Auteure: Maiawela.
Rating: K.
Disclaimer: Merlin et tous ses joyeux compères appartiennent à la BBC.
Note de l'auteure: Il en aura fallu du temps pour que cette suite voit le jour. On reste sur le format de l'habituel one-shot, quoique celui-là soit un peu plus long que les précédents. En espérant que cela vous plaise, bonne lecture !
Évolution
« Pourquoi est-ce que cela se passe toujours ainsi ? »
Merlin a envie d'hurler sa rage à Arthur. Il a horreur des parties de chasse. Il lui a pourtant répété maintes et maintes fois, non ?! Cela devrait suffire, tout stupide Roi qu'il soit. Apparemment, non… Et le serviteur se retrouve derrière le groupe de Chevaliers, penché en avant sous le poids des lièvres, faisans, lapins… Et du cerf tué par Arthur. Un cerf !
« Pensent-ils vraiment qu'il se porte tout seul ?! »
Le sorcier fulmine, comme il voudrait leur jeter un sort à tous. Par exemple, un enchantement de sommeil profond, ainsi il pourrait les laisser là et rentrer à Camelot. Ou alors une crise de hoquet, bien humiliante. Non ! Encore mieux, pour leur faire passer l'envie de se promener en forêt : un sort de démangeaison ! Un sourire espiègle étire les lèvres de l'enchanteur...
« Merlin, si tu as le temps de sourire aux nuages, passe donc devant pour faire sortir les proies de ce bosquet. »
… Aussitôt remplacé par une grimace dégoutée.
« Bien, Sire. »
Dire qu'il avait espéré qu'une fois que son ami serait Roi, il n'aurait plus à subir cela. Quel idiot ! Comment avait-il pu imaginer Arthur abandonnant la chasse pour rester au château s'occuper uniquement du royaume ? Utopie ! De même qu'imaginer le Roi laissant ses Chevaliers aller seuls au combat. Ce serait bien trop simple.
Laissant son fardeau derrière un buisson, Merlin s'approche lentement des arbres. Après un dernier coup d'œil inquiet au Roi qui lui intime l'ordre d'avancer en silence, l'homme bondit… pour se retrouver piégé dans un filet sans comprendre ce qui lui arrive. Un groupe de bandits surgit soudainement, attaquant le Roi et ses Chevaliers de toutes parts. La suite reste très confuse pour Arthur, qui voit du coin de l'œil le filet s'ouvrir « comme par magie » et libérer Merlin. Celui-ci se relève précipitamment, cherchant son ami des yeux. Il le repère enfin et s'élance dans la mêlée pour le rejoindre. Après avoir récupéré une épée sur le cadavre d'un attaquant, il se poste aux côtés de son Roi :
« Voilà pourquoi je n'aime pas la chasse !
- Allons Merlin, ne soit pas rabat-joie ! Je trouve que l'on s'amuse foutrement bien !
- S'amuser ?! »
Le ton de Merlin est incrédule alors qu'il se baisse pour éviter un coup.
« Comment pouvez-vous vous amuser alors qu'ils essayent de nous tailler en pièce ?! »
Il se retourne alors pour fixer son ami et sent son estomac se tordre douloureusement. La suite se passe comme au ralenti dans son esprit. Il voit Arthur, aux prises avec un homme sale, trapu – la caricature du bandit de grand chemin – parant efficacement ses attaques. Mais il aperçoit surtout celui qui se dresse dans son dos, prêt à assener un coup fatal. Il sait qu'il n'a pas le temps de le prévenir, qu'il doit agir dans la seconde. Pourtant, le monde s'arrête un instant, comme pour lui laisser la possibilité de réaliser ce qu'il va se passer. Il ne peut pas utiliser la magie, pas sans compromettre son secret et celui d'Arthur. Le Roi n'a pas encore pu réformer les lois, les désaccords sont trop nombreux et trop anciens pour être oubliés aussi facilement. Et puis, la peur est trop présente, dans le cœur de son ami comme dans celui de son peuple. Merlin ne peut leur en vouloir. Pourtant, en voyant les yeux de Gwaine et de Lancelot s'écarquiller alors qu'il s'élance et bouscule le Roi pour le sauver, il ne peut s'empêcher de ressentir un pincement au cœur face à tout ce gâchis. Bien vite remplacé par une vague de chaleur.
« Je n'aurais voulu vivre aucune autre vie que celle-ci, à ses côtés… »
Puis la douleur explose dans son esprit. Il entend vaguement la voix d'Arthur qui l'appelle avant de sombrer dans le néant.
« Merlin ! »
Le Roi hurle le prénom de son serviteur, alors qu'il voit l'épée transpercer le corps frêle de l'homme. Il le regarde tomber lentement, comme dans un odieux cauchemar, de ceux qui vous réveille en sursaut, avec un goût amer dans la bouche. Un mouvement sur sa droite lui rappelle que le combat n'est pas fini et il se déchaine pour rejoindre au plus vite son ami. Lorsque tous les ennemis sont morts ou en fuite, il se tourne vers le sorcier, espérant le voir debout à pester contre son inconscience et à exprimer son dégoût de la chasse. Au lieu de quoi il voit son corps, immobile dans les bras de Gwaine. Il s'avance alors, dans un état second, refusant la réalité.
