Titre : Papa
Rating : T
Pairing : Slash, Yaoi, Mentor fic
Disclaimer : Pour votre plus grande déception (j'en suis sûre), je ne suis pas JKR.
Statut : Terminée
Résumé : Quand, à la fin de sa cinquième année, Harry apprend qu'un grand secret le concerne, il voit sa vie changer radicalement. Loin de ceux qui l'ont élevé et de ses amis, l'adolescent doit se créer une nouvelle histoire, s'adapter à une nouvelle vie et pourquoi pas, se découvrir une nouvelle famille.
Bêta : AudeSnape
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Chapitre 17
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Samaël était appuyé contre le poteau de la sculpture de sanglier ailé qui gardait l'entrée du domaine de Poudlard. Pour n'importe qui, il était juste un jeune homme qui attendait négligemment, mais pour des yeux avisés, il était nerveux.
Il avait opté pour l'une des tenues choisies par Draco, le costume décontracté avec la cape. De cette façon, il pouvait aller dans un lieu sorcier ou un lieu Moldu. Il ne s'était pas décidé quant au restaurant, préférant en parler avec Severus. Celui-ci était au courant qu'il n'était pas d'ici et comprendrait le fait qu'il le laisse choisir. Du moins, il l'espérait.
Samaël avait transplané avec une heure d'avance, souhaitant revoir un peu le lieu qu'il avait quitté plusieurs années auparavant sans personne autour de lui. Il n'avait pas été certain de pouvoir garder ses émotions en revoyant cet endroit si cher à son coeur. Finalement, après les années passées et le nombre d'endroits qu'il avait parcourus, il s'était rendu compte qu'ici ou ailleurs était pareil.
Certes, il avait été heureux de revoir chaque paysage qui était pour lui le reflet d'un souvenir plus ou moins heureux, mais ce n'était plus chez lui. Sa maison était l'endroit où il se sentait bien et cet endroit était maintenant auprès de Draco, mais aussi de Lucius.
Cette réalisation lui avait fait un coup au coeur, plus que ce retour à Pré-au-Lard. Lucius lui manquait. Il avait très envie de le retrouver et de lui dire qu'il était désolé, qu'il n'aurait pas dû s'énerver, mais sentait au fond de lui que ce n'était pas le moment propice. Il avait quelque chose à faire ici, il en était certain.
« Je vois que Lucius vous a enseigné la ponctualité, » fit une voix sur sa droite.
Il se tourna et vit Severus vêtu d'une longue cape fourrée, d'une paire de gants et d'une écharpe, tous noir, évidemment. Il avait un petit sourire sarcastique sur le visage, comme lorsque Samaël était étudiant.
Avec Poudlard derrière lui, ce souvenir fut particulièrement fort lorsqu'il percuta Samaël, le faisant légèrement haleter.
Severus dû se rendre compte de quelque chose, car il avança d'un pas, le regard inquiet. Ce fut ce qui sortit Samaël de son souvenir dérangeant : jamais le Professeur Snape ne l'avait regardé de cette façon lorsqu'il était encore Harry Potter.
Sam n'était plus le même. Il avait subi cette sorte de renaissance quelques années plus tôt et n'était plus Harry Potter, il était Samaël Malfoy, aimé ou détesté pour lui-même et pas pour l'image que chacun s'en était fait.
« Vous souffrez ? » demanda Severus, s'approchant encore.
« Non, ça va, » souffla Samaël, offrant un sourire légèrement tremblant. « Avez-vous passé une bonne journée ? » demanda-t-il lorsqu'il se fut repris.
« Je ne suis pas certain que l'on puisse appeler ça une bonne journée quand on est professeur à Poudlard. Mais elle n'était pas mauvaise. Personne n'est mort et mes cachots n'ont pas explosé. C'est une petite réussite. »
Samaël se mit à rire et invita Severus à marcher dans l'allée principale de Pré-au-Lard. La nuit était déjà tombée et les lampadaires éclairaient légèrement la neige, la faisant scintiller sous les reflets. Les commerces illuminaient la nuit, projetant les lueurs des bougies, des feux de cheminée, les rires des habitants et parfois des chansons grivoises. Samaël n'avait jamais vu Pré-au-Lard sous cet angle. C'était chaud et réconfortant.
« Comment était votre journée ? » demanda Severus.
« Pas mauvaise… J'ai fait les magasins avec Draco, nous avons mangé des glaces puis réservés nos billets pour le prochain match des Canons. »
« Il y a tellement de choses qui ne vont pas dans cette phrase… » soupira Severus.
