Titre : Papa

Rating : T

Pairing : Slash, Yaoi, Mentor fic

Disclaimer : Pour votre plus grande déception (j'en suis sûre), je ne suis pas JKR.

Statut : Terminée (21 chapitres)

Résumé : Jesaisplusj'aipaseuletempsdelerechercher

NdA :

Bêta : AudeSnape & Pauu-Aya

.oOo.

Chapitre 7

.oOo.

« Tu as une case en moins, » grogna Draco alors qu'il regardait son frère tendre une souris vivante à la créature accrochée à une plante sur le bureau.

« Une expression Moldue Draco ? » ricana Samaël.

L'ex-Serpentard plissa les yeux et émit un petit son de dédain.

« Cette expression provient de Caillus Jonshon, célèbre occlumens mort en 1756 qui, de façon très subite, a sombré dans la folie. Lorsque les guérisseurs ont cherché à comprendre les raisons de cette démence, ils ont utilisé la légilimencie et ont constaté que les fabuleuses facultés de Caillus en occlumencie étaient dues au fait qu'il y avait matérialisé un espace, semblable à une grande réserve dans son esprit. Chaque information de son cerveau était classée dans une boite sur une étagère et pouvait être très facilement retrouvée ou protégée, » expliqua Draco avec sérieux.

Il soupira élégamment, comme s'il expliquait quelque chose de particulièrement simple à un idiot et reprit :

« Malheureusement, il y avait aussi enfermé ses capacités motrices, forçant son cerveau à puiser dans ses boîtes pour retrouver les fonctions de son corps. Il était ainsi beaucoup plus vif, plus rapide, mais lorsque son esprit a été endommagé, certaines données ont été totalement effacées, les boîtes ayant disparu, et le rendant fou de façon irréversible. L'étude de ce cas a prouvé que si cette solution de compartimentage est très efficace, elle est aussi très dangereuse et elle créa la loi de 1770 interdisant les magies jouants sur les facultés cognitives. »

Draco regarda son père qui acquiesça avec un sourire fier, puis se tourna à nouveau vers son frère qui tenait toujours sa souris, maintenant morte, par la queue devant son swooping evil. Il avait la bouche ouverte et les yeux écarquillés, le regardant comme s'il était Voldemort en personne. Draco sourit et bomba légèrement le torse, concluant son discours :

« C'est donc pour cette raison que l'on dit de quelqu'un de fou qu'il a une case en moins. Cela fait référence aux cases créées et perdues par Caillus Jonshon. »

Samaël continua de regarder son frère, ébahi par autant de connaissances. Des connaissances inutiles qui plus était ! Franchement, qui retenait la date de décès d'un homme ayant fait pour seule avancée scientifique, qu'il ne fallait pas mettre ses facultés motrices dans des boîtes ? Même Samaël aurait pu le deviner.

« C'est ça que tu apprends quand tu te colles dans tes livres pendant des heures ? » demanda-t-il avec une grimace.

Lorsque Samaël eut la confirmation par Draco, il se tourna vers Lucius, les sourcils froncés :

« Tu vois pourquoi je n'aime pas lire tous ces livres ! Après on a l'air stupide ! »

« Hey ! » s'indigna Draco. « Parce que tu n'as pas l'air idiot avec ta tête de poisson boulu hors de l'eau ? »

« C'est mieux qu'une tête de furet ! » contra Samaël, souriant, en lui jetant la cadavre de souris.

« C'est ignoble ! » couina Draco.

Alors qu'ils se chamaillaient, aucun des garçons ne vit le sourire discret de Lucius. C'était la première fois que Samaël le tutoyait. Ces dernières semaines, ils avaient été ensemble très souvent, notamment pour s'occuper de la bête qui avait élu domicile sur son bureau

Il avait confirmé ses soupçons à propos du jeune homme : Samaël n'était pas fait pour étudier des heures dans une bibliothèque comme l'était Draco. Les garçons feraient leur rentrée à l'école de Beauxbatons juste après les vacances de Noël et en attendant, Lucius essayait de trouver un tuteur pour lui. Mais les professeurs particuliers étaient rares et plus encore ceux qui préféraient apprendre par la pratique et non pas les manuels les plus cotés. Ils avaient réussi à définir que Samaël était intéressé par les créatures magiques, par les sortilèges de soin et de défense, par les plantes aussi, bien qu'il n'y avait jamais montré grand intérêt à Poudlard.