« C'est impossible, il ne peut pas… Il ne peut pas m'abandonner, pas lui… Merlin, je te l'interdis ! »
Se laissant tomber à genou devant les deux hommes, il lève un regard perdu sur son chevalier, vaguement conscient de la présence des autres autours d'eux pour les protéger et s'enquérir de la santé de Merlin.
« Son cœur bat encore, Sire. Il est en vie. »
La voix de Gwaine perce le brouillard de son désespoir, le laissant un instant de plus figé. Puis la réalité le prend à la gorge, faisant monter un sentiment d'urgence en lui. Il baisse le regard sur le visage pâle et les yeux clos de son ami et réagit enfin.
« Alors, dépêchons-nous. »
Il déchire un morceau de sa tunique qu'il noue, fortement serré, autour du ventre de l'homme.
« Lancelot, Elyan, partez devant prévenir Gaïus. Nous rentrons. »
Les deux chevaliers s'élancent sans attendre tandis qu'Arthur se relève, présentant son dos à Gwaine.
« Hissez Merlin sur mes épaules, je vais le porter. »
Le ton est sans appel et les hommes du Roi ne songent même pas à discuter. Perceval et Léon aident Gwaine à installer le sorcier sur le dos d'Arthur, alors que celui-ci attrape le jeune homme sous les genoux. Abandonnant les cadavres ainsi que leur butin de chasse, ils se remettent rapidement en route. Le retour au château se fait dans une atmosphère fébrile, tendue. Les chevaliers ne cessent de vérifier la respiration de Merlin et le chemin leur paraît atrocement long. Ils traversent la ville sans prêter attention aux habitants qui regardent, curieux, leur Roi porter son serviteur. Bien que leur relation amicale soit connue de tous, elle reste hors du commun pour la plupart des membres du peuple, nobles ou non.
Lorsqu'ils arrivent enfin chez le médecin, celui-ci a déjà préparé son matériel et les attend avec impatience, aux côtés des deux chevaliers. Arthur dépose doucement Merlin, avec leur aide, sur le lit du praticien qui s'active rapidement autours de son protégé. Arthur reste là, figé, scrutant chaque geste de Gaïus, chaque respiration de Merlin. Il sait que ses Chevaliers sont toujours là, car ils considèrent le jeune homme comme faisant parti à part entière de leur famille. Un frère cadet qu'ils ont été incapables de protéger. Le même sentiment d'amertume, d'impuissance, les saisit alors. Et tandis que le médecin s'occupe de nettoyer la plaie et de la recoudre au mieux, une seule pensée les accapare.
« Plus jamais. »
Après un temps qui leur semble interminable, le vieil homme se redresse, fatigué et les traits marqués. Il se tourne vers Arthur.
« J'ai nettoyé la plaie et j'ai pu la recoudre, Sire.
- Va-t-il guérir, Gaïus ? »
Le Roi ne reconnait pas sa voix tant elle est rendue rauque par l'inquiétude.
« Je l'ignore, Sire. Il a perdu énormément de sang et, bien que la blessure soit nette, j'ignore quels dégâts la lame a causé sur les viscères.
- On ne peut rien faire pour l'aider ?
- Hélas, non, c'est au-delà de mes connaissances. Il ne nous reste plus qu'à attendre. »
Un bruit violant, quelque part derrière lui, apprend à Arthur que l'un de ses Chevaliers a quitté la pièce précipitamment.
« Gwaine sans doute. »
Oh, comme il voudrait fuir lui aussi. Fuir cette horrible réalité où son serviteur – son Ami – est étendu sans bouger. Terriblement immobile. Fermant les yeux une seconde pour accuser le coup, il se reprend bien vite, conscient du poids du regard de Gaïus.
« Appelez-moi dès qu'il y a le moindre changement. »
Il entend à peine la réponse du médecin et sort rapidement. Sans se soucier de savoir si quelqu'un le suit, il se rend jusqu'à ses appartements dans un état second. Se laissant lourdement chuter dans son siège, il plonge son regard dans les flammes de sa cheminé. Il reste là, sans bouger, à penser à Merlin, à leur rencontre, aux débuts de leur relation plus que chaotique. Puis son évolution, au fil des mois passés ensemble. Les trop rares conseils du jeune homme, pourtant d'une grande sagesse. Tout ce qu'ils ont vécus l'un à côté de l'autre, se soutenant mutuellement. Jusqu'au jour de la Révélation. Ces quelques instants, terribles, où Arthur a douté de son Ami, de son dévouement pour lui. Puis le soulagement qu'il a vu dans ses yeux lorsqu'il l'a accepté après avoir pris connaissance de son secret. C'était d'ailleurs ici-même, avec un feu semblable à celui-ci. Cela lui semble tellement lointain.
