Titre : Papa
Rating : T
Pairing : Slash, Yaoi, Mentor fic
Disclaimer : Pour votre plus grande déception (j'en suis sûre), je ne suis pas JKR.
Statut : Terminée
Résumé : Quand, à la fin de sa cinquième année, Harry apprend qu'un grand secret le concerne, il voit sa vie changer radicalement. Loin de ceux qui l'ont élevé et de ses amis, l'adolescent doit se créer une nouvelle histoire, s'adapter à une nouvelle vie et pourquoi pas, se découvrir une nouvelle famille.
Bêta : AudeSnape
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Chapitre 21
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Samaël s'étira, son bras butant contre le corps chaud à côté de lui. Il ouvrit les yeux et les posa sur l'épaule nue de Severus en face de lui. Celle-ci était surmontée d'une touffe de doux cheveux noirs, légèrement désordonnés à cause du sommeil. Son compagnon était sur le ventre, un bras sous l'oreiller, l'autre contre lui, une jambe pliée et enfoui sous les couvertures chaudes.
Et il était surtout entièrement nu, tout comme lui.
Samaël sourit et se déplaça dans le lit pour embrasser l'épaule froide de son amant. Celui-ci grommela quelque chose puis se retourna sans ouvrir les yeux pour lui faire face et le blottir contre lui.
Samaël ne put retenir son éclat de rire qui sonna comme une douce chanson aux oreilles de son amant.
« Mmh, comme c'est agréable, » murmura celui-ci alors qu'il poussait son visage dans son cou et inspirait profondément.
« Tu me chatouilles Severus, » rit Samaël en essayant de se dégager.
« Reste-là, » grogna le Potionniste en resserrant son étreinte.
« Qui aurait pu croire que le terrifiant Severus Snape n'était pas du matin, » gloussa Samaël. « Maintenant réveille-toi, nous avons des choses à faire aujourd'hui. »
« Quelles choses ? » grogna Severus.
« Aujourd'hui, nous allons voir mon père. »
Cette simple phrase eut pour effet de réveiller Severus. Il ouvrit les yeux et regarda son compagnon.
Après une longue discussion, juste après sa surprenante révélation, Samaël et Severus étaient rentrés dans la petite chambre au Chaudron Baveur. Depuis, ils ne s'étaient plus quittés. Severus partait la journée pour Poudlard où il enseignait toujours et Samaël avait pris ses fonctions au sein du Ministère, mais le soir, ils se retrouvaient chaque jour pour partager des moments ensemble.
De ce fait, ils avaient longtemps discuté de la relation qu'ils entretenaient avec Lucius. Samael, qui était très proche de son père, avait évidemment besoin de le revoir. Severus, quant à lui, envoyait parfois une lettre à son ancien meilleur ami pour le rassurer au sujet de la santé de son fils. Il avait évidemment imaginé de nombreuses fois le jour où Samaël voudrait retourner en Finlande, cependant, il n'était pas très à l'aise à l'idée de l'accompagner, et de faire face, en tant que compagnon, à non seulement Lucius, mais aussi Black et Lupin.
« Tu es sûr ? » demanda-t-il.
« Je peux y aller seul si tu veux... » marmonna Samaël.
« Je ne reviens pas sur ma parole, » claqua Severus. « Je ne suis simplement pas très à l'aise. »
« Je sais. C'est pour ça que je te propose de rester. »
« Ne t'inquiète pas pour moi, » murmura Severus. « Tu devrais t'occuper de ce que tu ressens et de ce que tu veux dire à Lucius plutôt. »
Samaël sourit et enroula ses bras autour de son compagnon. Tous deux s'embrassèrent de longues minutes, avant de se décoller l'un de l'autre et de se préparer pour la journée. Ils s'habillèrent lentement, se lançant des regards tantôt amusés, tantôt langoureux et prirent un temps à la salle de bain l'un après l'autre.
Samaël commanda un petit-déjeuner alors que Severus regardait les nouvelles aquarelles posées sur le bureau. Il n'était peut-être pas très objectif, mais il trouvait son amant très doué. Il aimait regarder ses nouvelles œuvres et se délectait de le voir peindre. Le portrait de Draco posé sur la table de nuit était le plus réussi qu'il n'ait jamais vu.
