Petite histoire sur la série divergente, arrangée à ma sauce. Dans cette histoire, Tris est née chez les érudits, a grandi là-bas, et a gravi tous les échelons pour finir dans la garde rapprochée de Jeanine. Tris a toujours été fascinée par Jeanine, et vous verrez que le leader érudit a su en profiter de façon un peu malsaine. Mais que va t'il se passer quand Évelyne leader des sans factions se fait arrêter ? et que c'est Tris qui doit se charger de l'interroger ? Jeanine occupée à d'autres choses, ne va pas voir venir le retournement de Tris ? Que va t'il se passer quand Jeanine va réaliser un peu tard que Tris est partie ?

Au fil des années, les érudits ont perfectionné la chasses aux divergents, les traquant partout, et usant de toute leur technologie et de la force pour les retrouver. Les nombreuses interventions de Jeanine dans les médias, et la propagande sur leur supposée dangerosité ont eu raison des dernières craintes dans les cinq factions. Peu d'habitants osent encore les cacher, de peur des représailles. Cette chasse a poussé les divergents à se grouper, et à se réfugier chez les sans factions.

Tris est chargée de cette traque, elle a été éduquée dans ce sens. C'est déjà assez jeune que Jeanine l'avait remarquée et voulu l'intégrer dans ses rangs. Elle avait des résultats et des aptitudes très prometteurs pour son âge, et son dévouement à la faction Érudit lui a valu les honneurs à de nombreuses reprises. C'est assez naturellement qu'elle a ,au fil des années, gravi les échelons jusqu'à devenir responsable de la sécurité de Jeanine et de la faction érudit. Très loin de la considérer comme son égal, Jeanine voyait en Tris la parfaite érudit dévouée à sa cause, le parfait petit soldat pour mener sa guerre.

Chaque semaine, un conseil composé des dirigeants des factions se regroupait pour évaluer l'avancement de leurs objectifs.

- Mme Matthews ? Se risqua doucement Andy, le secrétaire de Jeanine. Il avait appris avec le temps à ne pas la déranger inutilement.

Jeanine occupée devant une pile de document, ne prit pas la peine de lever un regard vers Andy, mais leva un sourcil d'agacement.

- Mmmh ?

- euh, je suis désolé de vous importuner mais le conseil attend déjà depuis 50 minutes, et la réunion ne peut pas commencer sans vous.

Bien sûr que ça ne pouvait pas commencer sans elle, mais cela l'importait peu. Chaque semaine, on lui demandait de rendre des comptes sur l'avancement des recherches et le bien-fondé de l'argent colossal utilisé à cet effet. Personne n'osait remettre en cause ses actions et ses choix, mais ces réunions donnaient au moins l'illusion aux autres factions que leur avis comptait.

- repoussez la réunion à demain 15H. Où est l'équipe de Tris ?

Andy prit note, et sorti une tablette numérique pour chercher où était engagé l'équipe de Tris.

- Parti en extérieur sur le secteur NORTHEM en recherche de trois sans factions qui auraient un haut taux de divergence.

- le retour est prévu quand ?

- normalement ce soir.

- ok parfait. Prévoyez un débriefing dès leur retour.

Andy acquiesça et sortit rapidement de la pièce. Jeanine se recula sur son siège et étira son cou après des heures assises devant ses documents. Chaque grand leader érudit avait eu à gérer la crise de leur vie; l'épidémie de Variole en 1954, la perte des récoltes dans les années 60, la tentative de révolte des sans factions qui avait été écrasée par son prédécesseur. C'est la découverte des divergents qui sera la crise de Jeanine. Elle aura dès la découverte de cette anomalie, engagée toute son énergie à éradiquer ces personnes qui remettent en cause le système, elle y dévoua et y dévoue encore sa vie. La recherche d'Evelyne, était aussi un point important dans sa lutte, mais la tâche était compliquée. Personne ne l'avait jamais vu, et elle doutait même que ce soit réellement une femme.. peut être juste une allégorie populaire, une image.. mais en tout cas le leader qui regroupe les divergents devait être démasqué.

Elle se leva de son siège et s'approcha de la grande vitre qui donnait une vue incroyable sur les cinq factions. Elle devait protéger tout ça, protéger ce petit monde qui l'avait élu comme leader. C'est peut être cette pression qui l'avait rendu si froide, si distante et si autoritaire avec les autres, ou est ce peut être parce qu'elle était comme ça qu'elle est devenue leader, ce n'est plus vraiment important maintenant.

