Titre : Papa

Rating : T

Pairing : Slash, Yaoi, Mentor fic

Disclaimer : Pour votre plus grande déception (j'en suis sûre), je ne suis pas JKR.

Statut : Terminée

Résumé : Quand, à la fin de sa cinquième année, Harry apprend qu'un grand secret le concerne, il voit sa vie changer radicalement. Loin de ceux qui l'ont élevé et de ses amis, l'adolescent doit se créer une nouvelle histoire, s'adapter à une nouvelle vie et pourquoi pas, se découvrir une nouvelle famille.

Bêta : AudeSnape & Pauu-Aya

.oOo.

Chapitre 10

.oOo.

Lorsque Samaël ouvrit les yeux, il sut qu'il s'était passé quelque chose. Il se concentra pour faire la mise au point sur son environnement et fixa son regard sur Lucius qui, le dos droit, regardait les jardins par la fenêtre de la chambre.

« Tu es enfin réveillé, » dit celui-ci sans se détourner de l'horizon.

« Apparemment, » marmonna Samaël en se redressant péniblement. « Qu'est-ce qui s'est passé ? »

« Il s'est passé que mon fils est un idiot inconscient, » grogna Lucius, se retournant enfin.

Samaël pouvait voir la colère dans ses yeux, qui fut vite remplacée par du soulagement lorsqu'ils se posèrent sur lui.

« Lequel ? » ricana Samaël.

Voyant que son père avait apparemment perdu son sens de l'humour depuis leur dernière discussion, il reprit avec une grimace :

« Tu peux développer ? C'est arrivé trop souvent pour que je puisse me rappeler de quoi il s'agit cette fois. »

Lucius s'avança et se plaça à côté du lit. Il aida Samaël à s'asseoir, ajoutant des oreillers derrière son dos et lui tendit un verre d'eau pour sa gorge asséchée.

« Tu étais en exploration avec le Professeur Howell et vous avez été attaqués par des piqueurs, » expliqua-t-il ensuite.

« Hum… Oui, je m'en souviens. Mais Kyle s'est interposé et le serpent n'a pas pu m'atteindre. »

« Tu écoutes quand je te parle, Sam ? » demanda Lucius sans pour autant utiliser un ton de reproche. « Je t'ai dit que vous aviez été attaqués par des piqueurs. »

Samaël palit instantanément et passa frénétiquement sa main sur son corps, cherchant toute trace de blessure. Soudain, il se souvint d'une douleur à la hanche et dirigea sa main vers le pansement collé sur son côté.

« Merde… » souffla-t-il.

« Surveille ta langue, Sam, » répondit son père fronçant les sourcils. « Mais comme tu dis… Tu as été atteint par les piques empoisonnées qu'il peut projeter à l'aide de sa queue. »

« Je suis certain d'avoir vu Kyle vérifier quand il l'a retiré de son dos, le serpent avait toujours ses piques. »

« Tu devrais savoir que les piqueurs se déplacent par deux la plupart du temps. Vous avez dû vous poster près de leur nid et ils ont pris cela comme une agression. Pendant que l'un attaquait de ses dents, l'autre projetait les piques de sa queue et ils vous ont atteints tous les deux. »

Samaël passa sa main sur son visage avec lassitude. Il le savait. Évidemment qu'il savait que les piqueurs étaient souvent par deux. Il n'avait pas réalisé, n'avait pas cherché à comprendre. Le fait que Kyle l'avait protégé lui avait amplement suffi.

« Fort heureusement, » reprit Lucius. « Le poison n'est pas mortel, tu ressentiras juste de la faiblesse dans tes membres et les idées embrouillées durant quelques jours. »

« Et Kyle ? » demanda Samaël, sachant qu'il ne risquait rien.

« C'est lui qui nous a prévenus. Il a demandé à Gommette, l'elfe a laquelle tu avais demandé de veiller sur lui, de venir te voir. Quand elle est arrivée, tu gisais sur ton bureau au milieu de tes peintures. Elle a appelé un médicomage et m'a prévenu. »

« Il n'aura pas de soucis, pas vrai ? » demanda Samaël d'une petite voix, sans préciser de qui il parlait.

Il s'inquiétait pour son professeur qui avait permis qu'il soit blessé. Lui s'en moquait, mais il savait parfaitement que Lucius n'acceptait pas l'erreur.

