Titre : Papa

Rating : T

Pairing : Slash, Yaoi, Mentor fic

Disclaimer : Pour votre plus grande déception (j'en suis sûre), je ne suis pas JKR.

Statut : Terminée

Résumé :

Quand, à la fin de sa cinquième année, Harry apprend qu'un grand secret le concerne, il voit sa vie changer radicalement. Loin de ceux qui l'ont élevé et de ses amis, l'adolescent doit se créer une nouvelle histoire, s'adapter à une nouvelle vie et pourquoi pas, se découvrir une nouvelle famille.

Bêta : AudeSnape (Et Pauu-Aya du coup ! xD)

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Chapitre 2

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Le mois de juillet n'avait jamais été aussi tranquille pour Harry. Il passait le plus clair de son temps dans sa chambre et avait même eu accès à un nouveau passe-temps : la lecture.

En effet, Harry avait profité que sa tante soit toujours sous le choc au sujet de la visite des Maraudeurs, pour lui demander d'aller lui faire une carte de bibliothèque et de prendre, en son nom, plusieurs thrillers. Celle-ci avait accepté à contrecœur, ayant certainement peur des représailles. Quelques heures plus tard, elle était revenue à la maison avec cinq livres différents qu'Harry avait déjà dévorés.

La grande nouveauté était le fait qu'il ne soit plus enfermé dans sa chambre. Il avait un accès libre à la salle de bain, aux toilettes, à la cuisine et même à l'extérieur. Il n'avait plus de corvées à faire, et mangeait à sa faim. Souvent, il prenait un livre, et partait s'installer dans le jardin, où il pouvait, à son aise, se prélasser au soleil. Sa tante était outrée, les voisins le regardaient bizarrement, mais il s'en moquait éperdument.

Lorsqu'il ne lisait pas, il réfléchissait beaucoup à ce qu'il avait appris par Sirius et Remus.

Il n'était pas sûr de ses sentiments au sujet de cette nouvelle. James n'était pas son père biologique, mais était-ce si grave ? James l'avait aimé, choyé et était mort pour le protéger. N'était-ce pas suffisant ? Pour Harry en tous cas, c'était tout ce qui comptait. Même s'il n'avait pas vraiment eu l'occasion de l'appeler papa, il resterait son père, quoi qu'il arrive.

Mais pour les autres ? Était-ce important ? Sirius et Remus lui en voudraient-ils de ne pas être le fils de James ? Harry avait du mal à s'en convaincre. Il les aimait, leur faisait confiance mais… Il n'arrivait pas à s'enlever de la tête que peut-être, ils l'abandonneraient. Encore.

Ce jour était un jour particulier pour Harry. Aujourd'hui, c'était le 30 juillet. Dans quelques heures, le sort s'estomperait pour lui montrer son nouveau visage.

Harry était fébrile.

Il ne voulait pas que cela arrive. Mais en même temps, il voulait être débarrassé de cette nouvelle épreuve. Il n'espérait rien, n'attendait rien, souhaitait juste être fixé. Mais à l'approche de minuit, il se posait beaucoup de questions. Après tout, il ne connaissait rien de ce sort. Pouvait-il changer de couleur de peau ? Pouvait-il changer de sexe ? Pourrait-il perdre ses yeux verts, seuls vestiges de sa mère ?

Il savait qu'il aurait dû demander des renseignements à Remus, lorsqu'il en avait eu l'occasion, mais la colère, la déception, la peur, l'avaient tellement chamboulé, qu'il avait préféré la solitude. Il n'allait pas s'en excuser. Il avait eu besoin de temps pour digérer toutes ces informations.

Maintenant que c'était plus ou moins chose faite, il avait besoin de soutien. Mais à quoi bon… Il n'était pas sûr du degré de compréhension de qui que ce soit dans cette épreuve. Harry se disait que peut-être, le lendemain matin, il recevrait des hiboux et pourrait demander à quelqu'un de venir le voir. Peut-être même que quelqu'un viendrait sans qu'il ne le réclame…

Dehors, couché dans l'herbe jaunissante du jardin, Harry regardait les nuages en pensant à tout cela. A la façon dont sa vie allait changer. Ou au fait que peut-être pas finalement.

Harry se redressa pour s'asseoir, faisant rouler ses muscles douloureux à cause de sa posture statique. Il avait aussi une sorte d'engourdissement dans ses membres depuis quelques jours. Après quelques minutes à regarder simplement les pavillons semblables devant lui, il se releva, attrapa son livre et rejoignit la maison.

