Année 3, partie 1
Harry était de nouveau dans le train. Il était habillé de ses habituels vêtements, mais l'on voyait qu'il avait passé des derniers jours tranquilles. Ses joues étaient encore creuses, sa peau parfois marquée ici est là de quelque bleu mineur. Mais toute trace de fatigue avait disparu. Il avait même reçu la visite de Severus qui avait passé un scan sur tout son corps. Il devait maintenant boire une dizaine de potions par semaine. Severus avait décidé de faire un travail de fou pour les lui faire ingérer en cachette… le temps d'avoir sa liberté pour le tournoi.
Bref, il était donc dans le train la tête contre la vitre avec Ginny à côté de lui, Remus Lupin endormi face à lui, avec Neville à ses côtés et Ron le plus loin possible du professeur. Percy, préfet encore une fois, était passé plusieurs fois dans la cabine, l'air nerveux à chaque fois qu'il croisait le regard de sa petite sœur ou regardait en direction de Remus.
L'homme, habillé d'un pull beige un peu trop grand pour lui, ne dormait pas complètement. Il écoutait avec attention les discussions. Il sentait qu'il mettait mal à l'aise, voire écœurait l'un de habitant du compartiment. À ses côtés le jeune garçon était nerveux, timide même. Puis face à lui Harry. Un Harry qui sentait la maladie et les potions. Son jeune louveteau qui n'avait prononcé aucune parole depuis le départ du train. Severus l'avait prévenu pourtant, mais le voir, le sentir, était quelque chose d'autre.
- Pourquoi Dumbledore n'a pas interdit le trajet en train cette année ?
- Professeur Dumbledore, répondit Ginny. Et tout simplement car il ne pouvait pas faire passer près de 300 élèves à travers des cheminettes.
- Il… Il pouvait sinon… faire que chaque année ait une heure d'arrivée et… que ceux qui ne peuvent pas venir par transplanage ou cheminette… que ça se fasse par voiture du ministère. Genre, en premier les septièmes années en début d'après midi, puis sixième et cetera… et comme cela les nouveau arriverait à la fin, dit Neville les joues rouges.
- C'est pas con. Mais nous aurait évité de partager un compartiment avec…
- Tu partageras ton espace vital dans sa salle de classe toute l'année, ça ne va pas changer grand-chose quelques heures en plus.
- Si.
Remus bougea dans son semblant de sommeille, grognant un peu et se réinstalla complètement contre la vitre. Il fut certain que s'il ouvrait les yeux actuellement, l'on aurait vu dans son regard d'ambre son fou-rire contenu en sentant la frayeur du rouquin.
Ron s'était figé sur place de peur en entendant l'homme grogner. Il se leva et dit qu'il revenait, embarquant Neville au passage, faisant confiance à sa sœur pour surveiller Harry.
La porte fermée, Remus ouvrit les yeux et croisa ceux des deux plus jeunes.
- Vous savez… ce n'est pas correcte d'écouter ce que disent les gens, professeur, dit Ginny en souriant.
- Ce n'est largement pas ma faute si aucun de vous ne prend la peine de vous entourer d'une bulle d'intimité. Comment a été ta fin d'été louveteau ? demanda-t-il doucement.
- Génial. J'ai hâte pour cette année. Hâte que tout se termine enfin, murmura-t-il.
- Je comprends. Tu te doute bien que le début d'année ne va pas être très drôle pour toi. Mais on fera notre possible pour être présent. En tant qu'ami de tes parents, je pourrais toujours avoir l'excuse de parler avec toi et avec le "tueur fou Sirius Black" qui rôde… tu ne devras pas sortir après le couvre feu.
Le train fit un arrêt, surprenant tout le monde avant qu'une voix ne retentisse. Tout le train allait être fouillé par les aurors afin de garantir la sécurité de tout le monde. Ils allaient être en retard, mais si cela pouvait rassurer tout le monde. Chaque compartiment fut fouillé de fond en comble. Quand la porte de leur compartiment s'ouvrit, Ron et Neville entrèrent, accompagnés d'Alastor Maugrey. Ce dernier fit un clin d'œil vers son jeune protégé et salua Remus d'une poignée de main franche.
Il fit le tour de la cabine et repéra dans une des cages un rat. Il fit descendre la cage et l'observa de près, d'un regard intense. Pettigrow. Il se tourna vers les habitants du compartiment.
- Je pensais que l'on avait le droit qu'a un Chat, une grenouille, un crapaud ou un hibou comme animal…
- Dumbledore m'a autorisé à l'avoir. C'est qu'un rat.
- Nous verrons ça, mais c'est un manquement au règlement. Je vous le rendrais quand j'aurais discuté en tête avec Albus concernant votre rat et qu'il me confirme votre histoire.
Cage en main, il fit demi-tour et partit sous le regard presque rieur de Remus et celui outré de Ron. Barty avait presque envie de siffloter, il venait de trouver son camarade de jeu de l'année. Ils avaient à parler tous les deux.