« J'ai simplement expliqué de façon ferme qu'il devait faire plus attention, » déclara Lucius avec un geste de main négligeant. « Je savais que tu m'en aurais voulu si je l'avais simplement licencié, comme j'avais pourtant envie de le faire. Et puis… J'ai eu assez de mal à trouver un tel professeur, je ne veux pas avoir à en chercher un autre. »

Samaël soupira de soulagement et fut surpris de sentir une main sur son épaule. Lorsqu'il releva les yeux, son père était au dessus de lui, le regardant avec appréhension et interrogation. Doucement, il se redressa et passa ses bras autour de son père pour le serrer contre lui. Tout d'abord surpris, Lucius répondit à cette étreinte et s'en délecta un court instant, heureux d'avoir fait un pas en avant avec son fils.

« Où est Draco ? » demanda Samaël, la gorge serrée.

« Je l'ai poussé à aller à l'école aujourd'hui. Il ne voulait pas. Il s'inquiète. »

« Il est passé ? »

Le silence lui répondit et il ferma les yeux.

Comment la situation avait pu se développer de cette façon avec Draco ? Son premier lien dans cette nouvelle vie, sa bouée dans cette mer d'inquiétude, la seule chose qui restait stable malgré tout ces changements : Draco avait été sa constante, son ancre. Même s'il avait pressenti que leur relation changerait, il ne s'attendait pas à ce que ce soit si violent, à ce que Draco se détourne de lui qu'il soit distant et froid.

Lucius ne dit rien, laissant ces garçons gérer leur dispute comme ils l'entendaient. Il ne voulait pas être dans un camp ou un autre, il devait être présent quoi qu'il arrive, pour l'un et pour l'autre.

« Repose-toi Sam. Tu en as besoin, » dit-il doucement.

« J'ai pas envie… » grogna le jeune homme.

« Ne fais pas l'enfant. »

« Je ne fais pas l'enfant ! Mais… On pourrait discuter un peu ? » demanda le jeune homme d'une voix plaintive.

Lucius sourit légèrement et alla s'asseoir sur le lit de son fils, à côté de sa hanche. Il hésita quelques secondes, puis leva lentement la main pour la passer dans les cheveux de Samaël, qui ferma inconsciemment les yeux.

« De quoi veux-tu parler ? » demanda Lucius.

« Comment était Draco quand il était petit ? »

« Hum... Voyons, » répondit Lucius, faisant semblant de réfléchir. « Il était avant tout très fier. Et il l'est d'ailleurs resté. Lorsqu'il apprenait encore à marcher et qu'il tombait, malgré les larmes qui perlaient dans ses yeux, il se redressait comme s'il ne s'était rien passé. Il n'acceptait jamais d'avoir tort, et faisait donc tout pour avoir le plus de connaissances possible. »

« Sale gosse, » murmura Samaël.

« En effet... Mais il était aussi un enfant très tendre avec sa mère. Et moi dans une moindre mesure. »

« Je ne savais pas qu'il pouvait l'être avant de le connaître vraiment... »

« Il est très secret et ne parle pas beaucoup de ce qu'il ressent. Il peut étaler ses richesses devant toute la Grande Bretagne, mais n'avouera pas sous la torture qu'il a eu besoin d'un câlin de sa mère après avoir pris un coup au visage de la part de Miss Granger. »

Samaël gloussa dans sa main, tentant de ne pas rire à ce souvenir merveilleux.

Il ne voulait pas penser que Draco était le grand méchant de l'histoire. C'était, certes de la faute de son frère si leur relation avait si mal commencé, mais il fallait bien avouer que que Ron, Hermione et lui n'avaient pas été tendres et avaient rendu coup pour coup, se montrant même parfois cruel. Ils avaient ri à ce coup de poing monumental. Ils avaient ri lorsque FolOeil l'avait transformé en fouine. C'était des querelles d'adolescents et Samaël avait envie de tout laisser de côté, sans pour autant les oublier : c'était une page à tourner.

Draco pourrait-il le faire ?

Samaël ne s'était pas rendu compte que ses pensées l'avait mené à un sommeil profond. Lorsqu'il se réveilla plusieurs heures plus tard, il vit que son père n'était plus dans la pièce et que le soleil s'était couché.