Lucius cherchait donc un professeur capable de prendre Samaël avec lui et de partir en expédition dans les forêts dangereuses pour lui apprendre tout ce qu'il savait. Pour cela, il fallait aussi qu'il soit capable de le protéger et Lucius n'était pas apte à croire n'importe qui. Les entretiens étaient rudes et les rares personnes postulant pour un tel poste étaient très vite recalées.

Pour le moment, il était le seul qui s'occupait de l'éducation de Samaël, mais il ne pouvait continuer très longtemps. S'il avait pensé à des vacances agréables en famille, il avait vite déchanté en voyant la quantité de travail que réclamaient les différentes entreprises à travers le monde. Il avait rompu le contrat des personnes qui les géraient pour lui depuis tant d'années, car lorsqu'il s'était intéressé à ces dossiers qu'il laissait habituellement sur le côté, il s'était rendu compte des différentes malversations. Evidemment, il avait immédiatement intenté un procès et il se retrouvait maintenant à devoir gérer les entreprises, une instance judiciaire et un nouveau fils.

Heureusement que Draco pouvait se gérer seul. Même s'il avait besoin de louanges régulières, il connaissait ses besoins, ses limites et ses faiblesses. Il était bien loin à ce sujet de Samaël qui ne semblait pas avoir de conscience, ni de respect pour lui-même.

« Père ! Tu ne dis rien ? »

Lucius sortit de ses pensés par le cri de Draco. Il tourna la tête et regarda son fils qui, à ce moment précis, reçut une nouvelle fois la souris morte sur la joue. Il se retourna vers Samaël qui pouffait de joie, utilisant sa baguette pour récupérer l'animal.

« Sam, ça suffit, » siffla-t-il, bien que ses lèvres se courbèrent d'un sourire. « Donne leur repas aux sombrals et occupe-toi de ta créature. Elle a encore faim. Je crois que nous devrons bientôt passer aux rats. »

Le sourire de Samaël à l'utilisation de ce surnom disparut subitement et il déglutit. S'il s'était fait à l'idée de donner des souris à l'animal, les rats étaient une toute autre histoire et il appréhendait déjà le moment où il devrait passer à une taille un peu plus grosse.

Se levant, il se dirigea vers la fenêtre et jeta la souris blanche au troupeau qui patientait en bas, sachant que de la nourriture était jetée depuis la fenêtre plusieurs fois par jour.

« Draco ? » demanda Lucius. « Comment se passe tes études ? »

« Très bien père, » répondit le garçon en s'essuyant frénétiquement la joue. « J'éprouve un intérêt certain pour les runes et les sortilèges. J'ai trouvé quelques ouvrages sur les rituels magiques et j'aimerais approfondir le sujet. »

« Bien. Mais n'oublie pas d'étudier les matières générales. Je vous évaluerai bientôt pour voir où vous en êtes dans le programme. »

« Quoi ? » haleta Samaël. « Un contrôle ? On va avoir un contrôle ? »

« Ne t'inquiète pas, j'ai pris en compte tes difficultés, » expliqua Lucius. « Ton examen ne sera pas du même niveau que celui de Draco. »

Samaël plissa les yeux au ricanement moqueur qu'il entendit venir de son demi-frère. Il allait répliquer mais fut surpris lorsque Lucius parla :

« N'en rajoute pas Draco, » siffla-t-il, prenant la défense de Samaël qui n'en croyait pas ses oreilles. « Quoi qu'il en soit, » continua le chef de famille en se tournant vers son plus jeune fils. « Tu auras peut-être un professeur à la fin de cette semaine. J'ai trouvé une personne compétente et elle revient demain pour un dernier entretien. »

« Qui est-ce ? » demanda Samaël, curieux.

« Son nom ne te sera d'aucune aide, et je préfère que tu apprennes à le connaître plutôt que te révéler ce que je sais. »

Samaël acquiesça et regarda avec inquiétude la pile de livres qu'il aurait déjà dû lire pour être à jour dans le programme. Il fut sorti de sa contemplation lorsqu'une main ferme vint se poser sur son épaule. Levant la tête, il vit Lucius le regarder de ses profonds yeux gris.