Enlevant ses chaussures dans l'entrée pour ne pas salir l'intérieur soignée de la maison de sa tante, il rejoignit la cuisine sous le regard furieux de sa famille. Celle-ci était attablée et mangeait comme d'habitude. Harry n'était évidemment pas convié. Il avait néanmoins le droit de se servir dans le frigo et faisait une liste de ce qu'il désirait manger chaque semaine. Sa tante allait faire les courses pour lui à contrecoeur et il cuisinait seul.

Quoique, maintenant que cette corvée ne lui incombait plus, Harry ne s'embêtait plus à cuisiner. Il mangeait principalement des sandwichs et des fruits.

Prenant un morceau de pain, un bout de jambon et trois abricots, le jeune homme repartit dans sa chambre, entendant Vernon maugréer contre ce traitement trop souple et son manque d'éducation. Harry se permit un ricanement sonore avant de claquer la porte de sa chambre et de s'enfermer enfin dans son sanctuaire.

La pièce n'était pas vraiment belle, pas très bien meublée, ni décorée, mais cet été, il y retrouvait le confort de solitude dont il avait besoin.

Il posa la nourriture sur son bureau, son livre sur son lit et alla ouvrir la fenêtre comme il le faisait tous les soirs pour faire entrer de la fraîcheur. Il resta un moment à regarder l'extérieur, comme s'il n'en avait pas profité toute l'après-midi. Depuis cette fenêtre, il pouvait voir le jardin des voisins. Les propriétaires précédents avaient vendu leur bien à une famille de deux femmes et quatre enfants. La maison était aussi grande que celle de Vernon et Pétunia, donc ils y étaient à l'étroit, mais semblaient heureux d'avoir échappé à leur petit appartement en pleine ville.

Les enfants étaient polis et toujours joyeux, malgré le fait qu'ils ne soient pas très appréciés dans le voisinage. Une famille nombreuse avec deux mères n'était pas vraiment le genre qui convenait à Privet Drive. Néanmoins, ils avaient dû être habitués à ce genre de discrimination, car ils ne semblaient pas en être touchés.

Harry rapportait souvent les ballons qui s'échappaient dans le jardin des Dursley, avant que Vernon décide de les percer ou de les jeter. Les enfants étaient toujours très reconnaissants et les deux femmes lui adressaient toujours de grands sourires.

Sans comprendre ce qui pouvait pousser les habitants à se montrer médisant avec cette famille joviale et éduquée, Harry se montrait amical, pensant parfois aux Weasley. Il avait même déjà joué au ballon avec le plus jeune des garçons, prénommé Jack.

Dans le jardin sous sa fenêtre, Harry voyait Jack, huit ans, jouer avec l'une de ses soeurs, Emily, au pirate et à la sirène. De l'autre côté, Joshua, le plus âgé, avait les écouteurs sur les oreilles, plongé dans un morceau apparement entraînant. La petite dernière, Sophie, babillait dans sa chaise haute dont le plateau était remplie de ce qui semblait être de la farine. L'enfant d'environ dix-huit mois, était fascinée par la vue de ses petits doigts boudinés plongeant dans la fine poudre. Elle tapait dedans parfois, pour la voir voler, essayait de la goûter puis fronçait les sourcils, découvrant quelque chose de si commun pour les adultes qui l'entouraient.

L'une des mères, Elisabeth, releva la tête et vit Harry à sa fenêtre. Elle lui adressa un sourire et un petit signe de main auquel il répondit. Cela attira l'attention des enfants qui lui firent signe à leur tour et l'appelèrent bruyamment.

C'était si vivant, si joyeux de voir cette famille s'installer dans cette banlieue silencieuse, où les voisins rapportaient chaque fait et geste qu'ils pouvaient apercevoir depuis leurs rideaux tirés.

Après un dernier sourire, Harry s'éloigna et s'installa à son bureau pour son maigre repas. Il avait beau avoir le droit de manger à sa faim, il avait l'impression que cette portion lui suffisait amplement. Il aimait les plats opulents de la Grande Salle, mais finalement, deux mois de pause digestive n'était pas si mal.

A la fin de son repas, Harry attrapa les noyaux de ses fruits, l'assiette utilisée le midi, ainsi que les couverts, le verre et la carafe et alla les porter dans la cuisine. Il fit sa vaisselle lentement, ignorant parfaitement les regards noirs de Vernon et les commentaires vifs de Pétunia au sujet des nouveaux voisins anormaux et remonta dans sa chambre. La nuit tombait presque et il s'effondra dans son lit après avoir récupéré son roman de Sherlock Holmes.

