Année 1/Prologue (6k)

Il était traîné à bout de bras par cette femme rousse. Cette mère de sept enfants. Tiré dans la gare afin de traverser le mur pour la voie neuf trois-quart et donner l'impression d'être normal. Derrière lui se tenait Ron, l'enfant avait le même âge que lui, mais faisait une tête de plus. Harry, car tel était son nom, était sûr que si le rouquin le poussait à peine, il tomberait tellement il était mince et l'autre imposant pour ne pas dire gros. Devant eux, il y avait trois autres enfants, les deux jumeaux Fred et George. Ils étaient plutôt gentils et ne lui faisaient que des farces. Ça le faisait rire aussi, mais il ne devait pas le dire. Menant le groupe, c'est Percy. Le garçon était tout ce qui représentait les sang pur, la tête droite, la tenue riche et des notes exemplaires avec une carrière pour le ministère toute tracée. Il était celui qui lui faisait le plus peur parmi la famille Weasley. Il était celui qui lui faisait le plus de mal.

La femme ne le lâchait pas et Harry était certain qu'il aurait une trace sur le bras. Ils traversèrent un mur entre les deux quais et atterrirent sur un autre, devant le Poudlard Express. Le train était resplendissant, parfaitement rouge et luisant. Molly renifla devant. Elle tourna Harry devant elle et lui fit relever la tête avec sa main ganté tenant son visage d'une poigne douloureuse.

- Écoute moi bien garçon, tu as intérêt à rester avec Ron, ne pas manger de friandise et parler à personne d'autre que Ron n'aura pas autorisé. Tu vas atterrir à Gryffondor et pas ailleurs sinon cela va mal aller pour toi. Si tu respectes tout cela, tu pourras, dans notre grande bonté, manger un bout de pain avec une tranche de bacon et avoir un verre d'eau.
- Oui Madame.
- Percy, garde un œil sur le gamin Malfoy. Vous deux, dit-elle en se tournant vers les jumeaux, vous allez faire votre numéro dans tous les wagons et noter tous ceux qui pourraient être un danger. Maintenant filez.

Harry était enfin lâché, tanguant un peu sur ses pieds. Il n'avait rien mangé depuis la veille et la fatigue se faisait vraiment présente. Son corps était lourd et douloureux. Mais il n'avait pas le choix que de rester debout et faire semblant. Il prit sa valise, celle de Ron, et suivit l'enfant dans le train tel un servant.

Ils trouvèrent un wagon vide, comme prévu par le directeur. Ils s'y installèrent, l'un face à l'autre. Harry avait les yeux baissés et attendait simplement que le temps passe. Il observa ses mains qui étaient ridiculement petites et scarifiées. Elles étaient propres cependant, propres du fait qu'il avait pu prendre une douche le matin même, le maître le lui ayant autorisé.

Le train démarra et ce fut le départ pour les années scolaires. Il remonta ses lunettes sur son nez, bien qu'elles ne servaient pas à grand-chose de son point de vue, mais il n'avait rien pu dire. Le maître avait été, après tout, assez généreux pour lui permettre d'avoir des lunettes pour sa mauvaise vue.

Ron finit par s'ennuyer et, regardant celui qui leur servait d'esclave parfois, il sortit sa baguette. Harry releva la tête vivement et regarda la baguette apeurée.

- C'est bien, tu as appris à avoir peur. Qu'est-ce que je peux bien te faire ?
- Maître a dit qu'il ne fallait pas que je sois abîmé. Que les gens ne posent pas de question.
- Une petite trace ne sera rien. Tu auras qu'a dire que tu es tombé en te rendant aux toilettes.

La porte du compartiment s'ouvrit. Ron tourna la tête, prêt à se battre avant d'ouvrir grand la bouche en reconnaissant la jeune fille. Elle avait les cheveux brun qui partait dans tous les sens, les yeux brun pétillant d'intelligence et était habillée d'une robe sorcière de très bon goût.

- Tu étais en train de faire de la magie ? dit-elle en entrant. Voyons ça.

Elle referma la porte et s'installa à côté de Ron. Harry la regarda un peu en coin, elle lui disait quelque chose mais n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Le rouquin se mordit la lèvre du bas, incertain.

- Je ne suis pas très fort pour les sorts, je préfère me servir de mes poings, dit-il à la jeune fille.
- Laisse-moi faire alors.

Elle sortit sa baguette et la pointa sur Harry qui recula un peu. Il connaissait cette baguette. Elle leva un peu les yeux et prononça le sort, faisant un mouvement ample du poignet. Puis continua par un un second sort. Il voulut crier par la douleur de ce dernier, mais le premier l'avait certainement rendu muet. Elle sourit en coin.