Il se redressa, mit ses chaussons et alla dans la salle de bain pour soulager une envie pressente qui, il s'en rendit compte, était ce qui l'avait réveillé. Alors qu'il allait se recoucher dans son lit, il fut pris d'une pulsion et se dirigea vers la porte de sa chambre. L'ouvrant, il remarqua qu'il y avait de la lumière sous celle du bureau de son père, mais aussi sous la porte de la chambre de son frère.

D'un pas décidé, il se dirigea vers celle-ci et l'ouvrit sans faire de manière, envahissant sans vergogne l'espace intime de Draco, qu'il avait pourtant respecté jusqu'à maintenant. Son frère était dans son lit, adossé contre les oreillers, lisant un vieux grimoire poussiéreux. Il avait des cernes violets sous les yeux et le teint légèrement plus pâle que d'habitude, comme s'il n'avait pas beaucoup dormi.

Lorsqu'il entendit la porte se refermer sans douceur, Draco leva la tête de son livre et plissa les yeux vers son frère qui ne semblait pas se soucier de sa présence. L'adolescent s'assit sur le lit à la place vide et enleva lentement ses chaussons.

« Qu'est-ce que… » souffla Draco, voyant Sam se glisser sous les draps.

« Tais-toi… » répondit simplement celui-ci, s'enfonçant dans les oreillers.

« Je peux savoir ce que tu viens faire dans mon lit ? »

« Je viens passer du temps avec mon frère qui me manque et qui s'éloigne de moi pour des raisons stupides. Tu vas me refuser ça alors que je suis malade ? » demanda Samaël avec un faux air innocent.

« C'est petit… » grogna Draco en réponse. « Et ce ne sont pas des raisons stupides. Je ne veux pas te blesser encore. Et je ne veux pas être blesser moi-même. J'ai simplement l'impression que le mal que nous nous sommes faits n'est pas réparable. »

« Tu as raison, » dit simplement Samaël, faisant haleter son frère. « Je ne te pardonne pas de m'avoir fait croire qu'il y avait des détraqueurs sur le terrain de Quidditch. Tu ne me pardonnes pas de ne pas avoir pris ta main en première année. Je ne pardonne pas d'avoir insulté mes amis. Tu ne me pardonnes pas d'avoir glissé une lettre d'amour signée de ta main dans le sac de Parkinson- »

« C'était toi ?! » cria Draco.

« Quoi qu'il en soit, » reprit Sam avec un sourire narquois. « C'est passé. C'était avec Harry. Je n'oublie pas, je ne pardonne pas, ça s'est juste passé, dans… Une autre vie. Dans celle-ci j'ai besoin de mon frère pour m'aider à vivre avec le nouveau moi. Tu as aussi besoin de ton frère pour apaiser toutes les douleurs que tu as connues dans ton ancienne vie. »

« Tu es en train de me dire qu'on pourrait simplement avancer à deux ? » demanda doucement Draco, sans relever les yeux qu'il avait reposés sur son livre.

« Sans se prendre la tête, sans penser à ce qui s'est passé. Ensemble on sera plus fort. Toi pour faire de deuil de ta maman, moi pour faire celui de ma vie. »

Draco claqua son livre et le posa sur sa table de chevet, avant de souffler la bougie sur celle-ci, ce qui éteignit tous les autres chandeliers de la pièce. Il ne resta que le feu qui ronflait tranquillement dans la cheminée à l'opposée de la pièce.

« D'accord, » murmura-t-il une fois qu'il fut confortablement installé sous les couvertures. « Ensemble. »

« Raconte-moi ta journée, » demanda Samaël, regardant du côté de son frère malgré le manque de lumière.

Il y eut un silence reposant avant que Draco ne se décide à parler :

« Zoé n'a pas arrêté de me demander de tes nouvelles. Je crois qu'elle a un faible pour toi, » dit-il d'un ton léger, comme si la conversation précédente n'avait pas eu lieu.

