Regarde les étoiles dans le ciel

Base: Saint Seiya

Genre: Famille et déprimant

Note: Voici un OS pas prévu sur mes Aio Bro adorés, après avoir écouté et surtout lu les paroles d'une chanson japonaise que j'aime beaucoup, Yoru wa hoshi wo nagamete du groupe Tegomassu mais d'une tristesse... Je vous souhaite une bonne lecture


Le calme était revenu au Sanctuaire. Saga n'exerçait plus son pouvoir et les chevaliers de Bronze avaient amené la véritable Athéna dans les terres sacrées. Tous les guerriers, allant du simple soldat aux six Ors encore debout après ce terrible conflit prêtèrent allégeance à leur déesse pour de bon, en vue de la future guerre sainte qui l'opposait depuis toujours au seigneur des Enfers, le dieu Hadès. Malgré tout, on constatait déjà de trop lourdes pertes dans les rangs.

Mu du Bélier suggéra d'aller chercher les jeunes garçons qui s'étaient battus jusqu'au sommet des douze Maisons pour leur prodiguer les soins d'urgence. Ils seraient ensuite ramenés au Japon dans l'un des centres hospitaliers appartenant à Saori, la jeune fille qui incarnait Athéna dans cette époque.

Suivant le mouvement, le Lion trainait un peu la patte dans les escaliers, se remémorant tout ce qui s'était passé jusqu'alors. Ce combat terrible face à Seiya où il n'était plus lui même, la perte de ce Cassios qui s'était sacrifié pour le faire revenir à lui, cet affrontement avec Pégase au Japon qui avait failli couter la vie à Shaina, cette redoutable guerrière d'Argent où il promit de protéger Athéna en souvenir de son frère.

Son grand frère... Aiolos avait disparu il y a treize ans maintenant. Et malgré sa position de chevalier d'Or, l'élite des chevaliers, Aiolia souffrait encore de cette perte, des souffrances qu'on lui avait fait subir pendant des années, l'isolement en conséquence parce qu'il était le cadet d'un traitre à Athéna... enfin... c'était Saga, l'usurpateur, celui qui avait régné en tant que Grand Pope qui avait imposé cette idée, et tout le monde suivit. Par crainte, par ignorance ou autre chose. Mais rien, ni même le pardon ne ramènerait le Sagittaire à la vie.

En gravissant les marches, direction le neuvième temple que gardait son frère, Aiolia voyait devant lui le garçonnet qu'il était quelques années auparavant, celui un peu turbulent, débordant d'énergie de d'admiration pour Aiolos. La première fois qu'il allait le voir dans la demeure qu'il devait garder.

Il se rappelait de cet escalier qui n'en finissait pas, et malgré ses petites jambes, malgré la distance entre lui et son frère, il n'abandonnait pas son ascension. Passé le dernier palier, essoufflé, il restait une dernière côte à gravir, et son ainé l'attendait sur la première marche.

Le lionceau, lui, se demandait s'il allait y arriver. Une pierre plus grosse sur le passage le fit trébucher et il se voyait déjà la tête la première sur le sol. Mais une main puissante l'attrapa au bras: Aiolos. Le plus petit lui sourit et rigola de plus belle quand il se sentit soulevé pour se retrouver sur les solides épaules du Sagittaire.

Ensemble, ils allaient passer leur première nuit dans cette grande Maison de pierre et de marbre.

Il se souvenait aussi parfaitement de la conversation qu'ils avaient eue le soir même lorsqu'ils avaient escaladé une vieille échelle et ouvert une trappe qui menait jusqu'au toit pour observer les astres.

« Grand frère, pourquoi tu dois habiter cette Maison, maintenant? On était bien dans notre cabane.

-C'est notre destinée, Aiolia. Nous sommes des chevaliers qui devront protéger Athéna lorsqu'elle apparaitra sur Terre.

-On doit la protéger de quoi?

-D'ennemis qui pourraient venir de n'importe où. C'est à nous de nous battre pour que la paix règne sur notre planète.

-Tu vas te battre, toi?

-S'il le faut...

-Ah NON! Je veux pas! s'écria d'un coup le petit garçon.

-Mais Aiolia...

De grosses larmes commençaient à perler des yeux de l'enfant.

-Je veux pas parce que... tu vas mourir sinon... Et ça je veux pas...

-D'accord... je... Tu sais que je suis le plus fort! Je battrai tout le monde, comme dans l'arène, et tout ira bien, d'accord?

-... voui. Et après, on ira faire le tour du monde pour voir les animaux?

-Oui, on verra tous les animaux qu'il y a dans ton livre!

-Je veux surtout voir les lions et les tigres!

-Dès que possible ça se fera Aiolia! »

Le Lion d'Or atteignait ce palier où il avait trébuché quand il avait quatre ans et un sourire tendre et nostalgique se dessinait sur son visage. Il avait grandi, montait les marches sans aucun problème et ne tombait plus à chaque pas. Mais ce souvenir était gravé en lui. Tout comme le ciel qu'il avait observé à cette époque, sur le toit de la Maison du Sagittaire, blotti entre les jambes de Aiolos. Ce qu'il aurait aimé voyager avec lui et découvrir les animaux du monde entier.

