Année 2

Une nouvelle année allait commencer. Harry, comme l'année d'avant, passait les derniers jours chez les Weasley. La petite dernière… Ginny, il lui semblait, l'avait approché en pleine nuit pour la première fois dans sa… chambre-prison et lui avait demandé pourquoi on lui faisait du mal. Il s'était effondré en larme et lui avait dit qu'il ne savait pas. Elle lui avait fait une promesse, une promesse chuchotée, celle de le protéger et de faire semblant de suivre ce que disait sa mère sans vraiment suivre. Harry lui avait dit si possible de parler avec les Malfoy, leur laisser passer le message qu'elle était une alliée.

C'est ainsi qu'elle fut dans les rue sorcières, suivant sa famille pour faire ses achats pour la rentrée. Sa mère insista pour faire l'achat de livre en premier, prônant que leur nouveau professeur de DCFM, Gilderoy Lockhart, était un génie. Elle avait lu un des romans que sa mère lui avait donné et… elle avait été exaspérée par le nombre de conneries que l'homme avait raconté. Elle écouta sa mère et Hermione parler comme deux fanatiques. Elle grimaça.

- Je vais… faire un tour et voir pour les livres, dit-elle pour s'éloigner.
- Reste dans la boutique surtout et si tu veux quelque chose, n'hésite pas. Après tout, nous avons reçu de l'argent il n'y a pas longtemps.

Elle fit simplement demi-tour et fit le tour de la boutique, prenant le temps de regarder les livres. Plongée dans la lecture des titres, elle ne fit pas attention et buta contre une personne.

- Oh je…

Elle vit alors avec une joie presque malsaine qui était la personne qu'elle avait percuté. Elle jeta un œil à sa famille rapidement avant de parler.

- Excusez-moi Lord Malfoy, il semblerait que je fus trop absorbé par la lecture des titres pour vous voir.
- Aucun mal Miss…. Weasley c'est cela ?
- En effet, oui, dit-elle en se mordant la lèvre.

Comment pouvait-elle dire cela. Elle soupira.

- Nous… hébergeons actuellement un ami chez nous… il m'a fait passer le message que vous pourriez… m'aider, nous aider. Auriez-vous quelque chose pour mon problème ?

L'homme écarquilla à peine les yeux avant de reprendre son regard glacial. Il pinça les lèvres et observa autour d'eux. Il ouvrit à peine la bouche que Molly arriva en trombe et tira sa fille par le bras, l'éloignant du lord blond.

- Vous approchez pas de ma fille abominable mangemort !
- Je n'ai rien fait, il semblerait que votre jeune fille fut distraite et m'a percuté. Nous n'avons fait qu'échanger des politesses basiques. Ne vous en faites pas Molly, j'ai bien d'autres choses à faire que vos enfants. Miss Weasley, un plaisir de vous rencontrer.
- Lord Malfoy, et encore désolé de vous avoir percuté.

L'homme acquiesça et s'éloigna. Il approcha son fils qui était du côté des livres pour médicomage et lui chuchota quelques mots avant de sortir et transplaner pour le manoir. Il arriva en trombe, passant pratiquement en courant devant Narcissa qui sursauta.
Il entra dans son bureau, écrivit un message rapide avant de prendre un carnet qu'il avait depuis longtemps et faire demi-tour, non sans s'arrêter un petit moment déposer un baiser sur les lèvre de sa femme en murmurant un "je t'explique après".

Il repéra rapidement le groupe qui sortait du magasin. Il avait tout juste le temps, il passa à côté d'eux. Ginny était en arrière, un chaudron rempli de livres dans les bras comme tous les autres. Il glissa le carnet dedans, croisant son regard de compréhension. Elle acquiesça et ils continuèrent leur chemin. Il alla chercher Draco pour continuer les achats. Il était certain que s'il ne le faisait pas bouger, il pourrait rester dans le magasin toute la journée.

- Draco, nous devons y aller.
- Déjà père ? dit-il en faisant la moue.
- Cela fait bien une heure que tu y es, tous les achats sont faits.
- Oh, d'accord. Allons-y alors.

Les deux sortirent et rentrèrent au manoir. La famille se retrouva dans le salon et l'homme fit part de ce qu'il s'était passé, demandant à Draco de garder un œil sur tout cela de loin et de n'agir que s'il n'y avait vraiment aucun risque.

La rentrée fut catastrophique. Le mur de la voie 9 ¾ fut bloqué pour des raisons inconnues laissant pas mal de né moldus de côté. Les Weasley et Harry furent de ceux-là. Cela ne dura pas assez longtemps pour qu'il puisse tenter de partir. Ils arrivèrent tous plus ou moins en retard, certains arrivant que le lendemain même, et le directeur fut dans une colère noir.
Harry ne put rentrer immédiatement à la tour ce soir-là. Son état étant bien trop mauvais. Pourtant, le matin même quand il passait dans le couloir, il entendit comme une voix, un sifflement même. Il s'arrêta, figé. Il était bien trop tôt et aucun fantôme ne semblait être dans le coin. Il y avait quelque chose.

Il fut accueilli par Ginny qui le tira sur le canapé. Délicatement, elle passa une sorte de pate jaune sur les coups et plaies.

- Ça va ?
- O… oui.
- J'aimerais pouvoir te parler et t'aider plus… mais je suis bloqué et je n'ai que onze ans.
- Je n'ai pas besoin d'aide, dit-il en regardant droit dans les yeux. Enfin si, pour mes devoirs et … bientôt pour me diriger si ma vue se détériore plus.
- Alors reste avec moi et je t'aiderais pour tout ça.
- J'ai le professeur Snape qui m'aide aussi.
- D'accord, c'est bien s'il t'aide pour remonter tes notes. Qui sait, peut-être que d'ici là tu réussiras à t'en sortir et ne plus l'avoir pratiquement tous les soirs.

Il lui fit un sourire et se mit à rêver de liberté. Il était aidé. Il savait que ce ne serait pas cette année, mais au moins, il avait une amie, une vraie amie fidèle. Peut-être avait-il quelqu'un d'autre. Mais personne d'autre n'oserait l'approcher. Ils savaient tous qu'ils ne pouvaient rien faire sans risquer sa vie et leurs vies. Peut-être même que certains étaient dans le même cas que lui. Il se leva en panique et partit s'enfermer dans la salle de bain. Il était seulement quatre heures du matin et personne n'était là. Il pouvait peut-être prendre une douche presque tiède.

Le professeur de DCFM était un idiot… Certes, il était plutôt charmeur et toujours de bonne humeur… mais c'était un idiot quand même. Harry passait son temps à lire les livres et à se retenir de rire tous les jours. Il aimait beaucoup les histoires en tant que telles, mais qu'est-ce que ça racontait comme connerie.

Il était actuellement en "punition" avec l'homme à trier les lettres de fan et mettre dans des enveloppes les réponses. Il avait complètement craqué au dernier cours, et avait éclaté de rire, tombant de la chaise. Cela aurait apparemment vexé le professeur à la moumoute blonde.

