro qui frappait dans ses mains fou de joie de la bonne nouvelle, Caius assis à gauche sur son trône qui contenait difficilement sa colère et enfin Marcus à droite qui avait exactement le même air apathique que sur le tableau.

La seule personne qu'elle ne connaissait pas, c'était la jeune femme qui était assise aux pieds de Marcus, sa tête appuyait contre sa jambe. Marcus passait distraitement ses doigts dans la chevelure acajou de la jeune femme. Elle avait un léger sourire aux lèvres et semblait soupirer à intervalle régulier sous la caresse. Kat avait l'impression de voir un maître caressant son animal de compagnie. Elle se demandait qui elle pouvait être.

Les vampires étaient naturellement beaux, elle le savait. Elle savait aussi que Rosalie était considérée comme étant plus belle que les autres, c'était comme une sorte de don pour elle. Cependant, Rosalie semblait bien fade face à la jeune femme. Elle ressemblait à s'y méprendre à l'une de ses poupées de porcelaine que sa grand mère collectionnait avant. Ses boucles brunes aux reflets acajou étaient posées sur son épaule qui n'était pas collée à la jambe de Marcus et semblaient presque toucher le sol. Son teint était pale, ses traits doux, sa bouche pulpeuse, son nez droit et fin et ses sourcils structurés. De ce que Kat pouvait voir, elle avait une silhouette fine et gracile cependant sa poitrine semblait généreuse.

Sa robe reposait en équilibre sur le bord de ses épaules et le décolleté était généreux sans être vulgaire. Le tissu était vaporeux et dense. Le rouge de la robe mettait réellement en valeur son teint d'albâtre et l'acajou de ses cheveux. Finalement, elle se fit la réflexion que la jeune femme ressemblait plus à Blanche Neige. En fait, elle incarnait parfaitement la princesse surtout avec ses lèvres peintes dans un rouge plus sombre que la robe. Une nouvelle fois, elle se sentit bien fade face à ce vampire.

« Mes frères, il semblerait que les Cullen aient découvert une nouvelle humain doué. » Déclara joyeusement Aro.

Elle reprit pied dans la réalité, à l'évocation de ce qu'elle appelait son super pouvoir. Depuis l'enfance, elle était capable de pouvoir projeter ses pensées dans l'esprit des autres et donc de les influencer d'une certaine manière. Heureusement pour elle, elle avait besoin de toucher la personne pour pouvoir le faire et avait pu garder son secret pour elle, jusqu'à sa rencontre avec Edward. Carlisle pensait qu'une fois vampire, elle serait capable de le faire à distance. Mais encore fallait-il qu'elle puisse être transformée.

C'était son vœu le plus cher, mais hélas son Edward était contre. Il disait qu'il ne voulait pas damner son âme et la condamner à la vie éternelle. Sauf qu'elle s'en moquait complètement. Si c'était pour vivre loin de son âme sœur alors la vie n'en valait pas la peine d'être vécu, lui répétait-elle sans cesse. D'ailleurs, les mois de séparation avec son amoureux avaient été très difficiles pour elle, elle était tombée dans un état dépressif quand Edward l'avait quitté pour son bien après l'accident de son anniversaire.

« Nous devrions voir si elle est capable de le faire sur Isabella. » Chuchota Aro avec un regard brillant de folie.

Caius, le blond, ne semblait pas d'accord avec l'idée d'Aro alors que Marcus ne répondit même pas à la sollicitation. Elle était mal à l'aise de savoir le vampire non-végétarien si proche d'elle. Surtout qu'il avait l'air clairement fou ou au moins au bord de la folie. Mais ça pouvait se comprendre, il était sûr terre depuis si longtemps que s'en n'était plus sain pour lui. En plus, il dirigeait le clan Volturi et le monde vampirique, elle trouvait ça dangereux qu'ils soient à la tête de tant de pouvoir.

« Vous permettez ma chère ? » Demanda-t-il en lui tendant la main.

