Vacance 1993
Harry n'était pas certain ce qu'était le mieux. Des vacances à Poudlard ou des vacances chez les Dumbledore-McGonagall. Il était habillé d'un simple t-shirt rapiécé deux fois trop grand et un sous-vêtement… quand il était permis. Il avait aussi autour du cou un collier magique qui l'empêchait de parler trop longtemps, au risque de se prendre une décharge électrique.
Il apporta le petit déjeuner aux maîtres de maison et attendit la suite des ordres. Un an, se répétait-il en boucle, plus qu'un an à attendre pour partir. C'était bientôt son anniversaire et qui disait anniversaire, disait que les Weasley seraient présents. Il espérait secrètement que quelque chose les empêcherait de venir.
Un coup à l'arrière de sa tête le fit revenir à lui et tanguer dangereusement. Il observa la maîtresse de maison rapidement et baissa les yeux.
- T'es vraiment un incapable !
- Pardonnez-moi Madame, murmura-t-il.
- Tu recevras dix coups de bâton pour cela. File faire tes corvées, on ne veut pas te voir de la journée. Dégage !
Il fit demi-tour et observa la liste qui était affichée sur le panneau. Il aurait jamais fini à la fin de la journée, il le savait. Il soupira et se mit au travail.
Le soir même, il ne s'endormit pas, il s'évanouit de douleur, par le manque de sang et par la fatigue
Le jour de son anniversaire, il vit arriver Molly Weasley. Il fut presque prêt à danser en ne voyant que sa simple présence. De ce qu'il entendit, Arthur, le mari, serait avec les enfants à regarder, dans les loges VIP, les entraînements des équipes de Quidditch pour la coupe du monde.
Pourtant, il savait que cela ne pouvait pas durer.
- C'est vraiment dommage qu'un homme aussi charmant que James Potter se soit acoquiné de cette sang-de-bourbe de Lily Evans, cracha avec dédain Molly. J'ai 7 enfants, tous parfaits et sang-pur.
Elle déposa sa tasse de thé vide et prit son assiette où était déposée une part de tarte. La cuillère dans la seconde main, elle continua son monologue.
- Je le disais à ma tante la dernière fois, si le sang est mauvais, ça ne peut que finir par faire des tares comme ça, dit-elle en reniflant. C'est presque dommage que ce fut une autre tare de sang-mêlé qui les ai tués. En restant en vie, c'est devenu un véritable fardeau pour la société magique et pour toutes ces bonne familles qui ne mérite pas ça.
Harry était là, debout, les poings serrés. Il ne pouvait rien dire, rien faire que de se ramasser en continue toute la haine et le venin de la matrone rousse. Il sentit ses ongles douloureusement s'enfoncer dans la chair de ses mains, les menant pratiquement à sang.
Le bruit de quelque chose se brisant dans la cuisine les firent tous sursauter. Harry partit pratiquement en courant et vit que le verre qui était sur la paillasse en train de sécher avait explosé. Il resta quelques secondes surpris par la réaction certaine de sa magie, puis leva les épaules avant d'aller chercher de quoi nettoyer. En revenant dans la pièce, Albus était là et l'attendait.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Je n'en sais rien Maître Albus, mais le verre qui était en train de sécher à explosé sans explication.
- Nettoie et va dans ta niche. J'ai une surprise pour toi ce soir.
Il se mit immédiatement au travail, un frisson d'horreur le traversant quand à la promesse de surprise le soir même.
Il ne pensait pas pouvoir se sentir plus sale encore, plus monstrueux même. Son ventre avait l'air distendu et la douleur semblait ne jamais partir. Une main sur ses parties intimes le fit malheureusement revenir au présent.
- Tu as tellement grandi… je me demande si tu peux éjaculer maintenant. Testons ça.
Gênant, sale, pervers. Il devait tenir, Tom lui avait promis. Promis qu'il l'aiderait, qu'il quitterait l'endroit. Oui, il avait promis et il savait que ce serait le cas.
La douleur ne partait pas depuis des jours et la fatigue était là, très présente. Madame Weasley était présente aussi, elle et son air pompeux, elle et ses remarques acides sur Lily et James. Ses remarques douloureuses et vicieuses quand ce n'était pas un sort.