Parce que oui, au dernier cours le professeur Lockhart avait trouvé l'idée sympa de montrer ce qu'était un vrai duel avec comme assistant le professeur Snape… Le professeur de potion avait lancé un seul sort et l'homme avait volé à travers la pièce faisant tomber sa perruque, révélant une calvitie avancée. Il avaient tous vu et entendu le sombre professeur avalé son rire mais Harry jura d'avoir vu ses yeux dire tout autre chose, une certaine inquiétude peut-être. Certains avaient ri mais Harry avait littéralement explosé de rire en se tenant le ventre, ne se retenant même pas. Le blond avait retiré une vingtaine de points et dit de venir en retenu le soir même. Il se soufflait dans les couloirs qu'aucun point n'aurait été enlevé.

Il avait mal à la main à force d'aider à répondre aux fans et avait eut une retenue avec le directeur le soir même, lui faisant ravaler son rire. Mais il gardait ce souvenir en tête, cela pourrait toujours lui servir pendant les jours sombres.

Halloween ou Samhain. Il allait certainement arriver quelque chose, Harry le savait. Le directeur semblait sur les nerfs aussi. Il jeta un regard circulaire à la salle, se demandant ce qui pourrait bien manquer avant de voir la place vide à ses côtés. Ronald n'était pas là, et ça… c'était pas normal. Le rouquin ne manquait JAMAIS un repas.

- Où est Ron ?

Harry releva la tête vers Hermione qui avait parlé d'un ton froid.

- Aucune idée, je suis venu ici en suivant le groupe et il m'a dit qu'il arrivait plus tard. Mais je dois avouer que je ne l'ai jamais vu louper un repas.
- J'espère que t'as rien fait.
- J'étais à côté de toi pendant tout ce temps, toute la journée. Comment aurais-je pu faire quelque chose ?
- C'est vrai… Mais c'est pas normal, je vais voir et surtout ne bouge pas.

Elle se leva et Harry poussa un léger soupir alors que Ginny prenait place à côté de lui. Il lui fit un sourire et parlèrent de tout et rien sous le regard ravis d'Albus. Les deux se rapprochaient plus vite que prévu, il pourrait peut-être leur faire signer un contrat de mariage d'ici deux ans. Oui, deux ans c'est parfait.

Dans les couloirs, Hermione avançait telle une reine. Après tout, c'était chez elle ici, son père est le directeur. Elle monta plusieurs étages avant de tomber sur le corps allongé du rouquin. Elle hurla d'horreur en voyant le sang sur le mur et le corps au sol. Au mur, il était marqué que personne n'échappera à la mort.

- Tiens tiens tiens … Qu'est-ce qu'on a là ?

Elle se retourne vers le concierge, un vieil homme avec son familier. L'homme a un sourire cruel et avance vers le lieu du crime. Oh que son déguisement était parfait. Il avait la surveillance parfaite sur Albus. Il approcha et vit le garçon au sol. Il savait qu'il était encore en vie, mais son rôle de cracmol devait faire qu'il ne voyait rien. Il renifla de dégoût.

Il attrapa Hermione, ou la gamine comme il l'appelait, et la traîna vers la grande salle. Il l'aurait bien enfermer dans sa salle de torture et soutirer des information, mais il ne devais pas se faire voir… non pas encore. Il aura sa vengeance… et elle sera si douce.

La porte de la grande salle s'ouvrit. Albus leva la tête et vit avec horreur sa fille se faire traîner par ce moins que rien de concierge.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?!
- J'ai trouvé cette gamine devant le corps d'un rouquin dans le couloir.
- Un corps ?
- Je suis sûr que c'est elle la coupable.
- Allons Argus, ne dites pas d'idiotie, répliqua Minerva. Lâchez-donc miss D-Granger et menez-nous à ce... corps.

L'homme lâcha Hermione en reniflant et fit demi-tour. Menant le groupe d'adultes dans les couloirs. Hermione prit place à la table, plus pâle qu'au départ. Elle se souvenait de ce qu'avait raconté son père il y a quelque temps. Si c'était vraiment la chambre des secrets… La créature qui s'y cachait était un basilic de plusieurs centaines d'années si ce n'était plus de mille ans.

Ils étaient tous dans les dortoirs. Obligation. Personne ne devait quitter SON dortoir ni même SA chambre. Harry était en sécurité pour toute la soirée, pour toute la nuit même. Pour la première fois depuis… depuis toujours, Harry s'endormit paisiblement.

Dans la salle de bain des filles de première année, Ginevra Weasley, dit Ginny, prenait une douche, faisant disparaître le sang qui restait sur sa peau. Elle sourit en pensant au corps pétrifié de son frère. Elle en avait parlé longtemps avec Tom via le carnet… et ils avaient décidé d'enlever un des chiens de garde de Harry. C'était son frère… enfin… elle n'était même pas sûre. Bill, Charlie, les jumeaux… ils étaient tous… différents. Mais Percy était un affamé de pouvoir tout comme Ron. Peut-être pourrait-elle demander à Bill ou Charlie de faire un test généalogique en privé. Elle sortit de la pièce, son pyjama en soie sur elle et partit se coucher.

Harry se sentait plus que surveillé. Autant il savait que le directeur, Hermione et d'autres le surveillaient, autant il n'était pas habitué à sentir autant de regard… concerné ? Inquiet? Il ne savait pas très bien. Aussi, Miss teigne avait étrangement décidé, depuis la pétrification du rouquin, de rester auprès de lui et de pratiquement le coller. Agaçant hautement Hermione qui ne pouvait rien tenter et encore moins Percy qui, à la moindre chose de travers, risquait de voir son poste de préfet en chef lui passer sous le nez pour les années à venir.

Certes, Albus l'aurait quand même nommé et Minerva McGonagall aurait approuvé. Mais les autres professeurs auraient certainement refusé et deux voix contre tout les autres, même si c'était les leurs, n'auraient largement pas suffit pour cela.

La jeune fille aux cheveux ébouriffés entra dans le bureau de son père en claquant la porte, faisant fuir les tableaux en grognant ou soufflant.

- Père, la saleté de boule de poil du vieux cracmol colle l'esclave, je ne peux rien faire et puis c'est quoi cette histoire qu'on doit rester dans nos dortoirs? Je ne peux même pas rendre visite à Percy à cause de ça. En plus, Potter est tranquille dans le dortoir depuis que Ron s'est fait avoir par le basilic.
- Allons allons Hermione, je comprends parfaitement ton agacement. Ne t'en fait, je vais demander à Argus de garder un œil sur son animal. Ne t'en fait pas Hermione, Yule approche et Harry va retourner dans sa cage.
- Qui a ouvert la chambre ? exige-t-elle de savoir.
- Sûrement un Serpentard avec l'aide quelconque de Tom. Il n'y a que cette maison pour faire quelque chose comme cela. Ils sont tous pourris jusqu'à la moelle.