« N'oublie pas de venir me voir au moindre problème, » déclara l'homme avec sérieux. « Si cet homme ne te convient pas, s'il dit ou fait des choses inappropriées, si tu n'apprends pas correctement avec lui… Surtout, n'hésite pas à m'en parler. Ma porte sera toujours ouverte. »

Il leva sa deuxième main pour ajuster le col défait de Samaël.

« Après tout, tu es un Malfoy, » ajouta-t-il. « Tu mérites ce qu'il y a de mieux et je te prendrais au sérieux quoiqu'il arrive. Apprends à faire confiance. »

Samaël ne put que hocher la tête lentement face à la déclaration de Lucius. Il était rare que l'homme se montre aussi ouvert. Depuis qu'ils étaient en France, il n'avait plus parlé du fait que Samaël faisait dorénavant partie de la famille et le jeune homme s'était demandé s'il avait regretté ses précédentes déclaration. Ce n'était apparemment pas le cas.

« Allez viens, » déclara Draco, brisant le moment. « On avait prévu une partie de Bavboules. »

Toujours légèrement perdu dans ses pensées, Samaël acquiesça et se dirigea vers la porte, lançant un dernier regard plein de questions et d'espoir à Lucius.

Dès que la porte du bureau fut refermée sur les deux garçons, il ressentit un bras lourd sur ses épaules qui le força à se plier en deux. Aussitôt, une main fut sur le sommet de son crâne et commença à frotter durement.

« Eh ! » cria-t-il en tentant de se débattre.

« Tu as cru que tu pourrais me lancer une souris morte au visage et t'en sortir vivant ? » grogna Draco en frottant son poing serré contre les cheveux fins du garçon. « J'ai toujours rêvé d'utiliser la technique du savon ! Ca fait du bien, petit frère ? » demanda-t-il, insistant bien sur le fait qu'il était l'aîné.

Samaël pouvait deviner son sourire alors qu'il recevait le châtiment que Ron avait souvent reçu devant lui de la part de ses frères. Malgré le fait qu'il veuille se fâcher contre Draco, une chaleur inhabituel prit place dans sa poitrine, le forçant à sourire à son tour. C'était donc l'effet d'une fratrie ?

Subitement, il tira son coude en arrière pour le planter dans les côtes de Draco. Ce n'était pas violent, mais pas non plus d'une grande douceur. Surpris par le geste, le garçon relâcha sa prise quelques secondes, ce qui permit à Samaël de se dégager et de se mettre à courir dans les couloirs.

« Draco a une force de Nargole ! » hurla-t-il alors qu'il détalait pour échapper à son bourreau.

« Espèce de Veracrasse sans cervelle ! » répondit Draco qui se mit à lui courir après, le poing levé.

Derrière la porte close de son bureau, Lucius sourit. Jamais il n'aurait dû accepter un tel comportement dans sa maison. Pourtant, c'était la première fois depuis des mois qu'il voyait Draco sourire.

Il était tellement fier de son garçon. Lui qui avait perdu sa mère quelques mois auparavant, lui qui devait maintenant partager son père avec un autre, gérait la situation à merveille. Il était devenu un homme, malgré sa dégaine de fils à papa, et Lucius remerciait chaque jour le ciel pour lui avoir donné un garçon comme lui.

Samaël, quant à lui, s'émerveillait de toutes choses. Que ce soit une main sur l'épaule, une nouvelle information sur sa créature magique, ou les chamailleries de Draco, il semblait que tout soit une première fois. Lucius ne pouvait imaginer ce qu'il avait vécu jusqu'ici, mais il était heureux de le voir écarquiller ses beaux yeux verts et remercier à demi-mot pour chaque nouvelle chose expérimentée.

Oui, Lucius était fier de ses deux fils. Et s'il avait encore du mal à être lui-même au quotidien en présence de Samaël, il était certain que l'amitié entre Draco et Samaël les aiderait à trouver leur place à chacun.

.oOo.