- Père m'a appris plus d'un sort. Hermione Granger, mais tu dois me connaître comme la Fille d'Albus Dumbledore.

Bien sûr, comment ne l'avait-il pas reconnu avant ? La fille du directeur, la fille de son maître. Il regarda le sang couler sur son visage, atterrir sur ses mains, avant de tomber dans l'inconscience.

Quand Harry ouvrit les yeux, il était secoué par Ron. Le garçon le regardait avec agacement.

- Réveille toi, tu as juste une petite coupure de rien du tout, fais pas tout une histoire. Change toi on va arriver. Si on te demande pour la coupure sur ton front, tu diras que t'es tombé.
- D'accord, murmure-t-il.

Il se leva, un peu tremblant, et passa sa robe de Poudlard. Le train ralentissait de plus en plus, puis ce fut le moment de sortir. Il tira toutes les affaires dehors alors que Ron sortit tranquillement les mains dans les poches. Il observa ce qu'était sa prison, hors vacances scolaire, au loin et déglutit alors que les autres s'exclamaient. Pourquoi n'avait-il pas encore fui ?...

Il monta dans la barque en compagnie d'Hermione, de Ron et d'un autre élève qu'il ne connaissait pas. Le trajet se fit sous les commentaires des élèves, trouvant le château impressionnant, incroyable… magique. L'arrivée se fit brutalement quand le bateau heurta le rebord. Ils passèrent par une des entrées du château et montèrent à l'étage. Ils furent reçu par une une femme au visage sévère et l'air revêche. Son regard scruta le groupe, s'arrêtant sur Harry, acquiesçant sa présence près de Mr Weasley et de Miss Dumbledore, maintenant Granger.

Harry n'écouta pas un seul mot ce qui fut prononcé. Après tout, il connaissait le discours pratiquement par cœur. La présentation des maisons avec Gryffondor en premier et Serpentard en dernier, la coupe des quatre maisons avec le Quidditch. La professeure jeta un dernier regard sévère puis disparut par la porte, leur laissant un moment pour se préparer.

Draco Malfoy était un garçon de la noble famille Malfoy. Un sang pur remontant à des dizaines de générations. Presque aussi vieux que le nom de Black, le nom de famille de sa mère. Il savait qu'Harry Potter était présent cette année, mais quand son regard tomba sur le jeune garçon maigre, il eut un choc. Il semblait effacé face aux autres mais aussi les deux autres élèves à côté de lui, Weasley et une qu'il ne reconnaissait pas, l'entouraient comme pour que personne ne l'approche. Quelque chose n'allait pas dans le tableau. Il tourna son regard vers son voisin, Théo Nott, et eut un échange silencieux avec lui. Ce dernier, acquiesça simplement. Ils auraient une discussion plus tard.

La porte s'ouvrit de nouveau et ils purent entrer. Harry observa pour la première fois tous les élèves dans cette salle et le plafond illuminé. Les professeurs étaient aussi tous là. Il détestait cette salle… elle était difficile à nettoyer. Il se mirent en rang devant un étrange chapeau sur un tabouret. Ce dernier fit une drôle de chanson, ou de poème peut-être, avant de se taire.

Severus Snape eut des sueurs froides en voyant l'enfant qu'il redoutait. Assis à la table des professeurs, en bout de table et donc proche de la sortie ainsi qu'à côté du Quirinus Quirrell, il observa plus en détail le jeune Potter. Il avait bien l'apparence typique de son paternel, mais ses yeux étaient ceux de Lily, incontestablement. Cependant, il se rappelait que trop bien de Potter senior et il n'avait jamais été aussi petit, ni même si maigre. Mais bon, un Potter en valait un autre. Le gamin allait surement être aussi arrogant que son père; D'autant plus qu'il avait tout sa célébrité pour avoir défait le "mage noir".

Il sortit de ses pensées quand l'appel fut fait. Harry approcha tremblant du tabouret et s'assit dessus. Le choixpeau se posa sur sa tête, englobant pratiquement celle-ci en entier et commença à analyser. Harry ne fait que murmurer qu'il devait aller à Gryffondor pour vivre, qu'il voulait vivre. Le morceau de tissu animé fronça des "sourcils".

~ Je ne devrais pas t'écouter, mais je prend en compte le choix des élèves. Tu seras donc …
- GRYFFONDOR !

Toute la salle applaudit, Harry baissa la tête et souffla. Il allait pouvoir vivre encore un moment. Libéré du choixpeau, il fila s'asseoir à la table à côté d'Hermione. Son regard se perdit vers le directeur qui fit un simple signe de tête, il avait le droit de manger… mais à quel prix ?