Elle renifla de dédain et acquiesce.

- Où est le phœnix ?
- Il a disparu l'année dernière avant que l'année ne commence, j'en ai pas la moindre idée.
- Tu sais père, pendant la guerre les moldus dégoutant ont découvert les explosifs et peuvent faire exploser toute une maison, un château rien qu'avec. Ils ont même une bombe qui détruit tout une ville et ses alentours. Tu penses que faire exploser le dortoir et toute la partie des cachots pourrait aider à faire du ménage et puis le cracmol serait aussi une victime.
- Ma fille si intelligente… Je t'appellerais quand j'aurais tout ce qu'il faut, tu feras bien attention à ne pas te faire avoir par le Basilic cependant. Tu es née moldu pour le monde, tu es une proie de choix pour Tom. Ne tente rien d'inconsidéré.
- Mon sang est plus pur que ce soit disant mage noir !

Elle fit demi-tour et repartit, claquant la porte de nouveau.

Dans son bureau, Albus eut un sourire terrifiant. C'était risqué mais s'il y arrivait… il passerait ça pour un incident de chaudron de la part du potionniste et se débarrasserait de toutes ces futures menaces. Il observa par la fenêtre le ciel gris. Peut-être qu'il pourrait tenter de faire la même chose pour Durmstrang. Il soupira et secoua la tête. Il ne pourrait jamais atteindre l'école, Igor Karkaroff était un dragon. Il était le directeur et protecteur de l'endroit. Il serait mort à peine qu'il sortirait sa baguette. Il devait trouver un moyen de le faire sortir, le faire venir ici, sur son territoire. Il trouverait un moyen.

Comment faisaient certains pour ne pas s'endormir en cours d'histoire de la magie ? Voilà ce que se posait comme question une bonne partie des élèves actuellement assis. Harry, assis aux côtés d'Hermione, faisait tout son possible pour rester concentré au risque de se ramasser quelques coups plus tard. Celle-ci finit par lever la main et sans grand étonnement commença à poser des questions concernant la chambre des secrets. Harry eut l'impression à ce moment-là que le professeur Binns eut l'air plus transparent qu'avant. D'ailleurs, c'était plutôt étonnant de garder un fantôme en poste. Peut-être que c'était une façon qu'il ne coûte rien en gallion.

- … Mais il faut savoir que c'est surtout un mythe. Nous ne savons pas grand chose, son emplacement, sa taille… si même si ça existe vraiment. Bien… je disais... la troisième guerre gobeline…

Hermione "humpfa" en regardant ses notes. Ce professeur était inutile. Lockhart aussi quand elle y pensait, mais au moins il était agréable à regarder et plutôt bon vivant. Peut-être pouvait-il lui donner un accès pour la réserve vu que son père ne pouvait pas le faire sans que cela paraisse suspect. Elle verrait bien.

Deux semaines, cela lui avait pris deux foutue semaines pour avoir l'autorisation. Elle avait pourtant usée de tout ce qu'elle savait mais le crétin blond était resté de marbre face à ses tentatives de dragues et autres. Elle avait fini par craquer et dit qu'il pouvait passer tout une soirée et une nuit avec Harry en échange du maudit papier. Cela avait marché et elle était maintenant dans la réserve à la recherche du livre dont elle avait besoin sous le regard perçant de madame Pince.

Harry n'en croyait pas sa chance. Il était assis à table devant un bon repas bien chaud, une couverture sur le dos et Albus ne pourrait rien lui dire par la suite, ni lui faire quoi que ce soit, car le romancier en face de lui était ainsi. Hyper exubérant. Puis après tout, c'était de la faute d'Hermione. Pourtant, en regardant bien les traits du visage et les yeux gris, il pouvait presque voir une certaine malice. Pas une malfaisante , mais plutôt … joueuse? Il resta un moment à l'observer, mangeant doucement et se mordillant la lèvre.

- Pose ta question Harry.
- C'est juste… j'ai l'impression de connaître votre visage. Enfin, pas exactement mais…
- Surement parce que tu connais mon neveu qui est ici ou a déjà vu mon demi-frère qui travaille au ministère.

Gilderoy posa un masque neutre, moins souriant sur son visage et l'observa, attendant la réaction. Ce qui ne tarda pas. Harry ouvrit la bouche en grand, manquant presque de s'étouffer avec sa part de tarte à la mélasse.

- M… Malfoy.
- Lucius est l'enfant d'Abraxas Malfoy et de son épouse légitime, dit-il en reprenant un petit sourire. Je suis l'enfant d'un viol horrible sur ma mère, une sorcière incroyable marié à mon père un moldu. Elle avait déjà deux enfants, mes deux grandes sœurs, des moldues elles aussi. Quand je suis né, elle a tout de suite su que j'étais différent, que j'étais un sorcier. J'ai le nom de mon père adoptif, mais mon sang est celui d'un Malfoy et mon demi-frère est une personne importante pour moi, même quand je raconte des idioties dans mes bouquins.
- Vous savez que ce que vous racontez sont des bêtises et votre perruque...
- Oui, mais ça plaît au public de lire des histoires incroyables. Chez les moldues on raconte autant d'histoires incroyables et on ne vient pas à en faire tout un chaudron. Puis ma perruque était juste une petite blague que je voulais faire. Bien, je pense qu'après manger une bonne nuit de sommeil semble plutôt… attrayante. Je vais te demander de me faire confiance et je vais modifier tes souvenirs. Si Albus les voit, il n'en saura rien.
- V… Vraiment ?
- Tu ne t'en rend peut-être pas compte, Harry, mais tu commences à rassembler autour de toi pas mal de gens prêts à faire payer Dumbledore. Nous sommes tous des victimes… mais certains sont un peu plus libres que d'autres. Je ne suis peut-être pas très puissant, mais je sais faire ça.

Harry fit un simple petit sourire et laissa son repas, qu'il n'avait pu finir, sur la table avant de se diriger dans la chambre. Il y avait deux lits, l'un plus petit que l'autre mais assez semblable. Dans le plus petit, il y avait un pyjama neuf et surtout une peluche en forme de gros loup gris aux yeux jaunes. Il haleta de surprise et s'arrêta net. Gilderoy le poussa un peu. Il lui montra la salle de bain et lui dit d'aller se laver, prendre un bon bain chaud avec des bulles et des produits de luxes, se changer en pyjama et venir se coucher. Il lui lirait une de ses histoires, lui promettant qu'il avait le droit de se moquer de lui pour les bêtises écrites.

