Titre : Papa

Rating : T

Pairing : Slash, Yaoi, Mentor fic

Disclaimer : Pour votre plus grande déception (j'en suis sûre), je ne suis pas JKR.

Statut : Terminée

Résumé : Quand, à la fin de sa cinquième année, Harry apprend qu'un grand secret le concerne, il voit sa vie changer radicalement. Loin de ceux qui l'ont élevé et de ses amis, l'adolescent doit se créer une nouvelle histoire, s'adapter à une nouvelle vie et pourquoi pas, se découvrir une nouvelle famille.

Bêta : AudeSnape & Pauu-Aya

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Chapitre 12

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« Bonjour, » grogna Samaël, entrant dans la salle à manger.

« Bonjour Sam, » répondit Lucius sans lever les yeux de son journal.

« Salut Samy, » ricana Sirius.

Draco et Remus se contentèrent d'un signe de tête, amical pour l'un grognon pour l'autre.

Une semaine était passée depuis l'arrivée subite des deux Maraudeurs. Après une discussion tendue avec Lucius, ils avaient décidé qu'ils resteraient avec eux, dans la dépendance d'abord, puis qu'ils trouveraient un appartement ou une maison non loin pour être présents dans la vie de Samaël, sans pour autant empiéter sur la vie de famille des Malfoy.

Au delà de retrouver leur filleul, ils étaient heureux d'être loin de l'influence de l'Angleterre et du Ministère. Ici, Sirius Black était totalement anonyme et pouvait se balader comme bon lui semblait, sans craindre d'être arrêté. Lorsque Samaël était à l'école, les deux amis partaient dans la nature de Russie et profitait de la liberté, bien loin de la sensation malsaine et oppressante du Square Grimmaurd. Remus passait aussi beaucoup de temps avec le Professeur Howell qui, toujours présent aux côtés de la famille Malfoy, profitait des voyages rémunérés pour parfaire ses connaissances. Le loup-garou avait déjà lu plusieurs ouvrages de Kyle et aimait parler de théories magiques avec lui.

La dépendance, bien trop petite pour Sirius, Remus et le professeur Howell, retrouverait bientôt son unique locataire, car les deux Maraudeurs déménageaient ce dimanche dans un appartement du village non loin. Sirius profitait agréablement de la fortune de ses parents, passant par les Gobelins russes dont la banque était étroitement liée avec celle d'Angleterre.

« Alors, vous déménagez aujourd'hui ? » demanda Samaël, attrapant un toast grillé pour le tremper dans son bol de chocolat chaud qui l'attendait déjà.

« C'est exact, » répondit Remus.

« Tu es le bienvenu chez nous à tout moment, » ajouta Sirius, ajoutant après un petit coup de coude de son ami : « Enfin... Vous tous... »

« Nous y penserons... » ricana Lucius, regardant toujours un article dans son journal d'économie.

« Vous voulez vraiment rester avec nous ? » demanda Samaël, soucieux.

« Pourquoi pas ? »

« Nous déménageons souvent... » souffla Sam. « Ca sera contraignant... Nous sommes restés dix mois en France, puis avons passé deux mois au Pérou, un au Japon... »

« Nous resterons en Russie plus longtemps, » déclara Lucius. « Si l'école de Magie japonaise était inaccessible et celle du Pérou vous a accueillis immédiatement, je pressens que les démarches seront plus longues ici. D'autant plus que, comme en France, j'y ai plus de travail. »

« Peut-être, mais ensuite ? » demanda Sam.

« Notre prochaine destination n'est pas encore définie. Certainement l'Australie ou la Finlande. »

« Nous ne vous suiverons peut-être pas partout, » déclara Remus avec un sourire, reprenant une pâtisserie française au chocolat qui trônait sur la table. « Mais pour l'instant, tout va bien pour nous. »

« J'espère passer cette journée avec vous, » déclara Samaël. « Je serai absent de lundi à mercredi ensuite. »

« Où iras-tu ? » demanda Remus, curieux.

