Titre : Papa

Rating : T

Pairing : Slash, Yaoi, Mentor fic

Disclaimer : Pour votre plus grande déception (j'en suis sûre), je ne suis pas JKR.

Statut : Terminée

Résumé : Quand, à la fin de sa cinquième année, Harry apprend qu'un grand secret le concerne, il voit sa vie changer radicalement. Loin de ceux qui l'ont élevé et de ses amis, l'adolescent doit se créer une nouvelle histoire, s'adapter à une nouvelle vie et pourquoi pas, se découvrir une nouvelle famille.

Bêta : AudeSnape

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Chapitre 3

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Lucius était, comme tous les après-midis, penché sur des parchemins, à son bureau. Il était en train d'écrire une missive pour le directeur de l'une des usines dont il était propriétaire, imposant le licenciement de l'un des employés sur lequel il avait précédemment enquêté et qui s'était révélé peu fiable. Lorsqu'il eut fini sa requête, il signa en bas du parchemin et s'adossa sur sa chaise en soupirant.

Regardant la pile de dossier qui ne diminuait jamais vraiment, il sentit un grande lassitude s'emparer de lui.

Évidemment, il avait grandi pour s'occuper des affaires familiales. Il le faisait depuis plusieurs années sans aucun problème. Il avait même pensé aimer tout cela pendant un moment. Mais ces derniers temps, plus que d'habitude, il se sentait légèrement submergé.

Avec la mort du Seigneur des Ténèbres, le monde sorcier était en ébullition, cherchant des coupables, voulant révolutionner leur fonctionnement, leurs lois...

Lucius, bien qu'il eut été acquitté, était sans arrêt harcelé par la population ou le Ministère pour son rôle dans la bataille du département des mystères. Il avait pourtant expliqué que Narcissa avait été tuée sous ses yeux par Voldemort, que celui-ci menaçait de réserver le même sort à son fils et que Lucius avait finalement été contraint et forcé de faire ce qui lui avait été demandé, surveillé par Bellatrix. Il avait expliqué son rôle dans la bataille, comme il avait sciemment laissé la prophétie être détruite pour ne pas qu'elle tombe entre les mains du Lord Noir, risquant ainsi la vie de sa famille.

Il s'était exprimé à propos de ses choix, soutenus par Draco, par Severus, qui avaient été tous deux acquittés précédemment. Grâce à sa plaidoirie passionnée et un charme que nulle autre que lui savait être en sa possession, il avait réussi et avait été déclaré libre, payant tout de même une lourde amende.

Lucius était Veela. Il était de notoriété publique que certaines créatures se glissaient parfois dans les arbres généalogiques des sangs pures, mais la présence du sang Veela chez les Malfoy était largement sous-estimé.

Bien évidemment, il n'en avait pas toutes les caractéristiques. Il ne se transformait pas en monstre lorsqu'il était en colère et n'avait pas d'âme soeur. Qu'avait-il gagné de ce couplage ? Sa beauté enivrante pour commencer, mais surtout une certaine forme d'hypnose, travaillée au fil des ans dans la plus grande discrétion. Le charme avait ses limites, mais il était généralement capable de persuader quelqu'un de faire ce qu'il voulait. Il pouvait décider son fils de ranger sa chambre, le Ministre de lui accorder le bénéfice du doute, ou Potter de lui remettre une prophétie.

C'était bien la preuve qu'il n'était pas totalement sombre. Jamais il n'avait utilisé ce charme pour servir les plans terrifiants de Voldemort. Il ne l'avait d'ailleurs pas beaucoup utilisé, voulant garder cet atout dans sa manche. Ce qui lui avait réussi jusqu'à présent.

Cependant, les semaines après le procès avaient été compliquées. La population n'avait pu être charmée comme l'avaient été les membres du Magenmagot. Beaucoup étaient convaincus de sa culpabilité et il en subissait les conséquences à présent. Les lettres de menaces envoyées à son domicile, que ce soit pour lui ou pour Draco, étaient à elles seules preuves de la pression qu'ils subissaient. C'étaient des centaines de courriers à trier par jours. C'était les employés de ses différentes firmes qui démissionnaient. C'était aussi le bureau des Aurors qui venait inspecter son manoir une fois par semaine.

Cette période sombre n'était pas la plus agréable de sa vie, malgré la disparition de cet homme hideux qu'il avait un jour appelé "Maître".