« Que voulez-vous dire ? » demanda Samaël en fronçant les sourcils, ne sachant pas sur quel pied danser avec cet homme qu'il avait l'impression de redécouvrir à chaque phrase.
« Pas une mauvaise journée ? Du shopping avec Draco ? » demanda sournoisement Severus. « S'il est aussi exigeant que lorsqu'il était enfant, votre journée a dû être un calvaire. Et que dire des glaces en plein mois de décembre… Cela équivaut pour moi à se baisser pour lécher le sol. Quant au Quidditch… La grimace sur mon visage devrait vous éclairer sur mon amour pour ce sport. »
Samaël ricana, comprenant parfaitement ce que Severus voulait dire. Le manque de points communs avec celui qui était censé être son âme-soeur n'était pas perturbant, au contraire, il s'en sentait stimulé.
« Premièrement, j'ose espérer avoir eu une bonne influence sur Draco. Il m'a souvent été décrit comme un gamin exigeant et capricieux mais avec moi il ne l'est pas. Il est… crétin, méchant et parfois carrément bête, mais jamais exigeant. Draco est celui qui me donne son manteau quand j'ai froid ou qui m'achète une glace à la mélasse lorsqu'il sait parfaitement qu'il n'aura plus assez d'argent ensuite pour le nouveau balai qu'il voulait. »
« C'est un nouveau Draco que j'aimerais connaître… » murmura Severus, regardant au loin. « Qu'en est-il du deuxièmement ? »
« Deuxièmement, j'aime la glace ! » dit Samaël avec un sourire éblouissant. « En été ou en hiver, qu'importe. La glace est le mets le plus succulent de l'univers. »
Severus acquiesça. Il n'aimait pas la glace car elle avait tendance à lui faire mal aux dents, mais pouvait comprendre un tel émoi. Lui-même avait une passion secrète pour le chocolat noir et pouvait faire beaucoup pour en obtenir un de qualité.
« Troisièmement, » continua Samaël. « D'habitude, pour nos anniversaires, notre père nous offre toujours des abonnements annuels pour les matches de Quidditch. Nous y allions toujours ensemble avec Draco et rien ne peut nous en empêcher. Mais… Cette année nous avons demandé à ne pas en avoir. Je savais que j'allais partir en expédition pour six mois et Draco est dans sa dernière année d'étude. Il passe des heures à travailler pour obtenir ses deux diplômes. Alors on s'est dit que pour fêter mon retour, on irait voir un match ici, en Angleterre. »
Severus acquiesça à nouveau, conscient que les changements devaient être compliqués pour Samaël. Il connaissait un peu son histoire, bien que ce soit dans les grandes lignes, et pouvait imaginer que se détacher de son frère et de son père pouvait être compliqué.
« Donc, » reprit Samaël. « Vous n'aimez ni le shopping, ni les glaces, ni le Quidditch. C'est aberrant mais pourquoi pas. Qu'aimez-vous alors ? » demanda-t-il.
« J'aime les potions, » répondit Severus.
« Sans blague, » marmonna Samaël, levant les yeux au ciel. « Je vous demande des détails personnels, pas ce que je peux lire dans n'importe quel magazine d'ingrédients. »
Severus ricana, sachant qu'il était parfois le sujet principal de certains magazines spécialisés, que ce soit pour ses créations ou ses réinterprétations audacieuses. Il ne s'en souciait pas tellement mais de savoir que Samaël les lisait était plutôt flatteur.
« Où allons-nous ? » demanda-t-il pour changer de sujet.
« Je voulais utiliser la cheminée des Trois Balais pour un aller au Merline's si cela vous convient. »
Le Potionniste n'était peut-être pas un roi de la fête et ne sortait pas beaucoup, mais il connaissait ce lieu. Il n'y était jamais allé et avait hâte de le découvrir.
« C'est parfait, » dit-il simplement.
Samaël sourit et entra dans le pub. Il salua légèrement Madame Rosemerta qui tenait le bar et s'avança vers l'âtre dans lequel le feu ronronnait doucement. Il posa quelques pièces dans le petit pot des pourboires et attrapa une poignée de poudre de cheminette.
« Vous me suivez ? » demanda-t-il au professeur qui patientait derrière lui.
Celui-ci acquiesça simplement et regarda Samaël disparaître dans les flammes. Quelques secondes plus tard, il le suivit, répétant les mêmes mots :
« Merline's ! »
Il fut projeté dans un tourbillon de flammes chaudes et voyagea avec aisance dans les conduits de cheminée. Il était habitué aux moyens de transport sorciers et trouvait cette pratique tellement utile qu'il surmontait parfaitement l'inconfort.
