La franchise et l'univers de Fire Emblem ne m'appartiennent pas. Ils ont été créés par Shouzou Kaga, et développés par Intelligent Systems.
Il s'agit ici d'une Fanfiction.
Fire Emblem Heroes - Livre IV - Post End
Zakuro Ruby Kagame
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Du Rêve à la Réalité
Encore une fois, la déception que je ressens est aussi intense que l'est la lumière qui resplendit autour du portail d'invocation, et encore une fois, je dois en faire fi pour accueillir convenablement le nouveau héros apparu. Alors je m'arme du plus beau de mes sourires, peut-être arriverai-je ainsi à me convaincre moi-même que tout va bien, même si au fond de moi, la solitude que je ressens et dont je ne peux faire part à personne me submerge et assombrit chaque nouvelle journée qui passe. Cela est tellement loin de me ressembler.
Nombres de héros ont été invoqués dernièrement pour nous aider à combattre les armées d'Embla guidées par la Princesse Veronica, je crois d'ailleurs que nous avons eu la chance de voir arriver de nouveau l'impératrice de l'Empire d'Adrestia, et j'espère que cela ne créera pas trop de remue-ménage lorsqu'elle s'apercevra qu'une autre version d'elle-même s'apprête à épouser sa propre femme. Peut-être pourront-elles partager ? La précédente n'a pas vu d'un très bon œil la version disons plus estivale de sa compagne en compagnie de la plus redoutable de ses ennemies. Mais dans le monde de Zenith, rien n'est impossible et je reconnais qu'il faut parfois du temps pour... s'habituer à ce nouvel environnement.
Rien n'est impossible, dis-je ? C'est bien pour cela que je me tiens fièrement aux côtés de l'invocatrice, Ruby, chaque fois que nous rassemblons assez d'orbes pour effectuer le rituel d'un cercle complet. Mais malgré cela, bien que je sois très optimiste, j'ai l'impression que l'espoir que je ressentais à mon réveil commence à s'estomper...
« Même les rêves les plus doux doivent se terminer un jour. »
Ces paroles résonnaient encore en moi lorsque j'ouvris les yeux après ce qui sembla être, à ce moment, un très profond sommeil, bien que je ne fus capable de me rappeler d'aucun des rêves que j'avais pu faire, tout comme mes camarades au sein des Gardiens d'Askr. Des paroles qui appartenaient à une personne donc je ne me rappelais ni le nom ni le visage. Mais, elles aussi, s'estompèrent vite, peut-être aussi rapidement même que l'air soucieux de Ruby qui fut la dernière d'entre nous à sortir de cet étrange sommeil. Je n'eus d'ailleurs le temps d'y songer car nous fûmes aussitôt attaqués par Loki, la stratège de Mùspell, pour une raison inconnue. Elle n'était pas réapparue depuis le Royaume des Morts. Un combat que mon frère et moi avons remporté aux côtés de l'invocatrice - qui semble particulièrement susciter son intérêt - et des autres gardiens.
Et puis... De la même façon qu'elle était apparue, elle disparue. Disparaître... hein ? C'est bien ce mot qui d'un coup accapara toutes mes pensées au moment où une profonde tristesse s'empara de moi devant une scène étrangement familière. Je me souviens encore parfaitement du sentiment qui brisa mon esprit pour fendre mon cœur en deux lorsque mes yeux se posèrent sur la couronne de fleurs tressées abandonnée par terre. Et les souvenirs me percutèrent comme l'auraient fais les lames des lances des haches et des épées sur un champs de bataille, et m'ébranlèrent. Cette couronne était celle que je lui avais il y a bien des années maintenant offert.
« Mais si il existe un moyen pour que tu te souviennes de moi,
peut-être que nous pourrons nous revoir un jour. »
Après la retraite de Loki, tout le monde remarqua que j'avais la tête ailleurs mais moi-même ignorais où mes pensées s'égaraient. J'essayais seulement de me rappeler des plus flous de tous mes souvenirs. Jusqu'à la nuit suivante, lors de laquelle je fis le plus étrange mais aussi le plus réel des rêves. Un rêve dans un rêve. Et je me rappelai enfin de tout.