Un bref coup sur la vitre sortit Lucius de ses divagations. Il soupira en voyant un énième hibou posé sur le rebord de la fenêtre. Le dix-huitième depuis le matin.

Avec un coup de baguette, il ouvrit à l'animal qui ébouriffa ses plumes avec mécontentement. Il toquait peut-être depuis plusieurs minutes… Lucius avait bien d'autres soucis que les bruits ambiants.

Le hibou poussa un hululement strident et lâcha la lettre qu'il portait devant le maître des lieux avant de repartir à grandes ailes. Prenant le parchemin, Lucius fronça les sourcils en voyant le sceau bien connu de Gringotts. Habituellement, chaque nouveau courrier était relégué en bas de la pile, pour gérer ses affaires par date d'arrivée, mais il sentait que celle-ci était différente des autres. Lui qui craignait chaque jour une saisie dans ses coffres par le Ministère, ou le résiliement de son contrat avec les gobelins, savait qu'il valait mieux ouvrir le pli immédiatement.

Lucius prit délicatement son coupe papier en argent et incisa l'enveloppe. Il déplia la lettre succincte et la lut avec appréhension.

Cher Lord Malfoy,

La population gobeline souhaite la bienvenue à votre deuxième descendant révélé aujourd'hui. Nous espérons que ses finances, comme toutes celles de votre famille depuis plusieurs générations sera à notre charge.

Gringotts

Lucius haleta et lut à nouveau le contenu de cette note. Comment était-ce possible. Il n'avait pas de second héritier. Narcissa serait-elle en vie ? Non, c'était impossible. Il l'avait vu mourir sous ses yeux. Et même si cela n'avait pas été le cas, ils ne s'étaient pas touchés depuis bien trop longtemps pour avoir un enfant.

Lucius savait aussi qu'il n'avait eu aucune relation sexuelle d'aucune sorte depuis plus d'un an. Il n'avait pas non plus d'altération de la mémoire, ni de trou noir. Comment était-ce possible ?

Les gobelins pouvaient-ils se tromper ? C'était très peu probable, mais néanmoins possible.

Après quelques minutes de réflexion, Lucius se leva de son bureau, faisant une pile des documents qu'il n'avait pas fini d'étudier. Il ramassa la lettre de Gringotts, l'empocha et se dirigea vers son fauteuil, sur lequel étaient posés sa cape, ses gants et sa canne.

Une fois prêt, il prit une poignée de poudre de cheminette qu'il jeta dans le feu. Celui-ci devint immédiatement vert et Lucius énonça clairement sa destination.

Il arriva élégamment dans le hall de la banque, connaissant le chemin sur le bout des doigts, et passa devant la file de personnes en attente pour se rendre au guichet libre, réservé aux clients privilégiés. Le gobelin qui s'y trouvait grogna, peu heureux d'être dérangé dans ses comptes.

« J'aimerais voir Ragnok, » déclara froidement Lucius.

La créature releva son nez crochu de son grimoire et observa l'homme avec un regard dédaigneux durant quelques secondes. Après ce laps de temps qui agaça profondément Lucius, il fit un geste vers un autre gobelin qui patientait à la porte. Celui-ci acquiesça et vint chercher Lucius pour le conduire dans un dédale de couloirs.

Après quelques minutes de navigation qui, l'homme en était sûr, n'étaient jamais les mêmes d'une visite à l'autre, ils arrivèrent devant le bureau de son conseillé. La créature frappa et ouvrit la porte, passant sa tête pour glisser quelques mots en Gobelbabil à son supérieur, puis laissa Lucius entrer.

Celui-ci acquiesça et se dirigea d'emblée vers le fauteuil qu'il occupait habituellement lorsqu'il rendait visite à Ragnok. Il ne s'installa cependant pas, attendant d'y être invité par le gobelin.

« Lord Malfoy, » grinça celui-ci, rangeant la plume qu'il était en train d'utiliser à son bureau.

« Ragnok, » salua l'homme avant de s'asseoir comme le lui indiquait le gobelin.

« Pourquoi cette visite ? »

Lucius ne répondit pas mais sortie la lettre de sa poche et la posa sur le bureau pour qu'elle puisse être lue par son vis-à-vis. Celui-ci s'exécuta et releva la tête, sans émotion.