Elle entendit son Edward gronder, elle savait qu'il n'aimait pas que d'autres hommes la touchent. Mais elle accepta la main tendue. Elle voulait pouvoir rentrer chez elle avec son Edward et non pas mourir ici. Déjà que l'opération de sauvetage ne s'était pas passé comme prévu. Normalement, ils auraient déjà dû être dans l'avion pour le retour vers les États-Unis. Du moins, c'était ce qu'Alice avait prévu dans le plan original.

« Isabella. » Ordonna-t-il.

La poupée brune ouvrit langoureusement ses yeux de la même couleur que sa robe avant de se relever avec grâce et douceur. Elle avança lentement avant de descendre les trois marches en marbre et se posta à côté d'Aro. Elle était encore plus belle de près et elle semblait plutôt petite même si Kat était incapable de réellement juger puisque la vampire portait une paire d'escarpins noirs sous sa robe. Elle avait réussi à les entre apercevoir quand la brune avait soulevé délicatement sa longue robe pour ne pas marcher sur le tissu qui semblait si fragile.

Aro lâcha sa main avant d'attraper la main de la brune, qu'il porta à ses lèvres. Kat trouva que c'était le geste le plus désuet, mais en même temps le plus charmant qui lui avait été donné de voir. Isabella offrit à sourire doux et semblait complètement hypnotisé face au vampire. Pour un peu, Kat avait l'impression que la vampire était drogué, mais elle savait que c'était impossible. Elle remarqua que trois bagues en V étaient à son annuaire. Les bagues semblaient trop étranges pour être des alliances, alors elle misa plus sur une sorte de signe prouvant qu'elle faisait partie des Volturi, un peu comme les médaillons que porter les autres gardes.

« Katherina est capable de projeter ses pensées dans l'esprit d'un autre en touchant. » Lui expliqua-t-il doucement.

Kat avait l'impression qu'il parlait à un enfant ou un animal qui semblait vouloir apprivoiser. C'était extrêmement perturbant. La vampire brune lâcha une légère exclamation de surprise. Aro lâcha sa main et Isabella poussa une sorte de soupir de déception puis elle tendit la main vers Kat.

« Puis-je essayer, Katherina ? » Demanda-t-elle avec la voix la plus douce et enivrante que Kat n'avait jamais entendu.

« Kat, je préfère, Kat. » Marmonna-t-elle par reflex.

Elle se sentit rougir face à la demande. Mais la brune en face d'elle ne semblait pas en tenir compte et la regardait toujours fixement comme si elle n'avait pas entendu son impolitesse. Kat finit par poser sa main sur la main tendue et pensa à ce qu'elle voulait lui faire voir. Elle vit la brune soupirer et prendre une expression peinée. Kat ne comprenait pas ce qu'il se passait.

« Bella est un bouclier, Kat. » Dit Alice derrière elle. « Tu n'as pas réussi à faire fonctionner ton don sur elle. »

« Oh ! » S'exclama Kat surprise. « C'est possible, ça ? »

« Je suis quasiment incapable de la voir et Edward ne peut pas entendre ses pensées. »

Katherina écarquilla les yeux de surprise. Elle savait que certains vampires étaient talentueux, mais pas à ce point-là. Son don semblait beaucoup plus impressionnant que celui de Jane qu'elle avait rencontré un peu plus tôt. Kat se sentit un peu mitigé face à ce don, d'un côté elle n'aimait pas qu'une personne lui résiste, mais de l'autre elle était aussi envieuse de ce don. Elle qui avait toujours pensé avoir un pouvoir extraordinaire ce n'était rien face à la vampire en face d'elle. Cependant, elle commençait à comprendre pourquoi la jeune femme se trouvait à côté des Rois. Ils devaient sûrement utiliser son potentiel pour se protéger en cas d'attaque.

« Oh, Alice ! » S'exclama surprise Isabella. « Bonjour... » Gazouilla-t-elle.

Ça, c'était la chose la plus bizarre, ils étaient déjà là depuis plus de dix minutes et elle venait seulement de remarquer qu'Alice était présent dans la salle. À croire, qu'il fallait attendre qu'elle parle pour que la vampire se rend compte de sa présence.

« Que fait Edward, si peu vêtu ? » Chuchota-t-elle avec gêne vers Aro.