Lorsque le repas apparut sur la table, ils s'installèrent ensemble et commencèrent à déjeuner, se passant les divers mets sans avoir à les demander.
« Tu as envoyé une lettre à ton père pour le prévenir ? » demanda Severus.
« Non... » murmura Samaël. « Je me suis dit que si finalement, je décidais de ne pas y aller, par trouille pure et simple, personne ne serait déçu... »
« Tu iras Sam... » grogna Severus. « Tu es courageux et je sais que tu ne défileras pas. »
Si avant, ce genre de phrase avait été anodine, aujourd'hui, elle était particulière. Maintenant que Severus savait qui il avait été Harry Potter, courageux Gryffondor, Survivant arrogant et vainqueur sans mérite, ils trouvaient l'un comme l'autre un double sens à ces propos. Samaël se tendait très légèrement, attendant un reproche, une réflexion, qui ne venait jamais. Severus, quant à lui, fermait parfois les yeux, s'insultant pour sa bêtise.
« Je sais mais... Je m'en veux... J'ai honte. »
« Pourquoi ? »
« Je suis parti si vite... Je n'ai donné aucune explication et avec le recul je trouve que les raisons de mon départ sont presque ridicules. »
« Après une vie de solitude, tu as passé six ans bercé par les affections de ton père. Je pense que ton cerveau a réagi de la seule manière qu'il connaissait face à un choc : la solitude. Ton père le comprendra. »
« Je sais qu'il comprendra... »
« Crois-le ou non, mais je n'ai jamais vu Lucius se comporter de telle façon. Il a eu une vie de mensonges, dans laquelle il n'a pas pu faire ses propres choix. Il a changé du tout au tout lorsque tu es arrivé. Lui aussi a eu un choc le jour où tes ailes sont sorties. Je pense que, comme toi, il est retombé dans son confort, à savoir mentir et duper pour obtenir ce qu'il voulait. Et ce qu'il voulait, c'était ton bien être. »
Samaël eut un petit sourire et prit une bouchée de pancake, méditant sur ce que Severus avait dit.
« Tu nous connais décidément très bien, » ricana-t-il. « Tu pourrais écrire un livre : le manuel des Malfoy. »
« Certainement pas, » grogna Severus. « Quelqu'un pourrait y trouver l'idée de te voler à moi. »
« Quelle possessivité, » répondit Sam avec un haussement de sourcil suggestif.
Ils se mirent à rire et continuèrent leur petit déjeuner tranquillement, plaisantant et discutant de la journée à venir.
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Samaël et Severus étaient devant la grande maison de Lucius Malfoy, en Finlande. Ils se tenaient juste devant les barrières magiques et observaient le paysage, avant de mettre un pied dans la fosse aux serpents.
Le nouvel employé du Ministère Anglais était fébrile. Son père, qu'il n'avait pas vu depuis plusieurs mois et avec qui il était fâché, était à quelques mètres de lui, certainement dans son bureau, et il n'avait aucune idée de ce qu'il allait lui dire. Qu'il avait des regrets ? En avait-il vraiment ? Qu'il avait eu besoin de s'éloigner pour lui-même ? Qu'il avait été égoïste ?
Il tendit sa main, légèrement tremblante, et attrapa celle de son compagnon qui se tenait à côté de lui, comme un soutien silencieux. Encore un pas et son père serait informé de leur présence et viendrait probablement voir qui se trouvait sur son domaine.
« Alors, c'est ici que tu as grandi ? » murmura Severus en regardant la bâtisse.
« Pas vraiment… Nous n'étions là que depuis quelques mois quand tu es arrivé dans nos vies. Mais j'ai vécu beaucoup de choses ici... »
« Quel genre de choses ? »
« Eh bien… Déjà, » dit-il en montrant l'allée non loin d'eux. « C'est ici que je me suis effondré quand je t'ai vu pour la première fois. »
« Charmant souvenir, » grogna Severus en regardant ledit endroit.
