Bonjour à tous !
Ce chapitre a été un peu long à arriver, à cause de quelques contretemps dans ma vie personnelle (je n'avais plus de PC, arg !).
Le prochain chapitre est déjà prêt mais j'attends un petit peu avant de le poster, dans le but de reprendre une publication régulière :) Vous pouvez suivre l'évolution sur mon profil, j'actualise dès que j'écris un petit peu.
Un grand merci à Constelo, JudyOswald, dendroaspis polylepis et Liliana pour vos reviews !
Bonne lecture à tous, à bientôt !
CHAPITRE 8 : L'INFORMATION
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C'est un fait qui étonnait Malia depuis le début de la semaine : les joueurs ne prenaient pas de pause déjeuner de toute la journée. L'entraînement commençait tard (vers onze heures) et ils ne faisaient aucune vraie pause tous ensemble. Chaque joueur prenait du temps pour lui quand il le souhaitait, en profitait pour grignoter quelque chose mais il n'y avait aucune pause collective. Elle se demandait comment ils arrivaient à tenir le coup sans prendre de vrai repas entre onze heures et dix-sept heures (heure de fin de l'entraînement en général) : Hans et elle devaient imiter les joueurs mais son estomac ne cessait de crier famine. Elle engloutissait à rythme régulier des pêches, du chocolat et des scones tout en observant les joueurs évoluer dans les airs.
Rester encore sur le banc était un supplice pour elle, alors elle compensait en nourriture. Elle en aurait presque regretté de participer au reportage (mais presque seulement). Néanmoins, vers quatorze heures, il se produisit quelque chose de différent : tous les joueurs de l'équipe titulaires descendirent au sol et se rassemblèrent. Avaient-ils déjà terminé l'entraînement ? Ca semblait peu probable, pas si tôt.
- Que se passe t-il ? Souffla Malia à Hans.
Son collègue se tourna vers elle.
- Ils arrêtent l'entraînement dans les airs, Mrs Zelda ne veut pas les épuiser avant la rencontre de dimanche. Demain, c'est leur jour de repos, et ils reviendront samedi pour un dernier entraînement.
Malia acquiesça. Effectivement, les joueurs ne pouvaient pas s'entraîner tous les jours, au risque de se blesser. Il fallait qu'ils gardent des forces pour la rencontre de dimanche. Le match qui s'annonçait était plutôt décisif : en cas de défaite, le club perdrait plusieurs places au classement global du championnat.
- Je pense qu'il faut aussi faire des interviews de l'équipe de réserve. Il y a des choses à creuser du côté du gardien remplaçant, fit Hans en sortant Malia de ses pensées.
Nul doute que Hans espérait soulever quelques problèmes et que le gardien remplaçant frustré était le point faible de l'équipe. C'était un angle d'attaque intéressant pour un journaliste.
- Ok super ! Répondit Malia avec enthousiasme.
Elle aurait été ravie de faire n'importe quelle activité, du moment qu'elle pouvait quitter ce banc; mais son enthousiasme arracha un sourire à Hans qui se décida à lui faire confiance.
- Malia ? Si ça t'intéresse toujours, je pense que tu pourras t'occuper de l'interview des batteurs de l'équipe de réserve.
Et la jeune journaliste eut bien du mal à ne pas crier de joie.
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Hans avait abandonné Malia pour aller parler à Mrs Zelda. Il ne l'avait pas invité à le suivre et elle en était plutôt satisfaite : elle n'avait pas envie de donner l'impression de le suivre partout comme un petit animal perdu. Elle allait se charger des interviews (deux !), elle devait donc montrer qu'elle était une journaliste à part entière ! Elle s'attendait à voir Hans et Mrs Zelda échanger quelques mots au bord du terrain mais Mrs Zelda fit signe à Hans de la suivre et ils prirent le chemin de son bureau. Malia se retrouva seule à observer les joueurs se disperser après les encouragements de Dubois : certains allèrent récupérer leurs affaires alors que d'autres rejoignirent une petite porte vitrée qui semblait donner sur la salle d'entraînement intérieure.
Mais l'un des joueurs se dirigea vers elle.
- Alors Malia, tu viens avec nous ? On va s'entraîner en intérieur.
C'était Thomas Darcy. Malia savait que ses intentions n'étaient pas des plus claires mais elle appréciait sa familiarité qui la mettait à l'aise. Il semblait être le seul à remarquer sa présence et à ne pas la voir comme une intruse. Le reste de l'équipe l'ignorait. Sophie, l'attrapeuse, lui faisait parfois quelques sourires de loin mais sans plus alors qu'elle aurait été la plus susceptible de se montrer sympathique. La jeune journaliste sentait comme un climat de méfiance autour d'elle et Hans mais c'était tout à fait normal. Alors si Thomas se montrait sympathique, peu importait les raisons, c'était toujours ça.