Et il se rend compte que c'est tout. Il n'a rien demandé de plus, pas d'autres explications sur la magie et ce qu'elle représente pour Merlin. Pourquoi l'a-t-il apprise malgré l'interdiction de son Père ? Qui lui a enseigné ? Il ignore tout cela. Comment fonctionne-t-elle ? A-t-elle des lois, des interdits ? Il n'en a pas la moindre idée. Il sert le poing à en avoir les jointures blanches, se maudissant de sa bêtise. De sa peur de connaître tout cela et de se rendre compte que tout ce que lui a enseigné son Père était faux. Pourrait-il vivre avec cette idée ? Il l'ignore. Mais il sait qu'il doit comprendre le monde qui l'entoure pour mieux gouverner et cela passe par la connaissance de la magie. De son Ami le plus proche aussi. Il n'a que trop tardé.
La semaine qui suit est la pire de la vie d'Arthur depuis que son Père est mort. Merlin n'est toujours pas réveillé et l'espoir diminue un peu plus chaque jour. Gaïus se sent impuissant, Gwaine voudrait tuer tous les bandits du pays, les autres Chevaliers paraissent ébranlés, Guinevere retient ses larmes à chaque fois que le nom de leur ami est prononcé devant elle… Et lui ? Il a l'impression d'être perdu dans une forêt de plus en plus sombre, de plus en plus triste et froide. Comme si son monde de tournait plus tout à fait rond. Il lui manque quelque chose, quelqu'un !
Et finalement, après sept jours de torture, il se lance. Il se dirige vers les appartements de Gaïus, frappe et pousse lentement la porte lorsque la permission lui est donnée. Son regard tombe immédiatement sur le visage de son Ami. Il s'approche lentement.
« Comment va-t-il Gaïus ?
- Aucune amélioration, Sire. »
La voix du médecin est tellement faible qu'Arthur se surprend à espérer avoir mal compris. Mais il sait que ce n'est pas le cas. Il prend délicatement la main de Merlin en s'asseyant sur un banc à ses côtés. Il reste ainsi un long moment avant que sa propre voix, rendue rauque par l'émotion et l'inquiétude, ne s'élève dans le silence étouffant de la pièce.
« Je sais, Gaïus. Il m'a tout avoué il y a quelques temps. »
Le médecin lève les yeux sur le Roi, ne sachant trop quoi penser de cet aveu soudain. Arthur semblant attendre une réponse, il finit par prendre la parole à son tour.
« Il me l'a dit dès qu'il est rentré, le jour-même. »
Le plus jeune lève enfin le regard sur Gaïus, surpris.
« Pourquoi n'avoir rien dit ?
- J'attendais que vous soyez prêt à en parler. Je suppose que cela n'a pas dû être simple de l'accepter.
- Etonnement, beaucoup plus simple que je n'aurais pu l'imaginer. Sans doute parce qu'il s'agit de Merlin. »
Gaïus sourit, ne pouvant s'empêcher d'être fier de son fils adoptif. Fier de tout ce qu'il a accompli depuis qu'il est arrivé à Camelot. En posant les yeux sur le sorcier, il sent la tristesse venir lui serrer la gorge à nouveau. Perdu dans ses pensées, il est surpris lorsqu'Arthur prend à nouveau la parole.
« Alors vous devez savoir ce que je suis venu vous demander. »
Le vieil homme observe ce Roi prêt à renier les lois de son Père pour sauver un serviteur. Il voit leurs mains soudées, l'air déterminé d'Arthur.
« Et que me ferez-vous si j'accède à votre demande ? »
Le ton du médecin est si ferme que le Roi reste un instant figé, déstabilisé.
« Absolument rien, bien sûr ! A part pour vous honorer de l'avoir sauvé !
- Comme votre Père a honoré les sorciers après qu'ils aient accédé à sa requête ? »
Gaïus sait qu'il est injuste et qu'il joue un jeu dangereux, mais il veut être sûr. Sûr que Merlin est en sécurité. Le visage du monarque se ferme, représentation vivante de la plus pure des colères.
« Je ne suis pas comme mon Père, je ne compte pas récompenser la fidélité par la trahison. Et je souhaite changer ce royaume, pour Merlin et tous ceux comme lui. Bien que je ne sache pas comment faire pour l'instant. »
Le vieil homme ferme les yeux un instant, pour savourer ses paroles qu'il a tellement attendu. Il finit par sourire, légèrement, comme pour se faire pardonner ses paroles si dures.
« Je l'espérais, Sire, mais comprenez que je devais être sûr, pour lui.
- Vous souhaitez le protéger, tout comme moi. Je le conçois très bien. »
Le médecin lui sert tendrement l'épaule, unique geste familier qu'il se permettra jamais avec le souverain.
« Et pour ma requête ? »
Gaïus soupire, le poids du monde semblant soudain peser sur ses épaules.
« J'essaie chaque jour, Majesté, mais il ne se passe rien. Je continuerais jusqu'à ce que je sois sûr qu'il n'y a plus rien à faire. »
Arthur paraît soudain beaucoup plus jeune, accablé comme le jeune garçon qu'il n'a jamais eu le droit d'être. Il ne relève même pas le fait que le père adoptif de Merlin vient de lui avouer pratiquer lui aussi la magie. Sa voix se fait suppliante lorsqu'il reprend.