Elle ravala ses pensées et sortit de son bureau pour aller faire un tour dans les Labos, et voir un peu l'avancement des expériences menées sur les divergents. Les érudits sont de très bons scientifiques avec beaucoup de moyens. Rien qu'en quelques mois ils ont réussi à développer un outil permettant de définir le taux de divergence d'un individu. C'est sur les plus divergents que Jeanine concentra son intérêt; pour l'instant elle faisait des expériences sur des individus avec au moins 40% de divergence, mais aucun ne dépassant les 80% pour l'instant. Ce qui la frustra de jour en jour et relança avidement sa recherche de divergents.

À une dizaine de kilomètres de là, Tris avec une quinzaine de soldats progressaient dans les ruelles des sans factions. Un endroit froid, pauvre, misérable, et pourtant des milliers de personnes vivaient dans ses lieux. Comme une fourmilière de miséreux, des jeunes enfants jouaient dans les décombres d'une ville jadis prospère. La présence des soldats ne gênait pas vraiment les sans factions, surtout que souvent ceux-ci apportaient des vivres et une aide médicale. C'est surtout les divergents et les complices de ceux-ci que l'armée cherchait, mais la population se faisait discrète à ce sujet.

Tris avait appris à discuter et échanger avec cette population. Sans utiliser la force, et avec diplomatie, elle avait réussi à trouver quelques têtes importantes de l'alliance sans faction/ divergent, et à les rapporter à Jeanine. Elle ne savait pas vraiment ce que Jeanine en faisait, mais elle avait appris à ne pas poser de questions.

Aujourd'hui elle était à la recherche de trois divergents potentiellement supérieurs à 50%, quelques informateurs avaient dit qu'ils seraient là pour une transaction importante. Ça arrivait souvent que leurs recherches ne donnent rien, mais ils devaient suivre chaque piste tout de même. Tris allait rarement en intervention avec ses coéquipiers, puisqu'elle dirigeait une trentaine d'équipes, mais quand l'intervention était importante sa présence était toujours requise.

Son équipe se déployait dans le quartier, arme à la main, et se plaça à des endroits stratégiques pour quadriller une éventuelle fuite des recherchés. Comme prévu, ils étaient là, et sont rentrés dans le commerce surveillé. Tris avait prévu l'intervention avec son équipe et il ne restait qu'à attendre son feu vert; la difficulté était de ne pas blesser les divergents, il les fallait vivant.

Plusieurs dizaines de minutes plus tard, Tris lança l'assaut. L'intervention ne fut pas aussi calme que prévue, on lui avait dit que les divergents ne seraient pas armés et ce fut une lourde erreur de le croire. Tris entra en première dans le bâtiment, toujours à guider ses hommes. Un fumigène a été lancé dans le couloir afin de bloquer temporairement la vue à ses ennemis. D'un geste rapide, elle ordonna à deux de ses hommes d'avancer dans une première pièce. Deux personnes étaient allongées au sol, les bras tendus, terrifiées et pleurant, de peur d'être tuées. Elles ont été vite menottées et emmenées hors du bâtiment. Les pièces ont été vidées une à une, tombant parfois sur des sans factions non armés et parfois devant user de la force avec des personnes hostiles. Dans la dernière pièce, un des coéquipiers de Tris entra un peu rapidement sans son accord, et prit une balle dans l' épaule. Tris lui cria de se mettre à l'abri, et il rampa se cacher derrière un meuble. Elle vit deux hommes se lever et se déplacer vers l'homme blessé. C'était deux des trois hommes recherchés. Elle hésita un bref instant et tira sur les hommes avant que ceux-ci n'achèvent le soldat blessé.

Pas eu le temps de voir l'état des hommes que dans l'oreillette elle fut prévenue par un sniper positionné sur le toit, qu'une personne essayait de fuir par l'arrière dans les sous-sols.