- Oui très bien. Pas trop fatigué ? S'enquit-elle.
Elle se leva et commença à marcher avec lui. Les autres joueurs de l'équipe titulaire avaient déjà rejoint la salle, à part Dubois qui échangeait quelques mots avec le gardien de l'équipe de réserve et semblait les observer du coin de l'oeil.
- C'est pour ton journal, ou c'est une vraie question ? Se moqua Thomas.
Sympathique, mais pas naïf. Malia comprit que les choses n'allaient pas être aussi simples et que Thomas Darcy n'allait pas être sa porte d'entrée facile pour le monde obscur de l'équipe de Flaquemare.
- Je suis une vraie personne qui peut poser des vraies questions, pas juste une journaliste, grinça t-elle comme une insulte.
Parce qu'elle était persuadée que c'était ce que ce mot signifiait pour les joueurs. En général elle était assez fière de se dire journaliste et cela déclenchait de l'intérêt ou du respect chez ses interlocuteurs. Avec un joueur professionnel en revanche.. Ca ne déclenchait que de la méfiance (au mieux) ou du mépris (au pire).
- Dans ce cas-là, je te remercie de te soucier de ma santé, et non je ne suis pas fatigué.
Ils arrivèrent à la salle et Thomas la quitta pour rejoindre ses coéquipiers. Malia resta près de l'entrée, intimidée et ne sachant pas vraiment où s'installer.
La salle était très grande et très haute de plafond. Des cercles suspendus au plafond semblaient tracer un parcours d'entraînement pour les joueurs en balais, alors que d'autres instruments au sol semblaient destinés à d'autres objectifs, probablement de la musculation. Malia n'était pas assez sportive (elle allait simplement courir une fois de temps en temps) pour savoir à quoi ils correspondaient.
- Hum hum.
Quelqu'un se racla la gorge derrière elle.
Elle se retourna vers Olivier Dubois qui l'observait, visiblement agacé. Ne sachant pas où se mettre, Malia était restée dans l'entrée, bloquant le passage à quelqu'un qui souhaitait entrer.
Ils se dévisagèrent pendant une seconde. Les sourcils de Dubois étaient légèrement froncés mais elle avait l'impression qu'il avait toujours cet air très concentré. C'était comme si il était incapable de se dérider. Néanmoins ses yeux étaient très expressifs et l'agacement qu'elle provoquait chez lui était parfaitement visible. Elle ne savait pas trop ce qu'il détestait le plus chez elle : le fait qu'elle soit une Flint, qu'elle soit journaliste, ou parce qu'elle s'était permise des remarques déplacées. Sûrement les trois à la fois.
- Ah désolée, fit-elle d'un ton dégagé en s'écartant.
Polie mais pas hypocrite, elle ne lui offrit aucun sourire et se contenta de se décaler pour qu'il puisse entrer.
- Il y a un banc dans le fond, indiqua Dubois en entrant.
Il essayait de se débarrasser d'elle en la reléguant dans un coin de la salle, elle le comprenait parfaitement. Et elle n'avait aucune envie de se laisser faire par Dubois (et aussi aucune envie de passer encore des heures sur un banc).
- Je préfère rester debout.
Il tourna légèrement le visage vers elle, lui jetant un regard de travers. Il ne l'appréciait pas, elle pouvait le sentir de chaque cellule de son corps. C'était aussi ce qui entretenait le mépris qu'elle avait pour lui : il avait réussi à planter les graines d'un agacement sur un terrain rendu bien fertile par toutes les critiques entendues auprès de Marcus. Malia adorait son frère et son frère détestait cet homme ; le reste de l'équation ne représentait donc pas de difficulté.
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Le programme de Hans et Malia avait été complètement bouleversé. Hans semblait très agacé en sortant du bureau de Mrs Zelda. Les choses ne s'étaient pas déroulées comme il l'avait souhaité. Mrs Zelda ne souhaitait pas qu'ils interrompent les joueurs pendant leurs entraînements; il était donc convenu que les joueurs reviendraient le lendemain à des heures définies pour faire les interviews.
- Mais j'ai réussi à négocier : on va pouvoir voir l'équipe de réserve cet après-midi, conclut Hans avec un air satisfait.
C'était une bien maigre victoire dans ce bras de fer perpétuel entre Mrs Zelda et lui mais Malia garda la réflexion pour elle. Elle n'avait pas envie de se mettre Hans à dos en critiquant sa manière de faire, d'autant plus que Mrs Zelda semblait être un adversaire redoutable.
- Ok, très bien, répondit Malia.