Alors qu'il entrait dans la salle commune, il bailla, tombant de fatigue. Ce fut cependant sans surprise qu'il trouva que son lit était une illusion. Quand il fut sûr que les autres furent couchés, il passa le rideau et se coucha dans un panier pour chien au sol. Son lit.

Quand il se leva à l'aube et entra dans la salle commune après s'être préparé, un hibou l'attendait. Il lui délivra le message et repartit sans attendre son reste. Le mot était clair et concis.

"Dans mon bureau, immédiatement.
Mot de passe, Anis
A.W.P.B.D"

Il déglutit et sortit de la pièce sans attendre. Il arriva devant la gargouille qui gardait l'entrée du bureau et donna le mot de passe. Il monta, et entra rapidement dans le bureau. L'homme était assis tranquillement, le regard sombre et un sourire mauvais.

- Vous… Vous m'avez fait appeler, maître ?
- Approche, pet.

Harry sut qu'il allait être en retard pour son premier cours.

Ce fut en boitant qu'il sortit du bureau. Son maître l'avait fait… manger, dans sa bonté. Il avait envie de vomir. Son sac en bandoulière, sa tenu réajusté par le directeur, il partit pour son premier cours, trente minutes en retard… et ce fut sans surprise que la professeure McGonagall l'accepta sans faire la moindre histoire.

Le temps passait et Severus ne comprenait pas. Le gamin ne savait rien. Mais vraiment rien. Pourtant il semblait se battre au vu des blessures et sortait le soir dans le couloir jusqu'à pas d'heure. Parfois il le voyait tremblant, prêt à s'évanouir, parfois il allait bien. Il lui demandait quelquefois, voulant avoir des réponses, mais à chaque fois il se heurtait à un mur, un mur horrible, le mur du silence et de peur.

Quirinus Quirrell n'était pas très futé en tant que tel. Certes sa rencontre avec les vampires l'avait laissé un peu tremblant, mais il voulait tout faire pour son maître. Oui, il était fidèle au Lord, à Tom. L'homme n'était pas mort, loin de là et c'était à l'arrière de la tête du professeur qu'il était venu se greffer. Ce dernier avait vu le jeune Potter dans sa classe. L'enfant était si faible, si peureux et en même temps si fort… comment avait-il pu le vaincre dix ans auparavant ? Cela ne faisait aucun sens. Il devait trouver la réponse et pour cela… Il devait revenir à la vie.

Halloween ou Samhain était arrivé. Harry savait qu'il ne dormirait pas… il dormait jamais ce soir-là. Maître Albus y faisait bien attention. Assis à côté de Ron, observant les autres manger alors qu'il ne pouvait rien avalé… Cela le rendait malade. Dès la fin du banquet… il devait aller dans les cachots et… et qui sait ce qui l'attendait ce soir-là.

Les doubles portes de la grande salle s'ouvrirent sur Quirinus qui avait un air affolé. Il hurla qu'il y avait un Troll dans les cachots avant de s'évanouir. Tout le monde se mit à paniquer et Harry vit avec précision le moment où l'annonce enragea le directeur. Il se leva et hurla à tout le monde de se taire avant de demander aux préfets de mener les élèves dans les dortoirs. Il avait les dents serrées.

Pourtant… Harry ne put dormir. Quand il fut allongé dans son… lit, la porte du dortoir s'ouvrit. C'était Percy qui était là. Il dit simplement qu'il avait à parler avec Harry et qu'il allait certainement rester un moment avec car, il fallait comprendre, aujourd'hui était un jour horrible pour lui. Il passa les rideaux, formula quelques sorts tel que celui anti-son et que le rideau ne puisse être ouvert, avant d'attraper Harry par les cheveux et de le mettre à quatre pattes, tête contre l'oreiller.

- Tu ne pensais quand même pas que tu allais y échapper ?
- N… non Monsieur.
- Albus était très en colère en apprenant qu'il ne pouvait pas profiter de toi ce soir… Mais ne t'en fait pas petite catin, je suis ravi de prendre sa place.

Harry ne sut pas très bien quand il s'évanouit cette nuit-là, mais quand il ouvrit les yeux le matin, son cauchemar était loin d'être terminé. Il eut mal à la gorge et s'asseoir fut un calvaire, mais encore une fois… il ne pouvait rien dire. Quand il arriva au repas, son regard croisa celui ravi et froid du directeur. Il eut envie de pleurer.

L'on entendit parler que le troll fut vaincu près des toilettes et que le professeur Snape aurait été blessé à la jambe, certainement mordu par une créature. Severus avait eu chaud ce soir-là. Il avait simplement voulu ouvrir la porte, voir les défenses pour la soi-disant pierre philosophale. La créatures gardienne, un cerbère, l'avait violemment attaquée et il avait fait étrangement la rencontre de Quirrell en sortant de la pièce. Le deux hommes s'étaient regardés longuement avant que Tom leur dise de bouger avant de se faire attraper devant la porte. Severus avait cru s'évanouir en entendant la voix sifflante de l'homme, mais il avait obéi et rapidement, les deux étaient partis vers les couloirs, décidant d'avoir une discussion plus tard.