« Si vous souhaitez des félicitations, il n'est pas dans notre culture de faire ce genre de chose. »

« Je me moque de vos félicitations, » grogna Lucius. « Je ne comprends simplement pas cette lettre. Je n'ai qu'un héritier et il est tout simplement impossible que je puisse en avoir un deuxième. »

« Intéressant, » déclara Ragnok, beaucoup plus curieux maintenant, tout en scrutant la lettre. « Mais vous le savez certainement, Gringotts ne fait pas d'erreur. »

« Alors expliquez-moi ce courrier, » déclara Lucius, bombant légèrement le torse.

« Bien, » répondit le gobelin.

Il se leva de son siège et se retourna pour fouiller dans l'une des armoires de son bureau. Après quelques secondes, il revint d'un pas boitant, un parchemin dans les mains. Il l'étala devant Lucius et sortit du tiroir de son bureau un petit poignard en argent.

« Laissez couler cinq gouttes de sang sur ce parchemin et vous saurez, » grinça-t-il avant de se rasseoir à son siège.

Lucius soupira et enleva soigneusement ses gants. Il attrapa le couteau et s'entailla le bout du doigt au dessus du parchemin.

Lorsque les cinq gouttes furent tombées, il attrapa sa baguette et marmonna distraitement un sort de guérison tout en regardant son sang danser sur le papier, formant lettres et lignes.

Son prénom, en bas de la feuille, était évidemment relié à celui de Narcissa et ce trait rattaché à celui de Draco. Mais, étonnement, de l'autre côté, il y avait un autre trait. Un trait qui le reliait à…

« Lily Potter, née Evans, » haleta Lucius.

C'était impossible. Totalement impossible… Il n'avait jamais rien fait avec cette Evans. Il l'avait croisée à Poudlard, puis quelques fois au Ministère lorsqu'elle venait voir Potter, mais il ne lui avait même jamais parlé. Si l'enfant de cette femme était de lui, alors il était le père de Harry Potter, le garçon qui avait vaincu, le garçon qui avait survécu. Le garçon qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à son père. Peut-être même trop…

Mais c'était impossible. Il ne pouvait pas être père du garçon sans avoir ne serait-ce qu'approché Lily Potter. A moins que…

Lucius se souvenait parfaitement d'une période trouble durant la première guerre. Enfin… Ce n'était pas trouble dans son esprit, il connaissait parfaitement le déroulement de la situation. Le Lord avait de nombreux partisans et certains n'étaient pas vraiment des saints. C'était le cas de Highs, un homme taciturne qui était un chercheur en fin de carrière à Sainte-Mangouste. L'homme avait quelques extravagances, mais il était réputé dans son domaine. Proche de la retraite, il profitait allègrement de son travail pour servir les intérêts du Lord qu'il vénérait malgré sa folie de plus en plus marquée.

Highs venait souvent aux réunions, mais personne ne savait vraiment ce qu'il faisait. Tous pouvaient néanmoins l'imaginer…

Un jour, le Lord avait réuni ses adeptes les plus fidèles, les plus forts, les plus purs et leur avait exposé une nouvelle théorie folle, une révolution pour le monde sorcier et le monde des Sangs-Purs. Il leur avait expliqué que Highs était à une baguette de trouver le moyen de créer des enfants parfaits. En faisant des tests sur des Moldus et des Sorcières de bas rang, il avait réussi à créer la vie, mais avec des codes génétiques modifiés. Avec quelques mois, quelques années supplémentaires, Highs aurait pu être capable de créer une armée d'enfants magiquement puissants et totalement dévoués à leur cause.

Pour cela, le Lord avait imposé aux disciples présents de laisser Highs les examiner et prélever ce dont il aurait besoin.

Lucius avait été contraint et forcé d'accepter.

Il avait été furieux lorsque l'homme étrange lui avait prélevé du sang, des cheveux, mais le pire de tout avait été lorsque, d'un sort, il lui avait prélevé une fiole de sperme. Cela avait été humiliant et dégradant d'être traité de la sorte.

« Tout va bien Lord Malfoy ? » fit une voix grinçante devant lui qui le fit sortir de sa torpeur.

« Bien, » répondit-il sèchement. « Votre test est-il infaillible ? »

« Vous me demander si les gobelins sont de bons créateurs de sort ? C'est comme demander si les sorciers sont malhonnêtes Lord Malfoy, la réponse est : évidemment, » répondit Ragnok avec un sourire méchant.