Elle laissa son regard glisser sur la salle. Elle avait fini par s'installer sur le banc désigné par Dubois et Hans l'avait rejoint. Leur poste d'observation les mettait complètement en retrait mais il avait l'avantage de leur offrir une vue sur toute la salle. Thomas et Ginger s'entraînaient sur balais dans les airs et Malia nota combien ils avaient l'air proches et complices. Le reste de l'équipe était au sol à enchaîner une série d'exercices pour la souplesse et détendre leurs membres endoloris par un entraînement intense. Dubois ne se mêlait pas à eux, il les observait d'un air concentré. Malia ne pouvait pas s'empêcher de le voir comme un berger veillant sur son troupeau, mais elle se demandait comment les autres joueurs géraient cette autorité qu'il se donnait.
- Allez, on y va, ça te dit ?
Et les deux journalistes sortirent de la salle en silence, sans que personne ne semble remarquer leur départ. Ils arrivèrent sur le terrain d'entraînement, maintenant occupé par l'équipe de réserve. Comme pour l'équipe titulaire, c'était le gardien qui semblait diriger le groupe (même si il n'avait assurément pas le statut de capitaine; il n'y avait qu'un capitaine).
- On va commencer par le gardien.
Evidemment, ils allaient commencer par le gardien. En réalité c'était la seule interview qui leur importait. Les joueurs de l'équipe de réserve ne représentaient pas un grand intérêt pour les deux journalistes (le monde sportif était sans pitié; seuls les titulaires avaient la vedette).
Comme si il avait deviné leurs intentions, Charles Charlton descendit vers eux depuis son balai. C'était un homme grand et bien bâti; sa carrure était impressionnante. C'était un très bel homme. Malia était un peu honteuse mais, si elle connaissait son nom c'était surtout parce qu'il avait fait parti du top 10 des joueurs les plus sexys à l'époque où elle était encore étudiante à Poudlard. Elle savait aussi qu'il était connu pour son comportement un peu bourru et sec. L'interview n'allait sans doute pas être une partie de plaisir.
- Bonjour ! Hans Hoffmann et la petite Flint je présume ? Fit-il en leur tendant la main en guise de salut.
Il ne souriait pas tout à fait mais son visage exprimait un certain contentement. Sans doute qu'il était heureux d'enfin attirer l'intérêt journalistique.
- Malia Flint, précisa t-elle en lui serrant la main.
Il n'était pas question qu'elle se laisse réduire au rôle de la "petite Flint". C'était le genre d'étiquette qui collait à la peau et elle refusait d'être vue uniquement comme la petite soeur de Marcus Flint. Elle était une personne à part entière et elle comptait bien se faire un nom par elle-même !
Charlton haussa les épaules d'indifférence.
- Nous aimerions faire une interview, si c'est possible pour vous.
Hans utilisait son ton le plus diplomatique, avec efficacité.
- Bien sûr, allons-y, répondit Charlton.
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Charles Charlton était installé face à Malia et Hans. Il n'avait fallu que quelques minutes à Malia pour le prendre en grippe. Charlton semblait la considérer comme une moins-que-rien, même si elle ne savait pas si c'était lié à son nom, son statut de jeune journaliste, ou simplement au fait qu'elle soit une fille. Il ne lui jetait pas le moindre coup d'oeil et ne répondait pas à ses interventions. Hans avait jeté un regard en biais à Malia au cours de l'interview pour s'assurer que tout allait bien ; heureusement il en fallait plus pour la démonter.
- Bien, merci pour toutes ces précisions sur le jeu. Pour parler du club de manière plus générale, j'aimerais savoir ce que vous pensez du fonctionnement de l'équipe titulaire, et plus particulièrement du capitaine ?
Hans amenait le sujet de manière subtile et Charlton n'y vit que du feu (à moins qu'il n'attendait que cette occasion pour lâcher l'information ?).
- Les résultats de l'équipe sont mitigés, c'est tout ce que je peux dire. Je pense que l'arrivée de Mrs Zelda a fait du bien au club. L'ancien coach n'était pas assez présent, et les histoires entre Martinez et Dubois n'ont pas arrangé les choses.
Malia griffonna sur son carnet de notes, entourant le nom de Sofia Martinez qui semblait cacher un mystère. Elle savait déjà que le sujet était sensible vu comment l'ancienne poursuiveuse évoquait le club de Flaquemare dans ses interviews mais elle sentait qu'il y avait plus. Charlton ne tarda pas à lever enfin tout le mystère qui entourait l'ancienne joueuse :
- Maintenant qu'elle est partie, on a plus à supporter leurs histoires de couple, à Dubois et elle. L'équipe n'est pas un bon endroit pour les histoires de coeur.
Ca alors ! Martinez et Dubois !