Il voulait pleurer… Il s'était fait soit disant attraper dans les couloirs et était punis un nombre de jours. Pourtant, il n'avait rien fait… Mais il était là, au fin fond de Poudlard, dans sa prison. Son lit de paille au sol, la couverture miteuse non loin, ses habits dans un bac dehors. Il avait de nouveau ce collier autour du cou… ce collier magique qui l'empêchait de faire quoi que ce soit.

La porte s'ouvrit, Albus entra dans la cellule et attrapa Harry par les cheveux, le traînant à l'extérieur. Il le fit tomber dans une autre salle, une salle sombre aux multiples outils et objets divers. Il ne savait que trop bien où il était. La salle était en brique… le sol était autrefois gris, aujourd'hui il tirait sur la couleur rouge orange voir pourpre du sang, de son sang, versé.

- Cela fait plusieurs fois que les professeurs me parlent de toi… Tu n'es pas fichu d'être discret quand tu rentres à ta niche.
- M… Mais …
- Mais quoi ?!
- Professeur Snape semble me suivre, Maître Albus… ou je ne sais pas ce qu'il fait, mais… même avec les sorts sur moi, il me trouve toujours.
- Saleté d'espion, marmonna-t-il dans sa barbe. Je vais quand même te punir… tu aurais dû me prévenir plus tôt. C'est bientôt les vacances cependant, je te donnerais un alibi qui t'aideras dans ta quête. Prends-le comme un cadeau. Maintenant va t'installer près du miroir, nous sommes loin d'avoir fini tous les deux.

Le miroir était nouveau. Voir ce qu'il se passait, ne pas pouvoir bouger et ne pouvoir que crier, la bouche ouverte par un dispositif étrange. Il ne pouvait que subir… subir et obéir alors qu'il était de nouveau abusé.

L'homme lui attrapa les cheveux et lui fit relever la tête, faisant croiser leurs regards dans la glace. Harry fermit les yeux, ses yeux embués de larmes

- Tu commences à devenir âgé… Déjà tant d'années que tu es ma chienne. Faudra que je trouve quelque chose quand tu seras trop vieux.

Comme à chaque fois… à chaque foutu fois qu'il lui faisait subir cela, son corps finissait toujours par abandonner et tomber évanouie.

Quand il s'éveilla, il était toujours attaché, quelque chose était dans son corps, son ventre lui fait mal, sa tête lui fait mal… tout lui faisait un mal de chien. Il voudrait crier… crier à l'aide. Partir ailleurs. Mais, parce que ce monde est magique, ce vieux pervers pédophile qui lui avait fait signer un papier garantissant son silence… il ne pouvait rien dire tant que la personne avec qui il parlait n'était pas au courant.
Peut-être devrait-il se jeter du haut de la tour d'astronomie.
Mais quelque chose lui disait qu'il ne pourrait même pas le faire.

Yule passa, ou Noël dans le monde moldu. Harry fut enfermé de nouveau dans son endroit…Sa cellule avait même étrangement rapetissé quand il regardait bien. Son repas de Noël est devant lui et il savait parfaitement qu'il n'aurait rien d'autre de toutes les vacances vu la taille de la chose. Fronçant le nez, il s'approcha du corps du troll mort depuis Octobre et mordit à pleine dent dedans. Il avait faim et qu'importe ce que c'était… il voulait simplement manger.

Malade… il en avait été malade et c'est avec surprise qu'il s'était réveillé en ce début de reprise de cours à l'infirmerie. Apparemment, le directeur avait préféré faire attention à l'apparence et le laisser aux bons soins de la matronne. Cependant, Albus n'avait pas accès ici et c'est avec insistance qu'il demanda sa liberté afin que le "garçon" n'ait pas de retard et puisse de nouveau être avec ses amis.

Il était fatigué, mais il devait tenir, ne pas faire d'erreur. Que ce soit en potion ou en métamorphose… surtout en métamorphose quand il savait qui était la professeure. Il avait été même étonné de ne pas la voir pendant les vacances, elle avait peut-être dû être ailleurs.

Il était encore une fois dans le bureau du directeur. Ce dernier faisait des allers-retours sur le tapis usé au sol. Les tableaux au murs étaient vides depuis longtemps et le perchoir près de la fenêtre était tout aussi vide. Harry était debout, les mains dans le dos et se triturait les doigts. Ils attendaient quelqu'un.