Il s'en rappelait si bien. Comme si ce moment était gravé dans sa mémoire pour toujours. Ses yeux croisant les siens, sa silhouette se tordant, s'arquant, et les deux magnifiques ailes sortant de sa peau dans un cri terrible. Les appendices bleus et translucides, s'étaient mû lentement dans l'air alors que leur possesseur s'affalait sur le sol telle une marionnette dont les fils avaient été coupés.
Le Potionniste se souvenait de la chaleur intense dans son corps, dans son cœur. Il se souvenait des étincelles qui avaient semblé éclater dans son estomac. Il avait ressenti des choses pour la première fois depuis longtemps. Bien trop longtemps.
Pour lui, cela avait été le début de sa relation avec Sam, son petit-ami. Ils avaient été réunis à ce moment-là, bien qu'aucun d'eux ne le sache. Ils ne s'étaient pas vus pendant six mois, puis ils avaient mis du temps à s'apprivoiser, à comprendre leurs propres sentiments.
« Et là, » continua le jeune homme, montrant un petit rebord en pierre. « C'est l'endroit où Draco s'est cassé une dent après avoir trébuché sur Detra. »
« Detra ? » demanda Severus.
« Son chat, » répondit Samaël. « Il est tout noir et nous faisait penser à un détraqueur quand nous l'avons acheté, » ricana-t-il.
« Original… »
« Ne sois pas aussi ironique, » sourit Samaël. « D'ailleurs, j'ai oublié de faire ça ! »
Mettant une main dans sa poche, il en sortit une créature dont Severus avait maintenant l'habitude, mais qui le rendait toujours méfiant et crispé. C'était surtout le cas lorsqu'il dormait dans la chambre de Samaël et se réveillait avec la bête juste au-dessus de sa tête. D'un mouvement de main, rendu habile par l'habitude, Sam lança le swooping evil qui se déploya et se mit à planer au-dessus du manoir.
« Elle doit être heureuse de revenir ici. Les proies sont particulièrement savoureuses dans le coin j'ai l'impression. »
Severus grogna d'inconfort et détourna les yeux de la créature qui tournait toujours au-dessus de la maison pour les poser sur son compagnon.
« Allons-nous avancer ? » demanda-t-il doucement.
« Oui… » souffla Samaël.
Main dans la main, les deux hommes avancèrent d'un pas seulement et s'arrêtèrent, attendant que quelqu'un vienne les chercher. Ils étaient debouts, dans un silence tendu, lorsque la porte s'ouvrit et que Lucius sortit de la bâtisse. Il s'arrêta net sur le pas de la porte en voyant les personnes qui attendaient dans son jardin.
S'il restait stoïque, ses yeux reflétaient son soulagement et son incertitude. Il ne savait pas quoi dire, quoi faire. Pouvait-il prendre Samaël dans ses bras après si longtemps ? Celui-ci était-il venu pour qu'ils s'expliquent ? Pour récupérer ses affaires qui étaient restées dans sa chambre ? Pour lui dire à quel point il avait été un mauvais père ?
Samaël était lui aussi figé.
Il était parti si brutalement, sans aucune explication, sans aucune excuse valable. Il savait que son père ne lui en voudrait pas, mais il ne savait pas quelle attitude adopter avec lui. Celui-ci avait dû souffrir par sa faute. Les larmes commençaient à monter à ses yeux et sa gorge à se serrer, ne sachant comment agir, comment réagir.
Il reçut alors une petite secousse dans le bas de son dos, provenant de la main de son compagnon. Ce fut une poussée suffisante pour le décider et pour le faire avancer. Il se mit à courir et le soulagement envahit son cœur lorsqu'il vit l'approbation dans les yeux de son père. Celui-ci écarta les bras juste à temps, pour recevoir son fils dans une étreinte serrée.
« Papa… » haleta Samaël.
Il ne pleurait pas mais n'en n'était pas loin. Les bras forts de son père lui avaient manqué. Toutes les fois où il avait pleuré, où il avait voulu avoir un peu de réconfort, il avait été seul. Avec le recul, il ne comprenait pas comment, tant d'années auparavant, il avait survécu dans la peau de Harry Potter sans se repaître dans des étreintes comme celles-ci. A l'époque, il n'avait jamais pu se laisser aller avec Sirius ou même Remus, n'étant pas assez proche d'eux. Maintenant, avec la relation qui s'était installée avec son père, il pouvait aisément se laisser tomber dans une étreinte réconfortante comme celle-ci.
