Vacance 1992
Lucius Malfoy était un homme occupé. Le ministère lui prenait beaucoup de temps, son devoir de Lord ajoutant du travail, tout comme celui d'être un parent ou même d'être parmi le conseil d'administration de Poudlard. L'année qui venait de passer avait été assez fatigante. Albus avait essayé de faire passer plusieurs lois en secret, sur des jours où tout le monde n'était pas disponible. Mais ils avaient réussi à trouver une parade et faire que chaque session devait être annoncée une semaine en avance. Cela n'avait pas plu à l'homme qu'était le directeur, mais il fallait éviter à tout prix le carnage du monde magique.
Les barrières du manoir lui firent savoir qu'une personne venait. Il leva la tête et attendit. La porte du bureau s'ouvrit sur son ami Severus. Ce dernier avait l'air inquiet et fatigué. Il se leva et le prit dans ses bras, le saluant avant qu'ils ne s'assoient tous deux sur le canapé de la pièce.
- Tu semble bien ailleurs Severus.
- Est-ce que tu as entendu parler de Harry au cours de l'année ? Plus que ce que je t'ai dit la dernière fois.
- Hum… Draco a dû le mentionner une ou deux fois il me semble. Un garçon petit et timide. Il m'a fait part aussi qu'il ne savait pas pourquoi il avait été réparé chez les lions, dit-il en regardant pensivement vers la fenêtre. Rien de plus que ce tu m'a dit en cours d'année.
- C'est plus grave que ça… Je n'ai pas eu le temps de t'en parler plus mais, nous avons discuté sous couvert de cours du soir. Le garçon est enfermé, maltraité et il ne peut vraiment rien dire tant que la personne ne le sais pas. C'est pire que ce que je pensais.
Lucius tourna la tête vivement, faisant craquer son cou.
- Pardon ?!
- Je l'ai aidé dès que j'ai su et le Lor... Tom l'a aidé aussi, autant que possible. Mais Dumbledore est puissant et nous ne pouvons rien faire tant que Tom n'est pas de retour.
- C'est possible d'aider Harry je pense. Je peux toujours en parler avec Draco déjà. Mais au ministère… je ne peux rien dire.
Dans une alcôve, cachée à l'abri du regard de son maître et de l'ami du maître, une petite créature écoutait ce qui était dit. Dobby, elfe de maison de la famille Malfoy depuis longtemps, décida qu'il fallait agir et tant pis s'il allait se faire punir. Il se téléporta pour Poudlard.
Il arriva dans le château sans trop de soucis, caché sous un sort elfique puissant. Il écouta, sentit magicalement l'air autour de lui avant de se téléporter de nouveau. Il arriva dans les cachots, faisant sursauter quelqu'un non loin. L'elfe tourna son regard autour et reconnut ce qui semblait être des cachots. Il vit une forme recroquevillée dans l'une des cellules. Il se téléporta dedans et s'approcha du garçon.
- Petit maître Harry Potter ?
- O… oui mais… Comment le sais-tu ?
- Je est Dobby, l'elfe de maison Malfoy. Dobby a entendu Maître Malfoy et Maître des potions parler que Harry Potter est enfermé à cause du vilain vieux citron directeur, oui oui. Dobby veut aider et aider petit maître Harry Potter.
- Si tu veux m'aider… dans ce cas dit à ton maître et à Severus ceci "mon regard n'est plus le même, le gauche est mort. J'attend avec impatience la rentrée pour recevoir de nouveau de l'aide en potion et aimerait en avoir déjà. Mon savoir est vide et ma couleur préférée n'est plus le bleu mais une palette entre le violet et le jaune. Peut-être même du rouge, un rouge pourpre." Va leur dire avant qu'il n'arrive et… merci Dobby.
- Si petit maître a besoin, que petit maître appelle Dobby.
L'elfe se courba en deux et disparut après avoir nettoyé très légèrement l'endroit. Il apparut dans le manoir et se dirigea vers le bureau. Quand il entra les deux sorciers étaient encore en train de parler, un verre d'alcool à la main. Dobby se tordit une oreille et s'approcha.
Lucius tourna son regard et pencha un peu la tête en voyant l'air coupable et inquiet de son elfe d'habitude si énergique.