Long et chiant. C'est ce qui pouvaient décrire le long monologue du directeur en fin de repas. Entre l'annonce des deux nouveaux professeurs de l'année, le rappel des règles, les nouvelles règles à cause de Sirius Black, l'annulation de la coupe de Quidditch et l'arrivée des délégations en octobre pour la coupe des trois sorciers; Un tournoi mortelle soit dit en passant. C'était d'une longueur ahurissante. Harry fut bien content d'avoir bien mangé avant de partir car il n'avait rien pu avaler le soir même. Il avait cependant bien sentit une, voir deux, potions lui être injectée dans l'estomac.
Quand il entra dans le dortoir, il vit que son lit de l'année dernière était toujours en place et qu'apparemment rien n'avait pu le défaire. Il se changea rapidement et se coucha, fermant les rideaux autour de lui. Une maigre sécurité cependant.
Il était assis en divination. Il se demandait bien pourquoi les gens choisissaient cela. Certes le fait que la professeure avait l'air complètement hors du temps, voire même dans un autre plan de l'espace, semblait faire que les notes étaient faciles à avoir… Mais il y avait bien d'autres cours plus intéressant à avoir.
Il regarda les cinq paquets de cartes devant lui, les autres ayant les mêmes paquets de différentes tailles. Il fallait tirer trois cartes et qu'elles soit de paquet différent. Harry roula des yeux et prit le plus gros paquet et le mélangea, passant carte par carte dans ses mains avant d'en poser une. Il fit de même avec les autres et finit par bannir deux des cartes. En les retournant il observa ce qu'il avait eu. L'Arcane sans nom, le Sept d'épée et le Cavalier de bâton. Cela voulait sûrement dire quelque chose. Il attendit que les autres aient terminé. La cloche sonna et la professeure le retint en arrière. La porte fermée, elle retira ses lunettes et l'observa un moment.
- Vous pensez certainement que je ne suis qu'une fraude Mr Potter, mais je sais la vérité. Je l'ai vu et votre tirage d'aujourd'hui le montre encore. Cette année marque un changement dans votre vie, un très grand changement. L'arcane sans nom, la mort, fait peur. Mais elle montre la fin d'un cycle.
- … Vous ne direz rien ?
- Qui voudrait me croire Monsieur Potter ? Je ne suis qu'une pseudo voyante, une sorcière ivre, droguée et de bas étage. Prenez seulement garde à ce que vos tirages et prédictions ne parviennent pas à l'oreille des personnes non désirées.
Elle lui fit un sourire et le libéra, remettant ses lunettes sur son nez. Elle entendit le jeune garçon parler au rouquin.
- Qu'est-ce qu'elle te voulait ?
- Rien Ron, elle m'a juste annoncé ma mort encore une fois, rien de nouveau.
- Je me demande vraiment pourquoi Dumbledore la garde. Suis-moi, on va être en retard en cours avec Hagrid et sois utile, porte mon sac.
Harry prit le sac de Ron et le suivit sans un mot de plus. Hagrid les attendait, ravis de les voir. Il leur présenta une créature majestueuse et, d'après le demi-géant, têtu. Draco Malfoy fut celui qui tenta d'approcher l'hippogriffe. Ron renifla de rire en voyant le blond se pencher, presque avec révérence.
- Il s'entraine pour quand il devra le faire devant voldemoche, chuchota le rouquin.
Harry vit le blond se tendre un instant avant de se détendre de nouveau. La créature finit par saluer de même et il pu s'approcher, le toucher même. Hagrid lui propose de faire un tour en l'air avec, mais Draco refusa poliment, insistant sur le fait que ce ne serait pas juste envers les autres présents en cours.
Ron vit rouge et s'avança vers l'hippogriffe. Il poussa Draco de côté, manquant de le faire chuter et traita la créature de saleté de poulet. Fier, l'hippogriffe mi oiseau mi cheval se cambra et le fit tomber, le piétinant avec colère, les ailes écartés jusqu'à ce qu'Hagrid le tire en arrière et vire tout le monde, retirant une dizaine de point pour Gryffondor et dise d'amener Ron à l'infirmerie.
Bras cassé et côtes fêlées. Voilà ce que récoltait Ron face à sa bêtise. Albus, le soir-même, tira pratiquement Harry dans son bureau et le lui fit payer de ne pas l'avoir empêché et de sembler en meilleur état. Le gryffondor se retint de rouler les yeux, voilà qu'on le punissait pour l'idiotie des autres.
Il eut le droit à une potion en plus le matin même, le soulageant de la douleur.
Premier cours de DCFM le jour même. Remus était toujours absent et ne revenait que plus tard. Barty, dans son rôle d'Alastor, accueillit tout le monde dans la classe, avec une cage et un bocal voilé sur sa table. La cage contenait un rat quelconque, remplaçant Pettigrow auprès de Ron.