La porte du bureau s'ouvrit, laissant passé le professeur de potion et directeur de la maison Serpentard. L'homme jeta un regard vers l'élève et vers les tableaux tous vides. C'était la première fois qu'il voyait cela après tant d'années de service. Il prit place devant le bureau et refusa, comme toujours, le bonbon au citron.

- Ah mon cher Severus. Je parlais au jeune Harry ici présent et j'ai remarqué un nombre impressionnant de retenu que vous lui aviez donné.
- Monsieur Potter devrait, aussi, ne pas être à déambuler dans les couloirs à des heures indues.
- Il est avec moi, la plupart du temps, je pensais qu'il vous l'avait pourtant dit.
- Il me l'a dit, en effet. Mais cela ne change pas le fait que je ne fais qu'appliquer le règlement, directeur. Il serait bon de m'informer quand cela est le cas. Cependant, je n'enlèverais pas la dernière retenue ni ne rendrais les points que j'ai retirés. De plus, si cela recommence je serais dans l'obligation de retirer le double.
- Voyons Severus, c'est un peu...
- Dur ? Non, je ne trouve pas. J'attends une amélioration des résultats pour les prochains jours. Je ne suis pas le seul à me plaindre que Monsieur Potter ait des notes plus que catastrophiques alors qu'il démontre un vrai potentiel.

L'homme se tourna vers Harry qui n'avait pas bougé d'un pouce et continuait de regarder vers le sol. Sa position était celle d'une personne soumise. Il toussota afin d'attirer son attention, mais cela le fit frémir seulement.

- Regardez-moi.

Le garçon leva les yeux, des yeux globuleux à cause des verres, mais aussi légèrement plissé. Il était toujours là à se mordiller la lèvre pratiquement à sang. Comment pouvait-il être à Gryffondor avec une telle timidité ? Même Londubat était plus vif que lui.

- Je veux que pour les prochains moins vos résultats augmentent. Je sais parfaitement que vous en êtes capable. Je ne suis pas votre tête de maison, encore moins votre tuteur ou famille, mais comprenez qu'à ce rythme vous pourriez pratiquement redoubler ce qui n'est, de mémoire, JAMAIS arrivé.
- C'est que…
- C'est que quoi ?
- Je ne vois pas bien avec mes lunettes et mon œil gauche est… parfois je ne vois presque rien, dit-il en baissant de nouveau les yeux.
- Et pourquoi vous n'avez rien dit bougre d'imbécile ?
- Je…

Il ne pouvait rien dire. S'il disait la vérité, il était mort, s'il mentait il aurait le professeur à dos. Il sentit sa respiration devenir erratique. Qu'est-ce qu'il pouvait dire ? Il ouvrit plusieurs fois la bouche avant de la refermer. Il observe les deux sorciers, l'un après l'autre. Il allait dire quelque chose, tenter du moins que la porte du bureau s'ouvrit en claquant. Un élève de Serpentard, l'air plutôt épuisé semblait dans tous ses états.

- Directeur, y'a un dragon devant la maison du… de Hagrid.

Le directeur se leva immédiatement et fit signe à Severus de venir et dit au jeune Gryffondor de retourner dans la tour, avant de partir. Laissant Harry derrière sans aucune surveillance. Le garçon observa autour de lui, remonta ses lunettes trop grandes pour lui et se dirigea vers la sortie sans voir derrière lui que tous les tableaux revenait à la vie.

La nouvelle tomba le lendemain matin. Hagrid était inconsolable. La cabane qu'il habitait était partie en fumée par l'attaque d'une maman dragon pas très ravie. Il se murmurait que le garde chasse avait chez lui un œuf de dragon qu'il avait eu on ne savait où et c'est ce qui aurait déclenché la fureur de la dragonne. Il n'y aurait eu, heureusement, que des dégâts matériels.

Harry était assis à la table dans la salle commune. Il avait eu la veille une détention à nouveau et avait eu pour ordre d'écrire une simple lettre d'excuse. Du moins, c'est ce que disaient les mots en premier plan du professeur. Harry avait compris en voyant le regard inquiet de l'homme qu'il voulait savoir et qu'il devait trouver un moyen de lui dire. Il avait passé du temps devant son parchemin, mais cela avait été difficile. Il n'arrivait pas à se concentrer. Il avait alors demandé à l'homme s'il était possible de lui accorder du temps supplémentaire pour écrire la lettre et la lui faire parvenir. Le potionniste avait accepté. Il était alors là, penché dessus depuis bien une heure à l'abri du regard des autres. Il voulait le faire, il pouvait le faire.

Il lui fallut bien trois jours pour le faire et quelques heures de sommeil en moins. Albus avait essayé plusieurs fois de voir, mais Harry lui avait dit qu'il n'y arrivait pas et que de toute façon cela était juste une lettre d'excuse classique et qu'il la lui montrerait avant de recopier au propre.