« Comme vous l'avez vu cette semaine, nous ne sommes pas encore admis à l'école de ce pays, je reprends donc les cours avec Kyle. Il m'emmène dans les montagnes pour y trouver, entre autre, des plantes rares, utiles dans le remède contre les engelures. »

« C'est intéressant, » dit Remus.

« Ces cours sont vraiment sûrs ? » demanda Sirius les sourcils froncés, regardant Lucius.

« Ne penses-tu pas que j'ai trouvé le meilleur des tuteurs pour mon fils, Black ? » grogna l'homme. « Sais-tu combien j'en ai recalé avant de l'embaucher ? »

« Le Professeur Kyle est génial ! » s'extasia Samaël, apaisant la tension. « Une fois, j'ai failli tomber dans un ravin et il m'a rattrapé ! Il m'a aussi protégé des piqueurs et puis il m'a appris à trouver de moi-même une façon d'apprendre ! Vous avez vu mes carnets ? »

« Nous n'avons pas encore eu cet honneur, » sourit Remus.

« Je vais vous montrer ! » déclara Samaël en poussant sa chaise pour se lever.

« Sam ? » l'appela son père, toujours plongé dans les cours de la bourse, son repas terminé et débarrassé depuis longtemps. « Déjeuner. »

Aussitôt, le jeune homme qui avait amorcé son mouvement s'interrompit et, avec une mine boudeuse, se réinstalla à table pour finir son oeuf à la coque et sa salade de fruits. Remus et Sirius échangèrent un regard, à la fois impressionnés par l'autorité de Lucius, mais aussi par la docilité de Samaël qui n'en avait jamais fait preuve en tant que Harry.

Lorsque le repas fut terminé, Sam traîna Remus et Sirius dans la chambre. Elle était petite, mais néanmoins bien aménagée et emplie d'effets personnels, chose qui avait cruellement manqué dans celle qu'il avait habitée chez les Dursley. Les Maraudeurs avaient passé la semaine à chercher un appartement et lorsqu'ils ne le faisaient pas, restaient généralement dans leur dépendance, ne voulant pas s'imposer trop souvent auprès de Lucius. Cela n'aurait pas dérangé Sirius, qui manquait de bonnes manières, mais Remus avait été strict. Ils n'avaient donc pas encore vu la chambre de Samaël.

Il y avait un bureau en bois clair rempli de parchemins, de livres, de carnets et de fournitures. Il y avait de la peinture laissée ouverte et des croquis punaisés sur le mur contre lequel le meuble était poussé. Un peu plus haut, une série d'étagères était fixée, croulant sous les ouvrages. Une porte à côté donnait sur une salle de bain qu'il partageait avec Draco et une autre, de l'autre côté de la pièce, menait vraisemblablement à un dressing. La chambre était dotée de plusieurs petits meubles de rangement, débordant de jeux, d'accessoires, de souvenirs et de bibelots. Le lit deux places occupait une bonne partie de la pièce, les draps paraissaient doux et soyeux. Au dessus de celui-ci, des photos avaient été disposées à même le mur, montrant de beaux paysages, des bâtiments, des inconnus, Draco, Lucius ou même Samaël, plus détendus, paraissant plus libre que Remus et Sirius ne les avaient jamais vus.

Ce dernier s'approcha et s'assit sur le lit, détachant l'un des clichés sorciers. Il regarda attentivement l'image, certainement prise par Draco qui n'y apparaissait pas. C'était une photo de Lucius et Samaël. Le jeune homme regardait son père, les yeux levés sur son visage, semblant demander quelque chose. Lucius le regardait également, la tête baissée, les yeux plein de tendresse. Lorsque Samaël eut terminé sa phrase, son père leva les mains pour prendre son visage en coupe et poser un baiser sur son front.

Sans fin, la scène recommença, encore et encore, donnant à Sirius ce qu'il n'avait voulu croire depuis qu'il était arrivé dans cette maison.

« Tu es heureux ici... » murmura-t-il pour lui-même.