- Je me présente, Alastor Maugrey, Auror à la retraite mais ayant accepté bien gentiment de quitter celle-ci pour aider Professeur Lupin. Avec moi, vous allez surtout voir tout ce qui est sort sombre, d'attaque et défense. Alors que que vous verrez plutôt les créatures et comment s'en défendre avec Monsieur Lupin. Aujourd'hui premier cours nous allons aborder directement par les sorts les plus sombres. Vous les connaissez sûrement, et certains d'entre vous en ont été victimes, que ce soit personnellement comme un membre de votre famille.
Il observa toute la classe son regard passant de Neville à Harry en regardant vers les Serpentard. Il voyait bien que quelques-uns étaient devenus plus pâles. Il secoua la tête, il n'était pas le monstre qui était dépeint dans les livres et histoires.
- Je ne suis pas un monstre cependant. Si vous n'êtes pas à l'aise, je vous autorise aujourd'hui, exceptionnellement, de quitter en silence la pièce, définitivement ou non, dès que vous voulez. Cependant, le fait de quitter définitivement cette pièce ne vous exempte pas de faire vos devoirs. Vous aurez un mois pour me le rendre. Donc même si c'est difficile, vous pourrez le faire et je prendrais en compte que c'est un sujet difficile.
Il frappa ses deux mains. La porte de la classe s'entrouvrit légèrement, invitant les gens à pouvoir sortir. Il fit quelques pas dans le silence rompu par la jambe de bois avant de s'installer devant le bureau.
- Les sorts les plus sombres sont au nombre de trois. Ils ont appelé les impardonnables. L'Imperium, Le Doloris et L'Avada Kedavra.
Il vit deux élèves se lever et partir de la pièce sans un bruit.
Il continua la théorie, voyant les élèves blanchir et certains finirent par partir. De rares élèves reviennent. La première heure terminée, huit élèves sont absents. La sonnerie retentit.
- Nous allons faire une pause de cinq minutes et je vais passer à la démonstration des impardonnables. Je le ferai sur un simple insecte. Vous n'aurez pas à le faire. Pour ceux qui veulent, je vous montrerais la sensation que c'est d'être sous Imperium.
La classe se vida rapidement et cela ne l'étonna pas le moins du monde de voir sa classe réduite de moitié pour la seconde heure. Faire frapper des mains les élèves était drôle. Il fut cependant surpris de voir le jeune Potter parvenir à y résister. Il se fit la note mentale de le dire à Tom.
Le temps passe et les cours avancent. Harry est penché sur son devoir sur les Impardonnables sous le regard de Severus.
- Vous ne semblez pas affecté par votre travail.
- Je sais ce que font les sorts… les trois sorts. Ils m'effraient, comme toute personne sensée, mais je me sers de mon savoir, aussi étrange qu'il soit, pour avoir de bonnes notes cette année.
- Vous... avez déjà été victime du Doloris ?
- Plus d'une fois, dit-il en passant une main sur son œil aveugle.
- Comment cela se fait que vous êtes encore sain d'esprit ? Vivant même je devrais dire.
- Magie ? dit-il avec un sourire en coin.
Severus roula des yeux et se pencha sur ses copies. Par Merlin tout puissant, c'était pratiquement un miracle.
Dans sa chambre dans les cachots, Gellert Grindelwald sifflotait en nettoyant sa collection de poignards anciens. Il allait bientôt pouvoir quitter son boulot. Il avait hâte de revoir Igor. Il l'inviterait pour se boire une bonne vodka en discutant de ce qu'il se passait plus en détail ici. Il était temps de laisser passer le message au monde de l'horreur qui se jouait. Il pourrait peut-être inviter Severus et Barty à se faire une petite partie de Dourak.
Remus attendait dans la classe de DCFM. Il savait parfaitement qu'Albus lui ferait la morale le soir même. Non… il ne devait rien dire apparemment. Il sourit et ouvrit la porte. Les élèves pénétrèrent dans la pièce, curieux de le voir à la place d'Alastor. C'était son premier cours de l'année. La porte fermée, il croisa les bras, les observant.
- Bonjour à tous, je me présente Remus Lupin. Nous allons commencer directement par la question qui vous brûle les lèvres pour certains. Si je suis absent c'est tout simplement que je ne suis pas juste malade. Je suis atteint de Lycanthropie. À chaque période de pleine lune, je serais absent et remplacé par Alastor Maugrey. Je n'ai pas honte de mon statut de créature et oui la vie m'a fait une blague en me faisant appeler ainsi. Bien, si tout cela est clair, commençons.
Le silence fut complet pendant tout le long du cours. L'homme était dynamique et joyeux. Son regard d'ambre scrutant tout le monde et affrontant la tête haute tous les regards qu'on lui renvoyait. Il n'était pas seul dans ce monde, il ne serait pas seul à la prochaine pleine lune, celle de la fin du mois.
Le hurlement du loup, de plusieurs loups début Octobre, fit frissonner Albus dans son bureau. Il avait un mauvais sentiment.
Pourtant, rien ne vient troubler l'ordre pendant un moment. Le cours de DCFM fut même élu comme le meilleur cours de l'année suivi par celui de vol puis de sortilège. Harry fut particulièrement tranquille, bien que certains soirs furent plus difficiles que d'autres, mais jamais il eut à rester trop longtemps en compagnie du directeur.