« Je suis désolé, » murmura-t-il.
Son père le décolla de sa poitrine et le tint face à lui. Il le regarda, observant son visage, ses traits, les émotions au fond de ses yeux, essayant d'en absorber toutes les subtilités.
« C'est toi qui est désolé ? » dit-il lentement.
« Je suis parti si vite, sans prévenir, pour une simple dispute. Tu as dû avoir peur et mal- »
« Sam… » le coupa Lucius dans un murmure. « Tu te rends compte que c'était notre première véritable dispute ? Lorsque c'est arrivé avec Draco, il avait cinq ans, il a décidé qu'il ne voulait plus de nous comme parents. Il a préparé ses affaires, emportant son doudou et un bout de gâteau, puis il est parti là où ses petites jambes pouvaient le mener : aux écuries. Il a dû parcourir une centaine de mètres, tout au plus. Il était très facile pour sa mère et moi de le suivre du regard jusque là et de nous assurer qu'il ne lui arrivait rien. Au bout d'une demi- heure, il est ressorti. Il avait avalé son gâteau et avait encore faim, les chevaux lui faisaient peur et il faisait froid dans la grange. Il n'a plus jamais essayé de partir. »
Samaël regarda son père dans les yeux, souriant doucement en imaginant bébé Draco partir à l'aventure avec son baluchon et se mettre à pleurer après quelques minutes. Draco n'était pas fait pour les aventures.
« Pourquoi me raconter ça ? » demanda-t-il.
« Déjà parce que je me suis rappelé de cette histoire il y a quelques semaines et qu'il m'a fait jurer de ne rien te dire, » ricana Lucius. « Et en plus parce que chaque enfant a besoin de prendre son indépendance à un moment. Tu avais toute cette colère renfermée en toi et il fallait l'extérioriser. Le problème étant qu'il est plus facile de surveiller et d'être rationnel sur la fuite d'un enfant de cinq ans que sur celle d'un enfant de vingt-et-un ans. Tu n'as pas à t'en vouloir pour ce que tu as fait, c'était inévitable. »
Lucius vit les muscles de Samaël se détendre alors que le jeune homme fondait à nouveau dans son étreinte. Son regard se porta derrière lui où il pouvait voir que Severus attendait patiemment. Il lui adressa un hochement de tête sans trop savoir pourquoi. Peut-être était-ce un remerciement silencieux de lui avoir ramené son fils, ou une acceptation de le voir là, à ses côtés.
« C'est pas trop tôt, » fit une voix traînante derrière lui.
Lucius se décolla de Samaël et put voir son aîné se tenir négligemment sur le pas de la porte, appuyé contre celle-ci, les bras croisés sur sa poitrine. Les voir à nouveau tous les deux lui réchauffa le cœur.
« Bonjour Draco, » dit doucement Severus en faisant un pas en avant.
« Bonjour Oncle Severus, » répondit Draco.
« Par Merlin, ne m'appelle pas comme ça, » grogna le Potionniste avec une grimace. « Je sors avec ton petit frère, je te rappelle. »
« Ce n'est pas de ma faute si tu es un vieil homme dégoûtant, » ricana Draco.
« Je vois en tous cas que tu n'as pas perdu ta verve, » grogna Severus, recevant un clin d'œil arrogant de son filleul.
Il allait répliquer et ainsi prolonger leur joute, sous les regards amusés des deux autres Malfoy, mais furent coupés par une arrivée subite. Sirius passa son bras autour du cou de Draco et s'exclama :
« Une petite réunion de famille sous le porche ? Qu'est-ce qu- »
Il se coupa lorsqu'il posa ses yeux sur Samaël et Lucius fut assez rapide pour pousser le jeune homme sur son parrain - et maintenant beau-père - et s'éloigner ainsi de l'étreinte pressenti brutale.
Effectivement, quelques secondes plus tard, Samaël était basculé en arrière, risquant de tomber, percuté par le corps de Sirius.