Le jeune Gryffondor était endormi depuis peu de temps, un sourire sur les lèvres, ses bras enserrant la peluche. L'écrivain ferma le livre doucement et le posa sur la table de chevet. Il devait maintenant changer quelques détails de leur soirée sans vraiment la faire oublier. Si le directeur regardait les souvenirs, il verrait simplement l'idiot qu'il joue, chouchouter complètement le héro du monde magique et parler de livre, de voyage. Rien de plus, rien de moins. Toutes les informations à risques étaient scellées. Dumbledore allait parfaitement déchanter l'année suivante. Qu'importe ce qu'il prévoyait.

Dans la réserve, entourées de livres malgré l'heure tardive, Hermione sursauta quand quelqu'un toussota. Argus Rusard, du nom qu'il se faisait appeler, eut un sourire effrayant, bloquant la sortie de la salle gosse.

- Qu'avons-nous là…. Une élève dans la réserve à des heures indues.
- J'ai tous les droits d'être ici !
- Il me semble, Miss Granger, que le règlement stipule que la réserve est interdite. Et quand bien même vous auriez une autorisation, vous devez avoir une personne appartenant au personnel de Poudlard pour vous surveiller. De plus… L'heure du couvre-feu est aussi applicable à vous.
- Mais d'où tu me parles comme ça, espèce de sale cracmol décrépi ? Tu es chez moi et j'ai tous les droits.

L'homme attrapa le bras d'Hermione et la tira vers le fond, à l'abri des regards. Il la plaqua contre un mur et lui colla sa baguette sous la gorge.

- Écoute-moi bien gamine, je suis loin d'être un simple cracmol… Je suis la terreur incarné, je suis un mage noir qui a fait trembler des générations entières rien que par mon nom et ce château n'est pas celui d'Albus… Oh non, il n'est pas sien.

Il laissa sa vraie apparence apparaître, ses dons de métamorphomage disparaissant doucement. L'homme faisait maintenant dans le mètre quatre-vingt, il semblait plus jeune que le directeur. Ses cheveux longs et sales devinrent gris, courts et parfaitement coiffés. Ses yeux pâles devinrent parfaitement bleus et sa tenue ajusta parfaitement. Un pendentif dépassait de sa chemise blanche, un pendentif en triangle. Hermione sentit la terreur la traverser de part et d'autre en reconnaissant le symbole et ainsi, la personne devant elle. Gellert Grindelwald, mage noir et … apparemment, métamorphomage. Il lui souriait cruellement et se rapprochait d'elle, la bouche près de l'oreille.

- Je pourrais te tuer et faire disparaître ton corps sans laisser la moindre trace. Tu le sais ça, n'est-ce pas ?
- M… Mais vous êtes… Père vous a…
- Albus n'est qu'un petit crétin prétentieux. La personne qu'il a enfermée…n'a rien à voir avec moi. Mais tu sais quoi ? Tu ne pourras rien lui dire et ne te souviendra de rien demain. Dors petite fille, dit-il la main sur son front. Dors et oublie moi, oublie mon nom … mais n'oublie jamais que ta vie est en jeu entre ses murs. Dors aussi paisiblement que tes cauchemars te le permettront.

Hermione avait beau lutter, elle s'endormit et son corps devint telle une poupée de chiffon. L'homme renifla et tourna la tête vers son familier qui lâcha un miaulement désapprobateur.

- Bah quoi ? Je n'allais tout de même pas laisser passer une telle opportunité.
- Mraw, miaule-t-elle en se retournant et partant vers la sortie.
- T'es qu'une rabat-joie.

Il se changea de nouveau et tira la gamine jusqu'à l'endroit où elle était au départ. Il demanda poliment à son familier d'aller chercher un des professeurs qui était en train de faire sa ronde. Il n'avait plus qu'à attendre. Cela lui laissait assez de temps pour avoir une bonne explication.

Cho Chang, élève Serdaigle de troisième année, venait d'être retrouvée pétrifiée dès l'aube. Personne n'avait vu quoi que ce soit. Hermione était assise à table, des cernes sous les yeux, face à Harry qui avait l'avoir d'avoir parfaitement dormi. Ginny, assise à côté de la brune, fit un clin d'œil à Harry et continua son petit déjeuner. Elle observa cependant l'air sombre d'Hermione, la prochaine victime serait certainement elle. Elle devait en parler à Tom.

Yule arrivait à grand pas. Le froid s'était installé depuis un bon moment et la tempête durait depuis déjà deux jours. Les matchs de quidditch et cours de botanique avaient été annulés à cause de tout cela. Hermione sortait de la chambre où Percy était encore allongé et "invita" Harry et Ginny à la suivre. Elle n'avait pas attendu son père pour monter le coup. Elle avait simplement commandé du polynectar à un potionniste dans l'allée des Embrumes et avait prévu un petit cocktail explosif pour les chers Serpentard. En arrivant dans une salle vide, la jeune Dumbledore leur expliqua le soi-disant plan pour une petite farce explosive avec la menace de leur faire payer s'ils parlaient.

Severus était actuellement assis dans ses quartiers avec Gellert dans son apparence de concierge et Gilderoy à ses côtés. Les trois hommes avaient une tasse de café ou de thé entre les mains.

- Vous savez qui a ouvert la chambre cette année ? demande Gilderoy en regardant les deux autres.
- Aucune idée. La personne est très discrète et a un contrôle absolu sur le Basilic. Tom doit être derrière, mais… de quelle façon ? répond Gellert avant de siroter son thé.
- Une possession peut-être. Aussi, je sais que la jeune Weasley est une alliée et elle est arrivée cette année, dit le potionniste.
- Dans tous les cas, je suis certain que la gamine de Dumbledore sera une victime. Miss Chang n'est qu'un leurre pour ne pas remarquer que l'on attaque ceux qui en veulent à Harry. Je serais prêt à parier.
- Combien ?
- Vingt gallions
- Trente qu'elle ne sera pas la seule victime au même moment.
- Ça mar...

Quelqu'un frappa à la porte de façon urgente. Severus se leva et ouvrit. Il fut surpris de trouver son neveu l'air plus que paniqué.

- Faut que tu viennes en urgence dans le dortoir. Grangy est entré avec une potion de polynectar dans le dortoir et prévoit de faire une "blague explosive" d'après Harry et Ginny qui sont aussi là.
- J'arrive !

Il laissa les deux autres dans ses quartiers, sachant parfaitement bien qu'ils pouvaient sortir sans soucis. Il entra dans la pièce, le masque bien en place. Il vit sans mal le soulagement de plusieurs d'entre eux.

- Serpentard au rapport, inspection surprise des dortoirs ! Que tous les élèves soient présents dans la salle commune immédiatement.

Draco lâcha un soupir peu discret. Harry, dans la peau de Blaise Zabini, eut un sourire en coin et attendit aux côtés de Ginny dans la peau de Daphnée Greengrass. Hermione, dans la peau de Pansy Parkinson sursauta, manquant de laisser tomber un élément dans le chaudron miniaturisé. Elle poussa le chaudron dans un coin, derrière une tenture et vint se poster dans la salle aux côtés des autres, les bras croisées.