Ce dernier, actuellement dans son bureau, faisait les cent pas sur sa moquette rouge luisante brodée d'or sous le regard curieux des tableaux. Rien n'allait. Non vraiment rien n'allait il le sentait, quelque chose n'allait vraiment pas et il n'arrivait pas à mettre la baguette dessus. Il s'arrêta et soupira. Cela ne servait à rien de réfléchir ainsi. Il devait simplement se détendre et aller prendre un bon repas. Dans deux semaines les congrégations arrivaient.
Le repas fut sous le signe de la détente pour l'homme. Les elfes avaient fait un bon travail et avaient préparé son repas préféré. Il attrapa sa coupe en or et bu son vin tranquillement, observant les élèves manger avec appétit, un œil sur Harry qui mangeait le minimum requis. Il ne savait ce qu'avait faire Alastor au gamin, mais il lui était presque reconnaissant. Il n'avait pas eu, pour une fois, à répondre à l'inquiétude de ses autres professeurs.
Alors qu'il finissait sa coupe, la porte s'ouvrit d'un coup, laissant passer le concierge. Ce dernier courut pratiquement vers lui.
- Directeur, il faut que vous veniez vite, le portrait de la tour Gryffondor a été attaqué, découpé même.
La salle fut parcourue de murmure et l'homme se leva d'un coup, laissant derrière lui son repas. C'était évidemment bien trop beau.
- Dame Elizabeth, où êtes-vous ?
- Ici, directeur et c'est Marianne Elisabeth.
Albus fit un geste de la main. Ce n'était qu'un tableau, cela n'avait pas d'importance. Il écouta d'une oreille la plainte de la dame. Il lui dit qu'il ferait son possible et que son tableau serait réparé avant de faire demi-tour et s'évanouir, s'étalant au sol et faisant une nouvelle fois hurler de terreur les tableaux présents.
Albus Dumbledore avait été mis en quatorzaine et l'ensemble des élèves furent envoyés dormir dans la grande salle sous la surveillance de plusieurs professeurs se relayant. Severus en profita pour faire ingurgité un peu plus de potion que d'habitude à son jeune protégé, faisant lever les yeux au ciel à celui-ci. Mais aussi avoir le sourire. Il ne restait plus que deux semaines et il allait être éloigné. Il se coucha et s'endormit sous le bruit feutré des pas des professeurs et les ronflements, plus ou moins fort, des autres élèves.
L'ensemble de l'école semblait être pris dans une frénésie et un stress montant des plus contagieux. Les professeurs étaient presque insupportables pour certains. D'autres semblaient seulement fatigués. L'ambiance de Samhain était déjà présente et c'est dans un froid pratiquement hivernal que tous attendirent l'arrivée des autres écoles. Personne ne savait vraiment par quel moyen ils allaient venir. Harry était en rang avec les autres, à ses côtés, le concierge, et à l'autre bout du rang, La professeure McGonagall.
Gellert posa sa main sur l'épaule de Harry qui semblait ne pas tenir en place, mordillant ses lèvres, et la serra un moment, attirant son attention.
- Ça va aller gamin, dit-il simplement.
Harry mit un moment à comprendre avant d'ouvrir la bouche de surprise, sentant de la magie le traverser. Il ferma la bouche et remercia muettement l'homme. Ce n'était pas un cracmol, non, l'homme était plus puissant que cela et il était là, sous le nez de Dumbledore sans même qu'il le sache. l'homme lui fit un petit sourire rieur et lui lâcha l'épaule.
Le ciel s'assombrit un moment, quelques nuages à l'horizon mais rien ne semblait arrivé d'un côté comme de l'autre. Jusqu'à ce que qu'un élève ne pointe vers les arbres de la forêt interdite. Dans le ciel, une forme se dessinait petit à petit. C'était imposant, et cela volait. Harry secoua la tête en pensant au fait que forcément, il fallait impressionner les autres. La forme se fit plus présente, plus impressionnante. Plusieurs rangées d'élèves reculèrent, laissant assez de place pour le carrosse (maison ?) volant.
Douze chevaux imposant et ailés de couleur blond-or tiraient le carrosse. Ils firent un mouvement synchronisé et amorcèrent la descente vers l'école à une vitesse impressionnante. L'atterrissage se fit dans la poussière et le carrosse rebondit deux-trois fois avant de se stabiliser. Ce fut dans le silence qu'ils observèrent ce qu'il se passait. La porte s'ouvrit, révélant un élève qui sauta de la plateforme avant de se pencher et tirer ce qui semblait être un marchepied. Il se mit de côté et sortit du carrosse une femme aussi grande et bâtit qu'Hagrid. Elle s'avança un moment alors que Dumbledore arrivait, son air de grand-père sur le visage.
- Ma chère Madame Maxime, je vous souhaite la bienvenue à Poudlard.
- Mon cher Dumbledore, je suis… ravis, de vous voir en parfaite santé. Je vous présente mes élèves.