« N'importe quoi, » rétorqua Samaël. « Elle se sert de moi comme excuse pour se rapprocher de toi. Elle te dévore du regard. Dis-moi plutôt comment étaient les cours. »

« Plutôt bien. Le professeur de métamorphose est un incapable. Ton ami Marvin m'a donné une copie des cours de soins aux créatures magiques. J'ai aussi été voir ta prof de médicomagie pour les cours de la semaine, elle me les prépare et me les donne demain. Tu ne t'ennuieras pas pendant que tu seras alité. »

« Chouette… J'adore écrire des tonnes de parchemin ennuyeux sur des livres tout aussi ennuyeux. Si seulement tous les cours étaient comme ceux avec Kyle… »

« Je ne vois pas ce que tu aimes avec Monsieur Howell, » renifla Draco. « Comment peux-tu retenir ce que tu apprends de cette façon ? »

« Je ne sais pas… Je suppose que nos mémoires sont différentes… »

« J'ai remarqué… » ricana Draco. « Il parait que quand tu t'es évanoui, tu utilisais l'aquarelle que je t'ai offerte pour Noël… »

Samaël était certain que s'il y avait eu plus de lumière, il aurait vu son frère rougir.

« C'est vrai. J'ai pensé qu'il était temps de mettre mes dessins en couleurs. Tu aurais du voir la robe de ces Lepocanems ! Ils étaient magnifiques ! Aucune peinture ne leur rendrait justice, mais je voulais tout de même essayer et je ne suis pas peu fier du résultat… »

A nouveau, Samaël ne remarqua pas s'être endormi, mais lorsqu'il se réveilla au petit matin, ce fut pour voir sa main enlacée avec celle de son frère.

Ensemble.

.oOo.

bip bip bip bip bip

Samaël leva la main, attrapa l'objet bruyant et le jeta à travers la pièce. Aussitôt, le silence se fit dans la chambre et il commença à se sentir à nouveau dériver vers le sommeil. Avant qu'il ne puisse y parvenir, la porte s'ouvrit et il entendit le soupir de son père.

« C'est le troisième cette semaine… » grogna celui-ci. « Gommette à peur de venir te réveiller. »

« Désolé… » marmonna Samaël en se redressant, le visage froissé par le sommeil.

Sans le vouloir, Lucius sourit légèrement, aimant la douceur de cet instant. Son sourire s'estompa néanmoins lorsqu'il vit une pile de parchemins sur le lit, ainsi que le carnet de Sam et un encrier renversé qui, heureusement, avait été charmé pour que l'encre ne puisse en couler.

« Combien de temps as-tu dormi cette nuit ? » demanda-t-il d'une voix dangereuse.

« Une heure de plus que la nuit précédente, » répondit vivement le jeune homme, mettant de l'ordre dans les papiers alors même qu'il ouvrait exagérément les yeux pour essayer de voir à travers les larmes qui s'accumulaient à cause de la lumière et de la fatigue.

« Tu ne peux plus continuer comme ça, Sam… » soupira Lucius en s'approchant.

Il se pencha pour prendre les parchemins et les poser sur le bureau, avant de faire de même avec le carnet, l'encre et les livres au sol sur lesquels il avait trébuché. Une fois fait, il s'assit sur le lit et regarda le visage chiffonné de son fils qui tentait de se réveiller correctement.

« Il va falloir que tu choisisses… » souffla-t-il.

« Non… » gémit Samaël. « Je veux faire tout ça. Je peux faire tout ça. »

« Tu t'épuises à la tâche ! » grogna son père. « Les sombrals, Beauxbâtons, le Professeur Howell, le Quidditch dans l'équipe de l'école, les devoirs… Tu ne peux pas tout gérer. »

« Si ! Je le peux ! Ne m'oblige pas à faire un choix… J'aime les sombrals et m'occuper des animaux. À Beauxbâtons je peux passer du temps avec des gens de mon âge qui ne me voient pas comme un héros ou une sorte de dieu. Et je passe beaucoup de temps avec Draco. Kyle m'apprend ce qui me passionne, ce que je ne pourrai jamais apprendre ailleurs. Et j'ai enfin retrouvé le Quidditch ! Je ne savais pas vraiment si ce sport me plaisait ou si je ne le faisais que parce que James en faisait, mais non. En réalité, j'adore le Quidditch ! »

« Mais tu vois bien que tu ne peux pas continuer comme ça. Tu t'épuises. »

« Je n'ai pas l'habitude, c'est tout, » plaida Samaël.