Je jouais souvent dans un immense jardin fleuri lorsque j'étais enfant, et c'est d'ailleurs là bas que je l'ai rencontré. Elle était si belle habillée de toutes ces couleurs, vertes, blanches, orangées, comme l'étaient toutes ces fleurs. Ses ailes étaient tels les plus beaux des pétales et sa voix le plus doux des parfums. Elle et moi jouions souvent à inverser nos rôles, pendant des heures, même ce que j'imagine être également des jours et des nuits, et puis, j'ai cessé de rencontrer Peony. Ce n'est que bien des années après que nos chemins se sont de nouveau croisés.
J'ignore pourquoi je suis la seule à m'en souvenir, de tous les combats qui se sont déroulés à Ljósálfheimr, le Royaume des Rêves, et à Dökklálfheimr, celui des cauchemars... J'ai parfois même l'impression que cela n'a jamais existé et que, j'ai tout imaginé, créé à partir de mon imagination et des souvenirs de celle-ci. Mais pourtant, la douleur que je ressens et ce trou béant dans ma poitrine sont bien réels. Au moins tout autant que l'était Freyja, la reine des cauchemars, contre qui nous nous sommes battus avec acharnement pour retrouver l'invocatrice et pour nous réveiller. Nous étions plongés dans un rêve sans fin, ou peut-être un mauvais songe qu'en sais-je, mais à aucun moment nous n'avons abandonné. Pas même lorsque la jeune sœur du Roi Freyr nous menaça en nous expliquant que dans le monde réel, notre monde, Alfonse, mon frère aîné avait cessé de vivre. Les doutes furent tout aussi terribles que nombreux mais nous avons choisi de croire, et... Nous avons soufflé dans le Cor.
Je suis certaine de ne rien avoir imaginé, la détresse et la jalousie de Freyja qui ne voyait que par son frère, le Roi. Le désespoir de Triandra, le dégoût des désirs humains de Plumeria, les deux elfes noirs au service de la Reine et lui vouant une loyauté infinie et sans faille. Je n'ai pas non plus imaginé Freyr et son obstination, ni quand je l'ai rencontré, ni lorsqu'il a préféré se sacrifier. Je me souviens aussi parfaitement me sentir presque aussi admirative que je trouvais amusant la capacité de Mirabilis de pouvoir s'endormir en n'importe quelle circonstance, ce même en plein combat. Et ce dont je me rappel le plus, et qui n'en est que d'autant plus difficile à supporter, est la douceur et la générosité de Peony, et la tristesse dans son regard lorsqu'elle disait qu'à mesure que les humains vieillissent, ils perdent leur capacité à rêver.
Je ne fis qu'un seul et unique rêve lors duquel son visage m'apparut, bien que je ne me souvienne pas vraiment du reste. Mais mon cœur battait si vite dans ma poitrine que j'avais l'impression de ne pas dormir, ou alors que je souhaitais ne plus me réveiller. Car depuis ce matin là, alors que des larmes ravageaient mon visage avant même que je n'ouvre les yeux, je suis inconsolable. Et c'est bien seule que je supporte le poids de tous ces souvenirs. Je n'ai jamais oublié son visage, et pourtant, je ne l'ai jamais revu. Alors j'attends, j'attends « un jour », j'attends ce jour.
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Tous les héros vont saluer le nouvel arrivant et après en avoir fait autant, je préfère m'éclipser pour aller m'entraîner, mais, visiblement, le terrain est déjà occupé. J'admire mon frère, c'est probablement la personne la plus gentille et sérieuse que je connaisse, et son désir de maintenir ainsi la paix est honorable. Il a rejoint les Gardiens d'Askr envers et contre tous, particulièrement envers notre père d'ailleurs qui ne s'en est trouvé qu'indigné, paix à son âme. Lui aussi, a beaucoup souffert et pourtant, il continue à regarder vers l'horizon et à redoubler d'efforts. Je le vois souvent rester à l'écart des autres, préférant le titre d'allié à celui d'ami, et peut-être qu'il saurait me comprendre. C'est même certain.
Mes pensées se sont un moment égarées et je n'ai pas entendu le prince m'appeler. Ses joues sont rouges et des petites goutte d'eau perlent son front. J'imagine que cela fait plusieurs heures qu'il s'entraîne.