Une douzaine d'élèves étaient là, présents, habillés de leur uniforme bleu ciel trop léger pour la saison. Certains portaient des châles et des écharpes. Une partie d'entre eux observaient le château devant eux d'un air curieux et anxieux.
- À quel moment Karkaroff doit-il arriver ?
- Il ne devrait plus tarder. Entrez-donc vous réchauffer dans le hall, il serait dommage que vous n'attrapiez froid dès maintenant.
- C'est … aimable à vous Dumbledore.
Elle fit signe à ses élèves de la suivre et ils disparurent à travers les portes du château. Il n'y eut des commentaires qui éclata de tous côtés, des murmures impatients. Puis alors que le temps semblait s'allonger, un grondement sourd se fit, suivi de quelques remous dans le lac, très léger au départ puis de plus en plus visible. Un tourbillon se forma et apparut un bateau… sous-marin.
Il y eut le bruit de l'ancre qui tombe, puis celui de la passerelle sur le rivage. Madame Maxime était peut-être impressionnante. Mais le groupe que formait Durmstrang l'était sûrement plus. L'homme qui était à la tête du groupe avait un visage dur mais aussi un sourire, un sourire faux de ce que voyait Harry.
- Dumbledore ! Content de vous voir cher ami, dit-il en serrant la main du directeur. Ah Poudlard. Cette école est comme une dame, elle ne vieillit pas avec le temps, elle devient plus belle.
un coup de coude interrompit Harry et son regard fut interpellé là où étaient les élèves. Parmi tous ceux présent, il reconnut alors le visage des magazines et poster de Ron.
- C'est… C'est Krum … murmura le rouquin proche de l'évanouissement.
- Et bien… oui.
- Tu ne comprends vraiment rien. C'est une star internationale du Quidditch et le meilleur attrapeur du monde. Tu lui demanderas un autographe pour moi, dit-il en serrant sa main sur le bras tel un avertissement.
Harry déglutit et acquiesça. Il sentit la prise se défaire rapidement sans voir le regard assassin du concierge sur le roux qui déglutit à son tour. Tout le monde entra enfin et s'installa aux tables comme par habitude. Les élèves des autres écoles ne semblaient pas vraiment savoir où s'installer. Après une discussion entre eux, les élèves de Beauxbâtons s'installèrent à la table Serdaigle et Durmstrang à celle de Serpentard, enrageant Ron.
À la table des professeurs, plusieurs adultes, en plus des deux directeurs d'écoles, étaient présents. Harry les reconnus grâce à ce que lui avait dit Barty et Severus. Ils étaient ceux qui organisait le tournoi. Ils venaient du ministère. Albus se leva et le silence se fit.
- Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Fantômes et invités, bonsoir. Je vous souhaite avec plaisir la bienvenue à Poudlard. J'espère et je suis même certain que votre séjour ici sera à la fois confortable et agréable.
Une des filles de Beauxbâtons lâcha un rire cynique, une partie de son visage toujours dans un cache-nez blanc, s'attirant plusieurs regard sur elle.
- Le tournoi sera officiellement ouvert à la fin de ce banquet. Mais pour l'instant, je vous invite à manger, boire et considérer cette maison comme la vôtre.
Il y eut un applaudissement timide et Albus s'asseoir de nouveau, son attention immédiatement accaparée par Karkaroff.
Harry mangea autant que possible, ce soir-là il pouvait manger à sa faim car il ne devait pas se faire remarquer. Il leva son regard, et croisa celui de ses alliés. Il avait peur pour demain. Mais il n'était pas seul et tout le monde était là maintenant.
La jeune fille, qui avait ri pendant le discours, avait apparemment décidé de retirer son cache nez. Elle avait un visage fin et des cheveux blonds argentés, presque semblables à ceux des Malfoy. Elle se leva et s'approcha de la table.
- Vous avez fini avec la bouillabaisse ?
- La qu... ? commença Ron avant de s'arrêter net en voyant la jeune fille.
- La bouillabaisse, le plat qui est juste devant toi.
- Oh, heu… oui… oui et...
- Laisse tomber, trancha-t-elle froidement. Est-ce que tous les élèves d'ici sont aussi crétins que cela ?
Elle prit le plat et partit sans se retourner. Harry jura d'avoir vu de la bave couler sur le menton de Ron. Observant la pièce, il vit qu'il n'était pas le seul. Il semblait qu'une bonne partie des garçon de l'école fut victime de leurs facultés cognitives.
Ron secoua la tête et cligna des yeux avant de reprendre son repas comme si rien n'était, attaquant sa deuxième assiette de la soirée. Harry fut certain qu'à ce rythme, le rouquin finirait aussi large qu'un éléphanteau.
Le repas se terminant, tout disparu des table et Dumbledore se leva de nouveau. Il fit un long discours, présentant les personnes du ministère. Il demanda que l'on apporte le reliquaire, faisant tourner les têtes vers le concierge qui était dans un fin costume ajusté le rendant sérieux. Il tenait en mains un coffre orné de pierres précieuses. Il le déposa devant Dumbledore et se mit de côté. L'homme tapota le coffre de sa baguette plusieurs fois, ce qui l'ouvrit. Il en sortit une coupe tout à fait quelconque, jusqu'à ce qu'une gerbe de flammes bleutées en sorte. Il présenta l'objet comme étant la coupe feu et que cet artéfact serait celui qui choisirait les champions du tournoi.