Kat regarda le vampire attraper la main de la jeune femme et l'attirer à lui. Il enroula son bras autour de sa taille et plaça sa main contre la joue de la jeune femme. Il commença alors à lui raconter ce que la jeune femme semblait avoir manqué alors qu'elle se trouvait dans la même pièce qu'eux depuis le début.

« Sont-ils des compagnons ? » Finit-elle par demander.

« Ils le sont. » Dit distraitement Marcus.

« Vas-tu les séparer, mon aimé ? » Demanda-t-elle avec tristesse.

« Edward a enfreint la loi en révélant notre nature à cette humaine et il a voulu par la suite s'exposer. » Déclara froidement Caius. « L'humaine doit être éliminé, en guise de punition. » Gronda-t-il.

Avant que Katherina ne puisse comprendre, elle aperçut Edward se faire plaquer contre les marches menant au trône par l'un des deux gardes qui les avaient emmené à l'intérieur du château. Et elle s'était retrouvée derrière Alice. Elle remarqua alors qu'Isabella n'avait pas bougé de sa position complètement indifférente, qu'Aro semblait content de voir la réaction d'Edward, que Caius avait un sourire mauvais sur les lèvres et que Marcus s'était temporairement éveillé avant de retomber dans sa léthargie.

« Kat va être une des notre prochainement. » Déclara Alice en tendant sa main à Aro.

« Vas rejoindre Caius. » Ordonna Aro en poussant la brune vers le blond.

Une nouvelle fois, se dit Kat, Aro faisait preuve de folie en envoyant une si douce et fragile créature vers un monstre comme lui. Parce qu'il n'y avait aucun doute pour elle. La jeune femme était aussi douce que pouvait l'être Esmé avec elle ou avoir la compassion de Carlisle. Elle semblait réunir les meilleures qualités des Cullen. Kat trouva dommage de ne pas pouvoir la connaître un peu plus.

Isabella lui tourna le dos, Kat était persuadée d'avoir aperçu le même type de morsure qu'elle avait à son poignet sur la nuque de la jeune femme. Elle regarda la belle vampire passer à côté de son Edward toujours au sol, remonter les trois marches et se diriger vers le blond. Il l'attrapa d'autorité et la plaça au travers de ses genoux. La tête d'Isabella s'appuya contre le torse du blond, son front se posa contre son cou et elle ferma les yeux.

Kat avait l'impression que la main de Caius avait réussi à se faufiler sous les vêtements de la brune. Mais elle repoussa l'idée plus loin, elle mettait cette vision sur le compte de la fatigue du voyage et de l'adrénaline qui était retombée. En plus, ça voudrait dire que la jeune femme était avec les deux vampires. Ce qui était impossible, elle n'avait jamais entendu parlé d'une telle union et c'était absolument contre nature, selon elle.

« Bien, nous allons donc en délibérer entre nous. » Déclara Aro en se détournant d'eux.

En un rien de temps, ils furent escortés vers l'extérieur de la salle du trône et prirent place à côté du bureau de la secrétaire humaine. Les Volturi ne prenaient décidément pas considération de sa condition d'humaine pour être aussi rapide. Edward l'installa sur le banc et prit place à côté d'elle. Alice s'installa à son tour à côté d'elle. La curiosité la dévorait et elle allait en profiter pour l'assouvir.

« Qui est cette Isabella et pourquoi est-elle aussi étrange ? » Chuchota-t-elle avec curiosité.

« Officiellement, la Reine mais en vrai... » Soupira Alice. « Il y a quasiment vingt ans un clan, les Roumains, ont voulu renverser les Volturi. Pour offrir une distraction afin de réussir leur plan, ils ont offert un gage de paix aux Rois. Ils ont choisi attentivement une humaine, belle, doué et soumise. C'était Bella. Un peu comme toi, Bella était capable d'utiliser son don. Le jour de la signature du traité de paix, elle a réussi à montrer à Aro quand il lui a touché la main ce qu'il allait se passer pour lui par la suite. »

« Alors elle a trahi les Roumains pour les Volturi ? »