Lorsqu'il arriva au Merline's, il tomba sur une scène plutôt surprenante.
Samaël était à genoux, sa chemise collant à son torse avec ce qui semblait être des nouilles et des morceaux de carottes un peu partout. Au sol, une grande flaque l'entourait. Il avait les joues rouges de gêne, mais souriait toujours.
Le temps semblait s'être arrêté alors que deux serveurs avaient leurs mains devant leur bouche et que les clients étaient cloués sur place.
Sans réfléchir à la situation, Severus s'avança et tendit la main à Samaël qui la prit avec un sourire pour se relever et les choses se remirent à bouger autour d'eux. L'un des serveurs s'approcha et commença à parler avec frénésie.
« Je suis vraiment désolé Monsieur… Vous êtes arrivé si vite, je n'ai pas eu le temps de m'éloigner et- »
« Il n'y a pas de problème, vraiment, » le rassura Samaël. « Ce genre de chose m'arrive souvent. Je suis très mauvais pour les voyages en Cheminette. »
L'autre serveur sortit sa baguette mais Severus l'arrêta d'un geste et lui lança un regard menaçant. Le jeune homme se ravisa et le Maître des potions sortit la sienne pour lancer les sorts nécessaires pour réparer les dégâts. Il commença par Samaël, dont il nettoya la chemise et le pantalon, puis nettoya le sol et enfin, répara le bol cassé un peu plus loin.
« Merci Professeur Snape, » dit le serveur, dont Severus se souvenait vaguement comme étant un ancien élève, en se baissant légèrement.
L'homme grogna et posa une main dans le dos de Samaël pour le pousser vers le guichet afin qu'on leur attribue une table et de pouvoir s'assoir enfin. L'hôtesse, qui avait vu ce qui venait de se passer, s'occupa très vite d'eux et les installa, leur apportant un apéritif pour s'excuser.
« Je vais sentir la soupe toute la soirée, » grogna légèrement Samaël, sentant le devant de sa chemise.
Les sorts de nettoyage étaient efficaces, mais pas autant qu'un vrai lavage à l'eau chaude.
« Comment avez-vous fait votre compte ? » demanda curieusement Severus.
« Je ne maîtrise pas les moyens de transport magiques, répondit-il. La cheminée est ce qu'il y a de pire. J'ai réussi à me faire au transplanage, même si c'est toujours très désagréable et que je manque de vomir à chaque fois.
« C'est ça que vous appelez "vous y faire" ? » ricana Severus.
Samaël haussa les épaules avec insouciance, et prit le cocktail que lui apportait la serveuse. Il la remercia avec un sourire charmeur, rappelant à Severus les habitudes de Lucius. Comme son fils lui ressemblait… Et il était pourtant si différent.
« Alors, votre dernier cours portait sur quoi ? » demanda le jeune homme.
« Nous allons vraiment parler de ça ? » ricana Severus.
« Eh bien, nous sommes là pour nous connaître, n'est-ce pas ? N'oubliez pas que je suis un mystère insoluble. »
« C'est vrai. Bien, j'ai enseigné la potion d'oeil vif, » commença Severus.
« Oh ! Attendez ! » le coupa Samaël. « Six dards séchés de Billywig à faire chauffer à feu moyen durant trente secondes, ajouter quatre mesures de racines et six crochets de serpent écrasés finement. Remuer trois fois dans le sens des aiguilles d'une montre et laisser mijoter huit heures pour un chaudron en cuivre. Ajouter deux brins de tue-loup et remuer trois fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. »
Severus regarda le jeune homme avec un intérêt renouvelé et une curiosité sans égale. Cette potion n'était pas très dur à réaliser, ni à retenir, mais peu de gens se donnaient la peine de le faire et il devait admettre qu'il était légèrement impressionné.
« Pourquoi l'avoir appris par coeur ? » demanda-t-il.