Samaël ouvrit doucement la porte de la chambre à coucher plongée dans les ténèbres. La pièce était totalement silencieuse, mise à part une respiration profonde qui venait de l'immense lit à baldaquin. Il régnait une chaleur presque étouffante et une odeur désagréable. Les potions, le renfermé et même quelques émanations de vomi.

Pénétrant dans la pièce, Samaël marcha à petits pas pour ne pas faire tomber le contenu de son plateau. Après tout, il avait dû convaincre Lucius de ne pas faire appel à un elfe, s'il renversait maintenant sa charge, il passerait pour un idiot.

Plaçant le plateau sur la table de chevet, il sortit sa baguette de sa poche et la pointa en direction des fenêtres de la chambre. Il murmura un sort, heureux de pouvoir utiliser la magie avant l'âge légale, pour ouvrir les volets, les rideaux et les battants. Aussitôt, une brise froide entra dans la chambre et un grognement s'échappa de sous les draps.

« Ne soit pas aussi grincheux dès le matin, » déclara Samaël avec un immense sourire. « Tu devrais être heureux que ce soit moi et pas un elfe. »

« Sam ? » grinça Draco en sortant la tête de sous la couverture. « Qu'est-ce que j'ai fait à Merlin pour mériter ça ? » geint-il ensuite.

Samaël ricana et s'assit sur lit, à côté de son frère, posant un sortilège pour chauffer l'espace ou celui-ci se trouvait.

« Tu as une tête affreuse, » dit-il avec inquiétude en constatant les poches sous les yeux gris de Draco, ses cheveux ébouriffés et ses joues un peu plus creusées que d'habitude.

« Merci. Bonne journée à toi aussi, » grogna Draco. « Tu ne devrais même pas être là… Tu risque de tomber malade aussi. »

« Le médicomage a dit que tu n'étais plus contagieux, » déclara Samaël en arrangeant les objets disposés sur le plateau qu'il avait amené avec lui. « Je me suis dis que tu aurais peut-être besoin de compagnie après quatre jours en quarantaine. La grippe magique est décidément bien plus impressionnante que la Moldue. »

« T'es venu te moquer de moi ? » grogna Draco.

« Non, je voulais prendre de tes nouvelles. Et t'apporter ton petit déjeuner et tes potions. J'ai aussi pris quelques livres de cours et le dernier magazine de Quidditch. »

Il y eut un léger silence avant que le regard suspicieux de Draco ne se transforme en sourire timide. Il se redressa dans le lit et souffla :

« Merci. »

Samaël rougit et se contenta de hausser les épaules. Il prit le plateau et le posa sur les genoux de Draco. Celui-ci commença à manger avec appétit, prouvant qu'il commençait à reprendre du poils de la bête après la semaine de maladie.

« Par Merlin… Ferme cette fenêtre, j'ai froid ! » finit par grogner Draco après avoir terminé son repas.

« Décision du médecin, » répondit Samaël. « Il faut évacuer un peu tous les microbes qui squattent ta chambre. Ne te plains pas, j'ai mis un sort chauffant autour de toi. »

Draco plissa les yeux et ne dit rien durant un instant, avant de se déplacer dans son lit et de relever un bout de couverture, invitant son frère à le rejoindre. Celui-ci n'hésita pas longtemps. Il fouilla dans ses poches et en sortit une boite avant de se glisser sous les draps et de relancer un sort de chauffage.

« Qu'est-ce que tu as là ? » demanda Draco, curieux.

« Dragée Surprise de Bertie Crochue, » annonça Samaël. « J'avais l'habitude d'en manger quand j'étais à l'infirmerie. »

« Comment n'es-tu pas devenu obèse ? Tu passais ta vie à l'infirmerie ! » ricana Draco, prenant un bonbon. « Si bien que j'ai laissé courir la rumeur selon laquelle tu avais une liaison avec Pomfresh. »

Samaël grimaça, non pas pour la réplique de son frère, mais pour la dragée au goût de vomi qu'il venait d'avaler.

« Ahah… » dit-il finalement d'une voix traînante. « Je ne l'ai jamais voulu tu sais... »

« Mmmh… » répondit Draco. « Je le sais. Je crois que je l'ai toujours su… Mais tu étais mon ennemi. Je devais bien te faire souffrir. »

« Tu t'es décrété ennemi tout seul ! » s'offusqua Samaël.