« Samy, » gémit celui-ci, exagérant comme à son habitude. « Tu m'as tellement manqué ! Lucius était méchant avec moi pendant ton absence. »
« Je t'assure que je ne veux pas savoir s'il t'a mis une fessée… » déclara Samaël.
« Tu ne vas pas t'y mettre aussi… » grogna Lucius.
« Si nous allions dans un endroit plus confortable, » demanda Draco, prenant le rôle de l'hôte alors que son père semblait perdu dans ses retrouvailles.
« Je vais appeler Remus ! » cria Sirius alors qu'il courait jusqu'au bureau pour appeler son meilleur ami par Cheminette.
« Il me fatigue… » murmura Lucius, posant la main sur l'épaule de Samaël pour le diriger à l'intérieur.
Celui-ci rit de bon cœur et avança dans la maison.
Severus les regarda entrer, restant où il était. Il se sentait à part, comme s'il n'avait pas sa place dans cette famille heureuse. Alors qu'ils disparaissaient tous dans le couloir, il songea brièvement à rentrer à Poudlard. Maintenant qu'il avait ramené Samaël à l'endroit auquel il appartenait, il n'avait plus vraiment d'utilité.
Il allait effectivement faire demi-tour, lorsque son compagnon ressortit de la maison, cherchant visiblement quelque chose. Posant les yeux sur lui, il lui sourit sincèrement, les yeux plein de joie et d'amour. Quelque chose s'était ravivé en lui.
« Tu viens ? » demanda-t-il doucement.
« Je devrais vous laisser, » répondit Severus, les sourcils froncés. « Profite de ta famille. »
« Tu fais partie de ma famille Severus, » souffla Sam avec un petit rire incrédule.
Il tendit sa main et attrapa celle de son compagnon qui se laissa docilement guider dans la bâtisse jusqu'à un grand salon dans lequel le feu ronronnait.
Severus, qui n'avait vu que les couloirs et le bureau de Lucius jusqu'à présent, regarda d'un oeil curieux les meubles de bonnes factures et les bibelots précieux qui ornaient les étagères au côté des livres, certainement les copies de ceux présent au manoir anglais, la demeure principale des Malfoy.
Autour de lui, les teintes étaient ocres, bordeaux, dorées. Il y avait une grande table, à laquelle douze convives pouvaient s'asseoir, ainsi que deux canapés et quatre fauteuils entourant la cheminée.
Remus était déjà présent, assis sur l'un d'eux, une coupe de champagne à la main. Draco était en train de servir les boissons à Sirius et Lucius assis ensemble sur l'un des sofas. Les deux hommes étaient à une distance convenable, mais chacun pouvait voir leur intimité par leurs regards, leurs gestes l'un pour l'autre.
C'était exactement ce qu'avait décrit Samaël lors d'un dîner, quand ils en étaient venus à parler de ce couple étonnant. Severus n'avait pas pu s'empêcher de poser les questions qui lui brûlaient l'esprit. Comment ce couple pouvait-il tenir ? Comment ne s'étaient-ils pas encore étranglés ? Comment Sam l'avait pris en l'apprenant ?
Samaël avait décrit Lucius et Sirius comme étant un couple fusionnel, à sa grande surprise. Il avait des étoiles dans les yeux alors qu'il expliquait qu'ils étaient rarement l'un sans l'autre, qu'ils avaient beau se chamailler, ils se comprenaient sans avoir besoin de mots. Il lui avait raconté des anecdotes étonnantes et Severus avait compris que Samaël admirait beaucoup le couple qu'ils formaient et espéraient avoir la même chose, qu'il pensait peut-être même vivre la même chose avec lui.
Samaël le conduisit jusqu'au deuxième canapé et s'installa près de lui, bien plus proche que Severus pouvait se sentir à l'aise avec tous ces Malfoy autour de lui. Il ne dit rien néanmoins et se laissa bercer par les conversations autour d'eux.
« J'ai trouvé un travail aux relations internationales, » déclara Samaël.
« Dans un bureau ? » s'offusqua Sirius.