Il continua son explication concernant comment entrer dans le tournoi, la limite d'âge de seize ans, le tirage dès le lendemain soir ainsi que la position de l'artefact dans le hall. Il ne précisa cependant pas que les champions du tournoi seront logés dans un appartement privé, bien évidemment, se dit Harry. Cela termina la soirée et tout le monde prit la direction pour dormir. Devant les portes de la grande salle, Harry fut interpellé par le professeur Snape, lui demandant de le suivre un instant, seul.
Ron jeta un regard noir vers le professeur mais laissa le plus jeune derrière lui. Dans l'appartement du professeur, il ne fut pas surpris de ne pas être seul. Barty, Igor, Gilgeroy et puis Gellert Grindelwald.
- Vous… vous êtes … mais comment ?
- Je suis ce qu'on appelle métamorphomage. Je peux changer de taille, poids et apparence pratiquement à l'infini. Il y a quelques années j'ai croisé Argus Rusard et nous avons discuté. Il est ailleurs, bien payé et bien mieux traité qu'ici. J'ai pris sa place.
- C'est … cool. Sinon… autre chose ? demande-t-il en tournant sa tête vers les autres.
- Nous avons besoin que tu écrives sur ce bout de parchemin pour que je puisse t'inscrire.
- Aussi, nos leçons seront plus rares, dit le potionniste. Il faut que je ne me fasse pas repérer, je pense que tu comprends.
- D'accord. Si vous avez une plume à me prêter par contre.
Une plume lui fut tendue et, cœur battant, il écrivit sur le parchemin son inscription au tournoi. Il reposa la plume et déglutit. Demain serait le jour de vérité. Barty se leva du canapé où il était et le prit entre ses bras, le serrant très fort.
- J'ai peur, murmure-t-il contre la chemise de l'homme.
- On est là chaton, ça va aller.
- J'ai peur… j'ai peur qu'il… me fasse mal.
- On l'en empêchera, ne t'en fait pas, dit Gilderoy. Tu vas aller te coucher et tout ira bien. C'est la dernière nuit, demain tout ira bien. Tu nous fais confiance ?
- ... Oui.
- Il est temps de remonter dans la tour Gryffondor, dit le potionniste.
Harry acquiesça et recula de l'étreinte. Il salua les personnes présentes et suivit son professeur dans les couloirs, la boule au ventre.
Quand il entra dans la tour, il fut immédiatement tiré vers le dortoir. Il eut peur d'être seul avec le rouquin mais Neville était là, dans son lit, à lire un livre sur les plantes. Il vit parfaitement que cela contrecarrait les plans de Ron et Harry lui en fut reconnaissant.
- Tu ne veux pas lire ailleurs ?
- Si je me suis mis ici, c'est pour être au calme, dit doucement Neville, les mains légèrement tremblantes sur son livre. Puis il est tard, donc je ne vais pas tarder à aller me coucher. Peut-être que si tu te lèves assez tôt demain tu pourras croiser Krum.
La porte du dortoir s'ouvrit et Ginny entra dans la pièce. Elle avait un grand sourire. Elle attrapa Harry, l'éloignant de Ron, et l'enlaça un moment avant de le lâcher.
- Alors ? On a vu une jolie fille et on ne sait plus parler ?
- Et alors ? demande-t-il les joues rouges.
- C'est sûrement une vélane. Une créature magique d'une beauté fatale qui utilise un pouvoir pour charmer les hommes et le ramener dans leur lit. Mais si elle s'énerve, elle devient très hideuse un peu comme une harpie, explique-t-elle à Harry.
- Oh… elle est plutôt… banale. Bien, je vais me préparer pour dormir. Neville a une bonne idée, si on se lève tôt on verra peut-être Krum.
Il attrapa son pyjama en mauvais état et disparut dans la salle de bain. Cela avait été risqué. jamais avant il n'avait pu dire quelque chose comme cela sans avoir la peur au ventre de se prendre un retour, un coup. Mais là ils respectaient tous le règlement qu'avait donné Dumbledore et devait ne pas se faire remarquer, il savait donc qu'il prendrait rien de plus qu'un avertissement.
Ce fut tôt qu'il se leva, bien plus tôt que Ron, et s'enferma dans la salle de bain. Il était impatient et aussi étrange que ce soit, il avait, lui aussi, envie de rencontrer le joueur de quidditch.
Ce fut pratiquement une demi-heure plus tard qu'ils arrivèrent dans la pièce. Il avait reçu un avertissement de Percy, celui-ci coupé court par le regard glacial de sa sœur et un simple rappel qu'ils voulaient aller manger. De sa place à la table, son regard croisa celui de Barty sous polynectar. Ce dernier acquiesça et reprit son repas comme si rien n'était .