« Vous êtes sûr ? N'y a-t-il rien que l'on puisse faire ?
- J'ai fait tout ce que je pouvais, Sire. »
Arthur a désormais l'impression de tomber dans un puis sans fond. Sa dernière chance de revoir son Ami a nouveau plein de vie vient de partir en fumée. Les larmes perlent aux coins de ses yeux alors qu'il mesure tout ce qu'il est en train de perdre. Il ne peut pas l'accepter ! C'est injuste ! Pas au moment où il allait enfin connaître la vérité. Cela ne devait pas se passer ainsi !
« Il y a peut-être une chose que je n'ai pas essayé, bien que je ne pense pas être celui qu'il faut pour l'accomplir. »
La voix du vieil homme le tire soudain de sa torpeur. Et l'espoir revient, mordant.
« Laquelle ? Dites-moi !
- Kilgharrah. »
Arthur reste un instant surpris, avant de froncer les sourcils.
« Le dragon ?
- Oui, Sire.
- Mais je croyais que seul Merlin pouvait entrer en contact avec lui.
- C'est le cas Majesté. Cependant… »
Voyant Gaïus hésiter, le jeune homme le relance, impatient d'avoir une nouvelle idée pour sauver son Ami.
« Dites-moi, Gaïus. Sans crainte de représailles.
- Merlin vous a-t-il expliqué pourquoi il est resté à Camelot malgré les lois contre la magie ?
- Il m'a tout raconté.
- Alors vous connaissez le destin qui le lie à vous. Et Kilgharrah est celui qui l'a annoncé à Merlin. Il fait parti de ceux qui souhaitent le plus le voir s'accomplir.
- Où voulez-vous en venir, Gaïus ?
- Je me demande s'il n'accepterait pas de répondre à Votre appel. »
Le silence revient, plus oppressant. Arthur sent la peur lui serrer la gorge. Peur pour Merlin, peur du dragon, peur pour son royaume… Peur pour leur vie à tous. Il se souvient comme si c'était hier des ravages causés par le grand dragon, des hurlements d'agonie de son peuple, de la chaleur des flammes sur son armure. Un frisson remonte le long de sa colonne alors que l'idée se fraye un chemin dans son esprit. Il rabaisse les yeux sur le sorcier, serrant un peu plus sa main qu'il n'a jamais lâché. Un murmure lui échappe.
« Et il le sauvera ?
- Je l'ignore, Sire. Mais c'est une possibilité. »
A ces mots, Arthur sait qu'il a déjà pris sa décision. En fait, il l'a prise au moment où l'espoir est à nouveau entré dans son cœur. Sa voix redevient ferme, maintenant qu'il sait ce qu'il doit faire. Il n'hésitera plus.
« Comment dois-je faire pour le trouver ?
- Il y a un lieu, au cœur de la forêt, qui abrite une grande source de magie. Il s'agit du lac d'Avalon. Vous devez conduire Merlin là-bas et essayer d'appeler le dragon. Étant une créature de l'Ancien Culte, il est lié à ce lieu, tout comme Merlin. Du moins, je le pense.
- Très bien, alors préparez-le pour le voyage. Nous partons à l'aube.
- Bien, Sire. »
Arthur se lève, un air déterminé sur le visage. Il pose une main légère sur le front de son Ami, avant de se détourner pour sortir.
« Oh ! Et, Gaïus ? Pas un mot de tout ceci. A personne. »
Sa voix est plus dure qu'il ne l'aurait voulu mais Gaïus hoche la tête sans rien ajouter de plus.
Cette nuit-là est la plus longue de la vie d'Arthur. Il est obligé de mentir à ses Chevaliers, désirant accomplir cela seul, ne voulant pas trahir le secret de Merlin et ignorant ce qu'il va trouver là-bas. Surtout que les chances de succès sont tellement minces… Le Roi prépare ensuite les chevaux ainsi que les provisions pour le voyage, songeant avec un pincement de cœur que c'est normalement à Merlin de faire tout cela. Il tente ensuite de s'occuper comme il le peut, attendant l'aube avec une impatience croissante. Lorsqu'il estime qu'il est plus que temps de partir, il se dirige d'un pas ferme jusqu'aux appartements du médecin et entre après avoir frappé un coup sec. Gaïus lui tourne le dos, finissant de boucler le sac de Merlin. Il le salue simplement avant d'énumérer ses recommandations.
« Voici son sac avec des affaires de rechange. Évitez tous mouvements brusques tant qu'il est avec vous, pas trop de secousses non plus. Et donnez-lui bien à boire, régulièrement, tenez-le bien au chaud, surtout la nuit. Et…
- Je sais, Gaïus. »
La voix du Roi est douce, touché par l'amour du vieil homme pour son fils adoptif.
« Je prendrais grand soin de lui.
- Merci, votre Majesté. Et s'il ne devait pas se réveiller, ramenez-le à sa mère. C'est ce qu'il aurait voulu.
- Je songeais à la même chose. Puis-je l'emmener ?