- Merci pour la proposition Albus, mais je préfère rentrer au manoir plutôt que de rester dormir au même endroit que ton chien. Ne pense même pas me l'amener pour la fin des vacances, j'ai autre chose à faire.
- C'est nécessaire pour que je ne sois pas repéré, ma chère.
- Laisse-le enfermer ici et Arthur ira le chercher. Laisse même un elfe de maison pour le surveiller si t'as peur qu'il parte ou même Alastor tiens, c'est un ami fidèle.
- Alastor est une bonne idée. Surtout qu'il m'a confirmé sa venue cette année pour surveiller Lupin et le remplacer pendant ses.. jours de maladies.
- Albus ?! Tu vas laisser ce monstre pouilleux faire cours aux enfants ?! hurla Minerva.
- Avec la venue des autres écoles… cela me permet de pouvoir… faire le ménage plus rapidement.
- Si tu le dis, répondit la professeur incertaine.
- Vous êtes inconscient Albus. Inconscient et impatient.
- Mais je suis certain que mon plan fonctionnera. Oui… j'en suis certain.
- Est-ce que le fait que Sirius soit en fuite ne sera pas un frein ?
- Le ministère a envoyé quelque centaine de détraqueurs à ses trousses. Ce ne sera bientôt plus qu'un lointain souvenir.
Derrière la fenêtre du salon, un chien noir à l'apparence maigre, lâcha un faible grognement. Il avait été manipulé depuis le début et il ne pouvait même pas aller chez lui au risque de se faire repérer. Il tourna la tête vers son filleul qui était occupé dehors. Albus était un monstre. Il allait rester non loin et peut-être qu'il pourrait envoyer un message. Mais à qui ?
Severus Snape était connu pour sa paranoïa et sa prudence au fil des années d'espionnage. Aussi, quand ce matin là il se leva, quittant les bras chaud de ses deux compagnons, il ne s'attendait pas à voir une lettre lui être adressée. Du moins, la façon d'écrire et le surnom lui semblait familier.
"Duc,
Je suis sortie du chenil où le vieux barbu m'avait enfermé.
J'ai vu Bambi chez lui et ça m'a donné la rage.
Dit à Dame paonne et sa famille que Godric's Hollow n'est pas désert et que de l'aide pour nettoyer l'endroit serait le bienvenu.
As-tu déployé tes ailes depuis Poudlard et quitté la ménagerie ou as-tu été capturé dans une cage dorée ?
Je t'en supplie Duc, rappelle-toi.
Grim
PS : N'y avait-il pas des rats dans les fables de la fontaine ? "
Une douleur foudroyante lui traversa la tête, le faisant lâcher la tasse de thé qui venait de prendre ainsi que la lettre entre ses mains. Le bruit de la tasse s'éclatant au sol éveilla les deux autres hommes qui vinrent voir ce qui se passait.
Gilderoy prit la lettre et la lu pendant que Barty Jr fit venir une potion anti-douleur.
- Je te laisse t'occuper de Sev, je dois voir Lucius de toute urgence, dit l'auteur blond.
Il embrassa rapidement les deux autres sur la tête et prit la cheminée pour le Manoir Malfoy. Severus, avait les yeux fermés et profitait de la douleur refluant pour voir dans son esprit ce qu'il s'était passé. Il vit rapidement l'apparition de nouveaux souvenirs, ceux d'un groupe de Gryffondor et de Serpentard ensemble avec un Serdaigle. James, Sirius, Remus, Peter, Lily, Lui, Lucius, Regulus et Gilderoy. Certain moment de la vie de tous les jours à Poudlard, l'apprentissage de la lycanthropie de Remus, les transformations en Animagus, la décision des noms, la création de la carte. Merde.
- Sev... Sev tu m'entends ?
- Oui je t'entends. Je viens de récupérer des souvenirs bloqués. Ceux des maraudeurs. Grim m'a envoyé un message.
- Albus a vraiment fait des dégâts à tout le monde. Va prendre une douche, ça te fera le plus grand bien. Je vais préparer le petit déjeuner okay ?
- Merci Love.
Il posa sa main sur la joue parsemé de taches de rousseur de son compagnon et déposa ses lèvres sur les siennes avant de se lever et partir dans la salle de bain alors que Gilderoy revenait dans la pièce. Il suivit le potionniste, enlevant ses affaires au passage, faisant soupirer le plus jeune en souriant.