« Dit le rédacteur en chef du journal national, » ricana Remus. « Cela-dit je comprends ! Kyle aura une attaque lorsqu'il saura que tu gâches son précieux enseignement ! »
« Oh ! Et comment va-t-il ? Je ne l'ai pas vu depuis si longtemps ! »
« Il va bien autant que je le sache. Toujours au nord du Pérou à chercher une sorte de limace magique, » grimaça Sirius. « Mais ne change pas de sujet. Tu es bien installé en Angleterre ? » demanda-t-il en jetant un coup d'œil à Severus.
« À vrai dire, » répondit Samaël. « Je vivais au Chaudron Baveur. J'attendais d'avoir un poste pour prendre un appartement et d'être certain de rester en Angleterre, » dit-il, serrant la main de Severus dans la sienne.
« Et c'est le cas ? » demanda doucement Draco.
« Je le pense… » souffla Samaël. « J'ai croisé Ron et Hermione sur le Chemin de Traverse il y a peu de temps… Je pense que je suis prêt… »
Tous savaient ce que voulait dire le jeune homme. Ils savaient parfaitement les difficultés qu'avait eues Samaël à s'accepter, à se moquer du jugement. Ils savaient aussi à quel point cela avait été dur de se détacher de ses amis et à quel point il avait peur de revenir après tout ce temps, de les décevoir.
« Alors, » répondit doucement Lucius. « Je pense qu'il est temps de rentrer. Pour nous tous. Les années ont guéri nos blessures, mais je pense que l'Angleterre manque à chacun d'entre nous. J'ai réglé toutes mes affaires depuis des mois, remis à flot certaines de mes entreprises, vendu la plupart d'entre elles… Sirius peut aisément travailler à distance, Draco obtiendra son diplôme dans quelques semaines. Nous n'attendions que ton feu vert pour plier bagage. Seul Remus préfère rester ici et profiter des avantages accordés aux loups-garous. Es-tu prêt pour ça ? » demanda-t-il.
Samaël regarda chaque membre de sa famille avant de regarder Severus, son amant, son âme-sœur, qui l'observait avec tant d'inquiétude et de confiance. Il sera légèrement sa main posée sur sa cuisse.
« Je le suis papa, » dit-il solennellement.
« Alors nous partons, » répondit doucement Lucius, prenant la main de Sirius, dans un geste rare d'affection publique.
Le silence entre eux était lourd, chargé d'émotions et se fut Draco qui le rompit de sa voix traînant :
« Suis-je le seul de cette pièce à aimer les poitrines rondes et les hanches larges ? »
« Nous pouvons nous soutenir, nous, pauvres hétérosexuels incompris, » répondit Remus, tapant dans la main tendue de Draco.
Samaël sourit, trouvant la vie plus belle que jamais. Il y aurait d'autres obstacles, d'autres disputes, d'autres problèmes, mais il était certain d'avoir trouvé sa place maintenant. Il était aimé pour lui, accepté pour ce qu'il était et rien ne pourrait changer ça.
Fin.
Voilà la fin de cette histoire, j'espère qu'elle vous aura plu !
Un immense désolée de ne pas avoir posté ce chapitre lundi et pas avoir répondu à vos reviews de ces derniers chapitres ! Je vais repasser sur chacune d'elle et voir si j'ai quelque chose à y répondre. Mon état mental est laborieux en ce moment xD
Je n'ai plus rien en stock à publier je crois, je ne travaille sur aucune fiction (sauf un immense pavé avec ma coupine Pauu-aya qui sera publié... peut-être... un jour... sur le compte Aupaupsi), donc je ne vous reverrai pas avant un petit moment, sauf en MP, reviews etc...
Encore merci à ma coupine AudeSnape qui a corrigé cette histoire, qui en est à l'origine aussi je crois (car c'était quelque chose qu'elle avait envie de lire mais pas d'écrire si mes souvenirs sont bons) et je devais faire, pour cette histoire, d'après Aude et Pauu :
- Un Snarry
- Harry et Draco deviennent super potes ! Besta for ever et tout et tout (ce sont vraiment leurs termes...)
- Harry veut appeler Lulu "Papa"
- Lucius soigne un animal bizarre
J'espère avoir répondu à ses attentes ! (et aux vôtres au passage !) Je tenais à dire que j'ai passé avec le chapitre précédent la barre du million de mots publié, et ça c'est plutot cool ! Merci pour toutes vos reviews et à bientôt !
Epsi