Severus jeta un regard circulaire et vis directement les trois instrus. Bien qu'Harry soit presque parfait, Ginny avait un tic que n'avait pas Daphnée. Ensuite, Miss Dumbledore se tenait de façon trop pompeuse par rapport au vrai visage de Pansy.

- Que personne ne bouge d'ici !

Il monta dans le dortoir, en direction d'où venait l'intrue et fit un sort de détection. Rien en vu mais son nez ne mentait pas, il y avait une potion ici, une lotion qui ne devait pas. Il avança en direction de l'odeur et soulevant une tenture vit le chaudron miniature. Il le ramassa et l'observa rapidement. Elle n'était pas dangereuse vu qu'elle était seule, mais un seul élément pouvait tout faire exploser. Il espérait que c'était le seul.

Il le garda en main et arriva en furie dans la salle principale. Il posa sur une des table, à la lumière des bougies et à la vue de tous.

- Qui est le petit crétin qui a cru drôle de déposer cela ici ?!

Il y eut un long silence, mais les yeux se tournèrent timidement vers la silhouette polymorphé en Pansy Parkinson. Celle-ci était tendue et énervée.

- Miss Parkinson, vous semblez bien tendue.
- Ce… Ce n'est rien.
- Je ne crois pas. Assis et buvez cela.

L'homme pointa du doigt un fauteuil vide, avant de tendre une potion de couleur nacré verte. Hermione prit place et avala la potion. Elle sentit avec horreur le polynectar disparaître alors qu'elle avait lu qu'aucune potion ne pouvait la contrer.

- Et bien … Miss Je-Sais-Tout Granger. Je me doute que vous n'êtes pas seule ici, je suggère très FORTEMENT à vos compagnons de méfait de me suivre IMMÉDIATEMENT dans mon bureau sans faire d'histoire.

Harry et Ginny se levèrent et se placèrent derrière Hermione.

- Que tout le monde prépare un sac pour dormir et se dirige dans la grande salle. Je refuse de mettre en danger la moitié de l'école pour des idioties. Les préfets, allez prévenir la maison Poufsouffle de faire pareil et que Pomona Chourave soit prévenu. Vous trois suivez moi.

Il sortit en un mouvement de cape et jeta un regard glacial derrière l'épaule à la fille de Dumbledore. Dans le bureau, il fit claquer la porte et ne leur laissa même pas le loisir de s'asseoir.

- Buvez aussi.

Les deux polymorphé burent chacun une potion avant de rendre la fiole vide.

- Évidemment…. Monsieur Potter et Miss Weasley. Qu'est-ce qu'il y a entre vos deux oreilles pour que vous pensiez entrer dans la salle commune de Serpentard pour y déposer une potion des plus dangereuses ?
- Nous voulions ne faire qu'une blague, je ne pensais pas que la potion était aussi dangereuse professeur.
- Et la vérité maintenant Miss Granger ? Ne m'obligez surtout pas à vous faire avaler du Vérisératum. Monsieur Potter, peut-être êtes-vous plus honnête que votre camarade.
- Hermione est venu nous chercher, Ginny et moi même, dans la salle commune de Gryffondor. Nous ne savions pas ce qu'elle voulait faire avant de nous expliquer qu'elle voulait poser des chaudrons miniatures qui ferait juste une petite explosion et réveillerait les élèves en pleine nuit.
- Je confirme les propos de Harry, dit Ginny. Hermione ne nous a dit que cela. Mais au vu de vos dires la potion doit être plus dangereuse que cela.
- Ne regardez pas vos camarades ainsi miss Granger, c'est de votre faute si vous êtes incapable de dire la vérité. Mais rien n'empêche de vous punir. Je retire 20 points…. chacun et une semaine de détention. Sachez que ceci ne passera pas inaperçu, les aurors seront prévenus.
- Mais ?! Je vous ai dit que je ne pensais pas que ce serait dangereux ! Vous ne pouvez pas prévenir les aurors pour une erreur !?
- TAISEZ-VOUS ! Réfléchissez deux foutues secondes avec votre cervelle de veracrasse ! Même si c'est une blague, ce qui m'étonne très fortement, mais soit, les aurors doivent venir pour faire la vérification des dortoirs et certainement de l'ensemble de Poudlard. Chaque pièce sera fouillé. Chaque endroit sera vérifié au millimètre prêt. Bien, première détention dès ce soir, ne bougez même pas.

Il se leva et entra dans une pièce adjacente. Dans le salon, Gilderoy et Gellert n'avaient pas bougés et semblaient avoir une nouvelle tasse de boisson entre les mains. Ils se tournèrent en entendant la porte s'ouvrirent.

- Suivez moi j'ai besoin de vous pour une détention.

Les trois arrivèrent dans le bureau et Gellert eut un sourire cruel.

- Miss Granger avec Argus, Monsieur Potter avec Gilderoy. Miss Weasley vous serez donc avec moi. J'espère que vous savez nettoyer sans magie.

Les quatre autres partirent, se séparant par groupe. Le potionniste soupira de fatigue et observa la Gryffondor attendre simplement. La semaine allait être longue.

Et elle le fut. Hermione eut beau tout essayer pour parler avec son père, l'homme fut muet et froid. Elle n'avait jamais vu son père ainsi avec elle. Poudlard fut fouillé en totalité, obligeant le directeur à nettoyer l'ensemble des cachots et produire un lit pour Harry. Et alors qu'il avait voulu remettre l'ancienne couche, rien n'avait changé. Chaque lits étaient restés en place. Dans son dos, Dobby avait seulement ricané et fini par partir faire son rapport. Le petit maître avait enfin un lit. Ginny avait passé un moment à apprendre l'art des potions et parfois nettoyer la pièce afin de ne pas se faire attraper. Harry quand à lui avait mal aux joues et au ventre, souvent à trop rire alors qu'avec Gilderoy ils passaient leur temps à peaufiner un nouveau livre

- Bien on est en pleine tempête de neige… où on est d'ailleurs ?
- En Afrique ! On ne dit pas vraiment où, mais on est en Afrique et cette année-là y'a eu une grande tempête de neige qui a frappé la région où vous étiez. Le froid était incroyable au point que vous vous demandiez si vous alliez survivre parce que vous n'aviez qu'une tenue courte.
- Mais grâce à mon incroyable génie, moi, Gilderoy Lockhart, j'ai lancé un sort de réchauffement sur ma personne, mais cela ne suffisait pas. Je lance un …. il me faut un sort bidon pour m'habiller chaudement en un instant.
- Hum…
- Calentus Instantani. Qu'est-ce que t'en pense ?
- Parfait ! ça veut dire un truc en vrai ?
- Du catalan, un espagnol différent en quelque sort, le tout un peu latinisé et veut dire mot pour mot "chaud instant"
- Génial ! Vous avez donc lancé le Calentus Instantani et vous vous êtes retrouvé avec une tenue pour le ski.
- Quelle couleur ?
- Bleu ciel avec de la fourrure.
- J'ai tout, on terminera dans la semaine. Vient là chaton que je modifie tout ça dans ta petite tête mignonne et tu pourras y aller.