« Tu m'as envoyé sur les roses ! »

« Parce que tu étais un abruti ! »

« Peut-être… Mais tu m'as fait une déclaration de guerre publique. Comment j'aurais pu réagir ? »

« Une déclaration de guerre ? » haleta Samaël. « J'ai simplement refusé de serrer ta main quand tu as insulté mon ami. »

« Il n'y a pas pire offense pour une famille comme la mienne, pour les sang-purs. J'étais entouré d'un paquet d'entre eux. Si j'avais laissé passé ça, ma famille en aurait subi les conséquences, » s'énerva Draco.

« Comment voulais-tu que je le sache ? » répondit Samaël sur le même ton. « J'ai été élevé par des Moldus qui n'ont rien à voir avec l'aristocratie ! »

« Comment voulais-tu que je le sache ? » demanda Draco dans une réplique exacte de la phrase de son frère quelques secondes plus tôt.

Le silence se fit avant que les deux jeunes hommes ne se mettent à se sourire face à la réalisation de leurs erreurs. Les sourires se transformèrent vite en éclat de rire, avant qu'ils ne se réinstallent tranquillement dans le lit, mangeant quelques dragées.

« On était des enfants et on était idiot, » déclara Samaël.

« On a qu'à se dire que c'était dans une autre vie. On va faire les choses autrement maintenant. »

« Je préfère ce Draco là. Celui que tu es aujourd'hui. »

« Je ne peux pas dire que je préfère ce Potter. Tu n'es plus Potter. Tu es mon frère. »

« Wow… Ton frère… Ca fait toujours un choc… »

« Et à moi donc, » ricana Draco. « J'étais fils unique, chouchouté par mes parents et je me retrouve sans mère, à voir mon père s'inquiéter pour un autre que moi. »

« Ce n'est pas trop dur ? » demanda Samaël. « De voir ton père s'occuper de moi alors que c'est le moment où tu en as le plus besoin ? »

« Non… Je pensais que ce serait difficile, mais en réalité, je ressens plutôt du soulagement. »

« Du soulagement ? »

« Je suis désolé de dire ça mais tu ne sais pas ce que c'est d'avoir sans arrêt tes parents sur ton dos. Même s'ils n'étaient pas très présents, ils surveillaient constamment mes notes, mes repas, l'heure du couché… Ils demandaient même aux elfes si je me douchais régulièrement ! Je me sens plus libre. J'étudie à mon rythme et mon père est souvent avec toi. Ca fait du bien. »

« Je… Je ne sais pas trop quoi dire… » murmura Harry, piochant à nouveau dans les dragées.

Après quelques secondes de silence, il reprit :

« Je n'ai jamais eu personne pour vérifier mes devoirs, pour savoir à quelle heure je me couchais ou si je mangeais équilibré. Je ne peux pas dire que je suis vraiment à l'aise avec Lucius, mais… Parfois il pose sa main sur mon épaule et j'ai l'impression de redevenir un enfant. Sauf que cette fois, je ne suis pas dans la rue, dans des vêtements sales à essayer d'échapper à Dudley et sa bande. Je suis un enfant normal qui est protégé par quelqu'un de plus grand et de plus fort. Je veux dire… Jamais Dudley ne pourrait me faire de mal dans les bras de quelqu'un comme Lucius. C'est stupide… »

« Non… Je pense que je comprends un peu, » répondit Draco. « Quand j'étais petit, nous allions souvent rendre visite aux Serpentards que tu connais. Les Parkinson, les Goyle, les Crabbe… Gregory a un grand frère, Il avait quinze ans quand j'en avais sept. Mais son âge mental par Merlin… Je ne sais pas quelle pathologie pourrait expliquer sa bêtise. Bref, il était une brute, qui aimait avant tout traumatiser les plus jeunes. Blaise, Théo, Pansy étaient toujours terrorisés lorsqu'ils devaient aller chez les Goyle. Moi non. Je savais qu'aussi idiot que puisse être cette montagne de muscles, il était assez intelligent pour savoir que mon père ne ferait qu'une bouchée de lui s'il m'arrivait quoi que ce soit. Il peut glacer n'importe qui d'un seul regard… »

Le silence s'étira dans la pièce alors que les deux garçons fixaient simplement le mur du fond sans un mot, réfléchissant à ce qu'ils apprenaient l'un de l'autre.