« Bien… » soupira Lucius. « Sache tout de même que tu peux abandonner l'une de ces activités quand tu veux. Tu as le droit d'avoir de mauvaises notes à l'école, j'ai confiance en toi et je sais que tu pourras trouver ta voie, même sans diplôme. Je vois les progrès que tu fais avec Monsieur Howell. »

« Merci papa… » soupira Samaël, utilisant maintenant sans gêne ce mot qu'il avait rêvé de prononcer.

C'était la mi-mai et il était à Beauxbâtons depuis cinq mois maintenant. Il avait enfin réussi à se mettre dans le rythme, mais au prix de nombreuses heures de sommeil. Draco était un soutien constant dans ses études et ses relations avec les autres et Lucius lui laissait son libre arbitre, tout en veillant sur lui.

Malgré la fatigue, Samaël ne s'était jamais senti aussi bien dans sa vie. Il n'avait aucune autre pression que celle qui se mettait seul, était entouré en toutes circonstances et une liberté qu'il n'avait jamais connu.

Dans sa vie d'avant, il avait été seul depuis son enfance. Le soutien sans faille de Ron, Hermione, ou même celui de Remus et Sirius, disparaissait toujours deux mois par an, lorsqu'il se retrouvait chez les Dursley. Dans cette ancienne vie, tout le monde le regardait, mais personne ne le voyait. Il n'était pas libre, car chacun de ses gestes était scruté et analysé, sa vie avait été prévue à l'avance par le directeur, par le Ministère ou par Voldemort. Les libertés, il les prenait seul et en subissait les conséquences seul.

Ici, il pouvait choisir la direction que prenait sa vie et savait qu'il pouvait échouer, qu'il ne serait pas blâmé. En si peu de temps, Lucius avait réussi à construire une base solide pour l'aider à avancer. Et s'il lui arrivait d'avoir des doutes, la tempête Draco les emportait tous sur son passage.

« Je pense que nous pouvons annuler notre sortie, » soupira Lucius.

« Non ! Je vais me lever ! » plaida à nouveau Samaël. « Je n'ai jamais vu d'autres villes sorcières que Pré-au-Lard. Pour une fois que tu ne travailles pas et que Draco sort le nez de ses bouquins… N'annule pas ! »

« Bien… » grogna Lucius. « Mais tu ne feras aucun devoir aujourd'hui. Tu laisseras les elfes de maison prendre en charge les sombrals et ne t'occuperas de rien d'autre que de profiter de ta journée. De plus, je veux que tu prennes quelques potions pour t'aider. Des vitamines ce matin et du sommeil sans rêve ce soir à neuf heures. »

« Oui, » grommela Samaël.

Lucius sourit, regardant son fils. Un an auparavant, il n'aurait pas pu imaginer être le père qu'il était aujourd'hui, compréhensif et affectueux, encore moins pour quelqu'un d'autre que Draco. Pourtant, ils arrivaient tous à se faire petit à petit à cette nouvelle configuration.

« Tiens donc, » ricana une voix à la porte.

Ils se tournèrent tous les deux pour voir Draco appuyé contre le chambranle, un sourire narquois sur les lèvres. Il était déjà vêtu d'un costume entièrement noir et parfaitement ajusté, ses cheveux étaient soigneusement coiffés et semblait être réveillé depuis des heures. Tout à fait l'inverse de son frère en somme. Il reprit :

« Bébé Sam à besoin de son papa… » se moqua-t-il.

« Et Draco le vieillard a besoin d'un miroir. Tu as un épi, » claqua Samaël.

Aussitôt, l'ancien Serpentard se détourna et entra dans la salle de bain. Samaël gloussa et se prépara à l'assaut qu'il n'allait pas tarder à affronter.

Effectivement, quelques secondes plus tard, une furie blonde sortit de la salle de bain et se précipita sur le lit. Sam se précipita sous la couverture, à l'affût de chaque membre qui pourrait pénétrer sous son bouclier moelleux en quête de chatouilles infernales.

« Je n'avais aucun épi ! » grogna Draco alors qu'il tentait d'attraper son frère enroulé dans sa couverture.

Aucun des garçons ne remarqua le soupir désespéré de Lucius, ni son petit sourire. L'homme se leva et ajusta sa robe, enlevant les plis invisibles alors que ses fils se battaient comme des chiffonniers. Après quelques secondes d'éclats de rire et de grognements de douleur venant du lit, il sortit sa baguette et lança un sort informulé qui fit léviter ses deux fils par une cheville, les faisant pousser des cris indignés.