Harry finit par s'endormir au cours de sa lecture, tôt dans la soirée, inconscient des changements qui s'opéraient lentement en lui.

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Lorsqu'il se réveilla le lendemain matin, Harry se redressa difficilement dans son lit, avant d'hurler de douleur. Sa tête lui faisait atrocement mal et il n'en comprit la cause qu'après quelques secondes : son coude, toujours enfoncé dans le matelas, coinçait des cheveux qui étaient apparemment les siens.

Se relevant brutalement, quoique avec plus de soin pour ses mèches meurtries, Harry ouvrit la porte de son armoire qui dissimulait un petit miroir. Il poussa un nouveau cri en apercevant son reflet.

Devant ses yeux ébahis, il y avait une toute autre personne.

Il était certain d'avoir grandi et n'avait plus le teint hâlé mais une peau de porcelaine qui rendait la fine cicatrice sur son front maintenant totalement invisible. Sa mâchoire carrée s'était affinée, ses lunettes pendant misérablement sur son nez étaient devenues tout à fait inutiles et ses pommettes maintenant saillantes semblaient être remontées. Mais ce n'était pas le plus surprenant.

Le plus étrange dans tout cela étaient les fameux cheveux écrasés plus tôt. Ceux-ci lui arrivaient au milieu du dos et étaient blonds, presque blancs, d'une teinte qu'Harry ne connaissait que trop bien.

« Malfoy… » murmura-t-il.

Avant qu'il n'ait eu l'occasion de se faire une réelle opinion sur ces brusques changements, Vernon entra dans la chambre avec fureur, claquant la porte contre le mur.

« Quelle idée de crier dans ma maison espèce de petit- »

Sa voix s'étouffa dans un gargouillement terrible lorsqu'il regarda son neveu. Son visage passa du rouge au blanc et il fixa Harry avec horreur. D'un geste très lent, il désigna le couloir de sa grosse main et se mit à parler d'une voix blanche.

« Sors… » souffla-t-il.

« Q… Quoi ? » couina Harry.

Le visage de Vernon était un mélange entre la terreur et la colère, pourtant, son corps reflétait un calme surprenant.

« Sors de cette maison, » dit-il. « Je ne sais pas qui tu es, ni même ce que tu es, mais je ne peux plus supporter toutes les choses absurdes que tu inventes à chaque instant. Je ne veux plus te voir chez nous. Fais ce que tu veux, mais reste loin de ma famille. »

« Mais Oncle Vernon… » commença Harry.

« Dis à ton parrain ce que tu veux, mais je ne peux plus supporter tout ça. Laisse-nous. »

Sur ces dernières paroles, l'homme referma la porte avec bien plus de délicatesse qu'il n'en avait jamais fait preuve et ce fut le coup de massue qui acheva Harry.

Il avait toujours su que ses proches ne l'aimaient pas. Depuis petit déjà, lorsqu'il demandait pourquoi il n'avait pas d'histoire avant de dormir, alors que Dudley y avait droit, on lui répondait qu'il n'était pas le bienvenu et que s'ils étaient obligés de l'accueillir, ils n'avaient pas à lui être agréables. Mais sa venue était si déplaisante que l'exubérant Vernon en perdait sa verve et sa fougue ? Il était un tel poids pour son oncle que les mots ne suffisaient plus à exprimer son désarroi ?

Après plusieurs minutes sans faire le moindre mouvement, la bouche entrouverte, les yeux légèrement écarquillés, Harry se dirigea vers la porte et l'ouvrit lentement. Toujours pieds nus, vêtu d'un pantalon et d'un t-shirt trop grand, il descendit les marches pour se diriger vers la salle à manger.

A la table, Vernon touillait son café, son expression mêlant inquiétude et colère. Pétunia servait le repas, jetant des coups d'oeil à son époux et Dudley mangeait sombrement ses pancakes, semblant fâché et boudeur, comme s'il avait reçu une interdiction quelconque une minute plus tôt.

Harry regarda un instant sa famille. Ils étaient tous moroses et tristes. Harry se demanda à quoi ils ressembleraient s'il n'était jamais venu habiter chez eux. Auraient-ils été moins bourrus ? Moins amers ? Moins… mauvais ?