Lucius soupira et se retint de lever les yeux au ciel. L'animosité des Gobelins envers les sorciers était compréhensible, et les créatures, sachant qu'ils étaient indispensables pour l'économie sorcière en profitaient allègrement. Ils ne se montraient que rarement courtois, même avec les clients privilégiés comme lui. Au moins, il n'était pas noyé dans l'hypocrisie avec les Gobelins et Lucius en était plutôt heureux.

« Je dois vérifier ça, » grogna-t-il en se relevant.

Il empocha la lettre qu'il avait reçue, puis l'arbre généalogique, attrapa sa canne qu'il avait appuyée contre le bureau et se dirigea vers la porte.

« Au revoir Lord Malfoy, » ricana le gobelin.

« Ragnok, » salua simplement Lucius.

L'homme quitta la banque au plus vite et rentra à son manoir. Dès qu'il eut passé la cheminée, il marcha à pas vifs vers la bibliothèque, sans même prendre le temps d'enlever sa cape et de poser sa canne. Il alla immédiatement du côté des journaux que lui et ses ancêtres entreposaient depuis des dizaines d'années, sans oublier de faire venir à lui, d'un coup de baguette, les rapports des Aurors qu'il avait pu copier au Ministère durant la période où il était encore l'un des favoris du Ministre.

S'ensuivit alors, un long travail de recherche. Il relu tous les journaux de l'époque qui parlaient de l'affaire Highs et parvint à rassembler les morceaux de l'histoire dont il ne se souvenait plus.

Quelques mois après le fameux don que les Mangemorts avaient fait à Highs, les Aurors avaient arrêté celui-ci pour une sorte de trafic d'organes et de braconnage. Highs avait été jugé et emprisonné à Azkaban où il était mort deux ans plus tard.

Lors de son arrestation, les Aurors avaient trouvé un laboratoire secret dans son sous-sol, rempli de choses terrifiantes. Des foetus en pot, des organes humains ou animaux, des potions illégales, un élevage d'une espèce mutante, mais aussi, beaucoup d'échantillons de sang, cheveux et autres substances.

Lucius avait eu peur ce jour-là, mais une petite visite à quelques hauts placés du Ministère, et il avait compris que les prélèvements répertoriés dans le laboratoire avaient été excessivement nombreux. Du Moldu au sorcier en passant par le Centaure, ils en avaient conclu que toutes ces personnes n'avaient pas pu donner leurs prélèvements de façon consciente et consentante. Les investigations n'avaient donc pas été plus loin et les preuves avaient été détruites.

Voilà où il en était resté.

Alors, comment son échantillon avait pu se retrouver littéralement dans Madame Potter ?

Son époux était Auror à ce moment là, serait-il possible qu'il ait récupéré cela lui-même pour ne pas avoir à passer par Sainte-Mangouste suite au problème de conception ? Non, c'était définitivement une option improbable. De sa courte vie d'Auror, Potter avait été connu pour être droit et intègre. Lucius ne pensait pas qu'il aurait volé le Ministère pour s'éviter l'humiliation de son impuissance à Sainte-Mang-

Ce fut la révélation pour Lucius.

Il se souvenait de quelque chose. Cette affaire avait été rendu public, mais il ne s'en était alors pas inquiété.

Fouillant dans la pile de journaux, il rassembla ceux qui abordaient l'incident : un jeune Auror, du nom de Jenkins avait été arrêté par ses propres collègues. Il avait été prouvé que le jeune homme revendait régulièrement les biens saisis par son département. Le plus souvent, il s'agissait d'objets anciens, de grimoires et d'artefacts sombres, mais était-il possible que Jenkins ait un moment revendu d'autres choses ?

C'était probable, car durant cette période, le sortilège de Bellatrix était largement utilisé et faisait des ravages parmi la population sorcière. Beaucoup d'hommes avaient été touchés et donc, beaucoup de couples se rendaient à Sainte-Mangouste pour procréer. Les réserves étaient au plus bas et si Jenkins avait pu s'allier avec l'un des médicomages du service, il aurait parfaitement pu revendre la semence de Lucius !

Cette histoire était si folle qu'elle semblait impossible. Pourtant, c'était la seule explication.

Devant en avoir le coeur net, Lucius sortit sa montre à gousset et regarda l'heure. Il était presque minuit. Avec toutes ses investigations, il en avait oublié le repas. Haussant les épaules - il pouvait se le permettre car il était seul - il reprit ses affaires et se dirigea vers le hall pour sortir du manoir.