- Dobby est désolé Maître Lucius mais Dobby a entendu ce que vous parlez avec maître des potions et Dobby est allé à Poudlard voir petit maître Harry Potter. Petit maître a dit pour vous "mon regard n'est plus le même, le gauche est mort. J'attend avec impatience la rentrée pour recevoir de nouveau de l'aide en potion et aimerait en avoir déjà. Mon savoir est vide et ma couleur préférée n'est plus le bleu mais une palette entre le violet et le jaune. Peut-être même du rouge, un rouge pourpre."
Severus posa son verre sur la table et passa une main sur le visage, abattu. Lucius posa aussi son verre et regarda son elfe qui se dandinait d'un pied sur l'autre. L'homme blond soupira.
- Ce ne fut pas très prudent ce que tu as fait, mais au moins maintenant il peut avoir de l'aide. Quand tu y retourneras, tu viendras me voir avant pour me le dire et surtout me demander si je veux dire quelque chose. N'essaye pas de le téléporter hors de Poudlard, qui sait ce que cela pourrait lui faire.
- Quand tu te téléporteras dans l'année, viens dans mes quartier en premier, ajoute Severus.
- Maintenant file nettoyer un peu le manoir et tu aideras à la cuisine comme punition.
- Oui maître Lucius.
L'elfe disparut et les deux hommes se regardèrent en silence. Il n'étaient que trois presque quatre … ils ne pouvaient rien faire face à un tel monstre de puissance.
Les jours passèrent et Harry était toujours là, dans sa cellule. Enfermé comme à chaque moment, enfermé dans une pièce minuscule tâchée de rouge du jour. Albus devenait méfiant et faisait tout son possible pour que rien ne soit aperçu. l'homme aurait aimé pouvoir rentrer au manoir, ne pas avoir à rester le cul derrière son bureau. Encore heureux qu'il pouvait être avec sa… femme et surtout sa fille. Hermione était ravie et passait son temps dans la bibliothèque à lire tout ce qu'elle pouvait, elle serait la sorcière la plus intelligente et personne ne prendra sa place, pas même ce petit con de Malfoy.
L'elfe venait souvent en pleine nuit et lui parlait de tout et de rien, le nourrissant même. Lui racontant des histoires pour qu'il s'endorme. Il lui parla aussi du "petit maître Malfoy", que le garçon était peut-être froid d'apparence, mais que celui-ci était un vrai ami.
Severus faisait, encore une fois, les dix milles pas sur le tapis usé de son salon. Il était obligé de rester dans la bicoque familiale au lieu de rester chez lui avec l'un de ses compagnons. Tout ça pour éviter qu'en cas d'appel du vieux citron, il se fasse voir. Il avait par ailleurs trois voûtes à Gringotts. Celle où Albus prenait l'argent, Celle où il a transféré l'argent de la Famille Prince petit à petit et la troisième où il déposait l'argent de son travail, ses recherches et contenant aussi certains ingrédients rares. C'était grâce à Lucius qu'il avait réussi à mettre tout son argent en sécurité et … être à Serpentard avait du bon.
Il se posa dans le fauteuil d'apparence vieux et décrépi, puis ouvrit le journal mensuel du potionniste. Il espérait trouver une rencontre, une convention assez loin pour les vacances, le simple temps de souffler un peu et… de glisser un mot rapidement sur la condition de vie de Harry Potter, le tout sous son apparence cachée. Une fois la nouvelle lancée… cela se répandra comme une traînée de poudre. Oh il n'était pas naïf, il savait que ça mettrait un moment, mais bientôt le monde le saura et… peut-être pourrait-il glisser que le Lord Noir essais d'aider … cela pourrait toujours faire des alliées.
Severus observa la page des rencontres avec hésitation, l'un d'elle se passait en Russie. Il ferma le magazine, il devait avoir un avis extérieur avant.
Harry pleurait depuis presque une heure maintenant. Il avait mal, il ne voyait plus d'un œil, c'était définitif, et l'autre était partiellement aveugle aussi actuellement. Il sentait sa magie faible et … il se sentait sale, son corps meurtrie d'une couleur étrange. Il était presque certain qu'aucune partie de son corps n'était épargné. Il ne savait pas s'il faisait nuit ou jour, ni même exactement la date… Il voulait simplement mourir ou partir … Il ne savait plus très bien.