- On voit bien que ce n'est pas lui qui nettoie.
Il secoua la tête et prépara le petit déjeuner, l'esprit inquiet.
Il avait reçu, quelques jours auparavant, une demande de mission pour l'année. D'après Tom, il devait se faire passer pour Alastor Maugrey pendant toute l'année scolaire, et pour cela, il devait passer son temps sous polynectar. Il ne l'avait pas encore dit à ses compagnons et il craignait de le faire. Il savait que Severus serait ravi… mais Gilderoy ne serait pas là. La fuite du jeune Potter sera mise entre ses mains.
C'était pratiquement mi-Août et la chaleur était des plus imposante. Harry était allongé dans ce qui constituait sa chambre. La cabane de jardin. Il observait, de son matelas au sol, l'extérieur. La porte était ouverte, mais il savait qu'il ne pouvait pas partir. Pourtant… le ciel qui se noircissait ne lui disait rien qui vaille. Les nuages sombres et l'air pratiquement glacial n'avait rien de naturel.
Se redressant sur son matelas, il posa ses lunettes sur son nez et observa le temps changer. Puis une explosion, suivie d'une autre. Il sentait la magie le traverser, de la magie à l'état brut non loin. Il y avait des rayons de couleurs maintenant, puis des sortes de créatures noires, s'approchant par centaine dans le ciel, sans jamais venir au niveau du manoir. C'était beau.
Cela dura un moment. Il ne su pas vraiment combien, mais à la fin, il vit dans ciel un dessin de couleur verte. Un serpent… et une tête de mort. Il avait déjà vu ce dessin sur le bras de son professeur de potion mais aussi celui de DCFM l'année dernière. C'était un message pour lui, mais aussi pour Dumbledore.
Sirius tomba pratiquement dut au transplanage d'escorte. Il fut mené dans le manoir Malfoy et soupira de soulagement. Ils avaient compris son message, il était maintenant en sécurité. On lui présenta le groupe de sauvetage d'Harry. Un groupe étrange et certainement pas complet. Les Malfoy, Severus, Barty Jr, un elfe de maison, La dernière des Weasley mais aussi plus surprenant; Gellert Grindelwald qui était un métamorphomage.
- Vous savez où est Moony ? demande-t-il en prenant son verre de Whisky haute gamme.
- D'après le conseil, il est celui qui prendra le rôle de professeur de DCFM cette année avec Alastor Maugrey, enfin… Barty qui sera sous polynectar, comme aide pendant les pleines lunes. Donc il ne doit pas être si loin, répondit Lucius.
- J'ai la trouille, répondit Barty, remuant son verre entre ses deux mains. Je sais que je devrais simplement venir que pendant les pleine lune à Poudlard, mais ça fait trois à quatre jours par mois et surement qu'avec le tournois ma présence sera requise pendant les épreuves.
- Ça va aller amour, répondit Gilderoy. Au pire, peut-être qu'à un moment je pourrais te remplacer genre en Novembre, Février et à la fin on pourrait demander à Gellert de nous aider. Comme cela tu pourras partir recevoir Harry dès son arrivée par portauloin et moi je serais dans les gradins.
- Dès que la panique sera à son maximum, Gellert reviendra à son rôle de Rusard et y'aura aucune trace de disparition, compléta Lucius. Tu n'es pas seul Barty, ça va aller. J'espère seulement que tu ne tueras pas ton père dès que tu le verras, hum ?
- J'avais oublié… il travaille au Département de la coopération magique internationale…Même pas un petit sort ?
- Non aucun sort, ni même une potion et ça compte pour toi aussi, dit Narcissa en pointant Sirius du doigt.
Severus croisa le regard de Barty et lui fit un clin d'œil, lui promettant de le faire à sa place si besoin. Sirius eut le regard pétillant en voyant celui du potionniste. Personne ne le savais, mais Severus dit "Duc" était sûrement le plus à même de faire des blagues sans que l'on remonte à la source, allant de la simple blague de changement de couleur d'un vêtement jusqu'à des blagues plus vicieuse et quelque fois très limite.