Ce qui était faux. Il avait travaillé sur deux versions plus ou moins semblables et c'est avec plaisir que l'homme n'avait pas cherché dans sa tête pour le coup. L'année avait été longue et monotone et il avait presque hâte qu'elle se termine.

Severus était désemparé et relisait pour la quatrième fois la lettre qu'il avait entre les mains.

"Professeur Snape

vous m'avez assigné de vous écrire une lettre d'excuse concernant mon manquement au règlement.
cependant….
Je suis sincèrement désolé, désolé de ne pas pouvoir vous dire la raison de mes sorties ou de ne pas pouvoir vous répondre.
Désolé de ne pas être aussi fort que les autres et avoir des résultats aussi mauvais.
pas que cela est un côté impertinent de ma part ou une façon pour moi d'être un peu plus... comme mon père. (d'ailleurs, que vous a-t-il donc fait pour que vous le détestiez ainsi ? )

C'est une histoire entre moi et le directeur qui restera certainement secrète, à l'abri des autres, dans son son bureau.
parlez-en lui, il vous confirmera à chaque fois que je reviens de son bureau.

Encore une fois... je suis désolé si cela je vous ai blessé ou énervé de ne pas pouvoir vous le dire ou de vous mentir.
il n'y a aucune autre façon de vous le dire, ou même de vous prouver mes dires.
Vous pensez peut-être que je suis juste un golden boy, un garçon choyé, idolâtré, mais ce n'est pas du tout le cas et ma maison… c'est Poudlard, pas ailleurs.
je suis simplement moi, un garçon qui a perdu ses parents trop tôt et ne sait pas quoi faire de toute cette renommée et de ces titres trop longs.

j'espère que vous accepterez ce que je vous dit, même si cela est un peu bancal et que je fais quelques fautes.
je ne suis pas encore très à l'aise à écrire avec une plume et à l'encre, il se peut qu'il manque des majuscules.
Peut-être pourriez-vous, en acceptant mes excuses, m'aider ?

Je demande simplement cela, de l'aide.
je veux juste de l'aide pour écrire et peut-être un peu d'aide à comprendre cet art qu'est le vôtre.

Harry J. Potter."

Il voyait parfaitement ce qu'il lui disait et cela le rendait presque malade. Il ne savait pas toute l'histoire, mais il voyait le début de quelque chose de plus grand… et peut-être de trop grand. Il observa l'heure et prit la décision de sortir et en parler à Quirrell et son… "colocataire" de corps.

- Severus ? dit la voix sifflante, un souci mon fidèle serpent ?
- Lisez, dit-il en présentant la lettre de son élève

L'homme la lu plusieurs fois et la rendit. Ils devaient agir… mais faire quoi ? L'homme était pratiquement intouchable et l'enfant devait être bardé de sort de traçage et de surveillance en tout genre.

- Donne lui des cours de potion avec comme excuse de t'aider à les faire et ça l'aidera en retour. Fait lui boire les potions sous le couvert de "test" ou sous celui d'une tasse de thé si tu lui fais des cours théoriques.
- Je ferai mon possible, mais cela m'inquiète. J'ai l'impression d'être le seul à m'en rendre compte.
- Peut-être que c'est vraiment le cas et que nous sommes tous drogués. Toi et moi avons nos… moyen de ne pas l'être.
- Je vais retourner dans mes quartiers et si possible contacter Lucius.
- Essayer de passer par le jeune Draco, il sera plus facile de faire passer le message. Mais quelque chose me dit que cela mettra encore quelques années.
- Même si c'est un Potter… je ne laisserai aucun enfant se faire autant traiter sans agir … quitte à ce que ce soit au péril de ma vie.

Il se dirigea vers la sortie en un mouvement de cape habituel. La main sur la porte, il eut un moment de doute et tourna la tête.

- Mon seigneur ?

Quirrell leva son regard devenu rouge sur le potionniste.

- Nous savons tous deux ce qu'il en retourne de le sauver, pour le monde magique. Mais il semblerait que le Seigneur des ténèbres de la prophétie… ce ne soit pas vous.
- C'est ce que je pensais aussi et Severus… appelle moi Tom.

Severus acquiesça et sortit du bureau, rentrant dans ses quartiers. Il avait une lettre à écrire au plus vite.

Lucius Malfoy était assis en train de petit-déjeuner quand le hibou de son fils arriva au manoir. L'oiseau majestueux portait deux parchemins enroulés l'un dans l'autre. Le premier était une note de son fils qui lui parlait de son éducation, de ses amis mais aussi avec un sous entendu que Severus l'avait approché afin de lui remettre une lettre urgente. Narcissa entra dans la pièce et embrassa la joue de son mari avant de prendre place non loin et d'appeler un elfe.