Il avait toujours pensé que c'était la nature même des Dursley, mais il devait se rendre à l'évidence : il était la cause de leur cynisme et de leur méfiance.

D'un geste de main totalement improvisé et hors de contrôle, Harry fit ce qu'il pensait être le mieux. Son monde venait de se briser. Sous le choc, en colère, anéanti, ne sachant plus qui il était vraiment, il décida qu'il ne serait personne pour les Dursley.

« Oubliette… » murmura-t-il.

La magie l'entendit, la magie lui répondit et en quelques instants, les personnes assises à table furent plus détendues, plus joyeuses, comme si un poids venait d'être enlevé de leurs épaules.

Il ne savait pas comment il avait réussi cet exploit, il ne savait pas ce qu'il avait vraiment enlevé aux Dursley. Peut-être était-ce juste son souvenir, peut-être étaient-ce leurs malheurs, peut-être était-ce tout autre chose. Quoi qu'il en était, ils étaient là, attablés et passaient joyeusement les plats de nourriture entre eux.

Harry les regarda, constatant, plus que jamais, qu'il ne faisait pas partie de cette famille. Il ne faisait plus partie de la famille Potter également. Alors à qui appartenait-il ?

Se retournant lentement, il se dirigea vers la porte d'entrée qu'il ouvrit. Il regarda un instant le monde extérieur. Depuis cet endroit qui avait toujours été une sorte de petite prison, d'où il avait toujours regardé les gens insouciants avec envie, il se rendait compte qu'il ne voulait rien de plus aujourd'hui que rester.

Pourtant, il s'avança et marcha sur le béton froid du perron, refermant doucement la porte.

« Merci papa ! » entendit-il à l'intérieur avant qu'elle ne se referme définitivement.

Une petite part de lui se brisa encore un peu.

Lui n'avait pas de papa. Il pensait en avoir un, mais cette idée avait été brisée le jour où Remus lui avait annoncé cette absurdité. Tout ceci était resté en retrait dans sa tête. Il avait compris que James n'était pas son père biologique, mais ne l'avait pas intégré si brusquement que ce matin.

Ces derniers jours, il avait pensé que, peut-être, il aurait pu avoir deux pères. Aujourd'hui, il se rendait compte qu'il n'en avait aucun.

L'un était mort et l'autre…

Que dire de l'autre…

Car oui, son affiliation ne faisait aucun doute. Il était un Malfoy. Etait-il le fils de Lucius ? Cela semblait peu probable. Pourquoi un homme marié, père d'un enfant, irait donner sa semence dans ce genre d'endroit ? L'idée même du fier Lord Malfoy en ce lieu aurait pu être risible si l'instant n'avait pas été si grave.

Harry descendit l'allée bétonnée, sentant les aspérités sous la plante de ses pieds. Il faisait encore assez frais en ce matin pour que le soleil n'ait pas chauffé le revêtement, lui causant des brûlures. Pour le moment, la température était juste idéale.

Poussant le petit portillon, Harry s'avança dans la rue, sur le trottoir. Il ne pensa pas au fait qu'il devait sembler fou. Pieds nus, agard, ses cheveux maintenant blonds complètement ébouriffés. Ses lunettes étaient tombées quelque part sur le chemin, le laissant sans barrière face à ce monde trop grand pour lui seul.

Alors qu'il marchait sans but, il entendit quelqu'un appeler :

« Jeune homme ? Jeune homme ?! »

Il se tourna et regarda avec interrogation sa voisine, Elisabeth, qui se tenait dans son jardin et le regardait avec inquiétude.

« Tout va bien ? » demanda-t-elle.

Harry acquiesça, ne pouvant dire un mot. Elle le regarda les sourcils froncés et l'observa de la tête aux pieds. Ses vêtements étaient trop grands et déchirés par endroit, il n'avait pas de chaussures et ses cheveux étaient dans un état indescriptible.

« Tu veux entrer ? » questionna-t-elle doucement.

Harry recula précipitamment et secoua la tête négativement.

« Très bien, » dit-elle, une main levée en signe d'apaisement. « Comment t'appelles-tu ? » demanda-t-elle ensuite.

« Harry... » murmura-t-il.

« Oh ! » s'exclama-t-elle avec un sourire. « Comme notre voisin. C'est un si gentil garçon ! Il est le seul à nous accepter comme nous sommes ici… Enfin… Attends-moi une petite minute. »

Elle se détourna et rentra dans sa maison. Harry attendit, ne sachant pas vraiment pourquoi il le faisait. Il aurait dû fuir au plus vite pour ne pas risquer que qui que ce soit le reconnaisse, l'attaque… Il ne savait pas trop ce qu'il fuyait exactement, mais il le faisait.