« Père ? » entendit-il alors qu'il franchissait les portes.

Il se retourna et vit son fils qui l'observait, le regard plein d'incompréhension et de curiosité. Le jeune homme reprit :

« Où vas-tu à cette heure ? Tu as loupé le dîner. »

« Excuse-moi Draco mais l'heure est grave, » répondit Lucius.

« Grave ? »

« J'ai quelque chose à vérifier et si mes soupçons s'avèrent corrects, nous devrons avoir une conversation très sérieuse toi et moi. Je devrais en avoir pour une vingtaine de minutes. Attends-moi dans mon bureau. »

Sur ces dernières paroles, il referma la porte derrière lui et s'enfonça dans le jardin sombre pour rejoindre l'entrée du domaine. Lorsqu'il l'eut franchi, il transplana immédiatement vers une petite ruelle à Londres, donnant sur l'arrière de Sainte-Mangouste.

Toutes ces années à se faire des connaissances dans les milieux importants de la population sorcière avaient au moins été bénéfiques. Aujourd'hui, il pouvait entrer dans n'importe quel bâtiment administratif sans se faire repérer. Même si sa réputation n'était plus ce qu'elle avait été, il était toujours admis par les barrières magiques, car tout cela avait été fait plus ou moins illégalement et personne ne voulait admettre avoir intégré un Mangemort dans les barrières magiques des bâtiments importants du pays.

Plus personne ne souhaitait parler de son affiliation avec la famille Malfoy.

Se jetant plusieurs sorts pour ne pas être repéré, Lucius passa par l'entrée de service, infranchissable pour le commun des mortels.

Le premier étage, destiné à la recherche et aux services spécialisés était fermé au public. Il n'y avait donc qu'un veilleur de nuit qui ne portait pas très attention à son travail et Lucius passa l'obstacle très facilement. Peu habitué à se rendre à cet endroit précis, il mit plusieurs minutes à trouver son chemin jusqu'aux archives du département de procréation et ouvrit la pièce avec quelques sorts.

La salle était plutôt petite, mais encombrées d'armoires en tout genre. Il y avait des piles de dossiers un peu partout et seulement une chaise.

Lucius grogna et se dirigea vers les tiroirs portant les inscriptions 1980 et 1979 qui étaient les deux années où toutes les histoires déterrées cet après-midi s'étaient cumulées. Il ne mit pas longtemps à trouver le document qui le concernait. Si son nom et son prénom n'étaient pas indiqués, certains signes ne trompaient pas. Sa descendance veela et le fait que l'insémination avait été réussie pour une certaine Lily Potter.

Il n'y avait aucune protection à ces documents, mise à part les sorts sur la porte de la pièce. N'importe qui aurait pu tomber sur ce simple parchemin et en faire un article parfait dans la Gazette du Sorcier.

Après plusieurs minutes de recherches, Lucius prit son propre dossier ainsi qu'un autre qu'il trouvait tout aussi intéressant, leur lança un sort pour les raptissir et les mis soigneusement dans sa poche. Il sortit de la salle et replaça soigneusement les sorts, avant de faire le chemin en sens inverse. Il passa devant le garde qui ronflait allégrement sur son siège et quitta de bâtiment, avant de disparaître dans l'air frais des rues de Londres.

Lorsqu'il entra dans son bureau, quelques minutes plus tard, il fut heureux de voir que Draco l'y attendait, debout devant la cheminée, fixant le feu allumé inutilement, les mains dans les poches.

« Alors ? » demanda celui-ci en se retournant vers son père.

« Alors j'ai quelque chose à t'annoncer, » déclara Lucius en se dirigeant vers son placard à liqueur.

Il en sortit trois verres qu'il remplit, avant de les boire tous les trois rapidement.

« C'est si grave que ça ? » demanda Draco, levant un sourcil sceptique.

« Grave je ne sais pas… Mais cela aura un impact sur nos vies, c'est certain, » répondit Lucius.

Celui-ci se dirigea vers son fauteuil favori et s'y installa, faisant signe à son fils d'en faire autant sur le siège en face du sien.

« J'ai reçu une lettre de Gringotts aujourd'hui, m'annonçant l'apparition d'un second héritier, » dit-il de but en blanc.

« Pardon ? » haleta Draco.