Samaël l'entendit pourtant et, alors qu'il montrait ses aquarelles à Remus, se dirigea vers lui et s'assit à son tour sur son lit.

« Oui, » répondit-il simplement. « Tu en doutais ? »

« J'ai égoïstement espéré que ce ne soit pas le cas... » souffla l'animagus.

Samaël fronça les sourcils, pas certain de comprendre ce que Sirius voulait dire. Celui-ci reprit, clarifiant son propos :

« C'était plus simple de me dire que je n'avais pas tout raté. Que je pourrais être utile le jour où tu reviendrais à la raison. Je pensais que tu aurais besoin d'un père et que je pourrais l'être pour toi... »

« J'ai déjà un père... » répondit Samaël avec douceur. « Mais tu seras toujours mon parrain. Imagine, tu peux m'apprendre des choses, mais n'a pas à me disputer pour ma mauvaise conduite. Vers qui j'irai quand je me disputerai avec mon père ? Qui sera le parrain cool qui m'apprendra à faire des blagues, si ce n'est pas toi ? Réfléchis, tu as le beau rôle. »

Sirius sourit, pensant aux paroles de son filleul.

« Tu as raison, » dit-il enfin, prenant le jeune homme dans ses bras.

Par dessus son épaule, Samaël vit Remus le remercier silencieusement. Sirius avait été cassé par la vie et se comportait parfois comme un enfant dans son besoin d'être rassuré, et Sam l'avait compris. Lucius aussi l'avait remarqué, lorsqu'il avait exigé que Sirius aille régulièrement chez un psychomage pour continuer à côtoyer Samaël.

Bientôt, Sirius irait mieux et tous en avaient conscience.

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« Et là ? » demanda Sirius.

« Plus à gauche... » répondit Remus.

« Comme ça ? »

« Mmh... Je pense que c'est bon. »

Sirius jeta un sort grâce à la nouvelle baguette qu'il avait pu acheter à Moscou lors de sa dernière visite, puis baissa les bras, les secouant pour les dégourdir. Il se recula et observa les lieux d'un oeil critique.

« Ca ajoute quelque chose, » dit-il avec un sourire.

« En effet, » répondit Remus, reflétant la joie de son ami.

« Je ne suis pas sûr... » marmonna Samaël.

Ils étaient tous les trois dans l'appartement des deux Maraudeurs, qu'ils avaient fini d'aménager. Les meubles étaient pour la plupart déjà présents, mais Sirius avait tenu à faire les magasins pour quelques achats supplémentaires.

L'endroit était beau et clair, au dernier étage d'un petit immeuble de cinq logements. Il y avait une kitchenette ouverte sur le salon, une salle de bain et deux chambres. C'était très modeste, mais suffisant pour les deux hommes qui avaient besoin, autant l'un que l'autre, de la présence d'un ami.

Ils venaient tout juste d'ajouter la touche finale de leur décoration : un cadre en bois contenant une aquarelle réalisée par Samaël.

Celui-ci avait parfaitement conscience qu'il n'avait pas de talent particulier pour le dessin et la peinture, mais pratiquant tous les jours depuis plus d'un an, il savait qu'il progressait et espérait continuer sur sa lancée. Cependant, il ne prétendait pas être au niveau d'un artiste qui pouvait se permettre d'exposer son oeuvre à la vue de tous dans un salon. Son croquis n'était pas bien proportionné, il y avait des taches et les couleurs ne s'harmonisaient pas.

Pourtant, lorsqu'il l'avait vu, Sirius avait supplié son filleul de lui offrir. Samaël avait évidemment accepté, mais avait été déboussolé, quoi qu'un peu flatté d'apprendre que son parrain voulait accrocher sa peinture.

« C'est parfait ! » le contredit Sirius, s'approchant pour ébouriffer ses cheveux blonds. « Tu ne comptes pas couper ça ? » demanda-t-il en désignant ses mèches qui atteignaient maintenant le bas de son dos.