- Oui, j'ai déjà fait mes adieux. »
Arthur essaye de ne pas tenir compte du pessimisme de Gaïus, étant incapable d'imaginer son monde sans Merlin. Il jette son sac sur son dos avant de prendre délicatement le jeune homme dans ses bras. Puis il se dirige rapidement vers les écuries, évitant les gardes et les Chevaliers dont il connait les patrouilles par cœur. Il dépose son serviteur sur la selle de son cheval pour fixer son sac sur l'autre animal avant de se hisser derrière lui, l'entourant de ses bras afin de le maintenant contre lui. Et il se met enfin en route, avec les premiers rayons de soleil tombant sur Camelot.
Le trajet parait durer une éternité à Arthur. Il prend garde à protéger Merlin du moindre choc, de la fraîcheur de la nuit… Le voyage est monotone, sans les bavardages de son Ami, leurs chamailleries ou leurs discutions enflammées. Même si le Roi est conscient de l'importance de ces précautions, il ne peut s'empêcher de se sentir de plus en plus irrité par tout cela. Il souhaiterait tellement arriver au lac et enfin, enfin, pouvoir retrouver Merlin. Et le silence devient oppressant, n'ayant rien d'autre à faire que de penser au jeune homme, à leur amitié, à la Magie, à son royaume… Lorsqu'enfin le lac d'Avalon apparaît devant eux, Arthur est toujours aussi perdu quant à leur avenir.
« Merlin doit d'abord revenir parmi nous. Avec moi. »
Le jeune homme pose pied à terre au bord du lac, avant d'attraper son Ami pour l'allonger sur l'herbe. Il décharge ensuite les chevaux, avant de les attacher à un arbre et d'installer leur camp. Après s'être assuré que Merlin ne risque rien, il va se planter face au lac, les poings sur les hanches. Un long soupir lui échappe.
« Et maintenant ? Que suis-je censé faire ? »
Gaïus ne sachant pas exactement comment il devait s'y prendre, le Roi allait devoir improviser.
« Merlin en premier. »
Attrapant une gamelle dans son sac, il retourne près du lac et se baisse afin de prendre de l'eau. Le phénomène qui suit reste un des plus étrange qu'il ait vu. Une brise légère se lève, faisant onduler la surface de l'eau. Sans savoir pourquoi, Arthur sent un frisson lui remonter le long du dos. Il se retourne immédiatement pour s'assurer que Merlin est en sécurité. Mais le jeune homme n'a pas bougé, toujours plongé dans le coma, et il ne voit rien ni personne le menacer. Pourtant, la sensation est toujours là, lui faisant poser la main sur la garde de son épée. Il se redresse lentement, à nouveau tourné vers le lac. Plus rien ne bouge, comme si le temps avait suspendu sa course. Et soudain, il l'entend. Une voix aussi légère que la brise qui l'a enveloppé juste avant. Elle murmure un mot, avec tellement d'amour qu'Arthur sent son cœur se serrer. Il met encore un moment avant de comprendre ce qui est dit.
« Emrys… Emrys… Emrys… »
Emrys. Le nom druidique de Merlin. Le Roi ignore qui sait cela, ami ou ennemis.
« Encore une chose que j'ignore sur lui. Merlin, reviens… »
Et finalement, il La voie. Une magnifique jeune femme, aussi brune que son Ami, sortant du fond de l'eau. Ses habits paraissent secs, ce qui est impossible.
« C'est une sorcière ! »
La jeune femme s'avance lentement, semblant marcher sur l'eau. Elle se dirige vers Merlin. Comme vingt ans d'endoctrinement sur les effets néfastes de la Magie ne sont pas facilement oubliables, Arthur tire son épée et s'interpose entre son serviteur et elle.
« Qui êtes-vous ? »
Le ton est dur, menaçant et les sourcils sont froncés. Pourtant, la femme sourit, comme si elle venait d'apprendre une grande nouvelle.
« Je suis la Dame du Lac. Ainsi, Merlin s'est dévoilé à vous. »
Ce n'était pas une question mais un simple constat. Rien que sa présence en ces lieux chargés de Magie, tellement puissante qu'elle touche tous les êtres vivants, le prouve. Et puis, pourquoi aurait-il amené son serviteur ici, si ce n'était pas pour demander de l'aide afin de le sauver ? De l'aide à cette part du jeune homme que le Roi a pleinement accepté, si ce n'est comprise. Elle pouvait le sentir dans la façon de se tenir d'Arthur, tellement protecteur envers l'homme allongé derrière lui. Ne voulant pas en dire plus que nécessaire, celui-ci l'interroge à nouveau.
« Comment connaissez-vous Merlin ? Vous n'êtes pas de Camelot.
- En effet. Pourtant, j'y ai fait un passage très remarqué. »
L'incompréhension d'Arthur est parfaitement visible sur son visage. Si ce que cette femme dit est vrai, il devrait se souvenir d'elle. Il se remémore chaque attaque magique que le royaume a essuyé ces dernières années, sans la quitter des yeux. Et soudain, tout lui revient. Avec en plus la voix de Merlin qui lui raconte leur vie sous un nouveau jour.