Il était entré dans le tournoi. Il n'y avait plus qu'à attendre. Il vit arrivé dans la pièce les jumeaux qui riaient et avait une longue barbe et quelque ride en plus.
- Qu'est-ce que vous avez encore fait tous les deux ? demande Ginny en soupirant.
- On a essayé d'entrer nos noms dans la coupe.
- Mais même avec notre invention.
- Il semblerait que la magie ne soit pas naïve.
Ginny roula des yeux et reprit son repas. L'infirmière les invita fortement à la suivre à la fin du repas et Durmstrang ne se montra pas au petit déjeuner.
La journée parut des plus longues pour Harry. Pourtant, ils y étaient. C'était le grand soir et, comme la veille, les autres écoles avaient pris leur place aux tables de Serdaigle et Serpentard. La coupe était là, devant la table des professeurs.
Harry était loin d'être croyant, mais actuellement, il pria tous les dieux possibles pour que ça fonctionne. Il n'écoutait même pas le discours du directeur, il attendait que son nom soit prononcé, il attendait juste ça.
- Nous commençons !
Un premier papier sortit de la coupe et voleta jusqu'à la main d'Albus.
- Le champion de Durmstrang sera Viktor Krum.
Une vague d'applaudissements parcouru la pièce. Le joueur de Quidditch se leva, fit une faible révérence et sortit par la porte à côté de la table des professeurs.
- Le champion de Beaubaton sera Fleur Delacour.
Il y eut une vague d'applaudissements, plus timide surtout du côté féminin. La Vélane se leva et sortit, la tête haute, hautaine.
- Le champion de Poudlard sera Cedric Diggory.
Nouvel applaudissement. Harry eut un sentiment d'horreur en n'entendant pas son nom. Qu'est-ce qu'il se passait ? Le Poufsouffle salua tout le monde avant de sortir.
Alors qu'Albus allait parler, un nouveau papier sortit de la coupe, surprenant tout le monde. Il n'y eut qu'un murmure. Puis l'appel plus fort, plus colérique.
- Harry Potter !
Harry sentit son visage devenir blanc et un sentiment entre la peur et la liberté le prendre. Il se leva, dans une salle parcourue de murmure et sortie de la pièce. Il fut accueilli par trois regard différent.
Viktor le regardait simplement, soulagé de le voir, le joueur devait certainement être au courant. Cedric le regardait surpris, presque comme s'il le voyait pour la première fois. Fleur lui jeta un regard froid et rejeta ses cheveux en arrière.
- Qu'est-ce que tu fais là ? Il faut revenir dans la salle ? demande-t-elle.
- N… non c'est juste… il semblerait que … mon nom soit sorti de la coupe aussi, dit-il en se rapprochant des trois, plus du côté de Viktor.
- Je te demande pardon ? Est-ce une blague ?! Tu n'es qu'un petit garçon de treize ans et il ne peut pas y avoir deux champions pour Poudlard, c'est tout simplement de la triche !
- Je ne sais pas pourquoi non plus !
La porte de la pièce s'ouvrit d'un coup violent, laissant passer plusieurs professeurs et les directeurs, Albus à la tête du groupe. Il se dirigea immédiatement vers Harry et l'attrapa par le bras.
- Est-ce que tu as entré ton nom dans la coupe de feu ?! demande-t-il en le secouant violemment.
- Non monsieur ! Je vous jure c'est pas moi.
Harry fut tiré en arrière et atterrit, hors d'atteinte de Dumbledore, entre les bras du professeur Lupin qui était présent ce soir-là. Il émit un grognement sourd vers le directeur. Les autres présents firent tous un pas en arrière par ce son. Le regard d'ambre passant d'une personne à une autre.
- Il serait bon que vous sortiez mon garçon, il ne faudrait pas que vous vous… transformiez ici, dit Albus d'un ton doux qui lui valut un grognement plus fort.
- Sortez Dumbledore, dit Igor Karkaroff. Vous êtes la principale cible de la colère de Monsieur Lupin. Nous allons régler cette histoire de quatrième champion.
- Mais c'est mon él…
- Sortez Albus, dit calmement le potionniste.
L'homme souffla, les dents serrés et lâcha un "bien" avant de faire demi tour et sortir en claquant la porte derrière lui. Severus approcha le lycan et lui fit boire une potion calmante. Ce dernier souffla et rouvrit les yeux.
- Pardonnez moi. Je vais… sortir. Ce soir c'est la pleine lune.
Il embrassa le dessus de la tête d'Harry et sortit. Harry ne dit rien, laissant les autres discuter. Puis au bout d'une dizaine de minutes, la sentence tomba. Le jeune Potter n'avait pas le choix de participer au tournoi. Il fut donc invité à suivre le groupe, mené par Severus et Igor. Madame Maxime ayant décidé d'aller parler avec Dumbledore.
Troisième étage. Ils avaient fait l'appartement là où se situait avant le cerbère. Harry lâcha un petit reniflement. Il n'y avait que trois chambres, toutes identiques. Fleur ne resta pas un instant de plus et s'enferma dans la chambre de droite, claquant la porte derrière et lâchant un merci, froid.