« J'aime bien, » répondit Samaël, haussant les épaules.

« Tu ressembles vraiment à un Malfoy... » souffla Sirius.

« Je suis un Malfoy, Paddy, » répondit Samaël.

Ils avaient eu cette conversation mille fois et Sam expliquait toujours calmement ses choix à son parrain, sachant que celui-ci n'était pas stable mentalement. Il avait souvent l'impression d'être l'adulte et c'était fatiguant, mais à chaque fois, Remus le prenait dans ses bras, comme son père le faisait, et lui disait à quel point il était patient, gentil et compréhensif. Il aimait ces moments là.

« Bien sûr, » reprit immédiatement Sirius. « Pardon. »

« Qu'est-ce que vous diriez que je prépare quelques crêpes ? » demanda Remus, allégeant l'atmosphère.

« Génial ! » répondirent Sirius et Samaël d'une même voix.

« Heureusement que nous avons fait les courses avant. »

« En parlant de ça, » déclara Sam avec un sourire narquois. « Que penses-tu de l'annonce que nous avons vu sur la devanture de la librairie ? »

Le sourire de Remus disparut et son visage se fit légèrement anxieux.

« Je... Je ne sais pas... » répondit-il. « Ce serait une merveilleuse opportunité mais... »

« Tu serais dans ton élément là-bas, » déclara Sirius contre toute vraisemblance. « Toi qui te plains que personne n'embauche de loup-garous… Nous sommes dans un pays bien plus tolérant à ce sujet et tu ne vas pas sauter sur l'occasion ? »

Alors qu'ils faisaient leurs achats dans le village, ils étaient passés devant une librairie dont un écriteau signifiait qu'ils faisaient partie de l'association Lunaire. Après quelques renseignements demandés par Sirius dans un russe approximatif, souvenir de quelques leçons d'enfance, ils avaient appris que cette association comprenait des centaines de magasins, garantissant de donner des emplois aux loup-garous. Les enseignes ayant plusieurs employés ou pouvant aménager des horaires en fonctions des pleines lunes, s'inscrivaient sur un registre et donnaient leur chance aux loup-garous qui en faisaient la demande, bénéficiant ainsi d'un allègement des charges de la part du Ministère.

« Il faudrait que j'apprenne le russe et que j'obtienne un visa, » continua Remus, versant de la farine dans un saladier.

« Et la responsable a dit qu'elle pouvait attendre, » contra Samaël. « Tu parles anglais ce qui est un gros avantage pour la gérante. Tu pourras apprendre le russe avec des cours particuliers et quelques sortilèges pour t'aider, comme je suis en train de le faire. Une fois que tu parleras russe, que tu auras une promesse d'embauche, un visa sera facile à obtenir. »

« Penses-y Moony... » souffla Sirius. « Ca fait tellement longtemps que tu souhaites être indépendant et t'offrir quelques plaisirs simples. Tu aurais enfin un salaire. Non pas que t'entretenir me dérange ! » gloussa-t-il.

« C'est vrai que je ne serais plus une charge pour toi... » murmura Remus.

« Ne dit pas de bêtise ! J'aime te payer de belles robes et te regarder cuisiner pour moi, » ricana Sirius.

Immédiatement, il sentit une douleur vive sur son front et ouvrit les yeux qu'il n'avait pas conscience d'avoir fermés.

« Hé ! » cria-t-il lorsqu'il vit une coquille d'oeuf cassée tomber sur la table devant lui. « On ne jette pas la nourriture ! C'est toi même qui me l'as appris ! » dit-il en essuyant sa peau pour enlever le blanc d'oeuf collant.

« Sauf quand on s'occupe d'un Sirius, » répondit Remus en ricanant.

Le silence se fit alors que l'animagus maugréait en se dirigeant vers la salle de bain pour essuyer son front. Samaël le regarda partir avec un sourire, puis tourna à nouveau les yeux vers Remus qui semblait en conflit intérieur.