Tris sortit rapidement et fit le tour par la porte du sous-sol, arme à la main; elle avançait prudemment seule dans un couloir sombre. Elle entendait les lointains coups de feu qui s'échangeaient au niveau du dessus, et profita de ce vacarme pour avancer dans cette pénombre. C'est un léger bruissement qui lui a fait réaliser qu'elle n'était pas seule. En quelques secondes à peine, elle sentit une personne se jeter sur elle, et fit tomber son arme. L'assaillant se plaça sur elle, et lui asséna de nombreux coups. Manifestement cette personne savait se battre, et Tris se débattait comme elle pouvait. Un coup de poing de Tris dans le foie fit perdre l'équilibre à son adversaire et lui permit de reprendre le dessus. Il ne lui fallut pas longtemps pour neutraliser le sans faction et lui glisser les menottes. L'équipe de Tris ne tarda pas à la rejoindre maintenant que tout était sous contrôle. Il remarqua de suite que Tris avait été un peu amochée, mais ils connaissaient tous la résistance de celle-ci donc personne ne fit de remarque.

- Lieutenant Prior, nous avons les trois sans factions recherchés, mais deux sont morts lors de l'échange de coups de feu. Dans nos rangs, Quimpers a été blessé à l'épaule mais sans gravité.

Tris tenait encore par le bras son assaillant qui avait une cagoule sur le visage. Elle lui arracha pour connaître son identité, et remarqua que l'assaillant était une assaillante.

- et toi quel est ton nom ? Demanda Tris.

La sans faction regarda Tris et lui cracha au visage.

- moi aussi ravie de te connaître. Elle essuya son visage avec dégoût et donna la prisonnière à deux de ses soldats.

Un soldat passa l'outil de détection de divergent sur la sans faction et celui-ci afficha un taux de zéro. Elle n'était donc pas divergente, mais accusée de coopération.

La mission n'avait pas eu le succès attendu; sur les trois recherchés, seul un était encore vivant, et Tris avait eu un blessé dans ses rangs. L'extraction des deux prisonniers se fit rapidement, une équipe de nettoyage s'occupa d'effacer les traces de leur passage, et les quelques sans factions qui ont assisté à ces échanges ont été menacés de représailles s'ils parlaient de l'intervention, une petite liasse de billet les aidant aussi à se taire.

Une fois remontés dans leurs camions, Tris appela Andy pour faire part de son retour avec seulement un prisonnier sur les trois prévus, et une sans faction accusée de coopération avec les divergents. Andy lui rappela que Mme Matthews attendait un débriefing dès son retour.

Tris raccrocha et posa sa tête sur la vitre du véhicule qui roulait à vive allure vers érudits. Les trois derniers jours avaient été éprouvants, et le manque de sommeil rendait toute son équipe un peu tendue. Il était important qu'ils se reposent avant de repartir sur de nouvelles interventions.

L'idée d'un débriefing ne l'enchantait guère, elle allait rendre des comptes sur la mort de deux divergents qui auraient été utiles dans les projets de Jeanine, et elle imaginait déjà la tête de celle-ci face au relatif échec de leur mission. Décevoir Jeanine est toujours une épreuve, surtout que celle-ci sait parfaitement où appuyer pour faire mal à Tris. Tris a toujours eu une grande admiration pour Jeanine dès son plus jeune âge, une admiration qui l'a poussé à rechercher en elle une approbation. Torturer Tris sur ses échecs était parfaitement inutile tant Tris était dévouée, mais c'était une façon pour Jeanine de garder Tris en haleine, et d'asseoir son influence sur elle. Vu par les conseillers de Jeanine, cette relation était malsaine dans le rapport de force qu'il y avait entre elles, mais personne ne pouvait imaginer que la domination de Jeanine sur Tris allait plus loin que la dévotion dans son projet de recherche de divergent.

Arrivés au quartier général Érudit, une équipe prit le relais pour accueillir les prisonniers, et les membres de l'équipe de Tris ont été invités à passer par l'infirmerie.

Tris savait que sa première action était d'aller voir Jeanine, l'infirmerie attendra. Elle se dirigea vers les ascenseurs de verre et appuya sur le bouton du dernier étage. Il faisait déjà nuit, et le spectacle de la ville endormie à travers la vitre était époustouflant. De quoi laisser quelques minutes de répit à Tris avant son débriefing. L'ascenseur s'ouvrit sur le hall de bureau de Jeanine, bien que déjà tard Andy était toujours là devant son ordinateur, l'air fatigué.

- Bonsoir Andy, tu n'as pas mieux à faire que d'être au bureau à cette heure ?