Harry approcha, confiant, et laissa le professeur modifier légèrement ses souvenirs avant de partir. Le jeune Gryffondor se fit la note mentale d'essayer d'avoir un peu plus de retenue à l'avenir. Il avait peur d'arriver à Yule et payer pour tout cela.

Hermione sortait de sa dernière retenue, tremblante encore de l'horreur qu'elle avait vu et subit, quand on lui attrapa le bras. Elle fut tirée jusqu'au bureau et assise de force.

- Peux-tu m'expliquer pourquoi tu as agi ainsi ? Je te pensais bien plus intelligente.
- Je n'avais aucune nouvelle et j'ai fait des recherches. C'est largement pas ma faute si le graisseux est venu mettre son gros nez quand il ne fallait pas.
- C'est pour cela que je t'ai dit d'attendre Hermione ! Je n'arrive pas à croire que tu sois aussi crétine ! J'ai été obligé de cacher toutes mes recherches et nettoyer la salle. En plus, je ne peux même plus enlever le lit que j'ai dû ajouter dans les dortoirs avant la fin de l'année.
- Mais je…
- Tu quoi, espèce d'idiote ? T'as pas réfléchis et tu as mis en danger mon plan.
- Tu ne me parles même pas de tes plans, comment je peux savoir ce que je peux faire ou non ?
- Tu ne fais rien et tu attends que je te donne des ordres. C'est pourtant pas compliqué de faire ça ? Même un crétin d'elfe peut le faire. Déjà que c'est une honte que tu sois une fille, alors n'en ajoute pas plus. J'ai accepté que tu restes en vie parce que ta mère m'a suppliée. Si j'avais su...

Hermione ouvrit la bouche un moment avant de se taire. Elle avait envie de pleurer.

- Dégage dans ta chambre et tâche de ne pas faire d'idiotie pour le restant de l'année. Si j'ai besoin de toi je t'appellerais mais ça ne sert à rien que tu viennes ici.

Hermione se leva et partit pratiquement en courant. Elle savait qu'elle avait échappé de peu à la violence de son père. Qui sait ce qu'il lui aurait fait si elle avait osé dire plus.

Harry était encore dans son dortoir, dans son lit, un vrai lit, alors que les vacances venaient de commencer. Le nouveau règlement faisait que personne ne devait être seul dans les couloirs et que tout le monde, restant pour les vacances, devait rester au maximum dans les dortoirs.

C'était le vingt-deux décembre, le vingt-trois même vu l'heure. Ginny, un sourire sadique au visage, sortit de son lit, s'habilla chaudement et sortit de Poudlard. Elle approcha doucement l'enclos contenant les coqs et lança un mufflatio. Elle devait faire vite et rentrer sans se faire voir. Elle approcha doucement de la première bête endormie et d'un bond l'attrapa. Le coq fit un bruit étrange avant qu'elle ne lui torde le cou, lui arrachant pratiquement la tête. Elle fit de même avec les deux autres et les mains emplies de sang elle lâcha un petit rire . Elle sortit de sa poche un sac où elle mit les trois volailles à l'intérieur et partit non sans effacer ses traces de pas et sang derrière elle. Elle évita facilement Rusard et arriva dans les toilettes des filles. Dans la dernière toilette, ou il ne restait qu'un trou profond, elle retourna le sac, laissant tomber les volailles à l'intérieur. Elle entendit un lourd glissement, puis le bruit d'os craquants. Elle fit disparaître le sac et entra dans le dortoir sans soucis. Elle devait prendre un douche et dormir, demain allait être une journée passionnante.

Les élèves marchaient par groupe, se dirigeant tous vers la grande salle pour un repas bien chaud au vu du temps glacial. La tempête s'était calmée depuis la veille, mais restait bien présente. Hermione refusait de marcher en groupe, elle était déjà entourée de quelques élèves, elle ne voulait pas traîner avec des gens qui n'avaient aucun intérêt pour elle.

Il n'y eut comme avertissement qu'un simple lourd glissement le long des tuyaux, un glissement sinistre qui fit frissonner tous les élèves, les faisant commencer à fuir. La Gryffondor leva simplement la tête de son livre, haussa les épaules et continua de marcher. Elle n'eut que le temps d'entendre le cri de quelques élèves avant qu'elle se fasse attraper et transpercer par le monstre, puis traînée dans un conduit laissant derrière une mare de sang éparse et un groupe d'élèves traumatisés à vie dont deux pétrifiés pour le reste de l'année.

Dans l'angle d'un mur, Ginny eut un petit rire et se retourna, continuant son chemin et rattrapant Harry au passage, passant son bras sur le sien.

- C'est une bonne journée pour manger des pancakes, dit-elle.
- Ah oui ? demande-t-il incertain en la regardant de son seul œil valide.
- Oui, je le sens bien.


Poudlard. Attaque d'un serpent géant : Une élève de 13 ans tuée, deux élèves pétrifiés.

Une élève de 13 ans est morte hier au Collège de Sorcellerie de Poudlard. Attaquée par un serpent de grande envergure dans les couloirs de l'établissement réputé pour être le plus sécurisé après Gringotts, le corps de la jeune fille est actuellement toujours porté disparu. Deux jeunes élèves pétrifiés sont actuellement sous surveillance à l'infirmerie.

Hermione Jean Granger, née Dumbledore, fut attaquée en fin de matinée alors qu'elle marchait vers la grande salle entourée de plusieurs élèves. Le serpent, un basilic, faisait dans les vingt mètres d'après les témoins de la scène. Il aurait surgi des toilettes de l'étage et se serait jeté sur la jeune fille avant de fuir en emportant celle-ci, laissant derrière deux élèves pétrifiées et plusieurs autres traumatisés.

Le drame, d'une envergure rare, se révèle inquiétant. En effet, c'est avec surprise que nous avons appris par les aurors dépêchés sur place que les pétrifications ayant eu lieu en ce 22 Décembre ne sont pas des actes isolés. Plus tôt dans l'année, Ronald Bilius Weasley et Cho Noriko Chang furent chacun victime de la même créature le 31 décembre et 8 Novembre.

Selon l'auror Alastor Maugrey en charge de l'enquête, il n'y eut aucune préméditation dans l'attaque. Le chef du conseil d'administration de Poudlard, Lucius Malfoy, s'est dit "très choqué" par le drame qui s'est joué, exprimant sa "compassion à la famille de la jeune Hermione". Il déclara que " dans une telle situation, Le conseil d'administration demande que les portes de Poudlard ferment de façon indéterminée".

De son côté, le directeur Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore, émet un vif désaccord concernant la fermeture de l'école, qualifiant le drame de "simple incident" et caractérisant la prise de telles mesures "extrême".