—Est-ce que tu vas bien, Sharena ?
—Oui, désolée ! J'avais seulement la tête ailleurs, je répond.
Il me parait dubitatif, et nul doute qu'il ne croit pas une seule seconde à la réponse que je viens de lui donner. Après tout, mon frère me connait sans doute mieux que quiconque.
—Tu es sûre ? Ruby m'a dit qu'elle te trouvait plutôt soucieuse ces derniers temps.
Evidemment, rien n'échappe à notre invocatrice, c'est une femme vraiment spéciale je dois dire. Assez pour que tout le monde lui fasse aveuglément confiance, moi la première. Elle a fait venir tant de héros puissants dans notre monde, je sais qu'elle est notre plus grand atout dans notre lutte contre l'armée d'Embla.
—Ne t'inquiète pas pour moi Alfonse, je lui souris. Tu sais bien qu'il n'existe rien en ce monde qui pourrait me décourager !
Ses lèvres s'étirent, et nuls doutes que cette fois-ci mes paroles font écho dans sa tête. Je le vois regarder le terrain d'entrainement avant de souffler. Je sais que ce n'est toujours pas assez pour lui. Alfonse est si sérieux, bien plus que moi en tout cas.
Le terrain est désormais le mien et c'est avec une détermination neuve que je laisse parler ma lance, Fensalir. J'enchaîne les mouvements que j'ai répétés au moins un millier de fois comme si j'affrontais ce désespoir contre qui je refuse de céder. Je ne suis définitivement pas le genre de personne à me laisser abattre et je veux mes rires résonner ici même longtemps encore. Je suis la seconde héritière du Royaume, et membre des Gardiens d'Askr, après tout !
Les particules de sables se soulèvent dans la brise lorsque je danse presque dans les murmures du vent. Ma chevelure dorée ondule sur les rayons orangés du soleil couchant qui se reflètent sur mon armure d'or et d'argent. Je ne sais si ma lance tranche l'air ou bien si c'est lui qui me souffle mais je respire de nouveau pour la toute première fois tant mon rythme cardiaque accélère. J'aime sentir chacune des pulsations dans ma poitrine, qui me laissent l'impression de chasser toutes mes pensées, de tout oublier. Je dois sourire, je dois sourire à la vie, je dois croire en demain car je sais le soleil se lever sur un tout nouveau jour. Et tant que ses rayons brilleront sur sa toile, l'espoir accompagnera mes pas.
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Ces derniers jours, le temps m'a semblé bien plus long qu'habituellement et je ne m'étais pourtant jamais sentie si impatiente. Peut-être est-ce d'ailleurs là l'explication la plus simple alors que je sais que le cycle du jour et de la nuit n'a pas du tout changé. Mais... Le plus important est que nous avons réunis suffisamment de gemmes pour ouvrir de nouveau un portail, et j'ignore pourquoi mais je sens que cette fois-ci, c'est véritablement la bonne !
—Oh, tu as l'air d'excellente humeur aujourd'hui, Sharena !
Je me retourne et souris à la jeune femme vêtue d'une très grande cape blanche recouverte de dorures dont les cheveux du même rose clair que ses yeux cascadent de part et d'autre de ses épaules. C'est amusant, lorsque j'y repense, la Grande Stratège ne ressemble tellement pas à ce que décrivaient les légendes. Une jeune femme physiquement ordinaire qui semble n'être qu'à peine plus âgée que moi-même. Et pourtant... C'est bien elle qui manie la relique divine. Mes lèvres se parent d'un sourire quand je repense à notre première rencontre, j'étais et demeure sa plus grande admiratrice !
—Comment pourrait-il en être autrement, chère Invocatrice ? J'ai de nouveau le privilège de pouvoir converser avec vous !
Ses lèvres s'étirent en une petite marque que je trouve adorable avant que sa tête ne penche sur le côté. Nuls doutes qu'elle se souvient également d'une conversation semblable à celle-ci que nous avons il y a longtemps eu. Je suis peut-être une princesse mais je ne supporte pas d'en subir les manières, et encore moins de devoir parler avec le langage châtié qui va de pair.