« J'ai étudié avec un professeur particulier. Nous faisions des excursions très longues et nous devions parfois rester sur nos gardes pendant de longues périodes. Cette potion était très utile et évidemment, si j'en voulais, je devais la préparer moi-même. Je n'étais pas très doué en potion mais j'ai été forcé de m'y mettre. »
« Pourquoi ? »
« Mon professeur ne me donnait aucune indication sur la qualité des potions que je confectionnais. Il s'assurait simplement qu'elles ne soient pas dangereuses au point de me faire un mal irréparable. Après avoir été assommé pendant trois jours et raté la migration des Oiseaux-tonnerre, j'ai fait très attention à mes potions ! »
« Quelle méthode de travail intéressante, » répondit Severus avec un sourire, buvant une gorgée de son Whisky-Pur-feu. « Si j'avais pu l'appliquer, mes élèves auraient fait des expéditions dans la forêt interdite dès la première année, ils auraient au moins compris la valeur des ingrédients. »
« C'était exactement ce que me disait le Professeur Howell. »
« Et qu'avez-vous fait avec ce professeur ? » demanda Severus.
« Principalement de la recherche. Il m'apprenait des choses tout en travaillant sur ses propres ouvrages. C'était un peu un apprentissage, sans pour autant que cela soit officiel. Je n'ai donc pas eu de très bonnes notes à mes examens, » répondit Samaël avec un grimace. « Les épreuves pratiques se sont très bien déroulées, mais le reste… Je ne suis pas fait pour écrire des kilomètres de parchemin. »
« J'ai cru le comprendre… Votre père m'a dit que vous étiez passionné par votre travail, mais il ne m'a pas expliqué exactement en quoi il consistait. »
« Je suis l'équivalent des Langues-de-plombs ici en Angleterre. Je peux travailler des mois sur un objet spécifique inconnu, une créature ou une théorie magique. La différence est juste que ce n'est pas si secret. Personne ne sait qui sont les Langues-de-Plomb et ce qu'ils font ici. Chez nous, nous pouvons parler assez librement de ce que nous faisons, sans pour autant ébruiter nos trouvailles qui attendent encore des vérifications. »
« Ce doit être un métier passionnant, » déclara Severus.
Samaël allait répondre lorsque la serveuse arriva. Il commanda des lasagnes végétariennes, ne mangeant que peu de viande au quotidien et le Potionniste demanda le coq au vin. Lorsqu'elle partit, ils reprirent leur conversation et parlèrent de leur métier respectif, mais aussi de leurs passions, leurs voyages, leurs envies.
Ils finirent par un dessert, avec trois boules de glace pour Samaël et un fondant au chocolat accompagné d'un café pour Severus. Le jeune homme paya l'addition, comme ils l'avaient convenu, et ils sortirent dans la rue Moldue, métamorphosant leur cape en long manteau. Il faisait froid et quelques flocons tombaient du ciel pour fondrent en atterrissant sur le macadam.
« J'ai passé une très bonne soirée, » dit Samaël en offrant un sourire au Potionniste.
« C'est un peu cliché, vous ne croyez pas ? » demanda celui-ci, mal à l'aise.
« Peut-être… »
« Samaël, » murmura Severus en s'arrêtant au milieu du parc qu'ils traversaient.
Il faisait sombre et les lampadaires étaient éloignés, les laissant dans une douce pénombre. Samaël se retourna et vit le visage sérieux de Severus, plisser d'inquiétude et de concentration. Il lui jeta un regard interrogatif, l'incitant à continuer.
« Qu'est-ce qu'on fait exactement ? » demanda finalement Severus. « J'ai passé une très bonne soirée. Vous êtes un jeune homme charmant et je dois avouer que je n'avais pas envisager que l'on s'entende si bien mais… Ce n'est pas normal. »
« Pas normal ? » demanda Samaël, sceptique.
« Vous savez bien ce que cette soirée sous-entend… » souffla Severus. « Votre magie m'a choisie, vous avez quitté votre père que vous adorez pour venir en Angleterre et nous venons d'avoir un rencard, ni plus, ni moins. Nous nous sommes découverts des passions communes, des envies communes, nous sommes compatibles. »
« Et ? » demanda Samaël en s'approchant.
« Et rien n'est sain dans cette relation, » déclara Severus. « J'ai vingt ans de plus que vous, j'étais le meilleur ami de votre père. J'ai fait des choses horribles dans ma vie, qui ont noirci mon âme. »
« Severus… »
« Non, je ne vais pas dire que je ne vous mérite pas, que vous ne pouvez pas vous enchaîner à un vieil homme solitaire. Je veux simplement comprendre ce que nous faisons maintenant. Je ne veux pas retourner chez moi, plein de rêves en tête, pour m'apercevoir que tout ceci n'était qu'un jeu, qu'une passade… »
« C'est ce que vous pensez de moi ? » murmura Samaël.
Il n'y avait pas de colère dans sa voix, pas de reproches, pas d'inquiétude. C'était de la curiosité, comme tout ce qu'abordait Samaël.