« La druidesse ! Fleya !
- Enchantée, Sire.
- Mais vous devriez être morte ! Je vous ai tué…
- Merlin m'a fait le plus beau cadeau qui soit. Je ne pouvais pas le laisser seul en ce monde. Pas avec toutes les épreuves qu'il a à endurer.
- Quel cadeau ?
- Son amour. »
Arthur reste tellement abasourdi par le pic de douleur qui le traverse de part en part à l'entente de cette réponse qu'il ne réagit pas immédiatement lorsqu'elle s'approche de Merlin. Pas plus qu'à ce qu'implique cette réaction, ni cette phrase.
« Stop ! »
Il s'élance vers elle et l'empêche de poser sa main sur le jeune homme en posant sa lame sur son cou. Il est à nouveau menaçant.
« Qu'est-ce qui me prouve que vous dites vrai ? »
Fleya lève les yeux sur lui, une étincelle de supplication dans le regard.
« Sire, il est très mal. J'ai des pouvoirs de guérison, alors je vous en prie, laissez-moi essayer de le sauver.
Arthur ne bouge pas, indécis. La voix de son Père est encore forte dans son esprit.
« La Magie est maléfique. »
Elle lui a pris tellement de personnes qu'il chérissait. Il ne veut pas perdre Merlin. Sa main se resserre sur le pommeau de son épée. Il ne sait quoi décider.
« Que dirait Merlin ? »
Arthur le sait parfaitement, il pourrait même l'entendre comme s'il était réveillé. Les druides ne sont pas tous maléfiques. Le jeune homme se rappelle les paroles de son ami lorsqu'il lui a révélé son secret. Il sait que Fleya n'a jamais voulu faire de mal à qui que ce soit et qu'elle a été maudite. Mais peut-il lui faire confiance pour autant ? Arthur baisse les yeux sur Merlin. Il est si pâle…
« Il lui aurait offert son amour… »
Et alors qu'il baisse finalement son épée, il la met en garde.
« Si vous lui faites le moindre mal, je vous tranche la gorge sur le champ. »
Fleya incline la tête avant de se pencher sur Merlin, posant une main sur sa poitrine. Arthur la regarde fermer les yeux et murmurer une suite de mots inconnus du Roi.
« Sans doute l'Ancien Langage. Merlin le connait-il ? »
Encore des questions… Cela ne cessera-t-il donc jamais ? Pendant que le Roi continue de s'interroger sur son ami, Fleya tente de soigner ce dernier. Ses sourcils sont froncés, sa mine est concentrée, elle est toute entière tournée à essayer de sauver le jeune homme. Après de longues minutes d'un silence angoissant pour Arthur, elle se redresse et s'assoie sur ses talons. Prenant la main du sorcier entre les siennes, elle laisse échapper un soupir de détresse.
« Je n'y arrive pas. Quelque chose bloque mes pouvoirs.
- Que voulez-vous dire ? Ne pouvez-vous pas le soigner ? N'êtes-vous pas une druidesse ? »
La voix d'Arthur est de plus en plus forte à mesure que la détresse lui serre le cœur.
« Cela ne peut se finir ainsi. Je refuse ! »
« Malheureusement, la Magie ne peut pas tout, Sire. Merlin a été grièvement blessé, il a perdu trop de sang… Parfois, la mort est plus forte que tout ce qu'il y a sur cette terre. »
La jeune femme semble résignée et cela, plus que tout le reste, met le Roi en fureur. Jamais il n'acceptera de laisser partir son Ami – Amo… Comment ferait-il sans lui ? Comment pourrait-il continuer de porter le fardeau de ses responsabilités sans lui ? Sans ses plaisanteries pour lui rappeler qu'il est aussi un homme comme les autres ? Sans sa présence pour alléger les moments difficiles ? Sans ses conseils lorsqu'il est perdu ? Jamais il n'acceptera !
« Non ! Je refuse ! Il ne peut pas mourir ! Il ne peut pas ! Je refuse ! »
Arthur répète encore et encore cette phrase, comme un enchantement, une formule contre le désespoir qui menace de l'engloutir. Il ne peut pas abandonner !
« Pas lui, pas Merlin ! Pas mon Coe… »
« Il a bien réussi à me sauver de la mort ! Contre… Contre cette créature dont j'ai oublié le nom. Il a réussi alors que c'était impossible !
- Vous parlez de la bête glatissante, Sire ?
- Oui ! Oui, c'est cela ! N'est-il pas impossible de guérir de sa morsure ? Mais Merlin l'a fait. Il m'a sauvé !
- Merlin est différent, Sire, c'est pour cela qu'il a réalisé ce prodige.
- En quoi est-il différent ? Et pourquoi cela devrait-il empêcher de le soigner ?
- Parce qu'il est le fils de la Magie, le dernier de ces représentants, né avec ses pouvoirs. Il vit avec depuis sa première respiration en ce monde. Voilà pourquoi il a pu s'affranchir des limites de la Mort elle-même pour vous sauver.