« En un sens oui. Cependant, je peux t'assurer que si les Roumains avaient réussi le monde n'aurait plus été le même. Ils prévoyaient entre autres d'asservir les humains. Donc Bella a en quelque sorte sauvé la situation. »

« D'accord. » Murmura-t-elle admirative par le courage de la jeune femme. « Mais pourquoi ai-je l'impression qu'elle semblait dans un état second ? Était-elle déjà comme ça avant ? »

« Non. » Chuchota Alice peiné. « Elle était vive et chaleureuse. »

« Son don était beaucoup trop puissant et intéressant pour Aro. Alors plutôt que de la tuer, ils ont choisi une ancienne méthode pour la lier à eux à jamais et éviter une nouvelle tentative de renversement. » Intervient Edward.

« Qui consiste en quoi ? » Demanda-t-elle à nouveau curieuse.

« Ils l'ont revendiqués, marqués et changés. Elle est à jamais liée aux trois Rois. Elle était incapable de résister aux ordres ou même de vouloir les éliminer. » Dit Alice.

« Que veut dire revendiquer ? »

« Revendiquer est la partie sexuelle de la pratique. »

« Avec les trois ? » Chuchota-t-elle choqué.

Alice acquiesça en réponse. Ils avaient donc transformé la jeune femme en une sorte d'esclave sexuelle et en arme incapable de désobéir. Elle se sentait à la fois triste pour elle, mais en même temps tellement choquée. Comment la jeune femme avait-elle pu accepter cette situation ? C'était inimaginable et franchement écœurant.

« Mais ne pouvait-elle pas refuser ? »

Alice haussa les épaules. Ce qui confirma finalement qu'Isabella était une dépravée pour s'être laissé faire ainsi. Finalement, elle se demandait si la jeune femme ne méritait pas son sort. Alors qu'elle pensait ça, les portes de la salle du trône s'étaient à nouveau ouvertes et on leur demanda d'entrer. La vampire brune se tenait debout sur le devant de l'estrade, Marcus collait à son dos alors qu'elle regardait Caius qui lui tenait la main et qui ne cessait de l'embrasser. Ce geste que Kat avait trouvé charmant plus tôt, était maintenant dégouttant. Il n'y avait aucun doute sur la relation que ses hommes entretenaient avec la brune.

« Katherina devra être changée avant la fin de l'année, si ce n'est pas le cas nous nous chargerons du problème. » Déclara Aro en s'approchant d'eux.

Il attrapa la main de Kat avant de lui poser un baiser dessus.

« Ma chère un plaisir, à bientôt. » Ajouta-t-il avant de rejoindre la brune.

Une nouvelle fois, ils furent conduits à l'extérieur de la pièce à peine l'ordre passé. Kat tourna la tête juste au moment où elle entendit le gloussement d'Isabella.

« Caius, Aro pas dans le couloir, vous allez encore choquer la secrétaire. » Les gronda-t-elle en gloussant.

Kat avait les yeux écarquillé face à la scène qui se déroulait derrière eux. Caius avait retroussé la robe de la brune et semblait avoir posé les mains sur les parties intimes de la jeune femme. Marcus était toujours dans son dos et s'appliquait à embrasser son cou alors qu'Aro s'occupait à commencer à déshabiller la brune. Il n'y avait aucun doute pour Kat que la brune était consentante et sembler y prendre un grand plaisir. C'était encore plus choquant qu'elle ne l'imaginait. Heureusement pour elle, les quatre avaient rapidement disparu de sa vision au détour d'un couloir. Mais les gloussements d'Isabella continuaient à retentir de façon régulière.
Kat jugea définitivement les Volturi comme étant un clan qu'elle ne voulait pas fréquenter à l'avenir. Elle était sûre que leur alimentation influencée sur leur comportement et se félicitait d'avoir rencontré les Cullen qui étaient vraiment des gens bien.


*Absit reverentia vero : Ne craignons pas de dire la vérité.

*Panem et circenses : du pain et des jeux. Expression et activité régulièrement utilisé sous la Rome antique. L'organisation des jeux du cirque se faisaient régulièrement surtout pour faire oublier aux peuples la faim quand Rome était en crise.

*Agapi mou : mon amour en grec.