—Nous allons ouvrir un nouveau portail aujourd'hui, je reprends en plongeant mes yeux sinoples dans ses orbes rosés. Et je suis pressée de voir quel nouvel ami nous allons accueillir aujourd'hui !
—Je ne t'ai que trop rarement vue si impatiente, elle s'enjoue. Surtout que tu semblais préoccupée ces dernières semaines !
Il est vrai que je me suis laissée un peu aller pendant quelques jours et, j'ai peut-être aussi failli à un moment plier devant mon propre désarrois, mais aujourd'hui, je me sens plus motivée que jamais, prête à affronter l'ensemble des armées de Veronica !
—Je suis heureuse de te voir de nouveau sourire ainsi.
Nous nous dirigeons Ruby et moi vers le portail d'invocation où des héros curieux sont déjà présents, ainsi que mon frère à deux doigts de s'impatienter. Les gemmes sont posées sur les stèles prévues pour les accueillir et je vois déjà les petits orbes colorés s'illuminer les uns derrière les autres sur les gestes de l'invocatrice qui manie Breidablik. A chaque fois, je ressens la même chose : l'air semble plus frai, mes yeux s'ouvrent grands pour tenter de supporter la lumière qui s'échappe du portail de pierres, et mon cœur s'emballe dans ma poitrine. Et puis, la lumière s'estompe sur une silhouette sombre d'abord, que nous arrivons tous à discerner peu à peu... Et puis...
—Bonjour ! Je suis Annette Fantine Dominic et j'étudie à l'Académie de Garreg Mach...
Les battements de mon cœur se sont à l'instant tus. J'ai du mal à y croire, du mal à réaliser que... je vais encore devoir attendre.
—Oh ! Vous pouvez m'appeler « Annie » !
Je n'ai que faire de la façon dont je peux l'appeler, elle où une autre de ces élèves de cette fameuse Académie des Officiers. Je... J'ai seulement envie de disparaitre. Je crois que cette fois-ci, devenir amie avec cette nouvelle héroïne sera au dessus de mes forces car... je n'en ai plus aucune. Alors, après avoir faussement souris, comme le ferait la Princesse Sharena, je préfère quitter les lieux.
J'ai tant espéré la revoir que le désespoir qui s'empare de moi est plus sombre que le ciel couvert du Royaume des Morts. Peony... quand pourrai-je de nouveau admirer ses beaux yeux et répondre à son sourire ? Ce jour arrivera-t-il au moins ? Je... je ne suis plus certaine de rien et, mon légendaire optimisme me quitte au moment ou mes genoux s'effondre sur le sol de ma chambre.
J'ai l'impression que les larmes ravagent mon visage et noient ma gorge dans laquelle j'étouffe mes cris. Cette souffrance est insoutenable et j'ignore comment je pourrais à l'avenir la supporter. Seule, le monde entier semble se briser au dessus de ma tête et retomber sur moi en un millier de fragments et d'éclats. Des fragments de tristesse et des éclats de douleur. Je n'ai plus les mots pour invoquer l'espoir qui me quitte, ni pour décrire le désespoir qui m'habite. Je peux seulement fermer les yeux et me plonger dans les ténèbres, et même si je suis seule, nous imaginer toutes les deux.
/
Lorsque mes paupières s'ouvrent de nouveau et que je me redresse sur mon lit, l'obscurité m'accueille tout comme le fait le froid mordant de la nuit. C'est étrange car en cette saison, il ne fait pas si frais. Mon corps tout entier tremble et des gouttelettes de sueur ruissellent sur ma peau claire. Dans le silence de ma chambre, j'entends encore mon cœur taper, battement après battement, et il me faut bien au moins une minute, peut-être deux pour les entendre enfin s'estomper.
Lorsque mes yeux commencent à s'habituer à la seule lueur de la lune pour m'éclairer, je me retourne très lentement, afin de ne pas froisser les ailes si fragiles mais que je sais autant sensibles de l'elfe allongé à mes côtés. J'entends son souffle s'échapper calmement de ses lèvres rosées quand le mien se fait presque agressif et saccadé.
—Sharena ?