Après quelques minutes, la femme revint, tenant un sachet en papier et une paire de chaussures usagées.

« Tiens, » dit-elle en lui tendant les baskets. « Elles sont à mon grand mais il ne les mets plus. Elles ne sont pas très belles, mais confortables. J'espère qu'elles seront à ta taille… »

Harry prit sans comprendre la paire de chaussures et les regarda longuement.

« Et ça, ce sont quelques sandwichs. Et deux bouteilles d'eau, » dit-elle avec un sourire et tendant le sachet. « Il faut bien s'hydrater, surtout par cette chaleur. »

Harry acquiesça distraitement et regarda la femme qui lui donnait plus que les Dursley ne l'avaient jamais fait.

« Si tu as besoin d'aide, reviens par ici, tu veux ? » demanda-t-elle. « Notre porte sera toujours ouverte. »

« Merci… » murmura-t-il, la gorge sèche.

Elle sourit et, après un dernier regard, retourna à l'intérieur de sa maison. Harry resta choqué quelques minutes avant d'enfiler délicatement ses nouvelles chaussures. Elles n'étaient certes, pas très belles, mais lui convenaient.

Son sachet sous le bras, Harry reprit la route, marchant en direction de Londres. Ce faisant, il se demanda où aller.

Il avait brièvement envisagé d'appeler le Magicobus mais s'était rendu compte qu'il était parti sans argent, sans baguette, sans rien. Et puis, le bus magique n'était qu'une étape. Où aurait-il pu l'amener ? Au chaudron baveur ? Même s'il avait pu ouvrir le passage, il n'aurait pas pu retirer d'argent. Il n'était plus Harry Potter et n'avait pas sa clé. Se rendre chez les Weasley ? Imposer à cette adorable famille, jour après jour, un descendant de la famille qui avait failli tuer leur fille ? Qui les avait rabaissé plus bas que terre ? Imposer le probable fils de l'homme qui, encore aujourd'hui, faisait parfois faire des cauchemars à Ginny ?

Non c'était impensable.

Sirius et Remus ? C'était idée même était risible. Non seulement il n'était plus le fils de James, mais il était maintenant le descendant de l'un des Serpentard les plus Serpentard que Poudlard n'avait jamais connu.

Sirius détestait tout ce qui avait un rapport de près ou de loin avec Serpentard. Il méprisait sa propre famille. Et Harry avait parfaitement vu ce que les Maraudeurs avaient fait à Snape pendant leurs études, juste parce qu'il était l'un d'eux et solitaire.

Non, ce n'était définitivement pas une bonne idée.

Poudlard ? Il ne savait même pas où se situait sa propre école. Et puis, Dumbledore le forcerait certainement à retourner chez les Dursley ce qui était impensable. Surtout après ce qu'il avait fait à sa famille.

Harry pâlit en se rendant compte qu'il avait lancé un sort alors qu'il n'était pas majeur. Le hibou du Ministère devait certainement être déjà là-bas pour lui annoncer qu'il était viré de Poudlard.

Il ne pouvait définitivement pas revenir dans le monde magique.

Alors il marcha, encore et encore. Il passa sa journée à marcher, espérant rejoindre Londres. Dans quel but ? Il n'en avait aucune idée.

Un moment dans l'après midi, une vieille dame en voiture rouge s'était arrêtée pour le faire monter. Harry n'avait pas dit plus que le strict nécessaire et elle l'avait déposé à la gare. Après cela, il avait erré de rues en rues.

Il avait mangé ses sandwichs, et quand la nuit était tombée, s'était réfugié sous le porche d'un immeuble lugubre.

Depuis plus de trois heures, Harry regardait les gens passer. Plus la nuit avançait, plus les personnes qu'il voyait étaient ivres.

Harry se pelotonna un peu plus contre le mur de pierre alors que la fraîcheur commençait à se faire sentir. Même s'il avait voulu bouger, il n'aurait pas pu, paralysé non pas par le froid, mais par les pensées obsédantes.

Et une seule question lui revenait sans arrêt en tête : « James, t'aurais-je un jour appelé papa ? »


Voilà, j'espère que ce chapitre vous aura plu et je vous dis à lundi prochain pour le chapitre 3 !

A bientôt.

Epsi