« Ce regard m'a parfois été adressé, » murmura Samaël.

« C'est fini maintenant… »

« Oui mais pour les autres… Il ne va pas se rendre compte qu'il a un fils caché à chaque fois qu'un enfant se sent mal sous son regard. »

Draco ricana et tourna la tête en direction de Samaël, faisant sauter un bonbon blanc dans sa bouche.

« Tout d'abord, je pense que ce regard était juste pour toi. »

« Rassurant… » souffla Samaël.

« Tu avais rendu son précieux fils malheureux. Tu lui as fait perdre l'elfe dont il avait hérité de sa mère. Tu as rendu le Seigneur des Ténèbres bien plus hargneux. Quelles soient justes ou pas, il avait toutes les raisons de te détester. Il ne serait pas aussi cruel avec un enfant sans raison. Et puis... la guerre est finie maintenant. Il est redevenu le père que j'ai connu avant Poudlard. Comme il était avant que des indices sur la réapparition possible de l'homme qui avait rendu sa vie plus difficile encore ne refasse surface. »

« Tu veux dire que là c'est… Le vrai Lucius ? » demanda Samaël avec hésitation.

« Je ne pense pas… » répondit Draco. « Il vit encore le deuil de mère. Les derniers évènements sont encore trop frais pour qu'il puisse les oublier. Tu n'as peut-être pas remarqué mais il a toujours sa baguette à portée. Il épluche les journaux chaque jour et surveille les barrières magiques plusieurs fois par nuit pour être certain que nous sommes en sécurité. »

« Je n'ai pas fait attention… » admit Samaël.

« Il le cache. Mais il faudra quelques mois, peut-être quelques années avant que les réflexes ne deviennent que des mauvais souvenirs. »

Un nouveau silence s'éleva dans la chambre avant que Samaël ne claque ses mains sur ses cuisses croisées et ne se redresse pour ramper et s'asseoir au pied du lit.

« Bien, ce n'est pas tout ça, mais j'en ai marre de ces discussions à faire pleurer les sirènes. Combien penses-tu pouvoir envoyer de bonbon dans ma bouche depuis ta place ? »

Draco se redressa à son tour et avisa la bouche large ouverte de son frère. Il prit une dragée et la pesa quelques temps dans sa main pour évaluer son futur lancé.

« Je parie que j'en envoie au moins dix d'affilées. »

« 'Rimeur, » gloussa Samaël, la bouche toujours ouverte, dans l'incapacité de prononcer le son f.

« Tu vas voir, » répondit Draco en préparant son lancé. « Un. Deux. Trois. Quatre. Mince ! »

Samaël leva les bras en signe de victoire lorsque le cinquième rata sa cible. Il commença à mâcher pour pouvoir railler son frère, mais lorsqu'il sentit le goût de cannelle se mélanger avec celui du dentifrice, puis de la pâté pour chien, son visage vira sur le vert.

Il se leva précipitamment et se dirigea vers la salle de bain, oubliant qu'il était toujours en pyjama, pieds nus, et que les fenêtres ouvertes avaient fait baisser les températures près de zéro dans la chambre. Il courut sur la pointe des pieds, hurlant des injures plus colorées les unes que les autres et priant un dieu que Draco ne connaissait pas, de lui anesthésier les orteilles.

Draco rit de plus belle et essuya une larme au coin de son oeil droit. Décidément, la vie devenait plus belle et à sa plus grande surprise, Harry Potter en était la cause.


Bonjour !

Un immense pardon pour le retard. Je suis en vacances et je n'ai pas spécialement le temps de relire chaque chapitre pour le publier à l'heure dite ! Donc le voilà, mercredi au lieu de lundi !

Au moins, le prochain (si j'arrive à le poster lundi) sera moins long à attendre ;)

Du coup je n'ai pas non plus répondu aux reviews, désolée :/

Bonne fin de semaine !

Epsi