- Mais pourquoi ne fait-il pas la même chose pour lui-même ? Pourquoi ne se soigne-t-il pas ? »
Le Roi ne parvient pas à comprendre cela. Ou peut-être qu'il ne peut pas. Il observe le visage si pâle de son ami et finit par tomber à genoux à ses côtés, à bout de force. Son épée glisse de sa main mais il n'en a cure. La seule chose qu'il voit, c'est la respiration laborieuse de Merlin. La fraicheur de sa main lorsqu'il la prend dans la sienne, lui qui a toujours donné de la chaleur à son entourage. Arthur reprend dans un murmure désespéré.
« Cela ne peut pas se finir ainsi. J'ai encore tant de choses à lui dire, tant de choses à lui demander et à apprendre… Je ne veux pas qu'il parte ainsi. Simplement parce que je n'ai pas su le protéger ! »
Il relève des yeux noyés de chagrin sur Fleya qui le contemple, un air affligé sur le visage.
« Je suis désolée, Sire, je sais que vous avez fait un long voyage pour venir me trouver.
- Vous… Non ! Non, ce n'est pas vous que je suis venu chercher ! »
Une lueur d'espoir terrible se rallume dans le regard de l'homme, comme une respiration profonde.
« Qui alors ?
- Kilgharrah ! Le dragon ! Gaïus dit qu'il y a peut-être une chance qu'il puisse le guérir. Mais… »
Et l'espoir retombe, comme un souffle trop vite passé.
« Sire ? »
Fleya fronce à son tour les sourcils, ne comprenant pas le Roi. Elle attend sa réponse, le cœur fébrile. Puis un murmure s'élève à nouveau.
« J'ignore comment faire. Gaïus l'ignorait aussi. Mais j'avais espéré qu'une fois arrivé ici, je trouverais une solution. Sans doute ais-je trop voulu croire en la Magie. »
En observant Arthur se dévoiler ainsi, la druidesse ressent tout l'amour que celui-ci porte à son ami. Elle peut voir la pureté du lien qui les unit, « les deux faces d'une même pièce ». Et elle comprend pourquoi Merlin n'aurait jamais pu abandonner Camelot et son prince, même pour une vie avec elle. La jeune femme sourit tendrement face à ce Roi capable de changer le monde mais qui tremble à l'idée de perdre son serviteur.
« Appelez-le, Sire. Appelez Kilgharrah de tout votre cœur, de toute votre âme, sans lâcher Merlin. Je suis certaine qu'il vous entendra. »
Arthur lève sur elle un regard indécis, ne sachant s'il devait la croire ou non. Il a tellement peur ! Il se sent oppressé, incapable de réfléchir de façon cohérente. Comme il voudrait que ce soit si simple !
« Pourquoi ? Je n'ai pas de Magie en moi et je suis certain qu'il en faut pour l'appeler.
- Mais Merlin est magique.
- Je ne comprends pas, Fleya…
- Vous êtes lié à lui, Sire, tout autant qu'il est lié à vous. « Les deux faces d'une même pièce », c'est ainsi que les légendes et les prophéties parlent de vous. Si vous vous concentrez sur votre but, je pense que la Magie de Merlin réagira à votre appel. Et qu'elle fera tout pour vous aider. »
Ces paroles laissent le jeune homme dubitatif. Il voudrait tellement y croire ! Mais peut-être est-ce justement là que se trouve la solution. Dans la croyance qu'il place en son ami, en ses pouvoirs, sa loyauté… Et en son amour pour lui.
« Que suis-je pour toi Merlin ? Ton Roi ? Ton ami ? Ton compa… Je veux que tu me répondes ! Réveille-toi ! »
A nouveau, la voix d'Arthur s'élève, plus douce qu'à l'accoutumée. Sans doute car il sait, désormais, ce que Merlin représente pour lui. Il essayera tout ce qu'il pourra pour le sauver.
« Les deux faces d'une même pièce ? Voilà qui explique bien des choses. Tu es donc la bravoure rattachée à mon courage. La sagesse qui complète mon savoir. Et tu es tout l'amour que je ne peux montrer à tous, de peur de paraître faible face à mon peuple. Tu m'as permis de devenir celui que je suis, un peu moins « crétin royal » peut-être… »
Le Roi ne peut s'empêcher de sourire à cette évocation de leurs premières rencontres. Comme cela lui paraît loin ! Il sert un peu plus fort les doigts de son ami – Amou – entre les siens et se rapproche de lui jusqu'à poser son front sur le sien. Il a complétement oublié Fleya, qui se contente de les observer, touchée par la vision qui s'offre à elle.