« Avant que tu ne te fasses des idées, je n'ai pas trompé Narcissa. Elle est bel et bien décédée. Cette histoire est bien plus ancienne, et remonte à quelques mois avant ta naissance... »

Alors, Lucius se mit à raconter toute l'histoire à son fils.

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« Donc, Potter est mon demi-frère ? » demanda posément Draco.

« Biologiquement, oui, » murmura Lucius.

Draco avait plutôt mal réagi à l'annonce de son père, mais il avait passé plusieurs jours dans sa chambre à réfléchir et lui avait demandé ce jour s'ils pouvaient parler. Lucius s'attendait à tout.

« Pourquoi avoir reçu cette lettre que maintenant ? » demanda Draco.

« Je n'aurais même pas été au courant si j'avais été un sorcier lambda. Mais il se trouve que j'ai des arrangements avec Gringotts. Étant propriétaire de plusieurs firmes, de plusieurs coffres, gestionnaire de famille et actionnaire, j'ai quelques avantages, dont celui d'être prévenu de tout changement de statut de ma famille. J'ai été félicité pour la "naissance" d'un fils, m'obligeant à la rédaction d'un nouveau testament. »

« Mais pourquoi maintenant ? » insista Draco.

« Pour les enfants nés de cette façon, un sortilège est posé pour une parfaite intégration à la famille. Ce sortilège se dissipe lorsque l'enfant atteint l'âge de seize ans. Ainsi, s'il le souhaite, il peut rechercher son père biologique, étant assez mûre pour comprendre la situation, mais seulement avec l'accord de ses parents adoptifs, car il est encore mineur. »

« Tu penses que Potter va… » demanda Draco, hésitant.

« Tu te souviens ma dernière rencontre avec lui ? » ricana Lucius. « S'il sait qui est son père, il doit être mortifié… » murmura-t-il ensuite.

Le silence plana entre les deux Malfoy, chacun réfléchissant aux conséquences de cette nouvelle ahurissante.

« J'ai entendu des choses à Poudlard… » murmura Draco, les yeux fixés sur ses genoux.

« Quelles choses ? »

« Au sujet de Potter… Il parait qu'il n'est pas tout à fait traité comme nous le pensions là où il vit… Pansy l'a entendu parler avec Granger dans la bibliothèque. Elle lui disait que si Dumbledore ne faisait rien, il pouvait avoir recours à l'assistance sociale. Peu importe ce que c'est, Pansy a eu l'air de dire que c'était grave. Granger lui a parlé d'un placard et du fait que les elfes de maison étaient mieux considérés. »

« Je vois… » grogna Lucius.

Il ne savait pas vraiment quoi ressentir à ces aveux.

« Et puis… Tu as vu à quel point il est petit ? » continua Draco. « Je l'ai vu un jour, par la porte entrouverte des vestiaires de Quidditch. On voit ses côtes. Je veux dire… Trop pour que ce soit normal… »

« Qu'essaies-tu de me dire Draco ? » demanda Lucius.

« Que peut-être il serait plus heureux avec nous ? » murmura le jeune homme, peu confiant.

« Mieux chez les parias du monde sorcier ? » ricana Lucius. « Et puis, je te rappelle que son bonheur ne nous concerne pas. Il est peut-être biologiquement de notre famille, mais c'est tout ce qu'il est. »

« Père… » commença le jeune homme dans un chuchotement. « J'ai déjà perdu ma mère et je me rends compte de ce que la famille représente. Vais-je aussi perdre un frère avant même d'avoir fait sa connaissance ? »

Lucius resta sans voix. Il n'avait jamais vu les choses sous cet angle.

« Et puis… » continua Draco. « N'oublie pas ce que nous sommes père… Mère ne comprenait pas, mais moi si. J'ai du sang de veela, tout comme toi et je sais ce que tes instincts te dictes. La famille est prioritaire sur le reste. Que tu le veuilles ou non, il en fait partie. »

« Tu serais prêt à l'accepter ? »

« Les instincts sont les mêmes pour toi que pour moi… Avoir Potter comme frère n'était pas envisageable il y a quelques heures, mais maintenant que je sais la vérité… Une part de moi le recherche. »

« Quand es tu devenu si mâture ? » demanda Lucius avec fierté.

« Au moment où j'ai compris que la vie n'était pas un jeu et que l'on pouvait perdre ce que l'on avait de plus cher… » murmura Draco, fixant son regard sur le portrait de Narcissa au dessus de la cheminée.