C'était pratiquement la fin du mois d'Août, quand Barty, Lucius et Severus attrapèrent Alastor alors qu'il sortait des défenses de chez lui. Barty prit immédiatement la place de l'homme, la malle de celui-ci dans sa poche et regarda partir ses deux compagnons et son beau-frère avec la malle-appartement où était à présent prisonnier le vrai Alastor. Il testa un moment sa démarche et grimaça en voyant la difficulté pour se déplacer avec la jambe de bois.
Albus arriva sur place avec grâce et Barty sentit son sang froid en prendre un coup. Baguette encore en main, il manqua de peu de lancer un sort sur le vieux citronné.
- Tu m'as surpris Albus, dit-il en rangeant finalement sa baguette. Y'a pas une trace de mangemorts restant, je sais pas ce qu'ils ont voulu faire mais y'a pas de dégâts.
- C'est surprenant, j'espère que ça ne change pas ta venue pour surveiller Potter.
- J'ai mes affaires, allons-y.
Il attrapa le bras du vieux directeur et se laissa emporter par le transplanage de celui-ci. Ils atterrirent devant le manoir et Barty souffla de voir que les seules protections étaient un fidelitas et un repousse-moldue.
Il écouta à peine ce qui dit l'homme, notant juste qu'Albus ne reviendrait pas de la semaine. Son regard était accroché sur la silhouette fine et couverte de bleu de l'enfant.. non, de l'adolescent. Il allait le choyer autant que possible et il le tirerait des griffes de ce connard quitte à finir en prison ou torturé jusqu'à devenir fou.
Il regarda Albus disparaître et attendit un simple instant avant de se retourner vers Harry.
- On est seul ?
- M… Professeur McGonagall est parti ce matin et Le directeur à l'instant … donc oui.
- Parfait.
Il sortit de sa veste une petite fiole et l'avala d'une traite. Il sentit son corps reprendre forme normale et soupira. Il ouvrit les yeux et eut un sourire en coin en voyant la surprise dans le regard de l'adolescent.
- Bien, je me présente. Bartemius Croupton Junior, dit Barty. Mangemort et compagnon de Severus Snape et Gilderoy Lockhart-Malfoy, pour vous servir.
- Tom ne m'a pas oublié…
Il s'approcha doucement et posa une main sur la joue creuse du jeune Potter.
- Non chaton, il t'as pas oublié. Tu vas aller prendre un bon bain chaud, pendant que je vais faire à manger. J'ai avec moi une malle toute neuve rien que pour toi, avec un compartiment avec des affaires propres à ta taille, un autre avec tous tes livres de l'année, un compartiment avec des parchemins, des plumes et de l'encre et le dernier compartiment avec des potions de soins de tout genre.
- C'est… C'est trop… Je ...
- Tututu, pas de ça chaton. Tu le mérites et tu seras choyé dès que ton nom sortira de la coupe de feu, crois-moi un peu. Allez, montre moi donc l'endroit, qu'on voit où l'on va dormir.
Ils firent ainsi le tour rapidement du manoir, se contentant des endroits principaux et décidèrent de s'installer dans une des chambres d'ami, quitte à dormir ensemble pour la protection.
Harry, parfaitement propre, était habillé d'un pyjama vert serpentard avec des petits serpents en argent sur tout le pyjama. Cela l'avait fait rire quand il l'avait vu et il avait de suite décidé de le mettre. Barty sortie de la malle la peluche loup qui eut le droit à un gros câlin et une place de choix dans le lit. Ils prirent un bon repas chaud dans le salon avant qu'ils ne parlent de l'année à venir et d'autres choses autres.
Près d'une heure plus tard, l'homme, avec Harry endormis dans ses bras, appela ses compagnons à travers le miroir. Il vit apparaître les deux hommes ensemble dans le lit.
- Hey vous deux, chuchota-t-il.
- Hey amour. On dirait bien que tu as un petit serpent fatigué accroché à toi, dit le blond.
- Il semble plus maigre qu'avant, souffla le potionniste. Fait lui bien boire les potions de nutrition. Passe même à deux par jour. Une le matin, une le soir.
- Ne t'en fais pas Sev, je vais en prendre soin et dès fin octobre, il sera pratiquement hors d'atteinte d'Albus, dit-il en passant sa main dans les mèches folles d'Harry. Oui, j'en fais la promesse qu'il sera protégé et aimé.
Le jeune garçon se pelotonna encore plus contre le corps chaud du mangemort sous leur regard attendri.