« Alors, reviens Merlin. Je ne veux pas que cela se termine ainsi. J'ai encore tellement de choses à apprendre, sur la Magie, sur toi… Sur moi aussi, sans doute. Tellement de choses à comprendre… A te dire aussi. Ce ne sera pas aisé mais je vais essayer, je vais essayer de toutes mes forces. Je t'en prie, laisse-moi une chance de faire tout cela et soigne-toi. Appelle Kilgharrah, appelle qui tu veux, je m'en moque. Juste… Reviens mon Amour. »
Arthur ayant fermé les yeux durant son discours, c'est la jeune femme qui assiste à la réponse de la Magie. Ou plutôt, à la réponse d'un homme touché par la détresse de son ami – Amour – et qui ne peut rester sans réaction face à cela. Une douce aura dorée les entours alors, faisant vibrer l'air autours d'eux, une agréable chaleur l'accompagnant. Le vent se lève, agitant les cimes des arbres et ondulant l'eau du lac. Un murmure, chargé d'urgence, qui cherche leur salut à tous. Une vague d'amour pur, de compassion profonde et d'absolue confiance entre deux hommes pourtant si différents.
Et le monde, tout comme la Magie, ne peut ignorer cet appel. Après un temps semblant infini à Fleya, elle entend enfin la réponse tant attendue. Un rugissement incroyable retenti de l'autre côté du lac, porteur de tant de promesses. La jeune femme voit l'immense dragon filer au-dessus de l'eau, battant de ses larges ailes à toute allure, avant de finalement se poser juste à côté de Merlin et du Roi. Celui-ci, qui n'a plus bougé depuis son aveu, relève lentement la tête sans lâcher l'homme contre lui. Il pose alors son regard empli de peine et de peur à l'idée de perdre son amour sur Kilgharrah, et murmure dans un souffle tremblant :
« Je vous en prie, sauvez-le. »
Kilgharrah, plongeant dans les yeux bleus d'Arthur, découvrant toute la profondeur des sentiments que cet homme éprouve, incline doucement la tête. Libérant son souffle, qui vient s'enrouler autour du magicien comme de nombreuses fois auparavant, le grand dragon songe que le monde est sur le point de changer. Un frisson de fébrilité remonte le long de son large dos. Cette scène, ce qu'ils sont en train de vivre, est porteuse de tant d'espoir, de tant de promesses de bonheur. Un autre miracle au compte de son protégé.
Lorsque finalement la Magie libère Merlin, le Roi est si tendu qu'il en oublie de respirer. Il scrute le visage de son ami – Amour – priant pour la réussite du dragon. Et si le jeune homme ne se réveille pas, il est indéniable que son visage a repris des couleurs et que son souffle est plus régulier, apaisé. Se souvenant enfin que lui aussi a besoin de respirer, c'est en prenant une grande goulée d'air qu'Arthur relève à nouveau les yeux sur le grand dragon. Alors que le soulagement envahi son corps, le Roi prend conscience de tout ce qu'implique ses actions. En un instant, son monde vient d'être entièrement chamboulé. Comment pourrait-il laisser les sorciers être traqués et tués sans raison alors que lui-même vient d'user de Magie pour sauver Merlin ? Arthur sait qu'il ne peut plus faire marche arrière, et surtout, il ne le souhaite pour rien au monde. Mais il ne peut réprimer un frisson d'angoisse lorsqu'il songe à l'avenir. Sera-t-il assez fort pour faire accepter la Magie et protéger son peuple ? Tout son peuple, y compris les sorciers et les magiciens. Il entend à nouveau la voix de son Père dans son esprit, lui répétant que la Magie est mauvaise et qu'il faut éradiquer ceux qui la pratiquent. Machinalement, il baisse les yeux sur ses mains qui tiennent toujours étroitement serrées celles de Merlin. Son regard remonte alors sur le visage paisible de celui-ci et il sait que tout ira bien. Car ils seront deux pour affronter cela, comme toujours depuis que le jeune homme est entré dans sa vie. Un sourire vient fleurir sur ses lèvres à cette pensée et il retrouve espoir. A nouveau, il ose lever les yeux sur Kilgharrah qui le regarde tranquillement, attendant qu'il prenne la parole. Ce qu'il fait tout en inclinant la tête en signe de respect.
« Merci de l'avoir sauvé, Grand Dragon. Je sais que mon peuple, et moi le premier, vous a fait énormément de tort. Mais j'espère de tout cœur que nous allons enfin pouvoir vivre en paix. Pour Merlin. » ajoute-t-il après une seconde d'hésitation.
Kilgharrah sent son cœur se gonfler de fierté pour le jeune sorcier allongé devant lui, qui a su montrer le bon côté de la Magie. Mais aussi pour ce jeune Roi qui a osé aller contre les préceptes inculqués par son Père pour sauver son Cœur.
FIN
Oui, alors je sais, la fin est toujours un peu abrupte, mais je ne sais jamais quand arrêter mes histoires. Et finalement, cela me plaît assez comme ça. =) Comme vous avez pû le constater, la relation entre nos 2 amis évolue doucement. J'ignore encore si je vais réussir à écrire ce que j'imagine être la suite, ni le temps qu'il me faudra si c'est le cas, mais je pense que ça peut aussi être une bonne conclusion. Quand à l'aspect guerrier ou encore médical, je n'en ai que de vagues connaissance, j'ignore si cela est crédible ou non, mais ce n'est qu'une excuse pour le reste ! Merci de votre indulgence. =)
En espérant que ça vous ait plu, peut-être à bientôt.
Maïawela.