« Tu as raison, » finit par dire celui-ci. « Je vais essayer. Ca serait une formidable opportunité pour moi. »

« J'en suis sûr, » répondit Samaël avec tendresse. « Et j'aurai une réduction sur les livres ! » dit-il avec un sourire avant de se pencher pour esquiver l'oeuf qui lui était jeté.

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« Alors, tu es heureux qu'ils soient près de toi ? » demanda négligemment Draco, jetant un Souafle au dessus de lui pour le rattraper lorsqu'il tombait.

Samaël et lui étaient tous deux sur le lit de ce dernier, parlant tranquillement. Un petit chat noir nommé Detra dormait paisiblement entre eux, recevant des caresses de temps en temps.

« Oui, très. Je sens que Sirius va aller mieux avec sa thérapie et peut-être que Remus va avoir un travail. Eux aussi auraient une nouvelle vie ! »

« Tout ça grâce à la grandeur des Malfoy, » ricana Draco.

Samaël ricana également et mit un petit coup dans l'épaule de son frère. Il attrapa le Souafle avant que Draco ne puisse l'attraper et répéta une succession de lancé.

« Tout va bien avec le Professeur Howell ? » demanda Draco.

« Ouais, j'ai hâte de faire l'expédition qu'il a prévue. »

« N'oublie pas que père prévoit des examens blancs à la rentrée. »

« Je sais... » grogna Sam. « J'espère que je ne vais pas encore avoir un Troll... »

« Il faut simplement que tu obtiennes suffisamment de points pour avoir tes examens, peu importe la note ensuite. Ton expérience sera un grand atout pour ta recherche d'emploi. »

« Alors que toi, ce sont tes diplômes qui feront la différence, » murmura Samaël.

« On exploite les capacités que l'on a. »

« Je sais... Tu penses que papa serait déçu si je ne réussissais pas ces examens ? »

« Non... » murmura Draco, bienveillant. « Il s'est fait une raison, » ricana-t-il ensuite.

Samaël lui lança le souafle sur le ventre et se redressa très vite pour lui lancer son oreiller au visage. Detra se releva brusquement et s'enfuit de la chambre alors qu'une bataille duveteuse débutait et que leurs cris furent entendus dans toute la maison Malfoy.

Bientôt, ils furent haletants et rougissants sur le sol de la chambre de Draco, un sourire semblable sur leur visage. Celui qui se plaisait être l'ainé regarda son frère et réfléchit un instant, avant de parler enfin :

« J'avais rêvé d'avoir un frère, » murmura-t-il. « C'est aussi chiant qu'on le dit, mais c'est incroyablement satisfaisant de ne plus être seul. »

« Je suis d'accord, » répondit Sam. « Je n'ai jamais fait ce rêve, je voulais plutôt des parents, une famille. J'ai la chance d'avoir les deux aujourd'hui, un parent et un frère. »

« Trouve une épouse et la famille pourra s'agrandir avec mes neveux et nièces, » déclara Draco d'un geste d'épaules négligeant.

« Je ne pense pas, » grogna Sam.

« Pourquoi ? » demanda Draco, surpris. « Tu es gay ? »

« Non ! » répondit brusquement Samaël. « Mais je ne veux pas d'enfants. J'ai bien réfléchi au cours de cette année. C'est peut-être trop tôt pour le dire, mais je ne ressens pas le besoin de procréer. Je n'arrête pas de me demander... Pourquoi faire ça ? Pourquoi forcer un enfant à naître dans ce monde qui, à certaines périodes, ne connaît que la peur, le désespoir, la douleur. Je ne pourrais pas accepter de mourir et laisser mon enfant seul, comme l'ont fait mes parents, mais il y a des choses sur lesquelles nous n'avons pas d'emprise... »

« La guerre est finie... » protesta légèrement Draco.

« Pour combien de temps ? Combien d'années de répit à eu la population sorcière entre Grindelwald et Voldemort ? Non... Je ne veux pas que mes propres enfants subissent ce que j'ai subi, ou pire, ne deviennent ceux qui le font subir. Le monde est trop beau sans nous pour le peupler... »

« C'est... triste... » répondit simplement Draco.