Lucius déroula le deuxième parchemin et sa lecture lui fit lâcher sa tasse de thé, la brisant au sol et éclaboussant au passage.

- Et M… Merlin.
- Tout va bien ? demande Narcissa en entendant Lucius pratiquement jurer.
- Je vais devoir rendre une visite à Severus, il semblerait qu'il y ai un problème à l'école que je dois régler, dit-il en se saisissant de sa baguette et se nettoyant alors qu'un elfe enlevait le reste d'un claquement de doigt.
- Est-ce grave à ce point ?

Il se rassit et soupira en se saisissant de la nouvelle tasse apparue.

- Il se pourrait que le héros du monde magique soit l'esclave du directeur.
- L'escl… mais…
- D'après Severus, l'enfant ne peut rien dire, sûrement dû à un sortilège. De ce qu'il a appris, l'enfant serait loin d'être choyé et ne paraîtrait avoir que neuf, dix ans à peine.
- Ne peut-on pas intervenir ?
- Nous ne pouvons rien faire pour le moment. Notre seigneur serait actuellement là bas aussi. Je pourrais peut-être essayer de lui parler.
- Merlin merci il est en vie… Penses-tu qu'il puisse faire passer un message à Bellatrix ?
- Je lui demanderais.

La conversation s'arrêta ainsi et ils continuèrent leur routine en sachant que les choses allaient bientôt changer.

Harry était assis dans le laboratoire privé du professeur. Severus était à côté de lui et avait le livre de l'année ouvert entre eux, une tasse de thé à portée de main. Harry avait senti dès le début que le thé avait été agrémenté de quelque chose. Il n'avait rien dit et remerciait mentallement le potionniste. Son appel à l'aide avait été entendu et, quand bien même Albus avait été loin d'être ravi, il avait accepté que son "protégé" ait des cours supplémentaires. L'homme en noir lui avait glissé que ,au vu des ses résultats actuels, il se pourrait qu'il ait encore besoin d'aide pendant quelques années avant d'être libre. Il simplement répondu qu'il prendrait toute l'aide possible et qu'il serait patient. Il pouvait bien passer des heures dans un laboratoire si cela pouvait aider ses notes à s'améliorer. Ses notes… ou plutôt son train de vie.

L'homme glissa son doigt sur la page actuelle du livre et expliqua quelques détails sous le regard admiratif de l'enfant. Severus ne s'y trompait pas, il savait que l'enfant était passionné. Ils avaient fait quelque potion ensemble et l'enfant aurait mérité au moins un Effort Exceptionnel, presque un Optimal. Mais sa vue ne l'aidait pas et il arrivait que l'enfant ait des spasmes pour une raison inconnue. Lucius était passé il y avait déjà quelques semaines. Le soir même de la réception de la lettre en fait. Ils en avaient parlé autant que possible, sous des phrases contournées et pleines de double sens. Ils avaient fini par se séparer après une simple étreinte fraternelle, pleine de réconfort et de courage.

La fin de l'année était là et Harry se retrouvait devant le couloir interdit. Ronald et Hermione l'y avait traîné. Il ne savait même pas pourquoi et avait la peur bleue. Allait-il mourir dévoré par il ne savait quelle bestiole ? Peut-être bien. La porte s'ouvrit et ils entrèrent… du moins il fut tiré à l'intérieur. Il y avait un gros chien à trois têtes, endormi. Hermione fit la réflexion qu'il ne devrait pas être endormi, que quelqu'un en avait après une certaine pierre philosophale et que cela pouvait être le professeur Snape. Il savait pourtant que le potionniste n'allait pas risquer quelque chose d'aussi gros… Y avait-il quelqu'un d'autre qui pouvait l'aider ? Quelqu'un qui était contre Albus ? … Oui, il y avait une seule personne que tous les bon montons croyaient mort mais … Était-il là, bien vivant ? Cela lui redonna un peu d'espoir et ils avancèrent, passant sous une trappe qui était sous la patte du chien.

Il passèrent aussi un filet du diable, une poursuite de clé sur un balais où Ronald en sortit avec des blessures. La suite fut un échiquier géant. Harry pensa que la personne n'avait pas eu le temps de passé aussi en jouant une partie… à moins d'être un as des échecs. Puis s'il y avait eu une partie… il y aurait eu des dégâts. Il prit cependant la place, obéissant sans rechigner. La partie fut serrée et Ronald fut expulsé à coup d'épée. Il se mordit les lèvres en pensant très fort que le chevalier l'avait loupé. La partie se termina sous la direction maladroite de Hermione. Harry se ramassa un sort vicieux pour être aussi inutile.