« Père ! » cria Draco.

« Papa ! » glapit Samaël en même temps.

« C'est l'heure du petit-déjeuner, » répondit simplement Lucius, avançant vers la salle à manger, suivi par les corps suspendus des deux adolescents. « Après avoir attendu Sam pendant un quart d'heure, je voulais simplement aller le chercher, pas déclencher une guerre entre deux idiots. Nous devons partir tôt si nous voulons faire nos achats avant le déjeuner, alors je vous conseille de vous dépêcher. Vous avez tous deux besoin de vêtements avec votre poussée de croissance, et de fournitures pour votre apprentissage. Je crois aussi savoir que vous vouliez voir les nouveaux balais. »

D'un nouveau geste de baguette, Lucius retourna les garçons et les laissa tomber sur leur chaise respective. Ils grognèrent, mi-agacés, mi-amusés et s'attaquèrent au repas qui les attendait sur la table.

Lucius les regarda manger avec appétit et secoua lentement la tête.

« Vous avez une capacité de concentration comparable à celle des dauphins… » souffla-t-il.

Après le repas, Sam alla se préparer pendant que Lucius réglait une affaire urgente et que Draco donnait les directives aux elfes de maison pour la journée. Lorsqu'ils furent à nouveau réunis, ils passèrent par la cheminée, donnant le nom d'un grand restaurant sorcier français. Lucius fit une réservation dans l'établissement pour le midi et ils sortirent ensemble dans l'avenue sorcière.

Elle était très semblable au Chemin de Traverse en Angleterre, malgré le fait qu'elle était moins étroite et qu'il semblait y avoir moins de monde. De chaque côté, il y avait des magasins, de jouets, de potions ou de nourriture. Plusieurs rues parallèles, elles aussi bordées de magasins proposaient divers objets ou services. Samaël et Draco regardaient leur environnement comme des enfants, s'extasiant de tout ce qu'ils voyaient.

Lucius sourit lorsqu'il réalisa que s'il avait appris de la manière forte à garder ses émotions au fond de lui, ce n'était pas le cas de Draco et que celui-ci se laissait emporter par celles de Samaël qui ne savait les cacher. Ainsi, alors que Draco s'était souvent baladé avec lui et avait gardé le visage impassible, comme celui de son père, il semblait redevenir un enfant aux côtés de son frère. Lui-même souriait légèrement, insouciant des regards qu'il pouvait recevoir.

Dans un autre pays, le Seigneur des Ténèbres partit, il n'avait aucune raison de rester à l'affût.

Il profitait simplement de l'instant présent et cette réalisation détendit ses épaules crispées.

« Tu étais déjà venu ? » entendit-il Samaël demander à son frère.

« Une fois quand j'avais cinq ans, » répondit Draco.

Tous deux étaient devant une animalerie, regardant les animaux en vitrine. Draco reprit :

« Autant dire que je ne m'en souviens plus. Regarde ! Un serpent ! »

« Hedwige me manque… » souffla Samaël.

« Prends un animal, je suis certain que père sera d'accord. »

Lucius fronça les sourcils, essayant de détecter une trace d'amertume dans les paroles de Draco. Il ne semblait n'y en avoir aucune. Il décida pourtant qu'il devrait être plus vigilant pour ne pas favoriser Sam au quotidien.

« Je ne veux pas la remplacer, » grogna justement Samaël. « Tu n'as qu'à en prendre un toi ! Tu me répètes depuis des mois à quel point tu aimerais avoir un chat. Regarde ! Il y en a un tout noir avec de grands yeux jaunes ! Juste là ! »

Lucius s'apprêtait à objecter, mais vit ses deux fils se tourner vers lui, un sourire angélique identique sur leur visage si semblable. A cet instant, il sut qu'il était fichu. En infériorité numérique, face à deux Serpentards - conscient que Samaël aurait pu en être un - il savait parfaitement qu'il ne ferait pas le poids.

Il ne tomberait pas sans se battre, ne s'avouerait pas vaincu si facilement, mais il était certain que d'ici la fin de la journée, il repartirait avec une cage de transport, un félin et des tonnes d'accessoires pour chat.