« Je ne trouve pas. J'aime m'imaginer libre comme l'air, pouvant vivre des aventures incroyables sans me soucier de devoir rentrer pour m'occuper d'un enfant. J'aime les enfants, mais je crois que j'aime encore plus ma liberté. »

« Je comprends... »

« Et au moins je pourrais chouchouter mes neveux et nièces, » dit Samaël avec un sourire émerveillé. « Je serai le meilleur tonton qu'ils pourront rêver d'avoir. Avec mon enfance, je n'envisage pas de pouvoir éduquer des enfants correctement, mais je pourrai apprendre aux tiens à faire des bêtises ! »

« N'y compte même pas, » grogna Draco. « Et il faut déjà que je trouve la bonne personne. »

« Zoé avait l'air partante ! » répondit Sam avec un sourire goguenard.

« Oui, tu avais raison Prince Samaël, » déclara Draco avec une révérence feinte alors qu'il était toujours couché sur le sol. « Zoé en avait après moi. Mais elle ne m'intéressait pas. »

« Tu es trop difficile. »

« Un Malfoy cherche l'excellence, » dit-il, l'air hautain.

« Un Malfoy est un idiot, » ricana Sam. « Hé ! » dit-il en recevant un coup dans l'épaule.

« C'est donc ainsi vautrés que je retrouve mes héritiers, chair de ma chair, » ricana une voix à la porte.

Les deux jeunes hommes se tournèrent pour voir Lucius à la porte, les regardant avec un dédain feint et amusement.

« Rejoins-nous, » demanda Samaël, tapant sur le sol avec sa main.

« Moi vivant, jamais, » ricana Lucius.

Il s'avança néanmoins pour s'asseoir élégamment sur le lit de Draco et croisa ses jambes, regardant autour de lui pour voir si la chambre était en ordre. Il eut un sourire satisfait avant de se tourner vers eux.

« Tu as préparé tes affaires ? » demanda-t-il finalement à Samaël.

« Oui ! » répondit celui-ci.

« Les deux animaux qui te servent de parrains sont enfin loin de mon manoir ? »

« Oui, » répéta Samael, levant les yeux au ciel.

« Tu as ton Portoloin d'urgence ? »

« Oui... »

« Et tu vas tenir ta promesse de l'utiliser en cas d'urgence, même si cela implique de laisser le Professeur Howell mourir dans son propre sang ? »

« Oui... » répondit à nouveau Samaël, l'un comme l'autre sachant que c'était un mensonge.

Lucius soupira de dépit mais acquiesça. Son fils vivait sa vie comme il n'avait jamais pu le faire et il devait l'accepter, quoi qu'il en coûte.

« J'espère que les deux idiots n'auront prévenu personne de notre localisation et de ta présence... » murmura-t-il.

« Ils ont promis, » répondit Samaël, se relevant lentement.

« Oui... » marmonna Lucius, clairement sceptique. « J'aimerais simplement qu'ils ne perturbent pas l'équilibre que nous avons réussi à instaurer ici, » déclara-t-il ensuite.

« Je sais, » répondit Sam. « Mais je sais aussi que tout ira bien. »

Les jours, les semaines, les mois et les années qui passèrent par la suite, se déroulèrent exactement comme il l'avait prédits.

FIN DE LA PARTIE 1


Voilà, j'espère que vous aurez aimé cette première partie, basée essentiellement sur la famille, la paternité de Lucius et le changement de vie de Harry. Nous nous retrouverons lundi prochain pour la suite, ici même, qui sera la romance de cette histoire.

J'ai voulu couper cette histoire en deux, pour que ceux qui ne s'intéressent pas à la romance, ou n'aiment pas ce couple (qui n'est pas un énorme suspens), puissent tout de même avoir une sorte de fin dans mon récit.

Je vous embrasse et vous dis : à la semaine prochaine !

Epsi