Les parents d'élèves soulignent le manque de surveillants qualifiés dans une école de telle envergure, soulevant la question de la réelle sécurité de nos enfants dans l'établissement.

Une cellule de soutien psychologique fut immédiatement mise en place.

Ephraim Gossip
le 22 décembre 1992


Le journal vola dans la pièce, s'écrasant contre un mont d'objet quelconque en faisant écraser quelques-uns au sol. Albus était furieux. Sa fille, sa merveilleuse fille venait d'être tuée, les aurors avaient envahi les couloirs de l'école et les parents voulaient ramener leurs enfants chez eux. Comment cela faisait-il ? Il avait fait attention à prendre un crétin en DCFM, quelqu'un qui n'avait rien à voir avec les sorciers noir. Tout le monde pouvait être coupable. N'importe qui. Il se vengerait. Mais en attendant… il allait demander des comptes à Potter et lui faire passer le reste de ses vacances dans les cachots de son manoir.

Harry était fatigué, affamé et avait mal. La nourriture lui donnait envie de vomir… Albus, dans sa rage, avait pratiquement détruit tout son manoir et … il n'y avait plus aucun elfe. Il avait été obligé de les tuer… les tuer, les découper et… et s'en nourrir. Sous sa peau, il lui avait mis un objet de petite taille… un objet qui permettait de le suivre, de savoir où il était au centimètre près.

Le retour en cours était horrible. Il était tellement mal en point, mais ne pouvait rien dire. Il était cependant soulagé d'être seul dans sa chambre. Seul avec Neville qui lui donnait souvent des choses à manger, discrètement. Neville qui le soignait à l'abri des regards, sans aucun mot, mais le même regard de rage que les autres.

L'école était entièrement rose. Des paillettes, des faux anges slash cupidon volant, des cœurs à un point écoeurant. Gilderoy Lockhart était même habillé d'une robe sorcière d'un rose très voyant, Harry fut certain d'avoir vu le sentiment d'horreur briller un instant dans les yeux de son professeur de potion quand il le vit vêtu ainsi, et certainement dû aussi à l'apparence de la salle. Harry n'avait jamais vu autant de teintes de rose de toute sa vie. Ginny prit la place à ses côtés et cligna des yeux, tournant la tête autour d'elle.

- C'est… rose.
- Je ne l'avais pas remarqué. Merci Auror Obvious, dit Harry avec ironie.
- Normal, t'as qu'un œil. Passe-moi une part de tarte s'il te plait.

Harry termina rapidement son maigre repas avant de remonter dans la salle commune en compagnie de Ginny. La jeune rousse vira pratiquement Percy de la chambre pour être tranquille, que c'était ses affaires et qu'il avait qu'a se trouver une nouvelle greluche. Elle sortit le carnet pour la première fois en compagnie de Harry. Elle se pencha et chuchota.

- Ce carnet contient l'âme du lord noir, de Tom. Je discute avec lui et il m'aide pour mettre un peu de bordel à l'école.
- Tu veux dire que….
- Les pétrifications, le meurtres des coqs, celui de Hermione… oui c'est moi avec son aide.
- Tu sais que le directeur…
- Je le sais Harry, et je suis désolé qu'il ait passé sa colère sur toi. Mais regarde, Ron n'est pas là, Hermione n'est plus… tu es libre dans ton dortoir. Tu n'es pas seul… Au fait, tu m'as dit que tu entendais des… paroles dans les murs ?
- Oui, souvent le soir.
- …

Elle attrapa une plume et de l'encre et commença à écrire frénétiquement dans le carnet sous le regard de Harry. Quand il y eut une réponse, il sursauta presque. Mais finit par observer la discussion, y participant un peu. Il finit par s'endormir sous la surveillance étroite de Ginny et de Dobby, caché dans un coin.

Gilderoy entra dans ses quartiers fronça du nez en voyant, sentant même, tout le courrier des fans pour la St valentin. Il pinça des lèvres et fit demi-tour. Il verrait ça plus tard. Il parcourut rapidement les couloirs, passant par les raccourcis avant d'entrer par une porte des cachots dans un appartement simple. L'homme soupira et enleva sa robe rose, révélant une tenue faite d'un pantalon coupé droit et d'une chemise bleu nuit. Il traversa le salon et resta contre la chambranle de la cuisine, observant le maître des lieux.

- Je pensais que tu arriverais plus tard, dit l'homme sans se tourner.
- J'ai une pile de cadeaux et de lettres de fan qui polluent mes appartements, Sev. Tu ne pensais tout de même pas que j'allais répondre et les ouvrir alors que j'ai mieux à faire ce soir.
- Et qu'as-tu à faire de si intéressant ce soir ? demanda-t-il taquin.
- Il semblerait que l'un de mes compagnons veuille partager un repas en ma présence et le second m'attend pour la nuit.

Severus qui coupait les légumes pour faire le repas manqua de se couper les doigts. Il tourna vivement la tête vers Gilderoy, la bouche ouverte.

- Tu… Tu as des nouvelles ?
- Pas toi ? demande le blond en fronçant les sourcils.
- Non, aucune depuis… notre séparation forcée.
- Tu sais quoi ? Mangeons et je t'embarque avec moi.
- Et Albus ?
- Narcissa et Lucius sont en Italie et me prêtent gracieusement le manoir pour un moment. Tu auras qu'a lui dire que t'as été dans un bordel.

Severus observa le repas qui n'était pratiquement pas commencé et sortit sa mit le tout dans le mini frigo sorcier avant de passer à côté de Gilderoy, l'embrasser brusquement et le tirer, prenant la cheminée pour le manoir. Ils pouvaient bien passer leur soirée à trois, loin de Poudlard.

Les mois de mars et avril avaient filés de façon complètement folle. Poudlard était resté ouvert, bien qu'une partie des étudiants y étaient absents. Lucius avait pratiquement frappé sa tête contre son bureau en chêne quand le ministre même avait prononcé l'accord pour que l'école reste ouverte. Lucius savait cependant que son fils ne risquait rien et que le basilic était sous contrôle de la plus jeune des Weasley.

Il leva son verre de bourbon et bu une gorgée. Le sang-froid de Ginevra l'avait complètement retourné. Il était venu voir Severus, lors d'une visite de contrôle. Il l'avait vu dans le couloir, discutant avec les jeunes Potter et Londubat. Elle était là, souriante, mais il savait au fond… il savait très bien ce qu'elle avait fait, le tout avec conscience, et… elle n'avait que onze ans.

Harry courait pratiquement dans le couloir. C'était la moitié du mois et Ginny lui avait soufflé que c'était le moment. Il avait réussi à s'échapper de Percy qui l'avait pratiquement attrapé dans un coin. Il se savait suivi, mais c'était le plan. Il passa devant les toilettes des filles et souffla en sachant parfaitement qu'il était maintenant sauf. Il devait cependant partir avant de se faire voir. Il se dirigea vers le bureau de Gilderoy.