- Bonsoir Mme Prior, oui je ne vais pas tarder, j'attendais le retour de votre équipe, je vous annonce à Mme Matthews ?

- ai-je vraiment le choix ? Grimaça Tris

Andy ne répondit pas, mais fit un signe de tête de compréhension et un sourire de compassion à Tris. Il remarqua la marque sur la joue et tendit un mouchoir pour essuyer le sang qui coulait.

Elle patienta quelques instants qu'Andy fasse signe à Tris que c'était bon et elle entra dans le bureau avec une certaine appréhension.

Le bureau de Jeanine était immense, une très longue baie vitrée occupait tout un côté, avec la nuit et la ville en dessous. Avec l'heure avancée de la soirée, Jeanine avait laissé les grandes lumières blafardes du plafond pour quelques lumières basses un peu tamisées. L'ambiance était lourde, et Tris savait qu'elle n'allait pas passer un bon moment.

Elle avança prudemment, Jeanine leva la tête et regarda Tris se rapprocher. Le regard fermé, elle savait pertinemment que se taire et regarder Tris dans les yeux avec ce regard suffirait largement à la faire culpabiliser. Elle remarqua rapidement les marques rouges et la légère entaille sur sa joue, mais décida de ne pas le prendre en considération.

Tris resta debout à environ deux mètres de son bureau et ne prononça pas un mot. Jeanine se redressa sur son siège, regarda Tris de haut en bas et posa les papiers qu'elle avait à la main.

- une parfaite réussite cette mission, Melle Prior ? Dit-elle d'un ton faussement ironique.

Tris raconta en détails l'intervention et pourquoi cela avait dérapé. Elle se lança à se justifier, avançant la perte éventuelle d'un de ses coéquipiers, et la nécessaire utilisation de la force dans cette situation, mais elle remarqua que c'était cause perdue. Jeanine continuait de la fixer avec ce même regard et n'eut pas le moindre sursaut de compréhension sur ces explications. Elle arrêta donc de parler et baissa seulement la tête en guise d'excuse.

Au fond d'elle Jeanine savait très bien que la situation avait été gérée au mieux; Tris gérait toujours au mieux, et c'est pour cela qu'elle avait été nommée à cette place. Mais l'agacement qu'elle a eu à savoir qu'elle avait perdu deux divergents avec un haut taux de divergence l'avait suffisamment irritée pour qu'elle passe ses nerfs sur Tris.

Jeanine se leva sans un mot, fit doucement le tour de son bureau, s'appuya sur le bord de celui-ci en croisant les bras devant elle. Ces moments étaient rares, souvent les débriefings se déroulaient en plus grand comité, et rarement Jeanine remettait en cause les décisions de Tris. Mais parfois, Jeanine aimait installer ce malaise et sentir Tris désarmée face à elle.

- que faisons-nous maintenant Mlle Prior ?

- le divergent capturé est blessé, il va être soigné et après nous pourrons tester son niveau de divergence. Tout n'est pas encore perdu, dit Tris toujours la tête baissée avec une pointe d'espoir dans la voix.

Jeanine s'approcha de Tris, se positionna devant elle, tendit la main et lui remonta le menton du bout des doigts pour planter son regard dans le sien. Tris essaya de détourner le regard mais Jeanine lui tint le menton pour garder son regard à sa hauteur. Elle resta une dizaine de secondes comme cela, à quelques centimètres de son visage, et se rapprocha en lui murmurant à l'oreille:

- tout n'est pas encore perdu alors..

Tris arrêta de respirer, le regard loin perdu dans la ville qu'elle observait de haut. Elle savait à quoi Jeanine jouait et cela lui tordit le ventre; elle se concentra sur un point lumineux fixe au loin. C'est arrivé plusieurs fois que Jeanine dérape et profite de son influence sur Tris, et elle espérait que cette fois-ci n'en soit pas une.

Jeanine comprit la gêne de Tris et s'en amusa, elle recula avec un sourire de contentement sur les lèvres et alla à son bureau se rasseoir reprenant la lecture de ses documents. Peut être qu'elle reviendrait à la charge plus tard, cela dépendra de son humeur.

Sans même un regard pour Tris, elle lui ordonna de disposer. Sans plus de cérémonie, Tris sortit et si dirigea comme prévu à l'infirmerie...