- Bon, comme vous le voyez, il n'y a que trois chambres. Miss Delacour ayant déjà pris possession de l'une d'elle, l'un de vous deux accepterait-il de loger Mr Potter ?
- Je ne suis pas sûr, répondit Cedric.
- Bien sûr. Si Harry l'accepte, je partagerai ma chambre avec lui toute l'année.
- M… Merci Viktor, répondit Harry.
Cedric était gêné. Il aurait bien aimé partager sa chambre avec le jeune gryffondor. Mais il sortait avec Cho Chang depuis peu et il ne voulait pas risquer une crise de jalousie pour si peu. Il indiqua qu'il prenait la chambre du milieu et disparu, souhaitant bonne nuit aux autres.
Harry entra dans celle de gauche et sourit enfin. Il se retourna les larmes aux yeux, il s'assit sur le lit. Il était pratiquement libre. Porte fermé sur les quatre personnes, Severus sortit d'une poche interne une malle réduite qu'il redonna taille.
- Il y a toute tes affaires dans la malle, dit-il à Harry. Tu vas continuer à suivre le régime de potion mais aussi de nourriture cette fois. C'est fini la privation.
Il sortit deux parchemins d'une de ses poches et les déroula. Igor vint regarder la liste et sentit la colère le prendre. C'était vraiment horrible et quand il voyait maintenant le jeune garçon maigre avec un œil aveugle. Viktor prit place au côté d'Harry qui parut avoir à peine dix ans.
- Je vous fais confiance Mr Krum pour le surveiller et prévenir moi même ou votre directeur en cas de besoin, dit-il en accrochant les deux parchemins sur un des murs libres.
- Bien sûr professeur, je ne le quitterai pas des yeux un instant.
- Merci Viktor, dit Karkaroff. Je vais aller prendre ta malle d'affaires pour te l'apporter.
- Je vous laisse. Demain, ça va être une longue journée, Bonne nuit messieurs.
Severus sortit de la pièce, suivit d'Igor qui revint peut après, déposant une malle de couleur noir aux armoirie de Durmstrang et agrandissant le lit pour qu'ils aient assez de place avant de partir pour de bon.
Une fois les deux champions seuls, Harry eut un moment de flottement et éclata de rire tout en pleurant. Viktor lui sourit et lui donna une petite poussée vers la salle de bain attenante lui disant de prendre tout son temps. Harry ouvrit sa malle, sortit son pyjama vert (son préféré), un sous-vêtement, sa peluche loup qu'il posa sur le lit et partit prendre une douche chaude.
Au moment de dormir, Viktor fit parfaitement son devoir de protection et surveillance. Il fit avaler les potions du soir à Harry, qui roula simplement de yeux en souriant, et nota mentalement de demander d'avoir un carnet pour noter chaque jour les repas, potions et autres.
Il y eut un moment de doute et de flottement au moment de dormir. Puis Viktor leva les épaules et vint se coucher, glissant sa baguette sous l'oreiller et invitant Harry à venir dans le lit. Le plus jeune bailla et prit place, s'endormant pratiquement immédiatement, sa peluche entre les bras.
Albus ne dormait pas. Non, il ne pouvait pas dormir, pas ce soir. Son esclave, son jouet était entré dans le tournoi sans aucune raison et il ne pouvait rien faire pour l' en sortir sans qu'il n'en perdre sa magie et le tue immuablement. Tom était certainement derrière tout cela. Il aurait dû le tuer avant qu'il ne quitte Poudlard !
Dans son appartement, Severus trinquait à la réussite du jour avec ses deux compagnons. Son regard plongea dans celui de Gilderoy qui lui donna un sourire en coin et un lever de sourcils. Il acquiesça et finit son verre. Ils avaient peut-être toute la nuit pour récompenser Barty de son bon travail, mais plus tôt ils commençaient, plus de temps ils avaient. Barty se sentit soulevé et éclata de rire, passant ses bras autour du cou du plus âgé mais aussi, du plus fort des trois. Gilderoy suivit du regard ses deux amoureux. Cela ne l'étonnait même pas de l'impatience de Severus. Souriant, il finit son verre avant de les suivre dans la chambre.
Gellert et Igor étaient aussi en train de trinquer, mais étaient dans un état légèrement éméché. Une bouteille de Vodka draconique était vide au sol alors que la seconde était entamée, trônant fièrement sur la table. Igor rigolait en frappant la petite table basse du poing alors que Gellert avait un simple sourire.
- La gamine… elle… elle t'a traité de cracmol ? dit Igor entre deux fou-rire.
- Miss-je-sais-tout ne savait pas tout apparemment.
- Vil renard. Elle est où ?
- T'es pas au courant? Elle s'est faite croquer par un Basilic dans le couloir, une vraie boucherie.
- Charcuterie ? dit-il en tendant un bout de saucisson qu'il tenait en main.
L'alcool dans le sang aidant pas, Gellert éclata de rire. Il fallait vraiment qu'ils aillent se coucher.