Ils avancèrent à deux, passèrent le troll assommé et, entrant dans la pièce suivante, se retrouvèrent encerclés de flammes. Derrière eux, des flammes violettes, devant eux, des flammes noires. Une simple énigme, plusieurs fioles… une seule pouvait leur permettre de passer. Ainsi… une seule personne pouvait passer.

Hermione prit la direction de l'énigme, bien qu'Harry savait exactement quelle potion était la bonne. Il ne dit rien et attendit, espérant faire gagner du temps à la personne devant eux. Il regarda la jeune fille faire des allers-retours devant lui, sans un mot avant qu'elle ne trouve enfin et confirme, inutilement, qu'une seule personne ne pouvait passer et que ce serait lui, car c'est son destin d'aller affronter la mort. Il attrapa la fiole, la bu et passa les flammes , se retournant simplement pour vérifier si elle était bien partie. Il souffla et observa la pièce. Une pièce vide, un simple miroir, sûrement un miroir magique, et devant, le professeur Quirrell qui semblait agacé et parler à lui-même, ou était-ce à quelqu'un d'autre.

- Professeur ?

L'homme se retourna, surpris de la voir là avant de se rappeler que le vieux fou était certainement au courant.

- Approche Harry… Que fais-tu ici ?
- Il… Il semblerait que quelqu'un veuille la… la pierre philosophale, je crois. Ronald et Hermione m'ont traînés ici en me disant que je pouvais peut-être l'arrêter. Mais j'ai que onze ans, comment pourrais-je vous arrêter alors que vous avez certainement plus d'expérience que moi ?
- Effectivement, dit une voix sifflante. Pourrais-tu...m'aider à l'avoir ?
- Je… Je sais pas si je peux.
- Regarde dans le miroir et dis moi… dis moi ce que tu vois.

Harry approcha un peu plus du miroir et regarda.

- Je vois… plusieurs personnes. Certaines qui ne me disent rien, peut-être mes parents ou des gens qui me connaissent et m'aiment. Je vois aussi le professeur Snape qui est là. Je suis là aussi, on est tous dehors … libre. Je suis debout et à mes pieds… il y a le directeur.
- Que fait-il ? demande l'homme curieux.
- Rien… il est mort, dit-il en tournant son regard pour le planter dans celui du professeur au turban. Quel est ce miroir ?
- Celui du désir. Il montre notre plus grand désir.
- Ainsi… je désire trouver la pierre et … oh.

Harry fouilla dans sa poche droite et en sortit une pierre rouge brillante. Il ouvrit la bouche avec surprise. Il vint pour la tendre à ce qu'il lui semblait être Voldemort que la porte derrière eux vola en éclat et qu'un sort percuta l'homme. Harry sursauta en voyant le directeur. Ils n'avaient pas été assez rapides.

- Viens ici Harry, apporte la pierre avant qu'il ne s'en empare.

Le garçon déglutit, la peur au ventre et approcha du directeur. Quirinus et Voldemort se relevèrent et lancèrent au garçon un sort de jambencoton qui s'écroula et lâcha la pierre en tombant. Harry s'évanouit de fatigue et sous le coup. Il espérait que l'homme réussisse.

Quand il s'éveilla, il vit un plafond blanc, l'odeur de désinfectant et un nœud se forma dans son estomac. Il tourna le regard et tomba sur la silhouette de l'infirmière de l'école. Merde. Il allait mourir pendant les vacances. Elle se retourna et commença à le prendre en charge, lui posant des questions. Elle lui fit part qu'il ne pouvait sortir que le lendemain, c'est-à-dire le dernier jour de cours. Elle lui donna deux potions et avant de lui dire de se reposer. Il s'endormit rapidement.

En pleine nuit il se réveilla, une personne était là mais il ne vit pas qui elle était. Il était tellement fatigué… qu'elle fasse ce qu'elle veut, il était vraiment à bout. Quand il s'éveilla le lendemain, il sembla aller mieux. Il se redressa doucement et la porte s'ouvrit sur le directeur.

- Je te veux dans mon bureau dès ta sortie d'ici. J'aimerais savoir ce qu'il s'est passé.
- Oui, Mai… monsieur.

L'homme se retourna et sortit sans un mot. Il était vraiment mort.

Quand il sortit du bureau du directeur, il tremblait. Ses muscles lui faisaient mal à faire autant de spasmes. Sa tête lui faisait mal à cause des sorts et sa peau non visible le tirait horriblement. Ses hanches lui font mal, ses fesses lui font mal… il est fatigué, il a mal et il est complètement souillé. Il lève ses yeux, dans le couloir vide, ses lunettes cassées dans la main. Il était bon pour rentrer à la tour sans aide.