Je ne sais si elle m'a sentie bouger ou bien si elle ressent l'angoisse qui m'habite mais ses paupières s'ouvrent sur la teinte byzantin de ses yeux. J'ai l'impression que cela fait une éternité que je n'ai pas pu ainsi les admirer alors que je sais les voir hier encore.
—Tu as encore fais ce cauchemars ?
J'hoche la tête pour lui répondre car ma voix demeure silencieuse. Tout cela n'était encore qu'un mauvais rêve... qui me poursuit depuis que mes camarades et moi-même nous sommes réveillés peu avant notre affrontement avec Loki, avant qu'elle ne réapparaisse... comme par magie.
—Rendors-toi, Peony, j'arrive enfin à souffler.
Mais elle n'en fais rien et quitte sa position allongée pour se redresser. Son regard me considère avec toute l'attention et la tendresse dont elle est capable, c'est à dire, une infinie. L'éclat de ses yeux est d'une douceur apaisante mais tout autant effrayante quand j'imagine que j'aurais pu ne jamais les revoir. Et lorsque l'extrémité de ses doigts vient effleurer ma joue, ce sont des étincelles qui dansent sur ma peau en de très intenses sensations.
—Tout va bien, elle me murmure. Ce n'était qu'un rêve.
Un rêve qui semblait si réel pourtant, tout comme le sont les émotions qui m'assaillent et m'ébrouent. Car quand je vois son visage, je repense à l'expression que ce dernière affichait peu avant que l'on souffle dans le Cor afin de nous réveiller. Je me souviens ses paroles, je me souviens sa détresse, elle qui était toujours si joyeuse et heureuse... et qui nous avouait devoir disparaître, pour nous sauver, se sacrifier. Et elle le fit à deux reprises, une première lorsqu'à ma place elle avala le nectar la transformant en elfe, et la seconde en décidant de s'effacer.
Les yeux de l'elfe de lumière se voilent et je vois son visage approcher, et bientôt, son souffle chaud chatouiller mes oreilles et soulever quelques mèches de mes longs cheveux dorés détachés. Mon cœur de nouveau s'emballe et c'est à la fois si agréable mais tout autant douloureux que j'ai l'impression que ma poitrine implose.
—Ne pleure pas, Sharena... Je suis là. Et je ne te quitterai plus jamais.
Ce n'est que maintenant que je remarque que les larmes de mes cauchemars m'ont suivies jusque dans cette réalité. Car... qui peut prétendre que celle-ci est la seule, la vraie ? Certainement pas moi, plus après tout cela, même si... c'est, plus que tout autre chose au monde, ce que sincèrement j'espère.
—Ce cauchemars... je chuchote en resserrant mes bras autour de sa taille. Cela était tellement réel ! Et... Cela aurait pu l'être ! Ni toi ni personne ne savait si tu allais réapparaître mais tu as quand même décidé de te sacrifier !
Elle me caresse la tête et, bien que mes larmes n'en finissent plus de rejoindre les draps, je sens que je m'apaise. Il n'y a qu'elle pour arriver ainsi à me rassurer.
—Je préférais me sacrifier que de savoir que jamais tu ne te réveillerais pour rejoindre ta réalité. Et puis, en rêvant de moi, et même si tu devais m'oublier, tu aurais eu un beau sourire sur les lèvres même sans comprendre pourquoi...
Ses paroles sont si dures mais si douces, elles me bercent et m'emportent comme son parfum le fait. J'ai eu si peur, de l'oublier, la chaleur de sa peau, l'éclat de ses beaux yeux, le son mélodieux de sa voix, de pouvoir seulement la sentir, là... si près de moi.
Je recule à peine, assez pour pouvoir enraciner mes yeux d'émeraude dans ses orbes violets. Son sourire s'étire lorsqu'elle me voit approcher, et nos paupières se ferment, on se laisse simplement emporter, la chaleur lentement nous posséder. Et... ses lèvres... me paraissent si sucrées.
Il n'y a qu'elle pour me faire ainsi trembler, mon cœur aussi rapidement s'emballer. Une elfe de lumière, une amie d'enfance, mais par dessus tout ma moitié.
Aimer n'est pas un rêve, mais ma réalité.