Celle-ci lui répondit par un sourire doux et un petit signe de main.

« Je vois… » souffla Lucius.

Il se releva de son siège, chancelant légèrement à cause de la fatigue accumulée ces derniers jours. Il avait mal au crâne et songeait sérieusement à prendre des vacances lorsque cette histoire serait résolue. Inquiet pour Draco qui ne quittait sa chambre, il s'était plongé dans le travail plus que de raison et en payait maintenant le prix.

« Allons nous coucher, » déclara-t-il. « La journée a été longue et nous ne pouvons de toute façon rien faire maintenant. »

« Et Potter ? » demanda Draco en se redressant à son tour.

« Nous verrons demain… » répondit Lucius. « L'affaire n'est pas urgente et une nuit de sommeil ne sera pas de trop pour nous éclairer un peu l'esprit. Il ne s'envolera pas… »

« Ca reste à voir, avec lui… » grommela Draco.

Lucius l'ignora et se dirigea vers la porte, continuant ses réflexions :

« Demain j'effectuerai un rituel pour le chercher. J'irai peut-être l'observer et je déciderai s'il a besoin de nous dans sa vie bien que cela me paraisse peu probable… Il sera sûrement entouré de Weasley… »

Draco soupira et mit les mains dans ses poches, fixant à nouveau les flammes de la cheminée. Il releva les yeux en entendant à nouveau son père murmurer :

« En tous cas Draco, ne t'attends pas à quoi que ce soit… Tu devras certainement garder ce secret jusqu'à la fin de tes jours. Pour son bien et pour le nôtre. Ça sera peut-être la seule chose que tu pourras faire pour ton petit frère… »

Sur ses dernières paroles, Lucius sortit du bureau et referma la porte soigneusement derrière lui. Il soupira et se dirigea vers sa chambre, souhaitant enfin dormir et cesser de penser.

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Le lendemain vit Lucius dans un immeuble abandonné de la banlieue de Londres. L'endroit était sale, détérioré et morbide. L'homme ne pouvait que regarder le garçon recroquevillé dans un coin, en proie à un sommeil troublé.

Avant même de l'avoir vu, Lucius avait su quelle serait sa décision.

Potter était là, ses longs cheveux blonds emmêlés et sales, une marque bleue sur l'oeil et une partie de la joue, une main saignant légèrement. Ses vêtements étaient en lambeaux et le plaid usé qu'il possédait ne le couvrait plus.

Depuis combien de temps le sort était-il levé ? Quelques semaines depuis le trente et un juillet, et il était déjà dans cet état déplorable ? Qui l'avait mis à la porte ? Etait-ce à cause de sa filiation ?

Beaucoup de questions et Lucius espérait des réponses. Il allait prendre Potter avec lui et peu importe qu'il doive avoir recours à l'hypnose Veela pour cela, il ne pouvait pas laisser un enfant dans ces conditions.

Lucius s'approcha lentement du Gryffondor et commença à utiliser son magnétisme pour l'amadouer. Il se planta devant lui et le jeune homme releva lentement la tête. Ses yeux s'écarquillèrent mais Lucius pouvait voir la légère brume qui flottait devant ses pupilles, signe que l'hypnose faisait effet.

Il lui tendit la main, le saluant, l'aidant à se relever, le reconnaissant, un peu tout cela à la fois, et fixa ses yeux gris dans les prunelles émeraudes du jeune homme, attendant que celui-ci l'accepte.


Bonjour ! Je suis encore dans les temps pour publier lundi !

Bon ok, il faut que je me grouille mais pour l'instant c'est le cas ! xD

Je viens seulement d'avoir accès à un PC pour publier. Je suis en vacances et pas chez moi, ce qui explique mon retard. Je n'ai pas encore répondu aux reviews mais je les ai toutes lues et appréciées, comme d'habitude. Je vous promet de les relire à nouveau demain et de répondre à celles qui nécessitent une réponse (trop de fois le mot "réponse" dans se texte). Pour l'instant, je n'ai plus de voix, j'ai des coups de soleil et je suis légèrement éméchée (avec modération. Et j'ai le droit, c'est mon anniversaire aujourd'hui ! :D) après un week-end camping.

Je vous souhaite une bonne nuit/journée/semaine/vie et à lundi prochain !

Epsi