En ce temps là, il ne comprenait pas encore bien sa destinée, ni le fait que chaque habitant du Sanctuaire pouvait laisser la vie sans prévenir dans une guerre... ou même un conflit qui se déclencher dans le domaine sacré.

Pour lui, dans son esprit de garçonnet, devenir chevalier d'Athéna signifiait être un combattant avec une armure dorée que tout le monde respecterait parce qu'il était le plus fort. La notion de trahison n'avait aucun sens pour lui.

Et c'était tout aussi vrai, quelques jours avant la disparition de Aiolos.

La déesse venait de se réincarner, quelques semaines auparavant. Le chevalier du Sagittaire faisait d'incessants va et vient dans les escaliers des douze Maisons.

Pour ne pas inquiéter son petit frère, il lui expliquait que c'était pour le bien être d'Athéna, et que c'était un travail que lui avait donné le Grand Pope.

Mais du haut de ses sept ans, Aiolia commençait à réfléchir et trouvait ce comportement étrange.

Puis finalement, un soir, tous deux se retrouvèrent sur leur perchoir du toit du neuvième temple à regarder les étoiles.

« Aiolia... Je sais que tu t'inquiètes, mais tout ira bien, déclara Aiolos.

-Pourquoi tu dis ça?

-Parce que je suis ton frère et que ça se voit dans tes yeux. Mais je te promets que je serai là pour te voir obtenir l'armure du Lion.

-Bien sur, je m'entraine tous les jours! Et on combattra ensemble plus tard s'il y a une guerre. On sera les meilleurs chevaliers qui protègeront Athéna.

Aiolos émit un petit rire.

-Tu as raison, Aiolia. Mais si un jour l'un de nous venait à mourir, il ne faudra pas être triste. Je suis sur que de là haut, on pourra veiller l'un sur l'autre. Il suffira de regarder les étoiles, parce qu'elles formeront un visage souriant qui nous redonnera du courage.

-Dis pas ça, Grand Frère, protesta le petit Lion en se blottissant contre lui. Je veux qu'on soit ensemble pour protéger notre déesse. Rien ne peut nous séparer.

-Tu as encore raison, fit le Sagittaire en resserrant son étreinte. Je ne voulais pas t'effrayer, je suis désolé. On sera tous les deux à tout jamais. »

Pourtant quelques jours plus tard, Aiolos était considéré comme un traitre au Sanctuaire et assassiné.

D'un coup de poing, Aiolia fracassait une paroi de rochers qui n'avait rien demandé. Comme s'il n'avait pas assez pleuré, les larmes coulaient encore sur son visage. Il avait de la chance d'être à la traine pour aller chercher les Bronze, il n'était pas en état de se présenter de la sorte à cette déesse qu'il devait protéger avec son frère à ses côtés.

Puis, il leva les yeux vers le ciel étoilé.

Était-ce alors le vent qui circulait à cette altitude du grand escalier ce frisson qui venait de parcourir son corps à l'instant?

Il frotta ses paupières humides et il lui semblait que les astres bougeaient pour former une silhouette, une tête qu'il connaissait que trop bien. Celle de Aiolos.

L'armure du Sagittaire étant présente dans la neuvième Maison, était-ce un signe, un soupçon du cosmos de son frère qui s'était envolé dans la nuit, comme pour lui envoyer un message? Comme quand il s'était rendu au Japon?

Il en avait le sentiment, tout comme il avait l'impression d'entendre la voix de Aiolos qui lui répétait le même message qu'autrefois:

« Aiolia, si un jour ou même demain, je viendrai à mourir, lève les yeux au ciel et regarde les étoiles. Tu verras que je vais bien, et que je souris à l'idée de voir quel grand chevalier tu es devenu. Je serai toujours là pour veiller sur toi. On combattra ensemble quoiqu'il arrive. »

Le chevalier du Lion essuya ses yeux.

Aussi dur que cela pouvait paraître, il ne devait pas perdre courage. Aiolos avait toujours veillé sur lui.

Il entendit des pas en sa direction. Les autres chevaliers de Bronze, dont Jabu de la Licorne ne pouvaient attendre le retour de leurs amis, donc ils étaient venus les aider.

Aiolia les accompagna jusqu'au temple du Sagittaire et leur dit de passer devant.

Avant la guerre, il avait une dernière fois envie d'escalader cette trappe vers le toit de la Maison et, ne serait-ce que quelques minutes, observer les étoiles comme quand il était petit, en compagnie de son frère, qui veillait sur lui depuis le ciel.


Note de fin: Merci d'avoir lu mon petit truc. Même court, et après avoir écouté cette chanson, je suis tristesse. Je n'ai pas traduit les paroles (parce que de base je n'aime pas ça, ça fait perdre tout le charme d'une chanson), j'ai juste voulu recréer l'ambiance entre deux personnes qui s'aiment, cela pouvant être un couple ou deux membres d'une famille ou même des amis qui se promettent de ne pas pleurer, peut importe les aléas de la vie, car malgré tout ils seront toujours ensemble, rien qu'en regardant le ciel étoilé.
Le caractère en guise d'interlude c'est hoshi, étoile, en japonais.
Je vous fais des bisous et à la prochaine.