Ginny attendait patiemment. Elle vit Harry passer en courant et sentit son impatience la gagner. Elle entendit Tom rire dans sa tête, lui murmurer d'attendre encore. Les bruits de pas de Percy retentirent. Il s'arrêta devant les toilettes un moment et regarda. Elle le vit entrer et s'arrêter brusquement en la voyant.

- Ginny, tu ne dois pas être seule, surtout aussi près de l'endroit où l'on a trouvé les victimes. C'est le règlement !

Elle le regarda à travers le miroir, les yeux rouges brillant avec un petit sourire.

- Et il y a des lois contre les violeurs et esclavagiste… pourtant... tu ne semble pas t'en faire de tout cela. Ah mais oui j'oubliais, dit-elle en faisant un signe de la main, tu es encore plus souillée que le ministère lui-même. Slythia, Attrape-le ! Siffla-t-elle avec colère.

Le basilic surgit d'un des trous des toilettes et attrapa le garçon par les vêtements et le tira violemment avec lui. Il y eut un long hurlement, un hurlement lointain même. La baguette du jeune homme était au sol, tout comme quelques morceaux de ses vêtements, ainsi que son insigne de préfet. Elle sortit des toilettes et sortit sa baguette. Elle pointa le mur juste à côté, y laissa un mot funeste avant de revenir dans la pièce et pénétrer dans la chambre des secrets.

" Leurs squelettes resteront à jamais dans la chambre"

Plusieurs professeurs, dont le directeur, étaient devant le sinistre message. Il manquait une personne, peut-être plus. Severus jeta un regard vers Gilderoy qui lui retourna un clin d'œil. Qu'est-ce que son crétin de demi Malfoy avait encore décidé de faire ?

- Il faut aller aider ! On ne doit pas avoir plus de mort directeur ! Laissez-moi y aller !
- Vous êtes loin d'être… compétant , dit Minerva en reniflant de dédain.
- Vous n'avez aucune preuve de ce que vous affirmez !
- Allez-y si cela vous amuse, mais je ne me porterai pas garant si vous mourrez, dit le directeur avant de partir.

Pomona Chourave ouvrit la bouche un instant, complètement surpris puis ses yeux devinrent blanc, un simple instant. Elle cligna des yeux, haussa les épaules et partit aussi. Les deux adultes se regardèrent et acquiescèrent. Severus entra dans les toilettes, curieux de voir l'endroit où serait l'entrée de la chambre. Gilderoy partit chercher Harry, il n'y avait que lui qui pouvait les aider.

Il fallut bien cinq minutes pour qu'ils soient tous réunis dans la pièce. Harry leur lança un sourire et se plaça devant le robinet prévu. Il siffla un simple instant, faisant frissonner les deux professeurs puis les faisant sursauter quand les dalles aux sol se déplacèrent et quelques lavabos entrèrent dans le sol, révélant alors un trou important. Un deuxième sifflement et des escaliers apparurent.

- Allez-y avant moi, dit Harry, je dois fermer pour qu'on ne nous repère pas.
- Sev ?...
- Non. tu y vas en premier et je te suis.
- Bien, mais tu me le paiera en privé.

Le blond descendit alors les escaliers, sa baguette illuminée d'un Lumos. Severus le suivit, non sans lui déposer un baiser sur la tête de Gilderoy pour se faire pardonner. Harry resta un instant surpris, puis les suivit, fermant derrière eux.

Il fallut descendre pendant un bon moment avant d'arriver dans l'entrée. Harry passa devant eux et ouvrit la porte. La pièce était tout en pierre, des piliers, entourés de serpents maintenaient la structure. Au fond, une statue d'un homme à longue barbe et au centre… Le Basilic, endormit entourant Ginny qui tenait une tasse de thé et discutait avec un jeune homme translucide dans une tenue Serpentard. À côté d'eux, le corps évanoui de Percy Weasley. Entendant du bruit, les deux qui discutaient tournèrent leur tête.

- Harry ! Professeurs ! Venez prendre le thé avec nous.
- Severus, Gilderoy. Deux de mes serpents les plus inaccessibles… Approche Harry, je ne t'ai pas vu de l'année, mon soi-disant ennemi désigné par la prophétie.
- Tom ! Je suis content de te voir aussi !

Harry sourit et s'approcha pratiquement en courant. Il enjamba le basilic et vint s'installer aux côtés du jeune Tom. Les deux adultes se regardèrent puis approchèrent aussi. Ils discutèrent de l'année qui allait s'achever puis de la prochaine.

- Le… directeur m'a dit qu'il allait faire venir d'autres écoles l'année prochaine. Je crois qu'il veut atteindre … Karkoff ?
- Igor Karkaroff. C'est l'un de mes mangemorts, mais aussi le directeur de l'école de Durmstrang. Elle se situe dans l'est, Russie et autre, et ils y enseignent librement la magie noir. Cela ne m'étonne même pas.
- D'après Lucius, Dumbitch veut faire que le tournoi des trois sorciers ait lieu l'année prochaine au lieu de la suivante, dit le blond.
- Que le conseil accepte. Je ferais entrer Harry dans le tournoi et Albus ne pourra rien y faire. Glisse aussi que l'école fournisse des quartiers privés pour les champions. Un quartier qu'ils partageront ensemble. Et à la fin de l'année… tu seras enfin libre.
- P...Pour de vrai ? demande-t-il en déglutissant.
- Pour de vrai. Je serais celui qui te sortira de là, avec l'aide des autres. Je te le promets.

Harry éclata en sanglots. Il ne lui restait plus qu'un an pour être libre complètement. Gilderoy attrapa le jeune garçon et enroula ses bras autour de lui, l'enlaçant complètement. Il s'était attaché au jeune Potter et il allait lui manquer. Il leva son regard vers Severus et laissa passer une question au devant de son esprit. Le potionniste, legilimens accomplis, observa les deux et mima un "plus tard". Ils en parleraient pendant les vacances, mais il voyait que leur lord avait aussi cette envie de prendre le garçon à sa charge.

C'était agréable d'avoir un temps de pause, mais il ne fallait pas rester trop longtemps. Ils mirent en place un stratagème, une histoire plausible à raconter au directeur. Modification des souvenirs, création de nouveaux puis suppression de ceux de Percival Weasley. Severus et Lockhart remontèrent tous deux de la chambre, le corps des deux plus jeunes, pétrifié par une Slythia ronchonne, dans leur bras et le corps du plus âgé flottant derrière eux. Quand ils arrivèrent aux toilettes, Albus était là et son regard fut presque satisfait, soulagé même, de voir tout le monde vivant.

Les trois élèves furent transportés à l'infirmerie et les deux professeurs racontèrent leur rencontre avec le spectre d'un dénommé Tom Marvolo Riddle. L'année se termina doucement, les pétrifiés revenant à eux et Gryffondor gagnant une nouvelle fois la coupe des quatre maisons.