« Je ne pense pas que vous êtes le genre de personne à faire souffrir intentionnellement. Mais vous cherchez, vous expérimentez… Est-ce pareil pour ce soir ? »
« Je ne sais pas… Ma magie m'a conduit vers vous et je ne suis pas du genre à laisser simplement les choses se passer. Je cherche pourquoi ma magie a agi ainsi. Elle m'a envoyé un signal et je pense que cette soirée a prouvé qu'elle avait raison. Nous correspondons. Nous sommes pareils et pourtant si opposés. »
« Expliquez-vous… »
« Nous aimons tous deux les voyages, les découvertes, les mystères, la magie. Pourtant j'aime autant le froid que vous aimez le chaud, je suis aussi lumineux que vous êtes sombre… »
« Et quelle est la conclusion de tout cela ? » demanda Severus, commençant à s'agiter.
« Je n'en ai aucune idée, » sourit Samaël. « Que j'aime passer du temps avec vous et que je ne compte pas m'arrêter là. »
« Alors nous allons continuer à nous voir ? Comme ça ? Parce que vous l'avez décidé ? »
« Je ne vous force à rien, » répondit Samaël, secouant la tête, les sourcils froncés. « J'aimerais vous revoir, mais si vous ne voulez pas… » soupira-t-il en se détournant pour reprendre son chemin.
« Ce n'est pas le problème, » dit Severus, lui attrapant le poignet pour le retourner. « Je ne suis pas du genre à refuser un cadeau que l'on m'offre. Je veux juste que… Lorsque vous déciderez, ne me faite pas patienter. Dites-moi simplement ce qu'il en est. Je n'aime pas l'incertitude. »
« Je n'ai rien à décider, » répondit Samaël, souriant à nouveau. « Ce n'est pas à moi de faire mon choix. Nous déciderons ensemble. »
« Le choix est fait pour moi, » murmura Severus, regardant le poignet qu'il tenait toujours entre ses doigts. « Je n'ai pas eu beaucoup de chance dans ma vie et j'ai l'impression que celle-ci est la mienne, celle que j'attends depuis si longtemps. »
Il plongea ses yeux dans ceux incroyablement verts de Samaël et eut l'impression de pouvoir lire son âme, sans même utiliser la Légilimencie. Le jeune homme ne se détourna pas, bien que ses boucliers d'Occlumancie soient levés.
« N'attendez pas trop de moi Severus. Comme vous l'avez dit, je cherche. Pourquoi ce lien ? Pourquoi vous ? Pourquoi ? J'aimerais que vous cherchiez avec moi. »
« Alors nous le ferons ensemble, » murmura Severus.
« Je sais par où commencer, » répondit Samaël sur le même ton.
Il s'approcha lentement et, avec une douceur incomparable, posa ses lèvres sur celles de Severus. Celui-ci, surpris, mit quelques secondes à réagir, avant de bouger légèrement, donnant son accord. Il se rapprocha, collant son corps à celui de Samaël, et celui-ci enroula ses bras autour de son cou, approfondissant le baiser.
Lorsque le contact, aussi intime fut-il, ne suffit plus, Severus ouvrit les lèvres pour passer doucement sa langue sur la bouche de Samaël qui ouvrit volontier les siennes. Il posa ses mains sur les hanches et en fit serpenter une dans son dos pour le rapprocher encore un peu plus de lui.
Ils étaient seuls, dans la ville quasi-silencieuse, à s'embrasser sous les doux flocons qui tombaient sur leur visage.
C'était plus doux et romantique qu'aucun d'eux ne l'avait espéré.
Lorsqu'ils purent enfin se décoller, Samaël sourit légèrement. Ce n'était pas ce qu'il avait imaginé. Il n'avait pas pensé qu'il embrasserait Severus à la fin de ce dîner, mais cela semblait tellement naturel, normal, que c'était ce qui lui avait paru l'action la plus sensée. Ils se regardèrent un moment dans les yeux avant que Severus ne soupir et baisse la tête, collant le dessus de sa tête au front de Samaël.
« C'est pas possible, » murmura-t-il, presque désemparé. « Dans quoi je m'embarque encore… »
Samaël rit et le redressa, prenant sa main pour le conduire à travers le parc et les rues de Londres.
« Une folle aventure, » dit-il.
Severus ne put s'en empêcher, il rit à son tour. Il allait découvrir quel mystère entourait Samaël, et quoiqu'en dise celui-ci, il avait toute la vie pour le découvrir.
